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10 articles avec humour grincant

Déclaration d'amour

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

à la mode facebook-meetic


Il fut un temps, pas si lointain, où il était d'usage de se déclarer. Ce verbe a malheureusement pris une tournure mercantile et administrative peu propice aux échanges amoureux. Aujourd'hui, on se déclare plutôt aux impôts ou en douane. Naguère, on déclarait ses revenus, certes, mais il était bien plus important de déclarer sa flamme à l'objet de ses désirs. La scène, pour convenue qu'elle soit, avait quelque chose de chevaleresque : le prétendant se tenait à genoux, un bouquet à la main, en gants blancs et tenue d'apparat et attendait que la jeune fille donne sa réponse, positive, puisque tout avait été préparé en coulisses.


declaration-d-amour-avec-un-laquais-5.jpg


 De nos jours, il arrive encore qu'on écrive des déclarations d'amour, mais sans gants blancs et assis devant son ordinateur. C'est ainsi qu'une de mes amies de facebook, inscrite sans le savoir sur meetic, a reçu il y a quelques temps ce chef-d'oeuvre épistolaire de touchante naïveté ou de goujaterie déplacée (les points de vue divergeront forcément selon l'âge et le sexe du récepteur). J'entends conserver une neutralité bienveillante dans cette affaire, ne voulant ni précipiter les événements ni contrecarrer des projets dans lesquels je ne suis pas partie prenante. Cependant, j'oserais seulement avouer que si Madame la Baronne de Rothschild m'agaçait avec ses leçons de savoir-vivre, il convient d'admettre qu'à la lecture de cette missive trop matérialiste pour être sentimentale ses éclaircissements ne seraient pas abusifs en la circonstance présente.
 


  • MounAmour Toujani
    22 juillet
    • 22 juillet

Bonsoir,

C'est MARCEL DUCHEMIN, et bien tout d'abord je suis très heureux de faire votre connaissance.


Je te faire ce message pour te parlé de moi, je suis très ravi de bien vouloir faire ta connaissance, et bien avec grand plaisir voici un très long mail de présentation que je t'envoie dans lequel je vais t'écrire avec sincérité....honnêteté et franchise....pour me démarquer des autres réponses que tu ne manques pas, très certainement, de recevoir.....à toi de juger !

061906_article_boston.jpg


Je vais te parler un peu de moi.... (Même si cela est parfois difficile!......) Et si tu souhaites faire un peu mieux connaissance...eh bien répond moi....!



J'ai vécu 3 ans, sans être marié, avec une femme à la suite, j'ai souhaité me marier, je crois que je n'avais pas fini ma période de réflexion et que l'immense chagrin de cette séparation était encore trop présent.



Toujours est-il que cette démarche a été dans son résultat, un échec total Je crois bien que cela aura été la plus grosse bêtise de ma vie car je n'ai pas pris le recul nécessaire pour connaître la personne avec qui je voulais vivre...et qui s'est révélée être incapable de gérer un couple (Et il n'y a pas que cela mais j'aurai, sans doute, l'occasion de t'en reparler !) j'ai repris goût à la vie.



Je cherche à refaire ma vie sans attendre! J'aimerais connaître une femme douce tendre Sensuel, très, simple, vraie, drôle, sincère ! Mes seuls loisirs sont l'informatique, l'électronique et la photo, les restaurants, les voyages !



Mais, j'aime aussi les vielles pierres... les vieux châteaux et les vieilles églises les sites historiques les traditions et les coutumes...



Ruines.jpg

Voilà sans entrer dans les détails, un peu de mon parcours qui me laisse déçu par la vie mais qui me donne une très grande volonté de réussir l'avenir Je cherche tout simplement à refaire ma vie, avec une femme sans distinction d'origine et de religion Je l'aimerais tendrement, sensuellement, comme je le suis...!!!!



J'aimerais te rencontrer et t’apprécier t’inviter ensuite à un dîner plein de douceur afin de favoriser les premiers instants de connaissance puis parler, écouter séduire plaire étonner surprendre faire de cet instant Magique un réel moment de bonheur et de douceur dans une harmonie naissante De la complicité...de la tendresse du partage du dialogue ainsi que le respect de la liberté de l'autre avec l'envie de concrétiser des projets des voyages des moments d'intense bonheur du rire et de la musique



Ma devise à moi, l'âge, la distance, la couleur etc n'ont pas d'importances, pour moi l'importance est la sérénité du cœur et la fidélité ainsi que la confiance dans un premier début de contact avec toi, J'espère que tu que tu es une femme fidèle , gentille, agréable a parler a regarder car , j'ai beaucoup souffert de l'infidélité je souhaite maintenant oublier tout cela et avancer vers le bonheur avec une femme douce et fidèle à moi quand je suis très gentille, sérieux, intelligent , bien éduqué, courageux.



Je suis beaucoup sentimentale, affectueux, avec aussi les personnes que j'aime.



Je pense que pour s'aimer pour que notre relation soit sérieuse et durable il faut une bonne entente entre nous, une compréhension, le respect et la tolérance de sa moitié.



Comment vois-tu celui qui te rendra heureuse ?



  • Depuis combien de temps tu es a la recherche de celui qui te rendra heureuse ?


Qu’est ce que tu pense d'Internet ? Tu crois que c'est un bon moyen de trouver l'âme sœur ? 


Si oui donne-moi les motifs qui t'ont poussé à venir sur Internet à la recherche de l'âme sœur.

7279122_1.jpg

As-tu des enfants ? Combien ?



Souhaites-tu en avoir de plus avec celui que tu recherches ? Si oui, Combien ?



Tu vis avec tes enfants ou ils sont tous grand et indépendant ?



Quelle est ta couleur préférée ?



Quel est ton style vestimentaire ? Quel est ton goût En Gourmandise ?



Sais-tu Cuisiner ?



Qu'es ce que tu aimes le plus chez l homme ?



Voila quelques question que je te laisse pour aussi mieux te goût en retour, je suis heureux de t'avoir connu.



Voilà charmante femme, à qui je m'adresse, le programme que je te propose....Pour te permettre, aussi, de mieux comprendre ma personnalité, ma sensibilité ma sensualité, mon romantisme et ma tendresse.

  • tachesmenageres--1-.jpg


J'espère que tu as ressenti de l'émotion à cette lecture....



Donne-moi tes réflexions..... J'aimerais avoir, aussi, quelques jolies photos de toi...?????

Peux-tu me les envoyer en retour ? Je tiens vraiment à te découvrir à travers tes

  • photos.....


JE SOUHAITE QUE TU PRENNES BIEN SOIN DE MON COEUR....Cajole le, câline le, enrobe le de Tes parfums... il est à toi, si tu sais l'aimer et lui donner la tendresse que mon coeur réclame !



PEUX-TU M'ENVOYER TON COURRIER ET TES PHOTOS à cette adresse ???

 

 

 


Bon ! Il ne s'agit pas de dramatiser non plus ! Tout s'apprend ! Et il restera au monsieur à lire quelques belles pages de la littérature française pour se familiariser avec l'art de la fine amor.


Bien amicalement à tous les amoureux et à toutes les amoureuses,


 Bernard

Publié dans humour grinçant

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Y'a quoi aujourd'hui ?

Publié le par Bernard Bonnejean





17 mai 2009


R         I          E          N   !!!!



N'avez qu'à lire
 
  
 
 
y'a un lien là, a link  
 



de votre cher Docteur




Marie-France HIRIGOYEN

Merde alors !!





 position--1-.jpg

J't'en foutrais d'la pchichiatrerie, moi, tiens !


Pourquoi j'vais m'embêter à leur pondre des articles intéressants ?


Des perles aux cochons, que j'vous dis moi !


De quoi l'devenir vraiment !! Quoi ? E' d'mandent quoi, en plus !?



Ben !



PERVERS NARCISSIQUE MANIPULATEUR,



pardi ! 




Non, Madame, je m'appelle pas Hirigoyen, mais




Bernard Bonnejean




(Purée, y'en a vraiment marre, à la fin ! J'vous l'dis, moi !)










Parce qu'en plus, il faudrait que je mette le son pour faire plus vrai !

Vous n'avez qu'à faire "vroum vroum" vous-mêmes, non mais !!!



Publié dans humour grinçant

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La bataille de Roussy II

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Coutûmes de la banlieue nord-est parisien

 

Ce jour-là, pluvieux et froid, il me vint une idée. Pourquoi continuer à manger seul dans un appartement vide de son occupante, alors qu'à deux pas de voiture venait de s'ouvrir le palace de la mangeaille prolétarienne, le hard discount de la gastronomie banlieusarde : un Flash flambant neuf, assez pour prendre goût à l'Amérique — « 7J/7 », « 24H/24, dimanche et W-E compris » — et « savourer les offres du moment » ? L'idée était bonne ; restait à la concrétiser.

 

 

Après quelques kilomètres à tourner en rond, les tympans gâtés par les klaxons d'autochtones pecnophobes, me voici enfin garé dans la travée 312 bis gauche, juste face à la porte 45 a.  « Un prodige ! », me dis-je, quand je prends conscience que la travée et la porte coïncident parfaitement avec l'entrée dudit restaurant. Fier de ma débrouillardise provinciale, je m'engage en conquérant vers l'entrée des délices urbains : 

« Votre nouveau Flash a le plaisir de vous accueillir porte 53 b ».

