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Un aveu bien pénible

Publié le par Bernard Bonnejean

 

d'un bien piètre ami

 

 

Comment vous le dire ? Aurais-je assez de courage ? Ai-je la moindre chance d’obtenir votre pardon ?


Présent depuis des mois sur over-blog et sur facebook, je vous mens. Effrontément, sans vergogne, sans l’ombre d’un scrupule. Pour capter votre attention, votre générosité et, l’ai-je cru longtemps, un peu de votre affection. Je crois avoir été naïf. Au moment de faire le bilan, je dois bien l’avouer : je n’ai jamais été si seule : c’est le prix de ma faute.

 

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Tout est parti d’une réflexion de Catherine : « Vous n’êtes pas fait pour Internet. Tout y est virtuel. » Au lieu de fuir comme elle me le conseillait, je voulus lui donner la preuve que, moi aussi, je pouvais m’accommoder des techniques contemporaines et m’exercer à une métamorphose, ardue mais possible, souhaitable même. Il me fallait la convaincre – et me convaincre – que mon existence érémitique, loin de creuser un fossé infranchissable avec le reste de l’univers, favoriserait, au contraire, des échanges fructueux et salutaires.


Vous l’aurez déjà compris : je n’ai jamais été professeur ; ni écrivain ; ni membre d’une SGDL qui serait bien gênée par ma présence. Je m’appelle Françoise H. de R., en religion Sœur Emeline des Servites des Très-Saints-Sacrés-Cœurs-de-Jésus-et-de-Marie. Vous ne m’en voudrez pas, mes amis, de ne vous donner que mon nom de religieuse. Je ne veux pas prendre le risque d’entacher la mémoire d’une famille qui compta dans ses rangs des hommes politiques illustres et des prélats honorés par les fidèles et par la hiérarchie ecclésiastique.

 

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Certes, vous comprenez mieux maintenant ma colère face aux attaques éhontées de quelques peu nombreux anticléricaux. Mais avez-vous la moindre idée du travail psychologique qu’il m’a fallu accomplir sur moi-même pour parvenir à feindre ce courroux viril qui vous choqua parfois ?


Faible femme, j’ai gravé dans la pierre de mes devoirs un apostolat militaire contre la race des mécréants. Persuadée que le bûcher maudit de Rouen n’avait pas entamé le fer de l’épée orléanaise, nouvelle Jeanne j’ai chevauché mon destrier divin à l’assaut des nouvelles citadelles du matérialisme triomphant. Miles Christi, disait Charles Péguy, tout chrétien doit être un miles Christi, un soldat du Christ. Pour ma part, j’ai voulu être une chevalière depuis ma petite cellule du couvent breton de St-L.


Et j’y suis parvenue parfois contre de vieux maçons infâmes et diaboliques qui cachaient une âme noire sous des feintises obscènes.

 

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Mais aujourd’hui ce bel édifice patiemment construit avec ma foi et mon sang s’écroule. Voilà que le drame s’annonce à l’horizon, comme le déchirement du voile avant que le Temple ne s’écroule. Le tonnerre annoncé porte le doux prénom de Marco, un fidèle parmi les fidèles. La noblesse de son cœur, la fougue de sa religiosité m’interdisent de le nommer.


Jean C., je vous aime !


Oh, certes, je ne l’ai pas cherché, je ne l’ai pas voulu. J’ai lutté de toutes mes forces contre la tentation de la chair. Mais l’Ignoble m’a prise dans ses rets et jetée dans vos bras. Ne me rejetez pas, je vous en supplie ! N’essayez même pas de me raisonner ! Mon âme est prisonnière, mon cœur est torturé, mon corps tout entier frissonne à la simple évocation de votre doux nom : Jeannot !

 

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Ah ! Jean ! Est-il encore temps de m’inviter dans votre vie ? Je le crois. Nous prierons ensemble au pied de Notre Sauveur avant de nous jeter, brûlants, sur notre couche.


  Mon Jean ! Je quitte mes habits de nonne et je me revêts de mes atours de demoiselle laïque, et profondément chrétienne.


J’arrive !


Françoise.

 

 
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Publié dans martyre

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Douce France

Publié le par Bernard Bonnejean


ou pourquoi finalement on l'aime bien notre patelin


Autant être franc avec vous : j'ai trop de travail pour vous composer des articles qui tiennent vraiment la route. Jamais vous ne me verrez céder à la médiocrité par manque d'enthousiasme ou par suite d'un emploi du temps trop chargé. Plutôt que de vous servir une bouffe de cantine municipale ancienne formule, je préfère de loin m'abstenir et vous envoyer au resto d'en face.

Tant et si bien, que jusqu'à tout à l'heure, j'avais décidé, une fois de plus, de vous laisser en plan. Par respect !

Et puis, soudain, je suis tombé sur ça. Un chef-d'oeuvre de connerie bien de chez nous que les étrangers nous envieront.

Je vous laisse découvrir ce bijou qu'un copain de FB a mis sur son mur.

Vous verrez : vous ne pourrez plus vous en passer.









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BONNE RIGOLADE !!!!!!


