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Le bonheur est dans le pré

Publié le par Bernard Bonnejean

 

j'y cours vite ! j'y cours vite !


On est parfois bien présomptueux !

Mais, heureusement, il y a toujours une âme charitable pour vous remettre à votre place ! Hier, il y en eut deux.

Le premier est le colporteur officiel des voies impénétrables de Dieu : le curé de ma paroisse, celui qui me tourne le dos à la fin de la messe, chaque fois qu'il salue ses paroissiens... Qui venait de nous chapitrer sur un évangile fameux où il était dit qu'il fallait pardonner soixante-dix-sept fois sept fois et qui a du mal à me pardonner une seule fois... Il n'a pas osé faire porter son homélie sur la seconde lecture de ce dimanche de Pentecôte, et personnellement je le regrette :

Lecture de la lettre de Saint Paul Apôtre aux Galates (5, 16-25)

Frères, je vous le dis : vivez sous la conduite de l’Esprit de Dieu ; alors vous n’obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair. Car les tendances de la chair s’opposent à l’esprit, et les tendances de l’esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez.

Mais en vous laissant conduire par l’Esprit, vous n’êtes plus sujet de la Loi. On sait bien à quelles actions mène la chair : débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre. […] Mais voici ce que produit l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. Face à tout cela, il n’y a plus de loi qui tienne. […] Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous vivre par l’Esprit.

 
 Il faudrait un sacré courage pour commenter une telle lecture de nos jours. Ce serait le bannissement social assuré. Aussi notre curé n'a-t-il pas trop insisté sur les démons de la modernité. Mais au détour de son argumentaire, il a eu cette sentence qui m'a frappé :

Chaque fois qu'à l'intérieur de vous-même vous ressentirez le besoin impérieux de changer quelque chose d'important dans votre vie, le besoin donc de vous convertir, ce sera le signe de la présence de l'Esprit.


Et puis, le soir, j'ai consulté les statistiques de mon blog. Et pour la seconde fois, j'ai eu un doute sur la gestion-comptabilité de nos hôtes. Je leur en ai fait part dans les termes suivants :


Chers amis,

Tout d'abord, un grand merci pour votre hébergement. A une autre époque, pas si lointaine, vos prédécesseurs m'eussent viré...

Ecrivain catholique, je n'attends pas de mes articles qu'ils plaisent à tout le monde. Aussi ne m'étonné-je guère de ne pas avoir plus de lecteurs.

En revanche, dans votre calcul du blogrank vous tenez compte de ce critère : le nombre de visites spontanées ne venant pas d'un moteur de recherche (indice de récurrence).

C'est parfaitement injuste pour un auteur connu justement SURTOUT sur les moteurs de recherche, comme le veut sa profession. Ainsi, avant-hier, 65% de mes lecteurs venaient de moteurs de recherche. Probablement, certains sont-ils aussi lecteurs de mes livres ? Pourquoi ne pas les compter ou, peut-être, les compter autrement ? 

Merci, en tout cas, pour les perspectives que vous nous ouvrez en nous accueillant.

Bernard


On ne peut plus courtois ! On me répondit, immédiatement, ce qui suit :



Bonjour

Plus de 80 critères forment le blog rank (BR), donc je pense que toutes les visites sont comptées et que tu n'as retenu qu'un seul critère.
D'ailleurs, comment l'as tu trouvé ? La recette du BR est cachée dans un coffre dont la clef est au fond d'un puits dont la position est connue du staff seul.

Les Brigades du Tigre Modérateur


Une dénommée Russalka prit la peine d'expliquer que ce que le "modérateur" ignorait était consultable par tous. De plus elle me rappela très aimablement, ce dont je lui sais gré, les principes fondamentaux de ces calculs secrets. Mais un autre vint à la rescousse du modérateur :

Je rajoute mon grain de sel : les premiers mots de la définition du blog rank sont "indice de qualité". Le comptage des visiteurs des moteurs, ça ne concerne en aucun cas la qualité du blog, mais son référencement ... 65 %... l'est bien référencé.

Les visiteurs qui reviennent d'eux-mêmes sont bien plus importants pour déterminer l'intérêt du blog... Signé Forro.

 

Mais quel naïf, quel imbécile je fais ! C'est pourtant évident ! Les visiteurs des moteurs de recherche sont obligés de venir. C'est magouille et compagnie. Le propriétaire de ces moteurs est de mèche avec la franc-maçonnerie et le locataire du blog pour le référencer. La preuve ? Le blogueur susdit est au courant des secrets du staff !!

En fin de compte la réflexion émise par le balourd est un doublon de l'histoire de la poule et de l'oeuf : est-ce à cause du bon référencement d'un blog qu'il est visité ou est-ce à cause du grand nombre de visites et de l'intérêt qu'il présente qu'il est bien référencé ??

En outre, que sous-tend cette perle ? Cette énormité : même si les 65% de visiteurs venus des moteurs de recherche ne sont pas le résultat de pressions internes, ils ne reviendraient jamais (je me demande bien pourquoi...) et ne sauraient prouver à eux seuls que le blog est digne d'intérêt. Il faut qu'ils "reviennent d'eux-mêmes" ou ça vaut pas !!

Seulement voilà : imaginons M. Duchnock qui fait la découverte du "Blog de Bernard Bonnejean" sur google. Il cherche quelque chose de précis sur la Vénus hottentote, par exemple. Il trouve l'article intéressant et bien documenté. Que fera-t-il la prochaine fois ? Il cherchera les nouveautés du "Blog de Bernard Bonnejean" sur google. Donc il reviendra, mais via le moteur de recherche.

En ce jour de Pentecôte, après la sage réflexion du curé, j'ai su que j'avais reçu la visite de l'Esprit-Saint. Puisque mon blog est parfaitement inintéressant ; que les seuls visiteurs  forcés à venir par google, yahoo et compagnie ne reviennent jamais, tant ils sont dégoûtés, paraît-il ; qu'il suffit pour s'en assurer de ricaner sur mes deux inscriptions ; qu'il n'est que de voir celles et ceux qui osent commenter après ou sans lecture préalable, il faut se rendre à l'évidence. Je n'écrirai plus que lorsque j'aurai le temps, c'est-à-dire une fois par semaine, tout au plus.

Ce qui me donnera l'occasion de profiter du soleil et de mes nuits. Ainsi rendrai-je son plein sens au poème de Paul Fort :


Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite.

Le bonheur est dans le pré, cours-y vite. Il va filer.

Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite.

Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.

Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite.

Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.

Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite.

Sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.

Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite.

Sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.

De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite.

De pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.

Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite.

Saute par-dessus la haie, cours-y vite ! Il a filé !


A moins que :




A bientôt, mes vrais amis, et sans rancune aux faux,

Bernard Bonnejean

Publié dans Grosse fatigue

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Ô Solesmes, yo !

Publié le par Bernard Bonnejean


ou les amis de mes amis sont mes amis

Hier, comme prévu, je suis allé à l'Abbaye bénédictine Saint-Pierre de Solesmes, dans la Sarthe. J'y suis toujours accueilli par mon copain. Je vous vois déjà imaginer le moine longiligne tout de noir vêtu qui semble avoir quitté à regret son hâvre de piété pour faire honneur au passant. A ce propos, vous ne connaissez pas la devise des bénédictins. Les commerçants disent : "Le client est roi" ; les hommes de Dieu, partant d'un principe similaire, explicitent leur intention : "Accueillez chaque visiteur comme si c'était Jésus que vous receviez". Mais pour en revenir à mon copain, il n'est pas du tout moine. Je vous présente l'ange de l'accueil :

Que fait-il là ? Rien. D'où vient-il ? On n'en sait trop rien. A quoi sert-il ? A rien. Il est comme les poètes : parfaitement inutile et indispensable. Il n'a d'existence que pour le plaisir des yeux et la paix de l'âme. Petit, insignifiant, on le devine sous les ordres du ciel tout entier : les puissants archanges trop occupés ; les saints et saintes angoissés par les affaires du Monde - du Siècle, devrait-on dire, mais le terme est devenu trop ambigu ; les âmes des défunts en attente du salut éternel. Mais le ciel tout entier regarde ce petit être, l'un des préférés du bon Dieu, comme un père, son bambin. Et nous, quand on sait observer, on entrevoit un petit bout de ciel dans ce petit bout de chou sacré.



