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Gay Noël

Publié le par Bernard Bonnejean


pour que ce soit Merry Christmas pour tout le monde

En France, dit l'adage, "tout finit par des chansons". Mon intention n'est nullement de vous agacer à contre-courant de vérités populaires plus que centenaires, mais j'ai décidé de commencer par une chanson. Elle n'est pas d'hier, mais pas non plus d'avant-hier. Nous avions vingt ans dans nos corps. Pendant que les gars chantaient les tubes de l'idole des jeunes, les filles en mini tentaient de se libérer avec ce genre de succès-là :

                                      ROMANTALE ET SENTIMENTIQUE

Je ne sais pas pourquoi
Tu te méfies de moi
Pourquoi tu crois
Que je ne t'aime pas


Tu es mon seul amour
Je t'aimerai toujours
C'est aussi vrai
Que deux et deux font trois


Romantale et sentimentique
C'est tout à fait tout à fait moi
Enigmatale et virginique
Et personne ne me changera


J'ai été de bonne heure
Elevée chez les sœurs
Je n'ai jamais connu
D'autres vices

Et c'est toi le premier
Qui m'a dévergondée
C'est aussi vrai
Que cinq et trois font six

Romantale et sentimentique
C'est tout à fait tout à fait moi
Enigmatale et virginique
Et personne ne me changera


Même si Onassis
Venait pour m'épouser
Je lui dirais
Gardez tous vos bateaux

 

C'est aussi vrai que vingt
Multiplié par huit
Et divisé par deux
Ca fait zéro

Romantale et sentimentique
Oh je le resterai toujours
Il n'y a que les mathématiques
Qui quelquefois me jouent des tours

Je ne sais pas pourquoi
Tu te méfies de moi
Pourquoi tu crois
Que je ne t'aime pas


Tu es mon seul amour
Je t'aimerai toujours
C'est aussi vrai
Que deux et deux font trois

J'ai été de bonne heure
Elevée chez les sœurs
Je n'ai jamais tenu
Le moindre vice

Et c'est toi le premier
Qui m'a dévergondée
C'est aussi vrai
Que quatre et trois font dix

(F Gérald/Gaynaël
1970 CBS)

Qui a dit : « C’est un peu nunuche » ?  Forcément, maintenant, avec votre bande de marmots, votre « expérience de la vie », les impôts, le chômage, la grippe H1 N1, la crise et les régionales, vous ne comprenez plus le désarroi de la demoiselle !! Gaynaël, elle s’appelle la demoiselle. C’est marqué sur la pochette du 45 tours :


Tiens ? On les entend plus les musicologues avertis, les paroliers pour intellos bobos, les vieux grincheux verlainiens ! Et les voilà qui s'informent, les nouveaux amateurs !

« Où loge la demoiselle ? Habite-t-elle chez ses parents ? Pouvez-vous lui transmettre un petit mot de ma part pour lui dire que… » Mais, mes pauvres gars, vous vous êtes regardés !?  Vous avez dans les soixante piges et quelques, aujourd’hui ! Franchement ! Revenez bien vite sur terre, sinon c’est le gâtisme assuré ! Ah ! qu’ils disent maintenant : « Elle était pas si mal que ça la chanson de Gaynaël, finalement » !

Pour vous faire plaisir – qu’est-ce que je ne ferais pas pour vous faire plaisir ? – je vous montre une deuxième pochette : celle de 1971


Oui, j'ai remarqué : elle a perdu son Y, Ga(Y)naël, en revanche elle a gagné un peu de poids. Tout ça, dans la métaphore. Oh ! N'allez pas chercher des trucs encore ! Quand je dis qu'elle a perdu son Y, en réalité elle s'appelait Anne-Marie. « Du coup, ça aurait fait bonne sœur », qu’il dit l’autre.

Bon, ben les gars, c'est terminé ! Jamais plus je ne vous dirais des choses importantes. Comme quoi, par exemple ? Que c'est Jacques Dutronc qui a composé la musique de ses deux premiers succès ("Le vent malin" (1967) et "Le trèfle à quatre feuilles (1968) ; qu'elle travaille avec Maxime Leforestier chez Polydor ; qu'elle a adapté le "The Rose" de Bette Midler ; qu'elle a écrit pour Nicole Croisille, Line Renaud et d'autres. Ah ! Ça vous en bouche un coin, ça !! Vous n’avez pas encore compris qu’il faut du temps pour qu’une jeune fille en fleurs, style guimauve, devienne une artiste, une femme d’action, une militante ? J’exagère ? Bon ! Je vous laisse juges de ce qui va suivre. Mais si vous aimez, promettez-moi une chose : pas de téléchargement bête. C’est pas pour elle que je vous dis ça, mais pour les petits jeunes dont elle défend la cause.

SI VOUS AVEZ DE L’HONNEUR, VOUS NE TELECHARGEREZ PAS SANS CONTREPARTIE.

Je vous donne rendez-vous après l'audition (cliquez sur la photo) :



Maintenant, à vous de jouer. Je laisse la parole à Ganaël Joffo (Ben oui, qu'est-ce que vous voulez ? Maintenant, Anne-Marie Nebot s'appelle Ganaël Joffo et est la maman d'une ravissante Anna, peintre talentueuse) :

♥ ♥ ♥ ╔╦╦╦═╦╗╔═╦═╦══╦═╗♥ ♥ ♥
♥ ♥ ♥ ║║║║╩╣╚╣═╣║║║║║╩╣♥ ♥ ♥
♥ ♥ ♥ ╚══╩═╩═╩═╩═╩╩╩╩═╝♥ ♥ ♥

S.V.P. nous avons besoin de vous plus que jamais, pour faire connaître la chanson ''DE IL A IL '' afin de pouvoir sortir un CD de la chanson.
Le but : reverser des droits à l'association LE REFUGE et arriver ainsi à financer de nouveaux appartements-relais pour les ados victimes d'homophobie, ou rejetés de leur foyer familial à cause de leur homosexualité,bisexualité,transsexualité...

Pour toutes ces raisons, et bien d'autres encore, je vous demande d'inviter tous vos amis à rejoindre ce groupe et à acheter des parts (5 euros chacune).

Je compte sur vous et vous remercie d'avance !!

Je vous connais, les Ami(e)s, vous ne venez pas chez moi par hasard. Vous êtes intelligents, vous avez du coeur, vous avez du goût pour la beauté. Oui mais, me direz-vous, mais que vaut Ganaël Joffo en scène ?

Vos désirs sont des ordres. Jugez par vous-mêmes :


Prenez votre temps, lisez, relisez, écoutez, réécoutez. Une cause qui en vaut vraiment la peine !!!

A bientôt, mes Amis, nous comptons vraiment sur vous.

Bernard Bonnejean

Publié dans poésie et chanson

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Amitié Judéo-Chrétienne de France

Publié le par Bernard Bonnejean

Les 12 points de Berlin

 

 

L’été 1947, 65 Juifs et Chrétiens venant de 19 pays différents se rassemblèrent à Seelisberg en Suisse. Ils se mirent d’accord pour exprimer leur profonde douleur à propos de la Shoah, leur détermination à combattre l’antisémitisme, et leur désir d’entretenir des relations plus fortes entre Juifs et Chrétiens. Ils dénoncèrent l’antisémitisme à la fois comme un péché envers Dieu et l’humanité et comme un danger pour la civilisation moderne. Afin de partager ces graves préoccupations, ils adressèrent aux Églises un appel rédigé en dix points, leur demandant de réformer et de renouveler leur compréhension du Judaïsme ainsi que les relations entre Judaïsme et Christianisme.


Le Rabbin Sammy Ghozlan
délégué départemental du CRIF 93

Aujourd’hui, après plus de 60 ans, tout en célébrant l’anniversaire de la Conférence de Seelisberg qui le fit naître, le Conseil International des Chrétiens et Juifs publie un nouvel appel — adressé cette fois-ci aux communautés chrétiennes et juives à travers le monde. Cet appel reflète la nécessité de redéfinir les dix points de Seelisberg en tenant compte des avancées du dialogue inter-religieux depuis le document innovant de 1947. Ce nouvel appel contient douze objectifs, adressés aux Chrétiens, aux Juifs, puis à l’ensemble des deux communautés. Après l’énumération des douze points et de plusieurs tâches spécifiques incombant à chacun, le document reconsidère l’histoire des relations entre Chrétiens et Juifs, laquelle a fourni le cadre contextuel et l’impulsion pour notre initiative.

Nous, membres du Conseil International des Chrétiens et Juifs, publions ensemble cet appel en tant que membres actifs au sein de nos traditions respectives. Nous sommes héritiers d’une histoire séculaire d’aliénation, d’hostilité et de conflits, marquée par des temps de persécutions et de violence envers les Juifs dans l’Europe chrétienne, mais aussi par des moments de générosité et de reconnaissance mutuelle dont nous devons nous inspirer.



Mgr Olivier de Berranger,
évêque de Seine-Saint-Denis

Encouragés par l’initiative de Seelisberg, nous avons travaillé pour surmonter un héritage de préjugés, de haine et de méfiance réciproque. Par un sérieux engagement au dialogue, à l’examen autocritique de nos textes et traditions, et à travers des études et des actions conjointes en faveur de la justice, nous sommes parvenus à une meilleure compréhension les uns des autres, à une acceptation réciproque dans un total respect de nos différences, et une affirmation de notre commune humanité. Nous comprenons que les relations entre Juifs et Chrétiens ne sont pas « un problème » à résoudre, mais bien plutôt un processus continu d’apprentissage et de redéfinition. Ce qui est peut-être le plus important, c’est que nous avons trouvé l’amitié et la confiance. Nous avons cherché et trouvé la lumière ensemble.




Le Grand Rabbin du Consistoire central, René-Samuel Sirat.
 
Ce voyage n’a été ni simple ni aisé. Nous avons affronté de nombreux obstacles et des reculs, voire des conflits — dont certains très sérieux — à propos d’enjeux théologiques ou historiques. Cependant, notre détermination à poursuivre le dialogue malgré les difficultés, à communiquer honnêtement et à supposer la bonne volonté de nos partenaires nous a aidés à tenir bon. Pour toutes ces raisons nous croyons que l’histoire, les défis et les réussites de notre dialogue sont pertinents pour tous ceux qui sont engagés dans des conflits opposant des groupes ou des religions.

C’est en tout cas dans cet esprit que nous adressons cet appel aux communautés chrétiennes et juives à travers le monde.

Nous, le Conseil International des Chrétiens et Juifs ainsi que nos organisations membres, sommes déterminés à renouveler notre engagement sur les dix points de Seelisberg qui inspirèrent nos débuts. Par conséquent, nous adressons cet appel aux Chrétiens, aux Juifs, et à toutes les personnes de bonne volonté :

Un appel aux Chrétiens et aux communautés chrétiennes

Nous invitons tous les Chrétiens et toutes les communautés chrétiennes à se joindre à notre effort permanent pour éradiquer tous les vestiges de mépris à l’encontre des Juifs et pour resserrer les liens avec toutes les communautés juives dans le monde. Nous nous engageons à poursuivre les buts suivants :

1. Combattre l’antisémitisme qu’il soit raciste, religieux ou de toute autre nature.

Au niveau biblique :

- En reconnaissant Jésus comme un Juif de son temps, et en interprétant ses enseignements dans le contexte du Judaïsme du premier siècle.
- En reconnaissant Paul comme un Juif de son temps, et en interprétant ses écrits dans le contexte du Judaïsme du premier siècle.
- En insistant sur le fait que les études récentes sur ce qu’il y a de commun au Christianisme et au Judaïsme et sur leur séparation progressive sont cruciales pour notre compréhension fondamentale de la relation judéo-chrétienne.
- En présentant les deux Testaments de la Bible chrétienne comme complémentaires et se valorisant mutuellement, et non comme antagonistes et de valeurs inégales. Les Églises qui utilisent des lectionnaires sont encouragées à choisir et à relier entre eux des textes bibliques qui s’inscrivent dans cette perspective théologique de complémentarité positive.
- En dénonçant la mauvaise interprétation chrétienne des textes bibliques concernant les Juifs et le Judaïsme, qui est susceptible d’engendrer des caricatures ou de l’animosité.




