Les Antonin

Publié le par Bernard Bonnejean

ou l'errare humanestum

Silence, les institutrices, professeures des écoles, fraîchement diplômées, à la retraite, libres comme l'air ou publiques comme les places ou les [NOOOON !!!! (voix de la raison)] ! Armées de votre stylo rouge, vous vous apprêtiez, avouez-le, à souligner le néant qui succède au "n" final en ajoutant un beau rond dans la marge. Moins 4 points, mon bonhomme ! Ou moins 2 depuis la réforme ! Ou moins 1 depuis la contre-réforme ! Le stylo rouge, comme le fer, qui sert à marquer le délinquant, à l'humilier si besoin est : "Tu veux être quelqu'un, mon p'tit père ? Faudrait d'abord que tu saches parler et écrire le français aussi bien que ton instit !" La société, comme la nature, obéit à la MORALE. Que deviendraient l'ordre cosmique et la nation française si l'on se permettait d'écrire "les Antonin" à la place de "les Antonins" ? C'est que le lien est évident entre l'esprit civique et l'orthographe. Qui vole un oeuf vole un boeuf. Qui ne tient pas compte de la pluralité formelle est moralement trop singulier pour s'intégrer. Un anarchiste !


Elle était d'accord avec le minustre, tous les minustres, l'instit : "LE NIVEAU BAISSE !" Et depuis quand baisse-t-il ? Depuis qu'elle a eu son diplôme, l'instit, un diplôme qui, lui, valait quelque chose : pas une faute d'orthographe (- 5 points à l'époque : on ne plaisantait pas alors avec la discipline et les sanctions !), aucune idée personnelle, de belles rédactions de bonne citoyenne bien obéissante à toutes les lois, même les plus iniques. 

Elles en ont formé des gens biens, les instit, publiques et privées, assurées de n'être jamais privées de public ; elles en ont déformé quasi autant, des qui sont devenus des pas-biens et pourtant éducaillés aussi bien que les autres, aux relents de Maréchal-Nous-Voilà à la sauce gaulienne. Moi, je leur en veux ? Même pas, même plus ! Elles ont écouté leurs maîtres et les ont fait écouter. Après tout, elles étaient payées pour...




On leur demandait d'appliquer des réformes ? Elles appliquaient les réformes préconisées par le minustre X, pas d'accord avec le minustre Y, en attendant de devoir faire appliquer les réformes du minustre Z. Jusqu'à ce chef-d'oeuvre de diplomatie, le rapport du conseil supérieur de la langue française publié dans les documents administratifs du Journal officiel du 6 décembre 1990, qui, après Haby, Fontanet, Roccard et tutti quanti, met ainsi tout le monde à peu près d'accord :  

 

Toute réforme du système de l’orthographe française est exclue : nul ne saurait affirmer sans naïveté qu’on puisse aujourd’hui rendre « simple » la graphie de notre langue, pas plus que la langue elle-même. Le voudrait-on, beaucoup d’irrégularités qui sont la marque de l’histoire ne pourraient être supprimées sans mutiler notre expression écrite [...]. Au-delà même du domaine de l’enseignement, une politique de la langue, pour être efficace, doit rechercher la plus large participation des acteurs de la vie sociale, économique, culturelle, administrative. Comme l’a déclaré le Premier ministre, il n’est pas question de légiférer en cette matière. Les édits linguistiques sont impuissants s’ils ne sont pas soutenus par une ferme volonté des institutions compétentes et s’ils ne trouvent pas dans le public un vaste écho favorable. C’est pourquoi ces propositions sont destinées à être enseignées aux enfants — les graphies rectifiées devenant la règle, les anciennes demeurant naturellement tolérées ; elles sont recommandées aux adultes, et en particulier à tous ceux qui pratiquent avec autorité, avec éclat, la langue écrite, la consignent, la codifient et la commentent.

Comme d'habitude, tout le monde a trouvé dans ce discours ce qui l'arrangeait et on a continué comme avant. Se lamentant entre collègues : LE NIVEAU BAISSE !

Eh bien, non, Mesdemoiselles et Mesdames, vous ne me les enlèverez pas mes points ! Parce qu'il n'y a pas de faute !

Quoi que... Tout dépend.

Les Antonins, ils ont existé aussi. Dans l'ordre d'apparition en scène :


Marcus Cocceius Nerva (Nerva) (26-98), empereur entre 96 et 98. Proclamé par le Sénat après Domitien.
 

Marcus Ulpius Trajanus (Trajan) (décédé en 117). Gouverneur de Germanie en 96 ; empereur de 98 à 117. Connu par le Panégyrique, entre autres.
 

Publius Aelius Hadrianus (Hadrien) (76-138), le mari de Sabine, petite-nièce du précédent. Un intello, dirait-on aujourd'hui. Un stratège aussi. On lui doit l'aqueduc de Lyon et le Château Saint-Ange. Et son Mur.

