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53 articles avec vie en societe

LE SENS DE LA DISCIPLINE

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Le radeau de la Méduse de GéricaultÀ l’instant je viens de quitter la 6. Et une émission assez intéressante concernant les relations humaines. Le thème en est simple : les gérants d’un restaurant, pour des raisons qu’ils savent et d’autres qui leur échappent, ne s’en sortent plus. Rien ne va plus comme ils le voudraient. Et, comme chaque fois dans ce genre de situation, chacun rejette la responsabilité sur l’autre : le chef sur ses aides et sur le responsable de la salle, les serveurs sur le personnel de cuisine. Comme tous les mauvais ouvriers, on accuse la vétusté du matériel et son inadaptation aux réalisations optimales dont on se sait encore capable, l’entêtement du cuisinier obtus refusant d'entendre raison, la mollesse de la patronne et son incompétence à se faire respecter quand ce n’est pas l’impuissance d’une clientèle à reconnaître le meilleur du bon. Car les responsables de l’émission ne sont pas assez idiots pour espérer tirer un rafiot du naufrage. Il s’agit bien de sauver le navire en parfait état de marche, même si la voilure demande quelques petites réparations et les chromes un bon coup d’huile de coude pour étinceler comme au premier jour. En résumé, tout est paré pour un bon fonctionnement et pourtant rien ne va.

 

 

Philippe Etchebest Cauchemar en cuisineAfin de sauver le bâtiment, on fait intervenir Philippe Etchebest, meilleur ouvrier de France en 2000, deux étoiles Michelin à l'Hostellerie de Plaisance de Saint-Émilion. Le réalisateur de l’émission exagère à peine lorsqu’il l’intitule Cauchemar en cuisine. Le téléspectateur est contraint d’assister à une immonde pagaille à l’arrivée du « chef Philippe » et je ne crois pas être naïf lorsque je communie par empathie aux souffrances de tous ces professionnels complètement dépassés, un peu humiliés d’offrir un tel spectacle. C’est qu’il doit être humiliant pour un patron et pour ses ouvriers de montrer une telle déconfiture à un pair qui, lui, a réussi et auquel il faut tout dire et tout confesser. Le rétablissement est à ce prix. Il ne s’agit plus de faire semblant mais de se révéler, tel qu’en soi-même et confronté au groupe, avec toutes ses faiblesses et ses manquements causes du désastre actuel.

 

 

 

 

Je suis toujours étonné, pour ma part, de voir comme il est aisé de redevenir un enfant docile quand tout va part à vau l'eau. Après les mouvements attendus contre l’intrus, la petite troupe en capilotade se liquéfie littéralement, parfois même jusqu'aux larmes et pas seulement les femmes mais aussi ce patron taillé en armoire. L’instant d’avant il hurlait ses ordres à des apprentis désabusés voire amusés. Reste au chef Philippe à établir le constat. On lui propose le défi suivant : « Voilà qui je suis, ce que je suis, ce que je suis supposé faire, ce que je fais réellement mais aussi ce dont je suis capable pour peu que vous trouviez la bonne clé pour la bonne porte. À vous de jouer ». Au bout de quelques heures, le lâcher-prise devient inévitable et l’abandon succède aux hurlements, aux disputes, aux abus d’autorité et aux révoltes consécutives. Après le sursaut d’orgueil, l’anéantissement – ce que les théologiens appellent la kénose – puis la reconstruction. C’est autour du chef étoilé de redistribuer les cartes, de rendre à chacun sa véritable place grâce à une nouvelle installation dans sa mission véritable, dévoyée par un dérèglement qui s’est développé au fil du temps. Au bout d’un processus pervers, le désordre a fait figure d’ordre nouveau et on a cru anormal ce qui aurait dû être le prélude obligé à toute l’organisation. Et le fait est qu’au bout de quelques séances, de quelques services en l’occurrence, la machine redémarre de plus belle.

 

 

 

 

Affiche pour l'autogestionJ’ai tenté pour ma part de faire le bilan moral et philosophique de cette saine entreprise. D’une part, j’ai pu constater une nouvelle fois, sans surprise aucune, que rien en ce monde ne pouvait se faire sans l’autorité d’un seul. Démultiplier cette force dont certains individus héritent pratiquement dès la naissance est une gabegie qui l’affaiblit en même temps qu’elle prive le corps social. Le XXème siècle occidental a parfois cru, à la suite d’un Michel Rocard, par exemple, lorsqu’il était à la tête du PSU, à de nouveaux modes de gouvernement. Employés et ouvriers se sont émerveillés au doux rêve de la « deuxième gauche » : l’autogestion et ses deux vérités-sources, la suppression de toute distinction entre dirigeants et dirigés et l’affirmation de l’aptitude des humains, sans aucune espèce de distinction, à s’organiser sans dirigeant. Autrement dit, l’une des constantes du mouvement anarchiste au service du socialisme. Peut-on affirmer que l’autogestion a été plusieurs fois mise en œuvre ? : était-ce vraiment le fondement de la Commune de Paris ? Est-il vrai que la Russie soviétique de la révolution d’octobre 1917 s’en est inspirée ? Qu’elle fit les beaux jours de la République espagnole de 1936 à 1938 ? Que le Maréchal Tito la fit appliquer après l’avoir inscrite dans la constitution yougoslave ? Qu’aussi bien les Israéliens des kibboutz que les Algériens décolonisés l’ont tentée ? On ne peut encore l’affirmer aujourd’hui sans susciter le débat. Pour ma part, je reste convaincu qu’il ne saurait y avoir d’organisation politique, économique et sociale solide et stable sans l’autorité d’un chef.

 

 

 

 

Il est permis d'obéirD’autre part, il me semble qu’il est impossible à un individu d’exercer son autorité sans avoir auparavant appris à obéir. Le pouvoir ne peut être une vertu sans la vertu d’obéissance. Un maître est toujours un ancien apprenti ou un ancien disciple. Il ne détient son pouvoir qu’à l’issue d’une éducation où on l’a « élevé ». Il a donc appris d’un magistère ses compétences, son savoir, le développement et la direction de ses aptitudes de chef. Pour en revenir à notre restaurant, l’influence considérable qu’exerce Philippe Etchebest sur toute l’équipe lui est conférée autant par son savoir acquis, son expérience professionnelle, ses compétences que par ce don inné qui fait de lui un grand chef. Cependant, cette autorité ne peut tenir sans discipline car si l’autorité fait le chef, c’est la discipline qui le maintient.

 

 

 

 

Pourtant ce n’est pas là-dessus que j’entends rester après le visionnage de cette émission. Au terme du processus désordre > défaite > risque de faillite > appel à l’aide > autorité > discipline > retour à l’ordre, il m’a semblé que le chef girondin apportait un supplément nécessaire. Lorsque son autorité n’a plus subi de réaction hostile, qu’elle s’est révélée durablement installée, non pas infaillible mais plutôt irréprochable, il s’est tout à coup transformé en ami. Autrement dit, au rapport de maître à « élève », il a progressivement ajouté une dimension affective qu’il n’aurait pu instaurer avant. Je traduirai ceci par une autre règle : pas d’autorité sans amour. Il ne s’agit pas de paternalisme, condamné par les syndicats au XIXème siècle, parce que le paternalisme est un instrument de pouvoir, voire de domination. Il s’agit bien d’un sentiment noble d’amour qui rappelle que patron et père sont deux mots issus du même étymon latin pater qui désigne « le père ». C’est en ce sens qu’il faut comprendre les dénominations « saint patron » ou encore « le père de la patrie ».

 

 

 

 

Or, peut-on imaginer un père sans autorité ? Pas plus qu’il serait aisé de concevoir l’image d’un père sans amour.

 

 

 

 

A bientôt

 

 

 

 

Bernard Bonnejean

 

 

LE SENS DE LA DISCIPLINE

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LE BERGER QUI CRIAIT AU LOUP !

Publié le par Bernard Bonnejean

LE BERGER QUI CRIAIT AU  LOUP !

LE BERGER QUI CRIAIT AU LOUP !
d’après Esope…

(du danger des fausses alertes à cause desquelles a brûlé, notamment, le Parlement de Bretagne et... quelques gens ; dédié au gérant de l'hôtel Ibis-Budget de Garonor-Le-Bourget, de ses supérieurs hiérarchiques et des actionnaires du Groupe ACCOR)

Il était une fois un jeune berger qui gardait tous les moutons des habitants de son village. Certains jours, la vie sur la colline était agréable et le temps passait vite. Mais parfois, le jeune homme s’ennuyait.

Un jour qu’il s’ennuyait particulièrement, il grimpa sur la colline qui dominait le village et il hurla : « Au loup ! Un loup dévore le troupeau ! »

A ces mots, les villageois bondirent hors de leurs maisons et grimpèrent sur la colline pour chasser le loup. Mais ils ne trouvèrent que le jeune garçon qui riait comme un fou de son bon tour. Ils rentrèrent chez eux très en colère, tandis que le berger retournait à ses moutons en riant toujours.

Environ une semaine plus tard, le jeune homme qui s’ennuyait de nouveau grimpa sur la colline et se remit à crier : « Au loup ! Un loup dévore le troupeau ! »

Une nouvelle fois, les villageois se précipitèrent pour le secourir. Mais point de loup, et rien que le berger qui se moquait d’eux. Furieux de s’être fait avoir une deuxième fois, ils redescendirent au village.

Le berger prit ainsi l’habitude de leur jouer régulièrement son tour… Et chaque fois, les villageois bondissaient sur la colline pour trouver un berger qui riait comme un fou !

Enfin, un soir d’hiver, alors que le berger rassemblait son troupeau pour le ramener à la bergerie, un vrai loup approcha des moutons…

Le berger eut grand peur. Ce loup semblait énorme, et lui n’avait que son bâton pour se défendre… Il se précipita sur la colline et hurla : « Au loup ! Un loup dévore le troupeau ! »

Mais pas un villageois ne bougea… « Encore une vieille farce ! dirent-ils tous. S’il y a un vrai loup, eh bien ! Qu’il mange ce menteur de berger ! »

Et c’est exactement ce que fit le loup !

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De quelle genre, la rumeur ?

Publié le par Bernard Bonnejean

 

L'identité sexuelle est-elle une construction sociale ?
ou les malheurs de Peillon 

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Une « rumeur », prétend le ministère de l’Éducation-peillon, serait à l’origine de l’absentéisme scolaire qui a frappé 200 écoles dans 15 départements le lundi 27 janvier 2014. Certains parents, alertés par Farida Belghoul, refusaient ainsi officiellement que leurs enfants soient les victimes d’une propagande de logiciens modernes, « inventeurs » ou diffuseurs de la « théorie du genre », appelée « gender » outre-atlantique d’où elle nous vient.


Qu’est-ce qu’une rumeur ? Une rumeur est « un phénomène de diffusion par tout moyen de communication formel ou informel d'une information dont la véracité est douteuse ou incertaine et suscitant en général un mécontentement. Par extension la rumeur est un mouvement de suspicion publique à l'encontre de quelqu'un ». Cette définition de La Toupie reprend ainsi celle du Larousse, beaucoup plus simple : « Nouvelle, bruit qui se répand dans le public, dont l'origine est inconnue ou incertaine et la véracité douteuse ».

Certes, il est inadmissible de faire croire que les « leçons » données aux bambins de maternelle comportent des exercices pratiques, notamment la masturbation. Comme j’ai eu l’occasion de le dire à mon amie Geneviève : c’est faire peu de cas de la responsabilité des enseignants que d’ajouter foi à de telles imbécillités. Passons très vite ! « L’instruction » de Farida Belghoul comporte une telle masse d’absurdités auxquelles ses partisans croient sans broncher qu’il n’est pas très surprenant que cette énormité ait trouvé un écho chez des disciples inconditionnels. Mais que le ministère par la voix de son ministre pousse des cris de vierge effarouchée prétendant qu’il ne s’agissait finalement que de favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes dès le plus jeune âge, voilà qui est vraiment d’une souveraine hypocrisie ! À moins qu’il ne s’agisse finalement que d’un énième dégonflage… Cette fois la palinodie frise la lâcheté. Ainsi, toutes les voix qui se sont élevées seraient celles d’odieux réactionnaires qui entendent laisser la femme dans un état de servitude confortable pour ses asservisseurs ? Pire : ils entendent ainsi lutter contre un idéal d'égalité entre les hommes et les femmes ! Pitreries mensongères à la Peillon, une fois de plus ! Renforcées par les mensonges éhontés de Najat Vallaud-Belkacem 

http://www.dailymotion.com/video/x1ajjkf_rumeurs-sur-le-genre-peillon-demande-de-convoquer-les-parents_news 

Voyons les faits ! De prestigieuses universités étatsuniennes se félicitent d’avoir introduit dans leur programme l’étude de Gender Trouble : Feminism and the Subversion of Identity de la féministe Judith Butler. Telle est la source de la « théorie du genre », aussi appelée « perspective du genre », ou tout simplement Gender. Butler y défend que le « genre est une construction culturelle ; par conséquent, il n’est pas le résultat du sexe et il n’est pas non plus déterminé comme le sexe ». À quel premier résultat aboutit-on ? « Le genre lui-même devient un artifice libre d’attaches ; “homme”et “masculin” pourraient désigner aussi bien un corps féminin qu’un corps masculin ; “femme” et “féminin”, autant un corps masculin qu’un corps féminin ». Poursuivons !

