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12 articles avec grands serviteurs de l'etat

UN BON ROI

Publié le par Bernard Bonnejean

En l'honneur de mon ami

le peintre galicien     

José Luis Veiras Manteiga

José Luis Veiras Manteiga   

 

 

 

VOICI

ce que j'écrivais il y a peu sur facebook en manière de dérision :

 

PERMIS POUR ÊTRE ROI

"The king-becoming graces,
As justice, verity, temperance, stableness,
Bounty, perseverance, mercy, lowliness,
Devotion, patience, courage, fortitude"

Traduction :
"Qualités d'un futur roi : la justice, la vérité, la tempérance, l'équilibre, la bonté, la persévérance, la miséricorde, l'humilité, le dévouement, la patience, le courage, la force"

Telle est la liste des qualités que Shakespeare exige d'un prétendant au trône.
C'est Ariane Mnouchkine qui le rappelait ce matin sur France Inter.

Que manque-t-il donc à Sarkollande pour faire un aigle à deux têtes ?
Peut-être assez de qualités pour en faire une seule à eux deux.



Juan Carlos Ier d'Espagne ABDIQUE aujourd'hui lundi 2 juin 2014

en faveur de son fils


Felipe Juan Pablo Alfonso de Todos los Santos de Borbón y Grecia

 

 

Le roi n'est pas mort, certes, mais vive le roi quand même à qui nous souhaitons d'être aussi bon roi que son père. 

 

VIVA ESPANA

 

Je pense beaucoup à Marie-Christine et à toi, Luis...

Bernard Bonnejean

 


 

 

José Luis Veiras Manteiga

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ENFIN !!!!!!

Publié le par Bernard Bonnejean

 
LA FRANCE
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NOTRE FRANCE A TOUS
 
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VA ÊTRE RENDUE
 
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A SES PROPRIETAIRESarton142-copie-1.jpg
 
 
LE GRAND MOMENT ATTENDU

EST ENFIN ARRIVE

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Contre le grand capital internationaliste,
contre l'argent-roi d'une poignée de dévôts à sa solde,
contre un peuple aux ordres d'un pouvoir impotent,
pour la liberté, pour l'égalité, pour la fraternité,
pour une laïcité sincère et véritable, 
pour une solidarité qui nous rende humains, 
 
NON à Sarkozy et à ses hommes de paille "de gauche" 
OUI à Madame Ségolène ROYAL,
avec l'aide des démocrates
qui la rejoindront
en toute bonne foi.
 
 
 
Fait le dimanche  26 juin 2011, en la Fête-Dieu des chrétiens, jour où Madame Ségolène Royal a prononcé un discours à Arçais (Deux-Sèvres, 650 habitants) dans lequel, par la déclaration de sa candidature aux primaires, la Dame de Charente-Poitou nous rend espoir en une libération prochaine
 
Bernard Bonnejean 
 
 

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Mitterrand par lui-même

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Bilan de quatorze ans de la vie des Français

 


 

 






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Le canard se jette à l'eau

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Les débuts de Jaurès 

 

 

 

En cette année 1884, la France s’ennuie. Les journalistes se plaignent d’une paix qui n’arrange pas trop leurs affaires. L’Illustration du 21 septembre va jusqu’à s’attaquer aux « magots », c’est-à-dire aux Chinois, dont la révolte paraît trop molle pour faire de beaux papiers vendeurs. Et comme d’habitude en période de morosité, le quotidien réclame « une bonne guerre »,  « quelques bombardements ou quelque prise de ville pour rendre à cette question son actualité rancie ». Au moins, le journaliste de l’époque ne cache-t-il pas sa véritable fonction, pas plus que ses intentions bassement mercantiles, sous des faux prétextes idéologisants...

 

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État-major français au Tonkin en 1884-1885

 

L’année 85 semble vouloir s'ouvrir sous des auspices plus exaltants. La guerre se rallume au Tonkin ce qui fait briller les yeux du monde des affaires sous les saillies de Clemenceau et les huées du peuple. Le président du Conseil, Jules Ferry, auquel notre maître de conférences de Toulouse voue un véritable culte, devient impopulaire. Il est renversé le 30 mars.

 

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La bataille de Lang Son


La République est encore adolescente donc fragile. Son président monarchiste (sic !), Edme Patrice Maurice, comte de Mac-Mahon, duc de Magenta, prince de Solférino, a marqué son mandat en interdisant la Marseillaise. La fête nationale du 14 juillet n’a été décrétée qu’en 1880 et l’on vient à peine de voter la loi autorisant les syndicats ouvriers.

La République est à nouveau « en danger ». Brisson, successeur de Ferry, fait adopter le scrutin de liste pour les prochaines législatives dans l'intention probable de sauver les meubles. La campagne électorale débute en avril longtemps avant le vote prévu pour octobre. L'enjeu en est des plus simples : bonapartistes et royalistes, la réaction contre les modérés, les radicaux, les gambettistes et des socialistes auxquels on ne prête aucune attention formant le front républicain.

 

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Jaurès se lance dans la tourmente, un peu légèrement pourrait-on dire compte-tenu d'une impréparation évidente. C’est un jeune homme trapu et gauche, vêtu très sobrement de noir et de gris. Blond-roux aux yeux bleus, barbu, il rejette sans cesse la tête en arrière. Les portraitistes de l’époque lui attribuent un tic qui lui fait sans cesse cligner de la tête.

 

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Le jeune Jean Jaurès, âgé de vingt-cinq ans, brillant professeur agrégé, ancien élève de Normale supérieure, doit en convenir : il ne sait rien ou presque de la politique ; ou seulement l’essentiel de ce qui alimentera sa législature : « La République d'un côté, la réaction monarchique et cléricale de l'autre ». Cependant ses discours prononcés à Albi, Castres, Gaillac, Carmaux, Lacaune permettent de se faire une idée sur ses convictions : instruction publique des enfants du peuple ; profond attachement à la République qu’il défend en ces termes à Carmaux :

« Les Orléanistes nous donneraient la liberté avec l'inégalité ; les Bonapartistes, l'égalité avec le despotisme. La République seule est assez forte, assez sûre d'elle-même, — étant le gouvernement de tous —, pour nous donner à la fois la liberté et l'égalité. »

Jaurès n’est pas socialiste. Il les connaît à peine en cette année 1885 et sans doute tient-il à son indépendance. Il avouera lui-même :

 « Je l'avoue, malgré ma curiosité passionnée pour le problème social et ma pleine adhésion intellectuelle au socialisme collectiviste, je ne savais comment me rattacher à un parti organisé, ni comment relier ma pensée au mouvement de classe du prolétariat. »

 

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Manuscrit de Jaurès

à 20 ans


Il est le cinquième candidat départemental des républicains modérés du Tarn. Mais comme tous les républicains, il doit se battre contre un adversaire pugnace. Malheur au clergé qui défend les idées républicaines : un certain abbé Barrère, curé de Saint-Christophe, est révoqué par l'archevêque d'Albi sur ce simple motif :

 « Les idées franchement libérales de cet ecclésiastique ont seules motivé sa disgrâce.»

Mais Jaurès reste professeur, toujours et pour tout le monde. Il hait le populisme et la démagogie. Pour expliquer ses idées, il lui arrive de donner un cours. Lors de la campagne électorale, il parle aux paysans du Tarn du Roi Soleil, mettant en parallèle son absolutisme avec les progrès sociaux. Les paysans ne s’y trompent pas : c’est un homme sérieux qui ne brade pas son éloquence.

