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Le beau brouillon !

Publié le par Bernard Bonnejean

"A quoi ça sert, M'sieur,
vendredi 20 février 2009


de soigner ses brouillons ? On les rend jamais ! "

Ils ont parfois d'intelligents questionnements, ces enfants, et il faut toute la bonne éducation d'un bon maître - ou plutôt d'un maître bon - pour leur faire admettre l'inadmissible. Car, à l'âge de l'école, tout ce qui est inadmissible est injuste et vice versa. Et les enfants tolèrent à peu près tout, sauf les autres enfants et l'injustice.

Parmi les iniquités les plus flagrantes, pour eux la plus rebutante : le travail gratuit. Gide a défendu la possibilité de "l'acte gratuit" qu'on fait sans aucune raison, ni raisonnable ni irrationnelle. Jamais vous ne ferez comprendre à nos futurs concitoyens, messieurs les pédagogues, défenseurs de la méthode ludique - encore que le jeu soit une fin comme une autre - cette notion philosophique abstraite, parfaitement acceptable pour autrui mais toujours insupportable pour soi, qu'est le plaisir de "travailler pour rien". Tout le temps que vous avez pris pour nous expliquer vos théories, ne l'avez-vous pas converti en espèces sonnantes et trébuchantes au cours de conférences dites parfois "pédagogiques", de colloques, de séminaires, de bouquins de tous ordres qu'au terme d'une belle carrière d'enseignant j'ai confiés à l'Emmaüs du coin ? Pas par charité ; pour déblayer mes rayonnages et mon cerveau. Le bénévolat, messieurs, c'est l'affaire des nantis, surtout en cette période de chômage. Et, pour ma part, j'ai toujours préféré présenter la notation comme le salaire de l'élève, quitte à lui expliquer que, comme dans la vie, l'effort si valorisé par certains ne paye pas toujours autant qu'on voudrait nous le faire croire. N'en déplaise à d'aucuns : il ne suffit pas de faire l'effort de se lever tôt pour bien gagner sa vie et j'en connais, comme tout le monde, qui n'ont pas besoin de travailler plus pour arrondir leur magot, déjà considérable.

Le brouillon dans tout ça ? C'est le travail ingrat, celui qu'on ne voit pas et qu'on voudrait classer dans l'intime, sans s'apercevoir qu'en le cachant, votre rédaction risque de perdre un peu de prix. Vous souriez ? J'ai vu des enfants, qui remettent sans rechigner cahiers et copies à la fin du devoir, refuser littéralement de montrer leur brouillon. C'est leur univers, leur bien, une propriété privée, une chasse gardée. Quand vous achetez une voiture, vous, vous exigez de voir les plans maintes fois corrigés, biffés, raturés, gommés par l'ingénieur alpha ?

Nous y voilà : un bon brouillon est un torchon innommable et immontrable !

Pourtant, aujourd'hui, on s'arrache les bons brouillons à prix d'or. Et les recherches dans les disciplines littéraires portent autant sur le brouillon des écrivains que sur l'oeuvre proprement dite. Il aura suffi de les appeler "manuscrits" pour leur rendre leur noblesse.

Vous connaissez les Pensées de Blaise Pascal. Du moins, vous le croyez. Pour vous, c'est une oeuvre construite, savamment composée de deux mouvements autonomes et complémentaires : la partie anthropologique préparant la partie spirituelle. Tout est savamment rangé dans un ordre quasi mathématique du numéro 1 au numéro 813. Oui, mais voilà ! Cet ordre-là n'a rien de pascalien. Gilberte Pascal a recueilli, de son frère, soixante-et-un dossiers, dont certains bien difficiles à déchiffrer, dont les philologues d'aujourd'hui essaient de rétablir "l'état natif". Pol Ernst, chercheur belge, défendit le 3 février 1970 le résultat de ses travaux... à la Sorbonne [sans commentaires]. Au bout de vingt années, il aurait réussi, selon des critères savants que je vous épargne, à identifier dans le fourbis laissé par Pascal huit "strates" dont la datation permettrait de deviner, enfin, la façon de travailler de l'écrivain, son style, le sens de certains textes difficilement compréhensibles, l'origine de concepts, la progression de la pensée et les intentions de l'auteur sur l'ordre envisagé pour son oeuvre.

Finalement, vous l'aurez compris, les fameuses Pensées qu'on lit aujourd'hui ont certes été écrites par Blaise Pascal, mais elles sont autant les Pensées de Brunschvick, les Pensées de Lafuma ou les Pensées de Tellier, éditeurs qui les ont produites à la connaissance du grand public, respectivement en 1897, 1951 et 1976, cherchant chacun à son tour à imposer "son" ordre des fragments, c'est-à-dire le sens, la direction de l'ensemble.

Que restera-t-il de nos blogs ? Le produit fini ? Seulement ? A peu près certainement parce que rares sont ceux qui laisseront la trace des différents strates dont ils sont peut-être composés. On peut quand même le regretter. Certains blogs seront publiés, c'est souhaitable, pour leur qualité littéraire. Et jamais on ne pourra en analyser le(s) brouillon(s). Tout simplement, parce que le manuscrit aura disparu.

Plutôt que de conclure, j'aimerais vous faire connaître un état intermédiaire, mais pas natif, d'un poème du grand Verlaine. Quel instituteur d'antan, qui voulait des brouillons "propres", aurait accepté ce chef-d'oeuvre de la poésie française à cette étape-là de sa création ?


Reproduction de Verlaine, Fêtes galantes, "L'oeuvre manuscrite", Bibliothèque de l'image, 1997.

A Saché, où Balzac écrivit Le Lys dans la vallée, le guide racontait, il y a une vingtaine d'années, qu'à bout de patience les ouvriers typographes se mirent en grève au reçu d'un de ses manuscrits. J'ai longtemps cru à une légende. Jusqu'au jour où j'ai vu "ça" :



Manuscrit du sonnet «La Pâquerette» dans “Les Illusions perdues” Paris,
Maison de Balzac
© Photothèque des musées de la Ville de Paris. Ph. Joffre


La reproduction n'est pas bonne ? Je vous l'accorde. Mais fût-elle de meilleure qualité que vous ne comprendriez guère mieux. Telle est - aussi - la création. Celle que jusque là on n'aurait pas oser montrer et qu'aujourd'hui on vend une fortune. Et que les chercheurs - ou les femmes de ménage - ne trouveront plus dans les tiroirs des écrivains contemporains défunts, qui ne font plus souvent de... brouillons.

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Premières de couverture

Publié le par Bernard Bonnejean

 

  A la petite Leslie qu'a rien compris au commerce
culturel libéral                                                      

On n'en prend vraiment conscience
 
jeudi 12 février 2009

 
qu'une fois franchie la porte d'une grande maison d'édition. Jusque là, on s'imaginait très naïvement que le succès d'un livre tenait exclusivement à son contenu. D'ailleurs, ce sont peut-être les mêmes défenseurs de cette thèse innocente  - il est vrai qu'elle était encore acceptable jusque dans les années quatre-vingt du défunt XXe siècle - qui vous parlent, sans aucune arrière-pensée, de la beauté intérieure d'une femme. Ce qui ne les empêche pas de partager une soirée agréable, voire un lit de rencontre avec une autre dontles atouts sont autrement plus sensuels qu'un grand bon coeur ou un QI démesuré. Du reste, - j'en connais un qui viendra peut-être nous rendre visite, l'entendant me reprocher mes sempiternelles digressions, sans comprendre que je procède toujours par association d'idées pour m'aider à fixer l'idée, la transmettre et la faire comprendre - les femmes sont les plus tentées par ce rejet des apparences au bénéfice de valeurs intrinsèques à chercher et à découvrir. Pourquoi éprouvent-elles donc ce besoin irrépressible, inscrit, pour ainsi dire, dans leurs gènes depuis la création du sexe et leur âge le plus tendre, de mettre en évidence, sans trop d'innocence, telle caractéristique physique propre à attirer le regard, à troubler et à séduire ? Soyons juste : la coquetterie nous est plus agréable qu'exaspérante. Si, parfois, elle n'a  pas l'agrément du mari, c'est qu'elle lui coûte sans lui être destinée.

Le rapport avec la littérature et avec le livre ? Il est évident ! Mais il vaut mieux le taire, si l'on veut sauvegarder les mythes. Un grand écrivain, fournisseur de dictées (consécration suprême d'une Colette, d'un Genevoix, d'un Gide [et pourtant !], d'un Maupassant...) ou, pour les poètes, de récitations (récompense post mortem de La Fontaine, champion toutes catégories de la IIIe  à la Ve République, de morceaux choisis de Corneille, Racine, Molière, Hugo, Verlaine [et pourtant !]) ne suppose, en amont, ni la reconnaissance des pairs ni les honneurs de l'Académie française ni même les lauriers de la critique contemporaine. Ils n'ont besoin que d'être institutionnalisés. Vous avez déjà récité du Voltaire, ou du Bossuet à la Communale ou chez les Jésuites ? Votre maître vous a dicté un passage de Beauvoir ou de Sagan ? Trop compliqué ? Bien moins que certains textes que l'Inspection générale a institué depuis des lustres comme aptes à torturer les cerveaux enfantins ou adolescents. Est-à-dire que Bossuet est moins fréquentable que Gide, par exemple ? Ou moins accessible ? Qui oserait soutenir pareille énormité ? Mais le fait est que le second est estampillé dans une catégorie à laquelle le premier n'a jamais eu accès. Et n'aura sans doute jamais accès, car ces valeurs-là, souvent irraisonnées, se transmettent de génération en génération sans que personne sache exactement pourquoi.