Le sommet de Pékin, en septembre 1995, fut l’occasion d’officialiser la « perspective du genre ». Son Comité directeur proposa la définition suivante : « Le genre se réfère aux relations hommes et femmes basées sur des rôles socialement définis que l’on assigne à l’un ou l’autre sexe ». Devant le danger d’incompréhension de certains délégués, Bella Abzug compléta ainsi cette définition : « Le sens du mot “genre” a évolué, se différenciant du mot “sexe” pour exprimer la réalité selon laquelle la situation et les rôles de la femme et de l’homme sont des constructions sociales sujettes à changements ». Partant de ce principe, il suffisait de conclure à « l’inexistence d’une essence féminine ou masculine » et par conséquent d’une « forme “naturelle” de sexualité humaine ». On découvrit alors que les « féministes du genre », enseignantes dans les Universités étatsuniennes, s’étaient armées de tout un arsenal définitoire pour imposer leur théorie :

- Hégémonie : dans ce contexte, désigne l’ensemble des concepts universellement acceptés comme naturels et qui sont en réalité des constructions sociales ;
- Déconstruction : tâche qui consiste à faire passer de l’hégémonie au constat de « construction sociale » ;

- Patriarchat : institutionnalisation du pouvoir de l’homme sur la femme ;

- Perversion polymorphe : le désir sexuel n’est pas le résultat d’une attraction naturelle pour le sexe opposé mais celui d’un conditionnement social ;

- Hétérosexualité obligatoire : un des principes pervers de l’hégémonie qui fait croire qu’il existe deux sexes qui s’attirent naturellement ;

- Orientation sexuelle : Toutes les formes de sexualité existent ;

- Homophobie : terme qui sous-entend que le préjugé contre les homosexuels plonge ses racines dans l’exaltation des tendances homosexuelles.

Le même cours intitulé « Ré-imaginer le genre » enseigné dans ce Collège américain précise qu’il est désormais inadmissible de devoir se contenter d’une « tolérance » du lesbianisme comme « style de vie différent » du fait que le genre n’est qu’une « construction sociale ».

Et la conclusion s’impose déjà à ce stade et l’on comprend mieux dans ce contexte pourquoi pour les socialistes hollandiens il fallait en passer par le mariage homosexuel et la déconstruction de la famille traditionnelle : « Le genre implique une classe et la classe présuppose l’inégalité. Lutter en priorité pour déconstruire le genre conduira beaucoup plus rapidement au but ».

La « théorie du genre », la déconstruction de la famille ne seraient-ils, finalement, que des principes marxistes complémentaires de celui de lutte des classes ? Tout s’éclaire. Il ne s’agit donc pas de se contenter d’une parité entre les hommes et les femmes. Christina Hoff Sommers, la première, dénonce cette outrance : « La féministe pour la parité [femmes-hommes] considère que les choses se sont bien améliorées pour la femme ; le « gender feminist » pense que les choses vont de mal en pis » (Interview accordée à « Faith and Freedom » en 1994).

Dale O’Leary, une des tenantes du « gender feminism »  montre bien qu’une fois éliminée la propriété privée, facilité le divorce, accepté l’illégitimité, éliminée aussi la religion (SIC !), le marxisme serait voué à l’échec si l’on se contentait de solutions économiques SANS S’ATTAQUER DIRECTEMENT À LA FAMILLE véritable cause des classes. La féministe Shulamith Firestone, elle, affirme péremptoirement : « L’objectif final de la révolution socialiste était non seulement d’en finir avec les privilèges de la classe économique, mais encore avec la distinction même qui existait entre les différentes classes économiques. Le but définitif de la révolution féministe doit être non seulement d’en finir avec le privilège masculin mais encore avec la distinction même des sexes : les différences génitales entre les êtres humains ne doivent plus avoir d’importance culturellement parlant » (The Dialectic of Sex, Bentam Books ; New York, 1970). 


Mais la nature, objecterez-vous. Firestone encore répond très facilement à cette objection : « Ce qui est “naturel” n’est pas nécessairement une valeur “humaine”. L’humanité a commencé à dépasser la nature ; nous ne pouvons plus justifier le prolongement d’un système discriminatoire de classes par sexes sur la base des origines. […] Il commence à devenir évident que nous devons nous en défaire » (Ibid.)

Toute différence “naturelle” entre les hommes et les femmes doit donc être niée dans cette guerre à la nature. Aussi ces « gender feminists » vont-ils en toute logique jusqu’à dénigrer la notion de « respect » autant que celle d’ « irrespect » car l’une comme l’autre participent de la même reconnaissance d’une différence !

Mais à quel stade de cette construction mentale, hautement politique finalement, intervient notre ministre Peillon. Bien sûr que c’est prévu, programmé, codifié. Le but des promoteurs de la « perspective de genre » est donc de parvenir à construire une société sans classe de sexe. Pour ça, il faut déconstruire un certain nombre de « stéréotypes » sur lesquels on a bâti nos sociétés : masculinité et féminité, relations familiales père, mère, mari et femme, professions ou occupations socialement attribuées, reproduction biologique fondée sur la différenciation sexuelle... Or, tout passe par l’éducation. Il convient donc, logiquement, de déconstruire aussi l’éducation. C’est ce que propose, entre autres, la présidente d’Islande, Vigdis Finnbogadottir : « L’éducation est une stratégie importante pour changer les préjugés concernant les rôles de l’homme et de la femme dans la société. La perspective du genre doit être intégrée aux programmes scolaires. Les stéréotypes doivent être éliminés dans les textes scolaires et les maîtres doivent veiller à ce que les petites filles et les petits garçons fassent un choix professionnel en toute connaissance de cause, et non sur la base de traditions prédéterminées en fonction du genre » (Conseil de l’Europe, « Equality and Democracy: Utopia or Challenge ? », 9 février 1995.

Alors, rumeur ou pas rumeur ? Le gouvernement a-t-il, oui ou non, tenté d’imposer la « théorie du genre » ou plutôt la « perspective du genre » aux familles françaises sous couvert de proposer à leurs petits une première ouverture sur la nécessité d’une égalité entre les hommes et les femmes ? À chacune, à chacun de se faire une opinion. Mais s’il appert que Peillon, par ailleurs propagandiste d’une religion républicaine nouvelle et irréligieuse, voire areligieuse, tente de détruire les fondements structurels et familiaux de notre pays, il faut qu’il sache que nous n’entendons pas nous laisser faire et que notre résistance sera mesurée à l’aune de son idéologie destructrice. Ni les accusations d’obscurantisme passéiste ni même celles  le visant, lui, personnellement ne sauraient modérer notre détermination. Oui au socialisme constructif, non au marxisme dévastateur !

Bernard Bonnejean


NOTA BENE 
:

Pendant des mois, en 2004-2005, l’éditeur Pierre TEQUI m’a confié la tâche de travailler à la traduction et au rewriting d’un ouvrage élaboré à partir des études du Conseil Pontifical pour la famille. Son titre répond bien à nos préoccupations d'aujourd'hui : Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques. La question était donc de savoir ce qui se cachait sous la terminologie technocratique choisie pour désigner des réalités masquées : acharnement thérapeutique vs euthanasie ; avortement vs interruption volontaire de grossesse ; libre choix etc. La « théorie du gender » y occupait les pages 559 à 595. Elles avaient été rédigées par Oscar Revoredo Alzamora, président péruvien de la 
« Commission ad hoc pour la femme », auteur notamment de Dangers et portée de l’idéologie du genre ; par Jutta Burggraf, Docteur en psychopédagogie et en théologie, professeur titulaire de la chaire d’anthropologie de l’« Institut académique international pour les Études sur le Mariage et la famille », auteur de nombreux ouvrages sur la femme et la famille ; et par Beatriz Vollmer de Colles, Docteur en philosophie, professeur à la Grégorienne de Rome et directrice du Département de philosophie à Caracas. Ce fut pour moi une entrée en matière assez fracassante. Ce Gender me parut à ce point farfelu que, passées les premières lignes des exposés, je demandais un rendez-vous à l’éditeur pour lui demander « s’il ne se moquait pas de moi ». Depuis, j’ai appris… 

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Le Monœil, Bulletin n° 3, Palmarès de novembre 2013

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Chers amis blogviewers,

 

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Le ®Monœil™ vous appartient désormais autant qu'à mes amis facebookiens et je m'en félicite. J'aimerais pourtant encore l'ouvrir davantage aux curieux et aux lecteurs d'over-blog. Je sais que la tâche sera rude. Vous qui êtes attachés à mes articles partagés au fil de ces années sur plusieurs communautés (les Zinzins d'over [la mienne] ; la Communauté Un Jour Un Poème ; Écrire c'est hurler en silence ; Humeurs, qui abritera le Monœil ; l'Île des Poètes Immortelles de ma très chère amie Samia ; Papierlibre et Résistance 2007), je sais combien vos choix sont exigeants. Vous entendez que les nôtres le soient également. Non seulement le choix de nos thèmes mais parfois jusqu'à celui de nos spécialités quand nous en avons.

Pourquoi demandé-je à un jeu apparemment inoffensif de figurer dans Humeurs ? Peut-être parce qu'il n'est pas si anodin qu'il en a l'air. Je pense que le Bulletin n°3 devait vous aider à le comprendre. Une brave dame me disait sur facebook n'avoir rien retiré de cette leçon du B. n° 3. Je crois reconnaître là une grande consommatrice du ®Monœil™ basique libéré de son substrat philosophique et idéologique. Je lui laisse volontiers l'entièreté de son point de vue. Si elle a retenu qu'il n'y avait rien à retenir, ce sera une leçon possible à tirer de mes explications.

Il me semble pourtant que les théories développées, depuis le drame des Atrides, de l'énigme du Sphinx jusqu'à l'aveuglement « volontaire » d'Œdipe, après la mort de Laïos et l'inceste avec Jocaste, pouvait conduire à ouvrir des perspectives plus fécondes sur les concepts de « connaissance » et de « reconnaissance » liés à la condition humaine, donc à l'humanisme véritable, celui qui refuse de considérer l'homme sans la transcendance. 

Aujourd'hui nous reviendrons à des considérations premières. Je vous propose tout simplement de jouer au ®Monœil™ à l'occasion de la publication des premiers palmarès (en cours). Rien de plus simple : rendez à César ce qui est à César, c'est-à-dire chaque œil à chaque propriétaire. Vous pourriez, peut-être, indiquer vos réponses en commentaires. Je vous promets, si vous êtes intéressés, de revenir résoudre les énigmes.

Voici le premier tableau synthétique : le patchwork de novembre 2013. Il sera suivi du patchwork de décembre, puis de la liste des gagnants avec les récompenses attribuées.

Le ®Monœil™

Patchwork de novembre 2013

Pachwork-novembre-jpg 


Reproduction strictement interdite. 

 

 Amusez-vous bien. Tel est mon plus cher désir

Le Grand Monœillade autoproclamé en exercice,

Bernard Bonnejean  

 


 

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Le Monœil : bulletins n° 1 et 2

Publié le par Bernard Bonnejean



LE ®MONŒIL™ NOUVEAU EST ARRIVÉ 

« À Monœil clair, clair onyx » 

 

ON LE PRESSENTAIT : quelque chose se préparait qu'on attendait d'autant moins que ce n'était absolument pas prévu. Ce fut la surprise totale à tous les niveaux de l'intelligentsia facebookienne toujours à l'affût d'une nouveauté décérébrante. Comme le Messie en cette période de Noël, « IL » venait affronter les perspicacités, nouveau-né triomphant parmi les bergers et les sages ou tel jadis Œdipe à qui la Shinge avait demandé, sournoise et belliqueuse :

Tί ἐστιν ὃ μίαν ἔχον φωνὴν τετράπουν καὶ δίπουν καὶ τρίπουν γίνεται ;

que l'on traduit communément en français par :

Quel est l'être qui marche sur quatre pattes au matin, sur deux à midi et sur trois le soir ? 

Œdipe qui n'était point sot avait résolu l'énigme en deux temps trois mouvements. Qu'on l'imagine hurlant la réponse après s'être gratté la tête tout heureux d'avoir pu clouer le bec au monstre qui persécutait les Thébains : 

L'homme !!!

Et, mauvais joueur, le Sphinx s'en alla tout piteux se suicider ! Quant à Œdipe, le dieu ne lui laissa pas assez de temps pour savourer sa victoire. S'il avait vécu, il aurait pu raconter cette aventure à ses petits-enfants sur le double mode glorieux/modeste :

Ça m'est venu comme ça, d'un coup ! Les autres ont voulu compliquer les choses à mon humble avis. En fait, oui, il ne pouvait s'agir que de l'homme qui, comme j'ai eu l'occasion de l'expliquer, quand il est enfant marche à quatre pattes, quand il est adulte, se tient sur ses deux jambes et vieux, a besoin d'une canne, sa troisième jambe, pour se tenir en équilibre. 

 

oedipe

INGRES (Jean-Auguste-Dominique), Œdipe et le Sphinx, 1808,

189 X 148, musée du Louvre, Paris.

Quelle tête, cet Œdipe ! Un destin tout tracé ! Au lieu de ça, il avait tué son père à un carrefour et épousé sa mère ! Incroyable ! De quoi alimenter les thèses des psychanalystes freudiens pendant des siècles. Remarquez bien que c'était loin d'être sa faute. S'il les avait reconnus, l'un et l'autre, pour ce qu'ils étaient vraiment, il n'aurait pas commis l'irréparable et n'aurait jamais eu à s'en mordre les doigts. Et à se crever l'œil. Car tel fut le premier châtiment qu'il s'imposa pour prix de son aveuglement — ou de sa lucidité. Était ainsi scellé le drame des Atrides, la descendance d'Atrée, dont Œdipe, l'homme, figure sans doute le représentant le plus accablé par les poètes et les tragiques hellènes.  

