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Encore un fameux, celui-là

Publié le par Bernard Bonnejean


Léon Bloy

Soyons honnête : des comme ça, dans notre société de civilisés diplomates [traduire, si vous le désirez, par faux-jetons comme pas deux] vous aurez du mal à en trouver. Je ne vous présente pas le bonhomme. Si vous me lisez, c'est que vous avez Internet, et, par conséquent, toute latitude pour consulter une bio-bibliographie en ligne.

Pas la peine de prendre des chemins détournés ! Léautaud, à côté, aurait presque un air petit bourgeois trop poli pour être honnête. 



Bloy est carrément méchant, vindicatif, odieux, insupportable. Il peut être franchement raciste, xénophobe, intolérant, intolérable, et il ne fait aucun doute qu'aujourd'hui il aurait été condamné mille fois pour ses écrits et qu'il aurait perdu tous ses procès.

Mais quelle plume mes aïeux ! Quelle verve ! Un génie de l'invective en robe de soirée, de la haine savamment mise en forme. Du grand art ! Jamais égalé depuis sa mort, même par Louis-Ferdinand Céline, qui s'y connaissait pourtant à tourner le compliment. Mais Céline insultait littérairement, si je puis dire ; Bloy le fait par une sorte de misanthropie non calculée, servie par un vrai talent de polémiste à son compte.

C'est vrai que ce catholique est l'un des seuls de son époque à avoir défendu Dreyfus. Pour cette raison, il s'est retrouvé seul, avec sa femme et ses enfants, sans ressource et, souvent, sans rien à manger dans son assiette. Certes, ses outrances le préparaient depuis longtemps à cette solitude et à cette indigence. Ce n'est pas le tout d'écrire ; il faut vendre ses livres. D'où la nécessité, que plus personne n'ignore, de pistons de toutes sortes, d'appuis politiques, religieux. Un écrivain vit dans une société donnée, qu'il n'a pas choisie. Il n'écrit pas pour la postérité. Foutaise de prof en mal de romantisme, que cette postérité-là qui ne donne rien à bouffer. En attendant une gloire posthume, très aléatoire, à laquelle ne pensent finalement que les ratés d'une littérature de kiosque de gares, il vaut mieux savoir se vendre et faire vendre.

Si vous commencez par dire du mal de tout le monde, à commencer par votre éditeur, à moins de tomber sur un génie de l'édition (Gallimard fut de ceux-là, qui pardonnait tout à ses auteurs pourvu qu'ils soient des artistes du verbe), vous avez peu de chance de réussir à vous faire connaître, ou si vous passez cet obstacle, à ce que la critique ne vous éreinte pas.

En ces années 1899-1900, notre Léon Bloy a lancé si loin le bouchon qu'il est exilé au Danemark. Pauvres Danois ! Ils dégustent comme jamais ! Bloy leur fait avaler son poison  à haute dose. Il n'aime ni le pays ni les gens ni leur religion ni rien de ce qui peut être danois. C'est le Journal de ce grand écrivain catholique, qu'on se passe encore sous le manteau, déconseillé par les curés, que j'aimerais vous faire un peu connaître aujourd'hui.

2 avril : Nous avons découvert [ma femme et moi] qu'une masse de petits gâteaux danois faits ici, cette semaine sainte, en vue de Pâques, a disparu complètement. Ils ont été mangés, sans doute, par une jeune fille agréable à voir qui a passé chez nous trois jours. La gourmandise soutenue par une faculté remarquable de s'empiffrer est une chose très scandinave. Mais plus scandinave et plus protestant encore paraît le désir des vierges de se faire tripoter par les messieurs.

Dans l'Aurore venue ce matin, lu un article d'Urbain Gohier qui "entreprend de refaire un peuple". La lecture de ce républicain merdeux produit en moi quelque chose d'apocalyptique. Faut-il que la France soit châtiée, quasi maudite, pour que de tels couillons surgissent.

8 avril : Fête anniversaire de l'imbécile Christian, le vieux roi reproducteur. On se pavoise, des fanfares parcourent les rues. Pour échapper à ce boucan, lu le Scarabée d'or de Poë et de Baudelaire, avec une indicible volupté.

29 avril : Oh ! l'horreur insurmontable, indicibles de nos latrines luthériennes et scandinaves qu'on ne vide pas et qui débordent comme un poème de Grundtvig !

11 mai : Ce matin, à la sortie de la grand'messe, j'ai eu l'impression que voici. Il m'a semblé que le petit troupeau catholique, dont je suis, est fort méprisé ici. De fait, il n'est recruté que parmi les indigents. [...] Il m'a bien semblé, encore une fois, que nous étions regardés du haut de la lune. Après tout, n'est-ce pas le devoir de ces belles dames accoutumées à sucer Luther, de nous conchier du haut des astres ?

Vous allez dire qu'il exagère un peu, Léon Bloy, quand même ! Vous avez sans doute un peu raison et il y aurait aujourd'hui dans ses écrits mille bons prétextes à le traîner devant les tribunaux.

Cependant, pour sa défense, voici ce qu'un critique littéraire s'est permis d'écrire sur ce bel esprit parfaitement indigne. L'Humanité nouvelle, une revue littéraire de l'époque, eut le toupet, qui ne coûtait rien en ce temps béni, d'écrire ceci :

Dieu seul est épargné par Léon Bloy ! : son âme pour un court instant dégorgée de pus, s'aromatise de louanges vers Celui qui créa le morpion, l'hyène, la vipère, la mouche charbonneuse, le crapaud, le vautour, la punaise et l'acarus de la gale et qui sut, un jour, les réunir en un seul être pour l'édification des catholiques et la gloire des lettres françaises.

Bon ! Eh bien ! Voilà, voilà, voilà !

Ce méchant bonhomme fut donc, comme je l'ai dit, l'un des seuls catholiques patentés à prendre la défense du capitaine Dreyfus. Il alla plus loin quand il écrivit Le Salut par les juifs. Plus étonnant encore, ce papier, découvert sur Internet, écrit pour un journal qui, bien entendu, ne put le publier :

La mort de Jules Bonnot, par Léon Bloy

Publié le 28 novembre 2008 par Juan Asensio

 



Le lendemain du 29 avril 1912, lorsque Jules-Joseph Bonnot est abattu comme une bête dans sa tanière, Bloy écrit un texte qui ne peut évidemment être publié. On peut croire qu’il ne cherche même pas une audience. Il le confiera seulement au sixième volume de son journal, Le Pèlerin de l’Absolu, qui ne paraîtra que deux ans plus tard. Le voici (1) :