 

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Hugo meurt ; Jaurès arrive.

 

Jaurès est élu seul de sa liste, triomphalement. Il écrit à un ami :

« Monsieur le Recteur, le canard s'est jeté à l'eau et il a atteint la rive, malgré un fort courant réactionnaire... »

Benjamin de la législature, il est nommé secrétaire du Bureau d'Âge.

 

 

 

Et comme toujours en France, dit-on, tout finit par des chansons. 

 

Courage et confiance, mes amis, le temps des rires reviendra. Tenons-nous prêts à l'accueillir.

 

Bernard Bonnejean

 

 

 

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France, mère des arts

Publié le par Bernard Bonnejean

 

et du français

 

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Ordonnance de Villers-Cotterêts (août 1539),

instituant le français comme langue officielle en France.

 

art. 110. Que les arretz soient clers et entendibles
Et afin qu'il n'y ayt cause de doubter sur l'intelligence desdictz arretz. Nous voulons et ordonnons qu'ilz soient faictz et escriptz si clerement qu'il n'y ayt ne puisse avoir aulcune ambiguite ou incertitude, ne lieu a en demander interpretacion.

 

art. 111.De prononcer et expedier tous actes en langaige françoys
Et pour ce que telles choses sont souventesfoys advenues sur l'intelligence des motz latins contenuz es dictz arretz. Nous voulons que doresenavant tous arretz ensemble toutes aultres procedeures, soient de nous cours souveraines ou aultres subalternes et inferieures, soient de registres, enquestes, contractz, commisions, sentences, testamens et aultres quelzconques actes et exploictz de justice ou qui en dependent, soient prononcez, enregistrez et delivrez aux parties en langage maternel francoys et non aultrement.

 

Essayons d’être clair sans vexer personne.

Jusque dans les années 1970, les niveaux de langue, que par mesure de simplification on a réduits à trois, étaient surtout des outils de différenciation pour ne pas dire de discrimination. L’ouvrier ou l’agriculteur parlait un niveau de langue familier, voire patoisant, moins souvent argotique. Le rôle de l'éducateur parental ou institutionnel consistait entre autres à tenter d’élever les enfants dans l’échelle sociale en leur inculquant la notion de « correction ».

Une langue est toujours normative, c’est-à-dire qu’elle obéit à des lois, soient obligations, soient interdictions, comme l’orthographe d’usage et l’orthographe d’accord, les règles de conjugaison et la composition syntaxique, etc. Or, pour parler et écrire normalement une langue normative, il est nécessaire d’en avoir appris les principes essentiels. Autrement dit, jusque donc dans les années 70-80, bien parler français consistait surtout à en observer les normes. La fameuse dictée du certificat d'études, tant décriée, s'apparentait pour les classes populaires à un rite initiatique pas plus humiliant que beaucoup d'autres.

Seuls quelques individus que nous appellerons « l’élite » pouvaient s’échapper de la norme par le haut, ce qu’on appelle l’écriture artiste, la littérature, le style. Certains même ont feint de s'en échapper par le bas. Quand Louis-Ferdinand Céline écrit : « C’était bien ça qu’était le plus drôle, leur guerre à tous », il ne revient pas à la langue familière, il réinvente une langue à partir de celle qu'il connaît parfaitement. Il est écrivain en ce sens que l’écriture est pour lui fabrication d’une langue, d’un français qui lui soit propre. On reconnaît Céline entre mille, non pour ses idées, mais pour son style, imité bien qu'inimitable.  

Ce qui signifie que si moi, Hector de la Dorée, je dis à ma boulangère en allant chercher mon pain : « La magnificence des sommités florales de mon parc enfantin éclatait dans mon cerveau d’adulte comme autant de pierres précieuses », je passe pour un prétentieux ou un pédant. En revanche, si je réussis à glisser un tel galimatias  dans un feuilleton des Veillées des Chaumières, il est possible, mais fort peu probable, qu’une admiratrice m’écrira pour me féliciter d'employer le langage très soutenu, très travaillé, très littéraire d’un écrivain.

Et puis des pédagogos saboteurs sont arrivés, avec dans leurs dossiers en chemises de toutes les couleurs, l’ « égalité des chances ». Un jour on a entendu à la télévision, pour la première fois, le « bonjour » de Mourousi qui jeta un froid à la maison, un « je vous emmerde », puis un « bande de cons », prononcés non par d’humbles ouvriers qui s’évertuaient encore à endimancher leur langage, mais par une élite qui voulait se rapprocher du peuple. Les intellectuels, c'est bien connu, sont assez friands de ce travestissement. Une sorte de socialisme, si vous voulez, par la médiocrité. Le « il est interdit d’interdire » est devenu la loi générale même en langues.

Le premier président français à s’être essayé à « faire peuple » fut probablement le moins populaire, le plus coincé de nos présidents de la République. Giscard ne parvint jamais, à ma connaissance,  à dire un gros mot en public mais sa fausse humilité simili-prolétarienne puait la vulgarité : chaussettes de foot, petits airs d’accordéon dans des guinguettes de « fortune », invitations « surprises » chez des Français plus étonnés que vraiment contents, et le pire : une conduite de goret lubrique de ce faux aristocrate avec la princesse la plus merveilleuse que l’Angleterre nous ait donnée : lady Diana. Non, Giscard, elle n’était pas consentante : elle était malade !!!

Puis voilà notre Sarkozy, le moins démocrate de tous les démocrates, le plus oligarchique de nos gouvernants (que l’on me rende ce qui m’appartient : qui le premier a dénoncé la « démocratie occidentale » comme une escroquerie à échelle internationale, une oligarchie déguisée de nos pseudo-républicains ?) Commencer un quinquennat par un « pot » au Fouquet’s et une croisière sur un yacht ne faisait pas assez peuple : alors Sarko se mit en short et il fit son jogging devant une foule de journalistes qui se trouvaient là par hasard. Il les tutoya comme de vieilles connaissances, ce que je n'aurais jamais admis d'un de mes étudiants même majeur ! Et il se laissa tutoyer par des gamins pigistes pour s'assurer une popularité que du coup il perdit tout à fait. Le « short à Giscard » devenu « short à Sarko » n'était pas devenu magique.

La nouveauté fut surtout langagière. Une sorte de régression : « Casse-toi, pauv’con », « karchériser la racaille », et tout ce qu’on peut lire çà et là de ce qui, personnellement, ne me fait pas rire. Dire que naguère on alla chercher noise à de Gaulle à cause d'un « quarteron de généraux en retraite » qui ne faisait pas le compte !... Sarko alla même, — encore un fac-similé d'inélégance giscardienne —, jusqu’à faire inviter un comique chez le pape. Et quel comique ! On sait depuis les intentions ordurières de Bigard puisqu’il les aurait « confessées » publiquement. Les vrais catholiques apprécieront :  

« Le pape, j’en ai rien à branler. Mon désir était juste de visiter les fouilles sous la basilique : on venait de retrouver les restes de saint Pierre. Sarkozy, me présentant au Saint Père, lui a dit : “Jean-Marie est un homme de Dieu. Il donne aux bonnes œuvres.” Et il a rajouté : “Il est le seul humoriste à avoir fait rire les cinquante-deux mille spectateurs du Stade de France.”  SOURCE

Oui, la France a besoin d’une élite ! J’ai bien dit « élite », pas oligarques friqués sans âme ni culture !!! Le bling-bling ne réussira jamais à masquer l'ignorance. La culture est une richesse non monnayable ! Ils ont tué les belles lettres au bénéfice du tout-mathématique et du tout-commercial. On n'a jamais si mal parlé que depuis qu'on enseigne la communication !!!  