Chaque âge a son Œdipe... et ses Antigone. L'une d'entre elles témoigne ainsi de sa mission sur un forum Yahoo :

Œdipe ne voulait plus voir les charlatans avides de pouvoir et de sexe. 
Il ne voulait plus voir la tristesse dans les yeux des enfants et de certains délinquants. 
Il était pourtant roi ! Pourquoi n'est-il pas parti en croisade contre tous ces vices plutôt que d'entraîner sur la route ses enfants dont Antigone. 
Antigone a été à bonne école : elle a préféré mourir pour donner une sépulture à son connard de frère qui la méprisait. Une fois, elle lui a donné une fleur en plastique plutôt que d'épouser le futur roi Hémon et d'avoir un petit garçon avec lui, SON souhait le plus cher. En mourant, elle a entraîné dans la mort tous ceux qui l'aimaient et qu'elle aimait. 
Je ne suis pas la nouvelle Ève mais la nouvelle Antigone et je déclare ouverte la guerre aux vicieux et vicieuses de tout acabit et c'est eux qui ont intérêt à se suicider avant que je ne les atteigne. 

La nouvelle ANTIGONE.

Œdipe, Antigone, nouvelle Antigone, morts vaincus de ne plus accepter d'être borgnes ou de ne plus en être cernés, d'avoir voulu contre l'avis de tous, et peut-être contre leur propre instinct de conservation, ouvrir l'œil et le garder ouvert. Morts ? ou pleinement habités d'une utopie jusqu'au jour où s'installe une sorte de torpeur résignée, fruit, dit-on, de la maturité... 

Ont-ils été coupables — au moins responsables — d'avoir voulu porter le monde ou une part de sa vérité sans la permission d'une transcendance ? La question reviendrait à se poser la question de notre libre-arbitre. Le poète Maurice Fombeure y répond ainsi : 


Loisible à Dieu de nous donner des ailes, 
Loisible à Dieu de nous crever les yeux...


Ou de faire en sorte que nous nous les crevions ?  Voilà donc qu'en décembre dernier naissait sur Facebook un Œil nouveau qui se présenta aux consciences comme un jeu de la vérité, le jeu du ®Monœil™. Œdipe n'avait pas reconnu à temps ses père et mère, lesquels ne l'avaient point reconnu 
Le ®Monœil serait donc le jeu de la connaissance et de la reconnaissance. Il s'agirait finalement pour les participants de percer les énigmes de nouvelles sphinges, de reconnaître, par une reconstruction calquée sur la double figure de la synecdoque — la partie pour le tout ou le tout pour la partie — la personne, son identité, sous l'apparence trompeuse de son œil unique. Œdipe est mort de ne pas avoir reconnu son père (le tout) dans ce vieillard Laïos qu'il assassine (la partie), d'avoir couché avec la reine Jocaste (la partie), sa mère (le tout). Reconnaître dans un œil la totalité d'une personne connue et rendue méconnaissable, tel est le défi lancé aux joueurs de ®Monœil

Et au fil du temps, à ce jeu-là certains se sont révélés de nouveaux Œdipe, de nouvelles Antigone. Au point que j'ai décidé de les récompenser. Tel était le thème de ce Bulletin N° 1 du ®Monœil™ dont voici le fac-similé : 

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Et puis — ce n'était pas surprenant en un jeu fondé sur la reconnaissance et la connaissance — est venu le temps des révélations ! Sous la forme de vérités délivrées en bribes autonomes parvenues à l'état conscient grâce aux états semi-inconscients de la somnolence. À ceux qui doutent encore que l'inspiration est un phénomène psychologique, je laisse le soin de lire le Bulletin n°2 du ®Monœil™ dont l'objectif est d'expliquer l'établissement d'une règle à partir de données fournies par une activité mentale involontaire :

 

Bulletin du Monœil n° 2

du 5 janvier 2014 (publié le 6)


LE NOM DU JOUR ou LE MONŒIL DE BASSOMPIERRE

 

Chaque jour devrait porter un nom. Ce peut être le nom d’un saint ou d’une fête liturgique chrétienne, plus rarement d’une autre religion, ou encore le nom d’un événement passé, très rarement d’un évènement en cours de déroulement qui pourra donner plus tard son nom au jour anniversaire. Pour chacun de nous, un jour peut aussi porter un nom puisé dans notre chronologie personnelle.

 

Aujourd’hui, par exemple, nous sommes le 5 janvier. Outre que ce jour revêt une coloration particulière et spirituelle pour tous ceux qui s’efforcent de respecter le dimanche, appelé « jour du Seigneur », il est le jour de la Saint-Édouard ainsi que celui de l’Épiphanie, de la galette des rois. Son nom de Saint-Édouard éveille en moi des exhalaisons d’ancienne monarchie britannique, et des odeurs de chaussettes de luxe pour menton gras-double honni. Le contraste est d’autant plus saisissant qu’à un imaginaire marqué du sceau de la déchéance zolienne, il faudrait ajouter Édouard à la série des Nestor et autres très stylés majordomes. Mais soyons franc, il ne viendrait à l’idée de nommer le 5 janvier « le jour de Nestor » qu’à un nombre très restreint et peu représentatif d’entre nous.

 

De plus, le 5 janvier, disent les chroniques de Wikipedia, c’est dans l’ordre d’apparition : en 1635, la pose de la première pierre de la chapelle de la Sorbonne ; l’ouverture des Folies Bergères en 1869 ; la destitution, en 1916, du général Pétain, remplacé par le général Nivelle sur le front de Verdun ; une mesure gouvernementale française qui fait du 1er mai 1947 un jour officiellement férié ; la première explosion nucléaire souterraine française en 1962.

Juste avant la publication de ce bulletin, notre amie Françoise Kirsch nous a rappelé un haut fait d’armes : le 5 janvier 1477, la bataille de Nancy opposa Charles le Téméraire et le duc de Lorraine René II. Le duc de Bourgogne y fut tué et Louis XI put ainsi s’emparer d’une partie des États bourguignons.

Le fait qu’on puisse en ajouter montre assez que ces événements, pour importants qu’ils soient, à moins de  recevoir un regain d’éclairage à l’occasion d’une circonstance donnée ne peuvent spontanément faire naître un nom à un jour. Sauf cas particulier, il est difficile d’admettre qu’on puisse se lever au matin d’un 5 janvier avec en-tête une célébration évidente : aujourd’hui est le jour de l’ouverture des Folies Bergères. Cependant  pour l’infirmière nancéenne qu’est Françoise et pour une partie des Lorrains le 5 janvier est le jour de la bataille de Nancy. Reste toute possibilité familiale ou personnelle de recourir à un calendrier familial ou personnel : aujourd’hui est le jour où l’oncle Albert a épousé la tante Clotilde.

 

Mais en cette énième nuit d’insomnie, j’ai fait une découverte passionnante. Commençons par marginaliser ces nuits faites pour dormir et où l’on dort. Il est certain que le cerveau y concentre un nombre incalculable d’activités cérébrales qui risquent de se perdre à tout jamais dans un inconscient assez peu enclin à se dévoiler. Que ce travail soit intense, certes, mais laissons aux spécialistes le soin de le décrire. Qu’il soit producteur et fructueux, voilà qui est plus intéressant mais je propose qu’on cueille le fruit sur l’arbre sans remonter à ses racines.

 

Il en est un que j’ai particulièrement remarqué parce qu’il répondait à ma préoccupation du moment. J’ai déjà dit sur facebook que les mixions successives provoquées par une hypertrophie de la prostate favorisait l’émergence de discours plus ou moins cohérents émis par un cerveau encore embrumé par le sommeil mais déjà capable de rendre et de comprendre l’essentiel de sa production. Même si le résultat n’est pas tout à fait cohérent, il n’en est pas moins intéressant dans la mesure où l’activité langagière n’est pas ordrée et freinée par une volonté au maximum de son efficacité. Il serait presque tentant de penser que le langage vit en autonomie du sujet conscient, libre de sa source instrumentale et de ses choix lexicaux. On pense bien sûr à l’Absurde et au Surréalisme, et peut-être plus précisément encore à l’écriture automatique.


Or, ce matin et les précédents, je n’étais pas chargé d’une chaîne construite de mots, mais d’un mot, un seul, qui s’accrochait à moi comme s’il n’entendait pas être si facilement affranchi de la mémoire. En outre, bien que le phénomène ne fût pas assez constant pour en établir une règle, les noms propres étaient plus fréquents, me semble-t-il, que les noms communs.

 

Fort de ces constats, je décidai de tirer immédiatement profit de l'aubaine. Et si, me demandai-je, au lieu d’être le 5 janvier, le nom du jour n’était pas justement celui qui m’était donné. Le matin du 5 janvier, par exemple, « Bassompierre » s’est imposé de façon très aisée. Il est remarquable aussi qu’il reste ancré dans ma mémoire au moment où je composais ce billet, quelque dix heures plus tard.

 

Au terme de cette première expérimentation qui s’est déroulée sur quelques jours – de relative insomnie, il faut le souligner --, j’ai pris la décision suivante : au lieu de parler du « Monœil du jour », je dirai désormais « Le Monœil de Bassompierre » pour hier, comme j’aurais pu dire « Le Monœil de Cunégonde » avant-hier ou aujourd’hui 6 janvier, « Le Monœil de Vatanen », du nom de Ari Vatanen qui s'est imposé à mon esprit dès 4 h 30.

 

Monœil, le jour de Tancrède
Le Grand Monœillade autoproclamé,

Bernard Bonnejean

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La liberté de conscience

Publié le par Bernard Bonnejean

 

QU'EST-CE QUE L'« OBJECTION DE CONSCIENCE  » ?


 

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Il est important de rappeler que la notion d' « objection de conscience » s'applique en priorité aux hommes politiques confrontés à une incompatibilité entre leur éthique et la loi, fût-elle démocratique. Le Pape Jean-Paul II s'est ainsi adressé aux parlementaires, représentants d'un peuple à un moment précis d'une histoire donnée, contraints d'accepter une loi votée par une majorité d'entre eux. Evangelium Vitae affirme ainsi de façon très claire : 

« Dans le cas d'une loi intrinsèquement injuste, comme celle qui admet l'avortement ou l'euthanasie, il n'est jamais licite de s'y conformer ni de participer à une campagne d'opinion en faveur d'une telle loi ni de donner à celle-ci son suffrage. Un problème de conscience particulier pourrait se poser dans les cas où un vote parlementaire se révélerait déterminant pour favoriser une loi plus restrictive pour remplacer une plus permissive déjà en vigueur ou mise aux voix... En ce cas, il est évident que, lorsqu'il ne serait pas possible d'éviter ou d'abroger complètement une loi [...] un parlementaire, dont l'opposition personnelle absolue [...] serait manifeste et connue de tous, pourrait licitement apporter son soutien à des propositions destinées à limiter les préjudices d'une telle loi et à en diminuer ainsi les effets négatifs sur le plan de la culture et de la moralité publique. Agissant ainsi, en effet, on n'apporte pas une collaboration illicite à une loi inique ; on accomplit plutôt une tentative légitime, qui est un devoir, d'en limiter les aspects injustes ».

Ce passage exprime sans agressivité ni coercition ce qu'on peut entendre par « objection de conscience » dans un cadre purement législatif et démocratique. Il limite sans aucune ambiguité ce qu'il est convenu d'appeler « la discipline de parti », « la solidarité ministérielle » ou « parlementaire ». Si la ligne du parti est bien la « Position commune imposée aux membres d'un parti politique », il serait au moins souhaitable qu'elle soit assouplie lorsqu'il s'agit de légiférer sur des 

« valeurs humaines et morales essentielles et originelles, qui découlent de la vérité même de l'être humain et qui expriment ou protègent la dignité de la personne, [...] donc des valeurs qu'aucune personne, aucune majorité ni aucun État ne pourront jamais créer, modifier ou abolir, mais que l'on est tenu de reconnaître, respecter et favoriser ».


 

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Monsieur Hollande a aujourd'hui décidé d'entendre la voix de l'opposition de Français pour lesquels la loi sur le mariage homosexuel et le droit à l'adoption pour tous touche précisément à ces « valeurs humaines et morales essentielles et originelles » dont parle le Pape. C'est une concession bien inutile car il est parfaitement inconcevable qu'un policier ou un juge contraigne un citoyen à l'application d'une loi qu'il estime parfois moins importante que sa vie même. 