Au niveau de la liturgie :

- En mettant l’accent sur les liens entre les liturgies juive et chrétienne.
- En puisant dans la richesse spirituelle des interprétations juives des Écritures.
- En débarrassant les liturgies chrétiennes de toute orientation anti-juive, particulièrement dans les sermons, les prières et les cantiques.

Au niveau du catéchisme :

- En présentant les relations entre Juifs et Chrétiens de manière positive dans l’éducation des Chrétiens de tous âges, par une mise en valeur des fondements juifs de la foi chrétienne et une description précise de la manière dont les Juifs eux-mêmes comprennent leurs propres traditions et pratiques. Ceci concerne le cursus des écoles chrétiennes, des séminaires, et les programmes de formation pour adultes.
- En faisant prendre conscience des traditions séculaires développées par l’antijudaïsme chrétien et en proposant des modèles pour renouveler la relation unique entre Chrétiens et Juifs.
- En soulignant l’immense richesse religieuse que l’on trouve dans la tradition juive, notamment en étudiant les textes qui font autorité.

2. Promouvoir le dialogue inter-religieux avec les Juifs

- En exigeant la confiance et l’égalité parmi tous les participants au dialogue et en rejetant toute tentative de convaincre les autres à rallier sa propre foi.
- En encourageant les participants au dialogue à examiner de manière critique la perception qu’ils ont de leur propre tradition mais aussi de celle de leur partenaire de dialogue, ceci dans le cadre d’un engagement sincère les uns vis-à-vis des autres.

3. Développer une compréhension théologique du Judaïsme qui affirme son intégrité spécifique

- En éliminant tout enseignement où les Chrétiens auraient remplacé les Juifs comme peuple en Alliance avec Dieu.
- En mettant en lumière la mission commune des Juifs et Chrétiens de préparer le monde pour le royaume des cieux ou le monde à venir.
- En établissant des relations d’égalité et de réciprocité dans le travail avec des organisations juives tant religieuses que laïques.
- En s’assurant que les mouvements théologiques naissant en Asie, en Afrique ou en Amérique Latine, ainsi que les démarches féministes, de libération ou de toute autre nature intègrent une juste compréhension du Judaïsme et des relations judéo-chrétiennes dans leurs formulations théologiques.
- En s’opposant à tout effort organisé pour convertir les Juifs.

4. Prier pour la paix à Jérusalem

- En prêchant la foi en une parenté spirituelle de fait entre Juifs et Chrétiens. En comprenant plus pleinement le profond attachement du Judaïsme à la Terre d’Israël comme une donnée religieuse fondamentale, et le lien de nombreux Juifs avec l’État d’Israël comme une question de survie aussi bien culturelle que physique.
- En réfléchissant sur les moyens de mieux intégrer la compréhension spirituelle de la terre dans la Bible dans une perspective de foi chrétienne.
- En critiquant les politiques israéliennes et palestiniennes lorsque cela est moralement justifié, tout en reconnaissant l’attachement des deux communautés à cette terre.
- En critiquant les attaques antisionistes, en particulier lorsqu’elles deviennent des expressions d’antisémitisme.
- En rejoignant les artisans de paix juifs, chrétiens, musulmans, israéliens et palestiniens, pour restaurer la confiance et la paix au Proche-Orient afin que tous puissent vivre en sécurité et indépendamment, dans des États viables, établis dans le respect du droit international et des droits de l’Homme.
- En améliorant la sécurité et la prospérité des communautés chrétiennes en Israël et en Palestine.
- En travaillant pour améliorer les relations entre Juifs, Chrétiens et Musulmans, au Proche-Orient et dans le reste du monde.



Un appel aux Juifs et aux communautés juives

Nous invitons tous les Juifs et toutes les communautés juives à se joindre à notre effort permanent pour éradiquer tous les vestiges d’animosité et de caricature à l’encontre des Chrétiens, et à resserrer les liens avec les Églises chrétiennes à travers le monde. Nous nous engageons à poursuivre les buts suivants :


5. Reconnaître les efforts accomplis par de nombreuses communautés chrétiennes de la fin du XXe siècle pour réformer leur attitude à l’égard des Juifs

- En prenant connaissance de ces réformes à travers un dialogue plus intensif avec les Chrétiens.
- En considérant les implications des changements réalisés par les Églises chrétiennes concernant les Juifs et leur compréhension du Judaïsme.
- En informant les Juifs de tous âges du contenu de ces changements dans le contexte de l’Histoire des relations judéo-chrétiennes, tout en tenant compte du niveau d’éducation de chaque groupe auquel on s’adresse.
- En incluant des enseignements fondamentaux exacts sur le Christianisme dans le programme des écoles juives, des séminaires rabbiniques ou les programmes éducatifs pour adultes.
- En étudiant le Nouveau Testament à la fois comme un texte saint du Christianisme et un texte littéraire écrit en grande partie par des Juifs dans un contexte historique et culturel analogue à celui de la première littérature rabbinique, ce qui offre ainsi un aperçu du développement du Judaïsme lors des premiers siècles de notre ère.

6. Réviser les textes juifs et la liturgie à la lumière de ces réformes chrétiennes

- En s’affrontant aux textes juifs qui apparaissent xénophobes ou racistes, après avoir réalisé que de nombreuses traditions religieuses ont produit des textes inspirés mais également des textes problématiques. Chaque tradition religieuse est invitée à mettre l’accent sur les textes prônant la tolérance et l’ouverture.
- En replaçant les textes problématiques dans leur contexte historique, en particulier ceux qui ont été écrits lorsque les Juifs étaient une minorité sans pouvoir, persécutée et humiliée.
- En proposant de possibles ré-interprétations, changements ou omissions dans les textes de la liturgie juive quand ceux-ci traitent les autres d’une manière inacceptable.




7. Faire la différence entre la critique impartiale d’Israël et l’antisémitisme

- En s’appuyant sur des exemples bibliques pour comprendre et présenter une critique juste comme l’expression de la loyauté et de l’amour.
- En aidant les Chrétiens à comprendre que l’identité communautaire et la conscience de former un peuple font partie intégrante de l’auto-compréhension juive, en plus de la foi et de la pratique religieuses. Ceci explique que l’engagement pour la survie et la sécurité d’Israël est un point essentiel pour la plupart des Juifs.

8. Encourager l’État d’Israël dans ses efforts à réaliser les idéaux inscrits dans son acte de naissance, tâche qu’Israël partage avec de nombreuses nations dans le monde

- En assurant l’égalité des droits pour toutes les minorités, tant religieuses qu’ethniques, incluant les Chrétiens vivant dans l’État Juif.
- En parvenant à une résolution juste et pacifique du conflit israélo-palestinien.

 

Un appel aux communautés juives et chrétiennes ainsi qu’à toutes les autres

 

Nous invitons les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, ainsi que tous les peuples de foi et de bonne volonté, à toujours respecter les autres et à accepter les différences et la dignité de chacun. Nous nous engageons à poursuivre les buts suivants :

9. Améliorer l’éducation inter-religieuse et interculturelle

- En combattant toute image négative des autres, enseignant ainsi la vérité fondamentale selon laquelle chaque être humain est créé à l’image de Dieu.
- En donnant priorité à la suppression des préjugés envers les autres dans le processus éducatif.
- En encourageant l’étude mutuelle des textes religieux, ceci afin que Juifs, Chrétiens, Musulmans et membres de tout autre groupe religieux puissent apprendre de l’autre et avec l’autre.
- En soutenant des actions sociales communes dans la recherche de valeurs communes.




Richard Prasquier, président du Crif,
et Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris.

10. Promouvoir l’amitié et la coopération entre les religions ainsi que la justice sociale dans une société globalisée

- En se réjouissant de la singularité de chaque personne, et en promouvant le bien-être politique, économique et social de chacun.
- En reconnaissant comme citoyens égaux les croyants qui, en émigrant vers une nouvelle patrie, font désormais partie d’une minorité religieuse.
- En se battant pour l’égalité des droits, sans considération de religion, de sexe ou d’orientation sexuelle.
- En s’affrontant clairement au fait que les sentiments de supériorité religieuse — ayant pour corollaire le sentiment que les autres religions sont inférieures — sont présents dans chaque tradition, y compris la sienne propre.

11. Améliorer le dialogue avec les organismes politiques et économiques

- En collaborant autant que possible avec des organismes politiques et économiques pour promouvoir la compréhension entre les religions.
- En profitant de l’intérêt grandissant d’organismes politiques et économiques pour les relations inter-religieuses.
- En amorçant des discussions avec les organismes politiques et économiques à propos du besoin urgent de justice dans un monde globalisé.




12. Se rallier à tous ceux dont le travail répond aux exigences environnementales

- En développant la croyance que tout être humain est impliqué dans la préservation de la Planète.
- En reconnaissant le devoir biblique commun aux Juifs et aux Chrétiens envers la création, et la responsabilité de le mettre en œuvre dans les discours et les actions publiques.

Nous, le Conseil International des Chrétiens et Juifs, ainsi que les organisations membres, nous nous engageons à relever tous ces défis et à assumer toutes ces responsabilités.

Fait lors de la Conférence Internationale et l’Assemblée Générale du Conseil International des Chrétiens et Juifs.

Berlin, Allemagne, juillet 2009

Traduit de l’anglais par Matthieu GANON-TAUBMANN


Amitié Judéo-Chrétienne de France (AJCF)

60, rue de Rome
75008 PARIS
Téléphone : 01 45 22 12 38
ajcf.siege@laposte.net <ajcf.siege@laposte.net>


Publié dans culture humaniste

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HONTE À VOUS !

Publié le par Bernard Bonnejean


Victimisation à domicile

 « Eh bien ! Tu en fais une tête ! Qu’est-ce que tu as ? Tu es malade ?

— Qui ? Moi ?

— Tu vois quelqu’un d’autre dans la maison ?

— Mais pourquoi veux-tu que je sois malade ? Je me demande bien pourquoi je serais malade. Tu me vois toujours malade !...

— Alors, si tu n’es pas malade, tu fais une autre tête, hein !, parce que je sens qu’on va encore passer un week-end agréable ! J’ai dit quelque chose ?

— Mais non ! C’est pas toi !

— Je me demande qui c’est si ce n’est pas moi. C’est encore ta saleté d’Internet…





— Ma « saleté d’Internet », comme tu dis, si je l’avais pas, je me demande ce que je ferais de la journée… Et puis on y fait des rencontres sympathiques, parfois. On peut même avoir des conversations enrichissantes !
 

— Oh ! je sais bien que je ne suis pas très intéressante. Je n’ai pas fait de longues études, moi ! 

— Et ça y est : c’est reparti ! Mais tu n’y es pour rien !! 

— Ils t’ont fait du mal ?