Me suis-je pensé : « Si je reprends la voiture, il n'est pas certain que je trouve une place où me garer. Allons-y pedibus cum jambis ».

Affamé, trempé, transi de froid, j'arrive enfin porte 53, mais a, la b étant à l'opposite de la a, porte de secours condamnée pour cause de sécurité.

Enfin, me voici parvenu à destination. Je suis tout à coup assailli d'un doute anxiogène. Les sortants ont des airs de condamnés à vie ou de croque-morts qui se prennent trop au sérieux. La cuisine serait-elle en cause ? Ou l'augmentation des prix ? La TVA à 5,5 ?  Ou la culpabilité ?...

 

  2562185_11-0-3136020778.jpg

 

A peine la porte franchie, je me trouve nez à nez avec un noir colossal, une armoire à glace africaine toute de bleu marine vêtue. Cherchant à l'éviter, je me dirige tremblant vers les pancartes annonçant les plats disponibles. Le molosse bartolonéen me hèle : « Il faut prendre la queue », qu'il me dit, sans accent. Devant mon air interrogatif, il me regarde drôlement. Il me montre alors, d'un doigt menaçant, une file comme on n'en a pas vue chez nous depuis les bons d'alimentation.

J'ai de la chance. Je « prends la queue » derrière une très jeune fille, 18 ans depuis la veille, habillée comme beaucoup de ses consœurs, sans qu'on puisse savoir si elles sont employées à la sécurité sociale ou si elles font le tapin aux abords de la place Maurice Thorez. Elle se retourne : je la trouve assez appétante pour lui donner le nom secret de « Bouche d'or ».

On arrive enfin aux caisses. Ici on paye avant de manger. Comme disait ma maman : « Tu fais comme tout le monde et tu dis rien. Je ne veux pas que mes enfants soient autrement que les autres ! » Je paye donc une andouillette de Troyes virtuelle. Et je prends une autre queue. Pas la bonne, évidemment, ce qui fait que je me retrouve dans une énième queue derrière Bouche d'or qui a profité de l'aubaine pour prendre de l'avance, entre un asiatique et un maghrébin. On entend hurler le cuistot : « Vous la voulez comment, qu'il braille pour singer l'enthousiasme, bleue, à point ou très cuite ? ». Il n'écoute pas la réponse puisque, de toute façon, tout est jeté sur le grill.
 

 actu-monde-File-d-attente-Pakistan_galleryphoto_paysage_std.jpg


J'ai enfin mon andouillette et j'ai le droit à tous les
légumes « à volonté ». Sauf que tout le monde veut des frites.

Et c'est là que le drame a commencé.

L'asiatique arrivé le premier se sert copieusement. Trop copieusement. Il n'a laissé dans le récipient que de quoi nourrir une anorexique. Même si je n'ai tendu qu'un bras timide, je me sens d'ores et déjà impliqué, mais, en Suisse, je joue la neutralité, excluant toute prétention à une faible part de la pitance convoitée. En revanche, sur un coup d'œil maladroit du Chinois en direction de l'adversaire :

« Espèce d'égoaste chin'toque, enculé de pédo de mes deux », qu'elle dit Bouche d'or ! J'en déduis que le féminisme progresse dans la région, mais je me dois, en toute justice, de changer le surnom de la demoiselle.

— Salop'ri' vaginal', réplique le Chinois, et j'en déduis que sous ces tropiques la misogynie n'est pas morte. Et le voilà qui fond sur sa proie en s'écriant : « Montjoie, Seine-Saint-Denis ! »

Un carnage !

La jeune fille fut héroïque. Ce n'était plus Bouche d'or, c'était Gorgone. Les misérables sont les formidables. La banlieusarde s'était transfigurée en euménide. Cette coquine quelconque, vulgaire, ignorante, inconsciente, venait de prendre brusquement les proportions épiques du désespoir. Les grandes douleurs sont une dilatation gigantesque de l'âme ; cette future mère, c'était déjà la maternité ; tout ce qui résume l'humanité est surhumain ; elle se dressait là, au bord du bac à frites, devant cet embrasement, devant ce crime, comme une puissance sépulcrale ; elle avait le cri de la bête et le geste de la déesse ; sa face, d'où tombaient des imprécations, semblait un masque de flamboiement. Rien de souverain comme l'éclair de ses yeux noyés de larmes ; son regard foudroyait la haine.
 

Emma_Watson_sexy_en_lolita_trash.jpg


Le Chinois, vainqueur triste, demeurait immobile, comme s'il avait pris la mesure de son adversaire.

Quant à moi, je restai quelques instants rêveur au bord des bacs à légumes, comme si j'avais voulu laisser au gouffre de flamme le temps de prendre un parti. Puis sans me hâter, lentement, fièrement, j'enjambai le corps inanimé de la nouvelle Jeanne, et, sans me retourner, droit, debout, adossé aux chaises, ayant derrière moi l'horreur, faisant face à l'Hercule subjubué, je me mis à gagner la sortie en silence avec une majesté de fantôme. Tous les assistants tressaillirent, il se fit autour de moi un recul d'horreur sacré comme autour d'une vision. Moi, cependant, je m'enfonçais gravement dans l'ombre ; pendant qu'ils reculaient, je m'approchais d'eux ; ma pâleur de marbre n'avait pas un pli, mon regard de spectre n'avait pas un éclair ; à chaque pas que je faisais vers ces hommes dont les prunelles effarées se fixaient sur moi dans les ténèbres, je semblais plus grand, et l'on eût dit la statue du commandeur redescendant dans le sépulcre.

Seule la voix du Maghrébin osa briser ces minutes solennelles :

« Allah est grand », s'écria-t-il.

Ce à quoi, sur le pas de la porte, en guise d'adieu, je répondis :

« Je ne dis pas, c'est bien possible. Mais vous n'emporterez pas les frites au paradis ».

Je repris ma voiture et j'arrivai à la clinique où je vis Momo confortablement installée entre un Kabyle français qui n'aimait pas les Algériens et une Française née en Kabylie qui aurait bien aimé retourner en Algérie. Tous trois étaient heureux et clamèrent à l'unisson la cause de leur ravissement :

« Aujourd'hui, on a eu des frites ! »

 

 

De nos envoyés spéciaux Bernard Bonnejean et Victor Hugo, auteur de Quatrevingt-treize (préfecture Bobigny).

 

Publié dans humour grinçant

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Portrait d'un orifice ceint de pâtes

Publié le par Bernard Bonnejean


ou l'art de se faire des jaloux-envieux à bon compte

Vous traversez une période difficile ? Vous subissez la crise de plein fouet et les fonctionnaires de votre Hôtel des Finances refusent de tenir compte de l'inutilité manifeste de leurs collègues du Pôle Emploi. Soeur Anne, votre conjoint, ne voyant plus rien venir à la fin du mois, a décidé de vous signifier votre congé à partir d'aujourd'hui en raison du petit paragraphe du contrat de mariage que vous avez mal lu, vos yeux éblouis à manger la jeune fille préoccupée de sa robe virginale. En un mot, vous êtes terriblement malheureux ? Je vous plains. Moi, ça va ! Vous voilà froissé ? Allons donc ! Mettez-vous à ma place : je ne puis compatir après avoir lu ça :

 

Bernard, si vous dites YES,
les grandes monnaies de ce monde
vous rendront immensément riche
le 16 novembre




Bonjour Bernard,

L'occasion pour vous de devenir riche et de vivre la vie magnifique dont vous avez toujours rêvé se présentera incessamment. Oui (ou plutôt YES!), tout ce que vous avez toujours désiré est à la portée de votre main. J'aimerais aujourd'hui vous faire part d'une expérience personnelle, basée sur une vérité essentielle de notre quotidien, qui va vous propulser dans la plus heureuse des existences.

Si des années de pratique en astrologie et en spiritualité peuvent permettre de se faire une petite idée sur la façon dont fonctionne l'univers, alors là, je sais que j'ai raison : la personne merveilleuse qui lit cette lettre, en l'occurrence vous, Bernard, possède :

  •  
    • Des ressources que vous ne soupçonnez sans doute même pas
    • Un esprit brillant, un cœur d'or, une personnalité rayonnante et
    • Une montagne de diamants à portée de main, une opportunité INCROYABLE de commencer une vie de rêve le 16 novembre et plus précisément le 2 décembre!

Bernard, vous avez tout l'or du monde à votre portée

Il n'y a jamais eu une telle occasion pour une personne de signe Gémeaux née le 10 juin de devenir SI riche SI vite... OUI, Bernard, je parle bien de vous. Et même la crise économique qui pèse sur tous les esprits ne change rien à cet événement puissant.

Ce qui vous arrive aujourd'hui m'est arrivé il y a deux ans...

Il y a deux ans, ça n'allait pas très fort. Le monde qui m'entourait semblait sur le point de s'effondrer. J'étais surmenée, l'argent ne rentrait pas comme je l'aurais voulu et ma vie sentimentale était un véritable fiasco. Tout ce que je tentais pour m'en sortir échouait. Confrontée à mon impuissance, je perdais petit à petit l'espoir et l'appétit.