Que la gauche, si elle existe encore, saisisse la balle au bond ! Qu'elle comble cette béance laissée par une droite que l'on disait attachée à la morale et à la spiritualité, pas à la sacro-sainte finance ! Où est-elle la devise du réfectoire de ma jeunesse, enserrée dans un vitrail : « Dieu, premier servi » ?  

Il y a peut-être, en ce moment, sur les bancs d’école, un petit garçon, une petite fille, né de parents modestes, peut-être d'origine étrangère, qui regarde le monde avec émerveillement et sache traduire ses impressions en un beau français, ni soutenu ni alambiqué, mais habile, ciselé, assez ouvragé pour être plaisant à entendre. Comment Jaurès, comment de Gaulle, comment Brossolette, comment Pompidou, comment Mitterrand parlaient-ils lorsqu’ils étaient petits ? Ils avaient peut-être déjà conscience de devoir servir un pays par l’exemple, et non d’avoir la possibilité de s’en servir pour leurs besoins personnels.

Rendez-nous la France, rendez-nous le français !

Puissent Jacqueline de Romilly et Aimé Césaire, joailliers de la belle langue,  servir notre peuple en dehors des périodes électorales.  

« Le savoir est formateur et représente une liberté gagnée »,

Jacqueline de Romilly

 

Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse.
Cahier d'un retour au pays natal (1939)
Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse.
Cahier d'un retour au pays natal (1939)
 « J'ai plié la langue française à mon vouloir-dire »,

Aimé Césaire

Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse.
Cahier d'un retour au pays natal (1939)

Sarkozy, la revanche d'un cancre

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Le mensonge et la manipulation seraient-ils à la base de la politique de notre président ? Un professeur de Paris X a enquêté sur le niveau d’étude et sur les supposés diplômes de Nicolas Sarkozy tel que l’annoncent son CV et le site internet de l’Elysée. Si ce qui est écrit dans l’article de ce professeur est vrai, Sarkozy aurait donc gonflé son CV et mentirait aux français sur ses réelles compétences. La politique de destruction du service public et notamment de l’Education Nationale telle qu’elle existe, pourrait provenir d’un échec personnel scolaire et universitaire non assumé et non digéré. Ci-dessous, le lien vers la Fondation Copernic qui a publié cet article en ligne :

La revanche personnelle d’un cancre sur le site de la Fondation Copernic

Mise à jour du 19 mars 2009 :

Par ailleurs, depuis la sortie de cet article, il semble que de nouvelles informations aient été diffusées par Paris X. Selon ces informations, N. Sarkozy n’aurait pas obtenu son diplôme en première ni deuxième session (où il ne serait pas présentéWinking, mais l’année suivante, par dérogation.

 

NON à la karchérisation des banlieues !

NON aux « casse-toi, pauv'con »

OUI à un magistrat suprême assez mûr pour ne pas parler comme un zonard irrespectueux !

 

 

 Chez Audiard, c'est du génie,

chez un chef d'État, c'est de la vulgarité

 

 

Rendez-nous la dignité des hautes fonctions de la République !  

 

 

Bernard Bonnejean

 

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Hommage aux barons Adolphe et Edmond

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Définition de la noblesse par l'exemple


 

 

Essayons de cerner notre sujet par la tangente. C’est qu’on ne peut expliquer la mer et l’océan, sans le fleuve, le fleuve sans la rivière, la rivière sans le ruisseau, le ruisseau sans la source…


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Les barons, dans le système féodal, sont issus des plus anciennes familles de France. En réalité, tout aristocrate de haut rang, du comte au duc, tient sa dignité et ses biens du roi et s’honore du titre de baron.  Napoléon en fit un titre héréditaire prestigieux, convoité mais sans vraie noblesse. Du moins, le croit-on.


C’est un baron qui écrivit ces quelques pensées que vous trouverez probablement honnêtes et lucides :


L'homme qui n'a rien à désirer est à coup sûr plus malheureux que celui qui souffre.

Tout bon citoyen a non seulement le droit, mais encore est obligé, de publier ce qu'il croit utile au bonheur de ses semblables.

Nous appelons désintéressé tout homme à qui l'intérêt de sa gloire est plus précieux que celui de la fortune.


Ce baron-ci s’appelait Paul Henri Dietrich (1723-1789), baron d’Holbach, d’origine allemande,  et sa baronnie était la philosophie, le bon sens, la fortune et l’érudition. On pourrait ajouter une grande liberté de pensée pour l’époque, car son athéisme, réfléchi et sincère, aurait pu lui coûter la Bastille.


 

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Certes, les mauvais esprits rétorqueront qu’il est aisé de parler de désintéressement lorsqu’on a réussi à troquer l’aumônière pour un lingot. C’est tout le drame de la richesse ou plus exactement de l’homme riche. Et c’est le moment où l’on cite ordinairement ce précepte christique : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! »  (Mc 10,25) Même Marx n’a jamais été si sévère ! Il est vrai qu’il était fort peu préoccupé de métaphysique.


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Un autre baron aurait commis cette pensée qui semblera énorme en cette période de crise :


« Un Rothschild qui n'est pas riche, pas juif, pas philanthrope, pas banquier, pas travailleur et qui ne mène pas un certain train de vie, n'est pas un véritable Rothschild »

 

C’est l’Express du 20 décembre 2007, dans un article intitulé « Les Rothschild, rois des banquiers", qui rapporte ces propos tenu par un autre baron : Edmond de Rothschild, descendant du juif ashkénaze allemand Mayer Amschel Rothschild, fondateur de la très célèbre dynastie.


 

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Edmond est un Rothschild de la branche française créée par James (1792-1868), l’initiateur de la grande banque de la rue Laffitte à Paris, collectionneur d’art, amateurs de chevaux et de vin, constructeur du château de Ferrières. Son fils soutiendra l’effort de guerre de 1870, une de ses œuvres moins connues, il est vrai, que le célèbre vignoble bordelais. Ses descendants combattront en 1914 et en 1940. Le baron Guy recevra la croix de guerre 1939-1945. Vichy spoliera allègrement la famille avec l’aide de l’occupant allemand. En 1953, le baron Edmond « riche, juif, banquier, travailleur… » crée le groupe LCF Rothschild et meurt en 1997, non sans avoir épousé l’actrice Nadine Lhopitalier, la vestale du savoir-vivre à la française.


 

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Et alors ?  

 

Alors, les plus observateurs auront remarqué que la citation du baron Edmond de Rothschild a été tronquée. Riche ? il l’était. Juif, il l’était aussi. Banquier et travailleur ? aussi. Et philanthrope !

 

Un seul mot oublié dans cette litanie et c’est la citation tout entière qui s’en trouve faussée. Philanthrope, « ami de l’homme », « ami du genre humain ».

 

Encore faut-il savoir le concret que recouvre ce vocable.