400px-Le_Petit_Journal_-_Bonnot.jpgL’événement qui remplit toutes les feuilles et toutes les cervelles, c’est la capture et la mort de l’anarchiste Bonnot, chef d’une bande qui terrifiait Paris et la province depuis des semaines : vols, cambriolages, assassinats. En remontant jusqu’à Ravachol, je peux dire que je n’ai rien vu de plus ignoble, de plus totalement immonde en fait de panique et d’effervescence bourgeoise.
Le misérable s’était réfugié dans une bicoque, à Choisy-le-Roi. Une multitude armée a fait le siège de cette forteresse défendue par un seul homme qui s’est battu jusqu’à la fin, quoique blessé, et qu’on n’a pu réduire qu’avec une bombe de dynamite posée par un héros (!) qui a opéré en se couvrant d’une charrette à foin et cuirassé de matelas.
Les journaux ne parlent que d’héroïsme. Tout le monde a été héroïque, excepté Bonnot. La population entière, au mépris des lois ou règlements de police, avait pris les armes et tiraillait en s’abritant. Quand on a pu arriver jusqu’à lui, Bonnot agonisant se défendait encore et il a fallu l’achever.
Glorieuse victoire de dix mille contre un. Le pays est dans l’allégresse et plusieurs salauds seront décorés.
Heureusement Dieu ne juge pas comme les hommes. Les bourgeois infâmes et tremblant pour leurs tripes qui ont pris part à la chasse, en amateurs, étaient pour la plupart, j’aime à le croire, de ces honorables propriétaires qui vivent et s’engraissent de l’abstinence ou de la famine des pauvres, chacun d’eux ayant à rendre compte, quand il crèvera, du désespoir ou de la mort d’un grand nombre d’indigents. Protégés par toutes les lois, leur infamie est sans aucun risque. Sans Dieu, comme Bonnot, ils ont l’hypocrisie et l’argent qui manquèrent à ce malheureux. J’avoue que toute ma sympathie est acquise au désespéré donnant sa vie pour leur faire peur et je pense que Dieu les jugera plus durement.
Cette brillante affaire avait nécessairement excité la curiosité la plus généreuse. Ayant duré plusieurs heures, des autos sans nombre avaient eu le temps d’arriver de Paris, amenant de nobles spectateurs impatients de voir et de savourer l’extermination d’un pauvre diable. Le comble de l’infamie a été la présence, dans les autos, d’une autre armée de photographes accourus, comme il convient, pour donner aux journaux tous les aspects désirables de la bataille.



A bientôt les amis

Bernard Bonnejean

Publié dans humour grinçant

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Paul Léautaud, l'avatar du groupuscule,

Publié le par Bernard Bonnejean

Le parrain des Zinzins

N’ayez crainte : je ne vais pas vous servir une monographie quotidienne. Surtout pas de celles qu’on rédige comme le héros de Truffaut dans La Chambre verte, un éloge posthume, une chronique nécrologique pour presse spécialisée. C’est un métier qui n’est pas le mien. Les exercices de style pour abonnés anciens combattants, je ne méprise pas, mais ce n’est pas dans mes compétences. Je me suis même offert le luxe, un peu taquin, de commencer la vie et l’œuvre d’un personnage assez obscur par ces mots :

 

Un linguiste, spécialiste de l’autobiographie – il me semble, si mes souvenirs sont justes, qu’il s’agit de Philippe Lejeune – a un jour arrêté que les deux événements les moins instructifs de la vie d’un homme étaient sa naissance et sa mort. De fait, si une existence, qu’elle soit racontée par soi ou rapportée par un autre, est bien une histoire inscrite dans l’histoire, en ce sens qu’elle suit un enchaînement chronologique d’un point à un autre, dans l’espace et dans le temps, c’est souvent commode, mais parfaitement chimérique, d’entreprendre la découverte d’une personnalité par une fiche d’état civil : « Né le… à… ».

 

Je ne vous dirai pas dans quel livre j’ai commis cette saillie un peu provocatrice, mais aujourd’hui encore, au moment de relire avant publication, je persiste et je signe, plus par conviction que pour embêter le bourgeois. Entre nous, l’un n’empêche pas l’autre.

Plutôt que de vous raconter la vie de Paul Léautaud, le parrain choisi des Zinzins d’Over, je préfère vous le faire connaître par ses idées et ses écrits.

 

Le bonhomme était peu porté sur la religion. Pourtant, il aimait les gens de conviction. Sur la Mayenne, le département où je suis né, il a dit cette gentillesse si rare chez ce misanthrope :

Les chouans avaient vraiment grande allure, un idéalisme d'une certaine envergure, si fermé que je sois et rétif à leur esprit religieux (Journal littéraire, [21 mars 1929], éd. Mercure de France, 1959, p. 227).

En revanche, il n’avait aucune estime pour le lavallois Alfred Jarry, sans doute parce que sa folie pouvait rivaliser avec la sienne :

Fini, bien fini, ce pauvre Jarry. Malade, détraqué par les privations, l'alcoolisme et la masturbation, incapable de gagner sa vie en aucune façon, ni avec un emploi, ni par une collaboration quelconque à un journal. On l'avait fait entrer il y a deux ou trois ans au Figaro il ne faisait rien, ou ce qu'il faisait était illisible. Couvert de dettes et déjà un peu fou, il y a un an on avait organisé au Mercure la publication, à tirage restreint et très cher, d'un mince ouvrage de lui. Cela lui avait fourni, toutes ses dettes payées, environ un billet de huit cents à mille francs. Il a tout mangé à boire, à courir les cafés, si bien qu'aujourd'hui, fourbu et fichu, il se résigne à repartir chez sa sœur (Journal littéraire, [23 janvier 1907], p. 17).


Certains ont même avancé qu’il n’aimait personne. Disons plus honnêtement qu’il lui arrivait d’aimer qui ne l’était pas. On sait ainsi que Mallarmé eut maille à partir avec la critique de son temps. Léautaud lui fit cadeau de ce compliment inoubliable :

Celui-là fut mon maître, Quand je connus ses vers, ce fut pour moi une révélation, un prodigieux éblouissement, un reflet pénétrant de la beauté, mais en même temps qu'il me montra le vers amené à sa plus forte expression et perfection, il me découragea de la poésie, car je compris que rien ne valait que ses vers et que marcher dans cette voie, c'est-à-dire : imiter, ce serait peu digne et peu méritoire. […] Les vers de Mallarmé sont une merveille inépuisable de rêve et de transparence. (…) Mallarmé est mort. Il a enfoncé le cristal par le monstre insulté. Le cygne magnifique est enfin délivré. Et quelle qualité : il était unique (Journal littéraire, [10 septembre 1898], 1954, p. 21.


Quant à sa misogynie, c’est de l’ordre de la diffamation. Il fait ainsi le portrait d’une inconnue :

Ce matin, chez Garçon, dans le salon, comme j'attendais pour le voir, une femme, 40 ou 45 ans, fort jolie, mise cossue, mais très simple, de beaux yeux, une jolie bouche, un sourire délicieux, le décolleté de son corsage laissant voir le globe des seins sous une légère guipure, en compagnie d'un homme d'une cinquantaine d'années, à monocle et à rosette (Journal littéraire, [9 juillet 1931], 1960, p. 81).

Cette anecdote sur Colette montre qu’il avait aussi de l’entregent :

Quand j'ai dit mon âge, Colette m'a dit: « Vous dites cinquante-trois ans ? Vous êtes mon aîné d'une année. Cinquante-deux, moi. » Je lui ai répliqué : « Je suis votre aîné encore plus que par l'âge... » Elle m'a regardé avec un air interrogatif. J'ai ajouté : « Je n'ai pas... je n'ai pas votre bel aspect. » Elle est en effet encore fort jolie, - et jolie n'est pas le mot. Ce qu'il faudrait dire c'est qu'elle respire la volupté, l'amour, la passion, la sensualité, avec un grand fond de mélancolie qu'on devine bien (Journal littéraire, [16 juin 1925], 1958, p. 56).


