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51 articles avec religion

Saint Bernard : Sermon pour la Toussaint (suite et fin)

Publié le par Bernard Bonnejean

 


CINQUIÈME SERMON POUR LA FÊTE DE LA TOUSSAINT

(suite et fin)



ŒUVRES COMPLÈTES DE SAINT BERNARD

TRADUCTION NOUVELLE PAR M. L'ABBÉ CHARPENTIER

PARIS, LIBRAIRIE LOUIS DE VIVÈS, ÉDITEUR, 9, Rue Delambre, 1866

 

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L'Ordre des bénédictins en France unit la mémoire de saint Odilon à la fête de saint Maïeul auquel il succéda comme abbé de Cluny pendant cinquante-cinq ans. L’ordre de Cluny rayonnait alors sur toute l’Europe. Odilon est à l’origine de deux œuvres remarquables. D’abord, il instaura la « trêve de Dieu » qui interdisait, sous peine d’excommunication, tout acte de guerre et de brigandage pendant une période fixée par l’Église et par le pouvoir. On lui doit surtout la « commémoration des fidèles trépassés », le 2 novembre. Plus connue sous le nom de « fête des morts », on la confond souvent avec la Toussaint qui la précède. D’ailleurs le sens populaire ne se trompe guère puisque les deux fêtes sont très intimement liées. Odilon est fêté par l’Église le 4 janvier, qui correspond au jour de sa mort en 1049. Il est né en 962 à Saint-Cirgues et a été élu abbé de Cluny en 1049.

 

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Le souvenir de chacun d'eux, comme autant d'étincelles, ou plutôt comme autant de torches ardentes, allume les cœurs dévots. Il inspire une soif dévorante de les voir et de les embrasser, tellement qu'il n'est pas rare qu'ils se croient déjà au milieu d'eux, et qu'ils entrent dans l'assemblée entière des saints, où ils s'élancent de toute l'ardeur et de toutes les forces de leur cœur, tantôt vers les uns et tantôt vers les autres. D'ailleurs quelles ne seraient pas notre négligence et notre paresse, notre lâcheté même, de ne point nous élancer, comme un trait qu'on décoche, de ce monde par de fréquents soupirs, et avec toute la ferveur de la charité, vers ces heureux bataillons ? Malheur à nous à cause du péché, que l'Apôtre reprochait aux gentils, quand il les reprenait parce qu'ils étaient sans affection (Rm 1,31). L'Église des premiers-nés nous attend, et nous négligeons de l'aller rejoindre. Les saints nous appellent, et nous n'en tenons aucun compte. Réveillons-nous enfin, mes frères, ressuscitons avec le Christ, cherchons, goûtons les choses d'en haut. Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent, que nos cœurs tendent par leurs vœux vers ceux qui les appellent. Dans la vie que nous partageons ensemble ici-bas maintenant, il n'y a ni sécurité, ni perfection, ni repos, et pourtant combien ne nous est-il pas doux et bon d'habiter en commun avec nos frères ? En effet nous arrive-t-il quelque chose de fâcheux, soit dans le corps, soit dans l'âme, il nous est plus facile de le supporter dans la société de nos frères, avec qui nous n'avons en Dieu qu'un cœur et qu'une âme. Combien plus douce, plus délicieuse et plus heureuse est l'union, que nul soupçon ne trouble, que nulle dissension n'altère, qui nous réunira par les liens indissolubles de la charité parfaite ? Et qui fera que nous ne serons plus qu'un dans le Père et dans le Fils, comme le Père et le Fils ne forment qu'un aussi.

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Mais ce n'est pas seulement la société, c'est aussi la félicité des saints que nous devons désirer, il faut que leur gloire soit pour nous l'objet des plus ardents désirs, aussi bien que leur présence. Il n'y a pas de danger à craindre dans cette ambition-là, et la prétention d'atteindre à leur bonheur n'a rien de périlleux pour nous. Car si nous disons : « Ce n'est pas à nous, Seigneur, non ce n'est pas à nous, mais à votre nom que vous devez donner la gloire » (Ps 113,9), c'est le cri qu'il nous convient de pousser maintenant, car nous sommes encore aux jours où les anges eux-mêmes disent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté » (Lc 2,14) et dans lequel le Seigneur aussi dit à Madeleine : « Ne me touchez point, car je ne suis pas encore retourné à mon Père » (Jn 20,17). C'est le Verbe de gloire qui parle ainsi. Or le Fils sage est la gloire de son père. La gloire disait donc : Ne me touchez point, ne me recherchez pas encore, fuyez plutôt la gloire, et prenez garde de ne me point toucher jusqu'à ce que nous soyons retournés à mon Père, où toute glorification est pleine de sécurité. C'est là que mou âme sera louée dans le Seigneur, que les âmes douces l'entendent et se réjouissent Ne vous semble-t-il pas que celle qui dans le Cantique des cantiques s'écrie : « Fuyez, mon bien aimé, éloignez-vous » (Ct 8,14), lui a entendu dire : « Ne me touchez point, parce que je ne suis pas encore remonté vers mon Père ? » Voilà pourquoi dans l'hymne de ce jour, nous chantons aussi ces paroles : « Donnez la paix à vos serviteurs, et que vos serviteurs vous rendent la gloire dans tous les siècles des siècles » selon la pensée de l'ange.

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En effet, comme la vie de l'homme est une tentation sur la terre, c'est avec raison que nous devons rechercher ici-bas, non la gloire, mais la paix : la paix avec Dieu, la paix avec le prochain, la paix avec nous-mêmes. « Ô Dieu sauveur des hommes, pourquoi m'avez-vous mis en opposition avec vous et dans un état où je me suis à charge à moi-même (Jb 7,20) ? » Assurément, il n'est pas de lutte plus voisine de moi, c'est une. sédition tout à fait intérieure, une guerre non civile mais domestique, que la lutte des désirs de l'esprit contre la chair, et de la chair contre l'esprit. D’où vient-elle, sinon de ce que vous m'avez mis en opposition avec vous, Seigneur ? Car, pour vous, vous êtes la vraie liberté, la vie, la gloire, la suffisance, la béatitude. Moi, au contraire, je ne. suis que pauvreté et misère, qu'un être misérable, confus et profondément humilié, mort par le péché, vendu au péché. D'ailleurs, ô vous Seigneur, qui êtes la sainte et parfaite volupté, le repos des esprits bienheureux, vous m'avez, dès le commencement, mis en opposition avec l'Éden, la volupté (c'est le sens du mot Éden), dans la peine et le travail. Cependant vous dites : « Convertissez-vous à moi de tout votre cœur » (Joel 2,12). Il faut évidemment que nous nous soyons détournés pour que vous nous exhortiez à nous convertir, il faut que nous soyons en opposition avec vous pour que vous nous invitiez à la conversion. Mais comment nous convertirons-nous ? « Dans le jeûne et les larmes » nous répondez-vous. Ô merveilles, est-ce que vous êtes dans les jeûnes ; les larmes sont-elles votre séjour, habitez-vous dans les gémissements ? Non, non, tout cela est bien loin de vous, et vous, vous êtes infiniment loin de tout cela. Votre règne est dans Jérusalem que vous rassasiez de froment, où il n'y a ni cri, ni douleur, mais où l'on n'entend, au contraire, que des actions de grâces et des chants de louange. « Que les justes, dit le Psalmiste, soient comme dans un festin, qu'ils se réjouissent en la présence de Dieu, et qu'ils soient dans des transports de joie » (Ps 67,3). Comment donc nous convertirons-nous dans le jeûne, les gémissements et les larmes ? Est-ce que le juste doit le trouver dans les transports de joie et d'allégresse, tandis que celui qui n'est pas encore juste ne le trouvera que dans les pleurs et les soupirs ? C'est précisément cela; mais par juste, il faut entendre celui qui déjà a mérité de jouir de la présence de Dieu, non pas celui qui vit encore de la foi. Quant à ces mots du Seigneur : « Je suis avec lui dans la tribulation » (Ps 90,15) ils se rapportent à celui qui marche encore par la foi, non point à celui qui déjà est arrivé devant la face de Dieu. L'un et l'autre justes n'ont bien qu'un même chef, mais ce chef ne se montre pas de la même manière à tous ses membres. Pour les uns, c'est un chef couronné d'épines, incliné sur la croix, afin qu'ils apprennent à s'humilier comme lui. Comme lui, à souffrir les épines du repentir. Pour les autres, c'est un chef glorieux, pour qu'ils soient couverts de gloire par lui, qu'ils lui deviennent semblables en toutes choses, et surtout glorieux, en le voyant tel qu'il est.

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Le second désir que la commémoration des saints allume en nous est donc que Jésus-Christ, qui est notre vie, nous apparaisse comme il leur apparaît, et que, à notre tour, nous apparaissions aussi avec lui dans la gloire. (Col 3,4). Car, en attendant qu'il en soit ainsi, ce n'est pas comme il est, mais tel qu'il s'est fait pour nous, que notre chef nous apparaît, c'est-à-dire non pas couronné de gloire mais d'épines, des épines de nos péchés, auxquelles l'Écriture fait allusion quand elle nous dit : « Sortez, filles de Sion et venez voir le roi Salomon sous le diadème dont sa mère l'a couronné (Ct 3,11). « Ô roi ! ô diadème ! La Synagogue, agissant, non point en mère, mais en marâtre, a placé une couronne d'épines sur la tête de notre roi. Il y aurait de la honte, pour les membres placés sous un tel chef, à rechercher la gloire quand il se montre à eux couvert d'ignominie, sans éclat, sans beauté, sans rien qui y ressemble. Sans doute c'est bien un Salomon, c'est-à-dire un roi pacifique pour le présent, non pas un roi béatifique ou glorifique et il rappelle bien l'éloge que les anges firent de lui quand ils dirent : « Paix à la terre et gloire aux cieux » (Lc 2,14) » Il y aurait de quoi rougir, sous un chef couronné d'épines, à se montrer un membre délicat, surtout quand la pourpre même dont on le revêt n'est point placée sur ses épaules pour lui faire honneur, mais par pure dérision. Et pourtant, on peut voir en bien. des endroits ce jour de fête célébré par bien des gens avec des sentiments d'ambition et dans la bonne chère. Est-ce là célébrer ce jour, ne devrais-je pas dire plutôt que c'est le déshonorer ? Mais ceux qui le passent ainsi rendront compte de leur conduite ; c'est leur fête, ce n'est point celle des saints. Un jour viendra où on n'annoncera plus la mort de Jésus-Christ, et où nous saurons que nous aussi nous sommes morts et que notre vie est cachée avec lui (Col 3,3). Il apparaîtra comme un chef glorieux, et ses membres, glorifiés avec lui, brilleront avec éclat, le jour où il transformera notre corps, tout vil et tout abject qu'il soit, et le rendra conforme à sa tête glorieuse qui n'est autre que lui (Ph 3,21). Que tous nos désirs et toute notre ambition (elle le peut sans crainte) soient d'obtenir cette gloire, si nous ne voulons point nous entendre dire : « Vous ne recherchez que la gloire que vous vous prodiguez les uns aux autres, et vous, ne recherchez point la gloire qui. ne vient que de Dieu » (Jn 5,44).

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Il est bien certain que pour espérer cette gloire et pour pouvoir aspirer à une pareille félicité, nous devons désirer ardemment le cours des suffrages des saints, afin d'obtenir, au moins par leur intercession, ce que nous ne pouvons espérer de nos propres forces. Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous du moins qui êtes mes amis (Jb 19,21). Vous connaissez nos périls, vous savez de quelle boue nous avons été formés, vous n'ignorez point notre ignorance, non plus que les ruses de nos ennemis. Vous connaissez les assauts qu'ils nous livrent et notre fragilité. Car c'est à vous, qui avez passé par les mêmes tentations que moi, que je m'adresse, à vous, dis-je, qui avez vaincu dans les mêmes combats, et qui avez échappé aux mêmes pièges, à vous, dis-je, qui, dans la souffrance, avez appris à compatir. J'ose espérer aussi que les anges eux-mêmes ne dédaigneront point de visiter des êtres de leur espèce, d'autant plus qu'il est écrit : « Vous prendrez soin de ceux de votre famille et vous ne pécherez point » (Jb 5,24). Au reste, si je crois qu'il m'est permis de présumer beaucoup d'eux à cause de notre ressemblance avec eux qui sont des êtres spirituels et raisonnables, je crois pourtant que je dois avoir une plus grande confiance encore dans ceux qui ont été les compagnons de ma vie d'homme sur la terre Ils ne peuvent manquer de ressentir une compassion plus charitable encore et plus spéciale pour ceux qui sont les os de leurs os et la chair de leur chair.