 

 

En 1886, le baron Adolphe de Rothschild, à la suite d’un accident où il a failli perdre la vue, décide de fonder un établissement hospitalier dédié à l’ophtalmologie, à deux pas des Buttes Chaumont. Mort avant d’avoir réalisé son œuvre, son épouse Julie Caroline mène le projet à son terme. La fondation Adolphe de Rothschild est inaugurée en 1905 « ouverte à toutes personnes, hommes, femmes ou enfants sans distinction de nationalité, de croyance, de religion ou d’opinion politique ». Reconnue d’utilité publique par Décret du 20 avril 1909, la Fondation, par la volonté d’Edmond, participe au Service Public  depuis 1990.


 

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En 1975, la Fondation est la première en France à utiliser le laser en chirurgie ophtalmique. Elle se dote d’un des premiers scanner et IRM.  Puis, on ouvre des services de neuro-chirurgie, de neuro-radiologie, de pédiatrie. En 2005, la Fondation crée la première équipe de Recherche technologique dans un hôpital avec le CNRS. En 2006, elle signe une convention avec l’hôpital Robert Debré : la couverture chirurgicale pédiatrique est assurée pour l’est et le nord parisien.


 

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Et c’est là, qu’en ce mois de juin-juillet 2010, Momo finit, avec l’aide des spécialistes, du Docteur C. qui se reconnaîtra, des infirmières, des aides-soignantes (merci Romana, merci Armelle, servantes des pauvres et des affligés, bras armés de Dieu) de se rétablir.


 

Merci, Monsieur le Baron ! Merci, pour votre noblesse !


 

Bernard Bonnejean

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Lettre ouverte à M. Raymond Domenech

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Cher Monsieur,

 

Nous sommes faits pour nous comprendre.


 

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Cette petite entrée en matière en étonnera sans doute plus d'un. On s'attendrait plutôt à des invectives, à en juger par l'être supposé que l'on croit reconnaître en mes capacités à me battre contre l'injustice, la malhonnêteté, le mensonge, l'escroquerie, parfois au-delà de toute mesure.


En 1992, je connus le début de la gloire. Oh ! n'exagérons rien ! A mon humble niveau de tâcheron de l'enseignement privé catholique sous contrat avec l'Etat ! Je venais de réussir un concours, peu aisé, qui me permit d'enseigner dans un grand lycée lavallois. A ce titre, on me nomma "professeur principal" de la crème, l'élite des classes de collèges : les latinistes matheux.


 

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On ne connaîtra jamais les récompenses d'un fonctionnaire, ou assimilé, convaincu d'avoir assez de talent pour conduire à un succès total, prévu, programmé, une classe de brevet des collèges de latinistes matheux. Ils réussirent, au-delà de toute espérance, selon la formule consacrée, comme prévu, selon la logique d'une réalité tenace contre laquelle on ne peut pas grand chose. Fort de "mes" 100% de réussite, on m'éleva une statue virtuelle : envié par des collègues jaloux, adulé par les parents et la direction, aimé de mes élèves déjà atteints par un instinct grégaire assez commun en ces circonstances, je fus promis à un bel avenir.


Tant et si bien que l'année d'après, le petit professeur de collège, depuis vingt ans,  se vit proposer d'une part de passer en lycée pour enseigner à une classe de seconde d'autres latinistes tout aussi matheux, et d'autre part de faire office de gourou sous-chef avec le titre envié de coordinateur des classes de seconde. Mes supérieurs avaient-ils dans l'idée de me nommer à la sous-direction ? Il n'est pas excessif de le supposer. Dans mes attributions, l'honneur m'incomba de préparer une classe de première littéraire (très peu latinistes et pas du tout matheux) au baccalauréat anticipé de français.


 

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Depuis un moment je ressentais une sorte de malaise à enseigner dans cette classe d'artistes. Non qu'ils fussent spécialement méchants ou agressifs, mais qu'il y régnait un parfum de mesquinerie et de rébellion larvée. Il faut dire que dans le même temps certains collègues, parmi les plus anciens de l'établissement ou parmi les plus jeunes aux dents longues, voyaient d'un assez mauvais oeil cette pluie de promotions imméritées. De fil en aiguille, de bouche à oreille, le téléphone arabe fit son effet et l'on passa vite des jugements hâtifs de valeurs à des médisances sourdes, puis à des calomnies muettes. On m'inventa une réputation de tombeur qu'en certains milieux on m'aurait enviée, mais qui dans le milieu enseignant catholique, où l'on est supposé être éducateur autant que professeur, est rédhibitoire.


Aspiré par la spirale de mes responsabilités, assez prenantes tout de même, je continuai vaillamment sur ma lancée sans faiblir. En un mot, pour faire simple, je laissai courir.


Après un cours donné à mes supposés artistes, je vis s'approcher un petit groupe de garçons et de filles de cette génération à laquelle nous, soixante-huitards, avons appris l'esprit critique, la constestation de toutes les formes d'autorité et, ils n'en usent guère, la vertu du dialogue musclé. J'entends encore en écho ce petit bout de femme, plutôt mignonne, les yeux noisette et la bouche en coeur prononcer ces paroles fatidiques : "Monsieur, je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais ça ne peut plus durer comme ça !" Naïvement, je m'informais sur le sens de cette captatio benevolentiae et fifille, applaudie intérieurement par ses camarades, me fit comprendre en termes pesés d'adolescente des beaux quartiers que je ne savais pas faire mon métier, que mes cours n'étaient pas suffisamment préparés, qu'on n'y apprenait rien, qu'on s'y ennuyait ferme et qu'il me faudrait faire de gros efforts pour tenter d'arriver à la cheville de mes collègues chevronnés. Sans compter qu'on aurait voulu que je ressemblasse au Robin Williams du Cercle des poètes disparus...


 

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J'encaissai et me défendis poliment, diplomatiquement, sereinement. C'est tout juste, je pense, si je ne promis pas de faire mon possible pour atteindre leur niveau. Il faut dire que l'époque était déjà aux "feignants de profs qui ont choisi ce métier-là juste pour les grandes vacances". On a beau se persuader, preuve à l'appui, que ce n'est pas vrai : à force de se l'entendre claironner sur tous les tons, on finit tout de même par avoir des doutes.


Il y eut, paraît-il, des clashs, mot que tout le monde comprend aujourd'hui, mais qui venait tout juste de faire une entrée triomphale dans le vocabulaire de la pédagogie démagogique. Rien n'est pire que le clash, me fit-on comprendre dans le bureau sous-directorial, quand il s'agit d'une famille convenable, bien sous tous rapports, plutôt fortunée, et qui a du mal à supporter les propos malveillants d'un gauchiste avéré contre les activités politiques d'un aïeul réactionnaire... Il est vrai que ce jour-là j'y avais été un peu fort en défendant une thèse très peu catholique, ou trop catholique..., sur le devoir de miséricorde. Ne comptez pas sur moi pour vous en révéler le contenu ! Comme vous, Monsieur Raymond Domenech, mes parents m'ont appris à ne pas régler mes affaires en dehors de la famille ou de la communauté concernée. 


Vous croyez deviner la fin de l'histoire ? Mais vous ignorez les rebondissements.


Comme prévu, mon 100% de réussite au brevet des collèges pour classes d'élite fut anéanti par un autre pourcentage assez médiocre de baccalauréat anticipé pour artistes un peu imbus de dons qu'ils croyaient avoir. Les années 60 leur auront appris qu'il suffit d'avoir 17 ans pour écrire comme Rimbaud ou Minou Drouet. La fin de l'année fut couronnée par une mise à l'écart assez humiliante : je ne fus plus coordinateur, ce qui était assez logique ; même plus professeur principal ; et l'on me collait les classes "difficiles".


