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France, mère des arts

Publié le par Bernard Bonnejean

 

et du français

 

 300px-Ordonnance_de_Villers_Cotterets_August_1539.jpg

Ordonnance de Villers-Cotterêts (août 1539),

instituant le français comme langue officielle en France.

 

art. 110. Que les arretz soient clers et entendibles
Et afin qu'il n'y ayt cause de doubter sur l'intelligence desdictz arretz. Nous voulons et ordonnons qu'ilz soient faictz et escriptz si clerement qu'il n'y ayt ne puisse avoir aulcune ambiguite ou incertitude, ne lieu a en demander interpretacion.

 

art. 111.De prononcer et expedier tous actes en langaige françoys
Et pour ce que telles choses sont souventesfoys advenues sur l'intelligence des motz latins contenuz es dictz arretz. Nous voulons que doresenavant tous arretz ensemble toutes aultres procedeures, soient de nous cours souveraines ou aultres subalternes et inferieures, soient de registres, enquestes, contractz, commisions, sentences, testamens et aultres quelzconques actes et exploictz de justice ou qui en dependent, soient prononcez, enregistrez et delivrez aux parties en langage maternel francoys et non aultrement.

 

Essayons d’être clair sans vexer personne.

Jusque dans les années 1970, les niveaux de langue, que par mesure de simplification on a réduits à trois, étaient surtout des outils de différenciation pour ne pas dire de discrimination. L’ouvrier ou l’agriculteur parlait un niveau de langue familier, voire patoisant, moins souvent argotique. Le rôle de l'éducateur parental ou institutionnel consistait entre autres à tenter d’élever les enfants dans l’échelle sociale en leur inculquant la notion de « correction ».

Une langue est toujours normative, c’est-à-dire qu’elle obéit à des lois, soient obligations, soient interdictions, comme l’orthographe d’usage et l’orthographe d’accord, les règles de conjugaison et la composition syntaxique, etc. Or, pour parler et écrire normalement une langue normative, il est nécessaire d’en avoir appris les principes essentiels. Autrement dit, jusque donc dans les années 70-80, bien parler français consistait surtout à en observer les normes. La fameuse dictée du certificat d'études, tant décriée, s'apparentait pour les classes populaires à un rite initiatique pas plus humiliant que beaucoup d'autres.

Seuls quelques individus que nous appellerons « l’élite » pouvaient s’échapper de la norme par le haut, ce qu’on appelle l’écriture artiste, la littérature, le style. Certains même ont feint de s'en échapper par le bas. Quand Louis-Ferdinand Céline écrit : « C’était bien ça qu’était le plus drôle, leur guerre à tous », il ne revient pas à la langue familière, il réinvente une langue à partir de celle qu'il connaît parfaitement. Il est écrivain en ce sens que l’écriture est pour lui fabrication d’une langue, d’un français qui lui soit propre. On reconnaît Céline entre mille, non pour ses idées, mais pour son style, imité bien qu'inimitable.  

Ce qui signifie que si moi, Hector de la Dorée, je dis à ma boulangère en allant chercher mon pain : « La magnificence des sommités florales de mon parc enfantin éclatait dans mon cerveau d’adulte comme autant de pierres précieuses », je passe pour un prétentieux ou un pédant. En revanche, si je réussis à glisser un tel galimatias  dans un feuilleton des Veillées des Chaumières, il est possible, mais fort peu probable, qu’une admiratrice m’écrira pour me féliciter d'employer le langage très soutenu, très travaillé, très littéraire d’un écrivain.

Et puis des pédagogos saboteurs sont arrivés, avec dans leurs dossiers en chemises de toutes les couleurs, l’ « égalité des chances ». Un jour on a entendu à la télévision, pour la première fois, le « bonjour » de Mourousi qui jeta un froid à la maison, un « je vous emmerde », puis un « bande de cons », prononcés non par d’humbles ouvriers qui s’évertuaient encore à endimancher leur langage, mais par une élite qui voulait se rapprocher du peuple. Les intellectuels, c'est bien connu, sont assez friands de ce travestissement. Une sorte de socialisme, si vous voulez, par la médiocrité. Le « il est interdit d’interdire » est devenu la loi générale même en langues.

Le premier président français à s’être essayé à « faire peuple » fut probablement le moins populaire, le plus coincé de nos présidents de la République. Giscard ne parvint jamais, à ma connaissance,  à dire un gros mot en public mais sa fausse humilité simili-prolétarienne puait la vulgarité : chaussettes de foot, petits airs d’accordéon dans des guinguettes de « fortune », invitations « surprises » chez des Français plus étonnés que vraiment contents, et le pire : une conduite de goret lubrique de ce faux aristocrate avec la princesse la plus merveilleuse que l’Angleterre nous ait donnée : lady Diana. Non, Giscard, elle n’était pas consentante : elle était malade !!!