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Enfin, en quittant ce monde pour retourner vers leur Père, ils nous ont laissé des gages précieux. En effet, leurs corps reposent en paix au milieu de nous, tandis que leurs noms doivent vivre jusqu'à la fin des siècles, parce que leur gloire n'est pas descendue avec eux dans la tombe. Loin, bien loin de vous, âmes saintes, la cruauté de l'échanson du roi d'Égypte qui, une fois rétabli dans son poste, n'eut rien de plus pressé que d'oublier le saint jeune homme Joseph qui était resté en prison (Gn 40,14). Ils n'étaient pas l'un et l'autre les membres d'un seul et même corps, et il ne pouvait y avoir aucun rapport entre le fidèle et l'infidèle, aucune alliance entre un Israélite et un Égyptien, non plus qu'entre la lumière et les ténèbres. Le mot Égypte signifie « ténèbres », de même que le nom d'Israël veut dire « qui voit Dieu » aussi la lumière était-elle partout où Israël se trouvait. Notre Jésus ne put pas oublier ainsi le larron crucifié avec lui ; il lui tint la parole qu'il lui avait donnée et le fit entrer dans son royaume le jour même où ils avaient souffert ensemble. Et nous aussi, si nous n'étions pas les membres du même chef que les saints, à quel titre leur adresserions-nous aujourd'hui des vœux si solennels et les féliciterions-nous avec tant d'enthousiasme ? Celui qui a dit : « Si l'un des membres est dans la gloire, tous les autres membres participent à sa joie » a dit aussi : « Si l'un d'eux souffre quelque chose tous les autres souffrent avec lui (I Cor 12,26) ». Telle est donc l'union qui existe entre eux et nous que, si nous nous réjouissions avec eux, eux, de leur côté, compatissent à nos souffrances ; que si, par nos pieuses méditations, nous régnons en eux, eux, de leur côté, par leur pieuse intervention, combattent pour nous. Nous ne saurions douter de leur pieuse sollicitude à notre égard, d'autant moins qu'ils ne peuvent être consommés dans la félicité sans nous, comme j'ai eu déjà l'occasion de le dire, et nous attendent jusqu'au jour où nous recevrons aussi notre récompense, au dernier grand jour de fête. Alors tous les membres concourront en même temps à faire un homme parfait avec leur chef glorieux, et Jésus-Christ, notre Seigneur qui est béni par-dessus tout, digne de louange et glorieux dans les siècles des siècles, sera loué avec ceux qui lui auront été attribués en héritage.

 

Saint Bernard de Clairvaux

 

In paradisum deducant te Angeli,
in tuo adventu suscipiant te martyres,
et perducant te in civitatem sanctam Jerusalem.
Chorus angelorum te suscipiat,
et cum Lazaro quondam paupere
æternam habeas requiem.

Que les Anges te conduisent au paradis,
que les martyrs t'accueillent à ton arrivée,
et t'introduisent dans la Jérusalem du ciel.
Que les Anges, en chœur, te reçoivent,
et que tu jouisses du repos éternel

avec celui qui fut jadis le pauvre Lazare. 

Bonne fête des fidèles trépassés 2013.

 

 

Bernard Bonnejean


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Saint Bernard : Sermon pour la Toussaint

Publié le par Bernard Bonnejean

 


CINQUIÈME SERMON POUR LA FÊTE DE LA TOUSSAINT



ŒUVRES COMPLÈTES DE SAINT BERNARD

TRADUCTION NOUVELLE PAR M. L'ABBÉ CHARPENTIER

PARIS, LIBRAIRIE LOUIS DE VIVÈS, ÉDITEUR, 9, Rue Delambre, 1866

 

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Le 2 octobre 1792, le P. Marcel Moreau, cistercien à l’ancienne Abbaye de Lucelle dans la principauté des évêques de Bâle dans le Jura suisse note dans son Journal : 
« Les religieux de Lucelle étant tous expulsés, on a fermé aujourd'hui les portes de l'église abbatiale ». Pour commémorer l’événement, un ex-voto a été apposé dans la chapelle Notre-Dame du Vorbourg à Delémont. Un moine d’aujourd’hui y a vu une « sollicitation » et il a décidé de numériser les œuvres de saint Bernard à l’occasion du 75ème anniversaire de la fondation bénédictine de Suisse Romande et du 850ème anniversaire de la mort de Bernard de Clairvaux. Aujourd’hui, en ce jour de fête de la Toussaint 2013, nous reproduisons le cinquième sermon qui lui est consacré. Les chrétiens et tous les croyants y sont appelés à réfléchir sur la signification de ce mystère ; les agnostiques et les athées à goûter ce chef-d’œuvre littéraire du Moyen-âge.

 

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C'est fête aujourd'hui pour nous, et la solennité de ce jour compte parmi les plus grandes solennités. Que dis-je ? De quel apôtre, de quel martyr, de quel saint est-ce la fête ? Ce n'est pas la fête d'un saint en particulier, mais la fête de tous les saints, car personne de nous n'ignore que cette fête est appelée, et est, en effet, la fête de tous les saints, oui, de tous, non seulement des saints du ciel, mais encore de ceux de la terre. En effet, il y a les saints du ciel et les saints de la terre, et même parmi ces derniers, les uns sont encore sur la terre, tandis que les autres se trouvent déjà dans le ciel. On fait donc en commun la fête de tous ces saints-là, mais ne la fait-on pas tout à fait de la même manière. Après tout, il ne faut pas s'en étonner, puisque la sainteté des uns n'est pas celle des autres, et qu'il y a une différence quelquefois même très grande entre un saint et un saint. Non seulement, parce que l'un est plus saint que l'autre, — cette différence se rapporte plutôt à la quantité qu'à la qualité—, mais sans nous arrêter au plus et au moins, il est certain que les saints sont appelés saints et cela avec vérité, les uns dans un sens et les autres dans un autre. Ainsi, on pourrait peut-être assigner entre les anges et les hommes une différence de sainteté, à laquelle correspondrait une pareille différence de solennité dans la fête. En effet, il ne semble pas qu'on puisse honorer comme des athlètes triomphants ceux qui n'ont jamais combattu, et pourtant, pour mériter un culte différent, ils n'en sont pas moins dignes des plus grands hommages, puisqu'ils sont vos amis, ô mon Dieu, et qu'ils ont toujours été attachés à votre volonté avec autant de félicité que de facilité. Après tout, peut-être pourrait-on croire qu'ils ne sont point sans avoir soutenu des combats. aussi, quand ils ont résisté à ceux d'entre eux qui ont péché, et que, au lieu de se ranger du parti des impies, chacun d'eux s'est écrié : « Pour moi, il m'est bon de rester attaché à Dieu ». Ce qu'il faut célébrer en eux, c'est donc la grâce qui les a prévenus des douceurs de la bénédiction ; ce qu'il faut honorer, c'est la bonté de Dieu qui les a, je ne dis point, amenés à la pénitence, mais détournés de tout ce qui doit amener la pénitence, qui les a, non point arrachés à la tentation, mais préservés de la tentation.

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Dans les hommes, il y a un autre genre de sainteté qui mérite des honneurs à part ; c'est la sainteté de ceux qui sont venus en passant par de grandes afflictions et « qui ont lavé et blanchi leurs robes dans le sang de l'Agneau » (Ap 7,14) qui triomphent enfin après bien des luttes et reçoivent la couronne de la victoire dans les cieux, parce qu'ils ont combattu les légitimes combats. Y a-t-il encore une troisième sorte de saints ? Oui, mais ils sont cachés. Ce sont ceux qui militent encore, qui combattent toujours, qui courent dans la carrière et n'ont point encore obtenu le prix. Peut-être semblera-t-il que je m'avance beaucoup en leur donnant le nom de saints, mais j'ai pour moi le mot de l'un d'eux qui n'a pas craint de dire à Dieu : « Gardez mon âme, Seigneur, parce que je suis saint » (Ps 75,2). L'Apôtre, à qui Dieu avait révélé ses secrets, a dit aussi en termes non moins clairs : « Nous savons que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qu'il a appelés selon son décret pour être saints » (Rm 8,28). Voilà donc comment le mot saint se trouve différemment employé, et désigne tantôt ceux qui sont consommés dans la sainteté, tantôt ceux qui ne sont encore que prédestinés à la sainteté. Mais cette dernière sainteté est cachée en Dieu, elle est close pour nous, aussi est-ce d'une manière cachée que nous l'honorons. En effet, « l'homme ne sait pas s'il est digne d'amour ou de haine, mais tout est réservé pour l'avenir » (Ec 9,1). Que la fête de ces saints se passe donc dans le cœur de Dieu, puisque Dieu sait qui sont ceux qui lui appartiennent et qu'il a choisis dès le principe ; qu'elle se passe aussi parmi ces esprits qui tiennent lieu de serviteurs et ministres et qui sont envoyés pour exercer leur ministère en faveur de ceux qui doivent être les héritiers du salut » (Hb 1,14). Quant à nous, il nous est défendu de louer un homme tant qu'il vit. Comment, en effet. pourrions-nous le louer sans crainte de nous tromper, quand il est manifeste que la vie même n'est pas sûre ? Le héraut céleste nous crie que « nul n'est couronné qu'il n'ait combattu selon la loi des combats » (2Tm 2,5). » Or, entendez de la bouche même du législateur quelle est cette loi des combats. « Celui-là sera sauvé qui persévérera jusqu'à la fin » (Mt,22 et 24,13). On ne sait point quel est celui qui persévérera, on ne sait quel est celui qui combattra selon la loi des combats, on ne sait donc pas non plus quel est celui qui devra recevoir la couronne.

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On doit louer la vertu de ceux dont la victoire est maintenant assurée, voilà ceux qu'il faut exalter dans nos chants de fêtes, et dont on peut, en tonte sécurité, saluer les couronnes avec des transports de joie. Cette nuit, nous chantions aux saints : « Craignez le Seigneur, vous tous qui êtes ses saints » (Ps 33,10) mais ce n'est point à ceux-là que nous nous adressions. Non, ce ne sont pas à ceux qui ont persévéré jusqu'à la fin que nous invitions à la crainte du Seigneur, attendu qu'il est écrit pour eux : « La crainte n'habite plus dans nos contrées ». C'est bien plutôt à ceux qui doivent se tenir dans la plus grande vigilance, à cause de la multitude des périls qui les menacent, qui n'ont point seulement affaire avec la chair et le sang, mais aussi avec les principautés et les puissances, avec les princes du monde, c'est-à-dire de ce siècle ténébreux, et avec les esprits de malice répandus dans l'air (Ep 6,12). Évidemment, ceux qui se trouvent dans une pareille mêlée et qui ont à combattre de près comme de loin, ont bien besoin de se tenir sur leurs gardes. Quand il y a pour eux tant de combats au dehors, il ne saurait manquer d'y avoir des craintes au dedans, aussi est-ce avec raison qu'il est dit : « Craignez le Seigneur, vous tous qui êtes ses saints ». D'ailleurs, toute notre béatitude est dans la crainte de Dieu, si nous en croyons l'Écriture qui nous dit : « Heureux l'homme qui est toujours dans la crainte » (Pr 28,14), et si nous écoutons le Psalmiste qui s'écrie : « Bienheureux tous ceux qui craignent le Seigneur et qui marchent dans ses voies » (Ps 127,1). Mais, bien autrement heureux sont ceux en qui la charité parfaite a chassé toute crainte, qui n'ont plus aucune appréhension dans leurs voies, et qui, dans la maison de Dieu où ils sont maintenant reçus, ne connaissent plus que les cantiques de louange, selon ce que dit le Psalmiste quand il s'écrie : « Heureux sont ceux qui demeurent dans votre maison, Seigneur, ils vous loueront dans les siècles des siècles » (Ps 83,5). Notre félicité donc à nous, et notre fête, en attendant, est dans la crainte de Dieu, tandis que leur fête à eux est tout entière dans les cantiques de louange et dans les chants d'allégresse.