 

 


Parlons clair : que se serait-il passé si, une fois la loi votée (ce qui n'est pas fait), des maires catholiques — il est absurde de les cataloguer parmi les « intégristes » — avaient refusé de célébrer une union légale sur le plan du droit, mais illicite au regard de leur foi ? Aurait-on envoyé les forces de police ? Quelles belles noces placées sous le règne des armes alors qu'on en défend la légitimité sur le principe de l'amour ! Reste la question d'un éventuel suppléant... Dans beaucoup de communes de France règne une paix et une douceur de vivre suffisantes pour qu'il n'y ait eu qu'une liste unique aux élections municipales... On se tue à répéter que Paris n'est pas la France et que souvent la France ne ressent qu'indifférence pour les mœurs parisiennes dont elles sont bien éloignées. Les homosexuels n'y sont pas toujours rejetés ou montrés du doigt, mais de là à les marier... Monsieur Hollande a prévu le cas, semble-t-il : on fera appel au préfet ! Ne s'éloigne-t-on pas de plus en plus de l'option sentimentale dans ce cas précis ? Vous imaginez les potins locaux, la « publicité » autour de l'événement, la presse locale qui manque bien souvent d'imagination et qui s'empressera de relater les étapes de « l'affaire », du refus du maire et de son conseil à l' « heureux dénouement ». Vous me permettrez de plaindre les futurs époux, bien sincèrement. 

 

 

 

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Laissons la parole, pour terminer, à Michel Schooyans, p
rofesseur émérite de l'Université de Louvain, de Sao Paulo (Brésil) et de diverses universités latino-américaines, membre, entre autres, de l’Institut Royal de Relations Internationales de Bruxelles, de la Population Research (Washington DC), de l'Institut de Démographie Politique, de l'Académie Mexicaine de Bioéthique, de l'Académie Pontificale des Sciences Sociales et conseiller du Conseil Pontifical pour la Famille. Il concluait ainsi un article sur l'avortement et « L'objection de conscience en politique » :

 

« La résistance des hommes politiques

 Il semble tout d'abord que beau­coup de chrétiens ne mesurent pas encore la gravité sans précédent des menaces qui pèsent sur le droit à la vie, lequel est pour­tant inhérent à l'Évangile. Trop de chré­tiens tergiversent lorsque ce droit est bafoué ou sur le point de l'être. Cette situa­tion est d'autant plus grave que les chré­tiens n'ont pas le monopole de la défense de la vie humaine. Le respect de toute vie humaine est un précepte fondamental de toutes les grandes traditions morales de l'Humanité et de toutes les civilisations ; ce droit est essentiel à toute société démocra­tique. Tous les grands mouvements sociaux qui se sont développés depuis le XIX° siècle ont contesté les abus de pouvoir commis par les plus forts contre les plus faibles. Le signe le plus éclatant qui manifeste qu'un pouvoir, peut-être légitime à l'origine, dérive vers le totalitarisme, c'est que ce pouvoir s'en prend aux innocents. Un tel pouvoir doit être dénoncé et combattu ; il fait de la résistance active un devoir de conscience.

Aussi, le respect de valeurs supérieures, qui fondait l'objection de conscience des militaires chrétiens dans l'Antiquité chré­tienne, justifie aujourd'hui l'objection de conscience non seulement des personnels médicaux, mais des hommes politiques, les législateurs et en particulier des parlementaires. Le courage du roi Baudouin de Belgique, qui refusa de signer la loi légali­sant l'avortement, brille ici comme un exemple pour les chrétiens dans le monde de ce temps. La crainte du Dieu trois fois Saint, qui interdisait aux chrétiens de sacri­fier aux dieux de la Cité antique, interdit aux chrétiens d'aujourd'hui de sacrifier aux idoles de l'anti-théisme contemporain. Dans ce monde où le droit ne tient qu'à un fil appelé consensus, le chrétien doit apparaître comme un signe de division et se rappeler que par son baptême il appartient à un peuple de prophètes. Au nom du pluralisme, trop de chrétiens se laissent dépouiller de leur propre morale, au point d'adhérer à une conception perverse de la démocratie. Jamais peut-être n'a été aussi pressant 



l'appel évangélique à la résistance ».  

 

 

Bernard Bonnejean

 

UN TÉMOIGNAGE ESSENTIEL

 


 

 


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La théorie du genre : notre société en grave danger !!!

Publié le par Bernard Bonnejean



La théorie du genre s'invite au lycée

 

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Les nouveaux programmes de SVT (Sciences et Vie de la Terre) des Premières ES et L font référence à la « théorie du genre ». Une idéologie qui contredit la conviction chrétienne que l'on naît garçon ou fille. Et que Dieu créa l'homme et la femme l'un pour l'autre, pour qu'ils s'aiment et qu'ils transmettent la vie.
 

Que s'est-il passé ?



Dans un courrier daté du 27 mai 2011, le Secrétariat général de l'Enseignement catholique invite les chefs d'établissements au discernement quant au choix des manuels de SVT (Sciences et Vie de la Terre) pour les classes de 1ères ES et L. En effet, la réforme des programmes concerne notamment la sexualité humaine. Le chapitre intitulé « devenir homme ou femme » « privilégie le « genre » considéré comme une pure construction sociale, sur la différence sexuelle. L'identité masculine ou féminine, selon cette théorie, n'est donc pas un donné anthropologique mais une orientation » explique Claude Berruer, son Secrétaire général adjoint.
 

 

Qu'en pense l'Église catholique ?


« Les responsables de l'Enseignement catholique sont pleinement dans leur mission quand ils interpellent ces contenus, écrit Mgr Bernard Podvin, Porte-parole des évêques de France, dans l'hebdomadaire Famille Chrétienne à paraître le 11 juin. Ce qui me préoccupe le plus est que l'on distille, dans les années lycéennes où la pensée ne fait que se forger, un subjectivisme et un relativisme. Sous argument que tout serait culturel, une manière de parler de la sexualité aurait été hégémonique et serait donc, aujourd'hui, à remplacer par une anthropologie alternative ? Qui dira aux jeunes et aux adultes que l'être humain a vocation à être unifié ? A la lumière de notre vie spirituelle, nous redisons avec Benoît XVI que le masculin et le féminin se révèlent comme faisant ontologiquement partie de la création ».


"L'enseignement des théories du genre : une dérive dangereuse", par Mgr Ginoux


 

C'est par l'introduction de cours sur les théories du genre (gender), à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) que l'on voit le développement de ces idées. Mais plus surprenant est leur introduction dans les programmes scolaires des classes de première en SVT (Sciences de la vie et de la terre). La réflexion qui suit s'efforce de situer les enjeux de ces théories.


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Lorsque, en 1949, Simone de Beauvoir, publie Le deuxième sexe, le lecteur peut lire cette phrase aujourd'hui bien connue : « On ne naît pas femme, on le devient ». A cette époque elle n'eut pas grande portée sinon chez les intellectuels « branchés » et dans le courant féministe. Depuis, essentiellement aux Etats-Unis, ce courant féministe s'est considérablement développé et un nouveau féminisme est allé plus loin à la fin du XXè siècle. Ces analyses affirment que le combat pour l'égalité des sexes ne s'est pas affranchi de l'identité sexuelle et reste donc dans un concept de domination de l'homme, elles expliquent que c'est le milieu, la culture qui vont déterminer le « genre ». Ce mot « genre » permet de ne pas lier le « sexe » et le rôle que la société imposerait au « féminin » ou au « masculin ».
 

En très bref résumé cela voudrait dire que chacun, selon sa volonté, se construit, chacun s'invente et peut avoir des choix alternatifs de sexualité. Ces théories s'inscrivent dans la pensée que la nature, le donné sexué serait une contrainte dont la société post-moderne doit se libérer. L'une des grandes théoriciennes de ces études sur le genre ( « gender studies ») est Judith Butler dont le livre(1) paru aux USA en 1990 a été traduit en français en 2005. Une interview de l'Express du 6 juin 2005 donne la pensée de l'auteur : la masculinité et la féminité sont une construction sociale, nous apprenons dès l'enfance à jouer un rôle, à assumer la fonction « homme » ou la fonction « femme ». Cette analyse conduit donc à reformuler sa propre identité et à la remettre en question.
 

Les conséquences de ces approches de l'identité sexuelle


Il faut d'abord reconnaître que, effectivement, la culture, ce qui est acquis, participe à la construction de notre sexualité mais le refus de l'inné est un radicalisme de la pensée qui affirme que s'il n'y avait pas « un concept de femme, les femmes ne seraient pas opprimées ». Il est bien vrai que la condition féminine a subi et subit encore beaucoup trop des dominations mais peut-on en voir la cause dans le concept de femme? Nous sommes là dans l'idée, dans l'abstraction. Pour nos théoriciennes il faut déconstruire ces principes.
 

Il y a là une grave question pour la société. Le refus de la différence homme/femme laisse chaque personne décider de ce qu'elle est : il n'y a plus un donné avec lequel nous apprenons à vivre, il n'y a donc plus de création : je me crée selon mon inspiration pour prendre la fonction, le rôle social que je veux. Il y aurait donc toute possibilité de couple, toute forme d'union, tout mariage possible.
 

Comment une société peut-elle se fonder sans cette distinction homme/femme ?


De nombreux psychologues, philosophes, sociologues ont répondu que c'était une vue de l'esprit. Mais il y a encore à expliciter davantage la place du créé dans notre humanité.
 
De ces théories vient aussi l'affirmation d'un « droit à l'enfant » reconnu pour toutes les personnes qui le souhaitent. Cette revendication favorise évidemment la libéralisation de la gestation pour autrui (ou mères-porteuses) de toutes les techniques de procréation médicalement assistée et des adaptations nécessaires des lois.
 
Il est facile de voir qu'une autre de ces conséquences est la déconstruction de la famille puisqu'elle n'est plus fondée sur la relation entre un homme et une femme et la procréation. Dans cette pensée la famille est à construire selon la situation de chacun. Bien entendu le rôle maternel est indifféremment porté par un homme ou une femme. Toute la question de la filiation est donc en jeu et l'on peut se demander comment structurer la psychologie des enfants dans un tel contexte. Il faut simplement souligner que, précisément, la volonté exprimée est de ne pas construire la personnalité de l'enfant.
 

Le questionnement


Ce sujet est grave et pose les principes d'une société qui, refusant la nature et donc la création, fait de l'être humain son propre créateur, se choisissant sa sexualité et organisant son mode de vie à partir de ce choix. Il est abusif de le lier à la dignité de la femme et à sa reconnaissance. C'est la dignité de toute personne humaine qui fonde une société. Lorsque les manuels scolaires conduisent les élèves vers des voies dangereuses nous avons à réagir : c'est aussi notre liberté et l'Enseignement catholique ne peut accepter d'être contraint dans ses choix éthiques.

Il est donc urgent de réfléchir à ces questions, d'autant que, par le biais de l'ONU, les Organisations non gouvernementales vont être obligées de les valider dans leur programme. Pour nos enfants, pour la santé de nos sociétés et pour le sens de nos vies nous avons à refuser cette nouvelle forme de dictature.



Pour conclure, je voudrais simplement rappeler cette définition de la famille telle que je l'ai trouvée dans un extrait du message du Conseil permanent de la Conférence des Evêques de France en novembre 2006 :
 

La famille est la cellule de base de la communauté humaine. Elle peut changer de taille, de visage, elle n'en demeure pas moins essentielle. L'homme et la femme ont besoin d'aimer, d'être reconnus et aimés tels qu'ils sont. La famille est le premier lieu où les hommes et les femmes apprennent la confiance en eux-mêmes et la confiance dans les autres. La famille permet, en effet, de découvrir que chacun a sa place dans une histoire, dans un réseau, sans avoir à le mériter, dans le respect des différences particulières : âge, sexe, qualités ou faiblesses.

 

 

Qu'ajouter de plus, c'est-à-dire de mieux ? 

Amicalement,

Bernard 

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Pour les principes de sexuation et de filiation réelles

Publié le par Bernard Bonnejean

 

« TOUS NÉS D’UN HOMME ET D’UNE FEMME ! »

 

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APPEL AUX CITOYENS — www.lamanifpourtous.fr

 

Pour le mariage civil H/F (Homme/Femme)

 

 

 

qui fonde la famille PME

 

 

 

(Père-Mère-Enfant).

 


Contre le projet de loi de « mariage et d’adoption pour tous »,

 

 

SAMEDI 17 NOVEMBRE 2012

 

 

 

 

Xavier Bongibault

président de « Plus gay sans mariage » (homos)

Laurence Tcheng

porte-parole de « la Gauche pour le mariage républicain » (progressistes)

Frigide Barjot

fondatrice du collectif «Pour l’Humanitédurable.com» (cathos)

Camel Bechikh

          président des Fils de France (musulmans)

Lionel Lumbroso

président de « David&Eugenia » (juifs)

Jérôme Brunet

président de l'"Appel pour les Professionnels de l'Enfance"

 

 

Les représentants régionaux

Philippe Desmoulins

(Fédération départementale des AFC-94)

Laurent Michelin

« Tous pour le mariage » (Toulon)

François Lafaye

Pour l’humanité durable-(Lyon)

Marie Coquelin

LaManif PourTous-(Toulouse)

Côme de Castelbajac

Pourl’Humanitédurable-(Nantes)

 

 

Avec le soutien de

 

 

 

Les Grosses Têtes

Philippe Ariño

L'Homosexualité en Vérité

Jacques Myard

député

Marie-Thérèse Hermange

ex-sénatrice

 

 

appellent les maires, les élus nationaux et tous les Français et les Françaises

à rejoindre

 

 

LA GRANDE JOURNÉE NATIONALE DE MOBILISATION PARTOUT EN FRANCE

 

 

 

À LYON 15 HEURES

place Carnot à l'appel de Cosette et Gavroche

et de l'Humanité durable-Lyon

 

 

À PARIS 14 HEURES 30

place Denfert-Rochereau

 

 

 

À TOULOUSE, NANTES, RENNES, MARSEILLE,
TOUTES LES VILLES

SUR

 

 

 

LE MARIAGE, C’EST DENFERT !

