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Absent jusqu'au 6 mai

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Valete !


 

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C'est ainsi que les Romains se disaient à la fois « Bonjour » , « Bonsoir », « Bonne nuit », « Au revoir », etc. Finalement, comme dit l'autre, on les croit plutôt compliqués, les Romains, à cause des Humanités qu'on a imposées à des générations de collégiens, de lycéens et d'étudiants. En réalité, ces as de la synthèse n'ont jamais cherché que le « vite fait », « bien fait ». Et, en l'occurrence, le généreux et l'utile car VALETE veut dire à la fois : “gardez-vous bien de tomber malades”, “restez-en bonne santé”, et “faites ce qu'il faut pour ça”.

 


J'ai un ami breton, costarmoricain précisément, presque briochin, qui m'a fait sursauter la première fois qu'il m'a sorti en guise d'au revoir : « Et fais bien attention à toi ! » Vous me connaissez, j'ai cherché dans ma tête de qui et de quoi il me fallait faire attention, qui en voulait à ma vie, qui avait l'intention de me nuire. En réalité, c'est ce que contient le fameux KENAVO, l'équivalent du VALETE romain. Il faut croire que le petit village gaulois qui résiste à l'envahisseur a laissé entrouverte une brèche linguistique. Mais il vaut mieux que je me taise. Si un Breton de souche et de langue m'entendait dire qu'il y a du latin dans le celtique, je passerais un sale quart d'heure.

 

 Les-freres-Morvan-chanteurs-bretons.png

 

 

Il faut dire que j'aime particulièrement la Bretagne, les Bretons et la langue bretonne. Les proverbes aussi dont certains ne manquent pas de piquant. Je vous laisserai sur quelques-uns d'entre eux :

 

Neb so lemm beg e deod a rank bezañ kaled kostez e benn

Celui qui a le bout de la langue tranchant se doit d'avoir le bord de la tête dur. 

 

Magit mad ho korf hoc'h ene a chomo pelloc'h e-barzh

Nourris bien ton corps ton âme y restera plus longtemps

 

N'en dez ket rekis gouied galleg ewid goulenn kousked er-maes

Pas besoin de savoir parler français pour demander à coucher dehors

 

Gwell eo karantez leizh an dorn ewid madoù leizh ar forn

Mieux vaut de l'amour plein la main que des biens plein le four 

 

et un dernier pour la route

 

Pelloc'h e vimp marw eged paour

Nous serons plus longtemps morts que pauvres 


 

 

 

Pas mal du tout, Nolwenn !!

On en redemande. 

Moi, je vais à la rencontre des Bretons de Paris, des Mayennais de la Seine-Saint-Denis, tous un peu émigrés, tous bientôt de retour au pays. 

Et je vous dis à tous, KENAVO et VALETE. Sauf à celles-là qui se reconnaîtront et à qui je ne dirais qu'au revoir, ne sachant comment on dit :

 


 

 

À bientôt et joyeuses Pâques ! 

 

Bernard

BYrd

Publié dans poésie et chanson

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Immigrés : devoirs de l'Europe

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Immigration : L’attitude de l’UE suscite
l’indignation au Vatican


« L’Europe a perdu son esprit de profonde solidarité »


« Immigration : L'attitude de l'UE suscite l'indignation au Vatican », a titré Radio Vatican, qui rend compte dans cette dépêche de la position exprimée par le cardinal secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone pour qui « l'Europe a perdu son esprit de profonde solidarité ».

 

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« Le Secrétaire d'État du Saint-Siège est profondément déçu par l'attitude de l'Union européenne face à l'afflux massif d'immigrés venus d'Afrique du Nord.

« En marge d'un congrès à Rome, le cardinal Tarcisio Bertone a estimé que les pères fondateurs de l'Europe seraient les premiers à être déçus car l'Europe a perdu son esprit de profonde solidarité.

« Réunis le 11 avril à Luxembourg, les ministres de l'intérieur de l'UE ont exhorté l'Italie à renvoyer chez eux les migrants récemment arrivés sur son territoire pour des raisons économiques.

« Tout en accueillant l'appel du président italien Giorgio Napolitano à ne pas dramatiser la confrontation entre l'Italie et l'Europe, un appel qui s'efforce de remettre de l'ordre, de reconstruire, de ressouder la confiance dans l'Europe, le cardinal Bertone a estimé que l'UE ne pouvait abandonner l'Italie.

 

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« Il a évoqué la situation de l'Afrique que l'on a exploitée et à laquelle on tourne le dos. Il faut, selon le Secrétaire d'État, élever la voix pour que cette Europe retrouve son âme, une âme de grande solidarité et de générosité à l'égard des populations qui sont dans le besoin.

« Si l'Italie maintient sa décision de délivrer des permis de séjour temporaires aux immigrés, plusieurs pays ont menacé de rétablir des contrôles à leurs frontières. Le cardinal Paul Poupard, ancien président du Conseil pontifical pour la culture et pour le dialogue interreligieux s'est dit lui aussi bouleversé et indigné par l'attitude de l'Union européenne.

 

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« On ne peut pas rester indifférent face à ce qui se passe à quelques kilomètres de la très riche Europe - a-t-il commenté dans les colonnes d'un quotidien italien - la tragédie qui se déroule en Méditerranée interpelle les consciences surtout celles des plus riches.

« Aux côtés des migrants économiques tunisiens arrivent également des réfugiés érythréens, soudanais et éthiopiens qui fuient la guerre en Libye. De passage en Europe, l'évêque d'Asmara a affirmé que leur situation était dramatique. Beaucoup sont morts noyés au cours des dernières semaines. »

 

ROME, Jeudi 14 avril 2011 (ZENIT.org

 

 



 

 

 

200px-Jules_Ferry.jpeg

 

« On peut rattacher le système [d'expansion coloniale] à trois ordres d’idées : à des idées économiques, à des idées de civilisation… à des idées d’ordre politique et patriotique. 

Ce qui manque à notre grande industrie… ce qui lui manque le plus, ce sont les débouchés… La concurrence, la loi de l’offre et de la demande, la liberté des échanges, l’influence des spéculations, tout cela rayonne dans un cercle qui s’étend jusqu’aux extrémités du monde… Or, ce programme est intimement lié à la politique coloniale… Il faut chercher des débouchés. 

Il y a un second point que je dois aborder… : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question… Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu’il y a pour elles un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. 

Il n’y a pas de compensation pour les désastres que nous avons subis… Mais est-ce que le recueillement qui s’impose aux nations éprouvées par de grands malheurs doit se résoudre en abdication ?… je dis que la politique coloniale de la France s’est inspirée d’une vérité sur laquelle il faut rappeler votre attention : à savoir qu’une marine comme la nôtre ne peut se passer, sur la surface des mers, d’abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement. 

Rayonner sans agir, en regardant comme un piège, comme une aventure toute expansion vers l’Afrique ou vers l’Orient, vivre de cette sorte pour une grande nation, c’est abdiquer. »

Jules FERRY, Discours du 28 juillet 1885 

 

 

Publié dans vie en société

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Pétition en faveur des artistes

Publié le par Bernard Bonnejean

 

LES ARTISTES CONTEMPORAINS

PLASTICIENS SONT EN DANGER


872Signatures
Published by Bourreau on Feb 09, 2011
Target :Président et ministres, députés, sénateurs, présidents de régions, commission européenne.
Region :France
Tweet this petition:
Background (Preamble) :
La condition économique et sociale des artistes plasticiens en France est dramatique et n’ont même plus accès aux reliefs d’une société sans âme. Sans revenus ni soutien, la plupart d’entre eux sont au plus bas des minimums sociaux et n’en peuvent plus de se faire expulser, de ne plus pouvoir travailler, de vivre le ventre vide. 

Aucune structure n’est capable de leur apporter la moindre aide car in-considérés au delà de tout respect. Les artistes subissent à la fois l’exclusion économique, la censure de fait de l’action culturelle, des médias et des politiques. Tous sont sortis de tous les rouages sociaux sans qu’aucune voix ni la moindre main se penche sur leur réalité.
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Je me permets de rappeler que l’absurdité de cette situation est cruelle. Paris et les grandes villes de notre pays témoignent et se sont construits de leur présence. Les peintres et les sculpteurs ont offert à nos villes une belle part de leur identité, ont aidé à humaniser leur rayonnement international. Nous ne pouvons que les remercier et leur montrer notre attachement pour ce qu'ils ont donné. Musées et éditeurs, institutions et conservations, écoles, galeries, commerçants, quartiers et noms de rues témoignent et se nourrissent de cet héritage. 

Aujourd’hui, tous les fruits économiques liés à notre art sont dans les mains de la spéculation ou de l’organisation sans que le moindre regard soit porté à la création contemporaine. Les grandes sociétés s’organisent en fondation et captent le 3/1000 de leur chiffre d’affaire pour s’aménager une vitrine culturelle qui n’est qu’un outil spéculatif de détournement d’argent social. Les grands musées nationaux se nourrissent des dations et des donations pour déployer une machinerie de spectacle et de merchandising qui n’a comme seule véritable but que de faire de l’argent à leur seul profit. Des armées d’experts, de conservateurs, de décorateurs et autres conseillers hantent les couloirs de la république avec comme seule action de perdurer leur propre activité. Tout ce qui pourrait aider à la création et surtout à ses acteurs est capté, siphonné par une prédation institutionnelle qui ne cherche qu’à être vue sur la page de garde des médias.