Et les moines, me direz-vous, ils sont aussi les amis du ciel ? J'ai demandé la permission et je l'ai obtenue. Je vais vous montrer ce que peu ont pu voir. Parce qu'ils n'ont pas franchi la clôture. Ne vous méprenez pas ! Ils ne se sont pas entourés de fil de fer barbelé ! Depuis que les moines existent, la solitude est leur compagne et l'isolement leur est vital. D'où la nécessité non de se protéger du monde mais de ne pas tomber dans nos pièges pour mieux nous aimer, nous aider et nous en protéger. Au fond du cloître, règne la mère des lieux. Ma statue de Solesmes préférée. Si vous le pouvez, faites un agrandissement de ce chef d'oeuvre des années 1920. Ce n'est pas l'Enfant-Jésus que la Vierge tient dans ses bras : c'est un moine en réduction ! Un moine-enfant ! La Vierge est la maman des moines qui se blotissent sur son sein ! Le symbole est à la fois naïf et tendre. Mais il emporte l'adhésion de tous.

Que vais-je faire à Solesmes ? D'abord, y voir mes amis. Ensuite, y prier. Après, me promener : mon ami moine est un excellent marcheur et la Règle de Saint-Benoît a prévu une promenade hebdomadaire le mardi ou le jeudi ; et vous pensez bien que j'en profite !... Et enfin, y trouver la paix.

Pourtant, jeudi à Vêpres, je me suis surpris à m'étonner. Le chant grégorien, croit-on, "est aujourd'hui apprécié pour sa qualité esthétique. C'est un genre musical qui appelle au calme, au recueillement, à la contemplation intérieure. Le chant grégorien a été qualifié de « Yoga musical de l'occident »". Je cite l'auteur anonyme de l'article wikipedia. Certes, quand on entend ce Pater Noster, on ne peut que souscrire à cette définition :

Pater noster, Notre Père.

A moins que vous ne préfériez cette version plus orientale de la même prière :


Le Notre Père en grec, un cadeau de mon ami Daniel.

Jeudi dernier, les mélodies étaient tout aussi paisibles. Le latin chanté aussi. 
Honnêtement, si je n'avais pas compris le sens, je me serai laissé prendre à ce long fleuve tranquille. Mais j'ai regardé, sur la page de droite, la traduction de ce que les frères psalmodiaent calmement, distinctement, sans hausser la voix :

Délivre-moi, Seigneur, de l'homme malfaisant,
défends-moi contre les violents ;

Ces gens-là dans leur coeur machinent des méfaits,
tous les jours ils provoquent des querelles.


Ils dardent leurs langues comme des serpents,
ils ont dans la bouche un venin de vipère.

Préserve-moi, Seigneur, des griffes du méchant,
défends-moi contre les violents ;
ces gens-là ont médité ma chute.

Pour me prendre, ces arrogants cachent des pièges,
ils ont tendu des lacets sur mon passage,
ils ont dressé contre moi des embûches.

J'ai dit au Seigneur : "C'est toi mon Dieu ;
Seigneur, prête l'oreille à ma voix suppliante".

Seigneur, mon Maître, toi, la force qui me sauve,
protégeant ma tête au jour du combat ;

Seigneur, n'accorde pas aux méchants ce qu'ils cherchent ;
ne laisse pas aboutir leur projet.

Ils ont la tête haute, ceux qui m'ont encerclé ;
que les submerge tout le mal provoqué par leurs lèvres.

Que tombent sur eux des charbons ardents,
que Dieu les plonge dans les fosses d'où l'on ne peut se relever.

Que les méchantes langues ne restent pas dans le pays,
que les violents soient pourchassés par le malheur jusqu'à périr.

Je le sais, le Seigneur fera justice aux humbles,
il rétablira les pauvres dans leurs droits.

Oui, les justes pourront rendre grâce à ton Nom ;
les hommes droits habiteront devant ta Face.


Finalement, ce psaume 139, il vaut peut-être mieux continuer à le chanter en latin. Les snobs mélomanes, qui ferment les yeux pour goûter la mélodie jusqu'à tomber en pâmoison, seraient bien étonnés s'ils daignaient jeter un oeil à la version française.

Ils ont juste oublié un détail, comme moi, je l'avoue. Il a bien et bel existé des moines-soldats, et pas pour rire !
Sans compter que les Jacques Clément et les Григорий Ефимович Распутин-Новый  !!!

Bernard de Clairvaux, mon saint-patron, ne voulait pas de moines gras et lourds.  En 1128, il rédige la règle de l'ordre des Templiers, moines par leurs vœux de chasteté, pauvreté et obéissance, mais aussi soldats, maniant l'épée et faisant couler le sang. Saint Bernard aurait dit d'eux qu'ils  "meurent pour leur bien et tuent pour le Christ", et se couvrent "le corps d'une armure de fer et l'âme d'une armure de foi".

Et s'il fallait prendre ce qui suit au sérieux !!??


Alors, vous faites ce que vous voulez, ça ne me regarde pas. Mais moi, je préfère rester l'ami de ces gens-là. Ce qui m'est d'autant plus facile, que je n'ai pas besoin de me forcer. Ceux que je connais sont d'une gentillesse à toute épreuve !

A bientôt, les amis,

Bernard Bonnejean

Publié dans religion

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Ah non ! Ce n'est pas Fort !!

Publié le par Bernard Bonnejean

Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière

 

 

Maintenant que l’orage est passé, que l’ensemble de la presse dite « du monde libre » a pu se défouler, comme elle en a encore le droit, avec l’assentiment et la complicité de la quasi-totalité des partis politiques, des syndicats, des médecins, et de certains hommes d’Eglise, permettez-moi d’oser faire le point avec vous.

 

 

Sincèrement, croyez-vous que dans notre monde libéral, dans tous les sens du terme, nous pourrons maintenir les reliefs d’une civilisation multiséculaire au rythme où nous avons décidé de vivre ? Nos valeurs occidentales ? Le fric et le sexe ! D’ailleurs, ceux qui détiennent l’un ne manquent généralement pas de l’autre. Ce qui devrait nous faire horreur ne nous étonne même plus. La pornographie à tous les niveaux, notamment sur Internet, est devenue à ce point banale que c’est la virginité qui nous étonne ! Les listes de « spécialités » s’allongent au fur et à mesure des années et, pour ne pas être bégueule, je suis sidéré des trouvailles des vendeurs de chair humaine. Pas la peine, je pense, de vous faire un dessin !

 

C’est vrai que nous vivons dans un monde très particulier, où les choses vont plus vite que nous le pensions. La pornographie a maintenant atteint un rythme très inquiétant. Et peu de gens s’engagent à la dénoncer. Le triste constat est que la majorité est consentante à la pornographie sous prétexte qu’elle est conforme à notre nature sensible et à nos désirs bafoués par les préceptes sociaux et religieux. Il suffit maintenant de dénoncer, ne serait-ce que hautement, ce dangereux phénomène pour qu’on soit taxé de complexé ou d’hypocrite. Le pire est qu’aussi la pornographie se manifeste dans les appareils cellulaires (portables...) et certaines danses. Sans oublier certains films et publicités. Tout se passe maintenant comme si les femmes prenaient plaisir à montrer leur corps, à séduire, à danser lascivement, à coucher avec tout homme qui leur fait des avances. Tout se passe comme si le sexe était devenu monnaie courante et gratuite. Sans oublier le fait que certains en font leur gagne-pain. Les conséquences de la pornographie sont incalculables. Et ce sont les enfants et les femmes qui payent les pots cassés. Les hommes quant à eux se sentent irresponsables. Même si on note des procès intentés contre des agresseurs sexuels, le mal est toujours grandissant. Certaines vertus comme la contenance, la pudeur, la décence... semblent maintenant déserter nos sociétés. On ne sait maintenant plus quelles valeurs inculquer à nos chers et innocents enfants et comment les mettre à l’abri du mal pornographique qui envahit l'intérieur et l'extérieur de nos maisons

Un anonyme canadien.