Puis voilà notre Sarkozy, le moins démocrate de tous les démocrates, le plus oligarchique de nos gouvernants (que l’on me rende ce qui m’appartient : qui le premier a dénoncé la « démocratie occidentale » comme une escroquerie à échelle internationale, une oligarchie déguisée de nos pseudo-républicains ?) Commencer un quinquennat par un « pot » au Fouquet’s et une croisière sur un yacht ne faisait pas assez peuple : alors Sarko se mit en short et il fit son jogging devant une foule de journalistes qui se trouvaient là par hasard. Il les tutoya comme de vieilles connaissances, ce que je n'aurais jamais admis d'un de mes étudiants même majeur ! Et il se laissa tutoyer par des gamins pigistes pour s'assurer une popularité que du coup il perdit tout à fait. Le « short à Giscard » devenu « short à Sarko » n'était pas devenu magique.

La nouveauté fut surtout langagière. Une sorte de régression : « Casse-toi, pauv’con », « karchériser la racaille », et tout ce qu’on peut lire çà et là de ce qui, personnellement, ne me fait pas rire. Dire que naguère on alla chercher noise à de Gaulle à cause d'un « quarteron de généraux en retraite » qui ne faisait pas le compte !... Sarko alla même, — encore un fac-similé d'inélégance giscardienne —, jusqu’à faire inviter un comique chez le pape. Et quel comique ! On sait depuis les intentions ordurières de Bigard puisqu’il les aurait « confessées » publiquement. Les vrais catholiques apprécieront :  

« Le pape, j’en ai rien à branler. Mon désir était juste de visiter les fouilles sous la basilique : on venait de retrouver les restes de saint Pierre. Sarkozy, me présentant au Saint Père, lui a dit : “Jean-Marie est un homme de Dieu. Il donne aux bonnes œuvres.” Et il a rajouté : “Il est le seul humoriste à avoir fait rire les cinquante-deux mille spectateurs du Stade de France.”  SOURCE

Oui, la France a besoin d’une élite ! J’ai bien dit « élite », pas oligarques friqués sans âme ni culture !!! Le bling-bling ne réussira jamais à masquer l'ignorance. La culture est une richesse non monnayable ! Ils ont tué les belles lettres au bénéfice du tout-mathématique et du tout-commercial. On n'a jamais si mal parlé que depuis qu'on enseigne la communication !!!  

Que la gauche, si elle existe encore, saisisse la balle au bond ! Qu'elle comble cette béance laissée par une droite que l'on disait attachée à la morale et à la spiritualité, pas à la sacro-sainte finance ! Où est-elle la devise du réfectoire de ma jeunesse, enserrée dans un vitrail : « Dieu, premier servi » ?  

Il y a peut-être, en ce moment, sur les bancs d’école, un petit garçon, une petite fille, né de parents modestes, peut-être d'origine étrangère, qui regarde le monde avec émerveillement et sache traduire ses impressions en un beau français, ni soutenu ni alambiqué, mais habile, ciselé, assez ouvragé pour être plaisant à entendre. Comment Jaurès, comment de Gaulle, comment Brossolette, comment Pompidou, comment Mitterrand parlaient-ils lorsqu’ils étaient petits ? Ils avaient peut-être déjà conscience de devoir servir un pays par l’exemple, et non d’avoir la possibilité de s’en servir pour leurs besoins personnels.

Rendez-nous la France, rendez-nous le français !

Puissent Jacqueline de Romilly et Aimé Césaire, joailliers de la belle langue,  servir notre peuple en dehors des périodes électorales.  

« Le savoir est formateur et représente une liberté gagnée »,

Jacqueline de Romilly

 

Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse.
Cahier d'un retour au pays natal (1939)
Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse.
Cahier d'un retour au pays natal (1939)
 « J'ai plié la langue française à mon vouloir-dire »,

Aimé Césaire

Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse.
Cahier d'un retour au pays natal (1939)

Sarkozy, la revanche d'un cancre

Sarkozy_inquietant
Le mensonge et la manipulation seraient-ils à la base de la politique de notre président ? Un professeur de Paris X a enquêté sur le niveau d’étude et sur les supposés diplômes de Nicolas Sarkozy tel que l’annoncent son CV et le site internet de l’Elysée. Si ce qui est écrit dans l’article de ce professeur est vrai, Sarkozy aurait donc gonflé son CV et mentirait aux français sur ses réelles compétences. La politique de destruction du service public et notamment de l’Education Nationale telle qu’elle existe, pourrait provenir d’un échec personnel scolaire et universitaire non assumé et non digéré. Ci-dessous, le lien vers la Fondation Copernic qui a publié cet article en ligne :

La revanche personnelle d’un cancre sur le site de la Fondation Copernic

Mise à jour du 19 mars 2009 :

Par ailleurs, depuis la sortie de cet article, il semble que de nouvelles informations aient été diffusées par Paris X. Selon ces informations, N. Sarkozy n’aurait pas obtenu son diplôme en première ni deuxième session (où il ne serait pas présentéWinking, mais l’année suivante, par dérogation.

 

NON à la karchérisation des banlieues !

NON aux « casse-toi, pauv'con »

OUI à un magistrat suprême assez mûr pour ne pas parler comme un zonard irrespectueux !

 

 

 Chez Audiard, c'est du génie,

chez un chef d'État, c'est de la vulgarité

 

 

Rendez-nous la dignité des hautes fonctions de la République !  