Mais comment peut-on imaginer une société sans artistes, seraient-ils plus dangereux que la peste et le choléra réunit ? N’y a-t-il personne pour se lever et aider les artistes à se faire respecter ? Les sources de revenus naturels existent pourtant en dehors du seul commerce.

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Le droit de représentation, loi s’il en est, (code de la propriété intellectuelle Chapitre II : Droits patrimoniaux art L 122-2) est bafoué par les sociétés, les galeries, les administrations, collectivités locales et associations opportunistes. Mais oui bien sûr, il est légitime de montrer ses œuvres, d’en obtenir un revenu et de le revendiquer sans faiblesse. Est il anormal pour un musicien, un comédien, un animateur de se faire rémunérer leur prestation.

L’art contemporain est totalement absent des grands médias et pourquoi donc ? Simplement que tout ce joli monde se refuse aux droits d’auteur et préfère s’en tenir aux artistes décédés depuis plus de 70ans. Vive l’art moderne et la liberté d’expression! 

Le droit de suite (code de la propriété intellectuelle section 2 Article R122-2) est partiellement appliqué, pris en partie par le ministère de la culture, sous la bronca de marchands qui ne se sont jamais inquiété de la condition de l’artiste. Qu’en pense la caisse des dépôts et consignation qui cumule cet argent frais rarement réclamé par des moribonds.

Et le reste, la foison des sociétés d’auteurs, activistes juridiques et financiers sortis des grandes écoles de commerce, qui s’organisent pour capter la manne collective liées aux droits d’auteurs (copie privée, supports numériques vierges, répartition sur les flux numériques qui ne cessent de se multiplier.

Autant d’acteurs économiques et sociaux qui se fichent totalement de la condition de l’artiste, bien cachés derrière une professionnalité « culturelle » et quelques discours langue de bois. Les artistes n’ont que faire des beaux discours. Ils veulent simplement retrouver la dignité. Ils revendiquent le droit de vivre de leur art par une application systématique et universelle du droit de présentation. La recherche artistique nourrit la force vitale des humanistes et est la clef du respect de l’individu.
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Les artistes ne veulent plus être pillé et soumis à l’inculture du seul commerce. Nous comptons sur vous pour diffuser très largement ce texte. Nous vous invitons à signer nombreux cette pétition afin de faire entendre haut et fort la voix des artistes contemporains et de leur amis. 

Cette pétition est la disposition de tous ceux qui voudront bien se faire connaître auprès de l’administrateur du site www.wwpas.org
Petition:
Mr le président de la république, Mesdames Messieurs les ministres, députés, sénateurs, présidents de régions, responsables des commissions européennes.

Vous devez soutenir sans faille la création contemporaine plasticienne. Nous vous demandons:

1/ l’application totale et sans exception du droit de représentation (code de la propriété intellectuelle Chapitre II : Droits patrimoniaux art L 122-2) pour les artistes plasticiens dans les locaux publics et privés de vos territoires;

2/ L’aménagement de l’article Article 238 bis du code des impôts pour l’exposition et l’achat direct aux artistes contemporains par les personnes physiques.

3/ La mise en place de structures territoriales spécifiques d’aide aux artistes vivants par une participation conséquente de tous les acteurs économiques liés à l’exploitation des œuvres d’art (éditeurs, diffuseurs, fondations, entrées des musées publics st privés, organisateurs de foires, marchands et galeries, salles des ventes etc. …

4 / La construction d’ateliers dans le centre des villes hors marché immobilier;

5 / la mise à disposition de salles d’exposition gratuite du domaine public pour des expositions sans vente.

6/ L’organisation permanente d’expositions d’art contemporain ouverte gratuitement au public dans les espaces administratifs, associatifs et lieux privés financés ou subventionnés par l’argent public.

Mesdames et Messieurs les responsables, une société sans art est une société sans âme Votre détermination à appliquer et soutenir notre demande sera déterminante pour éloigner la création contemporaine des griffes de l’obscurantisme et de ses affidés. Les maîtres d’œuvres du profit immédiat font disparaître toutes formes de création artistique, une voie s’ouvre saisissez là.

TheLES ARTISTES CONTEMPORAINS PLASTICIENS SONT EN DANGERpetition toPrésident et ministres, députés, sénateurs, présidents de régions, commission européenne.was written byBourreauand is in the categoryCivil Rightsat GoPetition. Contact authorhere.Petition tags:,,,,,,

Publié dans culture humaniste

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11 avril 2011 : loi sur le voile

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Célébrons poétiquement

 

la victoire de la laïcité !

 

 

À celle qui est voilée

Tu me parles du fond d'un rêve

Comme une âme parle aux vivants.

 Comme l'écume de la grève, 

 Ta robe flotte dans les vents.

 

 

 

femme 1

 

 

 

Je suis l'algue des flots sans nombre, 

 Le captif du destin vainqueur ;

 Je suis celui que toute l'ombre 

Couvre sans éteindre son cœur.

 

 

 

Mon esprit ressemble à cette île, 

 Et mon sort à cet océan ; 

 Et je suis l'habitant tranquille 

De la foudre et de l'ouragan.

 

 

femme 2

 

 

 

Je suis le proscrit qui se voile,

 Qui songe, et chante, loin du bruit,

 Avec la chouette et l'étoile, 

 La sombre chanson de la nuit.

 

 

 

Toi, n'es-tu pas, comme moi-même, 

 Flambeau dans ce monde âpre et vil, 

 Ame, c'est-à-dire problème, 

 Et femme, c'est-à-dire exil ?

 

 

femme 3

 

 

 

Sors du nuage, ombre charmante. 

 O fantôme, laisse-toi voir ! 

Sois un phare dans ma tourmente,

Sois un regard dans mon ciel noir !

 

 

 

Cherche-moi parmi les mouettes ! 

Dresse un rayon sur mon récif, 

Et, dans mes profondeurs muettes, 

La blancheur de l'ange pensif !

 

 

femme 4

 

 

 

Sois l'aile qui passe et se mêle 

Aux grandes vagues en courroux. 

Oh, viens ! tu dois être bien belle,

Car ton chant lointain est bien doux ;

 

 

 

Car la nuit engendre l'aurore ; 

C'est peut-être une loi des cieux 

Que mon noir destin fasse éclore

Ton sourire mystérieux !

 

femmes 5 

 


 

 

 

Dans ce ténébreux monde où j'erre, 

Nous devons nous apercevoir, 

Toi, toute faite de lumière, 

Moi, tout composé de devoir !

 

 

 

Tu me dis de loin que tu m'aimes, 

Et que, la nuit, à l'horizon,

Tu viens voir sur les grèves blêmes

Le spectre blanc de ma maison.

 

femme 10


 

 

 

Là, méditant sous le grand dôme,

Près du flot sans trêve agité,

Surprise de trouver l'atome

Ressemblant à l'immensité,

 

 

 

Tu compares, sans me connaître,

L'onde à l'homme, l'ombre au banni, 

Ma lampe étoilant ma fenêtre 

A l'astre étoilant l'infini !

 

femme 8


 

 

 

Parfois, comme au fond d'une tombe, 

Je te sens sur mon front fatal, 

Bouche de l'Inconnu d'où tombe

Le pur baiser de l'Idéal.

 

 

 

A ton souffle, vers Dieu poussées,

Je sens en moi, douce frayeur,

Frissonner toutes mes pensées, 

Feuilles de l'arbre intérieur.

 


 

femme 7

 

 

 

Viens ! viens dans ma brume hagarde,

Où naît la foi, d'où l'esprit sort,

Où confusément je regarde 

Les formes obscures du sort.

 

 

 

Tout s'éclaire aux lueurs funèbres ;

Dieu, pour le penseur attristé, 

Ouvre toujours dans les ténèbres

De brusques gouffres de clarté.

 

 

femme 12

 

Avant d'être sur cette terre, 

Je sens que jadis j'ai plané ;

J'étais l'archange solitaire, 

Et mon malheur, c'est d'être né.

 

 

 

Sur mon âme, qui fut colombe,

Viens, toi qui des cieux as le sceau.

Quelquefois une plume tombe 

Sur le cadavre d'un oiseau.

 

 

femme 14


 

 

 

Oui, mon malheur irréparable, 

C'est de pendre aux deux éléments,

C'est d'avoir en moi, misérable, 

De la fange et des firmaments !

 

 

 

Hélas ! hélas ! c'est d'être un homme ; 

C'est de songer que j'étais beau, 

D'ignorer comment je me nomme, 

D'être un ciel et d'être un tombeau !

 

 

femme 11

 

 

 

C'est d'être un forçat qui promène

Son vil labeur sous le ciel bleu ;

C'est de porter la hotte humaine

Où j'avais vos ailes, mon Dieu !