 

Ce qui revient à dire que cette institutionnalisation de la littérature, tout à fait arbitraire, n'a finalement que peu de rapport avec la valeur réelle, c'est-à-dire la valeur relative d'une oeuvre. La notoriété est fabriquée. Duquel de Le Clézio ou de Simon, tous deux écrivains français prix nobels de littérature, parierez-vous sur la pérennité au-delà de cinquante ans, de trente, de dix ? Qui l'emportera des deux ? Selon quels critères ? Quel professeur aura droit aux félicitations de l'inspecteur ponctuées par un "Il faut dire que vous avez choisi la facilité avec ce texte magnifique" ? Vous êtes incapables de le dire, car ni l'auteur ni l'oeuvre ni les lecteurs n'y sont pour rien. Encore que ces deux-là figureront probablement dans les manuels de lecture expliquée des collèges et lycées en tant que prix nobels de littérature. En un mot, ils auront été institutionnalisés "à l'international". Quant à être lus, quant à être élus, quant à être disséqués comme seuls peuvent le faire les professionnels de la critique scolaire moderne qui auront appris à mathématiser leurs sentiments sur les bancs des facultés selon une méthode dite structuraliste ?

Ce choix-là n'a rien d'intérieur. Il n'est pas inhérent à la beauté intérieure de l'auteur ou de l'ouvrage. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il est commercial. Mais je ne protesterais pas outre mesure si l'on avance qu'il y a un aspect commercial à ne pas dédaigner. Sinon, pourquoi mettre autant d'acharnement à esthétiser l'objet livre comme pour le maquillage d'une jeune fille à marier -  le grand Balzac, qui passe pour un moraliste avec son Père Goriot, à usage des collèges et des oraux de bac de français, aurait parlé du maquignonnage d'une pouliche à vendre ? Sand et lui auront osé condamner certaines alliances matrimoniales "arrangées", parlant de "prostitution légale".

M'avez-vous lu jusque là ? Non ? Je ne vous en veux pas : vous n'êtes pas vraiment concernés. Vous venez ici pour vous détendre et on vous sert un cours sur la réception de l'oeuvre littéraire. Vous êtes fatigués, éreintés. Vous avez fait l'effort d'éteindre la télé et voilà que vous ne trouvez ni le repos ni la paix  dans ces propos d'écrivain blogueur apparemment désabusé.

Certes, mais vous avez regardé les photos ! Ah ! Vous avez démontré par là que j'avais raison ! Tout est dans l'apparence ! Ne connaissez-vous personne qui vous ait affirmé un jour avoir "une belle bibliothèque" ? Le conjoint, toujours un peu moins passionné, vous aura sans doute précisé s'il s'agissait du meuble, des couvertures, des collections, des millésimes ? Les seuls dont vous aurez peut-être dénigré le snobisme, seront ceux qui vous auront ouvert leur goût pour le théâtre de Musset, en collection complète, ou leur tout-Shakespeare, ou leur tout-Céline-même-les-pamphlets-vendus-à-prix-d'or-à-Paris. Et pourtant, il en est probablement parmi ceux-là qui auront acheté l'auteur et son oeuvre davantage que le "chagrin" qui les habille.

Pourquoi les éditeurs accordent-ils parfois cette importance peu raisonnable dans la première de couverture ? Pas pour une raison littéraire, tout à fait secondaire, mais uniquement parce que, en bons commerçants, ils savent qu'il faut que ce soit un beau livre. Esthétiquement beau ! Un beau livre comme on dit un bel homme. Un beau jeune homme n'a pas besoin d'être profond pour être beau. C'est une question de fonction. Un beau livre n'est pas un bon livre. On peut très bien l'acheter parce qu'il rendra bien entre Apollinaire et Zola. Je n'ai rien contre. C'est même louable, en un certain sens, car cette complaisance au futile rend à la littérature son  caractère d'agrément et de fantaisie.

Si j'avais les moyens, j'achèterais un Modigliani parce que je pense qu'il irait bien avec mon mobilier et le dernier papier peint. Il se fait que j'aime aussi Modigliani pour Modigliani, mais c'est un peu secondaire. Que celui ou celle qui n'a jamais entendu dans une exposition "Il ferait bien dans le salon" me jette la première pierre ! Vexant pour l'artiste ? Allons donc ! Nous vivons une époque où la peinture se vend au centimètre (grand cadre, moyen cadre, petit cadre) !

Eh bien ! A défaut de vous offrir mes livres, je vous en offre les couvertures, oeuvres de Monsieur Patrick Legrand, le maquettiste des Editions du Cerf, un véritable artiste dont on ne parle jamais. Avec en cadeau, la maquette du dernier livre à paraître au printemps : Le dur métier d'apôtres. Je vous donnerai peut-être les clefs de chacune de ces premières dans de prochains billets. Merci d'avoir patienté si longtemps jusqu'à cette brève conclusion, qui, comme toutes ses semblables, ne conclut rien du tout.

Bernard Bonnejean






COUVERTURE D'UN OUVRAGE A PARAÎTRE


AU PRINTEMPS PROCHAIN

 

A LA SAINT-GLINGLIN

 

EN MAI OU JUIN PROCHAIN















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Jeanne d'Arc 2009

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Que voilà une bien jolie Jeanne d'Arc !
mardi 11 février 2009

 Vous trouveriez particulièrement inconvenant que j'ajoute quelque commentaire que ce soit à mon titre, n'est-ce pas ? Je me permettrais seulement de souligner la joliesse de la jeune fille et la délicatesse de ses pages. Et leur très bonne éducation, aussi. Toute la tenue de Mademoiselle Rabineau, sa coiffure, son élégance, son maintien, sa prestance, jusqu'à son discours final respirent cette bonne éducation-là. Trop accomplie sans doute pour incarner une sainte guerrière qui ne devait savoir ni lire ni écrire ni se vêtir convenablement. Si Jeanne d'Arc avait ressemblé à la belle élue d'Orléans, elle n'aurait jamais pu fonder un mythe.

Ce qui me gêne ? Mais rien, voyons ! Sinon, que j'ai eu le souffle coupé en voyant ce conseil municipal, - probablement l'un des derniers du pays à ressembler à ce qu'un Félix Faure eût estimé "digne" -, si empesé, si bien élevé précisément, si bourgeois, en un mot si "sarkozien" ! Comment dire, sans paraître malintentionné ? Cette Tradition-là - des fêtes johanniques, si j'ai bien compris - devrait avoir le goût et l'odeur du sang des martyrs ; dans ce décor de caf'conc' montmartrois transfiguré par le bling-bling, avec un maire en travail qui accouche ses mots comme une parturiente, une présidente de Comité qui, au contaire, semble n'avoir fondé son existence que sur ces exercices académiques, des autorités religieuses-civiles-zet-militaires plus vraies que leurs caricatures, cette Tradition sent plutôt le fric qu'elle va coûter aux contribuables compensé par des recettes attendues ; et on n'y croit pas. 

J'avoue un certain malaise, le même que dut ressentir la bergère lorsqu'elle devait "faire tapisserie" à la Cour pourtant bien pâlichonne du dauphin. Je veux donner en ce contexte une dénotation secondaire à l'expression "faire tapisserie" parmi ces ors, ces pompes et ces discours apprêtés et ampoulés dans une France qu'on veut à tout prix faire rêver à grands renforts de pacotilles, de paillettes et de mauvais strass. Une France dont le premier a préféré le Fouquet's au recueillement, le yacht d'un milliardaire au silence d'une abbaye où nos chers moines, confiants jusqu'à la naïveté, l'ont attendu en vain. Une France dont les filles penseront davantage à un garnement en chère pas trop chère qu'à un prince charmant, pur aristocrate, mais désargenté. Jehanne aurait ouvert le Livre et aurait dit, en bonne chrétienne : "On ne peut servir Dieu et Mammon". Et la Jeanne d'aujourd'hui lui aurait conseillé un peu plus de pragmatisme.

 

 


L'intronisation d'Agnès

Où serait alors la vraie noblesse des fêtes johanniques orléanaises ? Et si Orléans avait le courage de se choisir une Jeanne d'Arc "beurette" ? Ou une Larissa, par exemple, qui, si je ne me trompe, fréquentait le lycée Jeanne-d'Arc avant d'être rapatriée au Brésil.  Mauvais esprit ? Assurément non ! Relisez le procès de la Pucelle et vous verrez que la petite bergère devait avoir le tempérament d'une militante de "ni putes ni soumises", plutôt que celui que l'on croit deviner, peut-être à tort, chez cette Nicolette blonde à souhait, un peu trop aryenne avec son "cler vis", un peu trop "bonne catholique", un peu trop sage, au premier rang de la classe, pour mieux entendre les voix de ses maîtres, mais si belle que jamais il ne pût se trouver un Anglais assez diabolique pour lui vouloir du mal.



Mais, il faut le reconnaître, nous ne savons rien du physique de notre héroïne. Et puisque l'histoire ne nous a rien laissé qui puisse nous aider sur le portrait de Jeanne, restons finalement modestes. Laissons à Malraux le mot de la fin :

 

Ô Jeanne sans sépulcre et sans portrait, toi qui savais que le tombeau des héros est le coeur des vivants, peu importent tes vingt mille statues, sans compter celles des églises : à tout ce pour quoi la France fut aimée tu as donné ton visage inconnu...


Et que rien de ce qui précède ne dispense quiconque de s'enthousiasmer devant la grâce et la beauté d'Agnès Rabineau ! Qui vaut bien cette autre, après tout :




DERNIERE NOUVELLE :

Europe 1, 17 h 53 :

Paul Vermusse annonce que Paris Hilton a été choisie pour incarner Jeanne d'Arc dans un remake américain.
Ce qui me permet de vous rappeler, en toute simplicité, que le vocable pucelle, de l'étymon latin classique puella > bas latin VIe siècle pulicella > fr. pucelle à partir du Xe siècle ne connote pas obligatoirement la virginité. Au moins jusqu'au XVIe siècle, "pucelle se dit simplement pour "jeune fille", comme le dit pudiquement le bon Littré, qui s'empresse d'ajouter que pour La Pucelle d'Orléans, "en cet emploi, pucelle n'est pas du style familier". Ce qui ne l'empêche pas de ranger cette acception sous sa rubrique 1 : "Terme familier. Vierge".