C'est alors qu'un vieil ami m'a fait adopter une nouvelle façon de penser, basée sur un principe simple qu'Einstein, Platon, Gandhi et plusieurs personnes aussi riches que célèbres ont mis en pratique dans leur vie quotidienne. Comme eux, j'ai donc appris à changer ma façon de voir et à dire OUI au succès. J'aimerais vous expliquer maintenant à quoi m'a servi cette connaissance et comment elle peut vous aider, vous aussi.

Le secret, c'est: YES !

«Yes» est l'un des mots les plus puissants et essentiels de la langue anglaise, car c'est dans ce mot minuscule que réside le secret de votre bien-être, de votre richesse et de votre bonheur.

Dès que vous aurez appris à dire oui au bien-être, oui au succès, oui à l'argent et oui à l'amour, vous commencerez immédiatement à recevoir tout ce que vous désirez - sans limite.

Comment cesser de penser NON et de se mettre enfin à penser OUI ?

J'ai conçu le pendentif idéal qui vous ouvrira les portes à d'infinies possibilités et qui vous permettra d'accéder à la richesse à compter du 2 décembre.

Comme vous devez vous en douter maintenant, Bernard, j'ai toujours été fascinée par les pendentifs et les amulettes, ainsi que par l'influence de certains symboles sur notre destin. Cela fait plus de 20 ans que je poursuis mes recherches. Les pendentifs ont un effet puissant sur nous, tant au niveau du spirituel que de l'inconscient. Mais c'est le premier pendentif que je conçois qui allie le pouvoir de la pensée à celui du mot YES.


«Yes» est l'un des mots les plus puissants et essentiels de la langue anglaise, car c'est dans ce mot minuscule que réside le secret de votre bien-être, de votre richesse et de votre bonheur.

Dès que vous aurez appris à dire oui au bien-être, oui au succès, oui à l'argent et oui à l'amour, vous commencerez immédiatement à recevoir tout ce que vous désirez - sans limite.

Comment cesser de penser NON et de se mettre enfin à penser OUI?

J'ai conçu le pendentif idéal qui vous ouvrira les portes à d'infinies possibilités et qui vous permettra d'accéder à la richesse à compter du 2 décembre.

Comme vous devez vous en douter maintenant, Bernard, j'ai toujours été fascinée par les pendentifs et les amulettes, ainsi que par l'influence de certains symboles sur notre destin. Cela fait plus de 20 ans que je poursuis mes recherches. Les pendentifs ont un effet puissant sur nous, tant au niveau du spirituel que de l'inconscient. Mais c'est le premier pendentif que je conçois qui allie le pouvoir de la pensée à celui du mot YES.

Le pouvoir des mots n'est plus à démontrer: un seul mot peut provoquer le désespoir ou conduire à l'extase. Le pendentif YES représente le mot OUI qui permet de canaliser toute l'énergie positive de l'univers et la faire circuler dans votre vie. Il ne faut pas le confondre avec le banal «oui, je vais faire la vaisselle». C'est le OUI de l'illumination, de la vérité, de l'harmonie, le YES de la prospérité.

 

En plus de la monnaie européenne, votre pendentif YES va attirer la
monnaie japonaise - le yen - et la monnaie américaine - le dollar.
Vous aurez de l'argent en provenance du monde entier!






Un bijou spectaculaire en argent 925‰, relevé de
37 cristaux étincelants et sans défaut, taillés en forme de diamant.

Le 2 décembre, ces symboles puissants combinés au pouvoir de la Pleine Lune vous permettront de récolter les bénéfices des trois monnaies - l'euro, le yen et le dollar - triplant ainsi vos chances de gains et d'enrichissement.

Sachez, Bernard, que le symbolisme des monnaies est très fort. Prenons par exemple un billet de 1 dollar américain. Il y a deux illustrations qui composent le «Grand Sceau» au dos du billet: une pyramide tronquée et le sommet de cette même pyramide où figure un œil. C'est un symbole maçonnique représentant l'équilibre parfait. La signification des symboles monétaires a joué un rôle déterminant dans la conception de ce pendentif.

Pourquoi le 2 décembre est-il si important?

Avec la connaissance que j'ai de votre thème astral, Bernard, et sachant que votre date de naissance est le 10 juin, je sais que le 2 décembre correspond, pour vous, au jour idéal pour être en possession de ce puissant pendentif. C'est la journée de la Pleine Lune, et le pendentif se chargera d'un influx supplémentaire provenant de l'énergie lunaire. N'oubliez pas: le 2 décembre sera le meilleur jour pour activer votre pendentif YES et profiter des énergies de la Pleine Lune.

 

«Le OUI est l'écho de la vie elle-même»
- Anonyme

 

Conçu spécifiquement pour exploiter toute la richesse de ce mot puissant et apporter la fortune à son possesseur, cet étonnant pendentif vous aidera à garder une attitude positive et à attirer à vous plus d'argent que vous n'osez l'imaginer. YES est synonyme d'acceptation du bonheur, du plaisir et de la fortune. Modifier sa façon de penser pour positiver peut vraiment transformer une vie.

Vivre dans l'optimisme et la joie, tout faire pour rester sur une longueur d'onde positive, en harmonie avec la vibration du pendentif YES porté contre son cœur toute la journée, voilà le moyen le plus rapide et le plus efficace pour faire entrer le bonheur et la fortune dans sa vie. Mais nous y reviendrons plus loin. Bernard, laissez-moi d'abord vous rappeler que votre destin est d'être riche et de réussir.

C'est vrai, Bernard, réussir est votre droit le plus légitime!

Le OUI est l'essence même de la vie. Votre date de naissance, le 10 juin, fait de vous l'héritier direct de richesses passées entre les mains des plus grands rois.

La vie est belle envers et contre tout...
Il en est ainsi depuis le samedi 10 juin 1950

On a parfois l'impression que le monde entier est contre nous, mais ce n'est pas vrai, Bernard. L'Univers est bon et votre destin est de devenir la meilleure personne possible. Votre naissance vous prédestine à une vie d'abondance et de prospérité.

Toutefois, pour accomplir le destin que l'Univers vous réserve, vous devez rechercher et développer le meilleur de vous-même. Vous devez apprendre à attirer dans votre direction toute l'énergie positive de la richesse.

Comment utiliser le pendentif YES pour avoir une vie
débordante d'argent, de succès et de bonheur

Une fois que vous aurez ces symboles puissants en votre possession et que vous porterez votre splendide pendentif YES, vous pourrez mettre en œuvre dans votre vie les principes suivants:

1) Dire OUI, j'accepte les bonnes décisions en toute objectivité.

Quand on rencontre un problème dans la vie, il y a deux possibilités: soit on réagit bien, soit on réagit mal. Ce n'est pas le problème en lui-même qui importe, mais la façon dont on l'aborde. La qualité de votre vie est principalement basée sur le choix des questions que vous vous posez et non sur ce qui vous arrive. Ce qui compte c'est la manière dont vous percevez les événements, réagissez aux situations et vous adaptez aux changements nécessaires. Bernard, le fait de porter le pendentif YES vous aidera à réagir positivement.

Face à une épreuve ou à un adversaire, voyez toujours le côté positif de la situation; essayez d'en tirer un enseignement utile. L'échec en tant que tel n'existe pas, il y a toujours quelque chose à en apprendre. Le pendentif YES vous permet d'avoir un accès direct à l'immense potentiel d'énergie positive qui existe dans l'univers.

2) Dire OUI, je maîtrise mes pensées et je les garde positives

Si vous avez une pensée négative, éliminez-la de votre esprit et remplacez-la par une pensée positive. La plupart des gens raisonnent en fonction de ce qu'ils ne veulent pas. Vous, Bernard, commencez à penser à ce que vous voulez.

Avec votre pendentif YES, je vais vous envoyer gratuitement un cadeau très utile : un guide contenant plusieurs exercices et méthodes pour vous aider à surmonter les obstacles et à éliminer les pensées négatives qui se mettent en travers de votre chemin, afin que vous puissiez dire YES au succès.

Lorsque vous commencerez à porter votre pendentif YES et à noter dans le guide que je vous offre vos ressentis concernant vos finances et vos objectifs, les résultats obtenus vous surprendront.

Quand j'ai moi-même traversé la passe difficile que j'ai évoquée, je me suis assise, j'ai mis mon pendentif YES - que je porte maintenant tous les jours - et j'ai écrit. J'ai cessé de penser à ce que je n'avais pas pour réfléchir à ce que j'avais déjà. J'avais ma famille, mes voisins, mon chien et la santé - sans oublier les amis merveilleux rencontrés sur internet via mes consultations d'astrologie et la création de bijoux ésotériques. J'ai aussi pensé à la chance que j'avais de vivre dans un pays riche et de pouvoir faire profiter mes amis de mes découvertes et de mes créations.

 

3) Dire OUI, j'ai confiance en moi et dans le pouvoir des pendentifs porte-bonheur

Cultiver sciemment des pensées positives n'est pas suffisant en soi. Ce qu'il faut également, c'est de faire entrer ces pensées dans votre inconscient. Tout cela se mettra naturellement en place lors de la puissante phase lunaire du 2 décembre.