 

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Vous vous reconnaissez un peu, n'est-ce pas, Monsieur Domenech : vous avez porté votre équipe jusqu'à la finale de la coupe du monde 2006 et aujourd'hui, à cause d'une bande de footeux sans ambition et surtout sans mâturité, on va vous proposer quelque chose qui ressemble à un banc de touche.


Je n'ai pas envie de vous parler d'Anelka, un sombre crétin que l'opinion a déjà jugé, moins pour les propos insultants qu'il vous a servis, qu'à cause du j'm'enfichisme inconvenant pour la France qu'il ne représentait pas sur le terrain. On le sait coutumier du fait. Perd-il en Angleterre ? C'est la faute des tabloïds. Les Madrilènes, quant à eux, regrettent encore beaucoup l'argent qu'il leur a coûté, récompensés par le mauvais esprit qu'il a instauré dans les vestiaire, ses bouderies d'enfant gâté, tant et si bien que le président Sanz évoquera ses problèmes psychiques (!). 


Non ! Je veux être positif, Monsieur Raymond Domenech, car vous m'êtes d'autant plus sympathique que je suppute, derrière vos tracasseries, la main à peine gantée d'un politicard très-très haut placé. Suivez mon regard ! Il est assez petit pour faire tout ce qui est en son pouvoir pour ne plus paraître inexistant. Votre ratage -- ce n'est pas le vôtre, en l'occurrence, mais celui d'une équipe qui ressemble trait pour trait à la France transformée par l'apprenti sorcier d'opérette -- c'est en quelque sorte le sien, un parmi tant d'autres.

 


 

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Eh bien, Monsieur Domenech, permettez-moi de finir mon histoire ! J'ai refusé de sombrer dans la honte. Je me suis inscrit, à 45 ans, à une formation d'agrégation, moi qui n'ai jamais eu la chance d'aller en faculté et j'ai été reçu à ce concours, envié par tout le corps enseignant, jusqu'à l'étranger. J'en suis sorti avec les honneurs et couverts de lauriers. Et comme si ça ne suffisait pas, je me suis payé le luxe d'acquérir le titre de docteur, mention très honorable avec félicitations du jury. Et comble de culot : j'ai demandé expressément à enseigner dans les classes professionnelles et technologiques, que je salue ici pour leur bonne humeur, leur humilité et... leur réussite professionnelle.


Monsieur Domenech, vous allez bientôt toucher le fond, je le sais, vous n'y pouvez rien, il reste un match et je sais que vous n'avez rien à en espérer. Si vous le perdez, on dira que c'est dans la logique des choses ; en cas de victoire, on regrettera que vos choix stratégiques aient été trop tardifs. Mais, après que vous aurez bu votre honte, faites plaisir aux Français qui aiment leur pays : relevez la tête et briguez des lauriers qui les laisseront pantois. Vous le pouvez ! Comme la victoire de Samothrace, vous aurez perdu la tête mais gagné des ailes ! 


 

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De tout coeur avec vous, je vous prie d'agréer, Monsieur, l'assurance de mon profond respect,


Bernard Bonnejean.

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Valls pour les nuls

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Commentaires en bleu

 

 

Chère Martine,

 

J'ai lu avec étonnement la lettre dans laquelle tu m'adresses tes amitiés et m'enjoins... de me taire ou de quitter le Parti socialiste.

 

[Ces gens-là, je l’ai appris à mes dépens, sont parfois fort aimables. On ne peut s’étonner, mon cher ami, de lire dans la même lettre : « Casse-toi pauv’con. Bien amicalement ». Ces mots-là sont devenus, par suite d’une inflation croissante dans la civilité citoyenne, des formules vides. A votre place, Monsieur Valls (oui, moi je vouvoie et je n’oserais pas appeler quelqu’un qui ne m’a pas été présenté par son prénom. Des restes, sans doute, de l’ère René Coty…) ; donc, disais-je, à votre place j’aurais demandé à « chère Martine » de quel « Parti socialiste » elle voulait parler. Le sien 50% ou celui de Madame Royal 50% qui n’a plus le droit à la parole non plus].

 

J'ai conscience des difficultés de ton rôle et de sa part ingrate. Personne n'a oublié les circonstances exceptionnelles de notre dernier congrès. Beaucoup de forces se sont alors mobilisées pour étouffer l'indispensable démarche de rénovation. Après le désastre électoral du 7 juin dernier, je ne suis pas étonné que ces mêmes forces te demandent aujourd'hui d'imposer le silence dans les rangs.

 

[En réalité, ni Madame Aubry ni « l’appareil » n’ont rien compris à ce que vous appelez à juste titre un « désastre ». Car c’en est un ! Non pas tant parce que la majorité reste majoritaire contre toute attente ; mais parce que les votants qui eussent dû voter pour l’opposition, ont préféré devant le vide sidéral qui s’offrait à leur appréciation, s’abstenir. Nous sommes passés, en quelques mois, du tout sauf Sarkozy, au tout sauf Royal, et aujourd’hui du tout sauf Royal au tout sauf Aubry. Quant à imposer le silence dans les rangs, la dame en question y réussira d’autant mieux que les dits rangs seront de plus en plus clairsemés. On a crié à la trahison pour Besson ; on a moins crié pour Strauss-Kahn ; encore moins pour Kouchner ; presque plus pour Mélenchon ; plus du tout pour le neveu Mitterrand. C’est tout juste si nous n’allons pas nous demander bientôt ce que vous faites encore dans ce panier de crabes].  

 

Je suis surpris, par contre, par la méthode. Pourquoi avoir transmis simultanément ta lettre à la rédaction du Parisien ? L'objectif affiché par ton courrier n'est-il pas de clore l'ensemble de nos débats à l'abri des huis clos ? L'urgence était-elle donc telle qu'il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d'une récente initiative épistolaire à l'attention des autres partis de gauche ?

 

[La preuve, s’il en était besoin, que la presse aux ordres de Sarkozy peut aussi être aux ordres de tout ce qu’on a institutionnalisé. Mais il est vrai que les huis clos sont particulièrement malhonnêtes dans leur forme et dans leur substance. Comme le dit l’avocat général de l’affaire « Fofana » : "Les défenseurs révèlent tout ce qui se passe en audience et que la loi m'interdit de dévoiler". Alors, soyons sérieux, ouvrez vos portes. On ne sera pas obligés d’y coller nos oreilles au risque de déformer les propos des uns et des autres. Quand on veut appeler les électeurs à voter pour vous, on ne leur ferme pas la porte au nez, surtout après avoir convoqué la presse… Oui, Madame, encore la presse…]

 

Mais je veux te répondre sur l'essentiel.

 

Tu me soupçonnes « d'espérer la fin du Parti socialiste ». J'y suis rentré à l'âge de 18 ans et j'y consacre ma vie. Sans jamais renoncer à mes convictions, j'y ai exercé de multiples responsabilités et j'en suis l'élu depuis 1986. Et contrairement à certains qui s'érigent aujourd'hui en grands sages, j'ai toujours respecté, quoiqu'il ait pu m'en coûter, le choix des militants et les règles de vote de notre groupe parlementaire dont je suis aussi l'un des animateurs.