— … … …
Et toi, comment as-tu passé ta journée ? C’est bizarre le temps qu’il fait pour un mois de novembre. Une douceur pareille, ça s’est jamais vu.

— Bon ça va, j’ai compris. Je téléphone à Nelly. Au fait, tu peux nous rejoindre si tu veux vers quatre heures, pour un café. Si ça te dit, bien entendu.

— Et voilà ! C’est quand même malheureux ! Tu me demandes de parler : je parle. Et tu fiches le camp, je ne sais même pas pourquoi. Ah ! je te jure, on vit vraiment une drôle d’époque ! Plus de dialogue, plus de communication, chacun pour sa pomme ! Et en plus il faudrait avoir le sourire ! Faire comme si de rien n’était ! Mais je peux pas t’en empêcher ! Tu veux aller avec Nelly ? Eh ben, va donc avec Nelly !

— Toi, ça va pas, hein ? Tu ferais mieux de me le dire tout de suite, ce qui ne va pas. De toute façon, je te connais, tu vas finir par me le dire !

— … … …




— Alors !!??


— Y’en a un qui m’a dit : « Honte à vous ! »

— Et c’est tout ??? Tu le connais même pas, je suis sûre ! Qu’est-ce que tu lui as dit, pour qu’il te dise ça ?

— Des trucs sur les Israéliens et les Palestiniens. Ils disent tous que je suis antisémite.

— Antisémite ? Pourquoi tu serais antisémite ? T’en connais beaucoup des juifs, toi ? D’ailleurs, je me demande bien où on les trouverait à Laval. Je ne suis même pas sûre qu’il y en ait.

— Mais c’est pas le problème !! On discute entre nous, comme ça. Pour dire ce qu’on pense. Ou pour se détendre.

— Ah ! c’est gagné ! On peut dire que tu es détendu depuis que tu t’es remis à ce machin ! Tu ne peux pas te remettre à tes livres, non ! … … … Antisémite ! Non, mais franchement, il y a de quoi rire !

— Eh bien ris si ça t’amuse ! Moi, j’ai pas envie. C’est grave !

— Bon, écoute, on va regarder un film comique. Tu verras : ça ira mieux après !

— Si tu veux. Qu’est-ce que tu veux regarder ?

— Un que t’aimes vraiment beaucoup. Attends ! Ah ! Rabbi Jacob, ça te dit ?

— ??????????????? »



 

Bon dimanche à tous,

Nanard le pestiféré.



 

Publié dans vie en société

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KRISS EST MORTE !

Publié le par Bernard Bonnejean





KRISS



EST



MORTE 








Les Anges




et



le Bon Dieu




en rigolent d'avance













MERCI




KRISS CHERIE !!!



Son dernier gag !

On ne va pas faire un état général de ma santé chaque semaine, mais bon, ça monte, ça descend, ce n'est encore pas gagné, mais pas perdu non plus.


Je suis soignée, on essaie de nouveaux protocoles en espérant trouver le bon, et je pense être entre de bonnes mains : oncologie à l'hopital Pompidou avec le Docteur Scotté dans le service du Pr Andrieu, et à la clinique de la porte Saint Cloud avec le Docteur Coscas.


Fasciathérapie avec Danis Bois, chronobiologie de pointe avec le docteur Bendayan, et suivi du terrain avec le Docteur Lapraz…


Des médecins ouverts, et curieux des recherches des uns et des autres.


Pour l'instant, ça fait plutôt mal, alors je ne peux pas reprendre l'antenne mais je suis heureuse de voir que vous êtes restés présents et même très nombreux !!!


Je suis aussi heureuse de savoir que Nougaro a passé les dimanches midi avec nous tout l'été : l'émission de Didier Varrod était magnifique… Hugo de Simone Depoux nous a encore emmenés à la rencontre de personnages extraordinaires que l'on croyait connaître et que l'on redécouvrait. Marie Pierre a fait parler d'amour une quantité de gens passionnants, amoureux et thérapeutes : de quoi essayer de ne pas recommencer les mêmes bêtises…. mais euh…. ?


Elisabeth Lerminier nous rejoint pour la rentrée, elle est déjà en pleine recherche, comme Christine Kern revenue avec toute l'équipe du Crumble.


On fera sans doute comme l'an dernier, une alternance pleine de chaleur…


Merci à vous, merci à la direction de ne pas me laisser tomber dans cette période un brin "hard"… Et aussi merci à la vie qui, par certains chocs, vous incite à porter un œil neuf sur ce qui l'enrichit.


Je ne vous dirai pas que je n'ai jamais peur, ce serait mentir, mais vous dire que je ne puise rien de positif dans cette expérience serait mentir aussi.


Et puis un mot important pour Christian, mon homme, qui toujours avec sourire et amour, sait être là sans en remettre... alors que c'est certainement encore plus difficile pour lui que pour moi.


Kriss


Très sincères condoléances à Christian et à toute sa famille,
Un ami de quarante ans de Kriss,

Bernard Bonnejean 

Publié dans Kriss

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"Pas facile de vivre dans la laïcité en France"

Publié le par Bernard Bonnejean


"La liberté et de l'État et de l'Église a été une solution politique"

La laïcité française permet des relations pacifiées entre l’Eglise et l’Etat
valdriniLa question de la relation entre les Etats (ou les institutions supra-nationales) et l'Eglise



Entretien avec Mgr Valdrini, professeur de droit canonique à l’Université pontificale du Latran



ROME, Dimanche 15 novembre 2009 (
ZENIT.org) -


La question de la relation entre les Etats (ou les institutions supra-nationales) et l'Église est aujourd'hui clairement posée en Europe. La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme sur la place des crucifix dans les écoles italienne a mis un coup de projecteur sur ces relations parfois tendues. Le jour même de la publication de ce jugement, des députés français rendaient public leur rapport sur les relations entre la France et le Saint-Siège, où ils soulignaient la perte d'influence de la France auprès de la curie romaine. Au sein une démocratie laïque comme la France, l'opinion exprimée par les parlementaires peut sembler surprenante. Mgr Patrick Valdrini, professeur de droit canonique à l'Université pontificale du Latran, nous donne son appréciation sur la laïcité telle qu'elle est vécue en France aujourd'hui.

Zenit - Monseigneur Valdrini, pouvez-vous nous dire ce qu'est la laïcité française aujourd'hui ?

Mgr Valdrini - La laïcité française se définit d'abord par la neutralité de l'État. L'État est absolument libre par rapport aux religions, ce qui, historiquement, est relativement nouveau. Il n'y a pas de religion privilégiée en France et donc celui-ci accepte le pluralisme des religions. Par ailleurs, dans l'État français, les religions sont absolument libres, sauf à respecter l'ordre public. Ce qui aujourd'hui définit le mieux la laïcité française, c'est donc cette double liberté, exprimée par un homme politique au moment de la séparation en 1905. Il disait : « des Églises libres dans un État libre (1) ».


Ce que j’entends “détruire”, ce n’est ni telle croyance, ni tel culte, ni telles pratiques, c’est une institution officielle prétendant régler ces croyances, célébrer ce culte, ordonner ces pratiques avec un privilège spécial de l’État. Ce n’est pas la religion qu’il faut détruire, ce n’est pas même l’association religieuse : c’est l’association patronnée et patentée par l’État, entretenue aux frais des contribuables, ayant droit aux honneurs publics comme si elle remplissait un service public, mise au rang d’une institution de l’État et dotée de prérogatives qui perpétuent indéfiniment son antique magistrature souveraine sur la masse de la nation.


En cela nous sommes d’accord, n’est-ce pas ? Nous le sommes encore sur le devoir pour la libre-pensée d’être militante et de s’affirmer par la plus active propagande contre tout l’appareil de miracles, de dogmes et de mystères, dont s’entourent les religions prétendues révélées. Seulement j’estime qu’en faisant cette guerre aux religions, la libre-pensée verra bien vite son horizon s’élargir et des lueurs nouvelles éclairer sa route. Elle s’apercevra bientôt qu’à côté du raisonnement il y a place dans la vie pour les raisons du cœur et du sentiment, pour le rêve, pour l’hypothèse, pour l’amour, pour l’enthousiasme, pour des espérances infinies, pour l’intuition du sublime, pour une soif de justice et de bonté sans limite, pour je ne sais quelle vision lointaine d’une humanité meilleure qui n’existera peut-être jamais ici-bas, mais qu’il faut avoir une fois entrevue pour avoir un but devant soi.

Ferdinand Buisson


Zenit - Comment est née cette laïcité, et comment s'est-elle structurée ?

Mgr Valdrini - Elle a une double origine : une source philosophique et une source politique. La source philosophique, c'est le 18ème siècle français, avec notamment les philosophes qui ont revendiqué un statut de citoyen libre par rapport à la foi. On pouvait être citoyen en France et être athée. Voilà qui explique d'ailleurs pourquoi un des terrains de combat de la laïcité a été l'école et l'enseignement de la morale. On promouvait une morale qui ne se référait pas à la religion.

Et puis la laïcité française a aussi des racines politiques. Dans les cadres juridiques et politiques précédant la séparation des Églises et de l'État en 1905, l'État s'intéressait à la nomination des évêques, à la gestion des biens, au statut d'institutions ecclésiastiques comme les écoles qui étaient sous la juridiction de l'Église ou le statut des universités catholiques. C'était un combat entre Français républicains, et donc contre l'Église, et des Français qui se disaient favorables au pape et donc pour l'Église. La liberté et de l'État et de l'Église a été une solution politique.

Notre fondateur est saint Jean Bosco, mieux connu sous le nom de Don Bosco (l’italien pour Abbé Bosco). Il vécut à Turin, au nord de l’Italie, au temps de la révolution industrielle. Même avant de devenir prêtre, il rassemblait les jeunes de la rue pour en faire « de bons chrétiens et d’honnêtes citoyens. ». Il disait : « L’éducation est une affaire du cœur ».



AU SERVICE DES JEUNES





À la suite de leur fondateur, les salésiens privilégient la présence auprès des jeunes comme éducateurs. Leur pratique éducative s’appuie sur trois piliers, héritage de Don Bosco : raison, religion, bonté affectueuse. La base de ce système veut être une compréhension sympathique des jeunes et une présence active auprès d’eux, les aidant à grandir.


Zenit - Est ce qu'on peut imaginer qu'aujourd'hui, on soit arrivé, suite à deux cents ans d'histoire après la révolution française, à une espèce d'équilibre en France ?


Mgr Valdrini -
Un équilibre, oui ! Je pense à ce propos que le Conseil d'État a joué un très grand rôle dans l'application concrète de la loi de 1905. Le droit a été un terrain de pacification. Aujourd'hui, malheureusement ou providentiellement disent certains, l'Islam est venu changer les données du problème. Providentiellement, disent-ils, parce que cela a permis de préciser un certain nombre d'éléments de la laïcité française. Ainsi quand le président de la république, Mr Sarkozy, est venu au Latran, il a développé le concept de laïcité positive. Or c'est un concept qui était né avant et que, paradoxalement, la recherche d'un statut pour l'Islam en France a favorisé. Par exemple le Ministre Jean-Pierre Chevènement avait déjà parlé de laïcité positive. Dès lors, la laïcité « non-positive » paraissait une sorte de laïcité en creux et faisait que les Églises pouvaient vivre librement à l'intérieur d'un pays mais sans avoir d'autres registres d'action et d'explication que le registre privé. Voici que tout à coup la laïcité est dite positive. Dans cette nouvelle manière de la comprendre, on dit que les Églises peuvent avoir une importance dans le débat social, avec des points de vue, par exemple sur l'éthique, sur la morale ou sur tout autre sujet que l'État peut prendre en compte.