 

 

Bernard Bonnejean

 

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Les Calméjanes

Publié le par Bernard Bonnejean

Promenade philosophique

en pays hüempais

 

Ciceron publia les cinq livres philosophiques des Tusculanes, Tusculanae disputationes,  en aôut 45 av. J.-C., peu après avoir perdu sa fille. Il choisit Tusculum comme lieu d'une « disputatio » fictive entre Brutus et lui, s'appuyant sur une méthode pédagogique chère à Socrate : la maïeutique. Chaque livre traite une question autonome : la mort est-elle un mal ? ; la douleur est-elle le plus grand de tous les maux ? ; le sage peut-il avoir du chagrin ? ; l’âme du sage est-elle préservée des passions ? ; la vertu est-elle nécessaire et suffisante au bonheur ? Maître et disciple s'exercent à trouver leur vérité dans un cheminement souvent digressif qui inclut la parole de l'autre.

 

tusculum.gif

Tusculum-Maison de Cicéron

Gravure de Histoire des Romains de Victor Duruy

 

Toutes proportions gardées, j'ai fait une expérience similaire à Villemomble. Du bas latin villa Mummoli (vers 800), c'est-à-dire « domaine de Mummolus », nom d'un des comtes parisiens de Dagobert, le village dépendit de l'abbaye de Livry, puis devint propriété des familles Le Riche, Lisiard, de Beaumont-Gâtinais. Vers 1357, la seigneurie appartint aux Montmorency-Laval, puis aux Clisson, aux Rohan, aux Chabannes, Robertet, Rostaing, Le Ragois. En 1767, Louis-Philippe duc d'Orléans fit cadeau des domaines de Villemomble, Noisy-le-Sec, Avron à Mademoiselle le Marquis, sa maîtresse. Il demande à l'architecte Brongniart de lui édifier un château, l'ancienne mairie. 

Aujourd'hui, le seigneur du lieu, Patrice, député-maire, est le fils hüempais de feu sieur sénateur-maire Robert Calméjane. 

 

 De-la-cuisine-de-Villemomble-hiver-2010.jpg

Ce n'est pas l'allée qui mène au château, mais

une vue prise de la cuisine de Momo.

  

Je vous offre donc, en avant-première, le matériau des Calméjanes qui seront aux Tusculanes ce que Villemomble est à Tusculum et ce que je suis à Cicéron.  

 

qp.jpg

« Y'a quand même beaucoup de monde, non ? »   

 

Pour donner une direction à mes mémoires, les Calméjanes, commençons, si vous le voulez bien, par le contexte historique récent. Le député-maire patricien de Villemomble avait annoncé la couleur sur son blog dès le 20 décembre 2010. Il nous la fit à la « Citoyens, la Patrie est en danger ! ». Il fit paraître ceci sur son blog :

 

Mardi 21 décembre 2010 15:48

Intervention à l'Assemblée

le 22 décembre

Avant la trêve de fin d’année, Patrice CALMÉJANE interviendra une dernière fois en 2010,

 

 mercredi 22 décembre à 15h50 sur France 3, 

pendant les questions au Gouvernement.  

 

Il interrogera le Ministre de l’Intérieur sur les moyens mis en œuvre pour assurer la sécurité des personnes et des biens lors de la nuit du 31 décembre.

 

 

 

C'est tout juste si on n'ajoute pas : demi-tarif pour les moins de 10 ans, les femmes enceintes et les étudiants à jour de leurs cotisations. Pour un peu, on s'attendrait même à pouvoir visiter la ménagerie en matinée.

J'étais encore à Laval, loin des préoccupations périfestives de fin d'année et je devais rejoindre une Villemombloise hospitalisée, lorsque, par hasard, je  tombai sur ce qui restera à jamais comme un morceau d'anthologie de poudre aux yeux et d'esbrouffe façon UMP. Je brûle du désir de vous en faire profiter. Écoutez bien la question et savourez la réponse.  

 

 Calméjane-Hortefeux
Sécurité pour le 31 décembre

Vous assistez là à un duo comique, un peu éculé mais toujours aussi efficace pour les zozos peu avertis : la fausse question au gouvernement. Voilà un ministre, un peu chahuté ces derniers temps, qui a donc besoin qu'on remise momentanément ses casseroles en un lieu plus approprié à l'abri des regards. Il suffit pour cela de le mettre en valeur en vantant ses mérites, ce que seul un député de sa majorité acceptera de faire. « Trop téléphoné », me direz-vous. C'est exact. L'exercice — façon Mir et Miroska du music hall — consiste pour le faux interrogateur à feindre soit l'étonnement, soit l'angoisse, voire un soupçon de doute sur la possibilité d'une réussite présente aussi parfaite que le succès des années passées. Vous remarquerez que dans la question le patricien glisse, mine de rien, quelques tonnes de pommade à l'adresse de son complice aux anges. 
 