 

 

 

C'est de traîner de la matière ;

C'est d'être plein, moi, fils du jour, 

De la terre du cimetière, 

Même quand je m'écrie : Amour !

 

 

 

 

 

الحق قلبك عشان وجهك يلمع طول حياتك

 

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VICTOR HUGO

Publié dans vie en société

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© adeau peau lis

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Promotion pour la page "© adeau peau lis" :

 

 

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Lire la page "© adeau peau lis".

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Hitler, fervent catholique...

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Pour compléter le débat

 

sur la laïcité 

     

 

 

Avant-propos

 

 

N

 

 'ayez crainte, ce ne sera pas long ! Je ne veux pas abuser de votre patience, vous qui vous êtes déplacés exprès pour le spectacle. 

 

 

L’actuel responsable de l'UMP, qui, à mon avis, ne devrait pas le rester longtemps, a eu l'heureuse idée de lancer un débat, attendu par une petite partie de son électorat qui risquait de filer chez Marine, sur la laïcité. Il y a gagné une notoriété bien méritée, lui l'obscur, le sans-grade qui, tout à coup, a été capable de semer la zizanie au sein de son propre parti.

 

Cependant, il serait bien injuste de ne retenir que les remous amis provoqués par son initiative.

 

Le fait est que monsieur François Copé a réussi, sans même le vouloir, à provoquer la dissension au sein même de ses adversaires politiques.

 

Certes, l'on sait ce que la République doit à la gauche dans ce domaine. À ceci près que ce qu'on veut faire de la laïcité aujourd'hui n'a vraiment pas grand chose de commun avec ce que les « pères fondateurs » voulaient instaurer : la paix sociale grâce à la liberté de conscience défendue par un État indépendant. Quand la « laïcité » aiguise les haines et favorise la ségrégation, on est loin des exigences d'un des catholiques libéraux les plus laïcs qui aient été, Montalembert, qui prononça ce discours célèbre de Malines en 1863 : 

« Peut-on aujourd'hui demander la liberté pour la vérité, c'est-à-dire pour soi (car chacun, s'il est de bonne foi, se croit dans le vrai), et la refuser à l'erreur, c'est-à-dire à ceux qui ne pensent pas comme nous ? — Je réponds nettement : non... Je le déclare donc, j'éprouve une invincible horreur pour tous les supplices et toutes les violences faites à l'humanité sous prétexte de servir ou de défendre la religion. Les bûchers allumés par une main catholique me font autant d'horreur que les échafauds où les protestants ont immolé tant de martyrs. Le bâillon enfoncé dans la bouche de quiconque parle avec un cœur pur pour prêcher sa foi, je le sens entre mes propres lèvres, et j'en frémis de douleur. Quand j'évoque par la pensée les glorieux martyrs de la liberté des consciences catholiques, je ne veux pas que le bienheureux privilège, que la sainte joie de pouvoir admirer, invoquer de tels martyrs, soit jamais troublée ou ternie par la nécessité d'approuver ou d'excuser d'autres supplices et d'autres crimes, si enfouis qu'ils soient dans la nuit sanglante du passé. L'inquisiteur espagnol disant à l'hérétique : la vérité ou la mort ! m'est aussi odieux que le terroriste français disant à mon grand-père : la liberté, la fraternité ou la mort ! La conscience humaine a le droit d'exiger qu'on ne lui pose plus jamais ces hideuses alternatives ».

Aujourd'hui ce discours a-t-il encore un sens ? On ne défend plus la liberté de conscience contre l'État ; on défend l'État contre la liberté de conscience. Et qui dit « défendre » dit « attaquer ». 

Parmi ces attaques, l'une d'elles m'a fait, pour reprendre les termes de Montalembert, « éprouver une invincible horreur » : Hitler était catholique ; Hitler était nazi ; les catholiques étaient/sont nazis. Parfait syllogisme, inattaquable ! Alors, n'y tenant plus d'indignation et de peine — c'est une amie qui m'a sorti cet « argument » — j'ai cherché et, à défaut d'extraits de Mein Kampf que je me refuse à citer, j'ai trouvé ça, sur Internet, à une adresse que je ne vous donnerai pas. Je vous livre ces images, à l'état brut, sans commentaires ni légendes, pour éviter toute accusation de négationnisme ou de révisionnisme :

 

20hitlercatholicchurch.jpg  22hitlerwithnun.jpg  11saricnazipavelic.jpg
 13nunspavelic.jpg  17spanishheiarchynazis.jpg  21hitlercardinal--1-.jpg
 6nuncionazis.jpg  10pavelicmonks.jpg  16AIZmag1934.jpg
 3stepinacnuncioc.jpg  25priestsalutehitler.jpg  8stepinacnazipavelic.jpg
 4clergysalutinghitler.jpg  5naziclergy.jpg  15hitlercatholicnuncio.jpg
 29tisohitler.jpg  18hitlercatholicnuncio.jpg  12hitlerpavelic.jpg
24faulhabernazis.jpg   14bishopmullernazis.jpg  23nazibrownshirtschurch--1-.jpg
 2freidrichcoch.jpg  27CardnalBertram.jpg  19hitlerwithmuller.jpg
 9stepinacustashi.jpg  7nazisnuns.jpg  1bishopludwig.jpg

  

 

Ah ! Un dernier cadeau : celle-là est commentée :

 

 

30hitlergovernment.jpg

 

Qu'est-ce que ça prouve ? Qu'il y eut des catholiques nazis ! 

Et cette vidéo-là, qu'est-ce qu'elle prouve ? 

 

 


Qu'il y a eu au moins une exception ! 

Vive Dieu ! Vive Adonaï ! Vive Allah ! Vive la République française, une et indivisible !

 

Bernard Bonnejean

 


Publié dans culture humaniste

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Gemma Galgani (XI)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

La petite perle de Lucques

 

À tous mes amis

et à tous les amis

de la povera Gemma

      

 

Le dernier ouvrage d'un prêtre passioniste français,

Philippe Plet

 de l'ermitage du Cros (Aude)

 

 

61090936.jpg

 

« Dans son dernier livre, Philippe Plet décrypte les grandes énigmes de l’Apocalypse : les deux Bêtes, le chiffre de la Bête, Babylone, les cavaliers de l’Apocalypse, le Dragon rouge feu à sept têtes et dix cornes, le Soleil noir « comme un sac de crin », les yeux comme des flammes de feu, le trône blanc, la Lune couleur de sang…

Ce prêtre passioniste, recteur du sanctuaire marial de Notre-Dame du Cros (Aude), nous entraîne à la suite de Jean au cœur du mystère du combat spirituel dans lequel l’humanité est engagée : « L’enjeu de ce combat est celui de la souveraineté de Dieu. Et seule la reconnaissance de cette souveraineté peut guérir l’homme du poison maléfique de l’illusion démoniaque. Toute la dimension initiatique de l’Apocalypse consiste à nous montrer ce chemin ». En nous ouvrant à la splendeur de la vérité, de l’amour et de la vie. Avec un seul mot à la clé : l’espérance ».

Diane Gautret

 

Famille Chrétienne


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 Tapisserie de l'Apocalypse d'Angers

 

 

 

Les communautés

passionistes de France

 

Communauté de Champigny

 

transp_st_gab_02.gifVenus de Clamart, les Passionistes sont implantés dans un pavillon de Champigny devenu maison provinciale depuis 1985. Un grand nombre de philosophes, théologiens universitaires sont venus y approfondir leurs connaissances. 

Chaque jour les trois religieux qui résident dans la Communauté se réunissent pour la prière : celle des Laudes le matin, celle du milieu du jour et l’office des vêpres. Deux autres, en activité pastorale à Créteil, l’autre prêtre ouvrier à Alfortville sont rattachés à la Communauté.


Le jeudi soir, la maison est ouverte aux laïcs passionistes et aux gens du quartier. L'oratoire et la table sont ouverts aux laïcs passionistes et aux gens du quartier. 

Maison Provinciale des Passionistes

25, rue Pierre Loti

94500 Champigny/ Marne

Tel 01 48 81 25 65

e-mail : communautepassioniste@laposte.net

 

Communauté de Lourdes

 

Nuns.JPGAu cœur de la Cité Mariale, sous la protection de la Sainte-Famille, véritable carrefour des nations. Cette nouvelle fondation a été immédiatement mise sous la protection de la Sainte Famille. Le « RELAIS NAZARETH » se veut un lieu d’accueil pour tous et notamment pour les passionistes du monde entier de passage à Lourdes. (Les sœurs passionistes de la photo n'appartiennent pas à la Communauté)

 

RELAIS NAZARETH,

32 rue du Sacré-Cœur à

65100 - Lourdes

Téléphone : 05 62 42 11 10

E-mail : relaisnazareth@laposte.net


 

Communauté de La Chaume

 

la_chaume.jpgSituée sur la côte sauvage des Sables d’Olonne, en Vendée, la communauté habite dans un quartier de La Chaume. Des chrétiens du quartier et des laïcs passionistes (photo ci-dessus) participent à la vie communautaire. Leur vie est rythmée par la prière des heures et l’Eucharistie quotidienne.