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Voilà pourquoi on ne peut louer en toute sécurité que les hommes qui ne vivent plus de leur vie, mais de la vie de Dieu; la vie de l'homme, en effet, est une tentation continuelle. On est doublement en sécurité quand on ne loue que ces hommes-là, si toutefois, à bien considérer les choses, cette double sécurité ne se réduit pas tout simplement à une. En effet, nous ne saurions craindre avec quelque raison de les louer puisqu'il n'y a personne qui mérite plus certainement qu'eux nos louanges, et nous n'avons pas non plus de motifs pour tarder à les glorifier puisqu'ils sont tellement absorbés dans la gloire qu'ils n'ont aucun besoin de nos louanges. Il n'y a plus de place pour la vanité, là où la vérité occupe seule la place entière. Mais, direz-vous, quelle est la gloire des saints ? Ils ne se glorifient pas eux-mêmes, car il est écrit : « Que votre éloge ne parle point de votre bouche » ( Ps 27,2). Ils ne se louent pas non plus les uns les autres, car ils n'ont d'autre pensée et d'autre penchant que de célébrer les louanges de leur créateur; ils ne peuvent donc trouver le temps de se faire mutuellement des louanges, aussi le Prophète dit-il, comme je vous le rappelais tout à l'heure : « Heureux ceux qui habitent dans votre maison, Seigneur, ils vous loueront dans les siècles des siècles. » Néanmoins, je ne puis admettre que les saints soient dépourvus de gloire, d'autant plus que l'Apôtre dit : « Le moment si court et si rapide des afflictions que nous souffrons en cette vie, produit en nous le poids éternel d'une souveraine et incomparable gloire » (IICo 4,17) et que le prophète avait dit de son côté : « Visitez-nous par votre assistance salutaire, afin que nous soyons comblés des biens que vous réservez à vos élus, que nous goûtions la joie que vous destinez à votre peuple et que vous soyez loués avec ceux que vous avez choisis pour votre héritage » (Ps 105,4). Or, il dit : « Avec ceux, non point par ceux que vous avez choisis pour votre héritage » afin de nous donner à entendre qu'ils partageront la gloire avec lui. Mais si ceux de l'héritage louent le Seigneur, qui est-ce qui louera ceux de l'héritage ? Écoutons les réponses de l'Apôtre : « Alors, dit-il, chacun recevra la louange qui lui sera due » mais de qui la recevra-t-il ? De Dieu » (I Co 4,5). Quelle louange que celle qui vient d'une telle bouche et combien elle est digne d'envie; Quel doux échange de louanges quand il est, en même temps, doux de louer et doux d'être loué.

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Mais à quoi bon les louanges que nous adressons aux saints, à quoi bon célébrer leur gloire et faire parmi nous leur fête ? Pourquoi prodiguer les honneurs de la terre à ceux que, selon la promesse véridique du Fils, le Père céleste honore lui-même ? Qu'ont-ils besoin de nos félicitations puisqu’ils ont tout ce qu'ils peuvent contenir de gloire. C'est vrai, mes bien-aimés, les saints n'ont pas besoin de nos honneurs, et notre dévotion n'ajoute rien à ce qu'ils ont. Mais il y va de notre intérêt, sinon du leur, que nous vénérions leur souvenir. Voulez-vous savoir quel avantage nous avons à leur rendre nos hommages ? Je vous avouerai que pour moi, leur mémoire fait naître en moi un violent désir, un triple désir. On dit vulgairement loin des yeux, loin du cœur. Or, mon œil à moi, c'est ma mémoire, et me rappeler le souvenir des saints, c'est en quelque sorte pour moi, les voir. Voir comment notre lot se trouve dans la terre des vivants, et ce n'est pas un lot médiocre, si toutefois le souvenir, en nous, ne marche point sans la charité. Oui voilà, dis-je, comment notre vie se trouve transportée dans les cieux, non point, toutefois, de la même manière que la leur s'y trouve à présent. En effet, ils s'y trouvent en substance et nous n'y sommes qu'en désir ; ils y sont effectivement présents, nous ne nous y trouvons que par le souvenir. Quand nous sera-t-il donné de nous réunir aussi à nos pères ? De leur être présentés eu personne ? Tel est le premier désir que le souvenir des saints fait naître en nous, que dis-je ? dont il nous embrase. Quand jouirons-nous de leur société si désirable, quand serons-nous dignes d'être les concitoyens, les camarades des esprits bienheureux, d'entrer dans l'assemblée des patriarches, de nous unir aux phalanges des prophètes, au sénat des apôtres, aux innombrables bataillons des martyrs, aux collages des confesseurs, et aux chœurs des vierges, de nous perdre, en un mot, et de nous réjouir en commun dans la troupe entière des saints ?

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Suite et fin demain

Bonne nuit

Bernard

 

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Election du nouveau pape (8)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

 

 

EXTRA

 

OMNES



 

 

 

Saint Luc 1, 26-38

L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : ’la femme stérile’. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

 

 

 QUE TOUT SE PASSE SELON TA PAROLE !


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Si vous me le permettez, mes Pères...

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Election du nouveau pape (7)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Nouveau pape : la date du Conclave est fixée au 12 mars 2013

 

 

Assemblées préparatoires
des cardinaux

Lundi 11 mars 2013

Le déroulement du conclave

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Les cardinaux réunis pour leur huitième congrégation générale de « pré-conclave » ont en effet décidé le 8 mars 2013 que le conclave pour l’élection du futur pape débuterait demain mardi 12 mars 2013 dans l’après-midi sous la présidence du cardinal Giovanni Battista Re, premier des cardinaux évêques par ordre d’ancienneté, après une messe pro eligendo Pontifice Romano célébrée en la basilique Saint-Pierre le matin.
 

Messe, procession, serment

 

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Ils se réuniront l’après midi dans la chapelle Pauline d’où partira leur procession, au rythme des litanies des saints : on peut y contempler un tableau de la crucifixion de l’apôtre Pierre.

Les cardinaux doyen – Angelo Sodano -  et vice-doyen – Roger Etchegaray - étant âgés de plus de 80 ans, c’est le cardinal italien Giovanni Battista Re, premier des cardinaux évêques par ordre d’ancienneté, qui guidera la procession et présidera au Conclave « Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », en prononçant ces paroles : « Que le Seigneur qui guide nos cœurs dans l’amour et dans la patience soit avec vous tous. »

Puis il soulignera que cette action est celle de toute l’Église: « Toute l’Église, unie à nous dans la prière, invoque instamment la grâce de l’Esprit Saint afin que soit élu parmi nous un Pasteur digne de tout le troupeau du Christ. »

Ils traverseront ensuite la Sala Regia pour arriver dans la Sixtine, en priant les litanies des saints, selon le rituel du Conclave – puisque c’est une assemblée liturgique et les cérémoniaires assistent les cardinaux –. Ils prient ensuite le Veni Creator.
 

 


Cette entrée en conclave est suivie de la prestation de serment : le cardinal Re lira le texte du serment, par lequel ils promettent notamment d’observer la Constitution apostolique de Jean-Paul II Universi Dominici Gregis du 22 février 1996 et de maintenir le secret avec tous. Chaque cardinal vient ensuite en procession promettre sur l’Évangile : « Je promets, je m’oblige et je jure. Que Dieu m’aide et ces saints évangiles que je touche de ma main. »
 

Méditation spirituelle et premier scrutin
 

C’est alors que le maître des célébrations liturgiques pontificales – Mgr Guido Marini – prononcera le Extra omnes - « tout le monde dehors » et tous ceux qui ne sont pas électeurs se retirent, sauf deux personnes, Mgr Marini lui-même et le cardinal non-électeur choisi pour donner une méditation aux électeurs.

Il a été choisi le vendredi 8 mars par l’assemblée des cardinaux : il s’agit du cardinal Prosper Grech de Malte. Cette seconde méditation, et celle offerte lundi dernier, au début des congrégations des cardinaux, par le P. Raniero Cantalamessa, capucin, Prédicateur de la Maison pontificale, sont prévues par la Constitution de Jean-Paul II (13d et 52).

 

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À la fin de la méditation, il se retirera, ainsi que Mgr Marini, pour laisser place au vote : des Gardes sont placés à la porte.

Un seul scrutin est prévu ce mardi 12 mars au soir, et donc, au terme du scrutin, une première fumée, sortant de la cheminée de la Chapelle Sixtine, et visible de la place Saint-Pierre, vraisemblablement noire.

Le cardinal Ratzinger a été élu pape rapidement, en 2005, après seulement 4 scrutins, un le soir, deux le matin et un l’après-midi du second jour.

Chaque jour, les cardinaux prieront ensemble « quelques parties » de la liturgie des heures – faite essentiellement des psaumes et des hymnes – et ils célèbrent la messe ou à Sainte-Marthe ou dans la Sixtine… Ils sont aidés par le Maître des célébrations liturgiques pontificales.

Les cérémoniaires assistent ensuite les cardinaux en distribuant les bulletins de vote (deux ou trois au moins) où ils doivent inscrire le nom du cardinal qu’ils veulent élire.

Au moment du vote lui-même, ils se retirent ainsi que le secrétaire du Collège des cardinaux, Mgr Lorenzo Baldisseri, qui aidera ensuite à brûler les bulletins.

Pour le vote, les cardinaux se lèvent un à un, vont placer leur bulletin sur une sorte de patène avec laquelle ils glissent ensuite le bulletin dans l’urne en appelant le Christ à témoin de la rectitude de leur conscience devant Dieu.

Les cardinaux dits « infirmiers » peuvent éventuellement recueillir le vote de cardinaux malades à Sainte-Marthe, dans une urne cadenassée.

Les « réviseurs » ayant contrôlé et les « scrutateurs » ayant dépouillé le vote, les bulletins sont brûlés, avec l’aide des cérémoniaires et du secrétaire appelés entre temps par le dernier cardinal diacre.

Si deux scrutins se suivent, les bulletins ne sont brûlés qu’après le second : donc en cas de 4 scrutins par jour, par conséquent il n’y a que deux fumées. On brûle aussi toutes les autres notes prises par les cardinaux, pour préserver le secret.

Les cardinaux ne se séparent qu’après avoir invoqué l’intercession de la Vierge Marie. Pour ce qui est de l’acceptation de l’élu, et de la suite du rituel, nous ne reparlerons dans un prochain article.
 

Les cardinaux participants
 

115 cardinaux de moins de 80 ans entreront en conclave. Il faudra les deux tiers des suffrages pour être élu pape, soit 77 voix.

Le conclave commencera 12 jours après le début de la vacance du Siège apostolique : la Constitution de Jean-Paul II prévoyait 15 jours au moins, 20 au plus. Mais le motu proprio « Normas nonnullas » de Benoît XVI (25 février dernier) prévoit que lorsque tous les électeurs sont arrivés à Rome, on puisse commencer le conclave.

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Pour préserver le secret des débats, et donc la liberté des cardinaux, des écrans électroniques sont en place autour de la salle du synode où ils se réunissent, a indiqué le P. Lombardi et le même genre de dispositif doit être mis en place autour de la Sixtine, de la résidence des cardinaux à la Maison Sainte-Marthe, et sur leur parcours entre les deux, avec une technologie « d’avant-garde ».
 

Le meilleur candidat ?
 

Pour l’élection du pape, quels sont les critères pour choisir le meilleur candidat ? Et quels sont les problèmes les plus urgents qu’il devra affronter ?

 

 

D’après le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, le nouveau pape doit être « un homme solide, de foi et qui aime le Christ ».

Les lecteurs interrogés par Zenit ont, en grande majorité, demandé un pape « jeune, joyeux et avec un grand charisme spirituel ».

Mais sur quels critères choisir un candidat au pontificat ?

Nous avons tenté de faire une liste de qualités personnelles que nous avons confrontées aux défis que l’Église devra affronter dès maintenant.