Quand nous parlons du role de l’Eglise dans la société civile, nous devons distinguer entre la politique au sens strict en tant qu’art du politicien, et la politique dans son sens plus large, comprenant tout ce qui relève des ordres social et économique, et de l’établissement de la justice sociale. Tous les membres de l’Eglise doivent être engagés dans la politique au sens large. L’exercice de l’art du politicien et l’engagement dans les partis politiques et dans le gouvernement est d’abord une tâche pour des laïcs, et non pour prêtres ou des religieux.

 


Cependant,la distinction entre partis politiques et politique est plus facile à tenir en théorie qu’en pratique. Dans des situations où tous les partis démocratiques suivent les mêmes valeurs morales fondamentales, l’Eglise peut maintenir sa neutralité. Mais qu’arrive-t-il quand un parti adopte une ligne qui promeut et soutient un ordre social injuste?  Si les autorités dans l’Eglise disent ou font quelque chose pour dénoncer l’injustice, les membres du parti en question diront que l’Eglise ‘interfère’ dans la vie des partis politiques. De fait, ils ont raison, mais que peut faire d’autre l’Eglise si elle veut être un signe effectif et crédible de la justice? Prêtres et religieux peuvent avoir à prendre une position qui est perçue comme explicitement politique pour ne pas se trouver en collusion avec des structures d’injustice et d’inégalité (Père Michael McCabe, SMA).  

Zenit - Comment l'Église de France vit-elle cette laïcité aujourd'hui ?

Mgr Valdrini -
Personnellement, je trouve qu'elle vit très bien cette laïcité. Nous parlons de la laïcité, mais il faudrait aussi parler de la société qui est considérablement sécularisée. Or, dans cette société où l'Église en France trouve de mieux en mieux sa place, elle a une parole très libre. Nous l'avons vu récemment et le voyons encore, avec le débat sur la bioéthique, où l'Église catholique a joué et joue encore un rôle essentiel, voire d'animation du débat politique, avec une approche du thème tout à fait originale et spécifique que n'avaient pas ou n'ont pas les hommes politiques.

 

photo_Alain_Beucher.JPG

Rarement évoquée dans les débats, conférences, écrits réalisés depuis plusieurs mois, au sujet de la révision des lois de bioéthique, la clause de conscience est une nécessaire évidence, pour les soignants mais aussi pour la société toute entière. Eclairage du Docteur Alain Beucher

L’exercice du droit de la conscience est une question difficile, souvent ‘’enfermée’’ dans une étiquette religieuse, et rarement traitée sur le fond. Elle concerne pourtant chacun d’entre nous, chaque citoyen, car elle est, d’abord, un principe laïc : tout homme ne doit pas effectuer des actes pouvant heurter sa conscience ou ses convictions.

La clause de conscience concerne, avant tout, les médecins mais aussi les sages femmes, les pharmaciens, les infirmiers, les auxiliaires médicaux … ainsi que les établissements de santé privés (article L. 2212-8 alinéa 3). D’autres champs d’activités se trouvent aujourd’hui, ou se trouveront demain, concernés par l’objection de conscience ; nous n’évoquerons ici que le domaine de la bioéthique.

Qu'est-ce que la clause de conscience?

La liberté de conscience, ou clause de conscience, peut être considérée comme la possibilité accordée de ne pas appliquer certaines règles édictées par le droit, par la Loi… En effet, les normes juridiques peuvent, dans certaines situations, entrer en conflit avec les croyances ou les valeurs morales d’un individu. C’est ainsi que le champ de l’objection de conscience s’élargit à l’ensemble des citoyens, pour des enjeux de plus en plus graves, dès lors que devient possible la subordination de la loi morale à la loi civile. La conscience doit être première … et la clause est dangereuse si elle enferme le médecin dans « sa clause », dans un isolement … ne réfléchissant pas en équipe, avec d’autres médecins ou non médecins (comité d’éthique, équipe de DAN …) Comme le dit le Catéchisme de l’Eglise catholique, « L’homme a le droit d’agir en conscience et en liberté afin de prendre personnellement les décisions morales. L’homme ne doit pas être contraint d’agir contre sa conscience mais il ne doit pas être empêché non plus d’agir selon sa conscience »


Zenit - Cette conception de la laïcité permet-elle vraiment une expression libre de l'Église dans la société ?


Mgr Valdrini -
Oui, encore une fois, parce qu'elle est totalement libre pour le faire et, en plus de cela, elle a des références pour parler. Par exemple la dernière encyclique du pape, Caritas in Veritate, est une référence pour les évêques. Comme d'ailleurs ce qu'on appelle la doctrine sociale de l'Église. Ainsi, tout ce que l'Église de France dit en matière d'éthique, que ce soit éthique personnelle ou éthique sociale, elle le tire du patrimoine de l'Église Catholique, qu'elle exprime dans ses termes et en tenant compte des circonstances nouvelles de lieu et de temps.


PARIS, 28 fév 2008 (AFP)

Les évêques veulent que le dimanche reste « le jour du Seigneur », pour encourager l’assistance à la messe, mais aussi au nom d’une meilleure vie en société, explique Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont et vice-président de la Conférence des évêques de France (CEF) dans un éditorial à paraître dans la revue « Catholiques de France ».

Mgr Hyppolite Simon

« Le culte n’est pas qu’une démarche d’individus juxtaposés. Il est fondateur d’une communauté, et donc de lien social », écrit Mgr Simon qui recommande « un temps de respiration (…) partagé par le plus grand nombre ». « J’entends bien l’argument de la vendeuse qui juge que son temps de travail n’est pas plus long le dimanche que le lundi alors qu’il est payé le double. Son affirmation a la force de l’évidence », poursuit-il en demandant ce qu’en pensent ses enfants, ou ses frères et soeurs. « Ne serait-elle pas précieuse » à la maison ou auprès d’un mouvement de jeunes? ajoute-t-il. « Il ne suffira donc pas que chaque individu soit en situation de gagner davantage pour créer vraiment du lien social. L’argent est un entremetteur universel. Il peut acheter beaucoup de choses, mais il n’achètera jamais ni l’amour, ni l’affection, ni l’amitié, et jamais, non plus, la citoyenneté », conclut-il.

Zenit - Et est-ce qu'elle est écoutée dans ces prises de position ?

Mgr Valdrini - Écoutée, c'est un autre problème. Mais je reviens encore à l'exemple du débat sur la bioéthique : tout le monde a été étonné par l'intérêt qu'a suscité la Parole de l'Église. Parce qu'elle a su le faire intelligemment, c'est à dire en travaillant ses dossiers, pas seulement sous l'angle de l'affirmation de principes, mais étudiant ceux-ci dans leurs rapport aux circonstances.  Face à des dossiers qui sont difficiles en France, l'euthanasie, le diagnostique prénatal ou d'autres questions de ce genre, l'Église a fait un vrai travail de réflexion et sa contribution au débat est apparue essentielle !

Sélection de sites et ressources internet sur la bioéthique
Sur le site internet du diocèse de Pontoise, un dossier complet sur l'éthique et la bioéthique avec :
-

La définition de l'éthique et de la morale
- La liste de textes officiels publiés entre 2000 et 2006 et pouvant aider à un questionnement éthique
- La présentation de quelques textes officiels touchant à l'éthique de la vie, publiés entre 2000 et 2006
- Quelques références au sujet de questions éthiques en début de vie
- Les paroles de l'Eglise sur les questions en début de vie
- Quelques références au sujet des questions éthiques en fin de vie
- Ce que dit l'Eglise face à ces questions de fin de vie

Adresse : site internet du
diocèse de Pontoise.
La vie en question
par KTOTV

 


Zenit - Finalement, la laïcité à la française pourrait-elle être, aujourd'hui, un modèle pour les autres Etats européens dans la gestion de leurs rapports avec les Eglises ?


Mgr Valdrini - Un modèle, c'est beaucoup dire. En effet, en Europe, les Églises ont des statuts très différents. La laïcité est affirmée comme une neutralité de l'État mais de manière diverse en raison de la tradition, de l'histoire, ou de l'identité même des peuples, comme on voit en Italie avec l'affaire du crucifix. Il y a contestation de la décision de la Cour européenne de Strasbourg parce que les gens au nom de leur culture propre n'acceptent pas qu'on retire les crucifix des écoles ou bien des tribunaux. Alors qu'en France c'est un problème qui ne se pose pas du tout. Ce qui montre bien que chaque pays a une identité que doit respecter la laïcité.

Mais je pense toutefois que la France peut être une référence positivement et négativement. Positivement, parce que nous avons parlé de liberté et je crois que c'est un modèle de pouvoir parler librement dans une société. Négativement, parce qu'il y a un lourd passé historique en France qui fait que l'Église a toujours des problèmes avec ses institutions ecclésiales, ainsi celles qui ont une activité menée avec un caractère propre comme les écoles ou les universités catholiques. Il n'est pas toujours facile de vivre dans la laïcité en France.



Propos recueillis par Stéphane Lemessin

 


Note personnelle de Bernard Bonnejean

Mgr Valdrini fait remonter l'idée de laïcité, en tant que "double liberté" exprimée dans la formule "des Eglises libres dans un Etat libre", à la Loi de Séparation des Eglises et de l'Etat de 1905. En réalité, Montalembert déclare dès
 novembre 1852 dans
Le Correspondant (« Des intérêts catholiques au XIXe siècle ») : « Ce n’est... ni l’Empire, ni la Restauration ; ce n’est ni la protection, ni la sympathie du pouvoir qui ont valu (à l’Eglise) la forme qu’elle possède aujourd’hui ». Il se fait un peu plus pressant au congrès de Malines, en 1863, en lançant « L’Eglise libre dans un Etat libre », repris de L’Avenir, et y ajoutant : « Moins l’Eglise est solidaire d’un pouvoir quelconque et moins elle invoque son appui, plus elle apparaît forte et populaire en face de la société moderne ». L’année suivante, la proposition 55 est condamnée par le Syllabus : « L’Eglise doit être séparée de l’Etat et l’Etat séparé de l’Eglise ». Il faudra des années pour que l'idée soit reprise par l'Etat républicain.


L'Institut Catholique de Paris - Paris 6e

 

L’Institut Catholique de Paris est situé à l’angle du 21 rue d’Assas et de la rue de Vaugirard.

Dès sa création, en 1875, l'Université catholique de Paris s'installa dans l'ancien couvent des Carmes.

Elle fut d'abord une contre-Sorbonne, composée de trois facultés en une: Droit, Lettres et Sciences.

 

entrée rue d'Assas Histoire angle rue de Vaugirard - rue d'Assas


 

     


En 1878, sur l'ordre de Pie IX, une école de théologie fut adjointe à l'Université, et au cours du siècle d'autres écoles y furent annexées.

Aujourd'hui, une convention avec la Sorbonne assure l'autonomie pédagogique de l'institut, qui accueille nombre de clercs étrangers et laïcs.

L’architecte Gabriel Ruprich-Robert construit en 1894 un bâtiment de deux étages rue d'Assas.

D’autres travaux d’agrandissement ont été réalisés à partir de 1897 pour se terminer en 1933.

La polychromie des façades est obtenue par l'alternance des matériaux, brique et pierre, et l'emploi des briques vernissées pour le soubassement des fenêtres.

La toiture d'ardoise est en pente droite et en forme de carène de navire, avec de larges lucarnes sur trois étages.

