La théorie du genre : notre société en grave danger !!!

Publié le par Bernard Bonnejean



La théorie du genre s'invite au lycée

 

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Les nouveaux programmes de SVT (Sciences et Vie de la Terre) des Premières ES et L font référence à la « théorie du genre ». Une idéologie qui contredit la conviction chrétienne que l'on naît garçon ou fille. Et que Dieu créa l'homme et la femme l'un pour l'autre, pour qu'ils s'aiment et qu'ils transmettent la vie.
 

Que s'est-il passé ?



Dans un courrier daté du 27 mai 2011, le Secrétariat général de l'Enseignement catholique invite les chefs d'établissements au discernement quant au choix des manuels de SVT (Sciences et Vie de la Terre) pour les classes de 1ères ES et L. En effet, la réforme des programmes concerne notamment la sexualité humaine. Le chapitre intitulé « devenir homme ou femme » « privilégie le « genre » considéré comme une pure construction sociale, sur la différence sexuelle. L'identité masculine ou féminine, selon cette théorie, n'est donc pas un donné anthropologique mais une orientation » explique Claude Berruer, son Secrétaire général adjoint.
 

 

Qu'en pense l'Église catholique ?


« Les responsables de l'Enseignement catholique sont pleinement dans leur mission quand ils interpellent ces contenus, écrit Mgr Bernard Podvin, Porte-parole des évêques de France, dans l'hebdomadaire Famille Chrétienne à paraître le 11 juin. Ce qui me préoccupe le plus est que l'on distille, dans les années lycéennes où la pensée ne fait que se forger, un subjectivisme et un relativisme. Sous argument que tout serait culturel, une manière de parler de la sexualité aurait été hégémonique et serait donc, aujourd'hui, à remplacer par une anthropologie alternative ? Qui dira aux jeunes et aux adultes que l'être humain a vocation à être unifié ? A la lumière de notre vie spirituelle, nous redisons avec Benoît XVI que le masculin et le féminin se révèlent comme faisant ontologiquement partie de la création ».


"L'enseignement des théories du genre : une dérive dangereuse", par Mgr Ginoux


 

C'est par l'introduction de cours sur les théories du genre (gender), à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) que l'on voit le développement de ces idées. Mais plus surprenant est leur introduction dans les programmes scolaires des classes de première en SVT (Sciences de la vie et de la terre). La réflexion qui suit s'efforce de situer les enjeux de ces théories.


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Lorsque, en 1949, Simone de Beauvoir, publie Le deuxième sexe, le lecteur peut lire cette phrase aujourd'hui bien connue : « On ne naît pas femme, on le devient ». A cette époque elle n'eut pas grande portée sinon chez les intellectuels « branchés » et dans le courant féministe. Depuis, essentiellement aux Etats-Unis, ce courant féministe s'est considérablement développé et un nouveau féminisme est allé plus loin à la fin du XXè siècle. Ces analyses affirment que le combat pour l'égalité des sexes ne s'est pas affranchi de l'identité sexuelle et reste donc dans un concept de domination de l'homme, elles expliquent que c'est le milieu, la culture qui vont déterminer le « genre ». Ce mot « genre » permet de ne pas lier le « sexe » et le rôle que la société imposerait au « féminin » ou au « masculin ».
 

En très bref résumé cela voudrait dire que chacun, selon sa volonté, se construit, chacun s'invente et peut avoir des choix alternatifs de sexualité. Ces théories s'inscrivent dans la pensée que la nature, le donné sexué serait une contrainte dont la société post-moderne doit se libérer. L'une des grandes théoriciennes de ces études sur le genre ( « gender studies ») est Judith Butler dont le livre(1) paru aux USA en 1990 a été traduit en français en 2005. Une interview de l'Express du 6 juin 2005 donne la pensée de l'auteur : la masculinité et la féminité sont une construction sociale, nous apprenons dès l'enfance à jouer un rôle, à assumer la fonction « homme » ou la fonction « femme ». Cette analyse conduit donc à reformuler sa propre identité et à la remettre en question.
 