Mais on est libre de ne retenir de lui que ses éclairs de "folie" d’une drôlerie certaine :

Le mariage fait des cocus et le patriotisme des imbéciles.


Chaque fois qu'une maîtresse me quitte, j'adopte un chat de gouttière : une bête s'en va, une autre arrive.


Il n'y a encore que les gens qui écrivent qui sachent lire.


L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes.


Avoir de l'esprit. Plaire aux femmes. Rien qui s'oppose davantage.


On me demandait l'autre jour : "Qu'est-ce que vous faites ? - Je m'amuse à  vieillir, répondis-je. C'est une occupation de tous les instants."


Maintenant vous connaissez mieux le parrain des lieux, ce qui devrait vous permettre, je l’espère sincèrement, de mieux apprécier le filleul qui vous dit :


A bientôt les amis


Bernard Bonnejean 

Publié dans humour grinçant

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Air à chanter en taule, suivi de KING OF THRILLER 'S GONE

Publié le par Bernard Bonnejean


CHANSON DE BERANGER


Né à Paris le 19 août 1780, le chansonnier Pierre-Jean de Béranger serait sans doute beaucoup moins célèbre aujourd'hui sans de multiples mésaventures qui ne doivent pas grand chose à son talent, indéniable. Son père fit le mauvais choix : royaliste inconditionnel, il se cache sous la révolution. Première chance pour le fils, puisqu'un autre exilé, Charles-Simon Favard, fondateur de l'opéra-comique, partage le sort paternel. Puis, Pierre-Jean est envoyé en pension chez un certain de Ballue de Bellenglise, directeur rousseauiste de l’Institut patriotique. Le garçon y apprend le chant avant d'entrer à 14 ans chez l'imprimeur Laisney où on l'initie à la poésie. 

Fort de ces "bonnes bases", comme on dirait aujourd'hui, Pierre-Jean devient chansonnier. Il publie La Clé du Caveau, un recueil annuel de chansons et d’airs. Il se fait connaître avec Le Sénateur, Le Petit homme gris, Le Roi d'Yvetot. La Restauration lui fait l'honneur de ne pas l'aimer. La chanson de Béranger devient une arme politique qui fait peur. En 1820, le Vieux Drapeau circule dans les casernes. Il attaque les gens en place : magistrats, députés, prêtres, jésuites. 

En 1821, il est condamné à trois mois de prison et cinq cent francs d'amende ; en 1828, à neuf mois et dix mille francs d'amende.  Il en sort, bien entendu, beaucoup plus populaire. Il a la délicatesse de mourir pauvre et de se faire payer ses funérailles par le gouvernement impérial.

Que pouvait bien faire un chansonnier en prison aux alentours de 1830 ? Surtout qu'on n'était pas si mal à Sainte-Pélagie à l'époque. On n'y manquait pas de place. Le condamné composa. Parmi toute sa production d'écroué, je choisis une chanson qui ne parle ni de prison ni de misère, à peine d'une petite révolte contre une religion mal comprise qui exhorte à la passivité, à l'acceptation de tout, à la résignation.

Ce que ne fait pas l'opposition orléanaise qui soutient son Bérenger à elle, Jean-Paul Morat, dit "Le Chat de gouttière", objet de la vindicte d'un mécontent de l'autre bord. Vous pouvez rendre visite à ce septuagénaire à la langue pendue : il est dans mes sites préférés.
 


L'ANGE GARDIEN

A l'hospice un gueux tout perclus
Voit apparaître son bon ange ; 
Gaîment il lui dit : Ne faut plus
Que votre altesse se dérange.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

Sur la paille, né dans un coin,
Suis-je enfant du Dieu qu'on nous prêche ?
Oui, dit l'ange ; aussi j'eus grand soin
Que ta paille fût toujours fraîche.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

Jeune et vivant à l'abandon,
L'aumône fut mon patrimoine.
Oui, dit l'ange, et je te fis don
De trois besaces d'un vieux moine.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

Soldat bientôt, courant au feu,
Je perdis une jambe en route.
Oui, dit l'ange ; mais avant peu
Cette jambe aurait eu la goutte.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

Pour mes jours gras, du vin fraudé
Mit le juge après mes guenilles.
Oui, dit l'ange ; mais je plaidai :
Tu ne fus qu'un an sous les grilles.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

Chez Vénus j'entre en maraudeur ;
C'est tout fruit vert que j'en rapporte.
Oui, dit l'ange ; mais, par pudeur,
Là je te quittais à la porte.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

D'un laidron je deviens l'époux,
Priant qu'il ne soit que volage.
Oui, dit l'ange ; mais nul de nous
Ne se mêle de mariage.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

Ce pauvre diable ainsi parlant
Mettait en gaîté tout l'hospice.
Il éternue, et, s'envolant,
L'ange lui dit : Dieu te bénisse !
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

Et parce qu'il ne saurait y avoir de discrimination chez les gens de la Muse, je voudrais rendre hommage à celui-ci dont je viens d'apprendre la mort. Je sais qu'aujourd'hui beaucoup de mes anciennes élèves vont le pleurer et que les garçons devenus hommes vont se souvenir :






 

A bientôt les amis
 


Bernard Bonnejean


Références de la chanson "Ange Gardien" :

Béranger, Pierre-Jean de (1780-1857), Chansons de P.-J. de Béranger, précédées d'une notice sur l'auteur et d'un essai sur ses poésies, par M. P.-F. Tissot, tome III, Paris, Perrotin, 1829.

 

 

 

Publié dans poésie

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Une histoire de bonne fame !

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

ou il faut savoir exiger son dû si on ne veut pas perdre la main


 

Le jour, qui commençait à paraître, imposa silence à Schéhérazade en cet endroit. La nuit suivante, elle reprit son discours de cette sorte :


« J'arrivai au Caire, poursuivit le jeune homme de Mossoul. J'y trouvai mes oncles, qui me reçurent fort bien. Je logeai avec eux dans le même khan,  et vis tout ce qu'il y avait de beau à voir au Caire.


« Comme ils avaient achevé de vendre leurs marchandises, ils commençaient déjà à faire les préparatifs de leur départ, et se mirent en route sans m'attendre.


« Je restai au Caire et j'y demeurai trois ans. Pendant ce temps-là, j'envoyai de l'argent au joaillier, en lui mandant de me conserver sa maison, car j'avais dessein de retourner à Damas. Il ne m'arriva point d'aventure au Caire, mais vous allez être fort surpris de celle que j'éprouvai quand je fus de retour à Damas.

 
« En arrivant en cette ville, j'allai descendre chez le joailler, qui me reçut avec joie, et voulut m'accompagner lui-même jusque dans ma maison, pour me faire voir que personne n'y était entré pendant mon absence. En effet, le sceau était encore en son entier sur la serrure, et toutes choses dans le même état où je les avais laissées.