Si bien que, lorsque je suis arrivé à Villemomble, aux alentours de Noël 2010, je n'en menais pas large. Comme j'ai eu l'occasion de le dire en une formule impromptue à la secrétaire générale de la mairie :
 
« Quand on veut manger son beefteck tranquillement, on n'ameute pas les chiens quinze jours avant »
Chez-Momo--31-1er-janvier-2011.jpg
 
Nuit tragique chez Momo :
les casseurs sont cachés derrière l'arbre
 
 
Mais comme souvent en pareil cas, j'eus une idée géniale. Suivez mon raisonnement : la mairie de Villemomble, au moment du conflit armé, allait devenir l'un des seuls endroits protégés de la ville (gardiennage, entourage d'acier, caméras de surveillance, etc.). Locataire occasionnel à moins de 200 mètres de ladite mairie, il suffisait de demander à M. Calméjane la permission de garer ma voiture sur le parking de sa demeure administrative. Je commençai par téléphoner. Madame la Secrétaire générale me fit savoir qu'il était plus convenable d'adresser une demande écrite. Suite à icelle, Monsieur le Maire, grand seigneur, me fit l'honneur d'une réponse téléphonique sur répondeur en mon absence pour me signifier un refus. J'en ai gardé l'enregistrement. En voici la substance :
 
Je ne puis malheureusement accéder favorablement à votre demande. D'une part, la mairie sera fermée du vendredi midi au lundi matin, ce qui vous empêcherait de récupérer votre voiture. D'autre part, notre parking est très petit et nous devons déjà garer tous nos véhicules à bonne distance les uns des autres en cas d'incidents graves. Cependant, il est vrai que vous pouvez vous inquièter pour votre voiture immatriculée à l'extérieur de notre département. Je vous recommande donc, à titre personnel, de la garer dans un quartier plus accueillant, plutôt en zone pavillonnaire. Je vous certifie qu'en ce cas la menace d'une dégradation sur votre véhicule diminuera de façon très sensible, voire n'existera plus du tout.
 
Examinons cette réponse. Le gardien n'a donc pas les clefs du parking ce qui le condamne à être brûlé vif dans le temple laïc dont il est le grand-prêtre et son épouse la vestale ?
 
La violence des attaques obligerait l'administration municipale à ménager des espaces suffisants pour éviter, je suppose, que les flammes ne se propagent d'un véhicule à un autre. Sauf que, je pense, cette photo prise dans la nuit de la Saint-Sylvestre prouve que la mairie a tellement accordé d'importance à l'espace qu'elle n'a laissé aucune place aux voitures. Si bien que les parkings sont restés... VIDES !!!
 
Parking-de-la-Mairie--nuit-de-la-Saint-Sylvestre.jpg
Vue n° 1 des parkings de la mairie de Villemomble en la nuit
sanglante de la Saint-Sylvestre 2010-2011
 
 
 
Parking-de-la-Mairie--nuit-de-la-Saint-Sylvestre-2.jpg
 
Vue n° 2 des parkings de la mairie de Villemomble en la nuit
sanglante de la Saint-Sylvestre 2010-2011
 
 
Enfin — parce qu'il faut bien achever le premier pan de mes Calméjanes — le précieux conseil final s'avère l'un des exemples les plus révélateurs de l'impéritie et de l'immoralité des politiciens sans âme de l'ère sarkozyste.
 
Monsieur le Maire, Patrice Calméjane, c'est à vous que je m'adresse. Quand vous avouez que les voitures garées en zone pavillonnaire ne risquent rien, mesurez-vous tout l'implicite que soutient cette consolation. Pas meilleur que la moyenne de nos concitoyens, j'ai mis ma voiture rue de l'Orangerie, en quartier résidentiel, pardon, « pavillonnaire », et j'avais l'impression de trahir une cause : celle du peuple dont je suis issu. J'étais soudain admis dans la caste des nantis et je devenais respectable, respecté, inattaquable et, en cas de nécessité, sans doute impuni. Alors j'ai compris les jeunes des HLM de « votre département » comme dit si bien Hortefeux. Ils habitent de l'autre côté de la nationale : intouchables, on voudrait en plus qu'ils s'adaptent à une précarité organisée. Seuls quelques-uns pourront plus tard, avec beaucoup de chance, dormir, manger, travailler, habiter en zone pavillonnaire, là où les amis du maire garent leur voiture au jour de l'an. 
 
cartes-postales-photos-Rue-de-l-Orangerie-VILLEMOMBLE-93250.jpg 
Rue de l'Orangerie à Villemomble.
 
Mais j'entends finir mes Calméjanes en vrai philosophe.
 
D'abord, je voudrais dire la gentillesse et l'élégance de votre personnel administratif à commencer par votre secrétaire qui a réussi à me faire avaler la couleuvre sans trop de scandale en retour.
 
Ensuite, je voudrais embrasser deux Villemombloises dont j'aurais bien fait mes amies. La première, à 82 ans, après trois chutes sur la neige verglassée de la rue de la Procession, m'a avoué, sans que je le lui demande, son amertume. Elle avait mal. Elle essuya, elle aussi, un refus de tous les médecins des environs qui fêtaient Noël en famille. En zone pavillonnaire ? On ne se déplace plus en Seine-Saint-Denis ! Pourtant elle vous connaît bien, la dame, puisque vous lui avez tout de même confié une responsabilité importante dans le domaine culturel. L'autre, un petit bout de jeune femme, gracieuse, m'a aidé à porter mes sacs et mes valises. Au détour de l'escalier, elle me dit qu'elle était la compagne du jeune homme à qui on a brûlé la moto. C'est un miracle si, ce jour-là, l'incendie ne s'est pas propagé aux appartements. Cette petite mère de deux enfants ne s'en est pas encore remise.
 