Une citation du même Littré peut aider à se faire une idée lexicale du problème, si j'ose dire :

"Les lits se font : les trois pucelles de Marolles [qui n'étaient plus pucelles] se couchent, et leurs maris après"
Extrait des Contes de Desper. (j'ignore de qui il s'agit), V, XVIe siècle.

Finalement, nous ne sommes guère plus avancés.


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Une surprenante image

Publié le par Bernard Bonnejean

An hini zo sot hag a oar
A zisod pa gar

 

 

IMPORTANT

 

 

samedi 7 février 2009

 

 

Pardonnez- moi, mais j'ai livré à votre appréciation cette bannière, conséquence vitale de mon existence, sans même vous en avoir donné les clefs essentielles. En 2001, à la suite d'un événement extrêmement grave, tout ce qui faisait ma vie et mon bonheur a été radicalement bouleversé de fond en comble. Complètement perdu, abasourdi, sans repères autres que mes amis et ma famille, j'ai remis ma destinée à deux êtres qu'aujourd'hui je chéris par dessus tout : un moine bénédictin [B] et une religieuse [MA] fondatrice et prieure de la [NA], une communauté peu connue chargée de soulager toutes les détresses. Au fur et à mesure que les blessures se cicatrisaient, il m'était donné de comprendre. Ce que j'ai compris, je l'ai rendu sous la forme de cette bannière qui dit TOUT. J'en ai donné l'explication à B et à MA dans une lettre datée du 24 mai 2004. C'est elle que je vous livre aujourd'hui.

 



MA BANNIERE

  

 

 

« Et faisoit porter devant elle son estendart, qui estoit pareillement blanc, ouquel avoit deux anges tenans chacun une fleur de liz en leur main ; et au panon estoit paincte comme une Annonciation (c'est l'image de Nostre‑Dame ayant devant elle ung ange luy presentant un liz) »

 

 

 

 

 

 

 Qui aurait cru qu'un jour j'oserais vous faire part de ces folies ? Sûrement pas moi !

C'est un cadeau énorme que je vous fais là ! Le comprendrez-vous ?

 

 

Je le dédie au vieux bébé de Drancy

et à tous les bébés, de Drancy ou d'ailleurs,

qui ne sont jamais devenus vieux

 

 

Lundi 24 mai 2004,

 

Petite sœur et grand frère chéris,

 

Dans l’attente du combat du premier juin, lendemain des fêtes de la Pentecôte, voici les armoiries que m’a données l’Esprit Saint en ce dernier dimanche. Elles ont besoin d’un minimum d’explications et c’est ce que je vais tenter de faire aujourd’hui.

 

Les couleurs dominantes, disposées en bandes verticales, sont celles de la NA : d’or et de gueules. La première est la couleur de l’Esprit Saint, comme me l’a appris B, et en même temps figure la royauté du Christ ressuscité et rédempteur. La seconde symbolise son sang « versé pour la multitude en rémission de nos péchés ». Ce sont aussi, souvenez-vous, celles des pavillons des basiliques et des cathédrales, rappelant les anciennes couleurs du Vatican, siège de l’Eglise chrétienne.

 

Sur fond or, vous reconnaissez la petite Thérèse en haut à droite du Christ. C’est la place d’honneur, encore que ce mot n’ait pas le même sens au Ciel et ici-bas.

A la même hauteur, du côté droit, est la Vierge du Sourire, Notre-Dame des Victoires, qui l’a sauvée d’une maladie nerveuse très grave. C’est la Vierge invoquée par Marie, sa sœur, et priée par toute la famille Martin lorsque tout allait mal pour la petite fille, et même, plus tard, lors de son agonie, lorsqu’elle sera plongée dans les ténèbres de la nuit de la foi. C’est aussi, pour moi, celle qu’a prié MA, il y a quelques mois (s’en souvient-elle encore ?) et celle qui trône désormais dans sa chapelle, à la suite d’un don effectué la veille d’une de mes visites.

En bas, à la droite du Christ, c’est Bernadette, le premier bras droit de Thérèse, celle dont le père a été condamné injustement à la prison pour un larcin qu’il n’avait pas commis. Elle se charge pour l’instant du droit et de la justice, fort discrètement mais très efficacement, selon son caractère. Elle reste bien sûr liée à Notre-Dame de Lourdes où je me suis rendu récemment avec Momo, et à ma prière quotidienne à la Reine des Cieux et Maîtresse des Anges, qui se termine par « Ô Divine Mère, envoie les Saints Anges pour me défendre et repousser loin de moi le cruel ennemi. Saints Anges et Archanges, défendez-nous, gardez-nous. »

A sa gauche, Gemma, la patronne de la NA, second bras droit de Thérèse, aussi amoureuse de Jésus qu’elle. Thérèse l’a nommée ministre de la purification et des affaires spirituelles. C’est elle qui est chargée de demander ma conversion.


Thérèse et la Vierge sont tout pour moi, à la fois ; Bernadette et Gemma sont mes filles adoptives, celles que j’aurais aimé avoir si j’avais été père. Toutes ont des traits communs de caractère, malgré leurs différences : tenaces, parfois jusqu’à l’entêtement, elles ne lâchent jamais prise, et malgré leur douceur, et aussi leur humour, elles restent fermes dans leurs décisions, constantes dans leurs avis, leurs conseils et leurs demandes, et fidèles dans leur amour et leurs amitiés. En un mot, on peut vraiment compter sur elles, contre vents et marées.

 

Sous chacune d’elle, est inscrite le quart de la réponse que Jeanne d’Arc a faite aux juges qui lui demandaient si elle était dans la grâce de Dieu. Elle a eu alors cette réponse sublime : « Si je n’y suis, Dieu m’y mette ; et si j’y suis, Dieu m’y garde ! » L’ensemble de cette réponse n’a pas été partagée au hasard.
 

A Thérèse revient la plus mauvaise part : « Si je n’y suis ». Personne aujourd’hui n’oserait retenir cette hypothèse comme une réalité. Mon petit docteur [il s’agit de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Docteur de l’Eglise] a fait ses preuves, encore plus après sa mort que de son vivant. Mais, humble et infiniment aimante, elle accepte volontiers de se charger de ce petit fardeau, elle qui accepta avant de mourir de rester en purgatoire, sur le modèle de Thérèse d’Avila, pour sauver les âmes. Du reste, elle fut très tôt rassurée par Anne de Jésus, vue en rêve, qui lui rapporta que le Ciel l’aimait et qu’il était content d’elle. Merci tout de même de t’être réservée la part la moins noble, toi qui signais « rel.carm.ind. » c’est-à-dire « religieuse carmélite indigne », sauf quelques rares fois où tu n’en étais pas convaincue du tout, ce que j’espère prouver dans mon livre : je te reconnais bien là, ma chérie.

La Vierge a pris « Dieu m’y mette ». C’est assez logique finalement, et assez attendu. Elle aurait pu ajouter : « Pourvu que je le lui demande ».

Bernadette, malgré sa modestie, se voit distribuer : « et si j’y suis ». Souffra-t-elle assez pour qu’on puisse encore penser le contraire ?

Mais ce qui me fait le plus plaisir, c’est la part de Gemma : « Dieu m’y garde ! » Pour un ministre des affaires spirituelles, la Providence ne pouvait faire mieux. Je sais pour ma part que Dieu m'aime comme son fils, et je demande instamment à Gemma de me garder en son amour.

 

Je ne m’étendrai pas outre mesure sur les deux inscriptions en hébreu, tout droits tirées de la conférence de MA que je me contente de reproduire ci-après :

 

 

« Il s’est penché sur son humble servante ».

On voit dans cette attitude toute l’expression de la miséricorde du Père où le mot « penché » implique une immense tendresse. Or, il n’y a pas d’Eucharistie sans l’expression de la tendresse de Dieu.

Il existe une autre racine qui forme doublon : h’essed, qui traduit « fidélité », « bienveillance », « amour », « faveur », « loyauté », « bonté ». Et la Vierge dit dans le Magnificat :


« Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ».


Or, on ne peut « être dans la grâce de Dieu » sans sa miséricorde. Les deux notions sont non seulement complémentaires mais intimement liées, l’une ne pouvant exister sans l’autre. Dieu seul est parfaitement saint, mais comme l’a dit Thérèse, puisque « nos justices ont des taches » à ses yeux, il nous faut lui demander d’exercer sa miséricorde afin qu’il soit lui-même notre sainteté.

 

La bande la plus large sur fond rouge est aussi la plus chargée.

 

La figure centrale en est le Christ, ou plus exactement son Sacré-Cœur, auquel je me suis consacré, qu’il montre de la main. C’est en sa direction que regarde la Vierge du Sourire. C’est elle aussi qui prononce ces paroles des Noces de Cana, alors que son Fils se faisait tirer l’oreille : « Faites tout ce qu’il vous dira », écrit ici en grec, parce que le texte latin de la Vulgate est pesant et inélégant. La victoire est à ce prix : la miséricorde divine ne peut s’exercer que, selon Thérèse et Faustine notamment, dans l’abandon, la confiance et l’amour.

J’ai fait de cette première parole la première partie de ma devise, la seconde étant figurée en bas : « Duc in altum », « Va au large », c’est-à-dire comme le connote le mot altum, « plus loin, plus haut et plus profond ». J’aurais pu ajouter « sans avoir peur ».

Ce « Duc in altum » est ponctué trois fois par deux figures diamétralement opposées et un groupe qui assure la transition entre le Christ sur lequel il est représenté et le sommet de la terre, puisqu’il pose le pied sur la lettre la plus haute de la citation, le « t ».

