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C'est pas un peu fini votre ramdam ???

Publié le par Bernard Bonnejean


Eloge de la patience en période de Ramadan

Pour le moment, je manque de temps. Alors je vous laisse suivre un cours coranique sur

LA PATIENCE !!!








 

 


LA PATIENCE (AS-SABR) session 3 [série: le coeur en action]
par jannahtv








 



LA PATIENCE (AS-SABR) session 4 [série: le coeur en action]
par jannahtv






Y'aura récitation écrite, coeff 2, ça comptera dans la moyenne du premier trimestre. Inutile de protester ! Je ne veux rien entendre ! Déjà bien que je vous prévienne !


Tryphon, prenez la porte immédiatement ! Vous ne rentrerez que quand vous aurez un billet signé de M. Grouard. L'exemple de votre camarade Antoine Fansolo ne vous a pas donc pas servi de leçon ?!!

Que voulez-vous, Mademoiselle Leveleux ? Déposer une motion ? En tant que déléguée de classe ? Quand comprendrez-vous qu'ici la loi c'est moi ! Alors, taisez-vous et asseyez-vous ! Vous vous croyez à La Rochelle, ma parole !!

Que vous apprend-on à Orléans ? Cessez, je vous prie, sinon vous serez grillés !

Allez ! Ne faites pas la mauvaise tête ! Je vais vous faire une petite étude en rose en l'honneur du PS nouveau :


« Encombré de puretés impossibles » (p. 89), Péguy se distancie progressivement d’un certain socialisme « intellectuel et parlementaire » (p. 86). En 1904, il rompt avec JAURÈS. Absent désormais des Cahiers de la quinzaine devenus l’organe du « parti Péguy » (selon le mot d’humour de leur éditeur), JAURÈS fonde L’Humanité… PÉGUY exerce sa plume mordante et gourmande de néologismes sur le problème « de la grippe » politique : « Nous, quand un parti est malade, nous nous gardons soigneusement de faire venir les médecins : ils pourraient diagnostiquer les ambitions individuelles aiguës, la boulangite, l’unitarite, l’électolâtrie, mieux nommée ainsi : électoroculture… » (I, 406. Voir De la grippe, Encore de la grippe, Toujours de la grippe). Il y reviendra dans Notre jeunesse : « Tout commence en mystique et finit en politique… Mais quand on voit ce que la politique cléricale a fait de la mystique chrétienne, comment s’étonner de ce que la politique radicale a fait de la mystique républicaine ? » (III, 20 et 21). [Esprit & Vie n°62 / juillet 2002 - 2e quinzaine, p. 26-27, article de Cécile Rastoin, à propos de LEPLAY, Michel, Charles Péguy, Paris, Éd. Desclée de Brouwer, 1998. – (12x19), 200 p., 14, 94 €].

 

 



A bientôt, les Amis, et bon Ramadan à ceux qui le font


Bernard Bonnejean

Publié dans religion

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Trois jours en terre nagy-bocsonne, chapitre 3

Publié le par Bernard Bonnejean


ou les tribulations d'un Français en France

Peut-on trouver pire importun que l'individu à la recherche de ses lunettes ? Il fouille tout haut dans sa mémoire à qui il semble s'adresser comme à un autre lui-même, tourne dans tous les sens sans aucun ordre ni méthode. D'ailleurs le voudrait-il qu'il ne le pourrait pas, puisqu'il n'a pas ses lunettes... Il s'en veut de les avoir égarées, puis las de ce mea culpa entêtant, il finit par retourner son amertume contre son entourage qui aurait pu faire attention, aurait pu lui signaler qu'il allait les perdre, aurait pu ne s'occuper que de ses lunettes puisque lui pendant ce temps avait vraiment autre chose à faire, aurait pu lui dire qu'il avait sur le nez des lunettes de soleil à la place de ses lunettes de vue, pourrait tout de même mettre un peu plus d'entrain et de gaieté à chercher ses lunettes, pourrait arrêter de ronchonner sans raison alors que c'est lui le plus gêné, tout de même...