Les religieux aident à la pastorale de la paroisse Sainte-Marie-des-Olonnes et du diocèse de Luçon : messes dominicales, aumônerie : St-Vincent-de-Paul, Équipe Notre-Dame, Cercle Teilhard-de-Chardin…

Les laïcs passionistes partagent les vicissitudes du monde. Certains ont reçu des lettres de mission de l’évêque. Leur rôle est aussi l’accueil, l’accompagnement des retraites, l’aide matérielle au Refuge Paul de la Croix (hébergement individuel possible avec cuisine et chambre, au 57 rue Montauban).


Vous pouvez contacter la communauté aux adresses suivantes :


Communauté passioniste,

61, rue Montauban

85100 Les Sables d’Olonne

Tel : 02.51.95.34.70

Courriel : he.brossard@orange.fr


Fraternité passioniste :

Refuge Paul de la Croix

57, rue Montauban

85100 Les Sables d’Olonne

Tel : 02.51.32.43.42

Courriel : frat.pas@wanadoo.fr

 

L’ermitage du Cros

 

notre_dame_du_cros_001.jpgL’ermitage passioniste de N-D du Cros, a pour vocation de retrouver l’esprit contemplatif inscrit dans la Règle de Paul de la croix pour ses religieux :

« Les maisons seront construites dans des lieux écartés, pour que les religieux, au retour des travaux apostoliques où ils se seront dépensés pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, puissent, loin du commerce des hommes et du bruit du siècle, s’occuper uniquement du bien de leur âme dans l’oraison, les jeûnes et les autres exercices de piété. Ainsi enflammés de plus en plus de l’amour divin, enrichis des vertus chrétiennes, ils deviendront plus aptes et mieux préparés à faire produire à la divine parole, répandue par leurs soins, des fruits abondants, et à propager selon leurs forces la piété et la bienfaisante dévotion à la Passion et à la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ ».

Comme l’affirme Philippe Plet, la retraite passioniste de Notre-Dame-Du-Cros allie la « contemplation amoureuse du Cœur de Jésus », la « tendresse ineffable » de la Vierge Marie et « l’enfance spirituelle ».

Le sanctuaire :

11190 Rennes-le-Château

04 68 78 06 84


 

 

9.    LA VIE DE GEMMA APRÈS SA MORT

 

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Couvent passioniste de Lucques

G

 

emma a aspiré toute sa vie à la vie claustrale et contemplative. Elle avait sollicité en vain son admission chez les Visitandines ; son confesseur voulait la présenter tour à tour aux Capucines, puis au Carmel, et à d’autres congrégations encore. Gemma obéissait mais devant les échecs successifs ne cessait de redire que Jésus la voulait « autre part ». En réalité, Gemma désirait ardemment, depuis qu’elle avait lu la vie de saint Gabriel de l’Addolorata, entrer chez les religieuses passionistes. Elle en fit la demande au couvent de Corneto, – le seul en Italie, à plus de deux cents kilomètres de Lucques –, qui lui fut refusée par la supérieure à plusieurs reprises. Or, dans le même temps, on avait conçu le projet de fonder un couvent de Passionistes à Lucques même. Malgré les difficultés de toutes sortes, Gemma se mit à pousser le Père Germano et Mgr Volpi à la réalisation de cette entreprise difficile. La Vierge et Jésus lui avaient révélé que la fondation se terminerait aux alentours de la béatification du Vénérable Gabriel. Elle eut bientôt le pressentiment qu’elle serait morte avant l’événement tant attendu. Au vrai, au mois de mars 1905, trois religieuses passionistes venaient de Corneto pour s’installer à Lucques dans un logement provisoire. Les Passionistes ne devaient occuper leurs locaux définitifs que le 1er août 1908, cinq ans après la mort de Gemma et deux mois après la béatification de saint Gabriel. Dans la chapelle du monastère repose la dépouille de Gemma, vénérée comme la fondatrice et la patronne comme elle l’avait prédit :

Les religieuses passionistes ne me veulent pas tant que je vis, elles me chercheront après ma mort.

Ce dernier transfert eut lieu, rappelons-le, le 4 septembre 1923.

 

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Moniales passionistes de Lucques

L

 

es populations voisines ou lointaines éprouvèrent une grande vénération pour Gemma dès aussitôt après sa mort. Les trois premières éditions de sa Vie, publiée en 1907, furent très vite épuisées. Pie X en personne fit écrire au Cardinal Merry del Val, en date du 19 septembre 1907, le « vif plaisir » qu’il avait eu à la lire et son Secrétaire d’État finissait ainsi :

L’auguste Pontife forme des vœux pour que la lecture de cet ouvrage ranime toujours davantage dans les cœurs l’amour du surnaturel, que les ennemis de la foi cherchent à obscurcir.

De tirage en tirage, la Biographie de Gemma fut unanimement appréciée de cardinaux, d’évêques, de laïcs parmi les célébrités du moment. Le fait est que ce livre, aujourd’hui très difficile à apprécier en raison d’un style suranné qui le dessert, ne contribua pas peu à faire aimer la vierge de Lucques. Un Supérieur de la Compagnie de Jésus écrivait, avant même la Béatification :

Pour moi, je le confesse, je ne puis m’empêcher de l’invoquer à tout moment et de l’invoquer toujours sous le nom de sainte Gemma.

Selon le Père Félix, Jésuite lui-même, second biographe après la mort du Père Germano, nombre de directeurs de conscience, dans les années quarante, auraient encore trouvé plus fructueuse la lecture de la vie de Gemma que celle d’un « cours d’exercice spirituel ».

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Le Pape saint Pie X

C

 

omme la petite Thérèse, Gemma poursuivit sa mission apostolique après sa mort terrestre. Des œuvres catholiques diverses se mirent sous sa tutelle : l’Union des prêtres romains pour la promotion de la gloire de Dieu, l’éclat du culte divin et le bien des âmes ; l’œuvre Protection et secours mutuel pour les jeunes ouvrières de Turin ; le Cercle des Dames de la haute aristocratie viennoise. Cette liste, totalement dépassée aujourd’hui, serait à compléter. Ainsi, la Communauté de la Nouvelle-Alliance de La Chapelle-Montligeon, patronnée par sainte Gemma. En outre, Gemma continue son œuvre apostolique avec encore plus d’efficacité que de son vivant. D’innombrables témoignages viennent corroborer ce fait. Le père Félix déjà nommé cite longuement la lettre d’un prédicateur dont voici quelques extraits parmi les plus parlants. Tout d’abord, ce prêtre que l’auteur ne nomme pas avoue que sa dévotion pour Gemma lui vient des « effets salutaires qu’elle a opérés dans [s]on âme ». Il ajoute :

Dès l’apparition de cette vierge à mes regards, une véritable transformation s’est produite dans tout mon être. […]

Il termine en exprimant la conviction que le souvenir de Gemma provoque une « sainte émulation »

[entre] tout le monde des âmes, surtout la jeunesse.

D’autres parlent de confiance, de réconfort moral, à un point si élevé, dit l’un, qu’il

n’a jamais éprouvé rien de semblable pour aucun saint.

On souligne aussi l’efficacité de l’intercession de Gemma dans la conversion. À l’hôpital de Lucques, un moribond incroyant bien que baptisé, connu pour son inconduite notoire, finit par accepter la confession et l’Extrême-Onction après que son curé, pourtant éloigné à ce moment-là, a invoqué le secours de la petite sainte. Le père Germano raconte comment un étranger s’est présenté au couvent Saints-Jean-et-Paul de Rome, envoyé par Gemma, pour se confesser et recevoir de lui l’absolution. Le même dira à un religieux un peu avant de mourir :

Si je ne m’en vais vite de Rome, je ne saurai comment y tenir. Depuis déjà quelque temps Gemma m’envoie souvent de ces pécheurs […]

 

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Tombeau de sainte Gemma Galgani

I

 

l fallait aussi, avant sa béatification puis sa canonisation, que Dieu fasse des miracles par son intercession. Le père Félix affirme que leur nombre fut très grand. Il ne cite pourtant que deux exemples. Philomène Bini, de Pise, soixante-douze ans, souffrait d’un ulcère cancéreux du pylore à un état très avancé : dénutrition complète, hyperesthésie épigastrique, constipation, vomissements purulents, gastralgie… Tout remède s’avérant inefficace, on applique une des reliques de Gemma sur la malade, tout en récitant des prières à la Sainte Trinité. Le lendemain, tout symptôme du mal qui taraudait la vieille dame depuis cinq ans a disparu et le médecin est obligé de conclure à un miracle après examen clinique. Marie Menicucci, de Vitorchiano, souffre d’une synovite tuberculeuse profonde et très avancée. Son chirurgien ne croit pas du tout à l’efficacité d’une opération et, en désespoir de cause, Marie se décide à appliquer sur ses genoux malades une relique de Gemma. Elle commence une neuvaine. À l’issue du neuvième jour, elle retire les pansements : le chirurgien constate officiellement que sa patiente se trouve « dans de parfaites conditions de santé ». Le père Félix mentionne dans son ouvrage la parution mensuelle, depuis 1931, du périodique La Beata Gemma dans lequel les religieuses Passionistes enregistrent toutes les grâces obtenues.