 

[Une petite divergence, Monsieur Valls, pas grave, mais tout de même. Vous n’êtes pas là pour les militants, mais pour les gens normaux, qui, pour certains, ne demandent qu’à être sympathisants et votants, pour peu qu’on leur offre une autre perspective plus efficace et plus réjouissante. J’ai la nette impression qu’entre les militants, dont je connais un assez grand nombre, et la vox populi, il y a désormais un fossé qui a tendance à s’élargir. Si vous saviez ce que le vulgaire, au sens voltairien, pense des Hollande, des Delanoë, des Fabius, and co, et d’Aubry qu'ils couvent et qui les couve, vous en seriez le premier épouvanté. Comment le leur dire autrement que par nos votes ou nos absences de votes : "ON NE VEUT PLUS DE VOUS !!!" Est-ce assez clair ? Sont-ce eux que vous appelez les « grands sages » ? Vous galéjez, Monsieur, vous galéjez ! En tout cas, que vous espériez la fin de ce Parti socialiste-là, vous n’êtes ni le premier ni le seul. La France entière sait aujourd’hui qu’Hollande a préféré torpiller la gauche, avec la complicité de ses "amis",  plutôt que de laisser sa compagne bafouée aux commandes de l’Etat. Et il n'a même pas honte !]

 

Ton procès d'intention relève donc, au mieux, de la désinformation et, au pire, de l'insulte. S'il y a une chose dont j'espère la fin, ce n'est pas celle d'une formation qui garde encore l'honneur d'être le pivot de la gauche ; c'est celle d'une machine à perdre qui détruit l'espoir mis par nos concitoyens dans le progrès social.

 

[C’est à peu près l’idée que je viens d’expliciter. A ceci près : l’insulte est l’arme des faibles. On n’insulte pas ses adversaires et encore moins ses amis rivaux quand on est sûr de soi.]

 

Tu affirmes que notre « parti s'est remis au travail, s'est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes » depuis le congrès de Reims. Malgré un dévouement et une bonne volonté  que je ne mets pas en cause, force est pourtant de constater, pour l'heure, que ce travail et ces propositions n'ont pas convaincu nos compatriotes. Je suis frappé que tu n'évoques nulle part, dans ta lettre, les résultats du scrutin européen. Pourquoi un tel déni ? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour justifier un tel refoulement ?

 

[Ah bon ? De quel « travail » s’agit-il ? Cette fois le huis clos a été on ne peut mieux préservé. A part quelques manœuvres politiciennes pour caser ou pour casser tel ou tel, pour ma part je n’ai vu aucune avancée perceptible sur la voie des projets, programmes, réformes, etc. J’ai surtout entendu Madame Aubry répondre à un journaliste qui osait évoquer son départ quelque chose comme :  « Avez-vous entendu une seule voix de militant qui me mettait en cause ? » Ben oui, les militants, toujours les militants ! Mais qu’est-ce qu’on leur promet donc à vos militants pour qu’ils pensent précisément à l’envers de tout le monde ? A moins qu'on leur fasse dire n'importe quoi ! Faute de primaires...]

 

Il est vain de m'accuser qu'« il n'y a pas un jour, où [je] n'explique [...] que notre parti est en crise profonde ». La crise de notre parti – qui est aussi celle de la social-démocratie européenne – n'est pas de mon fait ; elle a été établie et sanctionnée par nos concitoyens eux-mêmes lors de toutes les échéances électorales majeures depuis 2002. Et si cette vérité dérange notre confort et nos certitudes, je prendrai toujours le risque, pour ma part – et avec bien d'autres – de l'assumer. Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l'aveuglement. C'est un choix éthique qui relève de ma conscience et qui donne sens à mon engagement. Je te confirme donc que mes propos reflètent bien ma pensée !

 

[Si vous allez jusqu’au bout de ce discours, M. Manuel Valls, que vous le concrétisez sans concession ni connivences d’aucune sorte, je suis prêt, comme des centaines de milliers d’autres, à vous suivre. Il vous faudra un courage inouï, vous en rendez-vous compte ? Mais si vous passez ce cap, vous serez mûr pour 2012. Si vous saviez ce qu'a enduré François Mitterrand avant de parvenir à ses fins ! Vous le savez ? Etes-vous prêt à subir la même expérience et vous en sentez-vous l'étoffe ? Oui ? Alors, foncez lentement !]

 

Il est également malhonnête de sous-entendre que je réserve ma parole « aux médias ». Avec une égale constance, je m'exprime à l'intérieur comme à l'extérieur de notre parti. Et si cette parole rencontre davantage d'écho hors les murs, c'est qu'elle entre en résonance avec des aspirations et des interrogations que l'on voudrait bien étouffer.

 

[C’est exactement ce que je tentais d’expliquer supra. D’ailleurs, Madame Aubry a-t-elle eu autant de scrupules quand il s’est agi d’aller se faire revernir les souliers chez Drucker, l'ami du genre humain ? Une émission qui valait son pesant de cacahuètes. A conserver précieusement dans sa vidéothèque !! Même Jacques Delors, pour lequel j’ai une admiration indéfectible, m’a semblé aussi lourd que le plat concocté par les talents culinaires d’un copain de Papy Jean-Pierre. Le meilleur du meilleur, la pommade au litre : «  Ah ! Martine ! Quel dommage que vous ne soyez pas comme vous êtes là avec nous ! Enjouée, sympathique, dynamique ». Autrement dit : « Arrêtez de faire la gueule et de jouer les dominatrices à l'extérieur. Ca fait du tort à votre carrière ! » Alors, juste un mot, Monsieur Valls : continuez à parler sur les ondes. Avec ou sans le sourire, on s’en fout !]   

 

…/…

…/…

[Jamais aimé les points de suspension à la Anastasie. C’est toujours un peu gênant. Mais je crois qu’ici, il s’agit uniquement de tourner la page, au sens le plus propre qui soit].

 

Ma chère Martine, tu l'auras compris, je ne renoncerai donc jamais à l'ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche – d'autant que je suis convaincu que nous pouvons gagner en 2012 et battre Nicolas Sarkozy. A travers mes ouvrages et mon expression publique, sans vouloir imposer une vérité, je me place toujours sur le terrain des idées et des propositions : école, retraites, sécurité, culture, entreprise, nouvelle ville...

 

[Sans commentaire. Je me déclare humblement ignorant. Encore une fois, je ne suis pas militant et au prix où sont les livres, j’achète autre chose que du Sarko, du Jospin ou même du Royal. Tant qu’à faire, j’ai dans ma bibliothèque du De Gaulle, du Pompidou, du Mitterrand et du Robert Buron. Peut-être achèterai-je du Valls ? J'y crois parce qu'il faut bien croire à quelqu'un. ]

 

C'est cet effort que j'ai souhaité amplifier – et je tiens à t'adresser, une nouvelle fois, mon intervention faite le mois dernier au Théâtre Michel ; et c'est cet effort que j'entends bien poursuivre au cours des prochaines années en m'appuyant sur l'expérience de nos élus locaux, la générosité de nos militants, l'attente de nos sympathisants et aussi sur les travaux de nos clubs de réflexions.

 

[Paragraphe peu convaincant, Monsieur Valls. A-t-on le droit de procéder à la substitution suivante : « à la générosité de nos sympathisants, à l’attente de nos militants » ? Les clubs de réflexions citoyennes : enfin quelque chose qui ressemble à du socialisme !]