« En nettoyant la salle où j'avais mangé avec les dames, un de mes gens trouva un collier d'or, où il y avait, d'espace en espace, dix perles très grosses et très parfaites ; il me l'apporta el je le reconnus pour celui que j'avais vu au cou de la jeune dame qui avait été empoisonnée. Je l'enveloppai et le mis précieusement dans mon sein.

 
« Je m'abandonnai bientôt à toutes sortes de plaisirs, el insensiblement je dépensai tout mon argent. Dans cette situation je résolus de me défaire du collier. Je me rendis au bezeslein, et je priai un crieur de le faire voir aux principaux joailliers. Le crieur fut surpris de voir ce bijou. « Ah ! la belle chose, s'écria-t-il, après l'avoir regardé avec admiration. Jamais nos marchands n'ont rien vu de si riche, et vous ne devez pas douter qu'ils ne le mettent à un haut prix. Attendez-moi ici, je viendrai bientôt vous apporter la réponse. » Le crieur revint et m'assura qu'on ne voulait donner que cinquante shérifs du collier. « C'est qu'on m'a dit, ajouta-t-il, que les perles étaient fausses : voyez si vous voulez le donner à ce prix-là ? Comme j'avais besoin d'argent : « Allez, lui dis-je, livrez-le, et m'en apportez l'argent tout-à-l’heure. »


Le crieur m'était venu offrir cinquante shérifs de la part du plus riche joaillier du bezeslein, qui n'avait fait celte offre que pour savoir si je connaissais la valeur de ce que je mettais en vente. Aussi, il n'eut pas plutôt appris ma réponse qu'il mena le crieur avec lui chez le lieutenant de police : « Seigneur, dit-il, voilà un collier qu'on m'a volé ; et le voleur a eu la hardiesse de l'exposer en vente. Il se contente de cinquante shérifs pour un joyau qui en vaut deux mille : rien ne saurait mieux prouver que c'est un voleur. » Le lieutenant de police m'envoya arrêter ; et, lorsque je fus devant lui, il me demanda si le collier qu'il tenait n'était pas celui que je venais de mettre eu vente au bezeslein. Je lui répondis que oui. Et est-il vrai, reprit-il, que vous le voulez livrer pour cinquante shérifs ? J'en demeurai d'accord. « Eh bien, dit-il alors, qu'on lui donne la bastonnade ; il nous dira bientôt qu'il n'est qu'un franc voleur ; qu'on le batte jusqu'à ce qu'il l'avoue. » La violence des coups de bâton me fit confesser, contre la vérité, que j'avais volé le collier, et aussitôt le lieutenant de police me fit couper la main. Cela causa un grand bruit dans le bezeslein, et je fus à peine de retour chez moi, que je vis arriver te propriétaire de la maison. « Mon fils, me dit-il, comment est-il possible que vous ayez commis une action aussi indigne que celle dont je viens d'entendre parler ? Après ce qui vient d'arriver, je ne puis souffrir que vous logiez plus longtemps dans ma maison : allez chercher un autre logement. » Je priai le joaillier, les larmes aux yeux, de me permettre de rester encore trois jours dans sa maison, ce qu'il m'accorda. »



Schéhérazade s'arrêta en cet endroit, parce qu'elle vit paraître le jour.


A bientôt, les amis


Bernard Bonnejean












KABOUL, 16 avr 2008 (AFP) - Afghanistan: le parlement prépare une législation rappelant les talibans

Une loi rappelant celles des talibans, actuellement élaborée par une commission parlementaire en Afghanistan, veut interdire le maquillage et la danse en public aux femmes et les ornements jugés féminins pour les hommes, a-t-on appris mercredi auprès du parlement.

Pour entrer en vigueur, ce projet dont l'AFP a obtenu copie doit être approuvé par les deux chambres des députés et des sénateurs, avant d'être signé par le président Hamid Karzaï.

"Femmes et jeunes filles ne se maquilleront pas, porteront des vêtements acceptables (rien de provoquant) et le hijab (long voile couvrant la tête et le corps, à l'iranienne) lorsqu'elles sont au travail ou à l'école", stipule le projet.

Il s'agit d'une évolution par rapport aux talibans, au pouvoir de 1996 à fin 2001, qui imposaient le port de la burqa, couvrant entièrement le corps et le visage de la femme et ne laissant qu'un grillage au niveau des yeux pour voir.

La Commission des affaires morales et de la lutte anti-drogue prévoit également dans ce projet d'interdire aux femmes de danser lors de concerts et autres manifestations publiques, y compris à la télévision.

"Les médias, dont la télévision et les chaînes diffusées par câble, doivent éviter la diffusion de programmes contraires à la morale islamique", dit le texte sans entrer dans les détails.

La gent masculine se voit interdite de bracelets, colliers, "robes de femmes" et de catogans (queues de cheval), lit-on encore dans leur projet.

Le parlement afghan, dominé par les ex-combattants anti-soviétiques, a appelé récemment à interdire aux chaînes de télévision de montrer des danses entre hommes et femmes et des séries télévisées "soap opera".

Enfin pour les réunions publiques, en particulier les mariages, les femmes et hommes doivent être séparés et la musique de faible volume, estime le projet de loi.

Le projet comporte également une interdiction des combats d'animaux -chiens, coqs ou chameaux-, conformément à la loi islamique, et bannit l'élevage de pigeons et les jeux vidéos très populaires en Afghanistan.

Si le projet était adopté, les contrevenants risqueraient entre 10 et 100 dollars d'amende.

Publié dans poésie

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Si on revenait à l'essentiel

Publié le par Bernard Bonnejean

Ezéchiel, chapitre 7

Ez 7:1-

La parole de Yahvé me fut adressée en ces termes.
 

Ez 7:2-

Fils d'homme, dis : Ainsi parle le Seigneur Yahvé à la terre d'Israël : Fini ! La fin vient sur les quatre coins du pays.

Ez 7:3-

C'est maintenant la fin pour toi ; je vais lâcher ma colère contre toi pour te juger selon ta conduite et te demander compte de toutes tes abominations.

Ez 7:4-

Je n'aurai pas pour toi un regard de pitié, je ne t'épargnerai pas, mais je ferai retomber sur toi ta conduite, tes abominations resteront au milieu de toi, et vous saurez que je suis Yahvé.  

Ez 7:5-

Ainsi parle le Seigneur Yahvé : Voici que vient un malheur, un seul malheur.

Ez 7:6-

La fin approche, la fin approche, elle s'éveille en ta direction, la voici qui vient.

Ez 7:7-

C'est ton tour, à toi qui habites le pays. Le temps vient, le jour est proche, c'est le trouble et non plus la joie pour les montagnes.

Ez 7:8-

Maintenant, je vais bientôt déverser ma fureur sur toi et assouvir ma colère contre toi ; je vais te juger selon ta conduite et te demander compte de toutes tes abominations.

Ez 7:9-

Je n'aurai pas un regard de pitié et je n'épargnerai pas, mais je te traiterai selon ta conduite, tes abominations resteront au milieu de toi, et vous saurez que je suis Yahvé, qui frappe.

Ez 7:10-

Voici le jour, voici que vient ton tour, il est venu, il est sorti, le sceptre a fleuri, l'orgueil s'est épanoui.