Puis on finit par lui faire deviner où il les a laissées, ses lunettes. Dans la voiture ? Impossible ! A l'entendre c'est tout juste s'il n'a pas déposé le moteur au cas où ? Dans la poche de ton veston ou de ton pantalon ? Là, c'est la goutte d'eau, la chose à ne pas dire. On le croit assez bête pour avoir placé ses lunettes dans cet endroit si classique qu'il a eu la priorité de la fouille !! Et si c'était lors de l'accident ?? Mon Dieu, mais c'est bien sûr !! Pas grave, alors, il suffira de téléphoner demain à qui de droit. Tout de même ennuyeux d'assister aux offices de la veillée du 15 août avec des lunettes de soleil. Il me semble que l'archevêque me regarde d'un air qui en dit long. Du genre : s'il n'est pas aveugle, c'est qu'il a très mal aux yeux. Ou alors, il vient incognito. Ou alors... Au moment du tantat, le grand feu qu'on allume sur le tertre la veille de l'Assomption, c'est à peine si je vois la foule rassemblée autour de Mgr Gilson. Une décision s'impose : mieux vaut pas de lunettes que des lunettes qui font obstacle à la vue.



Sauf qu'il y a sept kilomètres du Tertre de la Clarté à l'hôtel, en pleine nuit campagnarde et que je suis le seul à savoir conduire. Ils furent très longs ces quelque sept petits kilomètres. A côté de moi, régnait un silence de mort, ou plutôt de condamnée à mort, coupé parfois de soupirs profonds qui en disaient long sur un état d'esprit gagné par la terreur. Et l'autre idiot du GPS qui me disait des âneries : "Tournez à gauche ! -- Imbécile, que je lui répondais, à gauche il n'y a pas de route !!!" Mais lui, imperturbable, comme à un enfant qui n'a pas voulu obéir : "Faites demi-tour le plus vite possible !"

Enfin, nous arrivons à l'hôtel et je regarde dans ma valise, pour la forme. Pas de lunettes ! Et je m'endors très vite, épuisé par cette première journée de "vacances", avec dans la tête des images de bonnes soeurs déguisées en gendarmes couchés dans l'herbe, guidés par un évêque recruteur de vocations très tardives, qui me demandent pourquoi j'ai des lunettes de soleil...



Le lendemain, 15 août, belle messe solennelle présidée par l'évêque et l'après-midi procession avec bannières brodées et costumes costarmoricains. Les jeunes filles tout en blanc ; les femmes mariées tout en noir. Un programme inscrit dans les traditions depuis des siècles. Une partie de dames, en quelque sorte : les blancs commencent.

Une digression que j'ai promise. Coucou les filles ! Je vous l'avais dit que je vous rendrai hommage sur mon blog. Le 15 août, difficile de manger à moindre coût. Je me dis, égoïstement : "Allons à Ladivision à l'extermarché local où c'est ouvert sept jours sur sept". Ne nous jetez pas la pierre, je vous prie ! A la fin du repas, j'appelle une des deux serveuses celle qui nous a reçus avec un beau sourire. Et on parle. Au cours de la conversation, courte, je lui demande si elle est mariée. Ce n'est pas pour ce que vous pensez ! Si sa collègue est mariée. Toutes les deux sont mariées et mères de famille. "Ah ! Et ça ne dérange pas votre mari et vos enfants que vous travailliez les dimanche et jours fériés ?" Et les deux de répondre, à l'unisson, qu'elles n'ont pas le choix, qu'on ne leur demande pas leur avis, que si elles ne sont pas contentes, c'est la porte. Et, le comble, qu'elles ne sont même pas payées en heures supplémentaires !!! J'apprends, enfin, que le patron et le chef sont absents, parce qu'ils sont partis... en congés !!! Salut les filles !! Vous avez le droit d'intervenir en bas si vous le voulez. Mais à votre place, je ne le ferai pas : le chômage a encore augmenté au mois de juillet... Quant aux promesses à la Sarko, vous savez à quoi vous en tenir.



Le 16 août, je pars en quête de mes lunettes. C'est un dimanche. Pas commode ! Je me rends à la gendarmerie de Plounisgant et je sonne à la permanence. Et je tombe sur une gendarmette, toute mignonnette, avec un grand révolver presqu'aussi grand que ses grands yeux clairs de blonde. La pluie s'est mise à tomber, un tout petit peu. Et je l'aborde avec mes lunettes de soleil. Visiblement, malgré son grand révolver, elle est morte de trouille devant cet hurluberlu inconnu dont on ne voit pas les yeux qui vient un dimanche après-midi pour soi-disant chercher des lunettes qu'il aurait perdues à plus de cent kilomètres de là. Elle téléphone à des collègues qui finissent par lui dire que j'aille à l'hôpital de Dinan pour récupérer mes lunettes. Les pompiers les ont peut-être confiées à l'une ou l'autre des blessées.

Nous irons donc demain à Dinan. Ce n'est pas trop la route pour rentrer à Laval, mais je dis à Momo qu'à défaut de lunettes, ça nous fera une balade. Pas plus convaincu qu'elle, d'ailleurs.