 

Venez avec vos ados, vos enfants, vos amis, vos voisins, homos ou pas homos, en tenue festive et colorée, si possible bleu, blanc rose… 

 

La ManifPourTous est le rassemblement des citoyens français qui se lèvent pour que notre droit civil préserve pour tous, les enfants d'abord, la réalité d’être né de et de grandir dans l’amour d’un homme et d’une femme, père et mère : le mariage civil français garantit l'état civil et humain de chacun d'entre nous. Les mêmes citoyens se soucient tout autant des familles homoparentales dont les revendications peuvent être satisfaites sans bouleverser le principe de sexuation et de filiation réelles.

Ni drapeaux, ni banderoles, des codes civils.

 

REJOIGNEZ LE COLLECTIF LA MANIF POUR TOUS

 

 

www.lamanifpourtous.fr

 

La Manif Pour Tous

 

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Emplacement donné par Bernard Bonnejean pour approfondir la réflexion
sur le mariage homosexuel et le droit à l’adoption pour tous.

 





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Le mariage selon l'Eglise catholique

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Catéchisme de l’Église catholique
(Deuxième partie « La Célébration du mystère chrétien » — Deuxième section « Les Sept sacrements de l’Église » — Chapitre troisième « Les sacrements du service de la communion »)

 

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Article 7 :

LE SACREMENT DU MARIAGE

L'essentiel de la campagne présidentielle française a tourné autour des « valeurs » et nul ne se plaindra de ce recours soudain et inattendu à ce critère électif en une époque un peu trop permissive. Qui dit « valeurs » dit « repères » et l'on entend depuis une décennie, au moins, des Cassandres établir le constat désolant du « manque de repères » dans une civilisation « décadente ». Or, qu'est-ce qu'un « repère » ? C'est tout d'abord un signal physique soit artificiel soit naturel dont le but est de reconnaître et de retrouver un lieu, un emplacement. Jules Verne écrit ainsi dans L'Île mystérieuseÀ l'heure dite, Cyrus releva ce point, et, en mettant l'un par l'autre avec le soleil deux arbres qui devaient lui servir de repères, il obtint ainsi une méridienne invariable pour ses opérations ultérieures. Ainsi les géomètres et les marins ont-ils toujours éprouvé la nécessité de « prendre des repères ». Mais ce ne sont pas les seuls à avoir besoin de ces signes, de ces index, de ces marques pour savoir avec précision où ils [en] sont. En 1958, Simone de Beauvoir écrivait : La vérité c'est que, séparée de ma famille, privée des affections qui m'assuraient de mes mérites, des consignes et des repères qui définissaient ma place dans le monde, je ne savais plus comment me situer, ni ce que j'étais venue faire sur terre (Mémoires d'une jeune fille rangée, 1958, p. 63). 

Oui, vous avez bien lu : Simone de Beauvoir, femme libérée par excellence, se plaignait de manquer de repères au risque de ne plus trop savoir si elle était encore utile dans le monde... D'où le caractère indispensable des repères à partir desquels nous pourrons établir nos valeurs. 

Entendons-nous bien ! Un repère n'est pas une valeur mais c'est la condition nécessaire pour en constituer une. Tant et si bien que rien ne m'oblige à accepter les valeurs de Beauvoir même si son système de repères est équivalent au mien. De la même façon, je n'ai pas le droit d'imposer mes valeurs à une adepte du féminisme de Beauvoir quand bien même nous partirions des mêmes repères. 

Cependant un esprit éclairé se doit de juger des « valeurs » après les avoir librement « é-valuées », c'est-à-dire extraites d'un tout pour en fixer le prix.
 

Prenons la notion de « mariage ». Avant de dire si je suis pour ou contre, il me faut en connaître les repères fondamentaux. Le catholicisme en tant que doctrine fondatrice de valeurs constitue un système de repères dogmatiques partagés par des fidèles. Est-ce à dire que n'être pas fidèle à la doctrine morale de l'Église constitue un empêchement à en adopter tous les comportements et toutes les valeurs ? Bien sûr que non ! Avant de rejeter le « mariage traditionnel » dont le catholicisme présente un exemple parmi d'autres, il faut le connaître, le comparer, l'apprécier, l'évaluer, c'est-à-dire en déterminer la valeur. 

C'est l'objet de cet article qui constitue la totalité du dogme catholique en matière de mariage. Mon but n'est ni la propagande ni le prosélytisme. Juste la connaissance de nos repères sur lesquels nous fondons nos valeurs et nos convictions morales. 

Bien respectueusement, 

Bernard Bonnejean
 

 

1601 « L’alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants, a été élevée entre baptisés par le Christ Seigneur à la dignité de sacrement » (  CIC, can. 1055, § 1).

 

  • I. Le Mariage dans le dessein de Dieu
  • II. La célébration du mariage
  • III. Le consentement matrimonial
  • IV. Les effets du sacrement du Mariage
  • V. Les biens et les exigences de l’amour conjugal
  • VI. L’Église domestique
  • EN BREF

 

Le Mariage dans le dessein de Dieu

 

1602 L’Écriture Sainte s’ouvre sur la création de l’homme et de la femme à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26-27) et s’achève sur la vision des " noces de l’Agneau " (Ap 19, 7. 9). D’un bout à l’autre l’Écriture parle du mariage et de son " mystère ", de son institution et du sens que Dieu lui a donné, de son origine et de sa fin, de ses réalisations diverses tout au long de l’histoire du salut, de ses difficultés issues du péché et de son renouvellement " dans le Seigneur " (1 Co 7, 39), dans l’Alliance nouvelle du Christ et de l’Église (cf. Ep 5, 31-32).

 

Le mariage dans l’ordre de la création

 

1603 " La communauté profonde de vie et d’amour que forme le couple a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur. Dieu lui-même est l’auteur du mariage " (GS 48, § 1). La vocation au mariage est inscrite dans la nature même de l’homme et de la femme, tels qu’ils sont issus de la main du Créateur. Le mariage n’est pas une institution purement humaine, malgré les variations nombreuses qu’il a pu subir au cours des siècles, dans les différentes cultures, structures sociales et attitudes spirituelles. Ces diversités ne doivent pas faire oublier les traits communs et permanents. Bien que la dignité de cette institution ne transparaisse pas partout avec la même clarté (cf. GS 47, § 2), il existe cependant dans toutes les cultures un certain sens pour la grandeur de l’union matrimoniale. " Car le bien-être de la personne et de la société est étroitement lié à la prospérité de la communauté conjugale et familiale " (GS 47, § 1).

 

1604 Dieu qui a créé l’homme par amour, l’a aussi appelé à l’amour, vocation fondamentale et innée de tout être humain. Car l’homme est créé à l’image et à la ressemblance du Dieu (cf. Gn 1, 27) qui est lui-même Amour (cf. 1 Jn 4, 8. 16). Dieu l’ayant créé homme et femme, leur amour mutuel devient une image de l’amour absolu et indéfectible dont Dieu aime l’homme. Il est bon, très bon, aux yeux du Créateur (cf. Gn 1, 31). Et cet amour que Dieu bénit est destiné à être fécond et à se réaliser dans l’œuvre commune de la garde de la création : " Et Dieu les bénit et il leur dit : ‘Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la’ " (Gn 1, 28).

 

1605 Que l’homme et la femme soient créés l’un pour l’autre, l’Écriture Sainte l’affirme : " Il n’est pas bon que l’homme soit seul " (Gn 2, 18). La femme, " chair de sa chair " (cf. Gn 2, 23), son égale, toute proche de lui, lui est donnée par Dieu comme un " secours " (cf. Gn 2, 18), représentant ainsi le " Dieu en qui est notre secours " (cf. Ps 121, 2). " C’est pour cela que l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux deviennent une seule chair " (Gn 2, 24). Que cela signifie une unité indéfectible de leur deux vies, le Seigneur lui-même le montre en rappelant quel a été, " à l’origine ", le dessein du Créateur (cf. Mt 19, 4) : " Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair " (Mt 19, 6).

 

Le mariage sous le régime du péché

 

1606 Tout homme fait l’expérience du mal, autour de lui et en lui-même. Cette expérience se fait aussi sentir dans les relations entre l’homme et la femme. De tout temps, leur union a été menacée par la discorde, l’esprit de domination, l’infidélité, la jalousie et par des conflits qui peuvent aller jusqu’à la haine et la rupture. Ce désordre peut se manifester de façon plus ou moins aiguë, et il peut être plus ou moins surmonté, selon les cultures, les époques, les individus, mais il semble bien avoir un caractère universel.

 

1607 Selon la foi, ce désordre que nous constatons douloureusement, ne vient pas de la naturede l’homme et de la femme, ni de la nature de leurs relations, mais dupéché. Rupture avec Dieu, le premier péché a comme première conséquence la rupture de la communion originelle de l’homme et de la femme. Leurs relations sont distordues par des griefs réciproques (cf. Gn 3, 12) ; leur attrait mutuel, don propre du créateur (cf. Gn 2, 22), se change en rapports de domination et de convoitise (cf. Gn 3, 16 b) ; la belle vocation de l’homme et de la femme d’être féconds, de se multiplier et de soumettre la terre (cf. Gn 1, 28) est grevée des peines de l’enfantement et du gagne-pain (cf. Gn 3, 16-19).

 

1608 Pourtant, l’ordre de la création subsiste, même s’il est gravement perturbé. Pour guérir les blessures du péché, l’homme et la femme ont besoin de l’aide de la grâce que Dieu, dans sa miséricorde infinie, ne leur a jamais refusée (cf. Gn 3, 21). Sans cette aide, l’homme et la femme ne peuvent parvenir à réaliser l’union de leurs vies en vue de laquelle Dieu les a créés " au commencement ".

 

Le mariage sous la pédagogie de la Loi

 

1609 Dans sa miséricorde, Dieu n’a pas abandonné l’homme pécheur. Les peines qui suivent le péché, les douleurs de l’enfantement (cf. Gn 3, 16), le travail " à la sueur de ton front " (Gn 3, 19), constituent aussi des remèdes qui limitent les méfaits du péché. Après la chute, le mariage aide à vaincre le repliement sur soi-même, l’égoïsme, la quête du propre plaisir, et à s’ouvrir à l’autre, à l’aide mutuelle, au don de soi.

 

1610 La conscience morale concernant l’unité et l’indissolubilité du mariage s’est développée sous la pédagogie de la Loi ancienne. La polygamie des patriarches et des rois n’est pas encore explicitement critiquée. Cependant, la Loi donnée à Moïse vise à protéger la femme contre l’arbitraire d’une domination par l’homme, même si elle porte aussi, selon la parole du Seigneur, les traces de " la dureté du cœur " de l’homme en raison de laquelle Moïse a permis la répudiation de la femme (cf. Mt 19, 8 ; Dt 24, 1).

 

1611 En voyant l’Alliance de Dieu avec Israël sous l’image d’un amour conjugal exclusif et fidèle (cf. Os 1-3 ; Is 54 ; 62 ; Jr 2-3 ; 31 ; Ez 16 ; 23), les prophètes ont préparé la conscience du Peuple élu à une intelligence approfondie de l’unicité et de l’indissolubilité du mariage (cf. Ml 2, 13-17). Les livres de Ruth et de Tobie donnent des témoignages émouvants du sens élevé du mariage, de la fidélité et de la tendresse des époux. La Tradition a toujours vu dans le Cantique des Cantiques une expression unique de l’amour humain en tant qu’il est reflet de l’amour de Dieu, amour " fort comme la mort " que " les torrents d’eau ne peuvent éteindre " (Ct 8, 6-7).

 

Le mariage dans le Seigneur

 

1612 L’alliance nuptiale entre Dieu et son peuple Israël avait préparé l’alliance nouvelle et éternelle dans laquelle le Fils de Dieu, en s’incarnant et en donnant sa vie, s’est uni d’une certaine façon toute l’humanité sauvée par lui (cf. GS 22), préparant ainsi " les noces de l’Agneau " (Ap 19, 7. 9).

 

1613 Au seuil de sa vie publique, Jésus opère son premier signe – à la demande de sa Mère – lors d’une fête de mariage (cf. Jn 2, 1-11). L’Église accorde une grande importance à la présence de Jésus aux noces de Cana. Elle y voit la confirmation de la bonté du mariage et l’annonce que désormais le mariage sera un signe efficace de la présence du Christ.

 

1614 Dans sa prédication, Jésus a enseigné sans équivoque le sens originel de l’union de l’homme et de la femme, telle que le Créateur l’a voulue au commencement : la permission, donnée par Moïse, de répudier sa femme, était une concession à la dureté du cœur (cf. Mt 19, 8) ; l’union matrimoniale de l’homme et de la femme est indissoluble : Dieu lui-même l’a conclue : " Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni " (Mt 19, 6).

 

1615 Cette insistance sans équivoque sur l’indissolubilité du lien matrimonial a pu laisser perplexe et apparaître comme une exigence irréalisable (cf. Mt 19, 10). Pourtant Jésus n’a pas chargé les époux d’un fardeau impossible à porter et trop lourd (cf. Mt 11, 29-30), plus pesant que la Loi de Moïse. En venant rétablir l’ordre initial de la création perturbé par le péché, il donne lui-même la force et la grâce pour vivre le mariage dans la dimension nouvelle du Règne de Dieu. C’est en suivant le Christ, en renonçant à eux-mêmes, en prenant leurs croix sur eux (cf. Mc 8, 34) que les époux pourront " comprendre " (cf. Mt 19, 11) le sens originel du mariage et le vivre avec l’aide du Christ. Cette grâce du Mariage chrétien est un fruit de la Croix du Christ, source de toute vie chrétienne.