 

 

 


  

Publié dans culture humaniste

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Lagaillarde au poteau

Publié le par Bernard Bonnejean


ou les hoquets de l'Histoire

Connaissez-vous La Chose ? Non, pas "la chose", La Chose. Ce n'est pas la même chose, parce que ce n'est pas la même "chose". "La chose", c'est cette chose naturelle dont nous ne parlons qu'à demi-mots, du moins chez les honnêtes gens qui l'appellent justement "la chose", pour ne pas avoir à la nommer. Il en est d'autres qui l'appellent bêtement "l'amour", ce qui est ridicule, parce que les bêtes font "la chose", sans faire "l'amour". D'ailleurs on peut faire "la chose" sans amour et un amour "platonique" s'entend sans "la chose".


                Abbé Gabriel-Charles de Lattaignant, Le Mot et la Chose, vers 1750.

Alors que La Chose ne peut être qu'une oeuvre, ou plus exactement, le titre d'une oeuvre. En l'occurrence, La Chose est le titre d'une émission de radio des années cinquante. Que la France d'antan se souvienne, que la France d'aujourd'hui s'imagine : autour de la TSF à lampes les enfants du baby-boom agglutinés, les plus grands tendant  l'oreille, les plus petits ne retenant que la beauté d'un mot, le timbre d'une voix, ou les commentaires des adultes et des aînés : "La chose est-elle un objet courant ?" et le monsieur de la TSF : "Dans la mesure où un objet qui sert régulièrement peut être dit courant, je serais tenté de répondre par l'affirmative. A quoi pensez-vous ?" Et le candidat s'en allait sous nos huées après avoir répondu : "A rien de particulier. C'était pour faire avancer la chose". Plus tard, beaucoup plus tard, le concept, comme on dit aujourd'hui, sera repris sous le nom de Schmilblick par Guy Lux, puis Coluche. Si mes souvenirs sont bons, ce n'était pas sur Paris-Inter, mais sur Radio-Monte-Carlo ou, plus sûrement, sur Europe n° 1.

De toutes ces émissions entendues entre 3 et 8 ans, je retiendrai, pêle-mêle : Quitte ou double, celle qui nous mettait en transe quand le candidat, déjà beau vainqueur, remettait tout en jeu en prononçant un "double" fatidique ; Signé Furax, Malheur aux BarbusSur le banc (avec Raymond Souplex et Jeanne Sourza), La Famille Duraton, toutes émissions auxquelles je ne comprenais pas tout, mais qui me faisait rire du rire des grands. Pour ma part, j'étais plus fasciné encore par l'horloge parlante : "Au troisième top, il sera exactement : dix heures, quinze minutes, huit secondes. TOP ! TOP ! TOP ! Dix heures, quinze minutes, huit secondes". Pas de discussion possible : c'était l'heure exacte et je n'ai connu personne qui en doutât ! Et un nom, un seul, plus parlant à ma mémoire que tous les autres, parce que sa sonorité me donnait déjà des envies de poésie : Zappy Max qui savait si bien scander "offert par Sunil" ou "offert par Omo", ou Pento, Pétrole Hahn ou Brillantine Forvil, dont abusaient mes frères aînés pour "aller voir" les filles (pas question de "draguer" à l'époque ni même de "flirter", ces choses se faisant bien entendu sans les mots pour le dire).



                                   Rudolph Valentino, le roi de la brillantine

Mais, comme j'ai eu l'occasion de le rappeler à une responsable politique d'Orléans qui eut la même expérience enfantine, deux noms ont causé notre douleur, notre hantise, et notre nostalgie présente. Le premier résonne dans ma tête comme un signe de discorde : Geneviève Tabouis. Papa n'était avec nous que le samedi et le samedi c'était Geneviève Tabouis. Qu'avaient-ils les hommes de cette époque à tomber en extase aux vaticinations péremptoires de la Madame Soleil,  l'indiscutée Cassandre de la politique internationale, eux qui avaient du mal à imaginer que leur femme et leurs filles pussent voter un jour ? Son "attendez-vous à savoir" déclenchait les hostilités entre le chef de famille et la famille dont il se croyait le chef. Seul à tendre l'oreille vers le poste, désespérément, sa meute, épouse et mère y compris, ricanait avec plus ou moins d'irrespect. Et ça finissait mal. Et ça recommençait la semaine d'après.

Puis un jour, mon grand frère, Jean dit Jeannot, est parti pour une destination plus ou moins secrète. Et, à partir de ce jour, on a écouté, avec attention, le Journal parlé. Il était surtout question des Russes (les Russkofs) toujours plus ou moins en bise-bise avec les Américains (les Amerloques). Là, on n'était pas obligés d'écouter, sauf quand il était question de bombe H ou de bombe A. Mais certains mots étaient chargés d'une liturgie solennelle : "Alger", "barricades", "mitraillettes", "fellagahs", "FLN"... On se taisait sans qu'on nous le demande, et je dévisageais ma mère et ma soeur aînée pour savoir comment allait Jeannot, là-bas, avant de recevoir la lettre que maman attendait : il était au Val de Grâce, grièvement blessé, mais vivant.


                          Les journées d'Alger 1961-1962
 par r9i1t0ch4i 



A partir de je ne sais plus quelle date, tous les jours la TSF répétait les cris de gens en colère. Je n'ai jamais oublié leur slogan : "LAGAILLARDE AU POTEAU ; LAGAILLARDE AU POTEAU". Jamais je n'aurais demandé la signification de ces mots ritualisés. Du reste, je ne savais absolument pas ni de quoi ni de qui il pouvait être question. Au début, le slogan défilait ainsi dans mon cerveau : "LA GAILLAR  DOPOTO", n'ayant pas encore en tête qu'on pût attacher quelqu'un à un poteau pour l'exécuter. Ce n'est que plus tard que je compris quand "LAGAILLARDE AU POTEAU" devint "DE GAULLE AU POTEAU" précédés et suivis de beaucoup d'autres.

Que de souvenirs, n'est-ce pas ? Et pourquoi jaillissent-ils aujourd'hui, vendredi 13 novembre 2009 ? A cause de Christine LAGARDE : LAGAILLARDE/LAGARDE, vous me suivez ? Vous allez rétorquer, tel que je connais votre bon coeur, qu'on ne va quand même pas la coller au poteau, avec douze balles dans la peau. Bon ! Soit ! Depuis cette après-midi j'ai bien réfléchi et je me dis que s'il faut passer quelqu'un par les armes, la justice voudrait que ce soit tous ou personne. Et comme on ne peut pas tous les faire passer au tourniquet, ce sera finalement personne.





QUAND MÊME ! Veuillez d'abord vous rafraîchir la mémoire avec cette lettre-ci. Une bonne nouvelle ? Pas du tout !! Réfléchissez davantage que Lagarde, voyons ! Au lieu de payer vos impôts 2008 sur dix mois de 2009, grâce à ce trait de génie comme seuls peuvent en avoir Lagarde et son complice Woerth, vous aurez à les payer sur les derniers mois de 2009, puis sur les premiers de 2010, auxquels s'ajouteront les impôts afférents à 2009 !!!!!

Pourtant, j'aurais eu honte de vous en parler, juste après vous avoir démontré les mérites de la vertu de pauvreté chez Jeanne Jugan, mais figurez-vous qu'un miracle se produisit !! Je reçus ceci il y a deux jours. Je vous en donne copie conforme :





Mettez-vous à ma place. Mon sang ne fait qu'un tour. Bénissant Sarkozy et ses valets, je téléphone aux impôts... qui confirment. Etant donné que je n'avais aucun revenu déclaré en 2007 et que je paye une somme phénoménale en 2009 pour les revenus 2008, je bénéficie du bouclier fiscal !!!

Et nous voilà, cette après-midi 13, devant une Dame qui a le toupet de me dire qu'elle n'est pas au courant. Que le ministère a des ordinateurs qui envoie des trucs tout faits à des contribuables sans qu'eux-mêmes, les agents des impôts, soient informés. Après s'être un peu fait remonter les bretelles, elle décide de se dégager en m'envoyant au Contrôleur Général.
Il lit la lettre et me demande aimablement : "Avez-vous demandé l'imprimé n° 2041 DRID ?" Il me regarde, devine que la question me fait bouillir intérieurement, et me déclare tout de go : "Bon ! Ce n'est pas grave ! Combien avez-vous perçu de revenus en 2007 ?" Je lui réponds que je n'en ai déclaré aucun, selon la loi en vigueur, puisque j'étais en arrêt maladie. Et là, j'imagine le pire, qui survient immédiatement : "Oui, mais quels étaient vos revenus ?" Je négocie et je renvoie M. le Contrôleur Général au § 1 qui parle de revenus "réalisés". Tout à coup, je réalise ce que signifie "réalisés" et je m'aperçois, sans étonnement, que la lettre aurait pu me concerner mais qu'elle ne me concerne nullement. Et c'est à ce moment que je dis à mon contrôleur tout le bien que je pense de Laga(illa)rde, de Sarkozy, de Woerth, de Strauss-Kahn and co.

J'ai seulement fini en lui disant qu'il ne fallait pas envoyer n'importe quoi à n'importe qui parce que de fausses espérances pouvaient avoir des conséquences dramatiques. Et lui de me dire : "Mais nous n'y sommes pour rien. Tout ça nous passe au-dessus de la tête !"

Ouf ! Je me sens plus léger de vous avoir conté mes malheurs.

A bientôt, mes amis, et, la prochaine fois, faites quand même gaffe pour qui vous votez, nom d'un chien !!!

Bernard Bonnejean

 

Publié dans politique française

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Portrait d'un orifice ceint de pâtes

Publié le par Bernard Bonnejean


ou l'art de se faire des jaloux-envieux à bon compte

Vous traversez une période difficile ? Vous subissez la crise de plein fouet et les fonctionnaires de votre Hôtel des Finances refusent de tenir compte de l'inutilité manifeste de leurs collègues du Pôle Emploi. Soeur Anne, votre conjoint, ne voyant plus rien venir à la fin du mois, a décidé de vous signifier votre congé à partir d'aujourd'hui en raison du petit paragraphe du contrat de mariage que vous avez mal lu, vos yeux éblouis à manger la jeune fille préoccupée de sa robe virginale. En un mot, vous êtes terriblement malheureux ? Je vous plains. Moi, ça va ! Vous voilà froissé ? Allons donc ! Mettez-vous à ma place : je ne puis compatir après avoir lu ça :

 

Bernard, si vous dites YES,
les grandes monnaies de ce monde
vous rendront immensément riche
le 16 novembre




Bonjour Bernard,

L'occasion pour vous de devenir riche et de vivre la vie magnifique dont vous avez toujours rêvé se présentera incessamment. Oui (ou plutôt YES!), tout ce que vous avez toujours désiré est à la portée de votre main. J'aimerais aujourd'hui vous faire part d'une expérience personnelle, basée sur une vérité essentielle de notre quotidien, qui va vous propulser dans la plus heureuse des existences.

Si des années de pratique en astrologie et en spiritualité peuvent permettre de se faire une petite idée sur la façon dont fonctionne l'univers, alors là, je sais que j'ai raison : la personne merveilleuse qui lit cette lettre, en l'occurrence vous, Bernard, possède :

  •  
    • Des ressources que vous ne soupçonnez sans doute même pas
    • Un esprit brillant, un cœur d'or, une personnalité rayonnante et
    • Une montagne de diamants à portée de main, une opportunité INCROYABLE de commencer une vie de rêve le 16 novembre et plus précisément le 2 décembre!