 

Vos pensées agissent comme des aimants

Bernard, vous avez sans doute entendu parler de la loi de l'attraction et peut-être connaissez-vous bien la pensée positive, mais savez-vous comment l'appliquer?

On attire à soi ce que l'on est

Tout ce qui fait partie de votre vie, vous l'avez attiré à vous. Vous êtes l'aimant le plus puissant qui soit. Si vous avez des pensées positives, vous attirerez à vous les bonnes ondes. Le contraire est également vrai. Je suis sûre que vous avez déjà entendu, voire expérimenté vous-même cette prophétie auto-réalisatrice: quand on a une attitude négative, tout ce que l'on craint finit par arriver. Vous devez donc dire OUI pour réussir!

 

«Un homme n'est que le produit de ses pensées. Ce qu'il pense, il le devient.» - Mahatma Gandhi

 

Certains des plus grands penseurs de tous les temps savent que ce principe est vrai, mais les mots, les livres et les citations ne suffisent pas. Vous devez changer votre façon de penser ET agir pour attirer la richesse dans votre vie. Le pendentif YES va vous aider à le faire, attirant l'argent à vous comme la lumière attire le papillon de nuit.

 

 

«Ce qui détermine votre chemin de vie, c'est moins ce que la vie vous apporte que votre attitude face à elle. C'est moins ce qui vous arrive que votre perception de ce qui arrive.»
- Kahlil Gibran

 

 

 

4) Dire OUI, j'ai le pouvoir de réaliser tout ce que je désire accomplir.

Il est facile d'adopter un état d'esprit négatif, de dire «je ne peux pas». Le secret, c'est de savoir que vous pouvez. Bernard, effacez de votre esprit la phrase «je ne peux pas». Ne la prononcez jamais plus, n'y pensez jamais plus. Il est facile de prendre un mauvais pli et quand une pensée négative nous habite, elle sera certainement suivie d'une série d'autres. Or, vous pouvez contrôler vos pensées et couper le courant qui alimente la négativité. Vous en avez le pouvoir.

 

«Agissez comme si vous aviez une vie pleine d'enthousiasme, de santé, de talent et de joie: vous finirez par les avoir.»
-- Norman Vincent Peale

Le pendentif YES va vous transporter d'où vous êtes vers là où vous voulez être!

Nul n'est gouverné par des forces qu'il ne peut maîtriser, même dans une mauvaise situation. Vous êtes le créateur et ce que vous projetez sur la toile devient votre vie. Vous choisissez la composition et les couleurs de la peinture. Ce que je souhaite, c'est vous donner les outils dont vous avez besoin pour vous préparer spirituellement et psychologiquement à une avalanche de richesses.

5) Dire OUI, je veux que le pouvoir de ce pendentif agisse sur moi!

Le 2 décembre, jour très spécial pour vous et date de la Pleine Lune, prenez votre pendentif et tenez-le dans une main. Respirez doucement à fond trois fois et visualisez les richesses que vous aimeriez posséder. Concentrez-vous sur les symboles de votre pendentif et songez aux différentes formes de richesse que vous voulez attirer à vous. Plus vous méditerez sérieusement et fréquemment avec votre pendentif YES, plus ces pensées se concrétiseront. Chaque semaine, concentrez-vous sur un aspect différent de la vie que vous souhaitez.






6) Dire OUI à vos ambitions personnelles et votre succès sera aussi éclatant qu'un diamant.

Découvrez le sens de votre vie. Ayez une vision, une ambition pour votre avenir et qu'elle soit claire dans votre esprit. Ensuite, méditez sur cette vision. Mettez tout votre cœur dans cette image de la version la plus magnifique de ce que vous désirez, Bernard. Gardez cette image à l'esprit et méditez dessus.

Toute l'énergie positive que le pendentif YES attire vous aidera à :

 

  •  
    • Vous concentrer sur une image positive de vous-même
    • Garder une haute estime de vous
    • Effacer les limites qui ne sont pas réelles
    • Entretenir de meilleures relations avec les autres
    • Attirer la beauté
    • Attirer l'argent
    • Accepter qui vous êtes
    • Accepter votre corps
    • Accepter les autres
    • Insuffler bonheur et énergie positive dans tous les secteurs de votre vie

 

«Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir.»
- Henri Matisse

 

 

Vers le 2 décembre, vous allez recevoir les richesses et l'abondance dont vous n'avez fait que rêver jusqu'à présent. J'en suis si convaincue que je me suis organisée pour que vous puissiez acquérir votre pendentif YES sans prendre aucun risque. Vous avez juste à payer les frais de port et d'assurance, soit la modique somme de 6,95€. Ce n'est qu'un mois après la date de votre commande, et sous réserve d'une totale satisfaction de votre part, que votre carte de crédit sera débitée de 5 prélèvements mensuels de 24,95€ chacun.

Votre pendentif YES est couvert par ma
garantie inconditionnelle de remboursement
J'assume tous les risques. Vous n'en prenez aucun.

Bernard, si votre pendentif YES ne vous apporte pas entière satisfaction, si votre situation financière ne s'améliore pas, si votre vie ne change pas radicalement, si vous n'avez pas l'impression que ce qui est négatif devient positif, ou pour toute autre raison, il vous suffira de me le renvoyer au plus tard trente jours après réception et je vous rembourserai jusqu'au dernier centime. Vous n'aurez pas d'explication à me fournir.

Votre amie fidèle,

 

 
 Rochelle

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5 X 100 O

Publié le par Bernard Bonnejean


Ou le régime des cinq fruits et légumes

Au moment où un gouvernement provisoire (ils le sont tous) avait augmenté le tabac de manière significative, votre serviteur se mit à réfléchir sur l'actualité de ses poumons et l'avenir de son porte-monnaie. Convaincu que les uns finiraient par ne pas mieux remplir leur office que le second, ma volonté me poussa à m'arrêter de fumer. Ce fut moins difficile que je ne l'aurais cru à entendre les tabacologues de mes amis, qui, à en croire les commentaires de ces héros anciens fumeurs, vous auraient plutôt incités à ne surtout pas essayer un sevrage angoissant, déprimant, torturant, asservissant. Encore un peu, par le jeu des anagrammes, l'expérience se fût terminée en servage...


Un inconvénient, cependant, bien réel celui-là : le coeur et les poumons gagnèrent à l'épreuve, mais aussi le ventre qui finit par grassouiller de partout. On dira ce qu'on voudra. Les hommes sont certes insensibles à leur apparence physique, mais ils ne le sont pas au regard accusateur de leurs compagnes. Surtout lorsqu'il est accompagné d'un léger soupir exprimé avec juste assez de puissance pour vous permettre de le traduire : "Mieux vaut ne pas te le dire, mais il me semble bien que tu as encore grossi, non ? Enfin, le principal est que tu te sois arrêté de fumer".

Au bout de quelques mois, j'en parlais au généraliste qui me réconforta ainsi : "Vous avez le choix, Monsieur Bonnejean. Vous mangez ce que vous voulez, vous buvez itou, vous vous faites plaisir autant que vous le désirez, et vous mourrez un peu plus tôt. Ou bien, vous faites un régime, vous vous privez de tout, et vous mourrez centenaire, mais vous vous préparez un avenir d'une tristesse !...". Je consentis à évaluer positivement cette sagesse.


Ce qui ne m'empêcha pas d'aller frapper à la porte d'une nutritionniste. Pardon, Docteur, mais dès que je vous ai vue, toute menue, toute maigrichonne, nerveuse comme de la viande qui a trop couru, j'aurais dû tourner immédiatement les talons. Mais je m'étais lancé un défi. A peine avais-je relevé le gant, que vous m'asséniez un bilan catastrophique dont chaque étape se terminait par : "Mais vous vous rendez compte ?"


 
Et ces photos, ignobles, qui vous montrent à gauche des assiettes vides aux 4/5èmes et à droite d'autres pleines aux 4/5èmes. Le supplice consiste à dire qu'à partir de dorénavant, comme on dit à la télé, vous vous contenterez de la portion congrue de gauche que nos ancêtres n'auraient pas eu l'ignominie d'offrir au pauvre de passage. Sans compter le coup de la marche à pied. Ah ! Messieurs les Maires de Laval, si le syndicat d'initiative a besoin d'un expert en paysage urbain, je suis votre homme. J'ai parcouru notre belle ville de long en large pendant des mois, sans faillir, sans faiblir, encore que...


Encore que, tout fier de mes vingt kilos de moins en six mois, sans les félicitations de Maîtresse Nutri, je me suis retrouvé... à l'hôpital après qu'elle m'a dit, gentiment : "Bon ! Maintenant que vous savez ce qu'il faut faire, il est inutile que vous reveniez !" Et moi qui croyais lui faire plaisir en faisant semblant de regarder les affichettes sur la façon d'accommoder les patates, pour qu'elle ait une vue de profil de mon ventre presque plat. C'est vrai que malgré mes marches de commando, j'étais devenu légèrement pâlichon, au point que des amies me crurent atteint, je l'ai appris par la suite, d'une maladie grave.

Remarquez, c'est bien aussi, une jolie dame qui vous regarde avec des yeux transis de désespoir devant le cadavre qu'elle vous voit devenir. J'exagère ? Dites-moi donc pourquoi il y a beaucoup plus d'infirmières que d'infirmiers !