 

1616 C’est ce que l’Apôtre Paul fait saisir en disant : " Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église ; il s’est livré pour elle, afin de la sanctifier " (Ep 5, 25-26), en ajoutant aussitôt : " ’Voici donc que l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair’ : ce mystère est de grande portée ; je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église " (Ep 5, 31-32).

 

1617 Toute la vie chrétienne porte la marque de l’amour sponsal du Christ et de l’Église. Déjà le Baptême, entrée dans le peuple de Dieu, est un mystère nuptial : il est, pour ainsi dire, le bain de noces (cf. Ep 5, 26-27) qui précède le repas de noces, l’Eucharistie. Le Mariage chrétien devient à son tour signe efficace, sacrement de l’alliance du Christ et de l’Église. Puisqu’il en signifie et communique la grâce, le mariage entre baptisés est un vrai sacrement de la Nouvelle Alliance (cf. DS 1800 ;   CIC, can. 1055, § 2).

 

La virginité pour le Royaume

 

1618 Le Christ est le centre de toute vie chrétienne. Le lien avec Lui prend la première place devant tous les autres liens, familiaux ou sociaux (cf. Lc 14, 26 ; Mc 10, 28-31). Dès le début de l’Église, il y a eu des hommes et des femmes qui ont renoncé au grand bien du mariage pour suivre l’Agneau partout où il va (cf. Ap 14, 4), pour se soucier des choses du Seigneur, pour chercher à Lui plaire (cf. 1 Co 7, 32), pour aller au devant de l’Epoux qui vient (cf. Mt 25, 6). Le Christ lui-même a invité certains à le suivre en ce mode de vie dont Il demeure le modèle :

 

Il y a des eunuques qui le sont de naissance, dès le sein de leur mère ; il y a aussi des eunuques qui le sont devenus par la main des hommes ; et il y en a qui se sont faits eunuques eux-mêmes à cause du Royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne (Mt 19, 12).

 

1619 La virginité pour le Royaume des Cieux est un déploiement de la grâce baptismale, un signe puissant de la prééminence du lien au Christ, de l’attente ardente de son retour, un signe qui rappelle aussi que le mariage est une réalité de l’éon présent qui passe (cf. Mc 12, 25 ; 1 Co 7, 31).

 

1620 Les deux, le sacrement du Mariage et la virginité pour le Royaume de Dieu, viennent du Seigneur lui-même. C’est Lui qui leur donne sens et leur accorde la grâce indispensable pour les vivre conformément à sa volonté (cf. Mt 19, 3-12). L’estime de la virginité pour le Royaume (cf. LG 42 ; PC 12 ; OT 10) et le sens chrétien du Mariage sont inséparables et se favorisent mutuellement :

Dénigrer le mariage, c’est amoindrir du même coup la gloire de la virginité ; en faire l’éloge, c’est rehausser l’admiration qui est due à la virginité ... Car enfin, ce qui ne paraît un bien que par comparaison avec un mal ne peut être vraiment un bien, mais ce qui est mieux encore que des biens incontestés est le bien par excellence (S. Jean Chrysostome, virg. 10, 1 : PG 48, 540A) ; cf. FC 16).

La célébration du mariage

 

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1621 Dans le rite latin, la célébration du mariage entre deux fidèles catholiques a normalement lieu au cours de la Sainte Messe, en raison du lien de tous les sacrements avec le Mystère Pascal du Christ (cf. SC 61). Dans l’Eucharistie se réalise le mémorial de la Nouvelle Alliance, en laquelle le Christ s’est uni pour toujours à l’Église, son épouse bien-aimée pour laquelle il s’est livré (cf. LG 6). Il est donc convenable que les époux scellent leur consentement à se donner l’un à l’autre par l’offrande de leurs propres vies, en l’unissant à l’offrande du Christ pour son Église, rendue présente dans le sacrifice eucharistique, et en recevant l’Eucharistie, afin que, communiant au même Corps et au même Sang du Christ, ils " ne forment qu’un corps " dans le Christ (cf. 1 Co 10, 17).

 

1622 " En tant que geste sacramentel de sanctification, la célébration liturgique du mariage ... doit être par elle-même valide, digne et fructueuse " (FC 67). Il convient donc que les futurs époux se disposent à la célébration de leur mariage en recevant le sacrement de pénitence.

 

1623 Selon la tradition latine, ce sont les époux qui, comme ministres de la grâce du Christ, se confèrent mutuellement le sacrement du Mariage en exprimant devant l’Église leur consentement. Dans la tradition des Eglises orientales, les prêtres ou évêques qui officient sont les témoins du consentement mutuel échangé par les époux (cf. CCEO, can. 817), mais leur bénédiction est nécessaire aussi à la validité du sacrement (cf. CCEO, can. 828).

 

1624 Les diverses liturgies sont riches en prières de bénédiction et d’épiclèse demandant à Dieu sa grâce et la bénédiction sur le nouveau couple, spécialement sur l’épouse. Dans l’épiclèse de ce sacrement les époux reçoivent l’Esprit Saint comme Communion d’amour du Christ et de l’Église (cf. Ep 5, 32). C’est Lui le sceau de leur alliance, la source toujours offerte de leur amour, la force où se renouvellera leur fidélité.

 

Le consentement matrimonial

 

 

1625 Les protagonistes de l’alliance matrimoniale sont un homme et une femme baptisés, libres de contracter le mariage et qui expriment librement leur consentement. " Etre libre " veut dire :

ne pas subir de contrainte ;

ne pas être empêché par une loi naturelle ou ecclésiastique.

 

1626 L’Église considère l’échange des consentements entre les époux comme l’élément indispensable " qui fait le mariage " (  CIC, can. 1057, § 1). Si le consentement manque, il n’y a pas de mariage.

 

1627 Le consentement consiste en un " acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement " (GS 48, § 1 ; cf.   CIC, can. 1057, § 2) : " Je te prends comme ma femme " – " Je te prends comme mon mari " (OcM 45). Ce consentement qui lie les époux entre eux, trouve son accomplissement en ce que les deux " deviennent une seule chair " (cf. Gn 2, 24 ; Mc 10, 8 ; Ep 5, 31).

 

1628 Le consentement doit être un acte de la volonté de chacun des contractants, libre de violence ou de crainte grave externe (cf.   CIC, can. 1103). Aucun pouvoir humain ne peut se substituer à ce consentement (  CIC, can. 1057, § 1). Si cette liberté manque, le mariage est invalide.

 

1629 Pour cette raison (ou pour d’autres raisons qui rendent nul et non avenu le mariage : cf.   CIC, can. 1095-1107), l’Église peut, après examen de la situation par le tribunal ecclésiastique compétent, déclarer " la nullité du mariage ", c’est-à-dire que le mariage n’a jamais existé. En ce cas, les contractants sont libres de se marier, quitte à se tenir aux obligations naturelles d’une union antérieure (cf.   CIC, can. 1071).

 

1630 Le prêtre (ou le diacre) qui assiste à la célébration du mariage, accueille le consentement des époux au nom de l’Église et donne la bénédiction de l’Église. La présence du ministre de l’Église (et aussi des témoins) exprime visiblement que le mariage est une réalité ecclésiale.

 

1631 C’est pour cette raison que l’Église demande normalement pour ses fidèles la forme ecclésiastiquede la conclusion du mariage (cf. Cc. Trente : DS 1813-1816 ;   CIC, can. 1108). Plusieurs raisons concourent à expliquer cette détermination :

Le mariage sacramentel est un acte liturgique. Il est dès lors convenable qu’il soit célébré dans la liturgie publique de l’Église.

Le mariage introduit dans un ordo ecclésial, il crée des droits et des devoirs dans l’Église, entre les époux et envers les enfants.

Puisque le mariage est un état de vie dans l’Église, il faut qu’il y ait certitude sur le mariage (d’où l’obligation d’avoir des témoins).

Le caractère public du consentement protège le " Oui " une fois donné et aide à y rester fidèle.

 

1632 Pour que le " Oui " des époux soit un acte libre et responsable, et pour que l’alliance matrimoniale ait des assises humaines et chrétiennes solides et durables, lapréparation au mariage est de première importance :

L’exemple et l’enseignement donnés par les parents et par les familles restent le chemin privilégié de cette préparation.

Le rôle des pasteurs et de la communauté chrétienne comme " famille de Dieu " est indispensable pour la transmission des valeurs humaines et chrétiennes du mariage et de la famille (cf.   CIC, can. 1063), et ceci d’autant plus qu’à notre époque beaucoup de jeunes connaissent l’expérience des foyers brisés qui n’assurent plus suffisamment cette initiation :

Il faut instruire à temps les jeunes, et de manière appropriée, de préférence au sein de la famille, sur la dignité de l’amour conjugal, sa fonction, son exercice : ainsi formés à la chasteté, ils pourront, le moment venu, s’engager dans le mariage après des fiançailles vécues dans la dignité (GS 49, § 3).

Les mariages mixtes et la disparité de culte

 

1633 Dans de nombreux pays, la situation du mariage mixte (entre catholique et baptisé non-catholique) se présente de façon assez fréquente. Elle demande une attention particulière des conjoints et des pasteurs. Le cas des mariages avec disparité de culte (entre catholique et non-baptisé) une circonspection plus grande encore.

 

1634 La différence de confession entre les conjoints ne constitue pas un obstacle insurmontable pour le mariage, lorsqu’ils parviennent à mettre en commun ce que chacun d’eux a reçu dans sa communauté, et à apprendre l’un de l’autre la façon dont chacun vit sa fidélité au Christ. Mais les difficultés des mariages mixtes ne doivent pas non plus être sous-estimées. Elles sont dues au fait que la séparation des chrétiens n’est pas encore surmontée. Les époux risquent de ressentir le drame de la désunion des chrétiens au sein même de leur foyer. La disparité de culte peut encore aggraver ces difficultés. Des divergences concernant la foi, la conception même du mariage, mais aussi des mentalités religieuses différentes, peuvent constituer une source de tensions dans le mariage, principalement à propos de l’éducation des enfants. Une tentation peut se présenter alors : l’indifférence religieuse.

 

1635 D’après le droit en vigueur dans l’Église latine, un mariage mixte a besoin, pour sa licéité, de la permission expresse de l’autorité ecclésiastique (cf.   CIC, can. 1124). En cas de disparité de culte une dispense expresse de l’empêchement est requise pour la validité du mariage (cf.   CIC, can. 1086). Cette permission ou cette dispense supposent que les deux parties connaissent et n’excluent pas les fins et les propriétés essentielles du mariage et aussi que la partie catholique confirme ses engagements, portés aussi à la connaissance explicite de la partie non catholique, de conserver sa foi et d’assurer le baptême et l’éducation des enfants dans l’Église catholique (cf.   CIC, can. 1125).

 

1636 Dans beaucoup de régions, grâce au dialogue œcuménique, les communautés chrétiennes concernées ont pu mettre sur pied une pastorale commune pour les mariages mixtes. Sa tâche est d’aider ces couples à vivre leur situation particulière à la lumière de la foi. Elle doit aussi les aider à surmonter les tensions entre les obligations des conjoints l’un envers l’autre et envers leurs communautés ecclésiales. Elle doit encourager l’épanouissement de ce qui leur est commun dans la foi, et le respect de ce qui les sépare.

 

1637 Dans les mariages avec disparité de culte l’époux catholique a une tâche particulière : " Car le mari non croyant se trouve sanctifié par sa femme, et la femme non croyante se trouve sanctifiée par le mari croyant " (1 Co 7, 14). C’est une grande joie pour le conjoint chrétien et pour l’Église si cette " sanctification " conduit à la conversion libre de l’autre conjoint à la foi chrétienne (cf. 1 Co 7, 16). L’amour conjugal sincère, la pratique humble et patiente des vertus familiales et la prière persévérante peuvent préparer le conjoint non croyant à accueillir la grâce de la conversion.

 

Les effets du sacrement du Mariage

 

1638 " Du mariage valide naît entre les conjoints un lien de par sa nature perpétuel et exclusif ; en outre, dans le mariage chrétien, les conjoints sont fortifiés et comme consacrés par un sacrement spécial pour les devoirs et la dignité de leur état " (  CIC, can. 1134).

Le lien matrimonial

 

1639 Le consentement par lequel les époux se donnent et s’accueillent mutuellement, est scellé par Dieu lui-même (cf. Mc 10, 9). De leur alliance " une institution, quela loi divine confirme, naît ainsi, au regard même de la société " (GS 48, § 1). L’alliance des époux est intégrée dans l’alliance de Dieu avec les hommes : " L’authentique amour conjugal est assumé dans l’amour divin " (GS 48, § 2).

 

1640 Le lien matrimonial est donc établi par Dieu lui-même, de sorte que le mariage conclu et consommé entre baptisés ne peut jamais être dissout. Ce lien qui résulte de l’acte humain libre des époux et de la consommation du mariage, est une réalité désormais irrévocable et donne origine à une alliance garantie par la fidélité de Dieu. Il n’est pas au pouvoir de l’Église de se prononcer contre cette disposition de la sagesse divine (cf.   CIC, can. 1141).