L’Église étant une institution millénaire et universelle, il est évident que la première qualité pour le candidat sera la connaissance des langues. L’italien, parce que le pape est l’évêque de Rome ; l’anglais et l’espagnol, parce que ces langues sont parmi les plus parlées dans le monde chrétien ; la langue de son pays d’origine, et une ou deux autres langues lui seront certainement très utiles.

Le candidat au pontificat doit avoir et manifester une foi profonde et un zèle apostolique. Il doit vivre sans cesse de la prière et des sacrements.

Il ne doit y avoir aucune ombre dans son histoire comme prêtre et comme homme.

Qu’il soit issu de la Curie ou un pasteur venant d’un diocèse, il doit être humble, sensible, charitable, brillant et concis en communication, un témoin exemplaire des vertus humaines et chrétiennes.

Il doit avoir une doctrine solide, être sûr et ouvert dans son rapport avec la modernité.

Il est très important que son parcours porte les traces évidentes de son efficacité dans l’annonce de l’Évangile. Combien de vocations, de baptêmes, de conversions a-t-il suscités ? L’annonce de la foi est un don de Dieu, mais le nombre et l’abondance de certaines manifestations sont un signe de la bienveillance du Seigneur. Un peu comme la reconnaissance des miracles pour canoniser quelqu’un.

Il doit encore être docile et savoir collaborer avec le Sacré collège, être libre et disponible pour servir le Seigneur et guider l’Église.

Il doit redonner la sérénité et un esprit de collaboration fraternelle dans la gestion de la Curie.

Mais les qualités personnelles ne suffisent pas, même si elles doivent être d’excellence pour un futur pape. Il est très important en effet de considérer les conditions historiques et de voir comment certaines qualités peuvent être utiles à la résolution des problèmes actuels les plus urgents.

L’élection de Jean-Paul II a eu lieu précisément au moment de la plus grande expansion de l’idéologie et du pouvoir communiste dans le monde.

L’élection de Benoît XVI est arrivée à une époque où était nécessaire une refondation interne de l’Église et de l’épiscopat mondial.

Il est évident que, en ce moment, les problèmes urgents pour l’Église catholique sont le renouveau de la foi et la nécessité d’une nouvelle évangélisation.

Ce n’est pas un hasard si Benoît XVI, aujourd’hui pape émérite, a lancé l’Année de la foi et de la nouvelle évangélisation.

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Pour redonner vie au continent européen qui a diffusé le christianisme dans le monde depuis 2000 ans, il faut des millions de jeunes qui vivent et pratiquent leur foi catholique et en témoignent joyeusement et avec enthousiasme.

Comme dans les premiers siècles, les chrétiens doivent étonner et conquérir le monde, avec le feu de l’amour qui découle de la connaissance profonde et passionnée du Christ.

Certes, il y a beaucoup d’autres problèmes qui attendent des solutions, comme : défendre des persécutions les chrétiens présents dans de nombreuses parties du monde, consolider un dialogue avec l’Islam et les grandes religions orientales pour limiter les fondamentalismes intolérants et violents, continuer à consolider le dialogue œcuménique avec les autres confessions chrétiennes jusqu’à parvenir à une nouvelle unité, promouvoir et garantir le respect de la liberté religieuse et des droits de l’homme, continuer à proposer une économie du don, à travers la fraternité, pour dépasser l’utilitarisme spéculatif et égoïste, enseigner et faire respecter les principes non négociables qui sont la base de toute civilisation, trouver un moyen pour dialoguer paisiblement avec la Chine pour pouvoir faire reconnaître les évêques nommés par le pontife romain.

Mais aucun de ces problèmes ne pourra être affronté et résolu de manière adéquate sans une foi passionnée et si la nouvelle évangélisation n’est pas rapidement menée.

Au vu de l’histoire du pontificat, nous sommes sûrs que l’Esprit-Saint saura choisir le meilleur candidat et le plus adapté aux temps que nous vivons.

 

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© Anita Bourdin et Antonio Gaspari pour Zenit. 

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Election du nouveau pape (6)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Nouveau pape : la date du Conclave est fixée au 12 mars 2013

 

Assemblées préparatoires
des cardinaux

vendredi 8 mars 2013

La « démission » de Benoît XVI :
un fait analogue dans l'histoire,
Célestin V 

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Murrone Di Pietro



Contrairement à ce qu’on a pu lire ici et là, la « démission » de Benoît XVI pour être exceptionnelle n’est pas unique. L’expérience du moine italien, Murrone di Pietro, présente quelques similitudes avec le parcours du pape émérite actuel.

De famille humble, ce napolitain est né à Pérouse le 5 juillet 1215. Couronné à Aquila le 29 août 1294, il abdiqua le 13 décembre. Il est mort le 13 décembre 1296 au château de Fumone. Cet ermite bénédictin, disciple du Baptiste, vivait dans le désert de Monte Morone dans les Abbruzes une existence consacrée au jeûne, à la prière et au travail. Son exemple fut suivi de beaucoup d’autres : fondateur de l’ordre des Célestins, reconnu et approuvé par Urbain IV en 1264, branche des Bénédictins, on comptait 36 monastères et 600 religieuse peu avant sa mort. Boniface VIII le dissout et le dispersa en 1302.

En juillet 1294, trois dignitaires de l’Église, accompagnés de moines et de laïcs en grand nombre, vinrent lui annoncer que le Sacré Collège l’avait élu pape à l’unanimité en remplacement de Nicolas IV. La situation semblait désespérée, électeurs romains, italiens et français, en pleine guerre de Guelfes et des Gibelins, n’ayant pas réussi à se mettre d’accord. Poussés par Charles II de Naples, ils avaient accepté Pietro di Murrone, pour des raisons politiques autant que religieuses. Le pauvre ermite fondit en larmes, mais après une courte prière, obéit à la voix de Dieu.

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On dit que Pietro di Murrone se présenta à Pérouse, puis à Aquila, assis sur un âne. Il fut immédiatement couronné par les cardinaux présents sous le nom de Célestin V. Sur l’invitation, plus que pressante, du roi qui l’avait fait élire, Célestin ordonna à la Curie de quitter Rome pour Naples.

Sous son pontificat, sept Français furent élevés au cardinalat, préparant ainsi la voie à Avignon. Il rétablit la règle de Grégoire X dans toute sa rigueur, assainit le déroulement du conclave. Il s’attaqua aux privilèges accordés aux puissants et fut même accusé de confier des bénéfices ecclésiastiques à trois ou quatre rivaux de la Curie qui s’en trouva très affaiblie et dans le plus grand désordre. et les bureaux d'une main prodigue. Il prit ses quartiers napolitains dans une unique pièce du Castel Nuovo et, pendant l’Avent, il se fit construire une hutte sur le modèle de celle qu’il occupait dans les Abruzzes. Mais, mal à l'aise dans les Affaires d'État, il crut y perdre son âme conscient que ce temps était pris sur celui qui devrait être consacré à la prière.

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Aussi l’idée lui vint assez vite de démissionner et le cardinal Cajétan, consulté, déclara que rien dans le droit canon ne s’y opposait. Tout autre fut l’avis de son successeur Boniface VIII qui publia son doute dans le «Liber Sextus I, VII, 1 ». Lorsque le bruit se répandit que Célestin envisageait de démissionner, tout Naples fut en effervescence. Le13 décembre Célestin convoqua les cardinaux auxquels il donna la permission de procéder à une nouvelle élection. Benedetto Gaetani fut élu sous le nom de Boniface VIII. Célestin revêtit sa bure d’ermite, pratiquement prisonnier de son successeur de peur de représailles contre le vieux moine. Célestin réussit à se sauver mais pour une longue errance qui le conduisit à travers bois et montagnes jusque sur les bords de l’Adriatique pour gagner la Grèce. Son bateau pris dans une tempête le ramena en Italie. Il fut capturé par Boniface VIII au pied du mont Gargano et enfermé dans une cellule obscure du château de Fumone près d’Anagni. Maltraité par les gardes, il mourut dans sa ème année. Clément V le canonisa en 1313. Ses restes sont toujours conservés à l’église d’Aquila où ils sont toujours l’objet d’une profonde vénération. On le fête le 19 mai.

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Bernard Bonnejean d’après les sources suivantes :

Acta SS mai, IV, 419 ; Bibl. hagiogr. Latina, 979 ss ; Analecta Bollandiana (1897), XVI, 365 à 82 (la plus ancienne vie de Célestin ) ; Celidonio, Vita di S. Pietro del Morrone, Celestino papa quinta, scritta su 'documenti coevi (Sulmona, 1896) ; IDEM, La non-autenticita degli Opuscula Coelestina (ibid., 1896 ; ces opuscules édités par Telera, Naples, 1640, peut avoir été dictés, mais pas composés par Célestin) ; ROVIGLIO, La rinuncia de Célestin V (Vérone, 1894) ; AUTINORI, Celestino V ed il sesto anniversario della sua coronazione (Aquila, 1894) ; Raynald, Ann. eccl. ad ann. 1294-96 ; Hefele, Conciliengeschichte, V , et aussi l'histoire de la ville de Rome par von Reumont et par Gregorovius.

 

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Election du nouveau pape (5)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Assemblées préparatoires
des cardinaux

mardi 5 mars 2013

L'élection du pape est l'œuvre de tous les membres de l'Église universelle

 

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Mobilisation dans la prière, décision des cardinaux

 

ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Dans la Constitution sur la vacance du Siège apostolique « Universi Diminici Gregis », Jean-Paul II (1996) fait observer que l’élection du pape est le fait non seulement des cardinaux du monde entier mais de toute l'Église, grâce à la mobilisation de tous dans la prière :

« L'élection du nouveau Pontife ne sera pas un fait étranger au Peuple de Dieu et réservé au seul Collège des électeurs, mais, dans un sens, elle sera une action de toute l'Église ».

 

 


 

Les cardinaux ont ainsi décidé mardi matin, lors de la troisième Congrégation générale, d’un rendez-vous de prière avec le Peuple de Dieu qui est à Rome, demain, mercredi après midi, 6 mars, à 17 h en la basilique vaticane à l'autel de la Chaire de Saint-Pierre.
 

Un des rôles assignés aux cardinaux, et spécialement des cardinaux non-électeurs, de plus de 80 ans, pendant la vacance du Siège apostolique est d'entraîner le Peuple de Dieu dans la prière.

 

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Les cardinaux ont ainsi décidé de prier publiquement ensemble avec tous ceux qui le peuvent, pendant environ une heure.
 

La prière commencera par les Mystères glorieux du Rosaire, en italien et en latin.
 

L'Exposition du Saint-Sacrement sera suivie d'un temps d'adoration silencieuse.

 

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Puis ce sera la prière des vêpres, sous une forme simple - sans "président" -.
 

La bénédiction sera donnée par le cardinal archiprêtre de la basilique Saint-Pierre Angelo Comastri.
 

La messe célébrée d'habitude à cette heure-là à l'autel de la Chaire sera déplacée à un autre autel de la basilique.
 

La Constitution de Jean-Paul II dit en effet au paragraphe 84 dit en effet :
« Pendant la vacance du Siège, et surtout durant la période où se déroule l'élection du Successeur de Pierre, l'Église est unie de manière toute particulière à ses Pasteurs et spécialement aux Cardinaux électeurs du Souverain Pontife, et elle implore de Dieu un nouveau Pape, comme don de sa bonté et de sa providence. »

« En effet, poursuit le texte, à l'exemple de la première communauté chrétienne dont il est question dans les Actes des Apôtres (cf. 1, 14), l'Église universelle, spirituellement unie à Marie, Mère de Jésus, doit persévérer unanimement dans la prière ; ainsi l'élection du nouveau Pontife ne sera pas un fait étranger au Peuple de Dieu et réservé au seul Collège des électeurs, mais, dans un sens, elle sera une action de toute l'Église. »


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La Constitution demande aussi la prière dans le monde entier :

« En conséquence, j'établis que dans toutes les villes et autres lieux, au moins les plus importants, à peine connue la nouvelle de la vacance du Siège apostolique et, de manière particulière, de la mort du Pontife, ainsi qu'après la célébration des services solennels à son intention, on élève des prières humbles et assidues vers le Seigneur (cf. Mt 21, 22 ; Mc 11, 24), pour qu'il éclaire le cœur des électeurs et réalise si bien leur accord dans l'élection que cette dernière soit rapide, unanime et utile, comme l'exige le salut des âmes et le bien de tout le Peuple de Dieu. »

 

 


© PAR ANITA BOURDIN POUR ZÉNIT  

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Election du nouveau pape (4)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Assemblées préparatoires
des cardinaux

mardi 5 mars 2013

Quel pape aimerions-nous avoir ? 