Tout de même je voudrais vous rassurer sur votre réélection. Je suis retourné à la mairie pour aller chercher le colis des vieux. C'est que Momo, Villemombloise depuis 1970, y tient à son colis des vieux ! Et maintenant qu'elle y a droit, j'ai été le chercher. Mais cette année, contrairement à l'habitude, je n'ai rien rétorqué à sa gratitude :
 
« Tu vois, il est ce qu'il est, Calméjane, mais tous les ans il nous offre un colis pour Noël et cette année, son colis, il est encore mieux garni ! »
 
Les autres années, je lui dis à Momo que c'est les vieux, avec leurs sous, qui payent eux-mêmes leurs colis sans qu'il en coûte un centime au maire. Cette fois-ci, j'ai pris le colis, j'ai dit « merci » aux gentilles dames de la mairie, je leur ai même souhaité une bonne année, j'ai donné le colis à Momo et je l'ai laissée à ses illusions.
 
La morale de l'histoire ? Les bagnoles brûlées sur les parkings des HLM, on s'en fout ! Tant que les vieux auront leur colis...
Ça vous donne envie de pleurer, tout ça, mes amis ? Eh bien lisez les Tusculanes et vous aurez une idée des sacrifices qu'il nous faudra faire pour réapprendre à vivre... et à mourir.
Rollin.jpg
« Tum progressio admirabilis incredibilisque cursus ad omnem excellentiam factus est dominatu regio re publica liberata. Nec vero hic locus est, ut de moribus institutisque maiorum et disciplina ac temperatione civitatis loquamur ; aliis haec locis satis accurate a nobis dicta sunt ».  

Afin de satisfaire la curiosité légitime de l’ensemble de mon lectorat, pour répondre aux très nombreuses questions de la multitude, ou plus exactement à l’unique question posée – sans l’être – par Dame Catherine, personnalité unique, voici la traduction de la conclusion latine : « Pour tout le reste, du moment que la république eut secoué le joug de la royauté, on se hâta d'arriver à la perfection; et les progrès furent d'une rapidité qui n'est pas croyable. Mais ce n'est pas ici le lieu de m'étendre sur la discipline établie par nos ancêtres, sur notre police, sur notre gouvernement. J'en ai parlé ailleurs assez au long, surtout dans mon traité de la République». C’est écrit dans les Tusculanes, 4,1, I. Par Marcus Tullius Cicero, autrement dit le grand Cicéron, assassiné le le 7 décembre 43 av. J.-C. par les assassins de la République.

Je dédie cette réponse aux magistrats qui aujourd’hui se battent contre un fou d’orgueil, vorace de puissance. Ils restent le seul rempart contre les intérêts privés d’une oligarchie dont il est le représentant le plus visible en nos frontières.

 
 
  
Bernard Bonnejean

Publié dans politique française

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Mes étrennes

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Un beau cadeau

dont je vous fais dépositaires

  

La modestie ? Sacha Guitry a, une fois de plus, montré ce que cachait cette « vertu » dans une phrase dont la causticité, pour une fois, n'est pas masquée par l'humour :

 

« Il n'y a pas de gens modestes. Il y a des ratés qui ont la prétention d'être modestes — et qui font les modestes pour faire croire qu'ils ne sont pas des ratés ».

 

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Pour ma part, j'ai peur que la modestie ne soit née avec l'hypocrisie bourgeoise, la fameuse politesse qu'on inculque aux enfants des riches pour ne pas effaroucher les enfants des pauvres. Quelque chose dans ce goût-là :

 

« Tu as la chance d'être né dans une famille où l'on ne manque de rien. Tu es beau, intelligent et parfois charmant. Tu réussiras dans la vie comme ont réussi tes pères. Mais, je t'en supplie ! Tais-toi ! Sinon, ils vont venir te casser le hochet que la bonne fée t'a donné dans ton berceau ; et ta maison ; et ta femme ; et ta voiture ; et tes privilèges ».

 

Eh bien moi, je vous le dis tout net ! Le Bon Dieu m'a gratifié de dons et je ne vois aucune raison pour les cacher comme des parties honteuses de ma personnalité. Et je n'aimerais pas qu'on me servît cette sentence d'Alfred Capus : « Il  n'a qu'une qualité : il est modeste. Et il s'en vante ! »

 

Et si vous avez la sagesse que je crois — sinon quels vicieux vous seriez à venir comme Alanus me renifler du matin au soir pour embrener le quartier de mes pets de travers ! — vous accepterez que je vous en fasse part.

 

Le service de presse de mon éditeur m'a envoyé les trois dernières critiques de mes livres. Et, franchement, je suis fier et je vous offre cette fierté d'ami.

 

REVISTA DE ESPERITUALIDAD

69 (2010)

 

BONNEJEAN, B., La poésie thérésienne, Paris, Les Éditions du Cerf, 2006,. 302 p. 13,5 x 21,5 cm.

 

Lys-couverture.jpg

Bernard Bonnejean es doctor y agregado en letras, especialista de la poesía del siglo xix, especialmente de Verlaine y de los poetas católicos. Por su parte, el prologuista Tonnelier — capellán de las carmelitas descalzas de Laval y canciller de su obispado— es bien conocido por sus muchas obras, las más notorias, de tema teresiano-lexoviense.