 

La grâce du sacrement du Mariage

 

1641 " En leur état de vie et dans leur ordre, [les époux chrétiens] ont dans le peuple de Dieu leurs dons propres " (LG 11). Cette grâce propre du sacrement du Mariage est destinée à perfectionner l’amour des conjoints, à fortifier leur unité indissoluble. Par cette grâce " ils s’aident mutuellement à se sanctifier dans la vie conjugale, dans l’accueil et l’éducation des enfants " (LG 11 ; cf. LG 41).

 

1642 Le Christ est la source de cette grâce. " De même que Dieu prit autrefois l’initiative d’une alliance d’amour et de fidélité avec son peuple, ainsi, maintenant, le Sauveur des hommes, Epoux de l’Église, vient à la rencontre des époux chrétiens par le sacrement du Mariage " (GS 48, § 2). Il reste avec eux, il leur donne la force de le suivre en prenant leur croix sur eux, de se relever après leurs chutes, de se pardonner mutuellement, de porter les uns les fardeaux des autres (cf. Ga 6, 2), d’être " soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ " (Ep 5, 21) et de s’aimer d’un amour surnaturel, délicat et fécond. Dans les joies de leur amour et de leur vie familiale il leur donne, dès ici-bas, un avant-goût du festin des noces de l’Agneau :

Où vais-je puiser la force de décrire de manière satisfaisante le bonheur du mariage que l’Église ménage, que confirme l’offrande, que scelle la bénédiction ; les anges le proclament, le Père céleste le ratifie... Quel couple que celui de deux chrétiens, unis par une seule espérance, un seul désir, une seule discipline, le même service ! Tous deux enfants d’un même Père, serviteurs d’un même Maître ; rien ne les sépare, ni dans l’esprit ni dans la chair ; au contraire, ils sont vraiment deux en une seule chair. Là où la chair est une, un aussi est l’esprit (Tertullien, ux. 2, 9 ; cf. FC 13).

 

Les biens et les exigences de l’amour conjugal

 

1643 " L’amour conjugal comporte une totalité où entrent toutes les composantes de la personne – appel du corps et de l’instinct, force du sentiment et de l’affectivité, aspiration de l’esprit et de la volonté – ; il vise une unité profondément personnelle, celle qui, au-delà de l’union en une seule chair, conduit à ne faire qu’un cœur et qu’une âme ; il exige l’indissolubilité et la fidélité dans la donation réciproque définitive ; et il s’ouvre sur la fécondité. Il s’agit bien des caractéristiques normales de tout amour conjugal naturel, mais avec une signification nouvelle qui, non seulement les purifie et les consolide, mais les élève au point d’en faire l’expression de valeurs proprement chrétiennes " (FC 13).

 

L’unité et l’indissolubilité du mariage

 

1644 L’amour des époux exige, par sa nature même, l’unité et l’indissolubilité de leur communauté de personnes qui englobe toute leur vie : " ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair " (Mt 19, 6 ; cf. Gn 2, 24). " Ils sont appelés à grandir sans cesse dans leur communion à travers la fidélité quotidienne à la promesse du don mutuel total que comporte le mariage " (FC 19). Cette communion humaine est confirmée, purifiée et parachevée par la communion en Jésus-Christ donnée par le sacrement de Mariage. Elle s’approfondit par la vie de la foi commune et par l’Eucharistie reçue en commun.

 

1645 " L’égale dignité personnelle qu’il faut reconnaître à la femme et à l’homme dans l’amour plénier qu’ils se portent l’un à l’autre fait clairement apparaître l’unité du mariage, confirmée par le Seigneur " (GS 49, § 2). La polygamie est contraire à cette égale dignité et à l’amour conjugal qui est unique et exclusif (cf. FC 19).

 

La fidélité de l’amour conjugal

 

1646 L’amour conjugal exige des époux, de par sa nature même, une fidélité inviolable. Ceci est la conséquence du don d’eux-mêmes que se font l’un à l’autre les époux. L’amour veut être définitif. Il ne peut être " jusqu’à nouvel ordre ". " Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l’entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité " (GS 48, § 1).

 

1647 Le motif le plus profond se trouve dans la fidélité de Dieu à son alliance, du Christ à son Église. Par le sacrement de mariage les époux sont habilités à représenter cette fidélité et à en témoigner. Par le sacrement, l’indissolubilité du mariage reçoit un sens nouveau et plus profond.

 

1648 Il peut paraître difficile, voire impossible, de se lier pour la vie à un être humain. Il est d’autant plus important d’annoncer la bonne nouvelle que Dieu nous aime d’un amour définitif et irrévocable, que les époux ont part à cet amour, qu’il les porte et les soutient, et que par leur fidélité ils peuvent être les témoins de l’amour fidèle de Dieu. Les époux qui, avec la grâce de Dieu, donnent ce témoignage, souvent dans des conditions bien difficiles, méritent la gratitude et le soutien de la communauté ecclésiale (cf. FC 20).

 

1649 Il existe cependant des situations où la cohabitation matrimoniale devient pratiquement impossible pour des raisons très diverses. En de tels cas, l’Église admetla séparation physique des épouxet la fin de la cohabitation. Les époux ne cessent pas d’être mari et femme devant Dieu ; ils ne sont pas libres de contracter une nouvelle union. En cette situation difficile, la solution la meilleure serait, si possible, la réconciliation. La communauté chrétienne est appelée à aider ces personnes à vivre chrétiennement leur situation, dans la fidélité au lien de leur mariage qui reste indissoluble (cf. FC 83 ;   CIC, can. 1151-1155).

 

1650 Nombreux sont aujourd’hui, dans bien des pays, les catholiques qui ont recoursau divorce selon les lois civileset qui contractent civilement une nouvelle union. L’Église maintient, par fidélité à la parole de Jésus Christ (" Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère à l’égard de la première ; et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère " : Mc 10, 11-12), qu’elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le premier mariage l’était. Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. Dès lors ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation. Pour la même raison ils ne peuvent pas exercer certaines responsabilités ecclésiales. La réconciliation par le sacrement de pénitence ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et se sont engagés à vivre dans une continence complète.

 

1651 A l’égard des chrétiens qui vivent en cette situation et qui souvent gardent la foi et désirent élever chrétiennement leurs enfants, les prêtres et toute la communauté doivent faire preuve d’une sollicitude attentive, afin qu’ils ne se considèrent pas comme séparés de l’Église, à la vie de laquelle ils peuvent et doivent participer en tant que baptisés :

On les invitera à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux œuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l’esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d’implorer, jour après jour, la grâce de Dieu (FC 84).

 

L’ouverture à la fécondité

 

1652 " C’est par sa nature même que l’institution du mariage et l’amour conjugal sont ordonnés à la procréation et à l’éducation qui, tel un sommet, en constituent le couronnement " (GS 48, § 1) :

Les enfants sont le don le plus excellent du mariage et ils contribuent grandement au bien des parents eux-mêmes. Dieu lui-même qui a dit : " Il n’est pas bon que l’homme soit seul " (Gn 2, 18) et qui " dès l’origine a fait l’être humain homme et femme " (Mt 19, 4), a voulu lui donner une participation spéciale dans son œuvre créatrice ; aussi a-t-il béni l’homme et la femme, disant : " Soyez féconds et multipliez-vous " (Gn 1, 28). Dès lors, un amour conjugal vrai et bien compris, comme toute la structure de la vie familiale qui en découle, tendent, sans sous-estimer pour autant les autres fins du mariage, à rendre les époux disponibles pour coopérer courageusement à l’amour du Créateur et du Sauveur qui, par eux, veut sans cesse agrandir et enrichir sa propre famille (GS 50, § 1).

 

1653 La fécondité de l’amour conjugal s’étend aux fruits de la vie morale, spirituelle et surnaturelle que les parents transmettent à leurs enfants par l’éducation. Les parents sont les principaux et premiers éducateurs de leurs enfants (cf. GE 3). En ce sens, la tâche fondamentale du mariage et de la famille est d’être au service de la vie (cf. FC 28).

 

1654 Les époux auxquels Dieu n’a pas donné d’avoir des enfants, peuvent néanmoins avoir une vie conjugale pleine de sens, humainement et chrétiennement. Leur mariage peut rayonner d’une fécondité de charité, d’accueil et de sacrifice.

 

L’Église domestique

 

1655 Le Christ a voulu naître et grandir au sein de la Sainte Famille de Joseph et de Marie. L’Église n’est autre que la " famille de Dieu ". Dès ses origines, le noyau de l’Église était souvent constitué par ceux qui, " avec toute leur maison ", étaient devenus croyants (cf. Ac 18, 8). Lorsqu’ils se convertissaient, ils désiraient aussi que " toute leur maison " soit sauvée (cf. Ac 16, 31 et 11, 14). Ces familles devenues croyantes étaient des îlots de vie chrétienne dans un monde incroyant.

 

1656 De nos jours, dans un monde souvent étranger et même hostile à la foi, les familles croyantes sont de première importance, comme foyers de foi vivante et rayonnante. C’est pour cela que le IIe Concile du Vatican appelle la famille, avec une vielle expression, " Ecclesia domestica " (LG 11 ; cf. FC 21). C’est au sein de la famille que les parents sont " par la parole et par l’exemple ... pour leurs enfants les premiers hérauts de la foi, au service de la vocation propre de chacun et tout spécialement de la vocation sacrée " (LG 11).

 

1657 C’est ici que s’exerce de façon privilégiée lesacerdoce baptismal du père de famille, de la mère, des enfants, de tous les membres de la famille, " par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâce, le témoignage d’une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité effective " (LG 10). Le foyer est ainsi la première école de vie chrétienne et " une école d’enrichissement humain " (GS 52, § 1). C’est ici que l’on apprend l’endurance et la joie du travail, l’amour fraternel, le pardon généreux, même réitéré, et surtout le culte divin par la prière et l’offrande de sa vie.

 

1658 Il faut encore faire mémoire de certaines personnes qui sont, à cause des conditions concrètes dans lesquelles elles doivent vivre – et souvent sans l’avoir voulu, – particulièrement proches du cœur de Jésus et qui méritent donc affection et sollicitude empressée de l’Église et notamment des pasteurs : le grand nombre depersonnes célibataires. Beaucoup d’entre elles restent sans famille humaine, souvent à cause des conditions de pauvreté. Il y en a qui vivent leur situation dans l’esprit des Béatitudes, servant Dieu et le prochain de façon exemplaire. A elles toutes il faut ouvrir les portes des foyers, " Églises domestiques ", et de la grande famille qu’est l’Église. " Personne n’est sans famille en ce monde : l’Église est la maison et la famille de tous, en particulier de ceux qui ‘peinent et ploient sous le fardeau’ (Mt 11, 28) " (FC 85).

 

EN BREF

 

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1659 S. Paul dit : " Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église... Ce mystère est de grande portée ; je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église " (Ep 5, 25. 32).

 

1660 L’alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une intime communauté de vie et d’amour, a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur. De par sa nature elle est ordonnée au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants. Elle a été élevée entre baptisés par le Christ Seigneur à la dignité de sacrement (cf. GS 48, § 1 ;   CIC, can. 1055, § 1).

 

1661 Le sacrement du mariage signifie l’union du Christ et de l’Église. Il donne aux époux la grâce de s’aimer de l’amour dont le Christ a aimé son Église ; la grâce du sacrement perfectionne ainsi l’amour humain des époux, affermit leur unité indissoluble et les sanctifie sur le chemin de la vie éternelle (cf. Cc. Trente : DS 1799).

 

1662 Le mariage se fonde sur le consentement des contractants, c’est à dire sur la volonté de se donner mutuellement et définitivement dans le but de vivre une alliance d’amour fidèle et fécond.

 

1663 Puisque le mariage établit les conjoints dans un état public de vie dans l’Église, il convient que sa célébration soit publique, dans le cadre d’une célébration liturgique, devant le prêtre (ou le témoin qualifié de l’Église), les témoins et l’assemblée des fidèles.

 

1664 L’unité, l’indissolubilité et l’ouverture à la fécondité sont essentielles au mariage. La polygamie est incompatible avec l’unité du mariage ; le divorce sépare ce que Dieu a uni ; le refus de la fécondité détourne la vie conjugale de son " don le plus excellent ", l’enfant (GS 50, § 1).

 

1665 Le remariage des divorcés du vivant du conjoint légitime contrevient au Dessein et à la Loi de Dieu enseignés par le Christ. Ils ne sont pas séparés de l’Église, mais ils ne peuvent accéder à la communion eucharistique. Ils mèneront leur vie chrétienne notamment en éduquant leurs enfants dans la foi.

 

1666 Le foyer chrétien est le lieu où les enfants reçoivent la première annonce de la foi. Voilà pourquoi la maison familiale est appelée à bon droit " l’Église domestique ", communauté de grâce et de prière, école des vertus humaines et de la charité chrétienne.

 

 

Merci chers amis de m'avoir lu. Maintenant il vous appartient de vous « positionner » par rapport à ces articles du Catéchisme de l'Église catholique. Bien amicalement,

Bernard  

 

 

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Et si c'était le mariage qui n'avait plus de sens ?

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Le mariage homosexuel...