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I- Un débat animé : un jeune asiatique ou un pape de transition ?

ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Plus on s’approche du conclave, plus se multiplient les rumeurs sur les candidats susceptibles d’être élus pape.

Les désirs des fidèles sont clairs. Les interviews, les blogs, les pensées librement exprimées sur Facebook et Twitter, révèlent une grande nostalgie d’un pape comme le jeune Jean-Paul II, un candidat humble et bon, grand communicateur, qui rencontre les gens partout dans le monde, qui fascine les jeunes et qui remplisse les places sur la planète.

Très respectueux de Benoît XVI, les désirs s’expriment en faveur d’un pape solide et clair en matière de doctrine ; l’idéal serait un mélange entre l’enthousiasme et la joie de Jean-Paul II et un jeune Joseph Ratzinger.

Une donnée est commune à tous : les fidèles prient et invoquent l’Esprit-Saint pour que le prochain pape soit jeune, de corps et d’esprit. On veut oublier les souffrances passées, avec les dernières années d’agonie de Jean-Paul II et la renonciation de Benoît XVI.

Le peuple des croyants est patient et confiant dans l’œuvre de l’Esprit-Saint. Il se réjouira et remerciera le Seigneur pour le nouveau pape, mais il ne fait aucun doute que les attentes seraient un peu déçues s’il s’agissait d’un candidat de transition.

En termes de situation géopolitique, la décadence et les scandales en Europe et dans les pays anciennement évangélisés sont tels qu’il est peut-être temps de penser à un pape non européen. Sur le vieux continent, on manque de jeunes et de vocations, alors que celles-ci augmentent en Amérique latine, en Afrique et en Asie.

Le continent qui connaît le nombre le plus élevé de vocations et de baptêmes, où vivent le plus de jeunes et où le christianisme a d’énormes possibilités de diffusion est l’Asie.

C’est aussi le continent qui est en train d’émerger comme superpuissance mondiale et où le christianisme pourrait offrir des solutions caritatives et humanisantes en réponse à un utilitarisme exacerbé, à un matérialisme qui nie la personne, aux politiques qui suppriment les petites filles.

Un éventuel pape asiatique pourrait aussi trouver une solution au difficile rapport avec la Chine.

Certes, il s’agirait là d’un énorme saut en avant, un acte de courage qui situerait l’Eglise en avant de tout le monde.

Ce fut ainsi pour le choix de Karol Woityla, le pape polonais qui a fait tant de bien à l’Eglise et au monde.

Un pape asiatique ferait énormément grandir le nombre de conversions et de pèlerins vers l’Eglise de Rome.

A ce sujet, il faut se souvenir que la plus grande Journée mondiale de la jeunesse s’est tenue à Manille avec cinq millions de jeunes et que les Philippines sont le troisième pays au monde en nombre de catholiques. Moins que le Brésil et le Mexique, plus que les Etats-Unis et que l’Italie.

Il est vrai que nous nous trouverons face à un événement historique, mais la renonciation au pontificat du pape émérite Benoît XVI n’est-elle pas le signe d’une très grande discontinuité dans le but de renforcer et d’accélérer le processus de renouveau et de nouvelle évangélisation ?

 

Antonio Gaspari

Traduction d’Hélène Ginabat

 


II- Le card. Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa
Un africain docteur en sciences bibliques

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ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa en République démocratique du Congo, est l’unique cardinal congolais. Il sera parmi les cardinaux électeurs lors du conclave imminent qui élira le prochain pape.

Le cardinal Monsengwo est âgé de 73 ans. Il a été ordonné évêque le 4 mai 1980, à Kinshasa, par le pape Jean-Paul II et a été créé cardinal le 20 novembre 2010 à Rome par Benoît XVI.

Il a étudié notamment à Rome, à l’Université Urbanienne et à l’Institut biblique pontifical, ainsi qu’à Jérusalem. Il a obtenu un doctorat ès Sciences bibliques de l’Institut biblique pontifical (1970), devenant le premier Africain docteur ès Sciences bibliques.

En 2012, il a été appelé par Benoît XVI à prêcher la retraite de carême au Vatican: Radio Vatican saluait alors en lui « un prélat toujours très engagé en faveur du dialogue, de la réconciliation, et de la défense des droits des personnes »..

Parmi ses nombreux ministères, le cardinal a été notamment président de la Conférence épiscopale de son pays, président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) et président de Pax Christi International.

Au Vatican, il a été membre de la Commission biblique pontificale. Il a également été membre de la Commission « Foi et Constitution » du Conseil Œcuménique des Eglises.

Le cardinal compose par ailleurs de petites pièces pour orgue.

Le 16 octobre 2012, dans le cadre du synode des évêques pour la nouvelle évangélisation, le cardinal Monsengwo Pasinya a témoigné de l’expérience des jeunes Églises africaines, où « la rencontre avec les missionnaires nous a très vite mis en situation d’interculturalité ».

Il fallut « de longs débats théologiques » pour « clarifier la notion même d’inculturation », une réalité « aussi vieille que l’expérience d’Israël », a-t-il souligné, évoquant la confrontation « à la culture hellénistique ».

Pour le cardinal, l’inculturation est « un processus jamais achevé d’incarnation de la vie chrétienne et du message chrétien dans les cultures ».

En ce sens, l’évangélisation « est un dialogue permanent entre le message évangélique et la culture, qui par sa nature même est dynamique et mouvante ». Il s’agit de « transmettre une joyeuse rencontre avec Jésus Christ, pour que nos contemporains et les jeunes en particulier, lui ouvrent la porte de leur cœur ».

Le cardinal a appelé par conséquent à « rechercher dans la culture de notre époque le langage le plus apte à mettre en récit cette expérience, à la traduire en actes concrets et éloquents dans toutes les sphères de la vie humaine ».

Anne Kurian

 


III- Le card. Béchara Boutros Raï, patriarche d'Antioche des maronites
Un des derniers cardinaux créés par Benoît XVI

 

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ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Le cardinal Béchara Boutros Raï, 73 ans, est, aux côtés du patriarche émérite Nasrallah Piuerre Sfeir, le second cardinal libanais du conclave qui aura lieu pour l'élection du successeur de Benoît XVI. Il est l’un des patriarches orientaux présents au conclave.

Le cardinal Raï est en effet patriarche d’Antioche et de tout l’Orient des maronites, chef du synode de l’Eglise maronite, depuis 2011.

Créé cardinal le 24 novembre 2012, il est l’un des six derniers cardinaux créés par Benoît XVI, lors d’un consistoire qui avait provoqué la surprise, annoncé à la fin du synode des évêques pour la nouvelle évangélisation en octobre dernier.

Dans le cadre de ce synode, le cardinal Raï avait souhaité un « printemps chrétien », afin qu’advienne un vrai « printemps arabe », « de démocratie, de liberté, de justice, de paix et de défense de la dignité de tout homme, contre toute forme de violence et de suppression des droits », le 13 octobre 2012.

Pour le patriarche qui a accueilli le pape au Liban, lors de son voyage des 14-16 septembre 2012, les paroles de Benoît XVI et son exhortation sur l’Eglise au Moyen-Orient sont propres à susciter dans les pays arabes ce « printemps chrétien ».

Juste avant de venir à Rome pour les congrégations générales qui ont lieu en ce moment en prélude au conclave, le cardinal Béchara Raï était en visite en Russie, à Moscou, dans le cadre d’un événement riche en implications œcuméniques, politiques et humanitaires (26 février-1er mars 2013). Il y a notamment rencontré le patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou et de toute la Russie.

Au cœur des entretiens, la question de la Syrie et la situation des chrétiens au Moyen-Orient : le patriarche maronite a rappelé que les chrétiens ne sont pas « un groupe expatrié en Orient » mais qu’ils y sont nés.

« Nous sommes des citoyens comme les autres et nous nous battrons pour cela. Nous exigeons les mêmes droits que les autres dans notre Patrie, car nous sommes les habitants de souche de ces régions », a-t-il déclaré fermement.

 

Anne Kurian

 


IV- Le card. André Vingt-Trois, archevêque de Paris
Président de la Conférence des évêques de France

 

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ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Le cardinal André Vingt-Trois, 70 ans, est l’un des quatre cardinaux électeurs français présents au conclave chargé d’élire le prochain pape, après la renonciation de Benoît XVI.

Créé cardinal le 24 novembre 2007 par Benoît XVI, il archevêque de Paris depuis 2005 et actuel président de la Conférence des évêques de France.

Il est également co-président du Conseil d'Eglises chrétiennes en France (CECEF) et ordinaire des catholiques de rite oriental résidant en France et n'ayant pas leur propre ordinaire.

Dans les dicastères du Vatican, le cardinal est membre du Conseil pontifical pour la famille, de la Congrégation pour les évêques, de la Congrégation pour le Clergé ainsi que du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement.

Avant d’être nommé archevêque de Paris, le cardinal Vingt-Trois a été directeur au séminaire de Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux, vicaire général puis évêque auxiliaire de Paris et archevêque de Tours (1999-2005).

En tant que président de la Conférence épiscopale, le cardinal s’est positionné clairement contre le projet de loi du « mariage pour tous », en débat dans le pays depuis plusieurs mois: il a été entendu à l'Assemblée Nationale et au Sénat. Il a réclamé avec force un vrai "débat de société" autours de ces questions.

Le jour de l'annonce de la retraite de Benoît XVI, le lundi 11 février dernier - qui correspondait avec l'anniversaire de sa nomination comme archevêque de Paris, en 2005 -, il a rencontré la presse, à 15h au siège de la Conférence des évêques de France, à Paris.

Répondant aux journalistes qui l'interrogeaient sur les qualités du prochain pape: le prochain pape doit être humble, capable de dialogue avec les cultures et pas seulement être intelligent mais "malin".

Lors d'une messe célébrée à Notre-Dame de Paris en action de grâce pour le pontificat de Benoît XVI, le cardinal a rendu hommage à « la dynamique de conversion » que Benoît XVI a insufflée à l’Eglise car « la vitalité de l’Église dépend de sa détermination à se mettre à l’unisson du Christ et à y revenir sans cesse ».

Lors du récent synode des évêques pour la nouvelle évangélisation, le cardinal avait plaidé pour « unir dans un même effort le témoignage de la foi et une pédagogie de la culture », le 9 octobre 2012.

Concrètement, avait-il expliqué, la nouvelle évangélisation doit prendre en compte « une culture formatée par le langage médiatique et son recours à l'instantané et à l'affectivité ».

Il avait invité en ce sens les chrétiens à « l'implication dans tous les systèmes éducatifs » et à « la contribution à une véritable éducation de l'intelligence qui est la condition nécessaire à l'exercice d'une véritable liberté ».

Il s’agit en définitive de « mieux montrer que l'adhésion à la foi chrétienne n'est pas en contradiction avec la raison humaine » et à donner une « visibilité » à la participation des baptisés à la vie de l'Église ».

Le cardinal Vingt-Trois avait conclu en invitant les baptisés à « être plus conscients » qu’ils sont « dépositaires d'un trésor pour l'avenir de l'humanité et porteurs d'une espérance ».

Anne Kurian

 


V- Le card. Jean-Louis Tauran
Président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux

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ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Le cardinal Jean-Louis Tauran, 69 ans, est l’un des quatre cardinaux électeurs français présents au conclave chargé d’élire le prochain pape, après la renonciation de Benoît XVI.

Créé cardinal le 21 octobre 2003 par Jean-Paul II, le cardinal Tauran est président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux depuis 2007.