Ez 7:11-

La violence s'est levée pour devenir un fléau de méchanceté...

Ez 7:12-

Le temps vient, le jour est proche. Que l'acheteur ne se réjouisse pas, que le vendeur ne se désole pas, car la fureur est contre tout le monde.

Ez 7:13-

Le vendeur ne reviendra pas à ce qu'il a vendu ; chacun vit dans son péché : ils ne seront pas fortifiés.

Ez 7:14-

On sonne de la trompette, tout est prêt et personne ne marche au combat, car ma fureur est contre tout le monde.

Ez 7:15-

C'est l'épée au dehors, la peste et la famine au dedans. Quiconque sera dans la campagne mourra par l'épée, et quiconque sera dans la ville, la famine et la peste le dévoreront.

Ez 7:16-

Ils auront des survivants qui iront vers les montagnes comme les colombes des vallées, et je les ferai tous mourir, chacun pour sa faute.

Ez 7:17-

Toutes les mains faibliront, tous les genoux s'en iront en eau.

Ez 7:18-

Ils se revêtiront de sacs, un frisson les enveloppera. Tous les visages seront honteux, toutes les têtes rasées.

Ez 7:19-

Ils jetteront leur argent dans les rues, et leur or leur sera une souillure ; leur argent ni leur or ne pourront les sauver au jour de la fureur de Yahvé. Ils ne se rassasieront plus, ils ne rempliront plus leur ventre, car c'était là l'occasion de leurs fautes.

Ez 7:20-

Dans la beauté de leurs bijoux, ils mettaient leur orgueil : ils en ont fait leurs images abominables, leurs horreurs, c'est pourquoi j'en ferai pour eux une souillure.

Ez 7:21-

Je vais les livrer aux mains des étrangers en pillage, à la pègre du pays en butin. Ils le profaneront.

Ez 7:22-

Je détournerai d'eux ma face, on profanera mon trésor, des barbares y pénétreront et le profaneront.

Ez 7:23-

Fabrique une chaîne, car le pays est rempli d'exécutions sanglantes, la ville est pleine de violences.

Ez 7:24-

Je ferai venir les nations les plus cruelles qui s'empareront de leurs maisons. Je ferai cesser l'orgueil des puissants et leurs sanctuaires seront profanés.

Ez 7:25-

La terreur vient ; ils chercheront la paix et il n'y en aura pas.

Ez 7:26-

Il arrivera désastre sur désastre, il y aura nouvelle sur nouvelle ; on réclamera une vision au prophète, la loi fera défaut au prêtre, le conseil aux anciens.

Ez 7:27-

Le roi sera dans le deuil, le prince sera plongé dans la désolation, les mains des gens du pays trembleront. J'agirai selon leur conduite, je les jugerai selon leurs jugements, et ils sauront que je suis Yahvé.



Non, bien sûr, je ne suis pas prophète ! Mais j'aimerais parfois avoir moins d'intuition. Ce texte biblique m'est tombé du ciel au pire moment de la crise iranienne. On y lira ce qu'on voudra. Ou bien, on n'y lira rien du tout. Et à Orléans, on ira chercher noise à Monseigneur Fort ; on laissera l'Iran, la Palestine, la pauvreté, les menaces de guerre et toutes ces broutilles pour s'occuper de l'essentiel :




Courage, courage, comme disait l'autre juste avant de partir en vacances.

A bientôt, les amis

Bernard Bonnejean

Publié dans vie en société

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NEDA NEDA NEDA NEDA NEDA NEDA NEDA NEDA NEDA NEDA

Publié le par Bernard Bonnejean


NEDA


 















Ô mort,
où est ta victoire ?

Victor Hugo
« La mort de Gavroche »

  

       Courfeyrac tout à coup aperçut quelqu'un au bas de la barricade, dehors, dans la rue, sous les balles. Gavroche avait pris un panier à bouteilles dans le cabaret, était sorti par la coupure, et était paisiblement occupé à vider dans son panier les gibernes pleines de cartouches des gardes nationaux tués sur le talus de la redoute.
     - Qu'est-ce que tu fais là ? dit Courfezrac.
Gavroche leva le nez :
     - Citoyen, j'emplis mon panier.
     - Tu ne vois donc pas la mitraille ?
Gavroche répondit :
     - Eh bien, il pleut. Après ?
Courfeyrac cria :
     - Rentre !
     - Tout à l'heure, fit Gavroche.
Et d'un bond, il s'enfonça dans la rue. (...) Une vingtaine de morts gisaient çà et là dans toute la longueur de la rue sur le pavé. Une vingtaine de gibernes pour Gavroche. Une provision de cartouches pour la barricade.
   La fumée était dans la rue comme un brouillard. Quiconque a vu un nuage tombé dans une gorge de montagne entre deux escarpements à pic, peut se figurer cette fumée resserrée et comme épaissie par deux sombres lignes de hautes maisons. Elle montait lentement et se renouvelait sans cesse ; de là un obscurcissement graduel qui blêmissait même le plein jour. C'est à peine si, d'un bout à l'autre de la rue, pourtant fort courte, les combattants s'apercevaient.
   Cet obscurcissement, probablement voulu et calculé par les chefs qui devaient diriger l'assaut de la barricade, fut utile à Gavroche.
   Sous les plis de ce voile de fumée, et grâce à sa petitesse, il put s'avancer assez loin dans la rue sans être vu. Il dévalisa les sept ou huit premières gibernes sans grand danger.
   Il rampait à plat ventre, galopait à quatre pattes, prenait son panier aux dents, se tordait, glissait, ondulait, serpentait d'un mort à l'autre, et vidait la giberne ou la cartouchière comme un singe ouvre une noix.
   De la barricade, dont il était encore assez près, on n'osait lui crier de revenir, de peur d'appeler l'attention sur lui.
   Sur un cadavre, qui était un caporal, il trouva une poire à poudre.
   - Pour la soif, dit-il, en la mettant dans sa poche.
   A force d'aller en avant, il parvint au point où le brouillard de la fusillade devenait transparent. Si bien que les tirailleurs de la ligne rangés et à l'affût derrière leur levée de pavés, et les tirailleurs de la banlieue massés à l'angle de la rue, se montrèrent soudainement quelque chose qui remuait dans la fumée.
   Au moment où Gavroche débarrassait de ses cartouches un sergent gisant près d'une borne, une balle frappa le cadavre.
   - Fichtre ! fit Gavroche. Voilà qu'on me tue mes morts.
   Une deuxième balle fit étinceler le pavé à côté de lui. Une troisième renversa son panier. Gavroche regarda, et vit que cela venait de la banlieue.
   Il se dressa tout droit, debout, les cheveux au vent, les mains sur les hanches, l'œil fixé sur les gardes nationaux qui tiraient, et il chanta :
   