 

Et voilà que Benoît XVI, pour nous catholiques représentant de Jésus sur la terre, le chef de notre Eglise, vient nous prévenir : nous allons mourir parce que nous avons perdu nos repères. Et il explique à des journalistes en mal de sensations fortes que le préservatif n’est pas la solution aux problèmes du SIDA. Tollé général ! De quoi se mêle cet octogénaire, allemand, ancien membre des Jeunesses hitlériennes, célibataire, dont un article, extrait du très sérieux journal catholique Communio, aurait été reproduit dans une revue néonazie !! Pas meilleur que les autres, j’ai mal réagi aux paroles du Pontife. Puis j'ai réfléchi et je clame haut et fort : Non, ça ne peut plus durer !

 

Aujourd’hui, sur Antenne 2, Madame Alliot-Marie nous apprend que désormais les serveurs Internet pourront interdire les sites pédophiles. ENFIN !!!! Eh bien, non, ce n’était pas encore fait !!! Alors, on peut hurler à la dictature, au retour à l’obscurantisme et à la morale vichyste. J’ai toujours cru, pour ma part, deux choses :

 

Que, comme dit Aragon, la femme est l’avenir de l’homme et que si les femmes se comportent comme des hommes obnubilés par le sexe, c’en est fini du monde libre.

Que la liberté en matière de mœurs doit comporter des limites infranchissables et qu’il faut avoir le courage de défendre les valeurs ancestrales : l’amour, le mariage, le respect de soi et des autres... Ce qui n’implique nullement que j’aie la moindre prévention contre l’homosexualité. Ni que le pape veuille la mort des homosexuels en les privant de préservatifs !!!

 

Je choisis la période électorale où l’on voit une France déboussolée s’apprêter à bouder une certaine Europe qui ne répond plus du tout à leur attente pour dire ce que j’ai à dire.


Entendons-nous bien ! Je ne suis pas assez bête ni assez odieux pour me poser en accusateur ni en juge. Je n'en ai vraiment pas le droit !!!! Je veux seulement tenter de nous sauver d'individus qui simulent d'entreprendre notre bonheur et qui nous conduisent à notre perte. Pour de l'argent ! Le malheur est qu'ils manipulent les médias qui, de ce fait, se trompent de cibles. 



Le reste, je le laisserai à un dignitaire de l’Eglise catholique, un courageux s’exprimant en homme responsable. Qui a des oreilles pour entendre, entende ! A bon entendeur, salut !

 

« Le jugement le voici : la lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jn 3, 19). Ecoute, Israël, combien la Parole de Dieu est actuelle : « Vivante en effet est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu'aucun glaive à deux tranchants ... elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4, 12).

La lumière est venue dans le monde, « et le monde ne l'a pas reconnu » (Jn 1, 10), et il l'a prise en haine (cf. Jn 15, 18) ; « Il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas accueilli » (Jn 1, 11), et même, « ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline ... pour l'en précipiter. Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin » (Lc 4, 29-30).

Le lynchage médiatique dont l'Eglise et le Saint-Père ont fait l'objet ces dernières semaines sont comme une illustration de ces paroles toujours actuelles : « Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront » (Jn 15, 20). Les juges ont besoin aujourd'hui comme hier de « faux témoins », comme ceux qui se levèrent devant le Sanhédrin pour condamner Jésus, en déformant ses propos (cf. Mc 14, 57-58). Si Jésus, le communiquant par excellence, n'a pas échappé à la mauvaise foi des hommes, pourquoi nous étonner que l'Eglise

soit traitée ainsi ? Loin de se soumettre aux lois de la communication humaine que l'on prétend lui imposer, l'Eglise ne peut se soustraire à sa mission prophétique. N'appelons pas « bourde » ou « gaffe », ce qui n'est rien d'autre qu'un témoignage rendu à la Vérité.

Ainsi en est-il des propos, remplis de vérité et de compassion, du Saint-Père sur les moyens de combattre le Sida. Les journalistes, dont certains appartiennent à la presse dite catholique, se sont emparés une fois de plus d'une petite phrase ; des politiques, souvent esclaves de l'opinion, ont renchéri, sans aucun discernement, et dénoncé les « propos irrecevables » du Saint-Père et le « discours irresponsable de l'Eglise ».

 

Editorial Ouest-France

vendredi 27 mars 2009

Pourquoi cet acharnement contre Benoît XVI ?

Il est difficile d'appartenir à l'Église aujourd'hui ! Le retentissement médiatique de plusieurs affaires met les catholiques en difficulté. Le pape Benoît XVI est plus particulièrement visé, taxé de tous les maux. Alain Juppé lui-même ose proclamer sans sourciller : « Ce pape commence à poser un vrai problème ! »

Ayant été moi-même surpris et choqué par les propos du pape rapportés par les radios, je me suis résolu à aller voir les propos réels du pape dans l'avion, à savoir la question posée par un journaliste de France 2 et la réponse de Benoît XVI, rapportés par l'Agence Zenit (et publiés sur le site ouest-france.fr).

On note que les propos écrits du pape (préparés par lui sur des questions communiquées avant) sont plus atténués que les propos oraux qu'il a eus. Le pape a dit à un moment : «... S'il n'y a pas l'âme, si les Africains ne s'aident pas, on ne peut le résoudre en distribuant des préservatifs. Au contraire, ils augmentent le problème » (au lieu de : « le risque est d'augmenter le problème »).

Certes, le pape aurait pu rappeler le « tu ne tueras pas » et la nécessité de prendre les moyens de préserver la vie des autres et la sienne, en cas de danger. Dans L'Express du 9 décembre 1988, le cardinal Lustiger avait déclaré : « Il faut aider la nouvelle génération : elle désire découvrir la dignité de l'amour. La fidélité est possible. Tout véritable amour doit apprendre la chasteté. Des malades du sida sont appelés, comme chacun de nous, à vivre la chasteté, non dans la frustration, mais dans la liberté. Ceux qui n'y parviennent pas doivent, en utilisant d'autres moyens, éviter le pire : ne donnez pas la mort. » Le journaliste reprend : « Un pis-aller, le préservatif ? » Le cardinal répond : « Un moyen de ne pas ajouter au mal un autre mal... »

Des questions demeurent : pourquoi cet acharnement contre Benoît XVI, y compris des politiques ? Qui a pu lire réellement la version complète du texte pour juger ? Il y a, dans ce texte, des tonalités humaines réelles sur l'humanisation morale et spirituelle à promouvoir et sur le soutien des malades réalisé au jour le jour par les Églises africaines. Les médias ont-ils rapporté que, dès son arrivée à l'aéroport, Benoît XVI avait demandé aux chefs d'État la gratuité des soins pour les sidéens ?

De plus, quel homme politique a saisi les médias pour demander l'engagement financier de la France pour l'aide pharmaceutique aux séropositifs et aux sidéens en Afrique ? Que signifie la passion (allant jusqu'à la haine) autour de cette affaire ? La question du préservatif est, certes, très sensible en France, dans un pays se voulant libre dans ses comportements intimes, mais sensible à cette tragédie !

Quant à la question de savoir si la diffusion du préservatif est la seule façon d'endiguer le sida, comme l'a dit Roselyne Bachelot, cela me rend perplexe ! J'ai accompagné, dans ma vie de prêtre, des personnes séropositives. J'ai remarqué que ces personnes avaient davantage besoin de soutien humain et spirituel, pour vivre une recherche d'amour vrai dans des sexualités souvent difficiles, que d'une éducation à la prise du préservatif. Pourquoi, en Afrique, cela serait-il différent ?

Jean-Michel Moysan,
Prêtre, aumônier d'hôpital, formateur, Brest.