Il a notammment organisé au Vatican des rencontres de dialogue dans le sillage de la lettre de soutien à Benoît XVI de centaines de personnalités musulmanes. Il était du voyage au Liban en septembre 2012.

Il a été entre autres Secrétaire pour les relations avec les Etats de la Secrétairerie d’Etat du Vatican - "ministre des Affaires étrangères" de Jean-Paul II - et Archiviste bilbiotécaire de la Sainte Eglise Romaine.

Lors du synode des évêques pour la nouvelle évangélisation qui a eu lieu du 7 au 28 octobre 2012 au Vatican, le cardinal a présenté le « dialogue interreligieux » comme « occasion d’approfondissement et de témoignage de sa foi », lors de la cinquième congrégation générale, le mercredi 10 octobre après-midi.

Il a appelé les chrétiens à la « cohérence » de leur témoignage : « Face à des adeptes d’autres religions à l’identité religieuse forte, il est nécessaire de présenter des chrétiens motivés et doctoralement équipés », a-t-il fait observer.

En dépit de la violence qui parfois « se pare du bouclier d'une religion », le cardinal a voulu souligner les « aspects positifs » du dialogue interreligieux : l'amitié au quotidien qui s'exprime par des gestes de fraternité et de proximité ; l'harmonie entre croyants, qui apporte souvent aux sociétés dont ils sont membres une dimension spirituelle de la vie, « antidote à la déshumanisation et aux conflits ».

Anne Kurian 

 

« Le Saint-Esprit est le baiser de Dieu »

Saint Bernard de Clairvaux, L'Amour de Dieu 

 

© REPORTAGES EFFECTUÉS PAR ANTONIO GASPARI ET ANNE KURIAN ANITA POUR ZÉNIT 

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Election du nouveau pape (3)

Publié le par Bernard Bonnejean


Assemblées préparatoires
des cardinaux

mardi 5 mars 2013

LEXIQUE

 

Religion : 

du latin ligare, religare : lier, relier
Ensemble de rites, de pratiques, de prières par lesquels un peuple, ou une société, a coutume d'exprimer son lien à Dieu, à la divinité, ou au sacré.

 

  • Église catholique : 

 Le terme hébreu kahal signifiant convoquer. 
L’Église est le rassemblement de tous les baptisés affirmant leur foi en Jésus ressuscité. Organisée en communautés ayant chacune leur structure et regroupée dans des ensembles appelés Église locale. En raison des séparations intervenues au sein du christianisme on distingue l’Église catholique romaine dont le chef spirituel est le Pape, les Églises orthodoxes et les Églises issues de la Réforme.
Le mot église s’écrit avec un « e » minuscule lorsqu’il désigne un édifice consacré au culte et aux rassemblements des chrétiens.

 

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  •  
    • Indéfectibilité de l'Eglise :

Prérogative assurée par Jésus-Christ, fondateur de l’Eglise, qui a promis de ne jamais lui faire défaut. (Matthieu 28,20). L’Eglise ne peut cesser d’être. Elle garde jusqu’à la fin des temps stabilité et assurance, malgré les fragilités, en particulier par la structure de sa tradition dogmatique.

 

 

  • Catholicisme : 

du grec katholikos : qui signifie totalité et universalité
Ensemble des fidèles, des institutions, des dogmes de l’Eglise catholique romaine. Les chrétiens catholiques reconnaissent l’autorité spirituelle et juridictionnelle du pape, évêque de Rome, et successeur de Saint Pierre.

 

  • Assemblée : 

C'est le peuple convoqué pour l'action liturgique. C'est le sens du mot "église" (du grec ekklèsia = assemblée). Le mot "assemblée" désigne aussi diverses réunions : assemblée d'évêques, de cardinaux, assemblée paroissiale, etc...

 

  •  
    • Coptes : 

Nom donné aux chrétiens d’Égypte et d’Éthiopie ainsi qu’aux Églises autochtones, tant orthodoxes, que catholiques uniates de rite copte mais rattachées à Rome. L’Église Copte, comme toutes les églises orientales, est dirigée par son propre patriarche qui a juridiction sur les évêques, le clergé et les personnes de ce rite. C’est une Église autocéphale issue d’un schisme remontant au Concile de Chalcédoine en 451 au cours duquel le Patriarche d’Alexandrie Dioscore s’opposa à Rome.
Depuis le XIXe siècle, il existe une Église catholique copte et une Église évangélique copte.
Les Églises catholiques orientales se caractérisent par le fait d’être en communion avec l’évêque de Rome (le Pape) dont elles reconnaissent la primauté. Dans la terminologie catholique elles sont définies comme étant des Églises autonomes ou « Églises de droit propre » (au sens juridique) membres, avec l’Église latine, de l’Église catholique.

 

  •  
    • Maronites : 

Terme qui désigne les personnes appartenant à la communauté chrétienne d’origine syrienne. L’Église Maronite est la seule Église d’Orient à être fidèle à l’Église Catholique Universelle, dès ses origines. En tant qu’Église uniate (Église orientale unie à Rome mais qui conserve sa langue, ses rites et son droit canon) elle possède sa propre liturgie du rite d’Antioche, en langue syrienne. Sa langue -le syriaque ou l’araméen, langue du Christ- et son esprit s’apparentent à la spiritualité orientale et biblique.

 

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  • Universalité de l'Eglise : 

Caractère universel de l’Église catholique qui comprend tous les chrétiens du monde entier. Sa doctrine est la même dans le monde. L’Église a pour mission d’enseigner « toutes les nations ». (Matthieu 28,19).

 

Evêque : 

en grec : épiskopos, protecteur, surveillant

Aux premières années de l'Église, les apôtres établirent, à la tête des communautés chrétiennes, des responsables, appelés épiscopes ; ils leur imposèrent les mains, comme le relatent les Actes des Apôtres et les Épîtres de saint Paul, pour leur transmettre, en même temps que le don de l'Esprit Saint, les fonctions responsables qu'eux-mêmes avaient reçues du Christ : enseigner, baptiser, célébrer l'Eucharistie, rassembler et conduire. Par leur ordination épiscopale, les évêques (choisis parmi les prêtres) reçoivent, comme les apôtres, la plénitude du sacrement de l'ordre. Ils sont les successeurs des apôtres. Un évêque est le signe de l'unité de l'Église locale.

 

  • Monseigneur : 

C'est le titre donné aux évêques. Il est aussi employé pour les prêtres qui ont reçu le titre de Prélat de sa Sainteté. Dans ce cas, c'est une appellation honorifique.

 

  • Prélature : 

Au sens coutumier, c'est une dignité conférée soit à des prêtres exerçant une fonction effective auprès du pape, soit à d'autres prêtres incorporés d'une manière purement honorifique à la "maison pontificale".


Archevêque : 

Evêque placé à la tête d'une province ecclésiastique et qui a plusieurs évêques pour suffragants.

 

  • Métropolitain : 

Titre attribué à l’archevêque placé à la tête d’une province ecclésiastique et ayant autorité sur d’autres diocèses. Le pape confère à l’archevêque métropolitain le pallium, symbole du lien spécial de communion avec le Saint Siège et expression de l’unité, de l’universalité de l’Eglise du Christ.

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  • Province apostolique : 

Regroupement de diocèses permettant une plus grande concertation pastorale entre évêques de diocèses voisins. Travailler ensemble, se soutenir s’entraider c’est à cela que sert une province ecclésiastique : elle exprime la fraternité et la communion entre diocèses d’une même région, elle permet la coopération pour des projets choisis ensemble, et rend efficace la proximité géographique. Elle a à sa tête un archevêque métropolitain.


Cardinaux : 

A l'origine, les cardinaux dans l'Église de Rome assumaient la responsabilité d'une paroisse (appelée titubura) et servaient, en quelque sorte, de pivot (du latin, cardo, cardinis = gond) à la vie de la communauté. Les cardinaux sont les premiers collaborateurs du pape. Depuis le XIIe siècle, certains sont choisis hors de Rome. C'est le cas de la majorité d'entre eux aujourd'hui, même s'ils sont tous rattachés à une église paroissiale de Rome.

  • Eminence : 


 
du latin eminentia; excellence. 

Titre honorifique réservé aux Cardinaux. Depuis le Concile Vatican II ce titre est moins utilisé, aujourd’hui il est remplacé par l’expression « Monsieur le Cardinal ». 

 

Conclave : 

C'est à la fois l'enceinte où s'assemblent les cardinaux pour l'élection du nouveau pape, c'est aussi l'assemblée des cardinaux réunie pour cette élection. Cette réunion se tient à huis clos, dans la chapelle Sixtine pour les délibérations et les votes.

 

  •  Camerlingue : 

Cardinal particulièrement chargé par le Pape de l'administration des biens temporels duSaint Siège. Il préside la chambre apostolique et gouverne quand le Saint Siège est vacant.

 

  • Collège des cardinaux : 

Depuis le XIIe siècle, l'ensemble des cardinaux constitue le Sacré-Collège. À la mort d'un pape, il doit se réunir en conclave pour élire un nouveau pape. Seuls les cardinaux âgés de moins de 80 ans sont convoqués et électeurs (depuis le 21 novembre 1970). Le Collège des cardinaux électeurs (d'un futur pape) ne peut pas excéder le chiffre de 120 (depuis le 5 novembre 1973).

 

Saint Siège : 

Ce terme fait référence au pape, en tant que successeur de l'apôtre Pierre et chef de l'Église Universelle. Il désigne aussi l'ensemble des organes du gouvernement pontifical qui l'assistent dans sa mission (Secrétairerie d'Etat, Congrégation). 
À ne pas confondre avec le Vatican.


  • Curie romaine :

 Ensemble d'organismes (congrégations, conseils et offices divers) appelés dicastères et chargés d'assister le pape dans le gouvernement de l'Église. La Curie a été réorganisée par Paul VI après Vatican II pour mieux répondre aux besoins de l'Eglise universelle. La présence de collaborateurs choisis dans le monde entier facilite une meilleure compréhension des questions qui se posent.

 

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  • Dicastère : 

du grec: dikasterion, cour de justice

Chacun des principaux organismes de la curie romaine. 

 

  • Pape : 

Evêque de Rome et donc, selon la tradition catholique, Pasteur de l'Eglise universelle. Le Pape est aussi chef de la Cité du Vatican . Pour l'ensemble de ces fonctions, il est assisté d'une organisation appropriée, curie romaine et nonciature, apostolique (ambassade du Saint Siège auprès des pays étrangers).

 

  •  
    • Bénédiction Ubi et Orbi : 

Bénédiction solennelle prononcée par le pape, de la loggia ou du balcon de la basilique Saint Pierre, les jours de Pâques, de Noël et en de rares occasions. Cette bénédiction comporte une indulgence plénière. Elle tire son nom d’une expression qui signifie « pour la ville et pour le monde » symbolisant le fait que le pape s’exprime à la fois en tant qu’évêque de Rome et pasteur universel s’adressant aux catholiques du monde.

 

  •  
    • Infaillibilité :

Est infaillible celui qui n'est pas sujet à l'erreur. Dogme défini par le Concile Vatican I, l'infaillibilité concerne dans certains cas précis le Pape en tant que pasteur de l'ensemble de l'Église catholique. Le domaine auquel s'applique cette infaillibilité est strictement circonscrit; il s'agit exclusivement de la définition de points de doctrine concernant la foi et la morale en vue d'expliciter le contenu de la Révélation. Se trouvent exclues de ce domaine, entre autre, les questions de caractère pastoral ou disciplinaire. Ainsi l'encyclique "Humanae vitae" de Paul VI ou des sanctions ecclésiastiques ne relèvent pas du domaine de l'infaillibilité.

 

  •  
    •  Magistère :

du latin magister : maître

C'est le terme théologique qui désigne la tâche d'enseignement des évêques et du pape selon la mission confiée par le Christ aux apôtres . Dans l'Église catholique, on distingue deux types de magistère : le magistère ordinaire qui porte sur l'enseignement courant et l'extraordinaire qui porte sur les définitions dogmatiques.