On est laid à Nanterre,
C'est la faute à Voltaire,
Et bête à Palaiseau,
C'est la faute à Rousseau.
   Puis il ramassa son panier, y remit, sans en perdre une seule, les cartouches qui en étaient tombées, et, avançant vers la fusillade, alla dépouiller une autre giberne. Là une quatrième balle le manqua encore. Gavroche chanta :
  Je ne suis pas notaire,
C'est la faute à Voltaire,
Je suis petit oiseau,
C'est la faute à Rousseau.
   Une cinquième balle ne réussit qu'à tirer de lui un troisième couplet :
  Joie est mon caractère,
C'est la faute à Voltaire,
Misère est mon trousseau,
C'est la faute à Rousseau.
   Cela continua ainsi quelque temps.
   Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche fusillé, taquinait la fusillade. Il avait l'air de s'amuser beaucoup. C'était le moineau becquetant les chasseurs. Il répondait à chaque décharge par un couplet. On le visait sans cesse, on le manquait toujours. Les gardes nationaux et les soldats riaient en l'ajustant. Il se couchait, puis se redressait, s'effaçait dans un coin de porte, puis bondissait, disparaissait, reparaissait, se sauvait, revenait, ripostait à la mitraille par des pieds de nez, et cependant pillait les cartouches, vidait les gibernes et remplissait son panier. Les insurgés, haletants d'anxiété, le suivaient des yeux. La barricade tremblait ; lui, il chantait. Ce n'était pas un enfant, ce n'était pas un homme ; c'était un étrange gamin fée. On eût dit le nain invulnérable de la mêlée. Les balles couraient après lui, il était plus leste qu'elles. Il jouait on ne sait quel effrayant jeu de cache-cache avec la mort ; chaque fois que la face camarde du spectre s'approchait, le gamin lui donnait une pichenette.
   Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l'enfant feu follet. On vit Gavroche chanceler, puis il s'affaissa. Toute la barricade poussa un cri ; mais il y avait de l'Antée dans ce pygmée ; pour le gamin toucher le pavé, c'est comme pour le géant toucher la terre ; Gavroche n'était tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l'air, regarda du côté d'où était venu le coup, et se mit à chanter :
  Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C'est la faute à...
   Il n'acheva point. Une seconde balle du même tireur l'arrêta court. Cette fois il s'abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s'envoler.



Les Misérables, Cinquième partie, Livre I,
« La guerre entre quatre murs », Chapitre XV « Gavroche dehors »


Bernard Bonnejean

Publié dans martyre

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La fête des pair(e)s

Publié le par Bernard Bonnejean


A 
محمود احمدی نژاد

 et à  علي خامنئي


Oui, j’ai bien dit la fête des pair(e)s.


D’une part, parce que ces deux là font la paire.

 



D’autre part, qu’il ne saurait y avoir de pères sans paire.



Qu’enfin, et peut-être surtout, je rêve d’un monde où les pères feraient la paire avec nos pairs, les mères.


Or, j’ai lu ceci, envoyé par l’ACAT, l’Association catholique pour l’abolition de la torture, bien avant les fameuses élections truquées au pays persan de la paire en question.

Une jeune Iranienne, Ronak Safardeh, militante kurde, est détenue depuis le 9 octobre 2007 pour avoir participé à un meeting où l’on demandait l’abrogation des lois discriminatoires à l’égard des femmes. En effet, non seulement les Iraniennes n’ont pratiquement aucun droit en matière de divorce, de droit de garde des enfants et de succession, mais les tribunaux ne tiennent aucun compte de leurs témoignages face à celui d’un homme.

Les autorités se livrent depuis un certain temps à une campagne d’intimidation et de répression contre les militantes qui osent élever leurs protestations : arrestations, détention, persécutions. On va jusqu’à leur interdire de voyager. Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix, explique :



Notre pays l’Iran regorge de femmes talentueuses. Ce pays a la chance d’avoir une population féminine courageuse qui a désespérément envie de se rendre utile, mais il est entravé par des préjugés inscrits dans la loi et par la bigoterie. Les Iraniennes ont plus que jamais besoin de notre soutien.

L’ACAT soutient les femmes iraniennes et demandait, bien avant les élections, que ses adhérent(e)s et sympatisant(e)s envoient une lettre qui est encore plus actuelle aujourd’hui.


Adressée à son Excellence l'Ayatollah Mahmoud Hasherni Shaqhroudi, ministre de la Justice, Pasteur St., Vali Asr Ave. south of Serah-e Jomhouri, Tehran 1316814737, République Islamique d'Iran, elle dénonçait le harcèlement exercé contre les groupes qui défendent les droits des Iraniennes. Elle disait, en substance :

Au lieu d'utiliser son pouvoir pour réprimer et intimider ceux qui protestent et demandent que leurs droits soient respectés, le gouvernement iranien devrait considérer comme un atout le travail mené par ceux qui défendent les droits des femmes et les droits de l'Homme en général. 

Elle demandait enfin de supprimer les lois discriminatoires ; de libérer les défenseurs des droits des femmes incarcérés ; de cesser d'arrêter et de harceler ceux qui ne font qu'exercer pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion.


Pour beaucoup d’intellectuels de ma génération, la civilisation arabe est complémentaire de la nôtre. Nous nous sommes apporté mutuellement une quantité indénombrable de connaissances dans presque tous les secteurs de l’activité humaine. Pour l’avoir nié sans élégance, les « colons » ont perdu leurs biens et failli rompre nos liens séculaires.

Au-dessus de tout, nous, qui avions eu la chance par nos études de rester ouverts aux autres peuples, placions très haut la sagesse orientale, qui fut à l’origine du christianisme : Marie, Joseph, Jésus étaient enfants descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, de la tribu du roi David.
 

Alors, Messieurs Mahmoud Ahmadinejad et ayatollah Ali Khamenei, permettez à un occidental catholique, au nom de ce qu’il pense être la sagesse arabo-musulmane, de vous rappeler les temps anciens où le grand Émir Abd El Kader
عبد القادر الجزائري , pour ses sujets et pour nous un modèle de courage et de vertu incomparables, reçut de la France la grand-croix de la Légion d’honneur. Brave entre les braves, grand croyant et grand chef militaire, cet ennemi était honoré par ceux qu'il avait combattus.


 

Abd-El-Kader à Damas, portant le
grand cordon de la
Légion d'honneur, 1860.



Que jamais on puisse entendre les Français prononcer cette phrase que Montesquieu leur faisait dire ironiquement à la vue d'Usbek et de Rika, chassés de leur pays pour raisons politiques :



Mais comment peut-on être Persan ?

Et surtout, n'accusez pas l'Occident du malheur dont vous accablez votre peuple. Ce sont vos partisans, vous les Pères de la République Islamique d'Iran, qui tirent sur vos enfants !

 


Puisse notre Dieu commun vous faire retrouver la voie de cette belle sagesse ancestrale que vous nous avez donnée en modèle dans les temps anciens !


Bernard Bonnejean
fils de forgeron,
comme Ahmadinejad

Publié dans culture humaniste

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L'Olivier

Publié le par Bernard Bonnejean


ou un neveu de rameau


« J’ai examiné avec soin M. Bernard Bonnejean que vous m’avez envoyé en urgence suite à une perturbation évidente dans le maniement du lexique. De fait, il est remarquable que le patient anoblit le nom commun par l’initialisation d’une majuscule parasite (l'« Olivier »), alors que, paradoxalement, il semble vouloir affaiblir le procédé d’individualisation et de personnalisation communément marqué par la majuscule dans l’item « rameau », patronyme d’un musicien aussi célèbre que son neveu immortalisé par un certain Denis Diderot. 
  

