La fin d'un scandale ?

Publié le par Bernard Bonnejean



Mgr Williamson ne peut être évêque sans rejeter ses positions sur la Shoah

 

Il ne fait toujours pas partie de l’Eglise catholique

jeudi 5 février 2009

 

ROME, Mercredi 4 février 2009


S'il veut un jour pouvoir exercer un ministère d'évêque dans l'Eglise catholique, Mgr Williamson devra, entre autres, rejeter publiquement et sans équivoque ses positions sur la Shoah : c'est ce qu'indique aujourd'hui une « Note » de la Secrétairerie d'Etat du Saint-Siège.

La « Note » fait la Une de L'Osservatore Romano en italien du 5 février 2009. Radio Vatican présente également ce 4 février la « Note de la Secrétairerie d'Etat sur la levée de l'excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pierre et sur les déclarations négationnistes de Mgr Williamson ».


« L'évêque Williamson devra, pour être admis à des fonctions épiscopales dans l'Eglise, aussi prendre ses distances de façon absolument sans équivoque et publiquement par rapport à ses positions sur la Shoah », déclare la Secrétairerie d'Etat.


La même note indique que le pape Benoît XVI n'avait « aucune connaissance » de telles positions « négationnistes » ou « réductionnistes » au moment de la levée de l'excommunication, le 21 janvier dernier.


Les positions de Benoît XVI sur la Shoah sont bien connues : la « Note » cite en particulier un extrait de la prise de position publique de Benoît XVI le 28 janvier dernier, au terme de l'audience générale :
 


« Les positions de Mgr Williamson sur la Shoah sont absolument inacceptables, déclare la Secrétairerie d'Etat, et elles sont fermement refusées par le Saint-Père, comme il l'a lui même remarqué le 28 janvier, lorsque, se référant à ce génocide barbare, il a répété sa pleine et indiscutable solidarité avec nos frères destinataires de la Première Alliance, et qu'il a affirmé que la mémoire de ce terrible génocide doit conduire l'humanité à réfléchir sur l'imprévisible puissance du mal lorsqu'il conquiert le cœur de l'homme', ajoutant que la Shoah reste ‘pour tous un avertissement contre l'oubli, contre la négation, ou contre le réductionnisme, parce que la violence perpétrée contre un seul être humain est une violence contre tous' ».


Le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège a lui-même rappelé, hier encore, les différentes prises de positions publiques du pape depuis son élection à ce sujet. Le P. Lombardi disait dès le 28 janvier, espérer que les paroles du pape sur la Shoah aident à « promouvoir avec fruit et sérénité le dialogue avec le judaïsme ». Des clips de ces interventions sont disponibles sur le portail de Benoît XVI sur YouTube.


Dès le 29 janvier, des réactions « positives » de la communauté juive italienne avaient été enregistrées, en réponse aux déclarations de Benoît XVI et de la conférence des évêques d'Italie.


La Fraternité Saint-Pie X n’a pas de statut canonique dans l’Eglise catholique

Ses évêques n’y exercent pas de ministère licite

ROME, Mercredi 4 février 2009

La Fraternité Saint-Pie X « ne jouit d'aucune reconnaissance canonique dans l'Eglise catholique », rappelle aujourd'hui une Note de la Secrétairerie d'Etat.


Autrement dit, la levée de l'excommunication ne signifie pas une « intégration » dans l'Eglise. C'est une porte ouverte pour le « dialogue ». Et les quatre évêques dont le pape Benoît XVI a levé l'excommunication ne font toujours pas partie des évêques catholiques exerçant licitement un ministère épiscopal.


La levée de l'excommunication est une réponse de Benoît XVI aux « demandes répétées de la part du Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X », de façon à ouvrir une « porte » au « dialogue ».


Mais il attend une « disponibilité semblable » de la part des quatre évêques et  leur « adhésion totale à la doctrine et à la discipline de l'Eglise ».


La « Note » souligne que l'excommunication latae sententiae représente une sanction « très grave » et qu'elle était « une conséquence de leur ordination illégitime par Mgr Marcel Lefebvre ».


Or, s'ils sont maintenant libérés de cette « peine canonique gravissime », les quatre évêques et la Fraternité Saint-Pie X  n'ont pas pour autant changé de situation juridique : ils n'ont aucun mandat canonique dans l'Eglise catholique.


Une éventuelle reconnaissance future supposerait, indique la « Note » « la pleine reconnaissance du Concile Vatican II et du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et de Benoît XVI lui-même ». C'est même une « condition indispensable ».


Donc, les « questions encore ouvertes » feront l'objet du dialogue, avec pour objectif d'arriver « à une solution entière et satisfaisante des problèmes qui ont été à l'origine de cette fracture douloureuse », rappelle la Secrétairerie d'Etat.

Publié dans religion

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