 

Oui, pour redonner une envie de gauche, je pense qu'il faut transformer profondément notre formation, l'ouvrir réellement à la société et être clair sur des alliances qui ne doivent pas être déterminées au cas par cas.

 

[Tout à fait d’accord ! Marre d’un socialisme blafard légèrement verdi à la sauce Bendit-Doc-Honoris-Causa cru bourgeois numéroté millésimé 1968, rosi au colorant Mélenchon-Buffet-facteur-cycliste de Neuilly-sur-Seine. Madame Royal a raison : l’avenir c’est Bayrou et le Modem, pas le PCF ni l’extrême gauche ni les arroseurs de plantes vertes en pots recyclés]

 

L'idée selon laquelle un parti peut être à lui-seul porteur d'un projet clé en main pour transformer la société est aujourd'hui dépassée. Son action est désormais plus horizontale que verticale à l'instar de la révolution internet. La mise en place de primaires s'inscrit parfaitement dans cette évolution. A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti.

 

[Mes commentaires confirment en tous points vos dires. Ceux et celles qui me connaissent pour venir me voir régulièrement savent que je suis catholique pratiquant, ami des moines de Solesmes, et pourtant de gauche, mais pas de celle d’Aubry et de ses courtisans. Pas facile à tenir comme position ? Comme la plupart des Français, je n’ai d'autre position politique que celle de mes intérêts et ceux de ma famille. On reproche aux politiques leur opportunisme ; il faudrait aussi le reprocher au Français moyen…]

 

Pour la gauche, l'urgence est de redessiner, avec les Français, une perspective qui suscite, à nouveau, l’espérance. En partant de notre traditionnelle ligne de clivage avec la droite – l'appréciation différente de l'origine des inégalités entre les hommes – je m'efforcerai, avec tous ceux qui voudront en faire l'effort, de jeter les bases d'un nouveau modèle de développement pour le 21ème siècle. Donner à chaque individu les moyens de son autonomie devrait devenir la nouvelle frontière de la gauche.

 

[Bon ! On attend franchement mieux. Ca sonne l’idéologie creuse, les bonnes résolutions du jour de l'an. On veut du concret Monsieur Valls, pas de la parlote style remise des prix à la rosière. Parce que j’ai décidé de vous faire confiance, je ne vous dirai qu’une seule chose, sans méchanceté : ce paragraphe sent la conclusion bâclée, rédigée à la hâte sur un coin de la table de la cuisine avant d’aller au boulot. Aucun intérêt, autre que stylistique, et encore !]

 

« Je me révolte donc nous sommes » disait Albert Camus. Par cette formule, il établissait une dialectique originale entre l'individuel et le collectif. J'espère que tu pourras aussi y voir, comme moi, une source d'encouragement et d'espoir.

 

[Bien la référence à Camus ! Faites parler les intellectuels, les vrais s’il en reste. Ces gens-là aussi ont des choses à dire. Pas d’accord du tout avec votre définition de la dialectique : tout acte de pensée ne peut être qu’individuel. De Gaulle était individualiste ; Mitterrand était individualiste. Alors que Sarkozy est prisonnier d’une caste ; Aubry d’une troupe d’éléphants en perdition. Soyez et demeurez Valls. La discipline de parti est un leurre. Les voyez-vous, les deux premiers précités, aller demander au parti ce qu'il faut dire et faire ?]

 

Et puisque tu me sommes de donner une réponse claire à ton ultimatum, je t'informe que j'entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes valeurs.

 

[On verra bien. Je vous souhaite de ne pas être trop vite excommunié par l’équipe en place. Ils ont un os à roucher, comme on dit dans la Mayenne, ils ne le lâcheront pas de sitôt et sans violence. C'est que c'est méchant une bête qu'on agace au moment de la pâtée !]

 

Avec toute mon amitié,

 

 

Manuel VALLS

Député de l'Essonne, Maire d'Évry

 

Les commentaires joints n’engagent pas Monsieur Valls, que je ne connais pas.

 

A bientôt, les amis

 

Bernard Bonnejean

 

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Hommage posthume

Publié le par Bernard Bonnejean

à Victor Hugo

Vous croyez que je ne vous entends pas ? : « Honteuse provocation ! Le monde entier fait bloc autour de la dépouille de Michael Jackson, et lui, il nous fait la rubrique nécrologique de Victor Hugo ! »


Je suis obligé de vous l’avouer : alors que les Nippons de Tokyo, en pleurs, se massaient devant la Tower Records de Shibuya pour se goberger de clips du « roi de la pop » ; que les Australiens de Melbourne et de Sydney les imitaient à l’instar des Chinois de Hong Kong ;  que des centaines de millions de personnes écoutaient un message de Nelson Mandela au Staples Center de Los Angeles ; que des privilégiés avaient l’honneur insigne de suivre la dépouille enfermée dans un cercueil doré à l’or fin lui-même enfermé dans une limousine noire jusqu’au cimetière de Forest Lawn d’Hollywood ; que partout, sur les cinq continents, à Paris, à Berlin, en Roumanie, au Chili, à Krindjabo, la capitale du royaume de Sanwa, principauté de Côte d’Ivoire dont le chanteur était le prince depuis 1992 ; je, soussigné Bernard Bonnejean, regardais un film noir avec Robert Mitchum sur Cinépolar. Outre que mon blog rank, déjà faible, risque de suivre le CAC40 de ces derniers jours, ma réputation, je le crains, est à jamais ternie.


Et c’est là précisément qu’intervient Victor Hugo. J’aimais bien Michael Jackson ; je ne détestais pas Victor Hugo ; mais, trop c’est trop ! Je trouve tout aussi insupportable

 

 

ÇA

 Funérailles de Hugo

 


qu’indécent

 

ÇA

Le cercueil de Michael Jackson (Sipa)

Le cercueil de Michael Jackson (Sipa)

 

 


Vous me taxerez de mesquinerie, de jalousie, d’incivilité, d’irrespect.

 


C’est Léon Daudet qui répondra à ma place. Le terrible Léon Daudet, fils d’Alphonse, antisémite, maurassien d’extrême-droite, odieux, vindicatif, qui a payé très cher sa libre parole par l’assassinat de son fils. Inutile de vous dire que les funérailles grandioses du père Hugo, rapportées par ce témoin direct, ne ressemblent pas du tout à ce qu’on apprend à l’école. C’est précisément pour cette raison que je voudrais que vous en preniez connaissance.