 

A suivre

Bernard Bonnejean

Publié dans vie en société

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Trois jours en terre nagy-bocsonne, chapitre 2

Publié le par Bernard Bonnejean


ou les tribulations d'un Français en France

Un détail d'une importance considérable. Tout en protégeant de mes mains le visage de Marie-Françoise inondé de soleil, je regarde opérer le pompier, sans vraiment le voir, en continuant un discours qui ne doit pas avoir beaucoup de sens. Puis je me lève d'un bond.


Une certitude, absolue : il n'y avait pas un tracteur, mais deux. J'en suis sûr. Le jeune homme que je viens de sermonner l'accusant d'avoir pris son engin pour une voiture de course n'est donc pas le seul coupable. D'ailleurs est-il coupable ? Je laisse tout le monde. Je passe la rambarde, je quitte la direction Rennes-Saint-Brieuc pour la direction Saint-Brieuc-Rennes. Je hèle le chef de gendarmerie qui me demande mon nom, part donner des ordres, mon adresse, repart donner des ordres, mon numéro de téléphone fixe, me laisse en plan, puis, après une réflexion malencontreuse et bête de ma part :

"Mon témoignage n'a pas l'air de vous intéresser plus que ça !"

auquel il a répondu, fort justement

"Vous permettez que je règle d'abord cette pagaille, avant de m'occuper de vous ?"

mon numéro de téléphone portable.

Fermer

null

Marc Le Fur, député, a scellé la pose de la première pierre de ma future gendarmerie de Plénée-Jugon, apportée par Jean-Jacques Bizien, président de Côtes-d'Armor Habitat (à gauche).


Pauvre gendarme ! On devine les kilomètres de bouchon, de part et d'autre, qu'il mettra des heures à gérer. Et il se fait houspiller par un civil impatient qui vient ajouter de la mauvaise humeur à un imbroglio tragique. Finalement, il me promet de me rappeler ou de me faire convoquer au commissariat de Laval. Je retourne à mes blessées.

Il y a du nouveau. La dame qui commande le groupe est maintenant cerclée de colliers de toutes sortes, pour la maintenir immobile. Je regarde son visage ensanglanté. Je lui demande si elle va bien. C'est le pompier qui me répond : "C'est une religieuse. Elle est très courageuse". Je me penche vers elle. Elle me prend les mains, le visage inondé de joie, et me dit : "Ah ! C'est vous !"

Le dialogue qui suit en agacera plus d'un. Il leur est permis d'arrêter là leur lecture.

"Ma Soeur, je suis très fier d'être catholique [Certains diront que j'aurais pu trouver mieux, mais, d'une part, c'est tout ce qui m'est venu sur le moment, et d'autre part, je le pensais vraiment quand je l'ai dit].

-- Je n'y suis pour rien. Pensez plutôt à la pauvre petite derrière. Nous l'emmenions pour une  promenade...

-- Je vous le promets, ma Soeur, nous allons au Pardon de Perros-Guirec, pour le 15 août, comme tous les ans. Nous penserons à vous pendant tout le pèlerinage.

-- Pensez surtout à Marie-Françoise, je vous en supplie !"





Je l'ai quittée à regret. Je suis allé saluer les deux autres victimes. Le jeune homme était déjà parti avec une première ambulance. J'ai serré la main du médecin, des pompiers et du propriétaire du cutter. Et nous sommes partis pour le pardon de Notre-Dame de la Clarté, de Perros-Guirec, avec des intentions très précises.

Nous sommes arrivés au Tertre de Ploumanach-La-Clarté juste à temps pour assister à la conférence de Mgr Gilson, ancien évêque du Mans, puis d'Auxerre, et des Missions de France. Fort intéressante, sa conférence ! Un rappel qui devrait en remuer plus d'un. L'Eglise compte deux sortes de prêtres : les professionnels et tous les baptisés ! Tout homme, toute femme qui a reçu le baptême est prêtre et doit exercer son sacerdoce dans la société et dans sa famille. Son premier devoir est de transmettre ce qu'on lui a donné, à commencer par sa foi. J'abrège mais j'y reviendrai peut-être.





Au moment de revenir à l'hôtel de Landevelec, je m'aperçois que je n'ai plus mes lunettes "de vue".

Cette constatation ouvrait un autre épisode : en quête de lunettes.

A suivre...

Bernard Bonnejean

Publié dans vie en société

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Trois jours en terre nagy-bocsonne

Publié le par Bernard Bonnejean


ou les tribulations d'un Français en France

Nous partîmes à deux ; et sans un prompt renfort
Nous nous vîmes tous deux en arrivant au port,
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés perdaient tout leur courage !