Bernard, vous avez tout l'or du monde à votre portée

Il n'y a jamais eu une telle occasion pour une personne de signe Gémeaux née le 10 juin de devenir SI riche SI vite... OUI, Bernard, je parle bien de vous. Et même la crise économique qui pèse sur tous les esprits ne change rien à cet événement puissant.

Ce qui vous arrive aujourd'hui m'est arrivé il y a deux ans...

Il y a deux ans, ça n'allait pas très fort. Le monde qui m'entourait semblait sur le point de s'effondrer. J'étais surmenée, l'argent ne rentrait pas comme je l'aurais voulu et ma vie sentimentale était un véritable fiasco. Tout ce que je tentais pour m'en sortir échouait. Confrontée à mon impuissance, je perdais petit à petit l'espoir et l'appétit.





C'est alors qu'un vieil ami m'a fait adopter une nouvelle façon de penser, basée sur un principe simple qu'Einstein, Platon, Gandhi et plusieurs personnes aussi riches que célèbres ont mis en pratique dans leur vie quotidienne. Comme eux, j'ai donc appris à changer ma façon de voir et à dire OUI au succès. J'aimerais vous expliquer maintenant à quoi m'a servi cette connaissance et comment elle peut vous aider, vous aussi.

Le secret, c'est: YES !

«Yes» est l'un des mots les plus puissants et essentiels de la langue anglaise, car c'est dans ce mot minuscule que réside le secret de votre bien-être, de votre richesse et de votre bonheur.

Dès que vous aurez appris à dire oui au bien-être, oui au succès, oui à l'argent et oui à l'amour, vous commencerez immédiatement à recevoir tout ce que vous désirez - sans limite.

Comment cesser de penser NON et de se mettre enfin à penser OUI ?

J'ai conçu le pendentif idéal qui vous ouvrira les portes à d'infinies possibilités et qui vous permettra d'accéder à la richesse à compter du 2 décembre.

Comme vous devez vous en douter maintenant, Bernard, j'ai toujours été fascinée par les pendentifs et les amulettes, ainsi que par l'influence de certains symboles sur notre destin. Cela fait plus de 20 ans que je poursuis mes recherches. Les pendentifs ont un effet puissant sur nous, tant au niveau du spirituel que de l'inconscient. Mais c'est le premier pendentif que je conçois qui allie le pouvoir de la pensée à celui du mot YES.


«Yes» est l'un des mots les plus puissants et essentiels de la langue anglaise, car c'est dans ce mot minuscule que réside le secret de votre bien-être, de votre richesse et de votre bonheur.

Dès que vous aurez appris à dire oui au bien-être, oui au succès, oui à l'argent et oui à l'amour, vous commencerez immédiatement à recevoir tout ce que vous désirez - sans limite.

Comment cesser de penser NON et de se mettre enfin à penser OUI?

J'ai conçu le pendentif idéal qui vous ouvrira les portes à d'infinies possibilités et qui vous permettra d'accéder à la richesse à compter du 2 décembre.

Comme vous devez vous en douter maintenant, Bernard, j'ai toujours été fascinée par les pendentifs et les amulettes, ainsi que par l'influence de certains symboles sur notre destin. Cela fait plus de 20 ans que je poursuis mes recherches. Les pendentifs ont un effet puissant sur nous, tant au niveau du spirituel que de l'inconscient. Mais c'est le premier pendentif que je conçois qui allie le pouvoir de la pensée à celui du mot YES.

Le pouvoir des mots n'est plus à démontrer: un seul mot peut provoquer le désespoir ou conduire à l'extase. Le pendentif YES représente le mot OUI qui permet de canaliser toute l'énergie positive de l'univers et la faire circuler dans votre vie. Il ne faut pas le confondre avec le banal «oui, je vais faire la vaisselle». C'est le OUI de l'illumination, de la vérité, de l'harmonie, le YES de la prospérité.

 

En plus de la monnaie européenne, votre pendentif YES va attirer la
monnaie japonaise - le yen - et la monnaie américaine - le dollar.
Vous aurez de l'argent en provenance du monde entier!






Un bijou spectaculaire en argent 925‰, relevé de
37 cristaux étincelants et sans défaut, taillés en forme de diamant.

Le 2 décembre, ces symboles puissants combinés au pouvoir de la Pleine Lune vous permettront de récolter les bénéfices des trois monnaies - l'euro, le yen et le dollar - triplant ainsi vos chances de gains et d'enrichissement.

Sachez, Bernard, que le symbolisme des monnaies est très fort. Prenons par exemple un billet de 1 dollar américain. Il y a deux illustrations qui composent le «Grand Sceau» au dos du billet: une pyramide tronquée et le sommet de cette même pyramide où figure un œil. C'est un symbole maçonnique représentant l'équilibre parfait. La signification des symboles monétaires a joué un rôle déterminant dans la conception de ce pendentif.

Pourquoi le 2 décembre est-il si important?

Avec la connaissance que j'ai de votre thème astral, Bernard, et sachant que votre date de naissance est le 10 juin, je sais que le 2 décembre correspond, pour vous, au jour idéal pour être en possession de ce puissant pendentif. C'est la journée de la Pleine Lune, et le pendentif se chargera d'un influx supplémentaire provenant de l'énergie lunaire. N'oubliez pas: le 2 décembre sera le meilleur jour pour activer votre pendentif YES et profiter des énergies de la Pleine Lune.

 

«Le OUI est l'écho de la vie elle-même»
- Anonyme

 

Conçu spécifiquement pour exploiter toute la richesse de ce mot puissant et apporter la fortune à son possesseur, cet étonnant pendentif vous aidera à garder une attitude positive et à attirer à vous plus d'argent que vous n'osez l'imaginer. YES est synonyme d'acceptation du bonheur, du plaisir et de la fortune. Modifier sa façon de penser pour positiver peut vraiment transformer une vie.

Vivre dans l'optimisme et la joie, tout faire pour rester sur une longueur d'onde positive, en harmonie avec la vibration du pendentif YES porté contre son cœur toute la journée, voilà le moyen le plus rapide et le plus efficace pour faire entrer le bonheur et la fortune dans sa vie. Mais nous y reviendrons plus loin. Bernard, laissez-moi d'abord vous rappeler que votre destin est d'être riche et de réussir.

C'est vrai, Bernard, réussir est votre droit le plus légitime!

Le OUI est l'essence même de la vie. Votre date de naissance, le 10 juin, fait de vous l'héritier direct de richesses passées entre les mains des plus grands rois.

La vie est belle envers et contre tout...
Il en est ainsi depuis le samedi 10 juin 1950

On a parfois l'impression que le monde entier est contre nous, mais ce n'est pas vrai, Bernard. L'Univers est bon et votre destin est de devenir la meilleure personne possible. Votre naissance vous prédestine à une vie d'abondance et de prospérité.

Toutefois, pour accomplir le destin que l'Univers vous réserve, vous devez rechercher et développer le meilleur de vous-même. Vous devez apprendre à attirer dans votre direction toute l'énergie positive de la richesse.

Comment utiliser le pendentif YES pour avoir une vie
débordante d'argent, de succès et de bonheur

Une fois que vous aurez ces symboles puissants en votre possession et que vous porterez votre splendide pendentif YES, vous pourrez mettre en œuvre dans votre vie les principes suivants:

1) Dire OUI, j'accepte les bonnes décisions en toute objectivité.

Quand on rencontre un problème dans la vie, il y a deux possibilités: soit on réagit bien, soit on réagit mal. Ce n'est pas le problème en lui-même qui importe, mais la façon dont on l'aborde. La qualité de votre vie est principalement basée sur le choix des questions que vous vous posez et non sur ce qui vous arrive. Ce qui compte c'est la manière dont vous percevez les événements, réagissez aux situations et vous adaptez aux changements nécessaires. Bernard, le fait de porter le pendentif YES vous aidera à réagir positivement.

Face à une épreuve ou à un adversaire, voyez toujours le côté positif de la situation; essayez d'en tirer un enseignement utile. L'échec en tant que tel n'existe pas, il y a toujours quelque chose à en apprendre. Le pendentif YES vous permet d'avoir un accès direct à l'immense potentiel d'énergie positive qui existe dans l'univers.

2) Dire OUI, je maîtrise mes pensées et je les garde positives

Si vous avez une pensée négative, éliminez-la de votre esprit et remplacez-la par une pensée positive. La plupart des gens raisonnent en fonction de ce qu'ils ne veulent pas. Vous, Bernard, commencez à penser à ce que vous voulez.

Avec votre pendentif YES, je vais vous envoyer gratuitement un cadeau très utile : un guide contenant plusieurs exercices et méthodes pour vous aider à surmonter les obstacles et à éliminer les pensées négatives qui se mettent en travers de votre chemin, afin que vous puissiez dire YES au succès.

Lorsque vous commencerez à porter votre pendentif YES et à noter dans le guide que je vous offre vos ressentis concernant vos finances et vos objectifs, les résultats obtenus vous surprendront.

Quand j'ai moi-même traversé la passe difficile que j'ai évoquée, je me suis assise, j'ai mis mon pendentif YES - que je porte maintenant tous les jours - et j'ai écrit. J'ai cessé de penser à ce que je n'avais pas pour réfléchir à ce que j'avais déjà. J'avais ma famille, mes voisins, mon chien et la santé - sans oublier les amis merveilleux rencontrés sur internet via mes consultations d'astrologie et la création de bijoux ésotériques. J'ai aussi pensé à la chance que j'avais de vivre dans un pays riche et de pouvoir faire profiter mes amis de mes découvertes et de mes créations.

 

3) Dire OUI, j'ai confiance en moi et dans le pouvoir des pendentifs porte-bonheur

Cultiver sciemment des pensées positives n'est pas suffisant en soi. Ce qu'il faut également, c'est de faire entrer ces pensées dans votre inconscient. Tout cela se mettra naturellement en place lors de la puissante phase lunaire du 2 décembre.

 

Vos pensées agissent comme des aimants

Bernard, vous avez sans doute entendu parler de la loi de l'attraction et peut-être connaissez-vous bien la pensée positive, mais savez-vous comment l'appliquer?

On attire à soi ce que l'on est

Tout ce qui fait partie de votre vie, vous l'avez attiré à vous. Vous êtes l'aimant le plus puissant qui soit. Si vous avez des pensées positives, vous attirerez à vous les bonnes ondes. Le contraire est également vrai. Je suis sûre que vous avez déjà entendu, voire expérimenté vous-même cette prophétie auto-réalisatrice: quand on a une attitude négative, tout ce que l'on craint finit par arriver. Vous devez donc dire OUI pour réussir!

 

«Un homme n'est que le produit de ses pensées. Ce qu'il pense, il le devient.» - Mahatma Gandhi

 

Certains des plus grands penseurs de tous les temps savent que ce principe est vrai, mais les mots, les livres et les citations ne suffisent pas. Vous devez changer votre façon de penser ET agir pour attirer la richesse dans votre vie. Le pendentif YES va vous aider à le faire, attirant l'argent à vous comme la lumière attire le papillon de nuit.

 

 

«Ce qui détermine votre chemin de vie, c'est moins ce que la vie vous apporte que votre attitude face à elle. C'est moins ce qui vous arrive que votre perception de ce qui arrive.»
- Kahlil Gibran

 

 

 

4) Dire OUI, j'ai le pouvoir de réaliser tout ce que je désire accomplir.