El objetivo de este libro es elencar y explicar los temas y motivos de la poesía de santa Teresa del Niño Jesús y de la Santa Faz o Teresa de Lisieux. Como escribe en francés la santa carmelita, es un francés quien analiza un tema literario de esta magnitud. En once capítulos hace una lista de temas generales y concretos. A saber (traduzco; entre paréntesis, los epígrafes): I. El jardín de Teresa (jardín de infancia, catecismo de la naturaleza, jardín de Jesús); II. La fiesta de los sentidos (luz, perfumes, música) III. Los licores preciosos (agua, leche, sangre); IV. La fraternidad (humana, espiritual, con el cielo); V. El amor (paternidad-maternidad, vivir de amor, sufrimiento-abandono-amor); VI. Las armas de Teresa (pobreza-humildad, castidad-inocencia, obediencia-servicio); VII. Los esponsales (noviazgo, vocación de la esposa, amor esponsal); VIII. La Virgen (de la infancia, devociones marianas, modelo de humanidad); IX. El Jesús de Teresa (encarnado, escondido, salvador-misericordioso); X. La Eucaristía (instrumentos, vida, víctima de holocausto); XI. Los novísimos (infierno, purgatorio, paraíso).

¿ Quién dijo que Teresa no era una teóloga ? Si el índice del libro recuerda al de un manual de teología espiritual... Evidentemente, los temas que trata Teresita son temas de toda una autora mística, ya que, por ejemplo, el purgatorio lo relaciona directamente con «el Amor», que es uno de los nombres que ella da a Jesús. Así que nada de dura letra del dogma, sino suave y fe­liz experiencia espiritual de las cosas de Dios (por más duras que parezcan y que sean). El autor no se conforma con un simple elenco de temas dentro del ámbito de las poesías teresianas, sino que ha buceado en todos los escritos de la santa de Lisieux y cita del mismo modo poemas, canas, obras mayores y menores. El índice de abreviaturas y si-glas initial facilita la comprensión de la lectura, ya que igual salta el autor de un poema a una carta como a otro poema o a uno de sus manuscritos más famosos (los tres de la Historia de un alma). Para completar la excelencia de la obra, faltaría un indice doble final: de nombres y citas (bíblicas especialmente). Así se podría seguir mucho más de cerca la evolución de la sensibilidad poética de esta doctora de la Iglesia que cada vez nos sorprende mas al ser investigada en muy diversos ámbitos. Aquí lo ha sido el literario-poético; en otro lugar, lo sera el dogmatico; y en otro, el psicológico. Todos los estudiosos tienen materia para sacar del pozo; llevamos más de un siglo y la cosa no se agota. El autor ha sabido beber del propio pozo (cf. G.Gutiérrez) teresiano (francés, francófono y decimonónico) y nos ofrece una obra acabada, reluciente tanto en su forma como en su contenido. Que nos aproveche, pues, a todos.

IHT

 

THEOPHILYON

Revue des facultés de théologie et de philosophie

de l'université catholique de LYON 

Tome XV - Vol. 2 (2010)

 

Bernard Bonnejean, Clio et ses poètes. Les poètes catholiques dans leur histoire (1870-1914), Paris, Les Éditions du Cerf, 2007,. 354 p. 

 

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Avec cet ouvrage, Bernard Bonnejean, docteur, agrégé, spécialiste de la poésie du XIX° siècle, auteur notamment d'un livre sur la poésie thérésienne, initie un vaste essai sur la poésie catholique moderne à ses débuts, c'est-à-dire à partir de Verlaine dont il juge — à la suite de Claudel — qu'il est le premier à pouvoir répondre à cette appellation « en ce sens que le sentiment chrétien, le dogme chrétien, ne fut pas pour lui un thème occasionnel à développements et à déclamations, mais l'aliment essentiel de son âme, de son coeur et de sa pensée... ». Or l'époque, on le sait, et les décennies qui suivirent jusqu’à la première Guerre mondiale, furent particulièrement agitées dans leurs rapports entre l'Église et l'État : de l'instauration d'un gouvernement d'ordre moral sous Mac Mahon à la Séparation de l'Église et de l'État, le bouillonnement anticlérical lié à la naissance et au développement de la laïcité ne pouvait manquer de se répercuter sur les âmes naturellement portées au spirituel que sont les âmes des poètes. Ce fut une ère de conversions spectaculaires, parfois jaillies dans le creuset d'une ambiance matérialiste et positiviste désespérante — comme celle de Claudel —parfois vécues dans l'incompréhension de l'entourage — comme celle de Péguy —. Mais l'auteur n'en reste pas à ces deux figures les plus célèbres ; pour notre plus grande joie, il évoque des auteurs trop oubliés — et pourtant magnifiques ! — Milosz, Marie Noël, Francis Jammes... — ou mal connus dans leur complexité — Max Jacob — enquêtant, à chaque fois, sur « le poids de leurs origines » et suivant pas à pas leur évolution spirituelle — telle, du moins que la laissent voir leur vie publique et leurs œuvres. Aux trois chapitres d'une analyse minutieuse et souvent très éclairante succède un tableau chronologique détaillé de la période permettant de resituer les événements artistiques, scientifiques et littéraires dans leur contexte politique et religieux. Instructif aussi...