 

Fils et filles de l'Eglise, nous pouvons garder la tête haute, car les propos du Pape ont été confirmés par les évêques d'Afrique et par les chefs d'Etat de ces pays où le Sida fait des ravages, dénonçant le « racisme latent » de ces occidentaux qui voudraient leur imposer leurs schémas mortifères, au nom de la sacro-sainte licence sexuelle ou bien du matérialisme mercantile dont on voit bien à qui il profite. Un discours qui ne résiste pas à l'évidence des faits : selon les statistiques de l'OMS, les pays d'Afrique où le taux de distribution des préservatifs est le plus fort, la progression du SIDA est la plus élevée ; là où les catholiques sont plus nombreux et où l'on prône en priorité l'abstinence et la fidélité – y compris dans les programmes gouvernementaux –, et le préservatif en dernier recours, le SIDA est en très nette baisse, comme au Burundi ou en Angola. Devant la partialité, voire la falsification de certains medias, les catholiques doivent aller à la source de l'information et communiquer autour d'eux par tous les moyens, à commencer par l'Internet.

 

Mais, en dernière analyse, il faut accepter de souffrir pour le nom du Christ et ne pas s'étonner de ces campagnes de dénigrement : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait » (Jn 15, 19). « Mais gardez courage, nous dit Jésus, j'ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).

 

Non, ce n'est pas signé Mgr Fort, d'Orléans, mais

+ Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron

et j'approuve (en espérant ne pas vous perdre).

A bientôt, les amis

Bernard Bonnejean

 

Publié dans culture humaniste

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Toujours mort ?

Publié le par Bernard Bonnejean


ou ayez merci pour le pauvre gaffeur !

Commençons par pousser la porte de feu M. Druon.

 


Le Palais de l'Institut, facade Nord donnant sur la Seine, Coupole centrale et aile Ouest.

 

Dans un document ante mortem, il avait défini à quoi servait son auguste maison :


La première mission lui a été conférée dès l’origine par ses statuts.


Pour s’en acquitter, l’Académie a travaillé dans le passé à fixer la langue, pour en faire un patrimoine commun à tous les Français et à tous ceux qui pratiquent notre langue.


Aujourd’hui, elle agit pour en maintenir les qualités et en suivre les évolutions nécessaires. Elle en définit le bon usage.


Elle le fait en élaborant son dictionnaire qui fixe l’usage de la langue, mais aussi par ses recommandations et par sa participation aux différentes commissions de terminologie.

 

Plus loin, le pauvre Immortel qui mourut expliquait :

 

 

De la 9e édition, en cours de publication, l’Académie a fait paraître en 1992 le premier tome (A à Enzyme) et en 2000 le second tome (Éocène à Mappemonde).

Avec l’impression intermédiaire de cahiers au Journal officiel, les parutions faites à ce jour atteignent la lettre p.

 

Il est mort, Maurice Druon, sans s’être jamais interrogé sur ce que peut bien vouloir dire faire le zouave, le zozo, le zèbre. Il est mort sans avoir su qui était le zinzin d’over et si comme lui aurait parlé Zarathoustra.

 

On a quand même du pot, puisqu’ils sont parvenus à publier la lettre p. On va pouvoir savoir ce que c’est qu’une gaffe pour l’Académie française ? Je recopille :

 

 

Rsultats 1 3

(1)I. GAFFE n. f. XIVe sicle. Emprunt de l'ancien provenal gaf, croc, gaffe , driv de gafar, passer gu ; patauger .
1. MARINE. Perche munie d'un croc et d'une pointe de m
tal, dont on se sert pour manuvrer, pour tirer quelque chose bord, pour sonder, etc. Diriger une barque la gaffe. La gaffe accrocha une pave. 2. PCHE. Crochet mtallique servant tirer les gros poissons hors de l'eau.

(2)*II. GAFFE n. f. XIXe sicle. De mme origine que gaffe I.
Fam. Acte ou propos intempestif ou maladroit ; b
vue, impair, faux pas. Son manque de tact lui a fait commettre bien des gaffes. Faire une gaffe, une belle gaffe.

(3)*III. GAFFE n. XVe sicle, gaffre, sergent ; XVIIIe sicle, tre en gaffre, faire sentinelle . Issu du moyen haut allemand gaffen, regarder avec curiosit .
1. N. m. Dans l'argot des prisons, surveillant. 2. N. f. Pop. Seulement dans la locution Faire gaffe, faire attention,
tre sur ses gardes.



Là, franchement les gars, vous auriez quand même pu soigner la présentation. On sait que ça demande cher un informaticien français qui remplace les par des lettres accentuées, mais vous auriez pu vous en payer un pour mener à bien la mission que vous poursuivez. Enfin, c’est pas grave : on comprend et c’est le principal.

 

Nous nous intéresserons aujourd’hui au (2)*II.


Et notamment, à la gaffe parlée. Gaston est le spécialiste de la gaffe « faite ». Je connais surtout la gaffe « dite » et vous me permettrez de vous exposer ce que je connais.

 


A une époque lointaine, un jeune instituteur débutant, comme je vous l’ai dit, ne savait pratiquement rien des coutumes locales de l’endroit où on l’avait nommé. Un gars de la ville en sait cent fois moins que quelqu’un qui a été élevé à la ferme, même s’il est persuadé du contraire. Nous avions l’habitude, plus contraints et forcés que réellement convaincus, de recevoir les parents un par un lors d’une réunion dite justement « de parents ». Un jour, je me retrouvai face à face avec une dame dont la petite fille avait d’excellentes notes. Nous parlâmes de sa motivation, de ses perspectives d’avenir, de son comportement en classe et à la maison etc., enfin les trucs habituels, quoi ? Tout à coup, je la vis fouiller dans son sac à main. Au bout d’un moment, elle me dit :

« Est-ce que ça vous gênerais que je vous donne des pratiques ? »

Je me dis en moi-même qu’étant instituteur, je ne pouvais ignorer ce qu’étaient des pratiques. J’avais le choix entre un oui ou un non, aussi catégorique l’un que l’autre. J’optais, bêtement, pour un

« Mais non, bien sûr, Madame. Bien au contraire ».

Elle me tendit un billet en s’excusant de ne pas avoir prévu d’enveloppe. Je compris alors, à ma grande honte, qu’elle me donnait un pourboire pour me récompenser des bons résultats de sa fille.

 


Après la gaffe par ignorance, voyons maintenant un deuxième type : la gaffe par précipitation.

La Mayenne est le département où est né le très fameux Jean Cottereau, dit Jean Chouan. Il a commencé la contre-révolution royaliste dans un coquet village appelé Saint-Ouen-des-Toits. Il vécut là avec sa famille une bonne partie de sa courte existence avant d’être abattu par les bleus sur la route de Port-Brillet. Quand on a un personnage d’une telle importance, il est normal qu’on lui rende hommage, même si le royalisme n’est plus en vogue. Encore que… La municipalité de Saint-Ouen (prononcer comme Rouen) a donc aménagé un musée, dit le musée Jean-Chouan.

http://images.blog-24.com/870000/874000/874350.jpg

Je décidai ce jour-là d’aller le visiter avec une amie que nous appellerons Sophie. Le guide s’arrêta pour commencer sa visite sous un arbre dont elle dit avec humour et conviction :

« Cet arbre est un prunier. Il est assez vieux pour avoir connu Jean Cottereau »

Ce à quoi Sophie répondit en un souffle :

« Elles sont restées belles, les prunes à Jean Chouan », une réflexion suivie d’un fou rire général…

 


Sophie avait un père qui exerçait le beau métier de tailleur de meules. Tout un programme ! Il avait passé sa vie à tailler des meules en grès ou en granit et à les installer dans des moulins. Si un jour vous venez en Mayenne, vous y verrez de nombreux moulins à vent ou à eau dont certains, très peu nombreux, tournent encore pour les touristes. On y meule surtout de la farine d’épeautre. Monsieur B, le père de Sophie, m’a raconté l’anecdote suivante :

« Je devais, ce jour-là, réparer une meule chez un de mes clients. C’est sa femme qui m’accueillit. Poliment je lui demandai :

« Comment allez-vous ? », ce à quoi elle me répondit comme on doit le faire à la campagne :

« On fait aller ! »

Mais, je crus bon d’ajouter :

« Et votre mari ? toujours…

Je m’arrêtai brutalement. Je venais de me souvenir qu’il était décédé, mais quelque chose me poussa à finir ma phrase

« … mort ? »

 


Le même tenait absolument à nous faire visiter le moulin de Thévalles, un endroit magnifique parfaitement tenu par M. de Vitton. Je me permets de dire son nom, car il mérite cette publicité pour son œuvre d’entretien et de restauration. Nous avions rendez-vous avec lui, ce matin-là. Nous frappâmes à la porte du château et nous vîmes arriver une charmante jeune femme, fort agréable et fort aimable. Monsieur B. crut bon de lui dire :

« J’ai travaillé au moulin il y a longtemps. J’ai rendez-vous avec votre mari. Pourriez-vous lui dire que nous sommes arrivés ? »

Le château de Thévalles est situé à Cheméré-le-Roi dans le département de la Mayenne, à 1 500 m

 

Et la jeune femme, en parfaite aristocrate, de répondre avec le sourire, sans laisser paraître la moindre irritation :

« Je vais dire à mon grand-père de descendre. Veuillez attendre ici quelques instants ».