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Canonisation de Gemma

E

 

n octobre 1907, la Curie archiépiscopale de Lucques commençait le Procès Ordinaire. On fit comparaître comme témoins la famille Giannini, Mgr Volpi, Mgr Moreschini, Mgr Tei, et, bien entendu, le père Germano qui devait mourir le 11 décembre 1910. Ces informations furent transmises à la Congrégation des Rites en 1910. Le 7 mars 1918, un décret déclarait que rien ne s’opposait à la poursuite de la Cause. Le 28 avril 1920, Benoît XV introduisait la Cause auprès de la même Congrégation. Le Procès Apostolique, ouvert à Pise le 20 janvier 1922, déboucha sur la proclamation du 29 novembre 1931 par laquelle Pie XI conférait à Gemma le titre de Vénérable. Le 14 mai 1933, après approbation de deux guérisons instantanées reconnues comme miraculeuses, Pie XI, en cette année jubilaire de la Rédemption, procédait à la béatification à Saint-Pierre de Rome. Le 25 juillet de la même année, la Sacrée Congrégation des Rites autorisait la reprise de la Cause en vue de la Canonisation. Le 2 mai 1940, fête de l’Ascension, trente sept ans après la mort de la jeune Lucquoise, Pie XII proclamait la Canonisation de Gemma Galgani, la « pauvre petite » Gemma, désormais sainte Gemma, reconnue implicitement dans son discours la digne fille de saint Paul de la Croix, fondateur des Passionistes :

Gemma qui vécut de Jésus-Crucifié et qui, même en son corps virginal, exprima la Passion du Christ, proclame bien haut la nécessité pour tous de revenir, par une pieuse pensée et une fidèle imitation, à la Passion du Christ, si l’on veut atteindre la vraie gloire et la vraie félicité. 

 

 

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Le Pape Pie XII

FIN

Avec toute ma foi et toute mon amitié, 
le don gracieux de ce livre qui, sauf imprévu,
ne paraîtra nulle part ailleurs qu'ici, 
sur overblog, le champion de la liberté d'expression.

Bernard Bonnejean

© Bernard Bonnejean qui laisse toute latitude à quiconque de reproduire des extraits de ce petit livre, avec l'espoir, tout de même, qu'en note de chaque citation figureront les mentions suivantes : Bernard Bonnejean, La Petite Perle de Lucques (biographie inédite de Gemma Galgani), 2006, www.bonneber.org, 2011.  

 

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Gemma Galgani (X)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

 

La petite perle de Lucques

 

A Gérard Lecouvreur...

      comprenne qui pourra 

 

Ste Gemma Galgani, Vierge Stigmatisée,

1878- 1903

 Biographie établie par la 

 

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1878 : Naissance le 12 mars à Camigliano, près de Lucques en Toscane. Elle est la cinquième d’une famille de 8 enfants. 4 de ses frères et sœurs mourront avant elle.

1885 : Elle reçoit le 26 mai le sacrement de confirmation. Elle a sept ans. Sa mère meurt en septembre. Au cours de sa première locution surnaturelle, Jésus lui en avait demandé la permission.

1887 : Elle fait sa première communion le 19 juin, jour de la fête du Sacré-Cœur de Jésus. Elle a neuf ans. C'est pour elle une expérience spirituelle intense : « En ces instants, je saisis que les délices du Ciel ne sont pas comme ceux de la terre. (…) Ce fut ce matin-là que Jésus me donna le grand désir d’être religieuse. »

1889 : Elle oublie un peu l’élan d’amour de sa communion, mais elle se distingue dans un amour sans borne pour les pauvres de la ville, vidant la maison de son père pour eux. Elle a 11 ans. Elle reçoit une grande grâce intérieure : elle renonce à se soucier de ses vêtements et de son apparence extérieure.

1891 : À l’école des Zitines (sainte Zita de Lucques) depuis 1887, sa maîtresse, voyant son grand désir de connaître la Passion, lui en fait méditer tous les jours un point. Elle a 13 ans.

1894 : Mort à l’âge de 17 ans de son frère Gino, celui de ses frères et sœurs qui lui était le plus proche. Elle en a un immense chagrin et tombe malade quelque temps. Elle a alors 16 ans. Elle cesse de fréquenter l’école à partir de ce moment.

1896 : Nouvelles faveurs surnaturelles. Elle voit pour la première fois son ange gardien qui lui demande un plus grand dépouillement de sa coquetterie afin de devenir « l’épouse d’un Roi Crucifié ». Jésus lui fait comprendre fortement qu’elle doit devenir religieuse. Elle a alors 18 ans.

1897 : Mort de son père. Cette disparition laisse la famille dans une misère noire. Elle a 19 ans. Elle vit quelques mois chez une de ses tantes à Camaiore avant de revenir à Lucques pour fuir les prétendants.

1898 - 1899 : Gemma est atteinte d’une maladie « mortelle ». Elle est très entourée à cette occasion. Saint Gabriel de l'Addolorata lui apparaît pour la première fois. Tout le reste de sa vie elle aura un amour irrésistible pour ce saint passioniste qui lui était envoyé par Jésus pour l'aider à vivre la spiritualité de la Passion.

3 mars 1899 : Guérison miraculeuse de Gemma par l’intercession de sainte Marguerite-Marie Alacoque. Saint Gabriel de l'Addolorata lui apparaît chaque soir de la neuvaine pour prier avec elle. Commence pour elle une vie amoureuse quotidienne avec Jésus et une familiarité surnaturelle avec les saints. Elle est alors âgée de 21 ans.

Mai 1899 : Elle tente d’entrer chez les visitandines (Ordre de la Visitation), mais en vain. Tout le reste de sa vie sera dominé par le désir de la vie consacrée.

Jeudi 8 juin 1899 : Gemma reçoit la grâce des stigmates. Elle les reçoit le soir, c'est-à-dire à la vigile de la fête du Sacré-Cœur de Jésus qui se célébrait le lendemain. L’expérience dure jusqu’au vendredi à 15 h. Les stigmates se répéteront ensuite chaque semaine : du jeudi 20 h au lendemain 15 h.

25 juin - 9 juillet 1899 : Mission des Passionistes à Lucques. En allant les écouter, elle reconnaît l’habit de saint Gabriel. Jésus lui confie : « L’un de ces fils sera ton père ».

Le 8 septembre, malgré l’avertissement de Gemma, Mgr Volpi la fait examiner par le docteur Pfanner : le simple nettoyage des plaies fait disparaître les stigmates.

  En septembre les extases de Gemma commencent à être prises en notes : elle parle en effet tout haut dans ces moments.

1900 : Gemma est accueillie par la famille Giannini. Début de sa correspondance avec le père Germano en janvier. Ce dernier habitait à cette époque à Rome (jusqu’à la mort de Gemma). Première rencontre en septembre avec le père Germano qu’elle a vu en vision et qui devient son directeur spirituel. Elle a 22 ans.

  Entre juillet et septembre elle rédige son « Journal » sur ordre de Mgr Volpi. Le père Germano, qui avait conseillé à Mgr Volpi de faire cesser cette rédaction, demande cependant à Gemma de rédiger son « Autobiographie ».

1902 : À partir de la fête de la Pentecôte (le 18 mai) son état devient inquiétant. Jusqu’à la fin juin elle cesse de s’alimenter, ne prenant comme nourriture que la communion du matin et un peu d’eau. Elle a 24 ans. C’est une période d’intense « réparation » offerte au Sacré-Cœur et de particulière intercession pour le clergé. Le père Germano lui commande de prier Jésus de lui rendre la santé. Elle la recouvre à la fin juin, mais pour peu de temps : elle retombe malade 20 jours plus tard. Son rétablissement n’était qu’un signe temporaire destiné au père Germano.

  19 août : Mort de sa petite sœur Giulia (18 ans) qu’elle chérissait beaucoup. Giulia était la dernière (cadette) de la famille Galgani. C’est elle qui désirait le plus vivement le retour de Gemma en famille. Le 21 octobre, mort de son frère Tonino (Antonio, âgé de 22 ans).

  21 septembre : Apparition des premiers symptômes manifestes de la tuberculose.

Janvier 1903 : Elle est transférée dans une petite chambre d’un immeuble attenant à celui des Giannini. C’est là qu’elle meurt le 11 avril 1903, samedi saint, vers 13 h 30. Elle est alors âgée de 25 ans.

Mars 1905 : Arrivée des premières religieuses passionistes à Lucques pour fonder le monastère tant désiré par Gemma. Venues du monastère de Corneto, sœur Palmira Armelini et une autre moniale débutent la fondation. Il n’existe alors que deux monastères de moniales passionistes dans le monde : Corneto en Italie (fondé en 1771, aujourd’hui Tarquinia) et Mamers en France (fondé en 1872). Ce sont les moniales de Lucques qui gardent aujourd’hui le sanctuaire de sainte Gemma, comme cette dernière l’avait prophétisé un peu avant sa mort : « Les passionistes, dit-elle, ne m'ont pas voulu vivante ; mais elles m'auront morte ».

14 mai 1933 : Béatification par Pie XI.

