Cadeau de poète (2)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Un oiseau compliqué (2)

  vendredi 30 janvier 2009                                                       

 

(A Maria De Castro)

 

 

Tu peux bien tirer le drap sur ta tête

 

cœur battu nous avons

nommé les choses froides

 

tire le drap sur ta tête et Marie

dans une boîte de velours

enterrera l'oiseau mort.

 

 

 

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(A Caroline Sagot-Duvauroux)

 

 

La marchande de vent

m'a vendu un mistral

et mes yeux mes yeux brûlent

 

va la vie qui finira

 

on marche entre les vérités

avec nos morts

et les yeux rouges.

 

 

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Ça a à voir

avec le noir

 

si c'est le souffle c'est

le souffle

qui manque

 

mon amour il tourne et tourne

dans la rivière.

 

 

 

S'asseoir alors avec sa trouille

 

et la ferraille qui me rouille dans la gueule

 

la lune est boiteuse et mon poème menteur.

 

 

 

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On pourrait serrer contre soi un enfant mortel

plein de pleurs et de peurs et d'un peu

de sang

 

ou lui bâtir

pierre sur pierre

une maison

 

je vois sur la route la

poussière d'or et

mes mains tremblent mes mains tremblent.

 

 

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Je suis petit et

mortel et la vie

est longue

 

le vent a soufflé sur les cendres

de l'enfance

 

doux nuages rendez moi

la lune.

 

 

O innocents dans le silence des oiseaux

vos poches pèsent du poids

des beaux cailloux des beaux couteaux

 

nulle graisse dégouline

aux lèvres des innocents

 

ils n'ont pas la peur des matins ils ont leurs mains

ils vous laissent quand ils vous laissent

à la gorge un trou large rouge.

 

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La vie est

compliquée douloureuse et

 

la vie est

un oiseau qui chante dans le jardin

 

un oiseau douloureux compliqué

qui chante dans le jardin.

 

 

Olivier BOURDELIER

Publié dans poésie

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