Commençons par les deux figures symétriques : à la droite du Christ est saint Bernard, mon saint patron. Il est assis en chaire, comme l’enseignant et le docteur qu’il est, tenant d’une main un livre, symbole de la sagesse et de la vérité révélée. Il porte l’autre à sa poitrine, en signe d’allégeance, de fidélité et d’hommage, dans le sens médiéval du terme.

L’autre est Jeanne d’Arc, vénérée par Thérèse, la patronne de la France et la libératrice des âmes autant que des corps. Je l’ai voulue en habits civils, alors qu’elle rendait visite au Dauphin, avant de commencer vraiment sa mission. Plus que la guerrière, c’est la jeune fille qui m’agrée davantage, celle qui laissa tout pour servir Dieu, son roi, l’Eglise et son pays. Mais elle porte déjà l’étendard qui plongera l’ennemi dans le désarroi et la crainte.

Tous deux s’apprêtent à combattre, plus avec les armes de l’amour et de la foi, qu’avec les armes de la guerre.

 

Un chérubin apporte à l’un un bouclier et à l’autre un casque, armes de défense.

Mais un troisième chérubin semble extraire une longue épée de la tête du Christ, pour marquer que le combat sera aussi offensif et qu’il sera mené par l’Esprit en personne.

 

Les trois anges [un cadeau magifique de Mgr AM, archevêque] qui figurent sur la tunique du Christ sont, bien sûr, Jubilate, Miséricorde et Gaudete.

 

Celui qui occupe la place la plus élevée est Gaudete, mon Ange Gardien : c’est lui qui a extrait le glaive de la tête du Christ. C’est le seul combattant des trois, lui qui me délaisse parfois, sur ma demande, pour aller protéger les petits enfants contre les assaillants, avec des troupes d’anges, envoyés par la Vierge, la patronne de mon tribunal céleste. De la main droite, il désigne le « Duc in altum » et de l’autre, comme pour confirmer l’inscription, il désigne le large.

Le deuxième ange est Jubilate. Lui aussi regarde le « Duc in altum », les mains jointes, en prière, comme nous le faisons tous les soirs.

Le troisième est Miséricorde. C’est lui qui pose le pied sur le « t » de « altum » assurant ainsi le lien entre l’ici-bas et l’Au-delà. Son geste de la main rappelle celui du Christ enseignant, l’index et le majeur réunis.

 

Je crois avoir été complet. Voici dans quelles conditions s’annonce le combat contre la maladie.

 

Je terminerai par cette parole donnée pour moi à MA, lors de ma visite chez elle, le 17 janvier dernier :

 

« Sois sans crainte. Continue de parler, ne te tais pas. Car je suis avec toi, et personne ne mettra sur toi la main pour te faire du mal, parce que j'ai à moi un peuple nombreux dans cette ville. »

 

C’était dans la lecture de vendredi dernier… Dieu ne saurait mentir ! !

 

Mes petites saintes, mon saint patron, mes anges et moi-même vous embrassons et vous demandons de nous joindre à notre combat par la prière.

 

Bernard

 

 

Voilà, mes nouveaux amis de l'Île des Poètes Immortels, c'est à vous aujourd'hui que je transmets le flambeau pour vous remercier de m'accueillir parmi vous. Merci à Samia pour sa bienvenue. Je signe de mon vrai nom :

 

Bernard BONNEJEAN

 

Publié dans religion et culture

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La fin d'un scandale ?

Publié le par Bernard Bonnejean



Mgr Williamson ne peut être évêque sans rejeter ses positions sur la Shoah

 

Il ne fait toujours pas partie de l’Eglise catholique

jeudi 5 février 2009

 

ROME, Mercredi 4 février 2009


S'il veut un jour pouvoir exercer un ministère d'évêque dans l'Eglise catholique, Mgr Williamson devra, entre autres, rejeter publiquement et sans équivoque ses positions sur la Shoah : c'est ce qu'indique aujourd'hui une « Note » de la Secrétairerie d'Etat du Saint-Siège.

La « Note » fait la Une de L'Osservatore Romano en italien du 5 février 2009. Radio Vatican présente également ce 4 février la « Note de la Secrétairerie d'Etat sur la levée de l'excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pierre et sur les déclarations négationnistes de Mgr Williamson ».


« L'évêque Williamson devra, pour être admis à des fonctions épiscopales dans l'Eglise, aussi prendre ses distances de façon absolument sans équivoque et publiquement par rapport à ses positions sur la Shoah », déclare la Secrétairerie d'Etat.


La même note indique que le pape Benoît XVI n'avait « aucune connaissance » de telles positions « négationnistes » ou « réductionnistes » au moment de la levée de l'excommunication, le 21 janvier dernier.


Les positions de Benoît XVI sur la Shoah sont bien connues : la « Note » cite en particulier un extrait de la prise de position publique de Benoît XVI le 28 janvier dernier, au terme de l'audience générale :
 


« Les positions de Mgr Williamson sur la Shoah sont absolument inacceptables, déclare la Secrétairerie d'Etat, et elles sont fermement refusées par le Saint-Père, comme il l'a lui même remarqué le 28 janvier, lorsque, se référant à ce génocide barbare, il a répété sa pleine et indiscutable solidarité avec nos frères destinataires de la Première Alliance, et qu'il a affirmé que la mémoire de ce terrible génocide doit conduire l'humanité à réfléchir sur l'imprévisible puissance du mal lorsqu'il conquiert le cœur de l'homme', ajoutant que la Shoah reste ‘pour tous un avertissement contre l'oubli, contre la négation, ou contre le réductionnisme, parce que la violence perpétrée contre un seul être humain est une violence contre tous' ».


Le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège a lui-même rappelé, hier encore, les différentes prises de positions publiques du pape depuis son élection à ce sujet. Le P. Lombardi disait dès le 28 janvier, espérer que les paroles du pape sur la Shoah aident à « promouvoir avec fruit et sérénité le dialogue avec le judaïsme ». Des clips de ces interventions sont disponibles sur le portail de Benoît XVI sur YouTube.


Dès le 29 janvier, des réactions « positives » de la communauté juive italienne avaient été enregistrées, en réponse aux déclarations de Benoît XVI et de la conférence des évêques d'Italie.


La Fraternité Saint-Pie X n’a pas de statut canonique dans l’Eglise catholique

Ses évêques n’y exercent pas de ministère licite

ROME, Mercredi 4 février 2009

La Fraternité Saint-Pie X « ne jouit d'aucune reconnaissance canonique dans l'Eglise catholique », rappelle aujourd'hui une Note de la Secrétairerie d'Etat.


Autrement dit, la levée de l'excommunication ne signifie pas une « intégration » dans l'Eglise. C'est une porte ouverte pour le « dialogue ». Et les quatre évêques dont le pape Benoît XVI a levé l'excommunication ne font toujours pas partie des évêques catholiques exerçant licitement un ministère épiscopal.


La levée de l'excommunication est une réponse de Benoît XVI aux « demandes répétées de la part du Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X », de façon à ouvrir une « porte » au « dialogue ».


Mais il attend une « disponibilité semblable » de la part des quatre évêques et  leur « adhésion totale à la doctrine et à la discipline de l'Eglise ».


La « Note » souligne que l'excommunication latae sententiae représente une sanction « très grave » et qu'elle était « une conséquence de leur ordination illégitime par Mgr Marcel Lefebvre ».


Or, s'ils sont maintenant libérés de cette « peine canonique gravissime », les quatre évêques et la Fraternité Saint-Pie X  n'ont pas pour autant changé de situation juridique : ils n'ont aucun mandat canonique dans l'Eglise catholique.


Une éventuelle reconnaissance future supposerait, indique la « Note » « la pleine reconnaissance du Concile Vatican II et du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et de Benoît XVI lui-même ». C'est même une « condition indispensable ».


Donc, les « questions encore ouvertes » feront l'objet du dialogue, avec pour objectif d'arriver « à une solution entière et satisfaisante des problèmes qui ont été à l'origine de cette fracture douloureuse », rappelle la Secrétairerie d'Etat.

Publié dans religion

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Un métier qui se meurt ou la renaissance des Abbayes fougerais

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Les anticléricaux vont être déçus

 

 

Si, vous promenant à Fougères, vous rencontrez un religieux vêtu d'une soutane de serge blanche, avec un collet large et un rochet de toile ; ou bien, un bonnet carré vissé sur la tête, et, en hiver, un camail noir avec un capuchon ; que, par-dessus son rochet, il s'est couvert d'un manteau noir : craignez pour votre âme ! Soit il erre sur les lieux d'un crime impuni, soit vous n'êtes plus tout à fait vivant. Il ne peut s'agir que du fantôme d'un chanoine régulier de Sainte-Geneviève qui s'est sauvé de l'abbaye Saint-Pierre de Rillé.

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Une abbaye à Fougères ? Les Fougerais ne sont même pas au courant. En 1020, un certain Auffroy, fils d'un certain Méen, fonde une collégiale dans l'église Saint-Pierre de Rillé. Sans demander la permission, Henri de Fougères en fait une abbaye qu'il confie aux chanoines augustins de Notre-Dame. Vers 1150, il aurait fait un vœu : tombé malade à la suite d'une chasse, transporté dans son château de Landéan, il réunit tous ses sujets et fait promettre à son fils aîné, Raoul, de protéger l'abbaye en question. Puis il devient cistercien à Savigni où il meurt peu de temps après.