Titus Aurelius Pius (Antonin le Pieux) (86-161), un self-made man. Questeur, préteur, consul, proconsul d'Asie, fils adoptif d'Hadrien, empereur entre 138 et 161. Lui aussi il s'est payé son Mur.

Marcus Aurelius Antoninus (Marc Aurèle) (121-180), alias Marcus, neveu par alliance du précédent. Ami de l'Aristote Onassis du moment, le richissime athénien Hérode Atticus. Empereur entre 161 et 180.

Lucius Aurelius Verus (Lucius Verus) (décédé en 169), le pas connu de la famille.

Aelius Aurelius Commodus (Commode) (161-192), le fils de Marc Aurèle et de Faustine la Jeune, empereur de 180 à 192.

Voilà pour les Antonins.

Quant aux Antonin, vous en connaissez au moins un, maintenant : Antonin Artaud. Puis-je me permettre de vous en servir encore un petit morceau ? Parce que vous êtes mes amis, tout simplement. Il vous fait peur ? A moi aussi.

Je me suis penché sur la mer

Pour communiquer mon message

Aux poissons :

«Voilà ce que je cherche et que je veux savoir.»


Les petits poissons argentés

Du fond des mers sont remontés

Répondre à ce que je voulais.


La réponse des petits poissons était :

« Nous ne pouvons pas vous le dire

Monsieur

PARCE QUE »

Là la mer les a arrêtés.


Alors j'ai écarté la mer

Pour les mieux fixer au visage

Et leur ai redit mon message :

« Vaut-il mieux être que d'obéir ? »


Je le leur redis une fois, je leur dis une seconde

Mais j'eus beau crier à la ronde

Ils n'ont pas voulu entendre raison!


Je pris une bouilloire neuve

Excellente pour cette épreuve

Où la mer allait obéir.


Mon coeur fit hamp, mon coeur fit hump

Pendant que j'actionnais la pompe

À eau douce, pour les punir.


Un, qui mit la tête dehors

Me dit : « Les petits poissons sont tous morts. »


« C'est pour voir si tu les réveilles,

Lui criai-je en plein dans l'oreille,

Va rejoindre le fond de la mer. »


Dodu Mafflu haussa la voix jusqu'à hurler en déclamant ces trois derniers vers,

et Alice pensa avec un frisson : « Pour rien au monde je n'aurai voulu être ce messager ! »


Celui qui n'est pas ne sait pas

L'obéissant ne souffre pas.


C'est à celui qui est à savoir

Pourquoi l'obéissance entière

Est ce qui n'a jamais souffert


Lorsque l'être est ce qui s'effrite

Comme la masse de la mer.


Jamais plus tu ne seras quitte,

Ils vont au but et tu t'agites.

Ton destin est le plus amer.


Les poissons de la mer sont morts

Parce qu'ils ont préféré à être

D'aller au but sans rien connaître

De ce que tu appelles obéir.


Dieu seul est ce qui n'obéit pas,

Tous les autres êtres ne sont pas

Encore, et ils souffrent.



Antonin : un vieux prénom ? Les Dames de Linternaute/femmes, à qui je fauche cette étude, ont trouvé ceci dans leurs recherches :


  • A savoir

  • Origine Le prénom Antonin a pour origine le prénom latin Antonius.
    St Antonin 2 mai 2010. Souhaitez sa fête à St Antonin
    Couleur jaune
    Pierre précieuse Topaze
    Caractère Un tantinet solitaire, Antonin apprécie la douceur que peut lui procurer un moment de calme. Ce n'est pas pour autant qu'il est sauvage, c'est plutôt une question d'équilibre.
    Histoire Antonin est une forme diminutive d'Antoine. Antonius, l'origine du prénom, signifie "inestimable".
    Saint patron Le 2 mai, on honore saint Antonin un archevêque de Florence au XVè siècle.
    Prenoms approchants Antonina, Antonino, Nina, Tonin, Tonina, Tonino

    La cote 

    Depuis 1940, 15522 garçons ont été prénommés Antonin
    C'est le 201° prénom le plus donné
    61% des femmes interrogées le trouvent "craquant"
    77% l'aiment beaucoup
    C'est le 2534° prénom par ordre de préférence
    Mais le 2901° par ceux qui le portent...

Aujourd'hui, j'ai fait la connaissance d'un Antonin sur facebook. Et ça m'a fait plaisir. J'espère qu'il me lira ici cet Antonin d'Orléans.

A bientôt les amis

Bernard Bonnejean

 

Publié dans humour grinçant

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Commenter cet article

Sourour 06/07/2009 23:48

JE PASSE EN COUP DE VENT VOUS SOUHAITER UNE BONNE SEMAINE A BIENTOT