Tout ça pour vous présenter, d'une part mes excuses pour avoir retrouvé mes rondeurs (pour mes amis), mes protubérances disharmonieuses (pour un vila in) ; d'autre part ce beau cadeau de Dame Catherine, une idée de régime quasi végétarien qui ferait verdir d'envie un vert mi-figue mi raisin.


 
Finalement, voici donc résolue l'antinomie alimentarofinancière fruit + légume vs prix de revient + dévitaminose. Cher Docteur n° 1, vous aviez raison : une façon comme une autre de mourir jeune, avec la considération des bourgeois et la commisération des bigotes qui n'en pensent pas moins.

Tout ça, c'est pour rire, bien sûr ! Le seul point commun que je partage avec Sarkozy : je suis un buveur de flotte, sauf le dimanche, tant qu'il ne nous aura pas privé de dimanche.

A bientôt les Amis

Bernard Bonnejean
  

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Humour syndical

Publié le par Bernard Bonnejean

Faut-il pleurer, faut-il en rire ?

Imaginez que l’on vous demande quels sont les piliers de l’entreprise française. Vous répondriez, sans aucun doute, le patronat et les employés.


Ce serait aller un peu vite en besogne.


Qu’est-ce qu’un patron ? L’étymologie, aussi loin qu’elle peut aller, fait remonter le signifiant à un pater qui pourrait déconcerter. Autant dire que le patron, c’est mon « papa »…  qui me fait penser au vicaire-animateur du patronage de la paroisse, dont le parrain est un saint patron. Vous me direz que, même si on croit moins à la nécessité d’une lutte des classes, on n’en est tout de même pas là. Certes, non ! Mais on l’a été.


Soyons objectif ! Peut-on comparer le Grand Patron des fonctionnaires, l’État, triste sire qui pratique un « dégraissage » déguisé, avec le petit patron qui, non seulement a du mal à boucler ses fins de mois, mais peine de plus en plus à conserver son unique employé, qu’il aime comme l’un des siens ? Résumons : s’il n’est d’entreprise sans patron, il faut distinguer patron et patron.



Je ne dirais rien des employés, ouvriers, cadres qui exercent leur profession sous le patronage du patron. J’insisterai seulement sur le fait que si le patron est indispensable à la bonne marche de l’entreprise, il n’est pas d’entreprise sans travailleurs. Donc, concluons positivement : ces gens-là sont faits pour s’entendre car leurs intérêts sont communs.






Malheureusement cette bonne entente est parfois gâchée par le capital. Banquiers et boursiers n’ont rien de seconds papas ! Il leur arrive d’être voraces. D’où la nécessité de se défendre . Aussi inventa-t-on les syndicats.

Quand la CGT, seul syndicat à peu près efficace à l'époque, était affilié sans le dire, mais sans tromper personne, au parti communiste, au moins c’était clair. Les patrons s’étaient alliés au Grand Capital et on allait vous changer tout ça. Capital tellement énorme que le camarade Henri  Krasucki avait toutes les peines du monde à prononcer les sommes astronomiques 





On l’aimait bien, Krasu, pour son courage. Il en avait vu d’autres, lui le juif polonais résistant, revenu miraculeusement de Buchenwald. On le respectait, même si on souriait un peu de ses convictions, déjà. C’est peut-être ça qui a manqué au syndicalisme français pour se faire reconnaître : les convictions.


L’union aussi ? Quelle union ? Quel rapport y a-t-il entre un syndicat de cadres supérieurs ou de professions libérales, et un syndicat de la métallurgie ? C’est du moins ce qu’on croyait, avant que Sarkozy ne fasse l’unanimité de tous contre « la crise » de ses copains. Le gouvernement a eu beau faire semblant, on n’a jamais cru qu’il voulait vraiment s’attaquer aux copains indélicats. Chose nouvelle : les ouvriers ont presque pu se reconnaître dans le discours des cadres de la CFE-CGC. Une solidarité dans l’épreuve commune. Tous pleurent. Mais le syndicat des cadres choisit la dérision, l’arme du désespoir, pour condamner.




Même les chanteurs s’y sont mis :




Nous voilà loin de la lutte des classes. En France, deux camps s’affrontent désormais : les potes à Sarko et les autres. Dans un sens, c’est plus simple. Comme dirait l’autre, la situation se décante, même si on déchante un peu aussi.

Moi qui vous parle, l’an prochain, le 1er juillet 2010 exactement, je pars à la retraite. C’est bien ? Oui, c’est bien. Écoutez tout de même ce que dit le Monsieur qui cause dans la vidéo. Je suis un peu, jusqu’à preuve du contraire et jusqu'à ce qu'un ami de facebook tienne ses promesses, dans son cas :




 



Alors, on arrosera ça ? Ben, on verra !!


À bientôt, les Amis and friends from abroad


Bernard Bonnejean

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Les Antonin

Publié le par Bernard Bonnejean

ou l'errare humanestum

Silence, les institutrices, professeures des écoles, fraîchement diplômées, à la retraite, libres comme l'air ou publiques comme les places ou les [NOOOON !!!! (voix de la raison)] ! Armées de votre stylo rouge, vous vous apprêtiez, avouez-le, à souligner le néant qui succède au "n" final en ajoutant un beau rond dans la marge. Moins 4 points, mon bonhomme ! Ou moins 2 depuis la réforme ! Ou moins 1 depuis la contre-réforme ! Le stylo rouge, comme le fer, qui sert à marquer le délinquant, à l'humilier si besoin est : "Tu veux être quelqu'un, mon p'tit père ? Faudrait d'abord que tu saches parler et écrire le français aussi bien que ton instit !" La société, comme la nature, obéit à la MORALE. Que deviendraient l'ordre cosmique et la nation française si l'on se permettait d'écrire "les Antonin" à la place de "les Antonins" ? C'est que le lien est évident entre l'esprit civique et l'orthographe. Qui vole un oeuf vole un boeuf. Qui ne tient pas compte de la pluralité formelle est moralement trop singulier pour s'intégrer. Un anarchiste !


Elle était d'accord avec le minustre, tous les minustres, l'instit : "LE NIVEAU BAISSE !" Et depuis quand baisse-t-il ? Depuis qu'elle a eu son diplôme, l'instit, un diplôme qui, lui, valait quelque chose : pas une faute d'orthographe (- 5 points à l'époque : on ne plaisantait pas alors avec la discipline et les sanctions !), aucune idée personnelle, de belles rédactions de bonne citoyenne bien obéissante à toutes les lois, même les plus iniques. 

Elles en ont formé des gens biens, les instit, publiques et privées, assurées de n'être jamais privées de public ; elles en ont déformé quasi autant, des qui sont devenus des pas-biens et pourtant éducaillés aussi bien que les autres, aux relents de Maréchal-Nous-Voilà à la sauce gaulienne. Moi, je leur en veux ? Même pas, même plus ! Elles ont écouté leurs maîtres et les ont fait écouter. Après tout, elles étaient payées pour...




On leur demandait d'appliquer des réformes ? Elles appliquaient les réformes préconisées par le minustre X, pas d'accord avec le minustre Y, en attendant de devoir faire appliquer les réformes du minustre Z. Jusqu'à ce chef-d'oeuvre de diplomatie, le rapport du conseil supérieur de la langue française publié dans les documents administratifs du Journal officiel du 6 décembre 1990, qui, après Haby, Fontanet, Roccard et tutti quanti, met ainsi tout le monde à peu près d'accord :  

 

Toute réforme du système de l’orthographe française est exclue : nul ne saurait affirmer sans naïveté qu’on puisse aujourd’hui rendre « simple » la graphie de notre langue, pas plus que la langue elle-même. Le voudrait-on, beaucoup d’irrégularités qui sont la marque de l’histoire ne pourraient être supprimées sans mutiler notre expression écrite [...]. Au-delà même du domaine de l’enseignement, une politique de la langue, pour être efficace, doit rechercher la plus large participation des acteurs de la vie sociale, économique, culturelle, administrative. Comme l’a déclaré le Premier ministre, il n’est pas question de légiférer en cette matière. Les édits linguistiques sont impuissants s’ils ne sont pas soutenus par une ferme volonté des institutions compétentes et s’ils ne trouvent pas dans le public un vaste écho favorable. C’est pourquoi ces propositions sont destinées à être enseignées aux enfants — les graphies rectifiées devenant la règle, les anciennes demeurant naturellement tolérées ; elles sont recommandées aux adultes, et en particulier à tous ceux qui pratiquent avec autorité, avec éclat, la langue écrite, la consignent, la codifient et la commentent.

Comme d'habitude, tout le monde a trouvé dans ce discours ce qui l'arrangeait et on a continué comme avant. Se lamentant entre collègues : LE NIVEAU BAISSE !

Eh bien, non, Mesdemoiselles et Mesdames, vous ne me les enlèverez pas mes points ! Parce qu'il n'y a pas de faute !

Quoi que... Tout dépend.

Les Antonins, ils ont existé aussi. Dans l'ordre d'apparition en scène :


Marcus Cocceius Nerva (Nerva) (26-98), empereur entre 96 et 98. Proclamé par le Sénat après Domitien.
 