 

  •  
    • Nom du Pape : 

Le nom du nouveau pape vient de son propre choix et peut être signifiant de ses convictions personnelles. Dans l'Ancien testament comme dans le Nouveau, les changements de nom sont des signes de conversion, d'élection par Dieu et d'attribution d'une mission nouvelle. Dans la Bible, Abram devient Abraham, Jacob devient Israël, Simon devient Pierre et Saul devient Paul.

 

  •  
    • Sainteté : 

Elle caractérise en premier la nature de Dieu et par extension l’état de vie de ceux qui par leur exemple et leur union au Christ sont des modèles pour les autres. La sainteté c’est union au Christ à laquelle tous les baptisés sont appelés. C’est la charité vécue pleinement, c'est-à-dire l’amour de Dieu par-dessus toute chose et l’amour du prochain. Elle est un caractère essentiel de ceux qui veulent être des témoins de Dieu aujourd’hui. L’appel universel à la sainteté fut rappelé par le Concile Vatican II (Lumen gentium 40). Sainteté c’est le titre de respect qu’on emploi en parlant du pape ou de hauts responsables religieux.


Liturgie :

Culte public rendu à Dieu par l’assemblée des fidèles unie au Christ mystérieusement présent en son sein. Vatican II a rappelé ce vrai sens du mot liturgie employé souvent par nos contemporains dans le sens très dévalué de "cérémonial". On appelle liturgie dominicale celle qui se rapporte au dimanche, jour du Seigneur.

 

  • Grégorien :

Le « chant grégorien », chant officiel de la liturgie de l’Eglise romaine, est attribué à Saint Grégoire le Grand. Il est monodique c'est-à-dire qu’il se chante en une seule voix, non en polyphonie et sans accompagnement instrumental, il est étroitement lié au texte latin. La réforme de l’Eglise engagée par le pape Grégoire VII est appelée « réforme grégorienne ». Le Pape Grégoire XIII a été l’instigateur du « calendrier grégorien » utilisé encore actuellement.

 


 

Théologie : 

Discipline qui traite essentiellement du Dieu de la foi connu dans sa Révélation. La théologie fait appel aux différentes méthodes scientifiques parmi lesquelles l'histoire tient une place particulière, en restituant les documents de la foi à leur contexte, et en s'employant à les faire revivre. Mais la théologie bénéficie des apports de la philosophie de la psychologie, de l'ethnologie et, en général, de toutes les sciences qui permettent de mieux connaître l'homme, auquel Dieu se révèle.

 

  • Dons de l'Esprit Saint :

Dispositions permanentes créées par Dieu dans l’homme pour le rendre docile à suivre les inspirations divines insufflées par l’Esprit Saint, ces dons nous confirment dans la Foi, l’Espérance et la Charité et permettent d’avancer vers le plein exercice des vertus. Ils sont au nombre de sept : SagesseIntelligenceConseilForceSciencePiétéCrainte de Dieu.

 

Vatican : 

Ce terme caractérise le territoire et la structure institutionnelle de l'Église catholique. Le Pape est le chef de l'état du Vatican. À ne pas confondre avec le Saint Siège, même si les mots sont souvent interchangeables.

 

Vatican II : 

Le 11 octobre 1962 Jean XXIII ouvrait à Rome le concile oecuménique Vatican II. Dans son discours d'ouverture, le Pape donna le ton et l'esprit des travaux: "Notre devoir n'est pas seulement de garder ce précieux trésor comme si nous n'avions souci que du passé, mais nous devons nous consacrer, résolument et sans crainte, à l'ouvre que réclame notre époque, poursuivant ainsi le chemin que l'Église parcourt depuis vingt siècles". De 1962 à 1965, ce concile rassemblant tous les évêques du monde fut un événement considérable par le nombre et l'importance de ces propositions. 

 

 

C'est un véritable miracle de voir que les méthodes modernes d'instruction n'ont pas encore entièrement étouffé la saine curiosité intellectuelle ; cette petite plante délicate, en plus d'un encouragement, a surtout besoin de liberté ; sans quoi elle s'étiole et ne manque pas de périr.

Albert Einstein ; Discours et entretiens (1879-1955)

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Election du nouveau pape (1)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Deux premières assemblées préparatoires des cardinaux
lundi 4 mars 2013

LISTE DES CARDINAUX
ÉLECTEURS
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ROME, 4 mars 2013 (Zenit.org) - Alors que le Collège des cardinaux s’est rassemblé ce 4 mars 2013 pour sa première et deuxième congrégation générale, en vue du conclave qui élira le prochain pape, voici quelques informations sur les cardinaux électeurs, au nombre de 117.

Parmi eux, 50 ont été créés cardinaux par Jean-Paul II et 67 par Benoît XVI. 74 de ces cardinaux ont plus de 70 ans. Une trentaine ont entre 60 et 70 ans. Cinq ont moins de 60 ans.

Le plus jeune est l’Indien Baselios Cleemis Thottunkal (53 ans). Le plus âgé est le cardinal Walter Kasper qui aura 80 ans demain, 5 mars.

Répartition géographique : 61 cardinaux viennent d’Europe tandis que 33 viennent d’Amérique (17 d’Amérique du Nord, 3 d’Amérique centrale-Caraïbes et 13 d’Amérique du sud). 11 viennent d’Asie et également 11 d’Afrique. Un seul d’Océanie.

Deux parmi les 117 électeurs ne seront pas présents : le cardinal indonésien Julius Riyadi Darmaatmadja, rchevêque érémite de Jakarta, a fait savoir qu’il ne viendrait pas pour raisons de santé. Le cardinal écossais Keith O'Brien, qui vient de démissionner, a décidé de ne pas participer non plus.

A ce jour, 115 cardinaux sont donc attendus pour le conclave. Voici la liste des cardinaux électeurs présents, par continent.

Les francophones (12) viennent de France (4: Philippe Barbarin, André Vingt-Trois, Jean-Louis Tauran - Vatican - et Jean-Pierre Ricard), du Canada (2: Marc Ouellet, Jean-Claude Turcotte), de Belgique (1: Godfried Danneels), de Suisse (1: Kurt Koch), de la République démocratique du Congo (1: Laurent Monsengwo Pasinya), de Guinée Conakry (1: Robert Sarah), du Sénégal (1: Théodore-Adrien Sarr), et du Liban (1: Boutros Béchara Raï).

Europe

ABRIL y CASTELLÓ Santos, Espagne, 77 ans (21 septembre 1935, archiprêtre de Sainte-Marie-Majeure)

AMATO Angelo, Italie, 74 ans (8 janvier 1938, Vatican)

AMIGO VALLEJO Carlos, Espagne, 78 ans (23 août 1934)

ANTONELLI Ennio, Italie, 76 ans (18 novembre 1936, Vatican, émérite)

BAGNASCO Angelo, Italie, 70 ans, (14 janvier 1943)

BACKIS Audrys Juozas, Lituanie, 76 ans (1er février 1937)

BARBARIN Philippe, France, 62 ans (17 octobre 1950)

 


BERTONE Tarcisio, Italie, 78 ans (2 décembre 1934, Vatican)

BETORI Giuseppe, Italie, 66 ans (25 février 1947)

BERTELLO Giuseppe, Italie, 70 ans (1er octobre 1942, Vatican)

BOZANIC Josip, Croatie, 63 ans (20 mars 1949)

BRADY Seán Baptist, Irlande, 73 ans ( 16 août 1939)

CAFFARRA Carlo, Italie, 74 ans (1er juin 1938)

CALCAGNO Domenico, Italie, 70 ans (3 février 1943)

CANIZARES LLOVERA Antonio, Espagne, 67 ans (15 octobre 1945, Vatican)

COCCOPALMERIO Francesco, Italie, 75 ans (6 mars 1938, Vatican)

COMASTRI Angelo, Italie, 69 ans (17 septembre 1943, Vatican)

CORDES Paul Josef, Allemagne, 78 ans (5 septembre 1934, Vatican, émérite)

DANNEELS Godfried, Belgique, 79 ans, (4 juin 1933)

 


DE PAOLIS Velasio, Italie, 77 ans (19 septembre 1935, Vatican)

DUKA Dominik, République Tchèque, 69 ans (26 avril 1943)

DZIWISZ Stanislas, Pologne, 73 ans (27 avril 1939)

EIJK Willem Jacobus, Pays-Bas, 59 ans (22 juin 1953)

ERDÖ Péter, Hongrie, 60 ans (25 juin 1952)

FARINA Raffaele, Italie, 79 ans (24 septembre 1933, Vatican, émérite)

FILONI Fernando, Italie, 66 ans (25 avril 1946, Vatican)

GROCHOLEWSKI Zenon, Pologne, 73 ans, (11 octobre 1939, Vatican)

KASPER Walter, Allemagne, 79 ans (5 mars 1933, Vatican, émérite)

KOCH Kurt, Suisse, 62 ans (25 mars 1950)

LAJOLO Giovanni, Italie, 78 ans (3 janvier 1935)

LEHMANN Karl, Allemagne, 76 ans, (16 mai 1936)

MARTÍNEZ SISTACH Lluís, Espagne, 75 ans, (29 avril 1937)

MARX Reinhard, Allemagne, 59 ans (21 septembre 1953)

MEISNER Joachim, Allemagne, 79 ans, (25 décembre 1933)

MONTERISI Francesco, Italie, 78 ans (28 mai 1934, Vatican, émérite)

MONTEIRO de CASTRO Manuel, Portugal, 74 ans (29 mars 1938, Vatican)

NICORA Attilio, Italie, 75 ans (26 mars 1937)

NYCZ Kazimierz, Pologne, 63 ans (1er février 1950)

PIACENZA Mauro, Italie, 68 ans (15 septembre 1944, Vatican)

POLETTO Severino, Italie, 79 ans (18 mars 1933)

POLICARPO José da Cruz, Portugal, 77 ans (26 février 1936)

PULJIC Vinko, Bosnie-Herzégovine, 67 ans (8 septembre 1945)

RAVASI Gianfranco, Italie, 70 ans (18 octobre 1942)

RE Giovanni Battista, Italie, 79 ans (30 janvier 1934)

RICARD Jean-Pierre, France, 68 ans (26 septembre 1944)

 


RODÉ Franc, Slovénie, 78 ans (23 septembre 1934)

ROMEO Paolo, Italie, 75 ans (20 février 1938)

ROUCO VARELA Antonio María, Espagne, 76 ans (24 août 1936)

RYLKO Stanislas, Pologne, 67 ans (4 juillet 1945, Vatican)

SARDI Paolo, Italie, 78 ans (1er septembre 1934)

SCHÖNBORN Christoph, Autriche, 68 ans (22 janvier 1945)

SCOLA Angelo, Italie, 71 ans (7 novembre 1941)

SEPE Crescenzio, Italie, 69 ans, (2 juin 1943)

TAURAN Jean-Louis, France, 69 ans (5 avril 1943, Vatican)

TETTAMANZI Dionigi, Italie, 78 ans (14 mars 1934)

VALLINI Agostino, Italie, 72 ans (17 avril 1940)

VEGLIÒ Antonio Maria, Italie, 75 ans (3 février 1938)

VERSALDI Giuseppe, Italie, 69 ans (30 juillet 1943)

VINGT-TROIS André, France, 70 ans (7 novembre 1942)

WOELKI Rainer Maria, Allemagne, 56 ans (28 août 1956)

Amérique

AGNELO Geraldo Majella, Brésil, 79 ans (19 octobre 1933)

ASSIS Raymundo DAMASCENO, Brésil, 76 ans (15 février 1937)

AVIZ João BRAZ de, Brésil, 65 ans (24 avril 1947, vatican)

BERGOGLIO Jorge Mario, Argentine, 76 ans (17 décembre 1936)

BURKE Raymond Leo, Etats-Unis, 64 ans (30 juin 1948, Vatican)

CIPRIANI Thorne Juan Luis, Pérou, 69 ans (28 décembre 1943)

COLLINS Thomas Christopher, Canada, 66 ans (16 janvier 1947)

Di NARDO Daniel N. Etats-Unis, 63 ans (23 mai 1949)

DOLAN Timothy Michael, Etats-Unis, 63 ans (6 février 1950)

ERRÁZURRIZ OSSA Francisco Javier, Chili, 79 ans (5 septembre 1933)