Pierrot en aurait menti ? Le nombre ne grossirait pas en proportion du kilométrage parcouru ? Le problème est trop complexe pour être résolu en quelques paragraphes.

Portrait anonyme de Pierre Corneille, Ch�teau de Versailles

En fait, vous ne sauriez rien des événements de ce congé dramatique sans mon blog. Aujourd'hui, je suis décidé à parler : soixante ans bientôt, la mauvaise réputation et le déshonneur déjà acquis s'ils doivent l'être auprès de mes ennemis, je n'ai plus rien à perdre à me montrer bavard. En outre, si je dois reconquérir un petit quelque chose du respect du temps où j'étais notable, ce récit devrait y contribuer car je puis me flatter de ne pas y avoir le mauvais rôle.

Ô combien d'actions, combien d'exploits célèbres
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres,
Où chacun, seul témoin de l'aide qu'il donnait,
Ne pouvait discerner où le sort inclinait !

Momo et moi partîmes donc le vendredi 14 août vers 13 heures. Nous faisions ainsi l'économie d'une gastronomie décidément trop chère malgré une TVA réduite, d'un menu bon marché mais gastritique à cause d'une TVA réduite, et, le comble en ce temps de crise, l'économie de nous-mêmes et de nos forces matutinales. Frais et dispos, riches de l'espérance en ce triduum attendu, nous nous précipitâmes sur Précieuse que nous prîmes d'assaut, à la hussarde.



Passons vite sur les premières verstes de cette Bérésina un peu embouchonnée. La quatre-voies de Laval à Saint-Brieuc présente la particularité de n'en avoir aucune.

Cependant, à quelques encablures de Lamballe, notre épopée commença. Parvenu au lieu-dit Plénée-Jugon, 48° 21′ 54″ de latitude Nord, 2° 23′ 57″ de longitude Ouest, superficie 62 km2, 2386 habitants, région Bretagne, département Côtes-d'Armor, arrondissement de Dinan, nous eûmes la sensation partagée de devoir assister à une horreur.





Laissons les journalistes faire leur travail :

Ouest-France

Dernière minute
16:50 - vendredi 14 août 2009

Plénée-Jugon - Le tracteur finit sa course sur la RN12 : quatre blessés légers


Grosse frayeur en début d’après-midi, sur la RN12, à hauteur de Langouhèdre, près de Plénée-Jugon, dans le sens Saint-Brieuc - Rennes. Un tracteur qui circulait sur la route départementale qui longe la quatre-voies a été surpris par un autre tracteur, arrivant d’une route perpendiculaire. Le premier chauffeur, qui transportait du blé dans sa remorque, a freiné, mais son véhicule s’est déporté sur la gauche, avant de finir sa course sur la RN12, la remorque renversée sur la chaussée. Une voiture qui circulait dans le sens Saint-Brieuc - Rennes a percuté la remorque. Les trois occupants du véhicule et le chauffeur du tracteur ont été légèrement blessés. Ils ont été conduits à l’hôpital de Saint-Brieuc par le SMUR et les pompiers.

Une déviation de 4km a été mise en place entre Langouhèdre et Sévignac. L’Equipement estimait un retour de la circulation à la normale vers 18h. A 16h30, il subsistait encore quelques kilomètres de bouchons avant le lieu de l’accident.


Autrement dit, à l'en croire le journaleux optimiste : much ado about nothing ! Une autre presse s'est tout de même donné la peine de prendre le drame en photo. Ce qui donne ceci :


Les secours ont mis plusieurs heures à dégager la chaussée. La situation est finalement redevenue normale dans la soirée. Photo Corentin Le Doujet

Cette photo du Télégramme montre la remorque qui a heurté la voiture. Je vous laisse deviner l'état réel dudit véhicule et surtout des "quatre blessés légers" dont il est question dans l'article. J'y reviendrai.

Mon sang n'a fait qu'un tour. Je me gare immédiatement sur la bretelle d'arrêt d'urgence et je cours vers la voiture, aux trois quarts renversée, dangereusement fumante, contre la rambarde médiane. Trois dames sont prisonnières à l'intérieur. En fait, nous ne les dénombrerons que plus tard, car au milieu de ce tas de ferraille, il est impossible de le savoir. Je suis immédiatement rejoint par deux autres conducteurs et nous arrivons à dégager les trois victimes que nous couchons à même l'herbe. Je n'ose même pas vous avouer que mon portable n'a plus de batterie. J'en pleurerais presque. L'une des victimes a le sien par terre : je ne sais pas m'en servir !!! Je n'ai ressenti cet état de complète inutilité qu'à la mort de mes proches. Mais cette fois, j'ai honte d'avoir oublié et de ne pas savoir.