Marcus Ulpius Trajanus (Trajan) (décédé en 117). Gouverneur de Germanie en 96 ; empereur de 98 à 117. Connu par le Panégyrique, entre autres.
 

Publius Aelius Hadrianus (Hadrien) (76-138), le mari de Sabine, petite-nièce du précédent. Un intello, dirait-on aujourd'hui. Un stratège aussi. On lui doit l'aqueduc de Lyon et le Château Saint-Ange. Et son Mur.

Titus Aurelius Pius (Antonin le Pieux) (86-161), un self-made man. Questeur, préteur, consul, proconsul d'Asie, fils adoptif d'Hadrien, empereur entre 138 et 161. Lui aussi il s'est payé son Mur.

Marcus Aurelius Antoninus (Marc Aurèle) (121-180), alias Marcus, neveu par alliance du précédent. Ami de l'Aristote Onassis du moment, le richissime athénien Hérode Atticus. Empereur entre 161 et 180.

Lucius Aurelius Verus (Lucius Verus) (décédé en 169), le pas connu de la famille.

Aelius Aurelius Commodus (Commode) (161-192), le fils de Marc Aurèle et de Faustine la Jeune, empereur de 180 à 192.

Voilà pour les Antonins.

Quant aux Antonin, vous en connaissez au moins un, maintenant : Antonin Artaud. Puis-je me permettre de vous en servir encore un petit morceau ? Parce que vous êtes mes amis, tout simplement. Il vous fait peur ? A moi aussi.

Je me suis penché sur la mer

Pour communiquer mon message

Aux poissons :

«Voilà ce que je cherche et que je veux savoir.»


Les petits poissons argentés

Du fond des mers sont remontés

Répondre à ce que je voulais.


La réponse des petits poissons était :

« Nous ne pouvons pas vous le dire

Monsieur

PARCE QUE »

Là la mer les a arrêtés.


Alors j'ai écarté la mer

Pour les mieux fixer au visage

Et leur ai redit mon message :

« Vaut-il mieux être que d'obéir ? »


Je le leur redis une fois, je leur dis une seconde

Mais j'eus beau crier à la ronde

Ils n'ont pas voulu entendre raison!


Je pris une bouilloire neuve

Excellente pour cette épreuve

Où la mer allait obéir.


Mon coeur fit hamp, mon coeur fit hump

Pendant que j'actionnais la pompe

À eau douce, pour les punir.


Un, qui mit la tête dehors

Me dit : « Les petits poissons sont tous morts. »


« C'est pour voir si tu les réveilles,

Lui criai-je en plein dans l'oreille,

Va rejoindre le fond de la mer. »


Dodu Mafflu haussa la voix jusqu'à hurler en déclamant ces trois derniers vers,

et Alice pensa avec un frisson : « Pour rien au monde je n'aurai voulu être ce messager ! »


Celui qui n'est pas ne sait pas

L'obéissant ne souffre pas.


C'est à celui qui est à savoir

Pourquoi l'obéissance entière

Est ce qui n'a jamais souffert


Lorsque l'être est ce qui s'effrite

Comme la masse de la mer.


Jamais plus tu ne seras quitte,

Ils vont au but et tu t'agites.

Ton destin est le plus amer.


Les poissons de la mer sont morts

Parce qu'ils ont préféré à être

D'aller au but sans rien connaître

De ce que tu appelles obéir.


Dieu seul est ce qui n'obéit pas,

Tous les autres êtres ne sont pas

Encore, et ils souffrent.



Antonin : un vieux prénom ? Les Dames de Linternaute/femmes, à qui je fauche cette étude, ont trouvé ceci dans leurs recherches :


  • A savoir

  • Origine Le prénom Antonin a pour origine le prénom latin Antonius.
    St Antonin 2 mai 2010. Souhaitez sa fête à St Antonin
    Couleur jaune
    Pierre précieuse Topaze
    Caractère Un tantinet solitaire, Antonin apprécie la douceur que peut lui procurer un moment de calme. Ce n'est pas pour autant qu'il est sauvage, c'est plutôt une question d'équilibre.
    Histoire Antonin est une forme diminutive d'Antoine. Antonius, l'origine du prénom, signifie "inestimable".
    Saint patron Le 2 mai, on honore saint Antonin un archevêque de Florence au XVè siècle.
    Prenoms approchants Antonina, Antonino, Nina, Tonin, Tonina, Tonino

    La cote 

    Depuis 1940, 15522 garçons ont été prénommés Antonin
    C'est le 201° prénom le plus donné
    61% des femmes interrogées le trouvent "craquant"
    77% l'aiment beaucoup
    C'est le 2534° prénom par ordre de préférence
    Mais le 2901° par ceux qui le portent...

Aujourd'hui, j'ai fait la connaissance d'un Antonin sur facebook. Et ça m'a fait plaisir. J'espère qu'il me lira ici cet Antonin d'Orléans.

A bientôt les amis

Bernard Bonnejean

 

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Encore un fameux, celui-là

Publié le par Bernard Bonnejean


Léon Bloy

Soyons honnête : des comme ça, dans notre société de civilisés diplomates [traduire, si vous le désirez, par faux-jetons comme pas deux] vous aurez du mal à en trouver. Je ne vous présente pas le bonhomme. Si vous me lisez, c'est que vous avez Internet, et, par conséquent, toute latitude pour consulter une bio-bibliographie en ligne.

Pas la peine de prendre des chemins détournés ! Léautaud, à côté, aurait presque un air petit bourgeois trop poli pour être honnête. 



Bloy est carrément méchant, vindicatif, odieux, insupportable. Il peut être franchement raciste, xénophobe, intolérant, intolérable, et il ne fait aucun doute qu'aujourd'hui il aurait été condamné mille fois pour ses écrits et qu'il aurait perdu tous ses procès.

Mais quelle plume mes aïeux ! Quelle verve ! Un génie de l'invective en robe de soirée, de la haine savamment mise en forme. Du grand art ! Jamais égalé depuis sa mort, même par Louis-Ferdinand Céline, qui s'y connaissait pourtant à tourner le compliment. Mais Céline insultait littérairement, si je puis dire ; Bloy le fait par une sorte de misanthropie non calculée, servie par un vrai talent de polémiste à son compte.

C'est vrai que ce catholique est l'un des seuls de son époque à avoir défendu Dreyfus. Pour cette raison, il s'est retrouvé seul, avec sa femme et ses enfants, sans ressource et, souvent, sans rien à manger dans son assiette. Certes, ses outrances le préparaient depuis longtemps à cette solitude et à cette indigence. Ce n'est pas le tout d'écrire ; il faut vendre ses livres. D'où la nécessité, que plus personne n'ignore, de pistons de toutes sortes, d'appuis politiques, religieux. Un écrivain vit dans une société donnée, qu'il n'a pas choisie. Il n'écrit pas pour la postérité. Foutaise de prof en mal de romantisme, que cette postérité-là qui ne donne rien à bouffer. En attendant une gloire posthume, très aléatoire, à laquelle ne pensent finalement que les ratés d'une littérature de kiosque de gares, il vaut mieux savoir se vendre et faire vendre.

Si vous commencez par dire du mal de tout le monde, à commencer par votre éditeur, à moins de tomber sur un génie de l'édition (Gallimard fut de ceux-là, qui pardonnait tout à ses auteurs pourvu qu'ils soient des artistes du verbe), vous avez peu de chance de réussir à vous faire connaître, ou si vous passez cet obstacle, à ce que la critique ne vous éreinte pas.

En ces années 1899-1900, notre Léon Bloy a lancé si loin le bouchon qu'il est exilé au Danemark. Pauvres Danois ! Ils dégustent comme jamais ! Bloy leur fait avaler son poison  à haute dose. Il n'aime ni le pays ni les gens ni leur religion ni rien de ce qui peut être danois. C'est le Journal de ce grand écrivain catholique, qu'on se passe encore sous le manteau, déconseillé par les curés, que j'aimerais vous faire un peu connaître aujourd'hui.

2 avril : Nous avons découvert [ma femme et moi] qu'une masse de petits gâteaux danois faits ici, cette semaine sainte, en vue de Pâques, a disparu complètement. Ils ont été mangés, sans doute, par une jeune fille agréable à voir qui a passé chez nous trois jours. La gourmandise soutenue par une faculté remarquable de s'empiffrer est une chose très scandinave. Mais plus scandinave et plus protestant encore paraît le désir des vierges de se faire tripoter par les messieurs.

Dans l'Aurore venue ce matin, lu un article d'Urbain Gohier qui "entreprend de refaire un peuple". La lecture de ce républicain merdeux produit en moi quelque chose d'apocalyptique. Faut-il que la France soit châtiée, quasi maudite, pour que de tels couillons surgissent.

8 avril : Fête anniversaire de l'imbécile Christian, le vieux roi reproducteur. On se pavoise, des fanfares parcourent les rues. Pour échapper à ce boucan, lu le Scarabée d'or de Poë et de Baudelaire, avec une indicible volupté.

29 avril : Oh ! l'horreur insurmontable, indicibles de nos latrines luthériennes et scandinaves qu'on ne vide pas et qui débordent comme un poème de Grundtvig !