2 mai 1940 : Canonisation par Pie XII.

Ste Gemma dans mes armoiries


 

Gemma Galgani inaugure mon blog. Outre qu'il a été ouvert sous son patronnage avec sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (haut-gauche), la Vierge du Sourire (haut-droite), sainte Bernadette de Lourdes (bas-gauche), Gemma (bas-droite), je n'ai réellement écrit pour l'Église que depuis que je la connais. Malheureusement cette bannière, dont l'original a été perdu, est très floue. Mais on peut encore en trouver des explications dans l'article intitulé : Une surprenante image (samedi 5 février 2009)


 

8.    DERNIERS MOIS DE

SAINTE GEMMA GALGANI

 

 

 

 

L

a santé de Gemma, après sa guérison miraculeuse de 1899, fut relativement bonne jusqu’à la Pentecôte 1902. Ce jour-là, elle reçut une ultime mission de Jésus : être immolée en expiation pour les péchés et les sacrilèges. Elle l’accepta et tomba aussitôt gravement malade. Le 9 septembre 1902, après une trêve de trois semaines, Gemma vomit du sang des poumons. Le père Germano se précipite vers Lucques au mois d’octobre. Il la trouve dans un état pitoyable, physiquement du moins, car elle a encore l’esprit vif et le courage nécessaire pour lui faire part de ses ultimes volontés dans les moindres détails. Elle insiste notamment – ce qui aura des conséquences un peu fâcheuses – pour qu’on ne touche pas à sa dépouille. Après une confession générale, le père Germano lui fait administrer les derniers sacrements. Des médecins appelés à son chevet finissent par diagnostiquer une tuberculose pulmonaire et s’accordent sur l’obligation d’isoler la malade. Le 24 janvier 1903, on porte Gemma dans un petit appartement loué par l’une de ses tantes. La séparation avec les Giannini est cruelle pour tous. Gemma finit par l’accepter, recevant sa solitude comme une grâce :

Seule avec Jésus seul !

 

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L

es biographes de Gemma ont intitulé le chapitre concernant les derniers instants de Gemma : « Calvaire ». En fait, Gemma participe au supplice de la Passion jusqu’au bout. Elle ne peut plus aller communier, ce qui la prive du réconfort qu’elle y puisait jusque là. Son estomac refuse tout aliment et son corps se ruine. Elle perd la vue et devient progressivement inaudible. Nous ne nous éterniserons pas sur les attaques du démon. On parle dans sa biographie de « furieuses attaques », de « guerre barbare », de « vestibule d’enfer », de « cruelles vexations extérieures », etc. Gemma y répond avec courage, sans jamais faillir ni faiblir. Alors que la plupart des malades paraissent légitimement tristes ou abattus, on remarquera chez elle l’absence de tout accablement moral, voire de plaintes, de soupirs ou de gémissements. Quand elle entend quelqu’un près d’elle remarquer qu’elle n’en peut plus, elle repartit aussitôt :

Si, si, j’en puis encore un peu.

En fait, comme elle l’avouera à une religieuse infirmière, elle ne veut rien précipiter, consciente que ses souffrances participent à la gloire de son Bien-Aimé :

Plutôt souffrir que d’aller [tout de suite] au ciel, lorsqu’il s’agit de souffrir pour Jésus et de le glorifier.

Elle aura fini sa vie en une admirable et humble prière ininterrompue, unie intimement au Père, à Jésus et à la Vierge, pleine de prévenance et de gentillesse pour ses visiteurs, de déférence et de gratitude pour les religieuses qui lui prodiguent les soins. Elle promet à tous de les récompenser pour le moindre service rendu :

Soyez bon chrétien, et n’en doutez pas, je penserai à vous. Quand je serai près de Jésus, je n’oublierai pas ce que vous faites pour moi.

 

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Marie-Madeleine de l'abbaye de Solesmes


L

’agonie et la mort de Gemma sont en tout point édifiantes. Le Mercredi saint, 8 avril de cette année 1903, Jésus fixe le ciel en murmurant « Jésus ! Jésus ! ». À une religieuse qui lui demande si Jésus l’a consolée, elle répond :

Ô ma sœur, s’il vous était donné de contempler la moindre partie de ce que vient de me montrer Jésus, quelle jouissance serait la vôtre !

Le même jour, elle reçoit la communion, ce qu’elle n’a pu faire depuis le 23 mars, jour où elle s’est rendue à l’église pour le dernière fois.

Le lendemain, Jeudi saint, elle communie à nouveau et dans une extase voit la couronne d’épines qu’on a tressée pour elle.

Le Vendredi saint, au moment où sa garde-malade, exténuée, s’apprête à la quitter, Gemma la supplie ainsi :

Ne me laissez pas jusqu’à ce que je sois clouée à la croix. Je vais être crucifiée avec Jésus. Jésus m’a dit que ses fils doivent être crucifiés.

Puis elle est plongée dans un état extatique jusqu’à une heure et demie de l’après-midi. Un témoin l’a décrite ainsi :

Figurez-vous Jésus crucifié mourant.

Elle va continuer à souffrir le reste du vendredi, la nuit et le samedi matin. Ce jour-là, elle reçoit l’Extrême-Onction vers huit heures. Elle meurt ce Samedi saint, 11 avril 1903, à une heure de l’après-midi, en présence d’une jeune confidente appelée Euphémie, de Mme Justine Giannini, et de quelques personnes de la même famille après avoir proféré ces dernières paroles :

Maintenant, il est bien vrai que je n’en puis plus. Jésus, je vous recommande ma pauvre âme… Jésus !

Ses biographes ont souligné le fait que ne se trouvaient à ses côtés ni confesseur, ni directeur, ni Père spirituel et l’expliquent par une volonté de la Providence. Gemma avait fini par comprendre que le ciel voulait cette solitude forcée :

J’ai fait à Dieu le sacrifice de tout et de tous ; je ne demande plus rien. Maintenant, je me prépare à la mort. Le crucifix me suffit, avec un prêtre, pour m’assister à mes derniers moments.

 

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L'agonie (Gisèle-Anita Branchaud)


D

ans les jours qui suivit le décès, les sœurs infirmières firent ce qu’elles purent pour honorer la défunte. On la vêtit de noir et on plaça sur son cœur l’insigne des Passionistes. On la couronna de fleurs et on orna son cou de son rosaire. On lui joignit enfin les mains sur la poitrine. Dès l’annonce de la mort, les visiteurs s’empressèrent, à commencer par les enfants Giannini accompagnés de leur famille. Le prêtre de la famille resta toute la journée de Pâques à prier et à pleurer dans la chambre mortuaire. Plusieurs ecclésiastiques, ainsi que quelques laïcs, approchèrent leur chapelet du front de la jeune fille. Tout le dimanche de Pâques fut occupé en gestes d’affection et de dévotion. Beaucoup devinaient, en effet, la sainteté de Gemma, avant même que l’Église ne se prononce officiellement sur ce point, comme ce prêtre qui devant la dépouille s’écrie :

Que vous êtes heureuse, Gemma, d’avoir su vivre comme les anges et mourir comme les saints !

 

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L

e soir de Pâques, on mit le corps dans un cercueil de bois qui fut porté, jusqu’au Campo-Santo, par l’aîné des fils Giannini, étudiant, un de ses frères et deux membres d’une confrérie de Pénitents. Après la cérémonie on descendit le cercueil dans une tombe du cimetière. Le corps sera exhumé deux fois : le 7 octobre 1908, puis le 4 septembre 1923, jour où l’on transporta les restes dans la chapelle des Passionistes. Ces mots furent gravés, en latin, sur une plaque de marbre :

Gemma Galgani, de Lucques, vierge très pure. Consumée par les flammes de l’amour divin plus que par la violence de la maladie, elle s’envola dans le sein de son céleste Époux, son cinquième lustre à peine révolu, le 11 avril 1903, veille de la Résurrection du Seigneur. – Veille en paix, belle âme, dans la compagnie des anges.

 

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O

n procéda ensuite à une autopsie qui, seule, permettrait de constater les signes corporels de la présence divine. Le cœur, rouge et vigoureux, après dix jours d’exhumation, présentait une forme anormale : aplati et dilaté, plus large que haut. Fait plus remarquable encore : un sang vif et très fluide en jaillit au premier coup de scalpel. Le chirurgien a aussi remarqué que trois côtes avaient été soulevées et arquées. Voici comment les biographes de la sainte ont expliqué ces phénomènes. Le style ampoulé du traducteur de l’italien ne doit pas troubler le lecteur au point de le faire douter :

Ainsi donc, ce cœur de Gemma, qui fut une fournaise de tant de flammes célestes et palpita d’un si pur amour de Dieu ; qui, trop à l’étroit dans sa cavité naturelle, souleva trois côtes en les incurvant fortement ; qui s’ouvrit une issue au dehors, dans la mystérieuse plaie du côté comme pour épancher l’excès de ses ardeurs ; qui brûlait les chairs avoisinantes, et dont on  n’approchait point la main sans éprouver soi-même une sensation de brûlure ; ce cœur de séraphin ne pouvait pas mourir !