Aussitôt après ce moment de dépression : première bonne nouvelle. L'un d'entre nous a eu la riche idée, je ne sais trop pourquoi, de s'armer d'un cutter pour son voyage. Lui, au moins, a été "inspiré". Son cutter inutile aura servi en la circonstance à couper les ceintures de sécurité et, peut-être, à sauver une ou des vies... Je l'ai toujours dans ma poche, cher Monsieur. Je le garderai précieusement pendant très longtemps. 

Il faut parler aux blessées, parler, parler, pour ne pas qu'elles aient trop peur, pour ne pas non plus qu'elles paniquent. Je parle, je parle, j'interroge et c'est moi qui prend peur. Peur que l'une d'elles flanche. Peur qu'elle bouge trop au risque de... je ne sais quoi. Enfin, un autre monsieur arrive. D'autorité, il prend les pieds de l'une. Je proteste. On m'a appris qu'il ne fallait pas toucher aux blessés. Il me regarde, tout souriant et me dit : "Je suis médecin. N'ayez aucune crainte !"

J'allais de tous côtés encourager les nôtres,
Faire avancer les uns et soutenir les autres,
Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour

Alors, je prends enfin le temps d'observer et de réfléchir. Ni les pompiers ni les gendarmes ne peuvent passer : un 14 août sur cette quatre-voies ! Il faudra donc qu'on se débrouille seuls plus longtemps que d'habitude.



Je vais voir les trois dames, l'une après l'autre : deux religieuses et une handicapée, Marie-Françoise, ma préférée, celle qui ne comprend pas tout, mais qui sourit calmement toute heureuse qu'on s'occupe si bien d'elle. Et le très jeune conducteur du tracteur qui s'entend répéter par l'une des victimes : "Mais qu'avez-vous fait ? Qu'avez-vous fait ?"

Voilà enfin les pompiers... qui ne savent trop s'il faut poser des atèles et des minerves. Deux écoles s'affrontent... devant les blessés. Notre médecin, toujours calme mais ferme, décide de prendre les choses en main. Il faut protéger les victimes, dit-il. Comme vous aviez raison, Docteur : aujourd'hui, lundi 24 août, Marie-Françoise est toujours à l'hôpital de Saint-Brieuc avec trois vertèbres brisées !!!!

Tout à coup, comme un éclair, un détail me revient.

A suivre...


Bernard Bonnejean



Publié dans vie en société

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Prochainement sur vos écrans

Publié le par Bernard Bonnejean


En avant-première mondiale





et





en version originale











le chef-d'oeuvre de Nanard








palmé au festival du Capitole



MISSION IMPOSSIBLE

A L'HÔPITAL DE DINAN




avec









Les deux soeurs ALACON dans le rôle des vieilles filles de l'accueil






Nanard dans son propre rôle de révolté dépassé







avec l'aimable participation de




A. GRIPPA






PROCHAINEMENT



SUR CET ECRAN


 




« Alors ? Ça vient ?

— Excusez le retard ! C’est le chef qu’a fait un malaise vagal mais faut pas l’dire parce que ça fait pas viril.

— Mais on s’en fout complètement, nous, du chef ! On amène les gosses pour voir le film avant la rentrée, c’est pas pour savoir comment qu’il va, vot’chef  !

— Repassez plutôt mardi prochain. Le temps qu’le chef… »

Publié dans vie en société

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Toubib et torbi

Publié le par Bernard Bonnejean

 

comme on dit chez les cathos qu'ont appris le latin
dans leur livre de messe de premiers communiants


Shihemi

 

Atā



إلى اللقاء



 

zie je nog wel



 

再見

 

vejo você



vi ses

 

Oui, je sais, je sais !!

видимо се



nägemist

 



vi ses

τα λέμε

 

Görüşürüz



Viszontlátásra

 

Увидимся



では、また



Qu'y puis-je ?  Qu'y puis-je ?

kita-kits



narak

 

nazdar



vi sees

 




ne mai vedem

увидимся

 

do zobaczenia




se vidiva

 

iki greito




แล้วเจอกัน

 

ci vediamo




 

hẹn gặp lại bạn

 






फिर मिलेंगे

bis bald

 

vémonos




виждам те

 

nos vemos




 

만나요

 

see you




 

נתראה

 

vidimo se




 

nähdään

 

ens veiem




à bientôt







































Moi, en tout cas, je suis ravi de vous connaître !