 

En fait, l'abbatia Sancti Petri de Relleyo est une affaire qui rapporte : 3 000 francs par an ! Pourtant, elle est pillée, incendiée, réformée deux fois en 1628 et en 1634 où elle prend le nom d'abbaye Sainte-Geniève. Le dernier abbé en fut Thomas-Esprit l'Olivier de Tronjoly, de Cornouailles, chanoine de Reims, sorbonnard et recteur de Lorient, nommé à Rillé le 10 avril 1763. Supprimée en 1791 par les révolutionnaires, le grand Lamennais en devient propriétaire en 1828. À  partir de 1846, on y accueille les jeunes sourds, puis un lycée tenu par des religieuses. Aucun des bâtiments actuels ne remonte à l'ancienne abbaye.  

 

 

Saint-Pierre-de-Rille.jpg 

 

 

Saint-Pierre de Rillé, aujourd'hui 

 

 

« Et alors ? 

 

— Et alors, rien ! Vous n'êtes pas contents d'avoir appris quelque chose ? Mais le fait est que ce n'est pas de l'abbaye dont je veux vous parler mais des Abbayes. »

 

Ayez donc confiance en moi ! Ne vous ai-je pas toujours mené à bon port même par des chemins tortueux ou de traverse. Soyez attentifs et laissez-vous embarquer ! Le timonier sait où il va. 

 

Un livre, c'est une chaîne, qu'on peut schématiser ainsi : 

 

    

 

©



Un bon auteur peut donc s'enorgueillir non seulement de procurer du plaisir à son lecteur, mais aussi de contribuer à faire vivre une multitude de gens. Ce qu'il faut donc comprendre, avec la plus grande modestie, c'est qu'un éditeur qui vous « prend » à son compte ne le fait pas pour votre génie littéraire, mais parce qu'il sait que vous lui fournissez un bon produit commercialisable et rentable. 

 

Pourtant j'aime bien ce schéma car il met en valeur l'aspect esthétique, de moins en moins manuel, du livre : la fabrication et l'imprimerie. Un beau livre n'est pas forcément un bon livre. Paradoxal ? Non. Regardons attentivement cette notice explicative d'un bouquiniste réputé. Au hasard :

 

Frontispice de Célestin Nanteuil. Paris, Alphonse Lemerre, 1869. In-12° broché, ouvrage en état moyen (couverture fanée, dos cassé...), 396 pages en partie non coupé. Très rare édition originale de ce texte qui mérite une reliure.

 

Le nom de l'auteur, le titre ? Peu importe ! Ce livre ne vaut pas pour la qualité de son écriture ni pour l'originalité de sa thématique ni pour son intérêt didactique ni pour le renom de son auteur. La preuve ? Les pages non coupées qui attestent qu'il n'a même pas été lu. Pourquoi va-t-il coûter cher ? Comme les grands crus classés, le livre est supposé bonifier avec l'âge. C'est faux, mais l'essentiel est que le bibliophile le croie : le papier du XIX° siècle, de très mauvaise qualité, a jauni très vite et est très souvent taché ! En revanche, pour les vrais amateurs, le nom d'Alphonse lemerre est une référence : tous les grands poètes ont paru chez lui. Le problème est que Lemerre n'a pas publié que Verlaine... Le frontispice est à lui seul un plus commercial et aristique : Célestin Nanteuil, Célestin-François Nanteuil-Lebœuf, est un grand nom de la gravure du XIX° siècle, connu comme illustrateur de l'édition Furne des œuvres de Balzac. Enfin, à supposer que le livre ne présente aucun intérêt d'ordre intellectuel, sa cherté vient surtout de sa rareté.

 

Ne soyons pas naïfs : un beau livre, dans tous les sens du terme, qui serait en même temps un bon livre, serait hors de prix. Ils existent mais ne sont à la portée que de collectionneurs privés assez fortunés ou de bibliothèques nationales. Certains ouvrages d'Apollinaire illustrés par Picasso, en tirage très limité, ne figurent pas sur les catalogues...

 

Pourtant, supposons que je sais avoir écrit un bon livre dont je suis fier et que je veuille en faire un bon livre. Un livre qui ne s'effeuillera pas comme une marguerite à la première lecture, qui sera agréable à regarder, à humer, à toucher.

 

C'est le travail des Abbayes. Ne vous énervez pas : je m'explique. Il existe à Fougères un jeune homme dont voici les coordonnées :

 

 Numeriser0006.jpg

 

 

Henry des Abbayes est le petit-fils de Henry Nicollon des Abbayes, vendéen, breton d'adoption, professeur de botanique à la Faculté des Sciences de Rennes, latiniste et helléniste distingué, traducteur en vers français des Bucoliques de Virgile et des Odes d'Horace. C'est aussi, d'après Jacques Vier (1906-1991), professeur de lettres classiques à Rennes, un poète de grand talent. Voici ce que le lettré disait de la poésie du savant :

 

En un siècle où, à force de tuer la rime, on a fini par tuer la raison, et où le chemin de la beauté n'est guère enseigné que par des lumignons sur des gravats, un tel amour de la perfection rythmique, une telle religion des vers, envisagés comme l'une des plus hautes disciplines de l'esprit, en nous restituant la fierté du passé, autorise l'espérance en l'avenir.

 

Grand spécialiste de la flore lichénique bretonne, ce savant de réputation internationale, décédé en 1974, a donc laissé quelques bons poèmes.

 

Son petit-fils, Henry, après quelques années d'études d'imprimeur, a d'abord travaillé pour de multiples maisons d'édition parmi les plus grandes. Puis il décide de quitter les chemins battus d'une certaine facilité pour revenir à des pratiques plus artistiques. Ce qui suppose un investissement important. Il s'agit de se procurer des machines qui n'existent plus sur le marché et de réapprendre à les faire fonctionner. Voici les photos que j'ai rapportées de son atelier fougerais où il nous a remarquablement accueillis :

 

Couseuse.JPG

 

 

Couseuse du XIX° siècle. C'est elle qui fait que les pages des ouvrages

ne se détacheront pas du volume après plusieurs lectures.

 

 

 

 

Presse.JPG

 

La presse. Les pieds de machine à coudre sont une

concession aux impératifs économiques.

 

 

Metteuse-en-page.JPG

 

Seul Henry pourra nous redire à quoi sert ce monstre

dont l'acquisition fait sa fierté (difficile de prendre des notes

et des photos en même temps).

 

 

Henry-des-Abbayes.JPG

 

 

L'éditeur-imprimeur devant une pierre à lithographie.

(Méfiez-vous des lithos !!! : un attrape-nigauds)

 

 

Le résultat est incomparable. Pour la qualité, je vois mal comment nos « volumes » contemporains pourraient soutenir la comparaison, sur le plan esthétique et sur le plan de la robustesse. Notons que M. des Abbayes n'imprime que rarement sur des papiers médiocres utilisés par les imprimeurs industriels et que ses encres sont choisies avec soin. Sur le plan économique, les prix sont loin d'être exhorbitants et le client, le plus souvent à compte d'auteur, sait parfaitement à quoi s'en tenir, les devis étant scrupuleusement établis et respectés. Quant à la liberté, elle est (malheureusement ?) totale. Un imprimeur imprime, sans trop se préoccuper des caractéristiques littéraires des ouvrages qu'on lui a confiés. Et c'est là qu'il faut rappeler qu'un beau livre n'est pas toujours un bon livre.

 

Mais quand les deux sont réunis, qu'un beau livre est aussi et surtout un bon livre, voici ce que ça donne :

 

Numeriser0007.jpg

 

 

 

 

 

 

Numeriser0008.jpg

 

 

 

 

 

Et sur vélin, bien sûr !

 

 

Un mot tout de même sur l'illustratrice :

 

Marie-Paule Seigneur (1940 - Wasquehal - Nord), diplômée de l'Ecole nationale supérieure des Arts et industrie des textiles de Roubaix (1960), a illustré le Journal de Botanique. Aujourd'hui, elle tient depuis 1973 un atelier à Guérande où elle travaille l'aquarelle et la peinture à l'huile.  

 

Vous, je ne sais pas, mais moi, après ça, j'envisage l'avenir avec un peu plus d'optimisme.

 

Mes lecteurs et moi-même vous remercions, M. Henry Collon des Abbayes, même les anticléricaux qui, vous me l'avez dit, font partie aussi de votre clientèle...

 

 

À bientôt,

 

Bernard Bonnejean

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Mon ami Charles Péguy

Publié le par Bernard Bonnejean

Darcos a-t-il édulcoré Péguy ?

ou


de la vaine indécence à récupérer un génie libre

 

dimanche 1er février 2009 

 

A Corinne Leveleux-Teixeira,

à Monsieur le Professeur Pierre Brunel,

à Monsieur Doué, mon instituteur bien-aimé,

à Mgr Scherrer, évêque de LAVAL. 

 

Bonne nouvelle : les éditions des Equateurs, sises à Sainte-Marguerite-sur-mer, dans le département de la Seine-Maritime, viennent de rééditer L’Argent (10 euros, 100 pages) de Charles Péguy, présenté par Antoine Compagnon. On retrouve dans ce fameux texte de 1913 l’apologie déjà nostalgique des hussards noirs de la République, davantage maîtres d’école qu’instituteurs, ainsi qu’une violente dénonciation des inégalités croissantes, “cet étranglement économique, d’un collier de fer qui tient à la gorge et qui se serre tous les jours d’un cran”. g13-09.1227872852.jpgRien de ce qui touche Péguy, Bernanos et quelques autres, ne nous est étranger. Y compris ce qui nous dérange en eux. L’antimoderne en Péguy par exemple. Mais pas uniquement.