Ariane Merceron-Vicat 

 

THEOPHILYON

Revue des facultés de théologie et de philosophie

de l'université catholique de LYON 

Tome XV - Vol. 2 (2010)

 

Bernard Bonnejean, Le dur métier d'apôtre. Les poètes catholiques à la découverte d'une réelle authenticité (1870-1914), Paris, Les Éditions du Cerf, 2009, 320 p. 

 

9782204080538

Après les avoir resitués dans leur contexte historique et social à l'occasion de son précédent livre, Bernard Bonnejean poursuit son étude sur les premiers poètes catholiques de la modernité — qu'il considérerait volontiers comme les premiers vrais poètes catholiques... —en réfléchissant sur la spécificité de leur poétique. Scrutant avec la précision qu'on lui a reconnue l'œuvre de Verlaine, Jammes, Claudel et Péguy au fil de leur évolution spirituelle, s'appuyant sur les plus avertis de leurs exégètes, l'auteur pose l'une après l'autre les questions essentielles de la source, du sens et de la forme d'une telle poétique.

Une fois analysée la façon dont les poètes concernés ont résolu — chacun à leur manière — le problème toujours délicat de la dualité entre le corps et l'esprit, Bonnejean, convoquant notamment Bergson, se pose la question de l'inspiration. Commune à tout créateur, celle-ci est bien sûr particulièrement sensible chez le poète catholique, à la fois convaincu d'une transcendance divine à l'œuvre dans l'activité humaine et conscient d'avoir à transmettre sa foi en cette transcendance — laquelle est pour lui, rappelons-le, créatrice du monde et de ses merveilles. Dès lors surgit une autre question : l'inspiration du poète est-elle de même nature, de même essence que celle du prêtre ou du saint, « infusés » de l'Esprit-Saint ? ou bien, si ce n'est pas le cas, sont-elles compatibles ? Et quelle valeur spirituelle convient-il de leur attribuer ?

De l'Antiquité, qui, déjà, assignait une fonction métaphysique à la poésie, à Verlaine, premier poète catholique moderne, en passant par Dante, Pétrarque et Boccace qui assimilaient dès leur époque théologie et poésie, l'auteur s'arrête sur les étapes de l'évolution du sens — « direction » autant que « signification » — conféré à la poésie. Il démontre de quelle manière Poe et Baudelaire ont préparé la vision théocentrique claudélienne, à travers leur intuition d'une analogie entre la Création et la création artistique qui en est le symbole. Il constate, en outre, le relatif échec de Mallarmé et Rimbaud, l’un dans le rêve, l'autre dans la révolte, impuissants, l'un comme l'autre, à aboutir dans leur quête désespérée d'absolu. Pour qu'ait pu se faire jour un système cohérent où coïncident parfaitement le symbole poétique et le symbole religieux, il fallait au symbolisme, si l'on en croit l'auteur, une dimension, une perspective spirituelle que ces poètes n'avaient pas et que, converti, Claudel découvrit essentiellement à travers l'étude de la Somme théologique de Saint Thomas. À cette condition seule, le poète pouvait déboucher sur « une acception sereine du monde, une expérience fondée en raison et en foi de son existence et de sa signification... »

Troisième et dernier point d'analyse : la forme. Les poètes catholiques, soucieux, comme tous les autres, de faire correspondre au mieux le signifiant et le signifié, useraient-ils de matériaux et de techniques stylistiques qui seraient particulièrement propres à traduire leur foi ? Il s'agit ici de savoir non pas tant si les auteurs ont intentionnellement choisi telle ou telle forme, que s’ils emploient — de fait — des tournures spécifiques à une attitude spirituelle catholique. Aussi, Bonnejean cherche-t-il à voir dans quelle mesure la conversion de ces auteurs a — ou non — entraîné un changement formel dans leur poétique. Cette partie d'étude, très rigoureuse et détaillée, est particulièrement passionnante : il serait dommage d'en déflorer ici les résultats. Révélons-en au moins un, qui ne nuira pas à l'envie d'aller lire l'ouvrage : Le retour très fréquent à l'alexandrin, chez l'écrivain devenu catholique... Que faut-il en conclure ? L'auteur s'appuie ici encore sur Claudel : selon lui, alors qu'il est déjà du caractère français, raisonnable et rationnel, de rechercher le « construit » et l'« achevé », il est plus encore du poète catholique français de vouloir « se départir d'une originalité formelle et rhétorique où l'artiste ne s'ingénierait qu'à faire valoir son génie propre... » au profit d'un style « strict, sévère, voire formaliste ». Sur ce point simplement, l'analyse nous semble un peu courte : Si précisément l'alexandrin était, au XVIIe siècle, le grand vers classique, n'était-ce pas, qu'au-delà de ses vertus reconnues de rigueur et de lyrisme, il représentait, à l'insu même peut-être de ceux qui l'employaient, quelque chose de l'harmonie universelle, et que, de ce fait, il se trouve constituer l'instrument idéal de l'expression poétique catholique ?