 














Finalement, on se plaisait bien ensemble, non ? Et si on se recollait  après le 20 août ?











Bernard Bonnejean



sampai jumpa



































Luttons pour l'égalité des droits !

















 

 


Si vous voulez une petite musique d'ambiance toute simple
pour créer l'atmosphère...



Et soyez sages, hein ! Sinon




J'ai ajouté un peu d'amour à cet article :
la colonne de droite a disparu !!!
Quel symbole !

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Invitation à une soirée poétique

Publié le par Bernard Bonnejean


On risque de s'emmerder, non ?

De qui seront les poèmes ? Mais quand allez-vous apprendre à me connaître ? De qui pourraient-ils être imposés par le cerveau particulièrement obtus, borné et entêté d'un ancien professeur dont les élèves vous diraient qu'il ne cède jamais à aucune pression extérieure quand il est sûr de son bon droit.

Les poèmes, vous l'avez deviné, seront d'André Lafon dont je vous parle depuis trois jours. En bien ! Oui, en bien et j'espère que ça ne vous dérange pas, au moins ?



Je dois dire que je me laisse gagner progressivement par le point de vue de Dame Catherine, dans son évolution, d'autant plus que, comme elle le dit,  nous partageons la même ignorance de l'ouvrage de Jean-Luc Barré, ou de Jean Mauriac selon l'angle de vision choisie. En outre, j'écoute avec plaisir Le Masque et La Plume sur France Inter, sans dire comme les snobs que Jérôme Garcin n'arrive pas à la cheville de ses prédécesseurs morts. En France, et peut-être ailleurs, les morts font l'unanimité sur leur nom. Si bien que, comme disait Sartre, les bibliothèques sont des cimetières.

Aujourd'hui encore, je vais jouer les croque-morts. Sauf que la justice m'a ordonné de procéder à une exhumation. J'ai choisi de Lafon un poème d'amour. Très classique quant à la forme. Je vous laisse juger de l'expression du sentiment :


Ton âme m'est encore étrangère et voilée,
Mais ta présence émeut tout mon coeur anxieux ;
Autour de toi l'ombre est moins dense, et ma pensée
S'attache à ton regard tendre et mystérieux;
Vois, une flamme tremble aux tisons noirs de cendre
Que ton souffle pourrait faire luire et vibrer ;
Le soir semble déjà plus lentement descendre,
Du jour demeure pris aux neigeux amandier.
Reste ; la table aura les fruits mangés d'abeilles,
Au jardin brûlera le fauve et lourd juillet...
Saurai-je jamais rien de ton être secret ?

Mais ta pâleur, à l'aube attendue est pareille !

*
Le livre était ouvert, mais je ne pouvais lire ;
L'âme errante au lointain, éparse... quelle voix,
Quel émouvant appel qu'elle seule eût pu dire,
La suspendait ainsi tout entière hors de moi ?
En vain mon bon vouloir fixait sur la pensée
Que jadis j'aimais suivre en silence ; mes yeux ;
Sournoisement l'esprit fuyait et, soucieux,
J'écoutais s'éplorer de longs bruits de ramée.
Mais lorsque, tout à coup, j'entendis dans l'allée,
Tes pas que ramenait la douce fin du jour,
En moi ce fut aussi comme un subit retour ;
Tu parus : de mes doigts s'échappèrent les pages,
Et vers toi, lentement, se tourna mon visage
Qu'inondait la pâleur ardente de l'amour.

Quel mystère est en toi qui m'attire, me penche
Sur ton être et me trouble aussi profondément ?
Que suis-je, et d'où viens-tu, que, dans mon coeur dormant,
Ton seul geste ait suffi pour reverdir les branches ?
Dans l'ombre où peu à peu s'éteignent tes yeux clairs,
Je contemple ardemment ton indolent visage,
Et le soir nemet pas sur tout le paysage
L'angoisse que l'amour imprime dans ma chair.
Le sais-tu ? Connais-tu cette obscure puissance :
Le sourd rayonnement de toi-même émané,
Tout ce qu'en moi, par lui, je sens d'aliéné
Sans pouvoir que bénir sa tendre violence ?...
Oh ! laisse-moi baiser ta main pâle, ta main,
Et que ton seul regard disperse la cohorte
Des tremblants souvenirs, et qu'ils ne soient, au loin,
Qu'un bruit de pas mourant parmi les feuilles mortes.  