 

Oui ? Non ? Peut-être, mais sous conditions ?
Mais s'est-on posé la bonne question ? Comment et pourquoi en est-on arrivé là ? Les mêmes qui réclament à grands cris les mêmes droits pour tous ne luttaient-ils pas naguère contre un mariage institutionnel contraignant qui émanait, selon eux, de lois iniques parfaitement dépassées. 
Finalement, ne vaudrait-il pas mieux se poser la question des origines de cette loi attendue par une minorité. Je le crains pour ses composants bientôt comptés parmi les pires réactionnaires rétrogrades. 
Lisez plutôt ces quelques textes, un peu anciens, un petit florilège de brûlots qui défrayèrent la chronique à une époque où les intellectuels voulaient se défaire de ce carcan bourgeois. Je parle bien du mariage qu'on veut faire passer aujourd'hui pour révolutionnaire. 
La loi n'est décidément que le reflet d'un étape temporaire dans une évolution en mouvement perpétuel (vers l'avant ou vers l'arrière) : un texte normatif imposé par une société donnée en un temps déterminé. Si ce n'est que ça, cette « nouveauté à scandale » ne devrait durer que le temps de grands titres dans la presse du même genre. Pas de panique ! 
  

Bernard Bonnejean

 

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LA FORCE DE L’ÂGE

 

En vérité, je redoutais la solitude beaucoup plus que je n'y aspirais. Le moment vint où je dus solliciter un poste : on m'assigna Marseille, et je fus atterrée. J'avais envisagé des exils plus déchirants mais sans jamais tout à fait y croire ; et soudain, c'était vrai : le 2 octobre [1931], je me retrouvais à plus de huit cents kilomètres de Paris. Devant ma panique, Sartre proposa de réviser nos plans : si nous nous mariions, nous bénéficierions d'un poste double et somme toute cette formalité ne porterait pas gravement atteinte à notre manière de vivre. Cette perspective me prit au dépourvu. Jusqu'alors, nous n'avions pas même envisagé de nous enchaîner à des habitudes communes : l'idée de nous marier ne nous avait donc pas effleurés. Par principe, elle nous offusquait. Sur bien des points nous hésitions, mais notre anarchisme était aussi bon teint et aussi agressif que celui des vieux libertaires ; il nous incitait, comme eux, à refuser l'ingérence de la société dans nos affaires privées. Nous étions hostiles aux institutions parce que la liberté s'y aliène, et hostiles à la bourgeoisie d'où elles émanaient : il nous paraissait normal d'accorder notre conduite à nos convictions. Le célibat pour nous allait de soi. Seuls de puissants motifs auraient pu nous décider à plier devant des conventions qui nous répugnaient.

Mais précisément, voilà qu'il en surgissait un puisque l'idée de partir pour Marseille me jetait dans l'anxiété ; dans ces conditions, disait Sartre, il était stupide de sacrifier à des principes. Je dois dire que pas un instant je ne fus tentée de donner suite à sa suggestion. Le mariage multiplie par deux les obligations familiales et toutes les corvées sociales. En modifiant nos rapports à autrui, il eût fatalement altéré ceux qui existaient entre nous. Le souci de préserver ma propre indépendance ne pesa pas lourd ; il m'eût paru artificiel de chercher dans l'absence une liberté que je ne pouvais sincèrement retrouver que dans ma tête et mon cœur. Mais je voyais combien il en coûtait à Sartre de dire adieu aux voyages, à sa liberté, à sa jeunesse, pour devenir professeur en province, et, définitivement, un adulte ; se ranger parmi les hommes mariés, c'eût été un renoncement de plus. Je savais aussi combien j'étais accessible aux remords et combien je les détestais. La plus élémentaire prudence m'interdisait de choisir un avenir qu'ils eussent risqué d'empoisonner. Je n'eus pas même à délibérer, je n'hésitai pas, je ne calculai pas, ma décision se prit sans moi.

Un seul motif eût pesé lourd pour nous convaincre de nous infliger ces liens qu'on dit légitimes : le désir d'avoir des enfants ; nous ne l'éprouvions pas.

Simone de Beauvoir, La Force de l'âge, Gallimard, 1960.

 

 

LA NON-DEMANDE EN MARIAGE

 

 

 

Laissons le champ libre à l'oiseau

Nous serons tous les deux

Prisonniers sur parole

Au diable les maîtresses-queux

Qui attachent les cœurs aux queues

Des casseroles

 

REFRAIN

J'ai l'honneur de

Ne pas te demander ta main

Ne gravons pas

Nos nomsau bas

D'un parchemin

 

M'amie de grâce ne mettons

Pas sous la gorge deCupidon

Sa propre flèche

Tant d'amoureux ont essayé

Qui de leur bonheur ont payé

Ce sacrilège

 

AU REFRAIN

 

Il peut sembler de tout repos

De mettre à l'ombre au fond d'un pot

De confiture

La jolie pomme défendue

Mais elle est cuite elle a perdu

Son goût nature

 

AU REFRAIN

 

On leur ôte bien des attraits

En dévoilant trop les secrets

De Mélusine

L'encre des billets doux pâlit

Vite entre les feuillets des livres

De cuisine

 

AU REFRAIN

 

Vénus se fait vieille souvent

Elle perd son latin devant

La lèche-frite

À aucun prix moi je ne veux

Effeuiller dans le pot-au-feu

La marguerite

 

AU REFRAIN

 

De servante n'ai pas besoin

Et du ménage et de ses soins

Je te dispense

Qu'en éternelle fiancée

À la dame de mes pensées

Toujours je pense

 

Georges Brassens, « La non-demande en mariage », Seghers, 1970.

 

LA CONJUGALITÉ S’APPREND

 

Autrement : Gilbert Tordjman, vous avez écrit en 1971 L'Aventure du couple (Denoël). Que peut-on dire aujourd'hui du mariage ou de la vie maritale ?

Gilbert Tordjman : En Occident, jusqu'en 1975-1980, nous étions dans une période de consommation : les hommes et les femmes multipliaient les expériences, ce qui leur permettait de se valoriser : à mes consultations, ils venaient avec des carnets remplis des noms de leurs « prestigieuses conquêtes ». Le couple constituait alors une véritable aventure avec l'élément de promiscuité qui le caractérise.

Depuis les années 80, nous sommes entrés dans une deuxième phase de consommation. Les hommes et les femmes privilégient une quête de la qualité de vie à l'encontre du cumul et de la boulimie des expériences. Il y a un repli vers les valeurs affectives, avec un goût prononcé pour la monogamie. Il ne s'agit pas d'un retour à des valeurs anciennes, et c'est un phénomène indépendant de la peur du sida. Car, si le sida effraie, les gens ont modifié leurs pratiques mais non leurs attitudes générales.

 

Vont-ils éventuellement refréner des tendances donjuanesques ?

Non. Mais pour bien comprendre le couple d'aujourd'hui, il faut voir que nous sommes toujours dans une société hédoniste et narcissique, malgré un retour aux valeurs affectives. Les gens « crèvent » d'un besoin d'amour, mais privilégient aussi avant tout l'épanouissement et la réalisation de toutes les facettes de leur personnalité ainsi que leur plaisir personnel au détriment de la cohésion de la cellule conjugale.

Parallèlement, on demande au couple monogame d'assurer l'épanouissement personnel de chaque conjoint. On observe alors ce paradoxe. Les gens veulent vivre en couple dans la fidélité et dans la durée mais jamais le nombre de divorces n'a été aussi important : un ménage sur deux dans la région parisienne, un sur trois dans la France entière. J'appelle cela une monogamie séquentielle...

 

Faites-vous une différence entre le couple marié et le couple non marié ?
Non. On constate que le nombre de cohabitations prénuptiales a augmenté et que le nombre de mariagesa baissé. Or, les conjoints sont aussi fidèles dans l'un ou l'autre cas, alors qu'une cohabitation libre pourrait laisser supposer une liberté plus grande. Mais quand les couples qui vivent ensemble depuis trois ou quatreans décident « d'officialiser » (de se marier), des problèmes nouveaux apparaissent ; ils consultent. En effet, les liens sont moins profonds dans la cohabitation prénuptiale. On se met ensemble pour éviter la solitude, la recherche de partenaires, ou pour s'aider à se libérer du milieu familial (ce qui est parfois difficile à faire seul).

Il n'y a pas la même communauté, le même contrat conjugal entre les couples qui cohabitent et les couples officialisés, sanctionnés par la société, et qui partagent davantage les questions de budget, de travail, d'enfants.

Si les gens cohabitent autant sans se marier, c'est à cause de cette société narcissique, pour préserver la possibilité de réaliser toutes les facettes de leur personnalité. Ils ont peur du mariage qu'ils voient comme une institution désérotisante (dans la mesure où l'autre vous appartient sans que vous puissiez y échapper), antinomique de la réalisation personnelle et professionnelle.

 

Gilbert Tordjman, « La conjugalité s'apprend », entretien, in Autrement, série Mutations n° 105, Mariage, mariages, mars 1989

 

 

LA NUPTIALITE SORTIE DE L’ÂGE D’OR

À partir des années 70, une évolution générale des comportements, traduite par l'augmentation des divorces et de l'union libre, la baisse de la fécondité, redéfinit les liens matrimoniaux. Aujourd'hui, on observe que les exigences de l'amour sont moins compatibles avec l'idée de contrat. Absolu et éphémère, l'amour crée le couple, mais le nouveau « mariage » est fragile et instable, les atteintes affectives, sexuelles et matérielles qui pèsent sur lui ne laissent guère de place au compromis : la possibilité de la rupture est inscrite à l'origine même de l'union. Mariage et union libre ne sont désormais plus deux modèles antithétiques. Plusieurs formes d'union, stables ou précaires, coexistent.

Parallèlement, le divorce aussi a changé, même s'il ne constitue pas une situation nouvelle. À la Révolution, un contrat de la société civile rem­place le sacrement du mariage religieux et indissoluble. Ce contrat pouvait se rompre librement jusqu'à ce que, en 1804, Napoléon institue la faute grave comme seul motif de rupture. Cette loi anachronique (en vigueur jusqu'en 1975 !) a fait long feu avec la promulgation d'une nouvelle loi entérinant l'évolution des comportements : le nombre des divorces, en augmentation depuis 1966, en est considérablement accru. Aux divorces « à l'ancienne », sanctionnant une séparation de fait ou une rupture pour faute grave, s'ajoutent les divorces par consentement mutuel de couples jeunes qui refusent les situations fausses ou hypocrites. Il n'y a plus « un » mais « des » divorces. Déculpabilisé par la loi, il s'inscrit dans un système de valeurs sociales et concerne un mariage sur six en 1975, un mariage sur trois en 1980.

Le maintien d'un fort taux de divorces depuis dix ans révèle la nouvelle philosophie de l'union : le lien matrimonial n'est plus une contrainte. Le « nouveau » divorce souligne la fragilité, la précarité de l'union à ses débuts. Intégré dans la vie familiale, il est souvent suivi par l'union libre : son impact sur les pratiques matrimoniales est incontestable.

 

Brigitte Ouvry-Vial et Monique Ravenet,

« La nuptialité sortie de l'âge d'or », in Autrement, série Mutations n°105, Mariage, mariages, mars 1989.

 

LA COMPLAINTE DU PROGRES

 

 

 


Autrefois pour faire sa cour
On parlait d'amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son coeur
Maintenant c'est plus pareil
Ça change ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l'oreille

Ah Gudule, viens m'embrasser, et je te donnerai...

Un frigidaire, un joli scooter, un atomixer
Et du Dunlopillo
Une cuisinière, avec un four en verre
Des tas de couverts et des pelles à gâteau!
Une tourniquette pour faire la vinaigrette
Un bel aérateur pour bouffer les odeurs
Des draps qui chauffent
Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux...
Et nous serons heureux!

Autrefois s'il arrivait
Que l'on se querelle
L'air lugubre on s'en allait
En laissant la vaisselle
Maintenant que voulez-vous
La vie est si chère
On dit: "rentre chez ta mère"
Et on se garde tout

Ah Gudule, excuse-toi, ou je reprends tout ça...

Mon frigidaire, mon armoire à cuillers
Mon évier en fer, et mon poêle à mazout
Mon cire-godasses, mon repasse-limaces
Mon tabouret-à-glace et mon chasse-filous!
La tourniquette, à faire la vinaigrette
Le ratatineur dur et le coupe friture

Et si la belle se montre encore rebelle
On la ficelle dehors, pour confier son sort...

Au frigidaire, à l'efface-poussière
A la cuisinière, au lit qu'est toujours fait
Au chauffe-savates, au canon à patates
A l'éventre-tomate, à l'écorche-poulet!

Mais très très vite
On reçoit la visite
D'une tendre petite
Qui vous offre son coeur

Alors on cède
Car il faut qu'on s'entraide
Et l'on vit comme ça jusqu'à la prochaine fois
Et l'on vit comme ça jusqu'à la prochaine fois
Et l'on vit comme ça jusqu'à la prochaine fois

 

Boris Vian, « La complainte du progrès », in Autrement, série Mutations n°105, Mariage, mariages, mars 1989.

Alors, finalement, le mariage homosexuel, oui ou non ? Je persiste à dire non pour des raisons qui me sont propres, mais je dirai, comme j'ai toujours dit à chaque réforme imbécile imposée par nos gouvernants : « Une génération sacrifiée avant le retour à la normale ». Ne hurlez pas ! La « normale » du temps présent, bien entendu... Quant à la génération sacrifiée, non seulement elle est consentante mais elle en redemande. 

Bien amicalement, 


Bernard
 

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