Beau cas de confusion mentale, cher confrère ! Le patient présente des symptômes évidents de sénilité précoce à l’approche de la soixantaine. On ne peut certes déjà évoquer Alzheimer. Ce serait pour le moins prématuré. Cependant, l’hypothèse d’une atteinte cérébrale provoquant un trouble de l’attention, une désorientation temporospatiale, une perturbation des opérations intellectuelles semble d’ores et déjà admissible, à confirmer par des tests cliniques. Le patient interrogé sur les causes possibles de son hypertension intracrânienne a lui-même souligné une curieuse concomitance de bouffées aiguës délirantes, modalité réactionnelle assez fréquente du vieillard à toutes agressions, et les apparitions obsédentes de l’actuel président de la République à la télévision. Les multiples « fanfaronnades », je cite, de membres de l’UMP pourraient également être causes de troubles d’attention soutenue, d’un déficit dans la fixation des événements récents et d’étapes répétées d’anxiété pathologique. Afin d’éviter ces paroxysmes anxieux, il serait opportun d’éloigner le sujet des éléments sarkoziens psychologiquement perturbateurs ».


Il n’a rien compris mon psy ! Il faut dire qu'il est parfois bizarre !


 


Que je vous explique ! Hier, j’ai reçu des Éditions du Cerf la bonne nouvelle de la parution de mon ouvrage Le Dur métier d’apôtre. Les plus anciens et les plus fidèles d’entre vous se souviennent sans doute que j’en ai déjà parlé maintes et maintes fois. Les plus anciennes parmi les anciens, mes marraines déserteurs, savent même le nom de mon préfacier conservateur : Olivier Bourdelier. Ah ! je vous entends d’ici, vous : « Je vous l’avais dit : il a tourné sa veste depuis les élections. Un conservateur !!, vous vous rendez compte ? ». Oui, mais un conservateur de médiathèques, et… un poète, un vrai qui fait des vers et qui les vend.


Je vous ai déjà montré la première de couverture. J'aurais voulu placer la quatrième ci-dessous mais mon ordinateur s'y refuse absolument. J'en suis vraiment désolé. Vous ne perdrez rien au change car je vais vous trouver un trésor de substitution :



 

Alors, pourquoi j’ai titré mon article l’Olivier et pas Olivier ?


D’une part, parce que né natif d’Ernée, du département de la Mayenne, j’ai pour cousins le Maurice et le Robert, pour lesquels je reste imperturbablement le Bernard. Ça vous gêne ? Vous dites bien la Calas ou la Malibran, non ? C’est vrai qu’ils sont conservateurs, les Mayennais. Les Bleus de Paris ont eu bien du mal à leur imposer leur République, leurs faux curés et leurs lois liberticides. Il leur en reste des coutumes, des traditions et des préventions dont ils ne sont pas peu fiers.


D’autre part, parce que l’olivier, sans majuscule, me rappelle mes études de grec ancien. Isocrate (428-347) fut sans doute l’un des seuls Grecs à se tourner vers la bonne vieille terre aux dépens de la mer, largement ouverte au commerce et à l’hégémonie politique avec la construction du Pirée. Il trouva, pour détourner la bourgeoisie locale de ses ambitions libérales, une vieille histoire politico-religieuse : Athéna, rappela-t-il, était en conflit avec Poséidon ; elle avait fini par faire valoir ses droits de déesse protectrice du peuple athénien en montrant aux juges, chargés de gérer le conflit, l’olivier sacré, symbole de la sagesse et de la richesse paysanne. Le Discours sur la paix propose donc une belle leçon de moralité politique à partir de la défense d’une économie au service de la démocratie et non l’inverse. Quelle actualité que cette accusation :

 

 

 

 

 

 

J’attaque la domination qui pèse sur les Grecs et l’empire de la mer, et je démontre que cet empire, ni par ce qu’on fait, ni par ce qu’on subit, ne diffère en rien de la tyrannie. Je rappelle aussi ce dont cet empire a été cause pour notre cité, pour les Lacédémoniens et pour le reste du monde (Sur l’Echange, 64).


À vous de transposer… Je ne polémiquerai pas car je ne veux pas gâcher le beau cadeau de l’Olivier, le neveu du rameau.


Saviez-vous qu’à l’origine, le français neveu < lat. nepos désignait le petit-fils, le descendant direct. Si je dis donc qu’Olivier Bourdelier est le neveu, je veux dire qu’il descend directement d’un rameau. Et, bien entendu, d’un rameau d’olivier.


Et là, mes amis, j’en dis des choses !! Mon titre rappelle implicitement le rameau d’olivier que la colombe apporta dans son bec pour annoncer la fin du déluge, c’est-à-dire le pardon, la paix recouvrée, le salut pour l’humanité en péril, la victoire de l’amour et de la vie sur la haine et sur la mort. Il rappelle aussi la symbolique de l’art médiéval : la renaissance printanière, la pérennité de l’amour malgré la tentation de la désespérance.


Et Olivier ne m’en voudra pas de faire lire dans cet hommage de l’auteur chrétien que je suis à son préfacier cette tradition orientale : l’acclamation des héros et des grands en brandissant des rameaux, symboles de l’immortalité de leur gloire. Comme le jour où le peuple juif en liesse accueillit le Rédempteur en criant « Hosanna ! » au passage de ce « roi » monté sur une ânesse.



 

Je sais bien, Olivier, que vous n'êtes pas le Messie. Mais, comme me l’a dit récemment un agnostique, pour se moquer du pape : « Les voies de Dieu sont impénétrables » et gloire à lui de vous avoir choisi pour me faire comprendre que d’une certaine façon je sortirai revigoré de l'épreuve et victorieux. Merci l’Olivier, le neveu de rameau, de m'y avoir aidé.


À bientôt, les amis,



Bernard Bonnejean



DERNIERE NOUVELLE



C'EST REPARE !!


La voilà ma quatrième de couv. !

Je me demande quand même si les caractères vont être assez grands sur PC pour être lisibles.

Mais vous qui êtes experts en informatique, vous savez sûrement utiliser des loupes.

En tout cas, je suis content du travail extraordinaire de Monsieur Legrand, le maquettiste des Editions du Cerf, que je tiens à saluer au passage.

Publié dans poésie

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Le sabot

Publié le par Bernard Bonnejean


ou il est préférable de ne pas mettre les deux pieds
dans n'importe lequel


Parmi les objets les plus symboliques et les plus chargés d'histoire figure le sabot. Bien qu’il ait été créé très probablement pour chausser le pied, il revêt une multitude de connotations sociales et morales auxquelles nos aïeux n’auraient certes pas pensé. Songez au succès de ce chef-d’œuvre du cinéma italien : L’Arbre aux sabots.  