Laissons de côté la forme pour ne retenir que l’essentiel, proféré par le Père Germano lui-même à l’issue de son témoignage :

Dieu m’avait ordonné […] de révéler au monde, par la publication de ces mémoires, la grandeur de son amour et de ses miséricordes envers sa Servante. [Qu’ainsi] de nombreuses âmes apprennent combien vous êtes bon, combien il est doux de n’aimer et de ne servir que vous seul, à l’exemple de la séraphique vierge de Lucques.

Ainsi le Père Germano, lui aussi, avait compris et avait été conquis par le « Jésus seul ! » si souvent proclamé par Gemma.

 

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À suivre...

© Bernard Bonnejean, 2006, mais vous pouvez vous servir en toute tranquillité. 

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Gemma Galgani (IX)

Publié le par Bernard Bonnejean

La petite perle de Lucques

 

Point de vue de 

 

Pierre Jovanovic

 

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Extrait d'un chapitre consacré à 

Gemma Galgani

 

 Gemma Galgani est un véritable diamant de la "Fleur des saints", un personnage unique de l'Eglise car comme Marilyn Monroe, sa beauté a été figée par sa mort. Incontestablement, elle est la sainte la plus jolie de toutes les saintes de calendrier car la "Divine Providence" lui a accordé une beauté fulgurante, presque irréelle, avec des traits d'une noblesse et d'une finesse dignes de ceux de Carole Bouquet du temps où elle jouait dans "Cet obscur objet du désir" de Bunuel. Gemma Galgani, c'est l'aristocratie du luxe discret, la puissance de l'humilité, victime volontaire de la brutalité divine. Gemma Galgani, c'est presque une illustration du roman "L'Ange de Feu" (Ecrit par l'auteur russe Valery Brysov, son contemporain (1873-1924). "L'Ange de feu", servit plus tard de base au compositeur Serge Prokoviev. Son opéra est, hélas, ennuyeux à mourir...), qui raconte comment une jeune femme, Renata, recherchait son Ange gardien qu'elle avait eu le privilège de voir en permanence durant son enfance, un peu comme la religieuse brésilienne Cecilia Cony. Mais Renata, contrairement à Cecilia Cony, a outragé son Ange, Maniel, lorsque, atteignant la puberté, elle lui demanda en toute innocence de lui faire l'amour. L'Ange la quitta en lui promettant toutefois de revenir sous une forme humaine lorsqu'il serait temps. Dès lors, Renata, devenue femme, n'eut de cesse de le retrouver et tentait de déceler en tout homme la présence de son Ange. Il s'agissait d'un roman reposant sur la relation entre le monde terrestre et le monde céleste et où s'entremêlaient Anges, démons et humains dans un perpétuel combat d'âmes, cadre qui sied parfaitement à Gemma Galgani. Elle passa sa (courte) vie baignant dans le surnaturel comme d'autres dans la musique. Anges et démons livraient bataille quotidienne pour l'âme de cette jeune et magnifique vierge. On le comprend. J'en connais qui n'auraient même pas hésité une seconde à affronter Satan lui-même pour ses beaux yeux. 

     

      Si les théologiens ont toujours tendance à comparer les saints entre eux et discuter de leur mérites et puissances respectifs (un peu comme des voitures de sport), alors on ne peut que noter les similitudes étonnantes entre Gemma Galgani et Thérèse de Lisieux. Toutes les deux, d'une simplicité et d'une candeur à faire pleurer un bourreau, escaladèrent les marches de Saint-Pierre de Rome à une vitesse éclair: Gemma mourut à l'âge de 25 ans et Thérèse à 24 ans (à la mort de Thérèse de Lisieux, Gemma avait 19 ans). Mais si la carmélite ne portait pas la signature du Christ, Gemma, bien que laïque, participa de son plein gré à la Passion, la porte ouverte aux grâces surnaturelles les plus étonnantes. Outre les lévitations et communions à distance, Gemma Galgani put ainsi "voir" son Ange gardien et s'entretenir régulièrement avec lui pendant toute sa vie.

      

      Si l'Ange gardien de Gemma demeurait en second plan, l'ensemble de leur relations relevait du "grand amour" : l'Ange la surveillait, lui faisait du café, lui expliquait les Mystères, l'embrassait, mais surtout l'aidait de son mieux à souffrir pour le Christ. Quant à Gemma, elle s'adressait à l'être céleste et plus d'une fois ses proches la virent marchant, tout en parlant à un interlocuteur invisible.

      Bien que laïque, la splendide vierge fut canonisée 37 ans seulement après sa mort. En raison de divers signes surnaturels et guérisons inexplicables, Rome s'est intéressé à son cas en 1917 et elle fut proclamée sainte le 26 mars 1936. Depuis, son visage continue à fasciner les foules, un peu comme celui, énigmatique, de Greta Garbo. Gemma Galgani, c'est le mystère des Mystères, l'Amour d'une vierge pour Celui qui a aimé le monde, et leur colloque de souffrances nous semble appartenir à un monde absurde. En apprenant à souffrir comme Il a souffert, en réussissant à résister aux tentations, et en parvenant à se mortifier au point de tuer en elle tout désir qui aurait pu mettre en danger sa virginité, Gemma s'est hissée à Son niveau et s'est débarrassée de toute tache. Avec une telle pureté, voir son Ange gardien lui était aussi naturel que pour nous de voir le facteur tous les matins. Gemma cependant n'a guère décrit son compagnon car elle voyait l'Ange comme elle voyait sa belle-mère ou son confesseur. Sa présence pour elle n'avait rien d'exceptionnel et dans sa simplicité d'enfant, elle ne se rendait absolument pas compte que cela aurait pu passionner des milliers de gens. Elle évoluait parmi les Anges comme un cygne sur un lac, insensible à la beauté qui l'environne. Seul le Christ comptait à ses yeux. Même son confesseur, le très strict père Germain, marquera sa surprise en entendant Gemma lui expliquer que son Ange lui avait dit ceci ou cela. Gemma Galgani est incontestablement LA "top model" de la Fleur des Saints !


© Enquête sur l'Existence des Anges Gardiens

 

 

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7.   VIE MYSTIQUE ET MISSIONNAIRE DE

SAINTE GEMMA GALGANI

 

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lessé par le péché originel, l’homme a besoin de soutien et de tendre protection. Dieu a ainsi placé les Anges à nos côtés. Gemma eut une véritable dévotion pour son Ange gardien qui lui tenait compagnie, presque continuellement. Elle tenait de grandes conversations avec lui ou bien ils priaient ensemble. Ils récitaient les psaumes en alternance et, au moment de la méditation, l’Ange apprenait les mystères de la Passion à sa jeune amie. Ils se tenaient mutuellement à la disposition l’un de l’autre. Gemma interrogeait ; il répondait. D’après le directeur de la sainte, l’Ange gardien tenait auprès de Gemma la place de Jésus : elle lui exposait ses besoins et ses craintes, lui confiait des messages à remettre à Dieu, à la Vierge. Il est même arrivé, maintes fois dit-on, que l’Ange serve de facteur, c’est-à-dire de messager. Un jour, Gemma donna ce conseil à son directeur :

Pourquoi ne confieriez-vous pas aussi vos réponses à l’Ange, vous économiseriez les frais de timbre !

Mais, comme on le sait, la mission des Anges gardiens, instruments de sanctification, est avant tout de servir les intérêts spirituels des âmes. L’Ange de Gemma la reprenait, la conseillait, l’instruisait, la corrigeait. La jeune fille le remerciait par un amour sans partage, toujours avec simplicité et spontanéité.

 

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emma avait, au plus haut point, le don d’oraison, et notamment, de la contemplation infuse que le père Germano définit ainsi :

une ascension passive de l’âme vers Dieu, produite par l’action particulière des dons du Saint-Esprit et accompagnée d’un regard simple, ordinairement affectueux et ravi, sur les réalités célestes.

Gemma était sans cesse avec Dieu, même au milieu de ses multiples activités domestiques. Cette union perpétuelle avec le Christ consistait soit en la méditation de la Passion, soit en l’exercice d’une oraison parfaite, à peine interrompu par un sommeil généralement très court. Elle récitait le rosaire en famille, le chapelet de la Passion et celui de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Mais, la plupart du temps, elle improvisait ses prières sous l’inspiration de l’Esprit ou récitait des versets de psaumes choisis par elle. Gemma était aussi douée d’un esprit subtil et profond, capable de l’élever à une connaissance exceptionnelle des plus hautes conceptions spirituelles : l’unité de la nature divine dans la Sainte Trinité, l’union du Verbe avec l’homme dans l’Incarnation, les mystères de la sagesse, de la justice et de la miséricorde de Dieu… Ainsi elle expliquait la Trinité :

Trois personnes dans une lumière immense, unies en une seule essence : trinité dans l’unité, unité dans la trinité ; et comme unique est l’essence de cette trinité, unique aussi est sa bonté, unique sa béatitude.

Une telle clairvoyance, une telle lucidité dans l’entendement de mystères difficiles d’accès aux savants eux-mêmes, prouvent que l’Esprit instruit parfois les âmes simples par la contemplation intellectuelle, sensible ou imaginative mieux que par le savoir livresque.