11 mai : Ce matin, à la sortie de la grand'messe, j'ai eu l'impression que voici. Il m'a semblé que le petit troupeau catholique, dont je suis, est fort méprisé ici. De fait, il n'est recruté que parmi les indigents. [...] Il m'a bien semblé, encore une fois, que nous étions regardés du haut de la lune. Après tout, n'est-ce pas le devoir de ces belles dames accoutumées à sucer Luther, de nous conchier du haut des astres ?

Vous allez dire qu'il exagère un peu, Léon Bloy, quand même ! Vous avez sans doute un peu raison et il y aurait aujourd'hui dans ses écrits mille bons prétextes à le traîner devant les tribunaux.

Cependant, pour sa défense, voici ce qu'un critique littéraire s'est permis d'écrire sur ce bel esprit parfaitement indigne. L'Humanité nouvelle, une revue littéraire de l'époque, eut le toupet, qui ne coûtait rien en ce temps béni, d'écrire ceci :

Dieu seul est épargné par Léon Bloy ! : son âme pour un court instant dégorgée de pus, s'aromatise de louanges vers Celui qui créa le morpion, l'hyène, la vipère, la mouche charbonneuse, le crapaud, le vautour, la punaise et l'acarus de la gale et qui sut, un jour, les réunir en un seul être pour l'édification des catholiques et la gloire des lettres françaises.

Bon ! Eh bien ! Voilà, voilà, voilà !

Ce méchant bonhomme fut donc, comme je l'ai dit, l'un des seuls catholiques patentés à prendre la défense du capitaine Dreyfus. Il alla plus loin quand il écrivit Le Salut par les juifs. Plus étonnant encore, ce papier, découvert sur Internet, écrit pour un journal qui, bien entendu, ne put le publier :

La mort de Jules Bonnot, par Léon Bloy

Publié le 28 novembre 2008 par Juan Asensio

 



Le lendemain du 29 avril 1912, lorsque Jules-Joseph Bonnot est abattu comme une bête dans sa tanière, Bloy écrit un texte qui ne peut évidemment être publié. On peut croire qu’il ne cherche même pas une audience. Il le confiera seulement au sixième volume de son journal, Le Pèlerin de l’Absolu, qui ne paraîtra que deux ans plus tard. Le voici (1) :

400px-Le_Petit_Journal_-_Bonnot.jpgL’événement qui remplit toutes les feuilles et toutes les cervelles, c’est la capture et la mort de l’anarchiste Bonnot, chef d’une bande qui terrifiait Paris et la province depuis des semaines : vols, cambriolages, assassinats. En remontant jusqu’à Ravachol, je peux dire que je n’ai rien vu de plus ignoble, de plus totalement immonde en fait de panique et d’effervescence bourgeoise.
Le misérable s’était réfugié dans une bicoque, à Choisy-le-Roi. Une multitude armée a fait le siège de cette forteresse défendue par un seul homme qui s’est battu jusqu’à la fin, quoique blessé, et qu’on n’a pu réduire qu’avec une bombe de dynamite posée par un héros (!) qui a opéré en se couvrant d’une charrette à foin et cuirassé de matelas.
Les journaux ne parlent que d’héroïsme. Tout le monde a été héroïque, excepté Bonnot. La population entière, au mépris des lois ou règlements de police, avait pris les armes et tiraillait en s’abritant. Quand on a pu arriver jusqu’à lui, Bonnot agonisant se défendait encore et il a fallu l’achever.
Glorieuse victoire de dix mille contre un. Le pays est dans l’allégresse et plusieurs salauds seront décorés.
Heureusement Dieu ne juge pas comme les hommes. Les bourgeois infâmes et tremblant pour leurs tripes qui ont pris part à la chasse, en amateurs, étaient pour la plupart, j’aime à le croire, de ces honorables propriétaires qui vivent et s’engraissent de l’abstinence ou de la famine des pauvres, chacun d’eux ayant à rendre compte, quand il crèvera, du désespoir ou de la mort d’un grand nombre d’indigents. Protégés par toutes les lois, leur infamie est sans aucun risque. Sans Dieu, comme Bonnot, ils ont l’hypocrisie et l’argent qui manquèrent à ce malheureux. J’avoue que toute ma sympathie est acquise au désespéré donnant sa vie pour leur faire peur et je pense que Dieu les jugera plus durement.
Cette brillante affaire avait nécessairement excité la curiosité la plus généreuse. Ayant duré plusieurs heures, des autos sans nombre avaient eu le temps d’arriver de Paris, amenant de nobles spectateurs impatients de voir et de savourer l’extermination d’un pauvre diable. Le comble de l’infamie a été la présence, dans les autos, d’une autre armée de photographes accourus, comme il convient, pour donner aux journaux tous les aspects désirables de la bataille.



A bientôt les amis

Bernard Bonnejean

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Paul Léautaud, l'avatar du groupuscule,

Publié le par Bernard Bonnejean

Le parrain des Zinzins

N’ayez crainte : je ne vais pas vous servir une monographie quotidienne. Surtout pas de celles qu’on rédige comme le héros de Truffaut dans La Chambre verte, un éloge posthume, une chronique nécrologique pour presse spécialisée. C’est un métier qui n’est pas le mien. Les exercices de style pour abonnés anciens combattants, je ne méprise pas, mais ce n’est pas dans mes compétences. Je me suis même offert le luxe, un peu taquin, de commencer la vie et l’œuvre d’un personnage assez obscur par ces mots :

 

Un linguiste, spécialiste de l’autobiographie – il me semble, si mes souvenirs sont justes, qu’il s’agit de Philippe Lejeune – a un jour arrêté que les deux événements les moins instructifs de la vie d’un homme étaient sa naissance et sa mort. De fait, si une existence, qu’elle soit racontée par soi ou rapportée par un autre, est bien une histoire inscrite dans l’histoire, en ce sens qu’elle suit un enchaînement chronologique d’un point à un autre, dans l’espace et dans le temps, c’est souvent commode, mais parfaitement chimérique, d’entreprendre la découverte d’une personnalité par une fiche d’état civil : « Né le… à… ».

 

Je ne vous dirai pas dans quel livre j’ai commis cette saillie un peu provocatrice, mais aujourd’hui encore, au moment de relire avant publication, je persiste et je signe, plus par conviction que pour embêter le bourgeois. Entre nous, l’un n’empêche pas l’autre.

Plutôt que de vous raconter la vie de Paul Léautaud, le parrain choisi des Zinzins d’Over, je préfère vous le faire connaître par ses idées et ses écrits.

 

Le bonhomme était peu porté sur la religion. Pourtant, il aimait les gens de conviction. Sur la Mayenne, le département où je suis né, il a dit cette gentillesse si rare chez ce misanthrope :

Les chouans avaient vraiment grande allure, un idéalisme d'une certaine envergure, si fermé que je sois et rétif à leur esprit religieux (Journal littéraire, [21 mars 1929], éd. Mercure de France, 1959, p. 227).

En revanche, il n’avait aucune estime pour le lavallois Alfred Jarry, sans doute parce que sa folie pouvait rivaliser avec la sienne :

Fini, bien fini, ce pauvre Jarry. Malade, détraqué par les privations, l'alcoolisme et la masturbation, incapable de gagner sa vie en aucune façon, ni avec un emploi, ni par une collaboration quelconque à un journal. On l'avait fait entrer il y a deux ou trois ans au Figaro il ne faisait rien, ou ce qu'il faisait était illisible. Couvert de dettes et déjà un peu fou, il y a un an on avait organisé au Mercure la publication, à tirage restreint et très cher, d'un mince ouvrage de lui. Cela lui avait fourni, toutes ses dettes payées, environ un billet de huit cents à mille francs. Il a tout mangé à boire, à courir les cafés, si bien qu'aujourd'hui, fourbu et fichu, il se résigne à repartir chez sa sœur (Journal littéraire, [23 janvier 1907], p. 17).


Certains ont même avancé qu’il n’aimait personne. Disons plus honnêtement qu’il lui arrivait d’aimer qui ne l’était pas. On sait ainsi que Mallarmé eut maille à partir avec la critique de son temps. Léautaud lui fit cadeau de ce compliment inoubliable :

Celui-là fut mon maître, Quand je connus ses vers, ce fut pour moi une révélation, un prodigieux éblouissement, un reflet pénétrant de la beauté, mais en même temps qu'il me montra le vers amené à sa plus forte expression et perfection, il me découragea de la poésie, car je compris que rien ne valait que ses vers et que marcher dans cette voie, c'est-à-dire : imiter, ce serait peu digne et peu méritoire. […] Les vers de Mallarmé sont une merveille inépuisable de rêve et de transparence. (…) Mallarmé est mort. Il a enfoncé le cristal par le monstre insulté. Le cygne magnifique est enfin délivré. Et quelle qualité : il était unique (Journal littéraire, [10 septembre 1898], 1954, p. 21.


Quant à sa misogynie, c’est de l’ordre de la diffamation. Il fait ainsi le portrait d’une inconnue :

Ce matin, chez Garçon, dans le salon, comme j'attendais pour le voir, une femme, 40 ou 45 ans, fort jolie, mise cossue, mais très simple, de beaux yeux, une jolie bouche, un sourire délicieux, le décolleté de son corsage laissant voir le globe des seins sous une légère guipure, en compagnie d'un homme d'une cinquantaine d'années, à monocle et à rosette (Journal littéraire, [9 juillet 1931], 1960, p. 81).