A bientôt, les amis

Bernard Bonnejean


Publié dans humour léger

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من أجل الهبة سامية Fairuz فيروز

Publié le par Bernard Bonnejean

 

mais qu'est-ce qu'il nous fait encore l'abruti de Nanard ?

Ce qu'il veut, Nanard ? La Paix !!


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Je n'ai pas dit : "Qu'on lui fiche la paix", j'ai dit "La Paix !!" avec majuscule de majesté, la vraie, celle qu'on n'arrive pas à obtenir à cause de certains politiciens manipulateurs, des marchands de canon, des haîneux congénitaux et des victimes de ces gens-là qui croient payer le sang versé en versant le sang.

 
"Et ça t'est venu comme ça ? Sur un coup de tête ?


-- Non ! J'ai retrouvé ces photos. Le grand beau jeune homme, c'est Jeannot, mon grand frère, mon parrain, blessé grièvement en Algérie en 1957, mort à un peu plus de quarante ans, chanceux, si on veut, car seul survivant d'un groupe de 11 hommes tombés dans une embuscade à Boujie (Bejaïa). Tués par les fellagah, comme on les appelait ? Plus sûrement par des politiciens peu scrupuleux qui, quelques mois après, changeaient d'avis et d'ennemis. A gauche, le petit garçon à côté de Jeannot, si fier de son grand frère, c'est Nanard à six ou sept ans, moi pour vous servir. Qui, plus il vieillit, plus il lui manque, son parrain. C’est bête, mais c’est comme ça ! A droite, c'est encore Jeannot. Là bas ! Où j'irai peut-être, si on veut bien me laisser entrer".


  


 

Comme on dit : "Tout ça, c'est de l'histoire ancienne !" D'accord. Tournons la page et passons à l'histoire des fils et des filles.


Ceux qui fréquentent mon blog connaissent maintenant ma copine la patronne, Samia Nasr, et ma copine prof, Samia Lamine. Je suis très fier d'avoir des copines qui sentent bon le musc, la ghaliya, le nadd ou la barmakiya et qui ouvrent le mekhal pour se mettre du khôl avant d'aller au boulot. Même si leur khôl, comme celui de mon amie libanaise Jeanne, une chrétienne maronite, vient de chez Guerlain et n'est plus composé, selon la tradition, de Toutia, de Cheul, de Zenjar, de clous de girofles et d'huile d'olive.

 

L'Orient c'est Jeanne, c'est Samia & Samia, c'est Circé, la berbère, c'est Sourour -- je pense à toi, Sourour et à ta fille -- et pour tout le monde Fairuz فيروز, la Grande. On va d'abord l'écouter. On parlera d'elle ensuite.



Fairouz est née au Liban en 1934. Elle est célèbre dans le monde arabe depuis les années 50. Les frères Rahbani, ses principaux compositeurs, imposent un style moderne grâce à elle si bien que la chanteuse et ses collaborateurs se font définitivement adopter par les amateurs de musique orientale et de jazz au festival de Baalbeck en 1957. C’est là que Fairouz et les Rhabani créent une nouvelle version, en 1961, de la célèbre « Ode à Baalbeck ». Suivent en 1962, Jisr el Kamar, en 1963, Allayl wa’l Kandil. En 64, Fairouz joue son premier rôle de cinéma dans Bayya’a el khawatim. Enfin, en 1966, toujours à Baalbeck, les frères Rahbani mettent en scène une fiction historique pour Fairuz : Ayyam Fakhreddine.


En 1967, Fairouz prend possession du Piccadilly, un théâtre de Beyrouth installé dans le quartier intellectuel et cosmopolite. Entretemps, la chanteuse obtient son deuxième rôle au cinéma : Safar barlik puis, l’année suivante, Bint el hariss. Après une tournée en Syrie, les Rahbani composent pour elle Yaish Yaish et Sahh En-nom, en 1970.


Cette vie, riche mais épuisante, est interrompue par une double hospitalisation : celle de Fairouz et celle de son mari et compositeur Assi Rahbani qui ne se remettra que partiellement. Le 13 avril 1975 éclate la guerre civile libanaise. Fairouz gagne Damas, puis Amman, Londres, Paris où le couple se sépare définitivement en 1978 après un spectable à l’Olympia.


Les années 1980 marquent un tournant dans la carrière de Fairouz. Son nouveau compositeur, Ziad Rahbani, paraît trop jazzy aux traditionalistes. En 1988, Jack Lang profite d’un concert à Paris-Bercy pour remettre la cravate de commandeur des arts et des lettres à la chanteuse libanaise. En 1994, Fairouz se produit à Beyrouth pour la première fois depuis 1977.


En août 2000, accompagné de son fils Ziad, elle se produit dans trois concerts exceptionnels au festival de Beiteddine, sous la houlette de l’arménien Karen Durgaryan. Elle réussit à y a convaincre un public jeune. Depuis, elle chante avec le même orchestre symphonique d’Erevan avec le même chef.


Le dernier triomphe de Fairouz date, si je ne me trompe, de 2008 : elle joue neuf représentations à guichets fermés à Sharjah et à Amman.


Alors, vous voulez bien accueillir la Noël de Fairouz, avec les yeux de ces enfants-là ? Pas besoin d'effort : elle est tellement belle et elle chante tellement bien !!

 

 



« Et elle plaît à tout le monde, cette musique-là, même aux gens d’aujourd’hui ?

 

– Si vous voulez des témoignages, vous n’avez qu’à vous servir ! »

ماشاء الله تبارك الله

هذا الفن ولابلا,,,,

فيرزو تنحت من صخر ونصري يغرف من بحر

ما شاء الله على صوتك يا فيروز


« Y'en a même un qui a écrit ça ! »



بحبك يااافيرووووووووووز

شو هالصوووووووت الاجمل من رااائع



[Si l’une des deux Samia voulait bien traduire, ça m’arrangerait bien… Merci. Mais faut pas le dire surtout, hein !]

 

 

Un dernier air pour Sourour et pour sa fille dont l’histoire m’a touché :



أرسل الله إبنه يسوع نوراً للأنام



الى اللقاء سامية
et tous mes amis
Bernard      


Publié dans culture humaniste

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La complainte Rutebeuf (extrait)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

ou une réponse à des questions que le Chat ne posera jamais


C'est qui Rutebeuf. C'est lui ?



Peut-être

A vrai dire on n'en sait trop rien. Comme on ne sait ni trop quand, ni où il est né, ni où et quand il est mort. Disons qu'il est né au XIIIe siècle vers 1230, mort vers 1285. Probablement champenois, sans doute jongleur, marié deux fois, c'est un poète tête-brûlée qui aime attaquer l'Eglise, la bourgeoisie, les religieux, les croisés. Et c'est un très bon chrétien. Il écrit tout : ses soucis domestiques, sa pauvre vie d'homme de lettres, son désespoir, son Dieu, son roi, son infortune, ou plutôt toutes ses infortunes. Selon son tempérament, on parlera d'indécence ou de sincérité.


Dieu m'a fait compagnon de Job,

Qui m'a ôté en un seul cop

Ce que j'avais.

De mon œil droit, dont mieux je vois,

Je ne vois pas aller la voie

Pour me conduire.

Ce m'est douleur dolente et dure

Que midi me soit nuit obscure

De cet œil-là.

Or n'ai pas ce que je désire

Mais suis dolent et tel soupire

Profondément,

Suis encor en grand dénuement,

De ceux-là n'ai relèvement

Qui jusqu'ici

M'ont secouru de leur merci.