Qu’on ne s’y trompe pas ! Il y a autant de points communs entre un sabot et une chaussure qu’entre un T3  et un palais royal. La chaussure aide à jauger l’être qui la porte, à évaluer sa personnalité, son degré de fortune, son pouvoir, son influence, son caractère. Il est même des psychologues de profession pour tirer des conclusions à partir de modèles avec ou sans lacets, à hauts talons ou à talons plats, fraîchement cirés ou tachés de manière irréparable du dernier petit chemin boueux, sans compter toute la gestuelle qu’elles permettent au porteur, révélatrice, paraît-il, de tendances camouflées sous une trop bonne éducation.

Sans doute allez-vous croire que l’individu qui passe sa matinée du dimanche à encaustiquer sa voiture première-main-état-neuf est le même qui bichonne ses Crockett and Jones de cent-vingt-cinq ans d’âge et de luxe ostentatoire. Franchement ! vous la voyez, vous, la vénérable Queen faire la popote dans la cuisine de Buckingham ou cirer les godasses de la famille royale !? Parce que, sachez-le bien, passer son temps à briquer sa voiture et à cracher sur le cuir de ses souliers pour les faire briller est une attitude de larbin, pas d’aristocrate, même si c’est l’aristocrate qui s’empare du prestige de l’objet fini.

 

 

 

 

 

Les bobos ont compris le piège depuis les décennies qu’ils ont passé à paraître négligés. Des heures d’observation des classes populaires avant de parvenir à la présidence de la République en short, baskets et insultes carrément vulgaires contre nos derniers rescapés de la mamelle française, dans une langue, dite « de charretier », que les moins convenables d’entre eux n’osent plus utiliser.

Prenons, au hasard, le boulevard Murat dans le XVIe.

Les bourgeoises y étaient bourgeoises jusque dans leur parlure. Aujourd’hui elles font tout pour avoir l’air citoyen ordinaire. Jusqu’à se payer des mocassins La Redoute et voter socialiste !!!  Ou militer chez les Khonnes-Bandites toujours vertes, à tu et à toi avec les happy-few branchés de la jet-set et les copines de la concierge de l’immeuble. Hypocrites ? Non ! Pauvres chères âmes qui avez appris près de professeurs de lettres trop zélés les avanies des Thénardier et les turpitudes des filles Goriot, je vous plains plus que je ne vous blâme. Vous faire aimer, tout est là, coûte que coûte, quitte à jouer les deux orphelines, les Cosette ou la petite marchande d’allumettes. La fin vaut les moyens. Avant, les mères disaient aux filles : « Il faut souffrir pour être belles ». Maintenant, elles leur conseilleraient plutôt d’être moins pimpantes pour imiter la modestie des défavorisés.  

 

 

RENAUD : Les Bobos - wideo
Clip vidéo de RENAUD : les bobos

 



Et le sabot dans tout ça ? C’est vrai que je vous avais dit que je vous parlerais du sabot. Eh bien, parlons-en ! C’est évident que le temps est comme la rivière : sans retour.
Les demoiselles du XVIe n’iront jamais plus à la messe à Notre-Dame-d’Auteuil en sabots.

D’ailleurs, depuis qu’elles ont appris en philo la valeur intellectuelle du scepticisme et du relativisme, elles ne vont plus à la messe. Il n’y a jamais eu dans cette France bien chaussée autant d’agnostiques, le machin à la mode, dont personne ne comprend vraiment la signification.
 

LE SABOT !!!!  


Du calme ! J’y reviens ! Je vais même finir par le sabot. D’ailleurs, on risque tous de finir par le sabot, comme de vieux trotteurs à la retraite. Tout le monde ne s'appelle pas Ourasi le roi fainéant.


Je ne vous parle pas des sabots, qui vont par paire comme les lunettes, mais du sabot. Un sabot contre lequel j’ai essayé de me battre comme un Don Quichotte.


Pour vous faire comprendre, je vais dresser l’historique de mon agence bancaire.


Dans les premiers temps, c’était simple : je n’y mettais jamais les pieds. Puis, j’ai eu besoin d’y aller, à propos de… Imaginez une pièce assez spacieuse où l’employé vous fait asseoir devant lui, sur une chaise, comme n’importe quel être humain normalement constitué, avant que le conseiller ne vous reçoive, si nécessaire, en attendant votre rendez-vous avec le directeur d’agence, si nécessaire. Il y en avait du monde dans une agence bancaire, à l’ère primaire. Et puis un jour sont arrivés les distributeurs qui, non contents de distribuer, faisaient automatiquement toutes sortes d’opérations manuelles. Du coup, plus de directeur d’agence puisque l’agence est devenue succursale. Je n’ai pas plus moufeté que ça, lâchement. Même si pour rencontrer mon conseiller devenu conseillère, il faut que je téléphone d’abord à l’agence X pour être reçu dans la succursale Y…

Jusqu’au jour où, par mesure de sécurité et pour préserver l’intimité, ils ont installé un truc en forme de fer à cheval inachevé, qui, non seulement sépare le client de la personne de l’accueil, mais l’oblige à rester debout devant la jeune femme assise, pour lui demander des sous, piteux comme un ado qui veut un supplément d’argent de poche. Pour gagner du temps. Comme à la secu, à la poste, à l'ANPE, à la Trésorerie générale, time’s money, comme dit l’autre.  

  • A la queue leu leu !
 

 Petou (Toulouse, France) on 10 April 2009 in Miscellaneous


Et ce truc-là, en forme de fer à cheval mal fichu, le briseur de contestation et de convivialité, vous savez comment ça s’appelle ? Oui ? Eh bien, dites-le, n’ayez pas peur ! En effet, c’est


UN SABOT


Si ça vous tente...

 

Banque d'accueil ROOK-B, mobilier par modules de grande qualité et prix discount.

Meubles banque d'accueil bureau
Modules meubles banques ROOK-B

Meubles banque d'accueil avec plan de bureau disponibles par modules:
Modules droits hauts hauteur 103 cm, profondeur 63,4 cm et en 5 longueurs 80, 120, 140, 160 et 180 cm.
Modules angle de raccordement haut angle de 90 ° concave et convexe
attention vus de l'intérieur de la banque
Module droit bas hauteur 72 cm longueur 80 cm pour l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite ou handicapées).
Les plus banque d'accueil ROOK-B:
+ modules d'accueil juxtaposables.
+ Plateaux et panneaux en mélaminés.
+ 5 finitions (Hêtre, chêne moyen, Poirier, Wengé et gris).

Banque d'accueil ROOK-B en finition chêne moyen
Banque d'accueil par juxtaposition de modules ROOK-B, de gauche à droite sur l'image, vous remarquez le module bas pour réception de personnes avec handicap suivi d'un module concave haut (description comme vu de l'intérieur de la banque), suivis d'autres modules droits et hauts. Une banque d'accueil à prix discount de grande qualité de fabrication.




Pas sur la chaise !!!!

Vous n'êtes pas handicapés !!!!





À bientôt, les amis


Bernard Bonnejean

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Bernard Bonnejean La Poésie thérésienne V

Publié le par Bernard Bonnejean

Bernard Bonnejean clôt son entretien en soulevant des problèmes qu'il avoue pour lui difficiles à cerner. La souffrance, voulue, est-elle nécessaire au salut...

Bernard Bonnejean clôt son entretien en soulevant des problèmes qu'il avoue pour lui difficiles à cerner. La souffrance, voulue, est-elle nécessaire au salut...

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