 

 

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es théologiens distinguent plusieurs degrés dans la contemplation infuse par lesquels l’homme s’unit pleinement à Dieu. Gemma les a tous connus. Le premier degré, celui du recueillement infus, est produit par une lumière extraordinaire communiquée à l’intelligence par Dieu qui ainsi dirige les sens vers l’unique souverain Bien. Le second est le silence spirituel : l’âme captivée demeure stupéfaite et interdite devant la majesté divine. Chez Gemma alternaient ces deux premiers degrés. L’habitude de vénérer la présence divine dans le silence mène au troisième degré de la contemplation : la quiétude, union très intime avec Dieu qui procure une grande paix intérieure. Gemma savait l’accompagner de l’exercice actif des bonnes œuvres. Au degré supérieur d’union divine, le sommeil mystique, l’âme semble endormie, l’esprit perdu en Dieu. Gemma a ainsi expliqué ce phénomène :

Figurez-vous un petit enfant qui s’abandonne au sommeil sur le sein de sa mère ; il oublie tout et lui-même, ne pense à rien, mais se repose et dort sans savoir ni pourquoi ni comment.

Le sommeil spirituel intense fait place à l’union extatique dont Gemma fut abondamment dotée, comme nous le verrons. La jeune fille y sentait parfois une sorte de délire d’amour, des élans doux et impétueux, qu’on appelle l’ivresse spirituelle. Le biographe de Gemma cite en exemple certains psaumes de David, saint François d’Assise et sainte Thérèse d’Avila. Il ajoute que Gemma connut ces élans d’amour incompressible dans ses extases et dans ses écrits. Parfois cette ivresse est si folle qu’elle envahit le cœur comme un torrent de feu, comme une flamme d’amour, sixième degré d’union divine. La petite Thérèse, après saint Jean de la Croix, a fort bien décrit cet état mystique, particulièrement dans ses poèmes. Gemma ressentait concrètement la brûlure, le « cœur en flamme », littéralement. Favorisée de ce feu céleste, l’âme connaît la soif, l’angoisse d’amour qui lui fait n’avoir qu’une passion : arriver à la possession de Dieu jusqu’à l’union parfaite avec lui dans le mariage mystique. Voici comment l’explique le biographe de Gemma :

Dans le mariage spirituel et divin, l’âme se donne [comme dans le mariage terrestre] tout entière à Dieu et Dieu, à l’âme ; et cette union, comme l’autre, infiniment plus que l’autre, est intime, continue, indissoluble : intime, car elle s’opère dans le centre, dans la substance même de l’âme privilégiée ; continue, c’est-à-dire, à l’abri de toute corruption de la part de Dieu qui en est le véritable auteur ; indissoluble, parce que d’après la loi ordinaire il n’arrive jamais qu’une telle âme perde la grâce sanctifiante et se sépare de Dieu.

 

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R

evenons donc à l’extase. En cet état, l’âme est plongée, sans violence, en Dieu, ce qui produit l’aliénation totale des sens. Chez Gemma, l’extase se manifeste partout et n’importe quand, mais, en général, elle se fait annoncer quelques minutes auparavant, ce qui lui permet de s’isoler pour éviter les témoins. Gemma connaissait deux sortes d’extases : les extases douloureuses qui l’exténuaient et les ravissements heureux. On distingue aussi les extases imparfaites, les parfaites et les extraordinaires. Les premières, les plus fréquentes, étaient purement sensibles, de courte durée et très peu profondes. Les deuxièmes, duraient d’une demi-heure à une heure. L’aliénation totale des sens y était totale. Elles se produisaient ordinairement après la communion, pendant les Quarante Heures. Quant aux extases extraordinaires, elles survenaient généralement le jeudi soir à huit heures et le vendredi vers trois heures de l’après-midi. Gemma était alors associée, corporellement, aux douleurs de la Passion. Le thème de chaque extase, consignée par les proches, est unique. Il a le plus souvent trait à la Passion ou au désir de se transformer en Jésus crucifié. Il arrivait souvent que l’extase soit accompagnée de visions ou d’apparitions, du Christ, de l’Ange gardien, ou encore de saint Gabriel d’Addolorata, des âmes du Purgatoire ou de sa Maman, la Reine des Anges. On ne peut que conseiller au lecteur de lire les textes des extases de Gemma parus, notamment, traduits en français, aux éditions Téqui.

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utre la dévotion à Jésus incarné et à sa Passion, à sa Mère douloureuse, Gemma avait une vénération sans bornes pour l’Eucharistie. Tant il est vrai, comme Jésus l’a dit, que les mystères les plus ardus se laissent dévoiler par les âmes simples et les cœurs purs, Gemma a su très vite percer les voiles de ce sacrement. Elle n’avait à faire aucun effort préalable pour sentir la Présence réelle. Elle appelait l’Eucharistie « Académie de paradis où l’on apprend à aimer ». Elle se rendait deux fois par jour à l’église : le matin pour la messe et la communion ; le soir pour l’adoration du Saint-Sacrement. Elle se tournait alors vers le tabernacle et n’en détachait plus son regard, indifférente à tout ce qui se passait autour d’elle. Jésus l’élevait alors à une très haute contemplation. Il l’encourageait à rendre amour pour amour. Les élans d’amour de Gemma étaient si forts devant l’autel que parfois elle tombait évanouie. C’est qu’elle percevait parfaitement la divine Présence, s’étonnant que les autres n’éprouvent pas la flamme d’amour :

Je ne sais comment tant d’autres qui se tiennent près de Jésus n’en sont pas incendiés. Pour moi, si j’y restais un quart d’heure à peine, il me semblerait devoir être réduite en un tas de cendres.

Gemma était littéralement consumée de faim et de soif de Jésus-Hostie. En partant à l’église pour y écouter la messe et y communier, elle disait se rendre « à la fête de l’amour de Jésus ». Plus profondément, elle s’exprimait ainsi sur le sacrement :

Il s’agit de joindre deux extrêmes : Dieu qui est tout, et la créature qui n’est rien ; Dieu qui est la lumière, et la créature qui est ténèbres ; Dieu qui est la sainteté et la créature qui est péché.

Lorsqu’elle était plus gravement malade, Gemma devait se contenter de la communion spirituelle. Le père Germano dit qu’alors « d’ineffables communications divines la dédommageaient amplement de la privation sensible de l’hostie ». Jésus-Hostie lui tenait lieu de tout et en lui, la petite sainte trouvait tout son bonheur.

 

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uelle était, en fait, la vocation spéciale de Gemma ? Elle se dévouait sans limites au bien spirituel du prochain et à la conversion des pécheurs. Gemma sera vraiment une apôtre guidée par l’Esprit-Saint et saura émouvoir le cœur de Jésus pour lui obtenir le pardon des pécheurs, dans une Communion des saints parfaitement comprise :

Celui-là, disait-elle un jour, souvenez-vous-en d’une manière spéciale, Jésus ; je veux qu’il soit sauvé avec moi.

Ce « sauvé avec moi » contient, à notre avis, toute la substance du mystère. Pour sauver les pécheurs impénitents, elle s’adressait à Jésus, à la Vierge, à saint Gabriel de l’Addolorata et se faisait aider par les anges. Elle ne perdait jamais courage, ne lâchait jamais prise jusqu’à la victoire finale. La plupart du temps, on lui recommandait une âme ; parfois, Jésus lui-même lui faisait connaître directement certains pécheurs. Elle, parfois si dure avec elle-même, sut partager la miséricorde de Jésus pour quelque Marie-Madeleine que tous croyaient perdue. Elle alla jusqu’à donner de l’argent à une prostituée occasionnelle pour qu’elle puisse payer son loyer autrement qu’en monnayant ses charmes. Cette femme fit une confession générale et reprit le chemin du devoir. Elle savait donner des conseils avisés, y compris aux directeurs de conscience. Au besoin, elle ne ménageait pas outre mesure les personnages de marque qui venaient l’interroger. Elle se montrait très sobre de prédictions et ne chercha jamais à se prévaloir du don de prophétie. Elle répondait invariablement à qui voulait la tenter sur ce chapitre :

Je ne sais rien, demandez à Jésus.

Son apostolat s’étendait, bien entendu, aux âmes du Purgatoire pour lesquelles elle se sacrifiait volontiers :

Oui, souffrir pour les pécheurs et en particulier pour les âmes du Purgatoire, surtout pour une telle. […] L’ange m’a dit que ce soir Jésus me ferait souffrir quelque chose de plus, pendant deux heures et à partir de neuf, en faveur d’une âme du Purgatoire.

T

elle est, en résumé, la mission spirituelle de sainte Gemma Galgani. Elle ne tira jamais vanité des phénomènes surnaturels qui n’étaient là que pour l’aider dans sa mission. Au contraire, elle craignait davantage les louanges que le mépris et les injures. Libre de toute attache terrestre, elle aurait pu se prévaloir de cette devise :

Toute à tous, mais en Dieu.

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À suivre...

© Bernard Bonnejean, 2006, mais vous pouvez vous servir en toute tranquillité.

Publié dans religion

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