Le cœur en ai triste et noirci

D'un tel destin,

Car je ne peux pas voir mon gain,

 Je n'ai que la moitié du mien ;

C'est mes dommages.

Ne sais si l'ont fait mes outrages ;

Serai maintenant sobre et sage

Après le fait,

Et me garderai de forfait.

Que vaut cela, c'est déjà fait ?

Moi qui suis vieux,

Trop tard je m'en suis aperçu,

Quand je suis dans le piège chu.

C'est premier an

Qu'en bonne santé Dieu me garde,

Qui nous ôte peines et charges

Et sauve l'âme.

 


C'est le cas de le dire : "Pauvre Rutebeuf" ! Et l'on peut légitimement s'interroger, sans trop d'ingratitude ni d'irrespect : à quoi vous aura-t-il servi, Messieurs les Poètes, d'avoir enrichi le monde pour finir si pauvres ; à quoi rime ce bonheur que vous aurez procuré à votre public si c'est pour achever votre vie en un si grand déplaisir ; à quoi pensait Dieu quand il vous a donné tous les dons si c'est pour vous les retirer d'un coup, sans crier gare, ou si peu ? Ferré aurait peut-être su répondre, lui qui a mis "Pauvre Rutebeuf" en musique :



C'est le côté agaçant des poètes, tous plus ou moins maudits, que de mettre tant de talent à se plaindre. Maudits ? du moins le croient-ils. Mais heureusement, il y a des gens, dont c'est le métier, pour remettre les pendules à l'heure. Pauvre Rutebeuf ? Soyons sérieux ! nous dit Ferré. Pauvres poètes, tous, mais si grands, si beaux, si purs, si aimés, car c'est l'amour qui rachète tout, l'amour d'une belle, d'un lecteur, d'un compositeur, d'un public posthume. Merci Ferré de promettre à tous ces rimeurs ce qu'aucun n'a vraiment espéré : l'immortalité. Tu te la promettais à toi-même, d'ailleurs, non ?




Il n'y a pas eu que Ferré pour chanter les poètes. Il y a eu Ferrat, qui a si bien composé sur Aragon. Ce n'était certes pas joué d'avance. Le grand Aragon était encore vivant quand Jeannot a chanté ça, pour la première fois. Les imbéciles ont trouvé ça normal : un communiste qui chante les poèmes d'un communiste. C'est parfaitement idiot ! Comme s'il y avait, parmi les mille amours possibles, les communistes et les autres. Aux autres, les poèmes des autres. Aux seuls communistes, le droit d'aimer en communistes comme les poètes communistes !! Toujours est-il que le résultat est concluant et que tous les amoureux de l'époque ont senti leurs sens frémir à écouter Ferrat sans toujours savoir qu'ils entendaient du Louis Aragon.




A mesure que le temps passe, on perd les nôtres, et aussi nos poètes qui pour moi sont miens. On croit demeurer inconsolables. La roue tourne ; on oublie. Une dépouille chasse l'autre ! Mais les poètes continuent à chanter, avec leur voix à eux, d'autres poètes et, à leur tour, nous quittent. Il y a aura eu Trenet pour nous faire oublier la mort, jusqu'à sa mort. Il aura eu la délicatesse de nous la rendre supportable, sa mort, monsieur Trenet. Non qu'il soit parti sur la pointe des pieds, mais qu'il avait prévu qu'on le chanterait le jour de sa disparition. Et comme il n'a pratiquement jamais composé de chansons tristes !... Comment a-t-il fait, celui-là, pour ne jamais gêner, tout en se rendant indispensable ?





Que vivent les poètes qui ne servent à rien ! Qu'ils chantent la poésie des êtres et des choses qui n'a aucune utilité ! Théophile Gautier provocateur lance un « tout ce qui est utile est laid » et Malherbe avisé répond qu'un « bon poète n’est pas plus utile à l’Etat qu’un bon joueur de quilles ». Laissons aux scientistes la folle et vaine recherche de la fontaine de jouvence ; laissons-leur le mépris de l'inutilité. Il est préférable d'être le savetier ou la cigale de la fable, avant leur néfaste enrichissement. "Vous le paierez au moment de la vieillesse ! -- Je vous emmerde en attendant", vous répondra le jeune poète.

Vive la vie !

A bientôt, les amis,

Bernard Bonnejean

Publié dans poésie

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A la jeunesse du monde s/c Agnès-Jeanne

Publié le par Bernard Bonnejean


ou ce qu'on peut faire d'un bouquet fané

Je ne crois être, cependant, ni un hypocrite ni un poseur. N’importe ! on se méprend toujours sur moi. A qui la faute ? à moi sans doute ? Je suis plus élégiaque qu'on ne croit, mais je porte la pénitence de mes cinq pieds huit pouces et de ma figure rougeaude. Je suis encore timide comme un adolescent et capable de conserver dans des tiroirs des bouquets fanés.

Ainsi s'exprimait Gustave Flaubert dans sa correspondance. J'aurais pu te l'écrire, chère Agnès.

Regarde ce qu'on en a fait de mon bouquet !!




Emile Gaudissard, Museo,
Crédit photographique RMN


Il est beau quand même ? Tu dis pas ça pour me faire plaisir au moins ?
Parce que, tu sais, pour les vexations, je suis un peu blindé. Que je dis ! Sans grande conviction.

Aujourd'hui, c'est peut-être le dernier message que je t'adresse publiquement. Après, promis, je te laisse pour ne pas alimenter des rumeurs d'Orléans qui, à y regarder de près, ne demandent qu'à se réalimenter. Remarque bien que je suis encore injuste. La première rumeur, dite orléanaise, avait fini par gagner Le Mans et Laval.


IMG_0476


Mon bouquet à Agnès-Jeanne, je l'avais choisi exprès dans le jardin de Cendrars, l'auteur génial de La Petite Jehanne de France. Il était suisse et l'illustratrice russe. Quels symboles ! Eh bien, aujourd'hui, je vais faire une composition florale avec les fleurs fanées. Pas pour toi toute seule. Pour les jeunes de ta génération, qui vont nous bâtir, j'espère, un monde plus humain.


La photo représente la Jehanne d'Orléans 2009, Agnès Rabineau.
Mon sauveur : 

XDPHOTO





« Je voulais indiquer aux jeunes gens d’aujourd’hui qu’on les trompe,
que la vie n’est pas un dilemme
et qu’entre les deux idéologies contraires entre lesquels on les somme d’opter,
il y a la vie, la vie, avec ses contradictions bouleversantes et miraculeuses,
la vie et ses possibilités illimitées,
ses absurdités beaucoup plus réjouissantes
que les idioties et les platitudes de la « politique »,

et que c’est pour la vie qu’ils doivent opter
malgré l’attirance du suicide, individuel ou collectif,
et de sa foudroyante logique scientifique.
Il n’y a pas d’autres choix possibles.
Vivre ! »

Blaise Cendrars

Blaise Cendrars

Prose du Transsibérien
et de la petite Jehanne de France

Extrait de
Du Monde entier, Poésie/Gallimard


Patience ! Le voyage est vaste et passionnant




Et si on envoyait ça aux jeunes du monde entier ?
Allons-y ! On verra bien !
Traducteurs de tous les pays, unissez-vous et redonnez son sens à Cendrars.


Я захотел сослаться на том, молодости современный обманывают

UNICEF : record de la plus longue file d'attente pour aller aux toilettes - Photo de groupe : record battu

Crédit photographique Unicef

ان الحياة ليس معضل
ובין שתי סתירת האידיאולוגיות לאלו אתה מבצע אתהבחירה

La pièce ''Veux-tu être mon amie ?'' présentée au théâtre Périscope

Veux-tu être mon amie ?
Une Israëlienne regarde une Palestinienne. Qui est qui ?

极端生活他与其矛盾和治百病的灵药
Život a její neomezené možnosti,
Its absurdities much more hopeful
Die ein und so der "politischen"

Jolie Afghane
Jeune Afghane. Photo prise le 21 mai 2008 (© Laurent.Rappa / Flickr


そしてこれは人生の間彼女 / それ / らを選ばなくてはなりません
Παρά την ελκυστικότητα των αυτοκτονιών, μεμονωμένα ή συλλογικά,
Y de su patógena lógica científica.