Hédi Kaddour, professeur de littérature, poète, critique, traducteur et romancier, vient de publier en ligne un texte polémique qui s’en prend à Xavier Darcos. Il entend dénoncer une conception dangereuse de son travail sur le passé. Qu’a donc écrit le ministre de l’Education nationale dans Paris-Match qui justifie son ire ? Il a fait l’apologie de Péguy et évoqué ses rapports pour le moins conflictuels avec Jean Jaurès. Il est vrai que dans L’Argent et dans sa suite, il le traitait de “tambour-major de la capitulation“, d’”agent du parti allemand” et de “traître par essence”.Ce qui, en 1913, était plus qu’insultant. Hédi Kaddour voit dans cette haine nationaliste et belliciste un appel au meurtre, suivi d’effet puisque Jaurès fut assassiné quelques mois plus tard par Raoul Villain au café du Croissant. Il reproche à Darcos, qui fut longtemps professeur de lettres classiques, d’édulcorer la responsabilité de son grand écrivain :“Il organise également par décrets les programmes scolaires. Signal faible ou signal fort ?” s’interroge-t-il à propos du ministre. Le procès d’intention ne serait-il pas abusif ? Ca se discute. C’est là, sur le site de Poésie.

On en reparlera certainement au colloque sur “Péguy et la presse” qu’organisent en décembre les Cahiers de l’Amitié Charles Péguy.

(”Charles Péguy (L. 1894) dans sa boutique des Cahiers de la Quinzaine, rue de la Sorbonne”
photographie, collection Larousse)

Pierre ASSOULINE, Le Monde des livres, 28 novembre 2008.

 

Par honnêteté je cite ci-après l'intégralité du texte de Hédi Kaddour :

Le 15 octobre 2008, le Ministre de l’Éducation Nationale, M. Xavier Darcos lançait un l’appel d’offre de 100 000 euros relatif à la « veille d’opinion » sur Internet et dans l’ensemble de la presse. Il y déterminait la tâche de « Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles) ».

Le lendemain, 16 octobre, dans Paris-Match, le même M. Darcos, publiait un article sur Charles Péguy. Il y parlait de la polémique qui opposa Péguy à Jaurès à la veille de 14/18 : « Quelques mois avant l’assassinat de la rue du Croissant et le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Péguy laisse libre cours à sa haine de Jaurès, filant à nouveau la métaphore militaire pour décrier le "tambour-major de la capitulation". L’angoisse qui s’empare soudain de Péguy est sectaire mais prémonitoire. Il se prépare depuis des années à l’échéance de la guerre. Il est obsédé par la hantise que les efforts de l’école de la république – née de la défaite de Sedan donc revancharde – soient subitement remis en cause par un pacifisme irréaliste à ses yeux. »

La citation pêche ici par omission : la haine de Péguy en 1913 ne se contente pas de « décrier » Jaurès, elle appelle à le tuer. Et si l’ensemble (et non cette seule citation) des textes de Péguy écrits à cette période est prémonitoire de quelque chose, c’est de l’assassinat de Jaurès, qui finit par avoir lieu quelques mois plus tard.

Les seuls mots cités par M. Darcos sont les plus faibles d’une série qui gagne à être rappelée. Cela commence en février 1913 et se poursuivra dans les semaines qui suivent, dans deux séries des Cahiers de Péguy, intitulées L’argent, puis L’argent suite, jusqu’en avril 1913. C’est l’époque du débat sur la loi dite de Trois ans, augmentant la durée du service militaire. Jaurès et la gauche française s’y opposaient. Le « tambour-major de la capitulation » n’est que le second qualificatif lancé par Péguy, juste après que – dans L’argent – il a fait de Jaurès un « traître par essence ».

À ce traître, Péguy réserve quelques pages plus loin, dans L’argent suite, un traitement « conforme à la politique de la Convention Nationale » sans se dissimuler, précise-t-il que « la politique de la Convention Nationale c’est Jaurès dans une charrette et un roulement de tambour pour couvrir cette grande voix. »

Plus loin, il se réfère aux combats du 19e siècle pour affirmer : « Quant à ce que un homme comme Proudhon aurait fait d’un misérable homme comme Jaurès, si le volumineux poussah lui était tombé entre les mains, il vaut mieux ne pas y penser. » Il revient ensuite à son allusion à la guillotine de 1793 pour dire que le « gros homme » qu’était Jaurès « ne serait peut-être point humilié […] que ce fût le tambour de Santerre qui couvrît sa grande voix. ». Santerre est le général censé avoir donné l’ordre aux tambours de battre pour couvrir la voix de Louis XVI sur l’échafaud. Et pour boucler la boucle, Péguy revient ensuite au thème initial de la traîtrise : Jaurès est un « agent du parti allemand ».

L’homme qui édulcore ainsi une prémonition à laquelle Raoul Villain n’aura plus qu’à prêter la main, le 31 juillet 1914, ne se contente pas d’écrire l’Histoire à sa façon. Il en organise également par décrets les programmes scolaires. Signal faible ou signal fort ?

Hédi KADDOUR

http://www.pourpoesie.net/index.php/tempestive/texte/70/

 

A chacun son Péguy ? Oui, en quelque sorte. Les athées revendiquent le Péguy athée ; les socialistes, le Péguy socialiste ; les catholiques, le Péguy catholique ; les vichystes, UN Péguy vichyste mort en 1914... En fait, Péguy ne fut jamais athée : catéchisé en la paroisse Saint-Aignan d'Orléans, loin de renier ses leçons, il se présenta toujours, dans des pages magnifiques, autant fils de la Gueuse que de la Calotte ; socialiste, il le fut vraiment, ennemi presque haineux d'un Jaurès qui pour lui n'était qu'un bourgeois traître à la cause ; catholique, il ne fut jamais pratiquant, non par conviction mais par scrupule : sa femme avait refusé qu'on fît baptiser son fils Pierre ; quant à Vichyste, c'est la récupération la plus ignoble qu'on puisse faire du patriotisme de Péguy, qui défendit Dreyfus et soutint Halévy jusqu'au bout. Péguy récupéré par Darcos ne me dérange donc pas. C'est le propre des génies libres que de servir post mortem aux causes médiocres. Parce qu'elles ne sont pas assez nobles en elles-mêmes pour se suffire à elles-mêmes. Tous les régimes en manque de valeurs vont les chercher où ils peuvent, chez Jaurès et Môcquet, par exemple. Mais Péguy n'est pas nationaliste antisémite parce qu'il a plu à Pétain, pas plus que Nietsztche et Wagner n'auront été nazis.

En ces jours mouvementés, moi aussi je récupère Péguy, le Péguy prosateur qui me fit encore aimer davantage les maîtres d'écoles, tous les maîtres d'école de la maternelle à l'Université. Il a écrit ce texte en 1913, dans l'Argent précisément, un an avant de mourir conformément à ses idées, d'une autre façon que Jaurès assassiné conformément aux siennes. Cet hommage à nos maîtres et maîtresses, je voudrais le faire mien en ce temps où ils sont vilipendés et humiliés par un peuple décadent mené par des dirigeants qui ne dirigent plus rien.


Bernard BONNEJEAN

 

"De tout ce peuple les meilleurs étaient peut-être encore ces bons citoyens qu'étaient nos instituteurs. Il est vrai que ce n'était point pour nous des instituteurs, ou à peine. C'étaient des maîtres d'école. C'était le temps où les contributions étaient encore des impôts. J'essaierai de rendre un jour si je le puis ce que c'était alors que le personnel de l'enseignement primaire. C'était le civisme même, le dévouement sans mesure à l'intérêt commun. Notre jeune Ecole Normale était le foyer de la vie laïque, de l'invention laïque dans tout le département, et même j'ai comme une idée qu'elle était un modèle et en cela et en tout pour les autres départements, au moins pour les départements limitrophes. Sous la direction de notre directeur particulier, le directeur de l'école annexe, de jeunes maîtres de l'école normale venaient chaque semaine nous faire l'école. Parlons bien, ils venaient nous faire la classe. Ils étaient comme les jeunes Bara de la République. Ils étaient toujours prêts à crier Vive la République !

Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs. Sveltes, sévères, sanglés. Sérieux, et un peu tremblants de leur précoce, de leur soudaine omnipotence. Un long pantalon noir, mais, je pense, avec un liseré violet. Le violet n'est pas seulement la couleur des évêques, il est aussi la couleur de l'enseignement primaire. Un gilet noir. Une longue redingote noire, bien droite, bien tombante, mais deux croisements de palmes violettes aux revers. Une casquette plate, noire, mais un croisement de palmes violettes au-dessus du front. Cet uniforme civil était une sorte d'uniforme militaire encore plus sévère, encore plus militaire, étant un uniforme civique. Quelque chose, je pense, comme le fameux cadre noir de Saumur. Rien n'est beau comme un bel uniforme noir parmi les uniformes militaires. C'est la ligne elle-même. Et la sévérité. Portés par ces gamins qui étaient vraiment les enfants de la République. Par ces jeunes hussards de la République. Par ces nourissons de la République [...]

 

Je voudrais dire quelque jours, et je voudrais être capable de le dire dignement, dans quelle amitié, dans quel climat d'honneur et de fidélité vivait alors ce noble enseignement primaire. Je voudrais faire un portrait de tous mes maîtres. Tous m'ont suivi, tous me sont restés obstinément fidèles, dans toutes les pauvretés de ma difficile carrière. Ils n'étaient point comme nos beaux maîtres de Sorbonne. Ils ne croyaient point que, parce qu'un homme a été votre élève, on est tenu de le haïr. Et de le combattre ; et de chercher à l'étrangler. Et de l'envier bassement. Ils ne croyaient pas que le beau nom d'élève fût un titre suffisant pour tant de vilenie. Et pour venir en butte à tant de basse haine.# Au contraire, ils croyaient, et si je puis dire ils pratiquaient que d'être maître et élèves, cela constitue une liaison sacrée, fort apparentée à cette liaison qui de la filiale devient la paternelle. Suivant le beau mot de Lapicque ils pensaient que l'on n'a pas seulement des devoirs envers ses maîtres mais que l'on en a aussi et peut-être surtout envers ses élèves. Car enfin ses élèves, on les a faits. Et c'est assez grave."