GEORGE Francis Eugene, Etats-Unis, 76 ans (16 janvier 1937)

HARVEY James Michael, Etats-Unis, 63 ans (15 juillet 1937)

HUMMES Cláudio, Brésil, 78 ans, (8 août 1934)

LEVADA William Joseph, Etats-Unis, 76 ans (15 juin 1936)

LÓPEZ RODRÍGUEZ Nicolas de Jesús, République dominicaine, 76 ans (31 octobre 1936)

MAHONY Roger Michael, Etats-Unis, 77 ans (27 février 1936)

O'BRIEN Edwin Frederick, Etats-Unis, 74 ans (8 avril 1939)

O'MALLEY Sean Patrick, Etats-Unis, 68 ans (29 juin 1944)

ORTEGA Y ALAMINO Jaime Lucas, Cuba, 76 ans (18 octobre 1936)

OUELLET Marc, Canada 68 ans (8 juin 1944, Vatican)

 

 

RIGALI Justin Francis, Etats-Unis, 77 ans (19 avril 1935)

RIVERA CARRERA Norberto, Mexique, 70 ans (6 juin 1942)

ROBLES ORTEGA Francisco, Mexique, 64 ans (2 mars 1949)

RODRÍGUEZ MARADIAGA Óscar Andrés, Honduras, 70 ans (29 décembre 1942)

SALAZAR GÓMEZ Rubén, Colombie, 70 ans (22 septembre 1942)

SANDOVAL ÍNIGUEZ Juan, Mexique, 79 ans (28 mars 1933)

SANDRI Leonardo, Argentine, 69 ans (18 novembre 1942)

SCHERER Odilo Pedro, Brésil, 63 ans (21 septembre 1949)

TERRAZAS SANDOVAL Julio, Bolivie, 76 ans (7 mars 1936)

TURCOTTE Jean-Claude, Canada, 77 ans, (26 juin 1936)

UROSA SAVINO Jorge Liberato, Venezuela, 70 ans, (28 août 1942)

VELA CHIRIBOGA Raúl Eduardo, Equateur, 79 ans (1erjanvier 1934)

WUERL Donald William, Etats-Unis, 72 ans (12 novembre 1940)

Afrique

MONSENGWO PASINYA Laurent, RD Congo, 73 ans (3 novembre 1939)

 

NAPIER Wilfrid Fox, Afrique du Sud, 72 ans (8 mars 1941)

NJUE John, Kenya, 68 ans (1944)

OKOGIE Anthony Olubunmi, Nigeria, 76 ans (16 juin 1936)

ONAIYEKAN John Olorunfemi, Nigeria, 69 ans (29 janvier 1944)

PENGO Polycarp, Tanzanie, 68 ans (5 août 1944)

SARAH Robert, Guinée, 67 ans (25 juin 1945)

SARR Théodore-Adrien, Sénégal, 76 ans (29 novembre 1936)

TURKSON Peter Kodwo Appiah, Ghana, 64 ans (11 octobre 1948)

ZUBEIR Wako Gabriel, Soudan, 72 ans (27 février 1941)

RAÏ Boutros BÉCHARA, Liban, 73 ans (25 février 1940)

Asie

ALENCHERRY George, Inde, 67 ans (19 avril 1945)

DIAS Ivan, Inde, 76 ans (14 avril 1936, Vatican, émérite)

GRACIAS Oswald, Inde, 68 ans (24 décembre 1944)

NAGUIB Antonios, Egypte, 77 ans (7 mars 1935)

PATABENDIGE DON Albert Malcolm RANJITH, Sri Lanka, 65 ans (15 novembre 1947)

PHAM MINH MÂN Jean-Baptiste, Vietnam, 78 ans (1er janvier 1934)

TAGLE Luis Antonio, Philippines, 55 ans (21 mai 1957),

 


THOTTUNKAL Baselios Cleemis, Inde, 53 ans (25 juin 1959)

TONG HON John, Chine, 73 ans (31 juillet 1939)

TOPPO Telesphore Placidus, Inde, 73 ans (15 octobre 1939)

Océanie

PELL George, Australie, 71 ans (8 juin 1941)

 

© REPORTAGE EFFECTUÉ PAR ANNE KURIAN POUR ZÉNIT 

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Election du nouveau pape (2)

Publié le par Bernard Bonnejean


Deux premières assemblées préparatoiresdes cardinaux
lundi 4 mars 2013


ROME, 4 mars 2013 (Zenit.org) - Pour le P. Lombardi, les travaux des cardinaux qui se sont ouverts lundi matin au Vatican – à 9 h 30 en la salle Paul VI du Vatican (salle du synode) - ont été caractérisés par "une grande sérénité" et un "esprit constructif" pour ce temps de "discernement" des critères du choix du prochain pasteur de l’Eglise universelle. Les cardinaux ont prêté serment de respecter la loi et le secret. L'Evangile préside aux sessions de l'assemblée, disposé sur le bureau de la présidence des débats.
 

Les cardinaux présents

 


Certains arrivaient portant chapeau et manteau, étant donné la fraîcheur du matin : ils étaient accueillis par le garde à vous des Gardes suisses, et déjà les conversations avaient commencé en entrant... en s'installant, de façon assez détendue, qui avec en main l'Ordo rituum conclavis – le rituel du Conclave édité par Jean-Paul II -, qui avec le livret de la session.

La session était présidée par le Doyen du collège - une fonction élue par le collège - le cardinal Angelo Sodano.

Il a invité à prier l'invocation de l'Esprit Saint en latin: "Veni Sancte Spiritus" et l'Adsumus (Isidore de Séville, 7e siècle).

Le Camerlingue, le cardinal Tarcisio Bertone, et le secrétaire du collège cardinalice, Mgr Lorenzo Baldisseri entouraient le Doyen.

Dans l'aula les cardinaux sont installés par ordre de préséance : ordre des cardinaux "évêques", des "prêtres", des "diacres".

La session a commencé par les indications techniques sur la façon d'indiquer la présence, les dispositions, les places assignées, le fonctionnement des micros.

Les cinq langues utilisées sont français, anglais, italien, espagnol, allemand, et les traductions simultanées sont disponibles dans ces 5 langues.

Etaient présents 142 cardinaux (103 électeurs), 75 absents, une douzaine sont annoncés pour aujourd'hui.
 

Le serment des cardinaux

Serment a ensuite été le principal thème de la matinée, (Constitution UDG 12): chacun est venu devant la table de la présidence, l'Evangile ouvert, adhésion personnelle au serment, en étendant la main sur l'Evangile.

Voici le texte de la Constitution au n° 12 :

"Lors des premières congrégations générales, on fera en sorte que tous les Cardinaux disposent d'un exemplaire de la présente Constitution et, en même temps, qu'ils aient la possibilité de formuler éventuellement des questions sur la signification et sur l'exécution des normes qu'elle établit. En outre, il convient que soit lue la partie de la présente Constitution concernant la vacance du Siège apostolique. Au même moment, tous les Cardinaux présents devront prêter serment d'observer les prescriptions de cette Constitution et de garder le secret. Ce serment, qui devra être prêté également par les Cardinaux qui, arrivant en retard, participent à ces congrégations dans un deuxième temps, sera lu par le Cardinal Doyen ou, éventuellement, par un autre président du Collège, conformément à la norme définie par le n. 9 de la présente Constitution, en présence des autres Cardinaux, selon la formule suivante :

"Nous, Cardinaux de la Sainte Église Romaine, dans l'ordre des Évêques, des Prêtres et des Diacres, promettons, nous déclarons obligés et jurons, tous et chacun, d'observer exactement et fidèlement toutes les normes contenues dans la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis du Souverain Pontife Jean-Paul II, et de maintenir scrupuleusement le secret sur tout ce qui a rapport de quelque manière que ce soit avec l'élection du Pontife Romain, ou qui, de par sa nature, pendant la vacance du Siège apostolique, demande le même secret.

"Ensuite, chaque Cardinal dira : Et moi, N. Cardinal N. je promets, je m'oblige et je jure. Et, posant la main sur l'Évangile, il ajoutera : Que Dieu m'aide en cela, et ces saints Évangiles que je touche de ma main."
 

La prédication du P. Cantalamessa

 

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Puis, toujours lundi matin, les cardinaux qui forment avec le Camerlingue l'assemblée "particulière" ont été tirés au sort pour trois jours - 3 cardinaux, un pour chaque ordre -: Giovanni Batista Re, Crescenzio Sepe, Franc Rodé.

Deux méditations sont prévues par la Constitution apostolique UDG: une maintenant et une pour le conclave. Dès cet après midi, les cardinaux ont décidé qu’une méditation serait demandée au Prédicateur de la Maison pontificale, le Capucin Raniero Cantalamessa, qui avait été également choisi pour cela lors de l’assemblée des cardinaux d’avril 2005.
 

Un message à Benoît XVI

Les cardinaux ont également approuvé que le collège adresse un message au Pape émérite, sur la proposition du cardinal Doyen. Une fois rédigé il sera aussi publié.

Les cardinaux ont pris une pause d'environ une demi-heure, dans la première partie de la Salle Paul VI: un moment d'amitié important pour les contacts.

Pendant 45 minutes, 13 cardinaux sont ensuite intervenus brièvement, de façon dense et précise, pour à donner une idée de l'organisation de ces jours-ci.

On ne sait pas encore s'il y aura des réunions seulement le matin ou aussi après-midi, comme ce 4 mars, selon la décision du cardinal Doyen d'accord avec le Camerlingue.

Les 12 cardinaux électeurs absents lundi matin prêteront serment au fur et à mesure de leur arrivée : les cardinaux Naguib, Béchara Rai (qui était en visite en Russie, pour tenter une médiation pour arrêter la guerre en Syrie), Meisner, Rouco Varela, Grocholewski, Lehmann, Pham Minh Mân, Sarr (arrivé pour la session de lundi après-midi), Nicz, Duka, Woelki (également arrivé l’après-midi), Tong Hon.

Les présences sont notées notamment pour savoir s’il y a des absents à attendre ou non…

Un dossier de documents a remis chaque cardinal ainsi que le livre de l’Ordre du rite du conclave, la liste membres collège cardinalice.

La presse du monde entier

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Le Cardinal Marc Ouellet né le 8 juin 1944 à La Motte au Québec

 

Pour la presse internationale, 3600 accréditations avaient été délivrées la semaine passée, et plusieurs centaines d’accréditations permanentes : en tout, donc,  plus de quatre mille personnes accréditées pour suivre ces événements, pour arriver lundi midi au chiffre de 4300.

L’après midi, les cardinaux sont arrivés à la salle Paul VI  certains très détendus, faisant aux journalistes un signe de la main, d’autres plus tendus et tout concentrés, dans se retourner. Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a serré la main des journalistes français, le cardinal canadien Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques les a salués en lançant: « Priez pour nous ».

Certains répondaient de la main au « Buona sera », « Buenas tardes » « Guten abend » ou « Bonsoir Eminence », comme le cardinal suisse George-Marie Cottier ancien Théologien de la Maison pontificale.

Session du 4 mars, après-midi

En début de soirée, le P. Federico Lombardi, sj, a communiqué aux journalistes des précisions sur la congrégation de 17 h, ce lundi 4 mars. La deuxième "congrégation générale" des cardinaux s'est en effet tenue dans l'après-midi au Vatican.

Le Prédicateur de la maison pontificale, le P. Raniero Cantalamessa, Capucin italien, a donné la première des méditations prévues par la Constitution apostolique de Jean-Paul II "Universi Dominici Gregis" de 1996. 

Quatre cardinaux arrivés dans la journée ont prêté serment - ce sont quatre "électeurs" -: le patriarche maronite Béchara Boutros Raï, l'archevêque de Cologne, le card. Joachim Meisner, l'archevêque de Berlin, le card. Rainer Maria Woelki, et l'archevêque de Dakar (Sénégal), le cardinal Théodore Adrien Sarr.

Les cardinaux ont décidé de ne se réunir que le matin, demain, mardi 5 mars, et après-demain, mercredi 6 mars.

© REPORTAGE EFFECTUÉ PAR ANITA BOURDIN POUR ZÉNIT 

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