A Child of God
The Gift from God and a Child of God. Photo prise le 7 juillet 2007 (© Ivan Makarov / Flickr)

Há nem toda outra eleição possível.
Élő !

 



Blaise Cendrars


Publié dans culture humaniste

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La Prose du transsibérien (version très abrégée statufiée expurgée)

Publié le par Bernard Bonnejean

ou de la petite Jehanne de France

 

Hommage à Blaise Cendrars
écrivain suisse naturalisé français
à Sonia Delaunay
juive russe
et aux statues de Jeanne d'Arc
lorraine donc pas française non plus


Cover of La prose du Transsibérien
et de la Petite Jehanne de France
1913


 

 

Sonia Delaunay-Terk
Cover wrapper, for the book La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France (Paris: Editions des Hommes Nouveaux, 1913)


View Full Catalog Record Below


Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, la [Blaise Cendrars], poème-tableau de Blaise Cendrars, publié dans un format inédit en 1913. Le texte était accompagné des couleurs du peintre Sonia Delaunay et l’ouvrage — « premier livre simultané » — mesurait deux mètres de long une fois déplié (une partie est exposée au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, à Paris).
" Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? "

Oui, nous le sommes, nous le sommes
Tous les boucs émissaires ont crevé dans ce désert
Entends les sonnailles de ce troupeau galeux
Tomsk
Tchéliabinsk Kainsk Obi Taïchet Verkné Oudinsk
Kourgane Samara Pensa-Toulone
La mort en Mandchourie
est notre débarcadère est notre dernier repaire
Ce voyage est terrible
Hier matin
Ivan Oulitch avait les cheveux blancs
et Kolia Nicolaï Ivanovitch se ronge les doigts
depuis quinze jours...

 

 

 

 

 

Jeanne d'Arc, Paris, Tuileries.

 

© Jean-Claude

 

 

 

Elle dort
Et de toutes les heures du monde
elle n'en a pas gobé une seule
Tous les visages entrevus dans les gares
toutes les horloges
L'heure de Paris l'heure de Berlin
l'heure de St Pétersbourg et l'heure de toutes les gares
Et à Oufa, le visage ensanglanté du canonnier
et le cadran bêtement lumineux de Grocho
Et l'avance perpétuelle du train
Tous les matins on met les montres à l'heure
Le train avance et le soleil retarde
Rien n'y fait, j'entends les cloches sonores
Le gros bourdon de Notre-Dame

La cloche aigrelette du Louvre qui sonna la Barthélemy
Les carillons rouillés de Bruges-la-Morte
Les sonneries électriques de la bibliothèque
de New-York
Les campagnes de Venise
Et les cloches de Moscou, l'horloge de la Porte-Rouge
qui me comptait les heures quand j'étais dans un bureau
Et mes souvenirs
Le train tonne sur les plaques tournantes
Le train roule
Un gramophone grasseye une marche tzigane
et le monde, comme l'horloge du quartier juif de Prague,
tourne éperdument à rebours.




Jeanne d'Arc, Beaugency.

©   Imagier net

 



Effeuille la rose des vents
Voici que bruissent les orages déchaînés
Les trains roulent en tourbillon sur les réseaux enchevêtrés
Bilboquets diaboliques
Il y a des trains qui ne se rencontrent jamais
D'autres se perdent en route
Les chefs de gare jouent aux échecs
Tric - trac
Billard Caramboles Paraboles
La voie ferrée est une nouvelle géométrie
Syracuse Archimède
Et les soldats qui l'égorgèrent
Et les galères et les vaisseaux
Et les engins prodigieux qu'il inventa
Et toutes les tueries
L'histoire antique
L'histoire moderne
Les tourbillons
Les naufrages
Même celui du Titanic que j'ai lu dans le journal
Autant d'images - associations
que je ne peux pas développer dans mes vers
Car je suis encore fort mauvais poète
Car l'univers me déborde
Car j'ai négligé de m'assurer
contre les accidents de chemin de fer
Car je ne sais pas aller jusqu'au bout
Et j'ai peur.


Kty---Statue-de-Jeanne-d-Arc---Rouen.jpg

 

Jeanne d'Arc, Rouen, Tuileries.

©   muad-statues

 

 

 

J'ai peur
Je ne sais pas aller jusqu'au bout
Comme mon ami Chagall
je pourrais faire une série de tableaux déments
mais je n'ai pas pris de notes en voyage
" Pardonnez-moi mon ignorance
Pardonnez-moi de ne plus connaître
l'ancien jeu des vers "
comme dit Guillaume Apollinaire
Tout ce qui concerne la guerre
on peut le lire dans les Mémoires de Kouropatkine
ou dans les journaux japonais
qui sont aussi cruellement illustrés
A quoi bon me documenter
Je m'abandonne
aux sursauts de ma mémoire...

 

 


The last section of La prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France featuring the Eiffel Tower, 1913


A bientôt, les amis

Bernard Bonnejean

 

 

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Plonk de plouc (2)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

ou comment un geste amical peut passer pour un hors-sujet grossier


Souvenez-vous :


En ce jour de janvier 2001, en guise de vœu pour la nouvelle année, j’avais cru bon de publier sur falafel (français lettres langue française) un message de paix cosigné par les dignitaires des trois grandes religions révélées de Seine-Saint-Denis : Mgr. Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis pour la religion catholique, Mr. Denis Akoun, rabbin de la communauté de Saint-Denis et Mr. Meskine Dhaou, imam à Clichy-sous-Bois et secrétaire général du Conseil des imams de France. J’avais recopié ce message commun affiché à la porte de l’église Saint-Louis de Villemomble.

Je m’attendais à des remerciements et des vœux du même ordre en retour. Ma surprise fut grande quand je reçus, par courrier privé, un message absolument imbécile et dérisoire d’un nommé Albertin*, arguant, avec justesse, que falafel étant consacré à l’analyse de la langue française, il était intolérable que je ne me plie pas à la Charte. En l’occurrence, (je puis dire son nom car j’ai toujours eu un grand respect pour ce respectable représentant de l’enseignement républicain), la fameuse Charte, toujours consultable sur Internet, avait été travaillée et rédigée en grande partie par l’ami Luc Bentz dont l’une des signatures était :


« La liberté, les droits de l'homme, la fraternité ont pour la première fois dans le monde été proclamés en français. » Ernest Renan (Cité par Claude Hagège dans « Le Français, histoire d'un combat »)


Je fus scandalisé par tant de prétentieuse malignité pour un écart par rapport à la lettre de notre forum mais parfaitement en accord avec l’esprit que nous entendions conserver. Je décidai donc de bloquer le fameux fumeux Albertin*, c’est-à-dire que je l’interdis de réception, non sans prévenir l’outrecuidant cabotin des raisons de ma décision en termes courtois mais fermes. Je reçus en retour cette brève, avant que j’aie pu bloquer l’impétrant :


Le plus grand des mépris est le silence. Il est gagné, à présent. Bienvenue dans mon "in pace ", mon frère ! Et soyez d'une charité toute chrétienne pour ceux qui vous y tiendront compagnie... Plonk !

 


 

 



Ce prétentieux qui passait pour un génie auprès de la multitude, n’était donc qu’un con. Je fus déçu. Mais Richard Budelberger, dit le Noble Amphigourix, le seul juif vraiment antisémite que j’aie jamais connu, me donna quelques clefs :


Curieusement, chez les personnes comme Mr Albertin, le « in pace » correspond au « watchfile »/« messages à ne surtout pas manquer » d'autre Québecoise que je ne nommerai pas (comment te sens-tu, Chérie ?).

Au vrai, pour le Noble Amphigourix, seul un message digne d’être plonké était digne d’intérêt. Je lui répondis :


Merci pour ces renseignements précieux. Il est vrai, en effet, que je n'ai pas suivi les avatars grand-guignolesques de notre abêtissant censeur. Il est vrai que je l'ai inscrit -- c'est le seul -- dans la liste (le mot est donc peu approprié) de mes indésirables (c'est sans doute ce que vous appelez le kill-file), après un message personnel particulièrement imbécile de début janvier. Je n'ai donc rien lu de cet individu depuis.