Charles PEGUY, L'Argent,

Sixième cahier de la quatorzième série (16 février 1913),

Oeuvres en prose (1909-1914), Pleiade,

éd. Marcel Péguy, 1957, p. 1060 sqq.

 

# Vous étiez quatre, Messieurs, à avoir lu et examiné à la loupe (vous me l'avez prouvé) la thèse que j'ai soutenue devant vous ce jour-là. Deux professeurs de Rennes (un médiéviste et un dix-neuvièmiste), un professeur de Poitiers. Et vous, leur maître à tous, M. le Professeur Pierre Brunel, de la Sorbonne. Pas un pour protester contre ces affirmations ! Et c'est tout à votre honneur.


Cette note a été rédigée par Bernard Bonnejean, Docteur Agrégé de Lettres Modernes de l'Université de Rennes II, titulaire d'une maîtrise de Lettres classiques, mais surtout


TITULAIRE D'UN C.A.P 1971 (certificat d'aptitude pédagogique à l'enseignement primaire) qui fait de lui

à tout jamais


UN INSTIT

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Cadeau de poète (3)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Hommage de Laval

 

à


tous les Balgentiens, Orléanais, Parisiens, et autres

 

  vendredi 30 janvier 2009

 

Vous êtes nombreux, sachez-le, à être venus "jeter un oeil", comme on dit, sur ce blog consacré ces jours-ci à la poésie. Nous vous le rendrons, votre oeil. Soyez sans crainte ! Il en sortira rajeuni, purifié, revirginisé, transfiguré, ouvert sur un monde que peut-être certain(e)s n'imaginaient même plus encore possible dans cette ambiance de tournant de siècle, folle, meurtrière, égoïste, rationaliste jusqu'au mensonge et utilitaire jusqu'à l'esclavagisme.

 

Vous êtes venus juste pour voir ? Et alors ? Vous avez vu et c'est l'essentiel.

 

Vous n'êtes pas assez savants pour avoir osé commenter ? Là, vous avez tort. Les petits enfants sont de très grands poètes et les grands poètes sont de petits enfants.

 

Mais aujourd'hui, vous êtes revenus dire bonjour à Olivier, notre poète. Peut-être aussi au revoir. Et il vous le rend au centuple, votre salut, avec un cadeau inouï : l'hommage de quelques inédits de l'an passé.

 

Et moi, je suis fier de vous connaître et content que vous appréciez.

 

Bernard et Olivier

 

 

 

 

 

(quelques poèmes de l'année 2008)

 

 

Vous poussez vers moi votre main

comme le soleil avance


te revoilà narcisse sois

le bienvenu

et ton sillage de passereaux


nous redirons les mêmes mots nous

redirons les mots.

 

 

---

 

Qu'il gèle qu'il grêle le froid

ne me pénètre pas


tombent les tours

j'ai mes amours


je caresserai la grande araignée

ne pleurerai pas aujourd'hui.

 

---

 

Puis grelottant

puant dehors puant dedans

roule ta laide bosse tes jarrets tortus de questionné


dans l'église il y a du pain


attend l'été mais l'été

va pas seul.

 

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en pensant encore à François Villon


Loque jetée des geôles tu

fus franc écolier

qui chantais de tes trente dents

à faucher les tulipes.

 

---

 

 

Un chien aux yeux rouges je l'étriperai

un chien aux yeux rouges me déchirera


il court devant

il court derrière

c'est doux de marcher sur ce chemin-là


là reviendrai-je jeter dans l'eau des pierres

chuchoter la chanson que tu sais ?

 

---

 

 

Ferme les fenêtres

occupe tes mains


si ça tient dehors

ce qui va dehors


mais la grosse mouche

grésille dedans.

 

---

 

Ca fume dans le coin du pré

où se tasse un qui n'a pas de maison


je cours au large à l'arrivée

la douche lavera ma sueur


il dit Eugène

les créanciers.

 

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à Suzanne Sens, avec amitié


Allant là

où les morts

où les monstres


en vain mais

pas pour rien


bonne Suzanne qui croyez au bon dieu priez.

 

---

 

L'or lavé des rivières et l'or

que le diable aura fait suer du plomb

fulgurent pareil mais


un marque de lèpre

la gorge des vierges


médite ça troubadour.

 

 

---

 

Lorsque je serai mort je serai mort

mais quand je vais mourir je vais mourir


vous souriez vous


montrez vos dents qui sont des os.

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Olivier Bourdelier

 

UN OISEAU COMPLIQUÉ

 

 

Collection DOUTE B.A.T.

92 pages

21,5 x 14

ISBN : 978-2-84587-171-7

12 €

 

Société des Editions Tarabuste

Rue du Fort

36170 Saint-Benoît-du-Sault

Publié dans poésie

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L'odieuse arnaque !

Publié le par Bernard Bonnejean

« Qui avait intérêt à salir la réputation du pape ? »
  
par Mgr Hippolite Simon,

Archevêque de Clermont, Vice-président de la Conférence des évêques de France

 

« Lettre ouverte à ceux qui veulent bien réfléchir... »

 

ROME, Lundi 2 février 2009

cliquez ci-dessous
 

Je  ne  sais  pas si je suis en colère ou si je suis malheureux : la vérité tient  sans  doute  des  deux.  Mais  trop,  c'est  trop, alors je dis : ça suffit  !  Le déchaînement médiatique contre le Pape Benoît XVI, qui aurait réintégré  quatre  évêques  intégristes,  dont  un  négationniste avéré, ne relève  pas  de  la  critique, mais de la calomnie et de la désinformation. Car,  quoi  que  l'on pense des décisions du Pape, il faut dire, répéter et souligner  que  ces  quatre  évêques n'ont pas été réintégrés. Et donc, Mgr Williamson,   dont   les   propos  tenus  à la  télévision  suédoise  sont effectivement  intolérables,  n'est toujours pas revenu au sein de l'Eglise catholique  et  il  ne  relève  toujours  pas  de  l'autorité  du Pape. Les informations  qui parlent de réintégration reposent sur une confusion grave entre levée des excommunications et réintégration à part entière. 

 

J'accorde  volontiers  mon indulgence à tous les journalistes et à tous les commentateurs   qui  ont   pu   confondre,  de  bonne  foi,  la  levée  de l'excommunication  et  la  réintégration  pure  et  simple.  Les catégories utilisées  par  l'Eglise  peuvent  prêter à équivoque pour le grand public. Mais  la vérité oblige à dire que, selon le Droit de l'Eglise, ce n'est pas du  tout  la  même  chose.  Si  on  confond les plans on devient victime de simplifications  qui  ne  profitent  qu'à  ceux  qui   veulent  faire  de la provocation.  Et on se fait complice, involontairement, de ces derniers. De façon  habituelle,  le  grand public est en droit d'exiger d'un journaliste sportif  qu'il  sache distinguer, par exemple, entre un corner et un essai. Pourquoi  l'Eglise n'aurait-elle pas le droit d'avoir aussi son vocabulaire «  technique  »  et  pourquoi  devrait-on  tolérer des approximations aussi graves simplement sous prétexte qu'il s'agit de religion ? 

 

Reprenons  donc  exactement  ce qui s'est passé. Suite à l'élection du Pape Benoît XVI, en Avril 2005, les évêques de la Fraternité Saint-Pie-X, fondée il  y  a  plus  de  trente ans par Mgr Lefebvre, ont demandé à reprendre le dialogue avec Rome, mais ils avaient mis deux préalables : premièrement, la libéralisation du Missel de 1962, ce qui a été fait par le motu proprio, en juillet 2007 et, deuxièmement, la levée des excommunications.

 

 

Que  signifie  la levée des excommunications ? Pour prendre une comparaisonfamilière, je dirai ceci : quand Mgr Lefebvre est sorti, c'est-à-dire quand il  a  désobéi  en  ordonnant  quatre évêques malgré l'avis formel du Pape, c'est comme s'il y avait eu, automatiquement, une barrière qui était tombée et  un  feu  qui  s'était  mis  au  rouge pour dire qu'il était sorti. Cela voulait  dire  que si, un jour, il voulait rentrer, il faudrait qu'il fasse d'abord amende   honorable.   Mgr   Lefebvre   est   mort.   Paix  à  son âme  !  Aujourd'hui,  ses  successeurs, vingt ans après, disent au Pape : « Nous sommes prêts à reprendre le dialogue, mais il faut un geste symbolique de  votre part. Levez la barrière et mettez le feu au clignotant orange ! » Le Pape, pour mettre toutes les chances du côté du dialogue, a donc levé la barrière et a mis le feu au clignotant orange. Reste à savoir maintenant si ceux  qui  demandent  à  rentrer  vont le faire. Est-ce qu'ils vont rentrer tous  ?  Quand  ? Dans quelles conditions ? On ne sait pas. Comme le dit le cardinal Giovanni Battista Re [préfet de la Congrégation des évêques], dans son  décret  officiel  :  «  Il  s'agit  de  stabiliser  les  conditions du dialogue  ».  Peut-être que le Pape, dans un délai que nous ne connaissons pas,  leur  donnera  un statut canonique. Mais pour l'instant, ce n'est pas fait.  Le  préalable  au dialogue est levé, mais le dialogue n'a pas encore commencé.  Nous  ne  pouvons donc pas juger les résultats du dialogue avant qu'il n'ait eu lieu. 

 

Là-dessus,  la  veille  du jour où devait être publié le décret du Cardinal RE,  voici  qu'une  télévision  suédoise  publie  ou  republie  les  propos clairement  négationnistes de  l'un  des  quatre  évêques  concernés,  Mgr Williamson. Le Pape, quand il a donné son feu vert à la signature du décret par  le Cardinal pouvait-il connaître les discours de Mgr Williamson ? Très honnêtement,  je  crois  pouvoir  dire  que non. Et c'est en un sens plutôt rassurant  :  c'est  le signe que le Vatican n'a vraiment pas les moyens de faire  surveiller  tous  les évêques et toutes les chaînes de télévision du monde  ! C'est donc ici qu'il ne faut pas se tromper d'interprétation : que signifie  cette  coïncidence entre la signature d'un décret, prévue pour le 21  Janvier,  et  donc connue de Mgr Williamson, et la diffusion des propos télévisés du même personnage ? 