Il est facile d'adopter un état d'esprit négatif, de dire «je ne peux pas». Le secret, c'est de savoir que vous pouvez. Bernard, effacez de votre esprit la phrase «je ne peux pas». Ne la prononcez jamais plus, n'y pensez jamais plus. Il est facile de prendre un mauvais pli et quand une pensée négative nous habite, elle sera certainement suivie d'une série d'autres. Or, vous pouvez contrôler vos pensées et couper le courant qui alimente la négativité. Vous en avez le pouvoir.

 

«Agissez comme si vous aviez une vie pleine d'enthousiasme, de santé, de talent et de joie: vous finirez par les avoir.»
-- Norman Vincent Peale

Le pendentif YES va vous transporter d'où vous êtes vers là où vous voulez être!

Nul n'est gouverné par des forces qu'il ne peut maîtriser, même dans une mauvaise situation. Vous êtes le créateur et ce que vous projetez sur la toile devient votre vie. Vous choisissez la composition et les couleurs de la peinture. Ce que je souhaite, c'est vous donner les outils dont vous avez besoin pour vous préparer spirituellement et psychologiquement à une avalanche de richesses.

5) Dire OUI, je veux que le pouvoir de ce pendentif agisse sur moi!

Le 2 décembre, jour très spécial pour vous et date de la Pleine Lune, prenez votre pendentif et tenez-le dans une main. Respirez doucement à fond trois fois et visualisez les richesses que vous aimeriez posséder. Concentrez-vous sur les symboles de votre pendentif et songez aux différentes formes de richesse que vous voulez attirer à vous. Plus vous méditerez sérieusement et fréquemment avec votre pendentif YES, plus ces pensées se concrétiseront. Chaque semaine, concentrez-vous sur un aspect différent de la vie que vous souhaitez.






6) Dire OUI à vos ambitions personnelles et votre succès sera aussi éclatant qu'un diamant.

Découvrez le sens de votre vie. Ayez une vision, une ambition pour votre avenir et qu'elle soit claire dans votre esprit. Ensuite, méditez sur cette vision. Mettez tout votre cœur dans cette image de la version la plus magnifique de ce que vous désirez, Bernard. Gardez cette image à l'esprit et méditez dessus.

Toute l'énergie positive que le pendentif YES attire vous aidera à :

 

  •  
    • Vous concentrer sur une image positive de vous-même
    • Garder une haute estime de vous
    • Effacer les limites qui ne sont pas réelles
    • Entretenir de meilleures relations avec les autres
    • Attirer la beauté
    • Attirer l'argent
    • Accepter qui vous êtes
    • Accepter votre corps
    • Accepter les autres
    • Insuffler bonheur et énergie positive dans tous les secteurs de votre vie

 

«Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir.»
- Henri Matisse

 

 

Vers le 2 décembre, vous allez recevoir les richesses et l'abondance dont vous n'avez fait que rêver jusqu'à présent. J'en suis si convaincue que je me suis organisée pour que vous puissiez acquérir votre pendentif YES sans prendre aucun risque. Vous avez juste à payer les frais de port et d'assurance, soit la modique somme de 6,95€. Ce n'est qu'un mois après la date de votre commande, et sous réserve d'une totale satisfaction de votre part, que votre carte de crédit sera débitée de 5 prélèvements mensuels de 24,95€ chacun.

Votre pendentif YES est couvert par ma
garantie inconditionnelle de remboursement
J'assume tous les risques. Vous n'en prenez aucun.

Bernard, si votre pendentif YES ne vous apporte pas entière satisfaction, si votre situation financière ne s'améliore pas, si votre vie ne change pas radicalement, si vous n'avez pas l'impression que ce qui est négatif devient positif, ou pour toute autre raison, il vous suffira de me le renvoyer au plus tard trente jours après réception et je vous rembourserai jusqu'au dernier centime. Vous n'aurez pas d'explication à me fournir.

Votre amie fidèle,

 

 
 Rochelle

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Jeanne Jugan, précurseur de l'action sociale (3)

Publié le par Bernard Bonnejean


Un événement de portée mondiale :

la petite Cancalaise canonisée le 11 octobre 2009

En 1849, Jeanne Jugan, Soeur Marie de la Croix en religion, a ouvert quatre maisons : Dinan, Saint-Servan, Rennes et Tours, toutes consacrées aux personnes âgées sans ressources. Marie Jamet, manoeuvrée par l'abbé Le Pailleur, est supérieure de la congrégation.

La maison-mère reste l'ancien couvent de Saint-Servan. Elle s'avère de plus en plus exiguë au fur et à mesure de l'arrivée de jeunes postulantes : 20 en 1847 ; 40 en 1849. Jeanne s'installe à Tours en février 1849, accueillie par un certain M. Dupont, très connu pour son extrême générosité. Nous savons par la correspondance de la jeune Soeur Pauline qu'elle multiplie les rencontres avec les bienfaiteurs et donateurs, mais aussi avec l'évêque auquel elle demande de la recommander près des curés, avec la presse locale , avec la Préfète qui lui fait avoir une autorisation de circuler et de quêter dans tout le département... Une fois la maison de Tours consolidée et enracinée, elle cherche à aider dans les établissements ouverts récemment, Besançon et Nantes, ville dans laquelle on donne aux religieuses le nom qu'elles porteront bientôt officiellement : Les Petites Soeurs des Pauvres.

Finalement, c'est à Angers que Jeanne parvient, en décembre 1849. Plusieurs familles l'attendent pour y faire bâtir un asile pour vieillards. Elle retourne d'abord à Tours pour y aller chercher la supérieure, Marie Jamet accompagnée de deux autres soeurs. Le 3 avril 1850, elles demandent l'autorisation à Mgr Angebault de s'installer et de quêter. Fin avril, la maison angevine est ouverte. Il faut connaître cette douceur angevine célébrée par Joachim du Bellay pour comprendre que Jeanne eut moins de difficultés sans doute à y rendre heureux ses pensionnaires. On rapporte que même le colonel, commandant la garnison de la ville, mit les musiciens de sa troupe à sa disposition pour égayer les vieillards.



Pendant l'hiver 1850, Jeanne visite Dinan, Lorient et Brest. Elle suit de près les fondations de Bordeaux, Rouen et Nancy. En Angleterre, elle reçoit l'appui d'un inconditionnel fort populaire : Charles Dickens. Venu à Paris, il a visité l'asile et en est reparti enthousiaste. Il fait part de son émoi dans son hebdomadaire Household Words du 15 janvier 1852. Il y fait la description suivante de la Maison de la rue Saint-Jacques :

Un ancien a les pieds sur une chaufferette, et murmure d'une voix faible qu'il est bien maintenant car il a toujours chaud. Le souvenir du froid des années et du froid des rues est gravé dans sa mémoire, mais maintenant il vit bien, très bien (very confortable).

En 1853, on compte 500 Petites Soeurs. La règle se précise. Elle a été élaborée par le Père Félix Massot et par l'abbé Le Pailleur. Soumise à l'évêque de Rennes, Mgr Brossais Saint-Marc en signe le décret d'application le 29 mai 1852. L'abbé le Pailleur et Marie Jamet deviennent conjointement supérieurs généraux de la Congrégation. A Rennes, au lieu-dit La Piletière, on installe le noviciat et la maison-mère. Le 31 mai, l'évêque y préside la prise d'habit de vingt-quatre postulantes et la profession de dix-sept novices.

A partir de cette date, Soeur Marie de la Croix, vit recluse, sur l'ordre de Le Pailleur, à La Piletière. D'abord chargée de la formation des novices, dont elle est aimée, on la tient de plus en plus éloignée des responsabilités. L'abbé Le Pailleur a résolu de tirer la couverture à lui. Exerçant une autorité absolue sur la Congrégation, il en truque l'histoire où apparaît Jeanne comme troisième Petite Soeur des Pauvres. Il faudra attendre 1890, pour que le pot aux roses découvert, Rome destitue l'usurpateur qui achèvera ses jours dans un couvent.  C'est donc bien Le Pailleur et Marie Jamet que le 9 juillet 1854 le pape Pie IX reconnaît comme fondateurs de la congrégation des Petites Soeurs des Pauvres !



D'après ses biographes, elle sut tout de même dire à l'abbé Le Pailleur, en plaisantant :

Vous m'avez volé mon oeuvre ; mais je vous la cède de bon coeur !

Pendant plusieurs années, on n'entendit donc plus parler d'elle. A partir de 1856, on l'éloigna même de La Piletière. Elle occupa La Tour Saint-Joseph, à Saint-Pern, en compagnie de deux novices. On ne sait trop quoi dire des années qui suivirent, sinon qu'elle fut toute occupée à la prière et aux conseils près des novices.

Puis, les années passèrent. Sa vue s'affaiblit et ses paupières se paralysèrent. Les témoins disent qu'elle n'en perdit jamais sa sagesse et sa gaieté. Sa jeunesse de coeur qui la fit composer des refrains :

                                                            Le Pauvre nous appelle
                                                            De la voix et du coeur ;
                                                            Ô la bonne nouvelle !
                                                            Parlons avec bonheur.

                                                            Montrez-vous toujours faciles,
                                                            Ne refusez rien.
                                                            Pour des petites cherche-pain
                                                            Tout est toujours bien !

Au mois d'août 1879, elle eut un malaise. Elle eut le temps de prononcer cette prière :

Ô Marie, vous savez que vous êtes ma mère, ne m'abandonnez pas !... Père éternel, ouvrez vos portes, aujourd'hui, à la plus misérable de vos petites filles, mais qui a si grande envie de vous voir !... Ô Marie ma bonne mère, venez à moi. Vous savez que je vous aime et que j'ai bien envie de vous voir !...

Puis elle rendit le dernier soupir. Elle laisse aujourd'hui plus de 200 maisons réparties dans 72 pays.



Les sites des Petites Sœurs des Pauvres
Jeanne Jugan Angleterre Chili Corée du Sud Espagne Inde Italie Taiwan U.S.A.

Contact : accueiljeunes.latour@wanadoo.fr


Assemblée plénière - 06 novembre 2009

L'Eglise face aux nouvelles pauvretés

 
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Mgr Michel Pansard, évêque de Chartres et membre de la Commission Famille et Société prendra la parole en plénière, vendredi 6 novembre 2009. Mgr Edmond Djitangar, évêque de Sarh au Tchad, partagera son expérience du Synode des évêques pour l'Afrique.

Récemment invité sur le plateau du « Jour du Seigneur », Mgr Michel Pansard, évêque de Chartres, a pu aborder le sujet des nouvelles pauvretés. La réflexion menée par le groupe de travail qu'il a coordonné sera reprise en carrefours. Dans son discours d'ouverture, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et Président de la Conférence des évêques de France, a encouragé les chrétiens dans leur engagement au service des plus pauvres. "Nous appelons aussi les chrétiens à exercer pleinement leurs responsabilités de citoyens dans tous les domaines de la vie économique et politique pour contribuer à construire une société plus juste" a-t-il ajouté.

Gardez confiance et courage, mes amis,

Bernard Bonnejean





Il ne dépend pas de nous de n'être pas pauvres, mais il dépend toujours de nous de faire respecter notre pauvreté.
  [Voltaire]





La pauvreté n'ôte de noblesse à personne, la richesse oui.
  [Jean Boccace] [+]
Extrait de Le décaméron
[+]





Il est plus facile de louer la pauvreté que de la supporter.
  [John Heywood] [+]
Extrait de Proverbs in the English tongue
[+]

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Jeanne Jugan, précurseur de l'action sociale (2)

Publié le par Bernard Bonnejean


Un événement de portée mondiale :

la petite Cancalaise canonisée le 11 octobre 2009

Le 29 mai 1842, la petite association fondée par Jeanne Jugan se rassemble donc autour de l'abbé Le Pailleur. Jeanne, désormais supérieure, impose à la communauté un règlement inspiré des eudistes de son enfance, les Frères de Saint-Jean-de-Dieu.