*

La salle close et fraîche était hospitalière
Par l'ardeur de ce jour accablant qui devait
Trembler sur les coteaux azurés de lumière,
Et dont l'éclat brûlant sous la porte luisait.
Pensif, je poursuivais en son humble détresse
Le drame intérieur que chacun de nous vit ;
Y mêlant, sans savoir, l'heure chaude, des cris
Au loin, l'odeur des fruits qui traînaient dans la pièce.
C'est alors qu'en chantant, de la chambre à côté,
Tu vins et, sans me voir, allant à la fenêtre,
Tu poussas les volets de tes bras écartés...
Lorsque mes yeux blessés purent se reconnaître,
Ils se virent debout dans l'immense clarté,
Dominant le pays, le ciel même, l'été,
Et d'un geste si large accueillant la journée,
Que j'adorai longtemps ta jeunesse élancée...
Moi que tu n'avais pas dans l'ombre deviné.



Vous croyez que ça aurait pu intéresser Régine Desforges ? Trop cul-cul-la-praline ? Vous voulez du vrai de vrai sexe de vrai introverti ? Voyons du côté de chez Verlaine. Marié, Verlaine, père d'un garçon dont il ne s'occupa guère, mais avouez qu'un père pareil, mieux vaut le laisser fuir des responsabilités trop lourdes pour lui. Le problème avec ce zigoto, c'est qu'il faut faire très attention à pas choisir n'importe quel poème. Allons-y pour celui-là :

Toutes deux regardaient s'enfuir les hirondelles :
L'une pâle aux cheveux de jais, et l'autre blonde
Et rose, et leurs peignoirs légers de vieille blonde
Vaguement serpentaient, nuages, autour d'elles.

Et toutes deux, avec des langueurs d'asphodèles,
Tandis qu'au ciel montait la lune molle et ronde,
Savouraient à longs traits l'émotion profonde
Du soir et le bonheur triste des coeurs fidèles.

Telles, leurs bras pressant, moites, leurs tailles souples,
Couple étrange qui prend pitié des autres couples,
Telles, sur le balcon, rêvaient les jeunes femmes.

Derrière elles, au fond du retrait riche et sombre,
Emphatique comme un trône de mélodrames
Et pleins d'odeurs, le Lit, défait, s'ouvrait dans l'ombre.

"Oui, mais..."  Mais quoi ? C'est de l'homosexualité, oui ou non ? Ce n'est pas ce que vous attendiez ? Cherchez par vous-même. Vous trouverez tout ce que vous voudrez chez Verlaine, lui et son contraire. Il en faut pour tous les goûts, non ? Ce poème-là, voyez-vous, du temps que Desforges faisait dans l'érotisme, elle lui aurait volontiers concédé une bonne place dans la série saphisme suggéré. "Je croyais que Verlaine", me direz-vous, sans achever une phrase dont le sens est compris et admis de tous.



Juste un mot, sans polémiquer, pour vous répondre : LE POETE VERLAINE N'EST PAS VERLAINE ; LE POETE LAFON N'EST PAS LAFON ; PAPA MAURIAC N'EST PAS MAURIAC LE CREATEUR.

Mais par estime pour Dame Catherine, je vous donne les références précises de l'ouvrage incriminé : Mauriac, Jean, Barré, Jean-Luc, Le Général et le journaliste, Coll. "Témoignages pour l'histoire", Fayard, 2008,
1 vol. (364 p.-[16] p. de pl.) : couv. ill. ; 24 cm.


A bientôt, les Amis d'ici, Friends from abroad, Freunde aus dem Ausland, Amici dall'estero, Amigos do estrangeiro, Amigos del extranjero,أصدقاء من الخارج  ,חברים מחו"ל


N.B. : Vous avez vu le symbole impressionnant ; la chaîne israëlienne rompue par les caractères arabes. Etonnant, non ? aurait-dit Monsieur Cyclopède

Bernard Bonnejean 

Les Poèmes de Lafon sont extraits de François Mauriac, La Vie et la Mort d'un poète, IV, Grasset 1930, Oeuvres autobiographiques complètes de François Mauriac, Pléiade, édition François Durand, 1990, p. 20 sqq.

Réf. du poème de Verlaine : Parallèlement, "Les Amies", I, "Sur le balcon", Oeuvres poétiques complètes, Pléiade, éd. Y.-G. Le Dantec, 1962, p. 486.