 

Que  chacun se demande : à qui profite le crime ? A qui profite le scandale provoqué  par  des  propos  d'une  telle  obscénité ? La réponse me semble limpide  :  à celui ou à ceux qui voulaient torpiller le processus inauguré par  la signature  du  décret  !  Or,  pour  peu que l'on suive un peu ces questions  et  les  différentes  interventions  de  Mgr  Williamson  depuis quelques  années,  il  est  clair  que  lui  ne  veut  à aucun  prix de la réconciliation  avec  Rome  !  Cet évêque, dont je répète, qu'il n'a encore aujourd'hui aucun lien de subordination canonique vis-à-vis de Rome, a tout simplement  utilisé la méthode des terroristes : il fait exploser une bombe (intellectuelle)  en  espérant  que  tout le processus de réconciliation va dérailler.  Il  fait  comme  tous les ultras de tous les temps : il préfère  laisser  un  champ  de  ruines plutôt que de se réconcilier avec ceux qu'il considère comme des ennemis. 

 

Alors  je  le  dis  avec  tristesse  à tous  ceux  qui  ont relayé, - avec gourmandise   ou   avec  douleur-,  l'amalgame  entre  Benoît  XVI  et  Mgr Williamson  :  vous  avez  fait  le  jeu,  inconsciemment, d'un provocateur cynique  !  Et,  en  prime,  si  j'ose dire, vous lui avez offert un second objectif  qui  ne  pouvait  que le ravir : salir de la pire des manières la réputation du Pape. Un pape dont il se méfie plus que de tout autre, car il voit  bien que ce Pape ruine absolument tout l'argumentaire échafaudé jadis par  Mgr  Lefebvre.  Je ne peux pas développer ici ce point. Je ne fais que renvoyer  à  un  article que j'avais publié dans les colonnes du journal Le Monde,  l'an dernier, au moment de la publication du Motu Proprio : 

 

« Quand je  lis,  un peu partout, que le Pape accorde tout aux intégristes et qu'il n'exige  rien  en  contrepartie,  je ne suis pas d'accord : il leur accorde tout sur la forme des rites, mais il ruine totalement leur argumentaire sur le  fond.  Tout  l'argumentaire  de Mgr Lefebvre reposait sur une prétendue différence substantielle entre le rite dit de Saint Pie V et le rite dit de Paul  VI.  Or,  réaffirme Benoît XVI, il n'y a pas de sens à parler de deux rites.  On  pouvait,  à la rigueur, légitimer une résistance au Concile si l'on  pensait,  en  conscience, qu'il existait une différence substantielle entre  deux  rites.  Peut-on  légitimer  cette résistance, et a fortiori un schisme, à partir d'une différence de formes ? »

Pour  un  fondamentaliste,  et  qui plus est, pour un négationniste forcené comme  Mgr  Williamson,  Benoît XVI est infiniment plus redoutable que tous ceux  qui  font  l'apologie  de  la  « rupture » introduite par le Concile Vatican II. Car s'il y a rupture, alors il est conforté dans son opposition à  la  « nouveauté ». Mais celui qui démontre paisiblement que le Missel de Paul  VI,  la  liberté religieuse et l'œcuménisme font partie intégrante de l'authentique    Tradition    Catholique,   celui-là   lui   enlève   toute justification. 

 

J'ai  bien  conscience  qu'il  faudrait  développer  mon argumentation. Que chacun  veuille  bien  me  pardonner de renvoyer aux sites internet où tout ceci  est  visible.  Mais  je  souhaite  surtout que chacun veuille bien se méfier  des  provocations trop bien montées. Quant à ceux qui s'obstinent à répéter  que  Joseph  Ratzinger  a  servi  dans les Jeunesses hitlériennes, qu'ils  veuillent bien relire le témoignage qu'il a donné à Caen, le 6 Juin 2004,  pour  le  soixantième  anniversaire du Débarquement en Normandie, et qu'ils  se demandent ensuite ce qu'ils auraient fait à sa place... Quand on hurle un peu trop fort avec les loups d'aujourd'hui, on ne fait pas bien la preuve que l'on eût été capable de se démarquer des loups de l'époque... 

 

Reste un point qui est second mais cependant très grave : il faudra tout de même  s'interroger  sur  la  communication des instances romaines lorsqu'il s'agit  de  sujets  aussi  sensibles. Après la polémique de Ratisbonne (qui mériterait  elle aussi d'être démontée attentivement..), j'espère - mais je me réserve d'en parler plutôt en interne - que les responsables de la Curie vont  procéder à un sérieux débriefing sur les ratés de leur communication. Pour  le  dire  d'un  mot, voici comment j'ai vécu les choses :

 

Mercredi 21 janvier,   les  milieux  intégristes  italiens,  qui  croyaient  triompher, «  organisent  une  fuite  »  dans  «  Il  Giornale  ». Aussitôt le tam-tam médiatique,   se   met   en  route.  Mais  nous,  membres  des  conférences épiscopales,  nous  ne  savons absolument rien ! Et pendant trois jours les  nouvelles  - erronées, qui parlent à longueur de journée de réintégration - prolifèrent  dans  tous  les  sens  comme  un feu de brousse. Tout y passe. Arrive  alors  la  « bombe  » de Mgr Williamson... Et c'est seulement samedi matin,  -  trois  jours  trop  tard  !  -,  que nous recevons le communiqué officiel du Cardinal RE. Comment voulez-vous que nous puissions remettre le débat sur des bases correctes ? Le Cardinal Ricard s'y est employé, de très bonne  façon,  mais  le  feu était parti, et plus personne ne pouvait alors entendre une parole raisonnable. 

 

Maintenant  que  la  poussière  commence  à retomber, essayons de reprendre calmement  nos  esprits.  Comme  disait  ma grand-mère : d'un mal Dieu peut faire  sortir  du  bien. Le mal c'est que le Pape Benoît XVI a une nouvelle fois  été  traîné  dans la boue par une majorité de grands médias, excepté, Dieu  merci,  La  Croix  et  quelques  autres.  Beaucoup de catholiques, et beaucoup  de  gens  de  bonne  volonté,  sont  dans l'incompréhension et la souffrance.  Mais  le  bien,  c'est  que  les  masques  sont tombés ! Si le dialogue continue malgré tout avec les évêques de la Fraternité Saint Pie X - sous réserve, bien sûr, qu'ils passent la barrière maintenant levée -, le discernement pourra se faire, car tout le monde sait un peu mieux ce qu'ils pensent les uns et les autres. 

 

Pour  conclure,  j'ai  envie  de  m'adresser  aux  fidèles  catholiques qui peuvent,  non sans raison, avoir le sentiment d'être un peu trahis, pour ne pas dire méprisés, en cette affaire : méditez la parabole du Fils prodigue, et prolongez-la. Si le Fils aîné, qui avait d'abord refusé d'entrer dans la fête,  dit  qu'il veut rentrer, allez-vous le refuser ??? Ayez suffisamment confiance en vous-mêmes et en l'Esprit qui conduit l'Eglise, et qui a aussi guidé  le  Concile  de  Vatican II, pour penser que la seule présence de ce fils  aîné  ne  suffira pas à étouffer la fête. Donnez à ce dernier venu un peu  de  temps  pour  s'habituer  à la lumière de  l'Assemblée où vous vous tenez... 

 

      + Hippolyte SIMON,

      Archevêque de Clermont, vice-président de la Conférence des évêques de France

Le 29 janvier 2009 

Publié dans religion

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Cadeau de poète (2)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Un oiseau compliqué (2)

  vendredi 30 janvier 2009                                                       

 

(A Maria De Castro)

 

 

Tu peux bien tirer le drap sur ta tête

 

cœur battu nous avons

nommé les choses froides

 

tire le drap sur ta tête et Marie

dans une boîte de velours

enterrera l'oiseau mort.

 

 

 

---

 

 

(A Caroline Sagot-Duvauroux)

 

 

La marchande de vent

m'a vendu un mistral

et mes yeux mes yeux brûlent

 

va la vie qui finira

 

on marche entre les vérités

avec nos morts

et les yeux rouges.

 

 

----

 

 

Ça a à voir

avec le noir

 

si c'est le souffle c'est

le souffle

qui manque

 

mon amour il tourne et tourne

dans la rivière.

 

 

 

S'asseoir alors avec sa trouille

 

et la ferraille qui me rouille dans la gueule

 

la lune est boiteuse et mon poème menteur.

 

 

 

---

 

 

 

 

On pourrait serrer contre soi un enfant mortel

plein de pleurs et de peurs et d'un peu

de sang

 

ou lui bâtir

pierre sur pierre

une maison

 

je vois sur la route la

poussière d'or et

mes mains tremblent mes mains tremblent.

 

 

---

 

 

 

 

Je suis petit et

mortel et la vie

est longue

 

le vent a soufflé sur les cendres

de l'enfance

 

doux nuages rendez moi

la lune.

 

 

O innocents dans le silence des oiseaux

vos poches pèsent du poids

des beaux cailloux des beaux couteaux

 

nulle graisse dégouline

aux lèvres des innocents

 

ils n'ont pas la peur des matins ils ont leurs mains

ils vous laissent quand ils vous laissent

à la gorge un trou large rouge.

 

---

 

 

 

 

La vie est

compliquée douloureuse et

 

la vie est

un oiseau qui chante dans le jardin

 

un oiseau douloureux compliqué

qui chante dans le jardin.

 

 

Olivier BOURDELIER

Publié dans poésie

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