Les conséquences de ces approches de l'identité sexuelle


Il faut d'abord reconnaître que, effectivement, la culture, ce qui est acquis, participe à la construction de notre sexualité mais le refus de l'inné est un radicalisme de la pensée qui affirme que s'il n'y avait pas « un concept de femme, les femmes ne seraient pas opprimées ». Il est bien vrai que la condition féminine a subi et subit encore beaucoup trop des dominations mais peut-on en voir la cause dans le concept de femme? Nous sommes là dans l'idée, dans l'abstraction. Pour nos théoriciennes il faut déconstruire ces principes.
 

Il y a là une grave question pour la société. Le refus de la différence homme/femme laisse chaque personne décider de ce qu'elle est : il n'y a plus un donné avec lequel nous apprenons à vivre, il n'y a donc plus de création : je me crée selon mon inspiration pour prendre la fonction, le rôle social que je veux. Il y aurait donc toute possibilité de couple, toute forme d'union, tout mariage possible.
 

Comment une société peut-elle se fonder sans cette distinction homme/femme ?


De nombreux psychologues, philosophes, sociologues ont répondu que c'était une vue de l'esprit. Mais il y a encore à expliciter davantage la place du créé dans notre humanité.
 
De ces théories vient aussi l'affirmation d'un « droit à l'enfant » reconnu pour toutes les personnes qui le souhaitent. Cette revendication favorise évidemment la libéralisation de la gestation pour autrui (ou mères-porteuses) de toutes les techniques de procréation médicalement assistée et des adaptations nécessaires des lois.
 
Il est facile de voir qu'une autre de ces conséquences est la déconstruction de la famille puisqu'elle n'est plus fondée sur la relation entre un homme et une femme et la procréation. Dans cette pensée la famille est à construire selon la situation de chacun. Bien entendu le rôle maternel est indifféremment porté par un homme ou une femme. Toute la question de la filiation est donc en jeu et l'on peut se demander comment structurer la psychologie des enfants dans un tel contexte. Il faut simplement souligner que, précisément, la volonté exprimée est de ne pas construire la personnalité de l'enfant.
 

Le questionnement


Ce sujet est grave et pose les principes d'une société qui, refusant la nature et donc la création, fait de l'être humain son propre créateur, se choisissant sa sexualité et organisant son mode de vie à partir de ce choix. Il est abusif de le lier à la dignité de la femme et à sa reconnaissance. C'est la dignité de toute personne humaine qui fonde une société. Lorsque les manuels scolaires conduisent les élèves vers des voies dangereuses nous avons à réagir : c'est aussi notre liberté et l'Enseignement catholique ne peut accepter d'être contraint dans ses choix éthiques.

Il est donc urgent de réfléchir à ces questions, d'autant que, par le biais de l'ONU, les Organisations non gouvernementales vont être obligées de les valider dans leur programme. Pour nos enfants, pour la santé de nos sociétés et pour le sens de nos vies nous avons à refuser cette nouvelle forme de dictature.



Pour conclure, je voudrais simplement rappeler cette définition de la famille telle que je l'ai trouvée dans un extrait du message du Conseil permanent de la Conférence des Evêques de France en novembre 2006 :
 

La famille est la cellule de base de la communauté humaine. Elle peut changer de taille, de visage, elle n'en demeure pas moins essentielle. L'homme et la femme ont besoin d'aimer, d'être reconnus et aimés tels qu'ils sont. La famille est le premier lieu où les hommes et les femmes apprennent la confiance en eux-mêmes et la confiance dans les autres. La famille permet, en effet, de découvrir que chacun a sa place dans une histoire, dans un réseau, sans avoir à le mériter, dans le respect des différences particulières : âge, sexe, qualités ou faiblesses.

 

 

Qu'ajouter de plus, c'est-à-dire de mieux ? 

Amicalement,

Bernard 

Publié dans vie en société

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