Cette anecdote sur Colette montre qu’il avait aussi de l’entregent :

Quand j'ai dit mon âge, Colette m'a dit: « Vous dites cinquante-trois ans ? Vous êtes mon aîné d'une année. Cinquante-deux, moi. » Je lui ai répliqué : « Je suis votre aîné encore plus que par l'âge... » Elle m'a regardé avec un air interrogatif. J'ai ajouté : « Je n'ai pas... je n'ai pas votre bel aspect. » Elle est en effet encore fort jolie, - et jolie n'est pas le mot. Ce qu'il faudrait dire c'est qu'elle respire la volupté, l'amour, la passion, la sensualité, avec un grand fond de mélancolie qu'on devine bien (Journal littéraire, [16 juin 1925], 1958, p. 56).


Mais on est libre de ne retenir de lui que ses éclairs de "folie" d’une drôlerie certaine :

Le mariage fait des cocus et le patriotisme des imbéciles.


Chaque fois qu'une maîtresse me quitte, j'adopte un chat de gouttière : une bête s'en va, une autre arrive.


Il n'y a encore que les gens qui écrivent qui sachent lire.


L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes.


Avoir de l'esprit. Plaire aux femmes. Rien qui s'oppose davantage.


On me demandait l'autre jour : "Qu'est-ce que vous faites ? - Je m'amuse à  vieillir, répondis-je. C'est une occupation de tous les instants."


Maintenant vous connaissez mieux le parrain des lieux, ce qui devrait vous permettre, je l’espère sincèrement, de mieux apprécier le filleul qui vous dit :


A bientôt les amis


Bernard Bonnejean 

Publié dans humour grinçant

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Bernard, viens décoller ton bol !!!

Publié le par Bernard Bonnejean

 

On n'est jamais seul de la même façon (Henri Bosco)


Pourquoi détester les accidents et autres incidents ? Au moins, sauf exception due à une nature pessimiste ou anxieuse, personne ne souffre à les attendre. S'ils surgissent à l'improviste, au moins ne nous ont-ils pas tourmentés au-delà du nécessaire, c'est-à-dire plus longtemps qu'il ne fallait pour tenter d'en atténuer les méfaits immédiats. "Quel malheur de m'être cassé la jambe !" Oui, certes, c'est ennuyeux, mais les désordres occasionnés dans votre vie ne surviennent qu'après. Vous n'avez pas eu les désagréments provoqués par une catastrophe annoncée et inévitable.

Aussi est-il juste que Cassandre ait été haïe par les Anciens. Non qu'elle dise la vérité, ce qui peut, à la rigueur, passer pour une vertu, mais qu'elle la dise, nue et effroyable, avant terme. Toutes les prédictions, prophéties, vaticinations sont bâties sur le même principe : que le ciel nous tombe sur la tête, soit ! qu'on nous en prévienne l'année précédente alors que le malheur est inévitable est un acte criminel. La preuve ? Chaque fois qu'un gourou ou une communauté sectaire prédit la fin du monde, il y a toujours quelques naïfs pour anticiper l'événement par le suicide.


Cassandre par E. de Morgan

Ø Cassandre
par E. de Morgan

Il est des échéances prévisibles, inévitables. La pire, c'est la mort. Il n'est point de remède contre la camarde. Je me souviens d'une gravure d'Holbein que George Sand avait choisie pour illustrer La Mare au diable. On y voit une scène étrangement atroce et cocasse. Un squelette armé d'un fouet mène un attelage de quatre chevaux tirant une araire. Les sillons tracés sont parfaitement réguliers et pour qui, comme moi, n'ait que peu de dilection pour l'ordre, la discipline et l'excès de planification, cette si belle harmonie ajoute encore à la terreur provoquée.

Gravure de Hans Holbein ("Les simulachres & histories faces de la mort", 1538)

 

Sand a ainsi explicité son choix :

 

A la sueur de ton visaige
Tu gagnerais ta pauvre vie,
Après long travail et usaige,
Voicy la mort qui te convie.

 

[...] C'est la mort, ce spectre qu'Holbein a introduit allégoriquement dans la succession de sujets philosophiques et religieux, à la fois lugubres et bouffons, intitulée les Simulachres de la mort.

Dans cette collection, ou plutôt dans cette vaste composition où la mort, jouant son rôle à toutes les pages, est le lien et la pensée dominante, Holbein a fait comparaître les souverains, les pontifes, les amants, les joueurs, les ivrognes, les nonnes, les courtisanes, les brigands, les pauvres, les guerriers, les moines, les juifs, les voyageurs, tout le monde de son temps et du nôtre, et partout le spectre de la mort raille, menace et triomphe. D'un seul tableau elle est absente. C'est celui où le pauvre Lazare, couché sur un fumier à la porte du riche, déclare qu'il ne la craint pas, sans doute parce qu'il n'a rien à perdre et que sa vie est une mort anticipée.

Cette pensée stoïcienne du christianisme demi-païen de la Renaissance est-elle bien consolante, et les âmes religieuses y trouvent-elles leur compte ? L'ambitieux, le fourbe, le tyran, le débauché, tous ces pécheurs superbes qui abusent de la vie, et que la mort tient par les cheveux, vont être punis, sans doute ; mais l'aveugle, le mendiant, le fou, le pauvre paysan, sont-ils dédommagés de leur longue misère par la seule réflexion que la mort n'est pas un mal pour eux ? Non ! Une tristesse implacable, une effroyable fatalité pèse sur l’œuvre de l'artiste. Cela ressemble à une malédiction amère lancée sur le sort de l'humanité.

 

Pour parler juste et bref, ce fléau frappe tout le monde, sans distinction. Il ne saurait y avoir de peine considérée comme anticipée pour le plus malheureux des hommes.

 

Mais le vrai mal, à mon sens, n'est pas la mort ; c'est la perspective de son inéluctabilité. L'homme aura vraiment tout essayé depuis l'elixir de jouvence à la cryogénisation. Rien n'y fait. Arthur Roxe, un cryobiologiste empêcheur d'espérer contre toute espérance aurait même lancé :

 

Croire que la cryogénisation permettra de réanimer une personne congelée, c'est croire que l'on peut reconstruire une vache à partir d'un hamburger.

 

Pourquoi je vous dis tout ça aujourd'hui ? Pour disserter sur un deuxième fléau : la solitude. Je ne parle là ni du célibat ni du veuvage. On a toujours l'espoir dans le premier cas de rencontrer l'âme soeur ou chaussure à son pied, selon l'éducation reçue et l'horizon d'attente. Dans le second cas, similaire et corrolaire de la mort, on a à en subir que les conséquences, c'est-à-dire l'après pour soi d'un malheur qui a frappé l'autre.

 

Le cas dont je veux parler avec vous, le mien en l'occurrence, est typique de la solitude anxiogène. Je sais, parce que c'est écrit, qu'à partir de mercredi soir je serai seul. Maumau part en cure. C'est prévu, programmé, donc désespérant de certitude.

 

 


 

Je suis à ce point angoissé que cette nuit il m'est revenu un souvenir d'adolescent.

 

J'ai eu très tôt mon appartement, parce que, contrairement aux us et aux coutumes contemporaines, travaillant très tôt, les jeunes d'alors quittaient assez vite le domicile parental. Or, vous laissez un jeune garçon seul, sans surveillance, plus de huit jours dans un lieu relativement clos, il vous transformera le plus coquet des gites en soue à cochon. Je ne parle pas des exceptions, bien entendu.


Ce jour-là, une après-midi, je ne sais pourquoi ni comment cette idée saugrenue lui prit, ma mère survint à la porte de mon séjour. Je n'eus donc pas le temps de cacher la vaisselle sous l'évier. Il ne me restait qu'à me cacher tout court la tête dans les épaules à défaut de sable. Après une semonce méritée, ma mère me pria de lui débarrasser le plancher qu'elle entendait balayer. Heureux de ne plus avoir à subir les récriminations maternelles, je me réfugiai dans la chambre du fond en attendant que les choses se fassent sans moi. Tout à coup j'entendis tonner, plus fort encore :

 

Bernard, viens décoller ton bol !

 

La famille ne me contredira pas sur ce point précis : notre mère, bien que picarde, avait l'exagération facile, type méditerranéen. Je revins à la cuisine, l'air aussi penaud que possible, et lui demandai de quoi il retournait exactement. Le verdict était vraiment sans appel :


Je te demande de décoller ton bol !

 

N'ayant aucune intention de contrarier une mère très en colère quoiqu'aimante, j'exécutai l'injonction... avec difficulté. Je ne sais par quel phénomène chimique le bol s'était collé à la toile cirée sans doute sous l'effet du sucre mélangé au café au lait, une mixture durcie qui semblait avoir cimenté le tout.

 

Eh bien, mes amis, pendant au moins trois semaines, ma hantise sera de veiller à ne pas avoir à décoller mon bol. Heureusement que vous serez là pour lire ce que j'aurai écrit pour vous et pour me dire, régulièrement, de nettoyer la table et de faire la vaisselle. Promis ? 

 

A bientôt, les amis

 

 

Bernard Bonnejean



 

Publié dans humour grinçant

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