Si Internet sert à recopier bêtement les versions officielles serinées depuis des lustres par des professeurs institutionnels, où est l’utilité ? Assez parlé ! Place à une vérité qu’à mon avis vous ne devriez pas trop vite nier au bénéfice de l’autre :


Enfin ce fut le jour des funérailles. Il faisait un temps beau et tiède. Une première série de discours furent prononcés place de l’Etoile, avant la levée du corps. Charles Floquet, tête de basochien copiant à la fois Mirabeau et Robespierre, se carra prétentieusement dans la tribune improvisée. Son creux topo commençait par ces mots : « Sous cette voûte constellé..e » L’imbécile faisait sonner les deux
e de « constellée » comme au Conservatoire. Lockroy rappela à cette occasion, la définition de Gambetta : « Floquet, un dindon qui a une plume de paon dans le derrière. » Le seul convenable fut [Emile] Augier, très « grand bourgeois », de fière attitude, et lançant d’une voix formidable : « Ce n’est pas un (je ne sais plus quoi)…, c’est un sacre. » Puis la musique de la garde républicaine attaqua la marche de Chopin, qui est la moins belle et la plus théâtrale de toutes les compositions symphoniques du même ordre. Lentement, derrière le corbillard des pauvres, qu’avait orgueilleusement revendiqué le poète millionnaire, l’immense défilé se mit en route. Georges Hugo, isolé, marchait en avant. Venaient ensuite pêle-mêle les amis de la famille et les familiers de la maison, dont j’étais, les dignitaires du régime, ministres en exercice, poètes, écrivains, journalistes, etc.  Les sociétés fermaient le cortège. Il y en avait de baroques, portant des bannières couvertes d’inscriptions grotesques, maçonniques surtout, représentant des groupes de libre pensée de ville et de quartier. Hugo, suivant la formule grandiloquente de son testament spirituel, « refusait l’oraison de toutes les églises, mais demandait une prière à toutes les âmes. »

Non seulement la foule encombrait les trottoirs ; mais encore les fenêtres étaient garnies, sur tout le parcours, de plusieurs rangs de spectateurs. Il y avait du monde jusque sur les toits. […]

Au Panthéon, les discours recommencèrent, encore plus insignifiants qu’à l’Arc de triomphe, quelques-uns tout à fait stupides. Puis au son du très médiocre Hymne à Victor Hugo de Saint-Saëns, qui a eu, heureusement pour lui, des inspirations meilleures, on déposa enfin, après tant de pérégrinations, la dépouille du poète en son dernier séjour : une crypte froide, où la gloire est représentée par un écho que fait admirer le gardien. […]

La cérémonie était achevée. Il faisait grand-soif. Nous allâmes boire au café de la Rotonde, place de l’Observatoire, mon père, Zola, Goncourt, Céard et quelques autres. C’est là que l’historien des Rougon-Macquart, après un long moment de silence, tint ce propos édifiant : « Me voilà soulagé d’un grand poids. Ce vieux me gênait depuis son anniversaire, là-bas, dans sa petite maison au bout de son avenue. Maintenant il ne me gênera plus. Vous n’aviez pas cette sensation-là, vous Daudet ? »

  

Alphonse Daudet, en souriant, répondit que non, qu’il n’avait pas cette sensation-là.

« Ah, f’est étrange… Comme f’est curieux, mon bon, les différences d’impression ! »


Léon Daudet, Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux, « Fantômes et vivants », Paris, Nouvelle Librairie nationale, 1914.


« Au fait, il s’appelait comment votre film ?

— Excusez-moi mais je n’ai aucune mémoire des titres.

— Et ça finissait bien ?

— Je ne sais pas, je me suis endormi avant ».

 

A bientôt les amis,


Bernard Bonnejean

 

 

 

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La Prose du transsibérien (version très abrégée statufiée expurgée)

Publié le par Bernard Bonnejean

ou de la petite Jehanne de France

 

Hommage à Blaise Cendrars
écrivain suisse naturalisé français
à Sonia Delaunay
juive russe
et aux statues de Jeanne d'Arc
lorraine donc pas française non plus


Cover of La prose du Transsibérien
et de la Petite Jehanne de France
1913


 

 

Sonia Delaunay-Terk
Cover wrapper, for the book La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France (Paris: Editions des Hommes Nouveaux, 1913)


View Full Catalog Record Below


Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, la [Blaise Cendrars], poème-tableau de Blaise Cendrars, publié dans un format inédit en 1913. Le texte était accompagné des couleurs du peintre Sonia Delaunay et l’ouvrage — « premier livre simultané » — mesurait deux mètres de long une fois déplié (une partie est exposée au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, à Paris).
" Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? "

Oui, nous le sommes, nous le sommes
Tous les boucs émissaires ont crevé dans ce désert
Entends les sonnailles de ce troupeau galeux
Tomsk
Tchéliabinsk Kainsk Obi Taïchet Verkné Oudinsk
Kourgane Samara Pensa-Toulone
La mort en Mandchourie
est notre débarcadère est notre dernier repaire
Ce voyage est terrible
Hier matin
Ivan Oulitch avait les cheveux blancs
et Kolia Nicolaï Ivanovitch se ronge les doigts
depuis quinze jours...

 

 

 

 

 

Jeanne d'Arc, Paris, Tuileries.

 

© Jean-Claude

 

 

 

Elle dort
Et de toutes les heures du monde
elle n'en a pas gobé une seule
Tous les visages entrevus dans les gares
toutes les horloges
L'heure de Paris l'heure de Berlin
l'heure de St Pétersbourg et l'heure de toutes les gares
Et à Oufa, le visage ensanglanté du canonnier
et le cadran bêtement lumineux de Grocho
Et l'avance perpétuelle du train
Tous les matins on met les montres à l'heure
Le train avance et le soleil retarde
Rien n'y fait, j'entends les cloches sonores
Le gros bourdon de Notre-Dame

La cloche aigrelette du Louvre qui sonna la Barthélemy
Les carillons rouillés de Bruges-la-Morte
Les sonneries électriques de la bibliothèque
de New-York
Les campagnes de Venise
Et les cloches de Moscou, l'horloge de la Porte-Rouge
qui me comptait les heures quand j'étais dans un bureau
Et mes souvenirs
Le train tonne sur les plaques tournantes
Le train roule
Un gramophone grasseye une marche tzigane
et le monde, comme l'horloge du quartier juif de Prague,
tourne éperdument à rebours.




Jeanne d'Arc, Beaugency.

©   Imagier net

 



Effeuille la rose des vents
Voici que bruissent les orages déchaînés
Les trains roulent en tourbillon sur les réseaux enchevêtrés
Bilboquets diaboliques
Il y a des trains qui ne se rencontrent jamais
D'autres se perdent en route
Les chefs de gare jouent aux échecs
Tric - trac
Billard Caramboles Paraboles
La voie ferrée est une nouvelle géométrie
Syracuse Archimède
Et les soldats qui l'égorgèrent
Et les galères et les vaisseaux
Et les engins prodigieux qu'il inventa
Et toutes les tueries
L'histoire antique
L'histoire moderne
Les tourbillons
Les naufrages
Même celui du Titanic que j'ai lu dans le journal
Autant d'images - associations
que je ne peux pas développer dans mes vers
Car je suis encore fort mauvais poète
Car l'univers me déborde
Car j'ai négligé de m'assurer
contre les accidents de chemin de fer
Car je ne sais pas aller jusqu'au bout
Et j'ai peur.


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Jeanne d'Arc, Rouen, Tuileries.

©   muad-statues

 

 

 

J'ai peur
Je ne sais pas aller jusqu'au bout
Comme mon ami Chagall
je pourrais faire une série de tableaux déments
mais je n'ai pas pris de notes en voyage
" Pardonnez-moi mon ignorance
Pardonnez-moi de ne plus connaître
l'ancien jeu des vers "
comme dit Guillaume Apollinaire
Tout ce qui concerne la guerre
on peut le lire dans les Mémoires de Kouropatkine
ou dans les journaux japonais
qui sont aussi cruellement illustrés
A quoi bon me documenter
Je m'abandonne
aux sursauts de ma mémoire...

 

 


The last section of La prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France featuring the Eiffel Tower, 1913


A bientôt, les amis

Bernard Bonnejean

 

 

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