Ariane Merceron-Vicat

 

Acceptez ces étrennes en hommage pour votre amitié qui m'est un remède et un viatique. Permettez-moi d'en faire aussi le don à la mémoire des chrétiens coptes persécutés par des fous qui n'nont rien de croyants.

À bientôt,

Bernard

Publié dans religion et culture

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Enigme pour mes amis

Publié le par Bernard Bonnejean

 

SOS :

J'ai besoin de votre aide

 

 

Afin de vous montrer en quelle estime je vous place, j'ai décidé de vous faire participer à mes recherches. Je suis actuellement sur le point de terminer un ouvrage sur un architecte grec de la période hellénistique, malheureusement totalement oublié. Le décès de Madame Jacqueline de Romilly m'a profondément affecté et j'aimerais pouvoir mettre un terme définitif à mes travaux sur l'Antiquité.

 

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Or, il ne me manque qu'un élément pour terminer une biographie à laquelle mon éditeur tient presque autant que moi, si c'est possible.

 

N'ayez crainte ! J'ai davantage besoin de votre vivacité d'esprit et de votre imagination que d'une érudition qui, je le crains, ne vous servira à rien. En effet, les données manquent terriblement et j'ai grand peur qu'aucun chercheur aujourd'hui décédé n'ait pris soin de s'intéresser à la question.

 

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  Le temple de Poséidon

 

Voici les données du problème, succinctement exposées.

 

Zénon d'Alexandrie, dans un de ses ouvrages, évoque une figure marquante de son époque, l'un des successeurs émérites  des grands statuaires et architectes grecs : Minos Pharkas. Né en Asie mineure, à une époque que l'on ignore, les autorités spartiates et athéniennes l'avaient en si haute estime qu'on lui confia la construction de nombreux temples. Malheureusement aucun n'a vraiment résisté au temps, car il semble que Pharkas, contrairement à ses maîtres, ait négligé le marbre au bénéfice d'un matériau beaucoup moins solide. Ce souci de démocratie, fort louable, nous prive aujourd'hui d'admirer des chefs-d'œuvre réputés mais disparus tels le fameux temple aptère amphiprostyle d'Athènes, avec son adyton rarissime en hexastyle ou celui de Sparte, beaucoup plus modeste, dont August Mürlich a si bien décrit la frise de l'opistodome.

 

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  Temple grec de Ségeste

 

Bref, Pharkas de l'âge de vingt-deux ans à l'âge de cinquante n'a cessé de répondre aux nombreuses commandes athéniennes et spartiates. Certes, il n'a jamais travaillé pour Thèbes et c'est là une première énigme que nous laisserons aux spécialistes.

 

Mais, là où je compte vraiment sur vous, c'est pour me fournir une explication plausible, possible et satisfaisante de ce qui est pour moi inexplicable :

 

Comment un si grand artiste, de renommée internationale, si je puis me permettre cet anachronisme, reconnu par les autorités civiles et religieuses, honoré par les peuples autant que par leurs élites, a-t-il pu, sans raison avouée, sans motif connu, arrêter net sa production ?

 

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Plan d'un temple diptère 

 

J'ai cherché dans le peu de données que nous possédons, dans le témoignage de ses proches et de ses mécènes, partout où il serait attendu de trouver une réponse : RIEN.

 

Et je me suis souvenu de la Lettre volée d'Edgar Allan Poe : la solution de l'énigme était si évidente, si visible, si clairement perceptible qu'elle devenait invisible à l'esprit compliqué du chercheur.

 

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Edgar Allan Poe

 

Alors, après vous avoir renouvelé mes vœux de bonne et heureuse année, j'attends de vous un effort d'imagination pour résoudre ce problème que je sens aisé mais insoluble pour un esprit tortueux : pourquoi un architecte en pleine gloire décide-t-il un jour de tout laisser en plan au risque de perdre son honneur et sa réputation ?

 

Mes très chers amis, je compte vraiment sur vous,

 

Bernard

 

Les photos ne correspondent pas au texte puisque nous ne connaissons aucun temple de Minos Pharkas. Elles ne sont là que pour votre agrément.

 

 

Publié dans culture humaniste

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Bonne année

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Bonne année

 

De passage à la Mairie de Noisy-le-Sec où la nouvelle municipalité a eu l'extrême gentillesse de me permettre d'utiliser son matériel informatique,

 

 

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à toutes mes amies,

à tous mes amis,

de http://www.bonneber.org

de facebook

de tweeter

d'Internet en général

 

à toutes mes ennemies et à tous mes ennemis,

de bonne et de mauvaise foi,

pourvu qu'ils aient une foi,

mes contradicteurs,

mes détracteurs,

mes délateurs,

mes calomniateurs,

mes médisants,

 

je souhaite que la bienveillance des uns et la jalousie vengeresse des autres continuent à tenir mon esprit en éveil pour que nous construisions ensemble, les uns avec les autres, les uns en plus des autres, les uns contre les autres

 

une société plus juste et plus humaine ou chacune, chacun trouvera sa place sous son soleil particulier à défaut de le trouver sous le soleil de tous ou le soleil de Satan

 

 

Bernard

Publié dans vie en société

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