Les pensionnaires âgées des Servantes des Pauvres n'ont connu que la mendicité. Aussi est-ce tout naturellement qu'elles se tournent vers Jeanne pour lui demander de les remplacer. La religieuse est ainsi conviée à se substituer aux pauvres dont elle a la charge et à s'identifier à eux. La pratique d'ailleurs n'est ni nouvelle ni extraordinaire. Il existe, dans l'Eglise, des ordres dit "mendiants". La différence est que ces ordres ont trouvé ce moyen pour trouver des subsides pour eux-mêmes, alors que Jeanne distribue ce qu'on lui donne à "ses" pauvres. Si un jour il vous est donné, à l'occasion de la lecture des biographies des poètes Verlaine et Nouveau, de vous intéresser à la personnalité hors du commun d'un saint Benoît Joseph Labre, vous verrez que certains ont poussé le zèle jusqu'à l'ascétisme et la misère intégrale, se contentant des dons... quand il y en avait.

Certes, on peut se demander pourquoi Jeanne s'est humiliée seule. Elle aurait pu envoyer ses vieilles protégées à travers la ville ; elles se seraient remises à l'alcoolisme sans compter qu'elles eussent à subir l'affront de certains "bienfaiteurs". A qui lui demandait pourquoi ce n'était plus "la petite vieille" qui venait quêter, elle répondait gentiment :

"Ce ne sera plus la petite vieille qui viendra désormais, ce sera moi. Veuillez bien nous continuer votre aumône".

Elle se fit aider par un Frère de Saint-Jean-de-Dieu, Claude-Marie Gandet. On dit qu'il lui donna son premier panier de quête. Un panier ? Non pour y mettre de l'argent, mais de la nourriture, des objets, des vêtements...

  
L'accueil n'était pas, comme on s'en doute, toujours généreux. Plusieurs histoires courent en Bretagne. Peut-être ont-elles été consignées dans les procès en canonisation ? A un vieil avare, fort riche, elle réussit à lui arracher une belle somme, non sans difficultés. Elle y retourne le lendemain et cette fois subit la furié du bonhomme qui, pour toute excuse, s'entend dire :

"Mon bon monsieur, mes pauvres avaient faim hier, ils ont encore faim aujourd'hui, et demain, ils auront encore faim..."

Ceux qui connaissent les hommes et femmes exceptionnels, dont les saints, savent qu'ils ne manquent ni de foi ni de courage ni... de culot !

Chose remarquable, encore vivante en nos contrées de l'ouest, elle confiait le succès de ses quêtes et de l'économat à saint Joseph, époux de Marie et père de Jésus. C'est que le Père de l'Eglise catholique passe pour un excellent comptable. 

Jamais on n'employa le mot "assistance" dans l'entourage de Jeanne Jugan. Les Musulmans savent, eux aussi, que l'aumône est un devoir, pas un secours. Je reste personnellement persuadé qu'on ne saurait donner aux plus démunis que ce qu'on leur doit. 

Le 11 décembre 1845, devant un aréopage d'hommes illustres où figuraient Hugo, Lamartine et Chateaubriand, Dupin aîné lut une lettre à l'Académie française où le maire de Saint-Servan rendait hommage à sa concitoyenne. L'Académie lui accorda le Prix Montyon, attribué tous les ans à un Français pauvre pour une action méritante. Doté de trois mille francs, il servit à la construction d'un nouveau bâtiment. 

 

Mais Jeanne, désormais connue par le prix, devait en quelque sorte régulariser la situation. Les Servantes des Pauvres ne formaient qu'un groupe d'associées. Il fallait s'organiser afin d'être reconnues comme congrégation religieuse à part entière. Certes, leur règle les avaient conduites à prononcer les trois voeux, à revêtir un vêtement qui ressemblât à un uniforme, à porter un crucifix et une ceinture de cuir. Jeanne Jugan se choisit même un nom de religion : Soeur Marie de la Croix. En décembre 1843, elle est à nouveau élue supérieure. Et commence alors un scandale qui, aujourd'hui encore, révolte plus d'une sensibilité catholique. Le Pailleur, suite à une décision arbitraire, révoque Jeanne et lui substitue sa pénitente, Marie Jamet, 23 ans. A ma connaissance, il n'y eut aucune protestation.

En janvier 1844, les Servantes des Pauvres deviennent les Petites Soeurs des Pauvres. Aux trois voeux déjà prononcés, s'ajoute un quatrième qui les feront connaître dans le monde entier : le voeu d'hospitalité consacré aux vieillards.

En janvier 1846, on décide de fonder une nouvelle maison. Jeanne part pour Rennes. Elle fait annoncer sa campagne de quêtes par la presse locale. Si les mendiants sont moins nombreux en pourcentage qu'à Saint-Servan, ils sont regroupés dans certains quartiers pauvres. Jeanne a la volonté d'y créer mais pas les moyens financiers. Marie Jamet, la nouvelle supérieure, vient la rejoindre et le 19 mars, jour de sa fête, une personne s'approche de la jeune femme et lui propose un logement, faubourg de la Madeleine. Le contrat est signé le 25 mars. On y installe près de cinquante pensionnaires.

Jeanne poursuit ses quêtes à Vitré, Fougères, Laval, Dinan, où elle ouvre une troisième maison  et à Tours, une quatrième en 1849. Dans l'Univers, Louis Veuillot raconte ce qu'on aimerait lire sur les maisons de retraite d'aujourd'hui :

"J'ai vu des vêtements propres, des visages gais et même des santés charmantes. Entre les jeunes soeurs et ces vieillards, il y a un échange d'affection et de respect, qui réjouit le coeur. Les religieuses s'astreignent en tout au régime de leurs pauvres, et il n'y a nulle différence, sinon qu'elles servent et qu'ils sont servis".





A suivre (vendredi)

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Jeanne Jugan, précurseur de l'action sociale (1)

Publié le par Bernard Bonnejean


Un événement de portée mondiale :

la petite Cancalaise canonisée le 11 octobre 2009

Cette humble fille de marin, née sous la Terreur, est la fondatrice des Petites Soeurs des Pauvres, une congrégation qui compte aujourd'hui plus de 200 maisons réparties dans 72 pays. Il serait dommage, que sous prétexte de laïcité ou de neutralité, la France n'honorât pas cette grande figure du catholicisme hexagonal et universel. Pour ma faible part, je veux aujourd'hui et pour quelques jours, rendre hommage à celle qui née pauvre parmi les pauvres, alors qu'elle s'appelait Jeanne Joucan, se mit totalement au service des miséreux, sous le nom de Jeanne Jugan.

Née à Cancale, le 25 octobre 1792, Jeanne apprendra sans doute beaucoup plus tard les circonstances dramatiques de sa naissance : deux cents prêtres massacrés à Paris, pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution. Une odieuse imbécillité que personne n'oserait revendiquer aujourd'hui. La mère de Jeanne accouche seule : le père est parti en mer pour la grande pêche. Lorsque la petite aura trois ans et demi, il ne reviendra pas. On l'attendra longtemps, comme ces veuves bretonnes scrutant la mer sur les illustrations des chansons de Botrel. Il faudra bien vite se rendre à l'évidence : la plaine liquide, comme l'appelait les Grecs, ne rend jamais les hommes qu'elle a pris.
 
Restent huit enfants à nourrir. La maman fait des journées de lessive. Les petits gardent les bêtes. Les prêtres non assermentés, c'est-à-dire hors-la-loi, se chargent, en secret, de la transmission de la foi et de l'apprentissage de la lecture. Jeanne sera certainement, grâce au tiers ordre fondé par saint Jean Eudes, l'une des toutes premières bretonnes du peuple à savoir lire et écrire. 


Vers l'âge de 15 ans, on place la jeune fille à la Mettrie-aux-Chouettes. Employée à la cuisine, par la propriétaire Madame de la Chouë, elle va avec sa patronne visiter les miséreux, les familles pauvres, les vieillards isolés. Grâce au tact de sa tutrice, elle apprend non seulement à donner et à partager, mais à respecter avec tendresse pour ne pas humilier celui qui reçoit. Après la Révolution et l'Empire, on résolut à Cancale de reconstuire, à partir de 1816, la foi et l'Eglise. Jeanne refusa les prétendants, décidant de se consacrer à cette mission. Sa réponse à sa mère sur ce point est demeurée célèbre dans les milieux catholiques : 

"Dieu me veut pour lui. Il me garde pour une oeuvre qui n'est pas connue, pour une oeuvre qui n'est pas encore fondée"

En 1817, Jeanne quitte Cancale pour Saint-Servan, près de Saint-Malo. La ville à cette époque est plongée dans la misère : la moitié des habitants est inscrite au Bureau de Bienfaisance. Infirmière à l'hôpital du Rosais, pendant six ans Jeanne se dévoue, seule, près de trois cents malades entassés dans des conditions d'hygiène épouvantables. Pour tenir le coup, Jeanne s'inscrit à la Société du Coeur de la Mère admirable, un tiers ordre eudiste qu'elle fréquentera pendant vingt ans. 

 
 


Bientôt épuisée par ce travail, elle donne sa démission en 1824. Pendant douze ans, elle aidera Mademoiselle Lecoq, membre du tiers ordre, en tant que servante et amie, aux tâches ménagères, au service des pauvres et à la catéchèse des enfants. La tâche fut rude : suite à une grave crise financière (sic !) en 1825, et à de mauvaises récoltes, la famine sévit à Saint-Servan. En outre, Mademoiselle Lecoq, épuisée et malade, mourut en juin 1835, laissant à Jeanne une petite somme. Pour vivre, Jeanne Jugan se mit au service de familles ce qui eut pour conséquence bénéfique de se faire des relations. Elle devint notamment l'amie d'une certaine Françoise Aubert, avec laquelle elle partagea une petite maison à Saint-Servan. Virginie Trédaniel se joignit à elles à partir de 1838. C'était le début de la mission.

Fin 1839, les trois locataires hébergent une vieille femme, la première, Anne Chauvin veuve Haneau.  Puis, c'est le tour d'Isabelle Coeuru. A Jeanne, Françoise et Virginie se joint Marie Jamet. Jeanne propose au nouveau groupe un règlement inspiré des eudistes. Marie et Virginie en parlent à l'abbé Le Pailleur, vicaire, qui promet son appui. Le 15 octobre 1840, avec l'aide de l'abbé, le petit groupe forme une association de charité.  S'y joint Madeleine Bourges.

Bientôt, la maison est trop petite. On loue un ancien cabaret où on reste peu de temps. En 1842, le groupe s'installe avec ses pensionnaires à la Maison de la Croix. Le 29 mai 1842, les compagnes prennent le nom officiel de Servantes des Pauvres, avec Jeanne Jugan comme supérieure.


A suivre ...


Sources :

* LECLERC, Eloi, Sainte Jeanne Jugan, tendresse de Dieu sur la terre, DDB, mai 2009.
* MILCENT, Paul, Jeanne Jugan, fondatrice des Petites Soeurs des Pauvres, Coutances, Imprimerie OCEP, 2ème trimestre 1999.
Ces sources ne seront pas mentionnées à nouveau dans les numéros suivants.

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