Voilà donc le falot-éternellement-courroucé rayé du catalogue. J'en suis assez satisfait pour ce qui me concerne. Je prie instamment les contributeurs de ce forum de réfléchir à la possibilité d'organiser une résistance contre des pratiques ignominieusement orchestrées par cet ersatz de dictateur chaplinesque, qui consiste à faire éliminer, pour cause de divergences d'opinions ou de confessions, des contributeurs auxquels on ne saurait reprocher qu'une certaine clairvoyance à l'égard de tels agissements.


En ces temps reculés des premiers forums d’Internet en langue française, Usenet était surveillé, géré par un personnage assez puissant qu’on appelait le modérateur. Rien à voir avec la petite Samia, je vous prie de le croire. C’était un véritable censeur, genre stalinien, redoutable ! Michel Guillou, c’est de lui qu’il s’agit, me fit savoir publiquement :


Cet article n’avait rien à faire ici !


Ce à quoi je répondis :


Alors, il eût fallu protester à ce moment-là contre tous les messages de vœux qui n'avaient aucune visée proprement linguistique.

Mais quand je vous concéderais avoir fauté -- ai-je jamais refusé ici de reconnaître mes torts lorsque j'en avais ? -- cela n'aiderait en rien à régler le fond du problème. En quoi un message de paix et de fraternité universelle peut-il "polluer" un forum, quelle que soit la fonction affichée de ce dernier ? A moins d'interdire cette tradition admise par tous les membres d'une même communauté qui consiste à offrir ses vœux à l'occasion de la nouvelle année, pour cause de hors-charte... En quoi peut-il être "nauséabond" (je cite Albertin qui, je m'empresse de le souligner, s'est aussitôt prudemment rétracté pour appliquer l'adjectif à des messages proférés par des "fachos" et des "commerciaux gagas") ?

Je crois, monsieur Guillou, que vous vous chargez de maintenir la discipline dans un forum modéré que je ne connais pas. Quelle eût été votre attitude face à un tel message (je parle du mien) ? Quels propos et quel ton eussiez-vous choisi pour en refuser la publication, si l'on vous avait demandé de le faire ? Avouez au moins que répondre par l'outrage à un message fraternel --ou qui se veut tel -- n'est pas le fait d'un "honnête homme", dans l'acception historique où nous entendons cette expression.

Cordialement, Bernard Bonnejean

 

Didier Pelleton, que je salue bien bas, renchérit sur la sentence guilloutinesque :


Trop tard, on l'a lu. Plonk de plouc !

Message qu’il signa comme d’habitude

Parler pour ne rien dire  et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient bien de la fermer avant de l'ouvrir (Pierre Dac).


 

 



Maharaji, C'est quoi la paix ?

 

Voilà ce qu'était « la toile » du temps où ça coûtait si cher. Les mœurs ont changé en même temps que le prix. Contrairement à ce que l’on pense, il est certain que le blog est plus sécurisant, parce que moins dangereux. Mais il faut se forcer un peu pour y défendre des opinions sans banalité. Je vous y invite en toute cordialité.

 

[Suite dans un prochain numéro]

 

A bientôt, les amis

 

Bernard Bonnejean


* Le seul nom qui ne soit pas vrai dans cet article. Je n'ai pas changé le nom des autres, car c'est un hommage que je veux rendre, même à Guillou qui, après tout, ne faisait que son boulot.Frappez à ma porte, mes amis. N'hésitez pas ! Nous avons presque dix ans de plus...

 

Publié dans Histoire du net

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Merci (?), Docteur Marie-France Hirigoyen

Publié le par Bernard Bonnejean

 

le syndrome d'Arthur

 

Ne cherchez  ni dans le Larousse médical  ni dans la Légende du roi éponyme ni dans les programmes psychomédianalytiques pseudo freudo-lacaniens du type Delarue ou Dumas (pas Alexandre, pas Roland, Mireille) ! Un peu d’histoire littéraire britannique devrait vous aider à comprendre :


Tout le monde connaît Sir Conan Doyle. Ce médecin irlandais, installé à Portsmouth, a si peu de clients qu’il décide d’écrire. Des lettres à sa mère, d’abord, des contes et des récits ensuite. Ce n’est certes pas la gloire, mais sa plume lui permet au moins de payer son loyer.


Conan DOYLE

DOYLE Conan

 

À partir de 1885, déprimé par la misère qui l’entoure, il entend surmonter l’épreuve par le mariage et par l’écriture de vrais romans. Inspiré par Emile Gaboriau, le père du roman policier, il lance son personnage : Sherinford Holmes transformé bien vite en Sherlock Holmes. Il écrit Etude en rouge. Publié à Noël 1886, c’est un échec total. Conan Doyle s’en réjouit, qui veut écrire un livre sérieux et vraiment admirable. Il croit alors composer un chef-d’œuvre : Micah Clarke. Un éditeur l’accepte pour peu que l’auteur daigne l’abréger de près de 200 pages ! Le docteur et sa famille ont faim : on ampute le volume qui obtient un succès très relatif. Doyle persiste à poursuivre ses efforts dans cette direction : une histoire de la Révolution française, une étude sur le Pérou, une autre sur la chevalerie.


Cependant, Sherlock Holmes fait des siennes aux Etats-Unis. Il obtient un tel triomphe à son auteur que ce dernier peut s’installer comme ophtalmologiste dans le Londres des beaux quartiers.


http://footorama.blog.lemonde.fr/files/2008/06/sherlock_holmes_-_the_man_with_the_twisted_lip.1213634354.jpg



Doyle est désespéré. Il voulait être admiré pour ses livres sérieux. Les éditeurs lui réclament du Sherlock Holmes. Conan Doyle a une idée : les lecteurs du Strand qui suivent les aventures du héros en feuilleton apprendront bientôt sa mort ! Arthur Conan Doyle a failli mourir avec lui. On l’oublie, lui et ses romans historiques. Ecœuré, il consent à ressusciter l’écossais à la pipe, contre une somme pharamineuse de cinq mille dollars.


Sherlock Holmes a tué l’écrivain Sir Arthur Conan Doyle.


Mon cas sur ce blog est pire encore. Depuis le 30 janvier 2009, j’ai écrit 76 articles. Les commentaires sont en général élogieux. Mais un, surtout, emporte l’adhésion générale au point d’être lu tous les jours par le plus grand nombre de lecteurs et de lectrices : Portrait psychologique du pervers narcissique du 6 avril. Je devrais être content ? Je le serais davantage si j’en étais l’auteur !!!


J’ai pourtant prévenu en tête d’article : « J'ai cherché à en savoir plus et suis tombé sur cette définition, brillante et objective, d'une certaine Mme Hirigoyen. Vous trouverez les références en fin d'article. Ma contribution se réduira à mettre en relief les mots clés de cette brillante analyse qui, franchement, fait froid dans le dos.


Docteur Marie-France Hirigoyen dois-je vraiment vous remercier ? Et de quoi vous remercierais-je ? Pour votre pénitence, cher Docteur, faites-moi le plaisir de baptiser mon trouble psychologique subi de ce nom-là et d'en développer la définition suivante :

créatif, esprit

Illustrations de Image Zoo

 

 

 

Le syndrome d’Arthur est caractérisé par un état  de frustration prolongée provoqué par une admiration imméritée pour un geste, un acte, une parole, un ouvrage etc., attribués par erreur à un sujet créatif qui aimerait en vain se voir apprécié pour sa création personnelle. Une forme plus connue chez les créateurs professionnels consiste à subir la même frustration engendrée par une admiration considérée comme illégitime par le sujet qui souhaiterait la voir reportée sur d’autres objets dont il est l’auteur et qu'il juge plus dignes d'attention, d'éloges ou de récompenses.


Merci quand même, Madame Marie-France Hirigoyen


 

 

 

Merci à vous, chères lectrices victimes et bourreaux de lecteurs, que vous n'êtes ni toutes ni tous !!!


A bientôt, les ami(e)s


Bernard Bonnejean

Publié dans culture humaniste

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