Bernard Bonnejean

Publié dans Franche rigolade

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"Je vous salue ma France"

Publié le par Bernard Bonnejean



“Le musée Grévin”

 

A María Eugenia,

amante de la libertad y de Francia

 

 


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En 1943, la France est sous le joug de la terreur nazie. Trahie par les pétainistes, asservie provisoirement par l’envahisseur, un poète entrevoit le jour prochain de sa délivrance en un beau chant d’amour où il manifeste une confiance fondée sur l’amour qu’il lui porte. Allemands et collaborateurs, déjà perdus, font figure de statues de cire à entreposer au Musée Grévin. « Touchant à la fin de l’éclipse », on sent poindre à l’horizon le jour où l’on pourra de nouveau chanter les « Maries de France aux cent visages ».


L’un des prisonniers, déportés, maquisards, reviendra bientôt au foyer pour lui chanter cet hymne à la patrie, rendue à la vie au bout de plusieurs années de « nuit et de brouillard » :


 

«Je vous salue ma France, arrachée aux fantômes !

Ô rendue à la paix ! Vaisseau sauvé des eaux...

Pays qui chante : Orléans, Beaugency, Vendôme !

Cloches, cloches, sonnez l’angélus des oiseaux !


 

Orléans, c'est la ville qui fut délivrée par Jeanne d'Arc, où vivent mes compagnons que je salue ; Beaugency, au carrefour de grandes voies stratégiques, siège de deux conciles célèbres, fut âprement disputé au XlVe et au XVe siècles, c’est la cité de mon amie Catherine ; Vendôme, centre féodal et monastique rattaché à la monarchie française au XlIe siècle, est lié au souvenir de Blanche de Castille et à celui de François Ier, et l'on sait que le Vendômois fut chanté par Ronsard.


 

Je vous salue, ma France aux yeux de tourterelle,

Jamais trop mon tourment, mon amour jamais trop.

Ma France, mon ancienne et nouvelle querelle,

Sol semé de héros, ciel plein de passereaux...


 

La France a été dans le passé, comme elle l’était encore au temps du poème, un sujet de querelle, c’est-à-dire de plainte et de tourments. Mais un même idéal anime les héros ensevelis et les oiseaux qui peuplent le ciel.


 

Je vous salue, ma France, dont les vents se calmèrent !

Ma France de toujours, que la géographie

Ouvre comme une paume aux souffles de la mer

Pour que l'oiseau du large y vienne et se confie.


 

La France nous a rappelé il y a peu qu’elle est baignée par la mer sur trois côtés de son hexagone. J’offre cette strophe aux Vendéens et aux Charentais.


 

Je vous salue, ma France, où l’oiseau de passage,

De Lille à Roncevaux, de Brest au Mont-Cenis,

Pour la première fois a fait l’apprentissage

De ce qu’il peut coûter d’abandonner un nid !


 

 

Lille, c'est la Flandre nordique ; le Mont-Cenis sépare la France de l'Italie ; Brest, c'est la ville la plus occidentale de France et, comme disait Michelet, « la pointe, la proue de l'ancien monde » ; Roncevaux, col fameux des Pyrénées, est lié au souvenir, disons même à la légende, de Roland. J’offre cette strophe à tous les Français qui peuplent cette terre.


 

Patrie également à la colombe ou l'aigle,

De l'audace et du chant doublement habitée !

Je vous salue, ma France, où les blés et les seigles

Mûrissent au soleil de la diversité...


 

La France est une et indivisible, Monsieur Besson. Mais elle est aussi diverse. Notre patrie est la synthèse de toutes ses provinces et de tous ses habitants qui lui apportent leur diversité bienfaisante et féconde. J’offre cette strophe à tous les Français d’origine étrangère et à tous les étrangers qui veulent devenir français.


 

Je vous salue, ma France, où le peuple est habile

À ces travaux qui font les jours émerveillés

Et que l'on vient de loin saluer dans sa ville

Paris, mon cœur, trois ans vainement fusillé !


 

Le sacrifice des martyrs de la Résistance, du Mont-Valérien, jusqu'aux derniers, ceux de la cascade du bois de Boulogne ne doivent pas nous faire oublier les héros du groupe Manouchian, qui donnèrent leur vie pour une patrie qui n’était même pas la leur. J’offre cette strophe à Najlae, la petite Marocaine qui rentre tout à l’heure dans son lycée d’Olivet grâce aux résistants français d’aujourd’hui.


 

Heureuse et forte enfin qui portez pour écharpe

Cet arc-en-ciel témoin qu'il ne tonnera plus,

Liberté dont frémit la silence des harpes,

Ma France d'au-delà le déluge, salut !»


 

La France, libérée du déluge, a fait alliance avec Dieu. Mais l’arc-en-ciel, symbole biblique, fait aussi penser aux trois couleurs du drapeau national. Il faudra cependant que les harpes se taisent en signe de deuil pour que dans le silence la liberté triomphe.


Ce poème fut publié clandestinement sous le pseudonyme de François-la-Colère. Je ne sais pas quand Louis Aragon décida de découvrir son nom. Je l’offre, en son entier, à son ami Jean Ferrat, et à tout le corps électoral français, y compris aux abstentionnistes, pour qu’ils prennent conscience que grâce à ces héros leur vote aura été rendu possible. Puissent-ils ne jamais connaître une France jugulée par un ennemi de cette liberté acquise par le sang et les larmes !


 

 


Bernard Bonnejean


Publié dans Politique inclassable

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