Publié dans poésie

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Le petit ami à Coco-Bel-Oeil

Publié le par Bernard Bonnejean

que je souhaiterais à tous d'avoir

Mon titre vous semble énigmatique. Il ne l'est pas pour tout le monde et ne le restera bientôt pour personne. C'est mon souhait le plus cher. Si vous voulez avoir le contexte, il serait bon que vous commenciez par lire mon article précédent. Pas si comique qu'il en avait l'air ; j'irais même jusqu'à dire vraiment pas comique du tout !

Ainsi François Mauriac, dit Coco-Bel-Oeil, aurait eu des tendances homosexuelles. Ce qui, bien entendu, fait jaser dans Landerneau. J'en ai eu des Madame Michu des deux sexes pour me glisser, comme un secret de famille : "T'as appris pour Mauriac ?" Comme si j'y pouvais quelque chose ! 



Pourquoi m'érige-t-on confident de Malagar ? Parce que François commença par être poète. Et comme il était catholique... Il entre logiquement dans mon domaine : Les Poètes catholiques d'avant 1914. Je me serais fait houspiller par Mauriac à se voir ainsi catalogué dans cette catégorie, mais là n'est pas le problème.

Figurez-vous qu'à ce titre, je connais bien l'un des deux "petits amis" des deux recueils d'avant-guerre Les Mains jointes et L'Adieu à l'adolescence, que Barrès considérait comme des chefs-d'oeuvre. 

Je ne vous parlerai que de cet auteur de vers prometteurs, à qui j'ai donné une place très importante dans le tome III à paraître au Cerf. A mon avis, personne de ceux qui se sont autorisés à découvrir la "face cachée" du grand écrivain ne s'est donné la peine de lire quoi que ce soit d'André Lafon. J'ai même eu un mal de chien à me procurer un exemplaire de son recueil intitulé La Maison pauvre. Pour ma part, je vous avouerais pourtant une préférence pour Lafon. D'ailleurs, Mauriac devenu romancier était loin d'être tendre envers le Mauriac poète qu'il niait avoir été pour de bon. Je résume sa pensée : mauvais poète et mauvais catholique. Autrement dit, le grand Barrès se serait trompé de bout en bout. Voire !



Avant que Barré n'en parle (Barré, pas Barrès), j'étais à cent lieues d'imaginer qu'il y ait eu autre chose qu'une amitié très forte entre les deux jeunes hommes. Et je persiste à croire, contre l'avis éclairé des spécialistes en sexualité littéraire [Verlaine, Rimbaud, Gide, Foucault et Aragon vieillissant eurent aussi droit à la lecture expliquée par l'inversion], que le sentiment et l'admiration réciproques l'emportèrent sur tout le reste, si tant est que ce "tout le reste" existât vraiment. J'en veux pour preuve ce passage des Nouveaux Mémoires Intérieurs parus en 1965. Lisez bien ce témoignage et vous comprendrez mon sous-titre, "que je souhaiterais à tous d'avoir" :

Le défaut de la cuirasse, le point où m'atteindre à coup sûr, tient dans cette tranquille installation entre deux contraires, au long de ces soixante-dix années. Si les saints n'existaient pas, et cette foule obscure, sans cesse renouvelée de génération en génération, d'immolés et de crucifiés, je pourrais arguer que la vie chrétienne ne saurait être rien d'autre que l'art d'adapter l'Evangile aux exigences de l'ambition et d'une sage économie en vue de la réussite et pour aider à l'avancement.

Mais enfin cet homme qui me regarde, ce condamné, ce hors-la-loi, a été reproduit, ou plutôt a revécu trait pour trait dans d'innombrables vies. Je me demande s'il n'y a rien de plus beau dans la liturgie que la litanie des saints. J'en ajoute chaque année à la liste de ceux que j'invoque le matin et le soir. L'homme est une créature capable de Dieu, capable du Christ. Le miracle chrétien, c'est que nous puissions être le Christ. Qu'Il vive en nous, ce ne serait pas assez dire, mais que nous soyons Lui comme Il est nous, c'est cela la merveille.

Je ne puis donc prétendre que mon double jeu fut inévitable : d'une part je sais, j'ai toujours su que le christianisme tient dans cette croix -- chacun la sienne à sa mesure -- acceptée, assumée. Et d'autre part, je n'ai pas l'excuse de me dire que je ne suis pas un Jean de la Croix et que je ne suis pas saint Vincent de Paul ; car j'ai rencontré au cours de ma vie, non pas quelquefois, mais souvent depuis mon enfance, des créatures très simplement immolées et dont l'immolation allait de soi, si j'ose dire, et qui n'étaient pas des saints du calendrier mais des créatures pareilles à moi, et même qui appartenaient à la même espèce : André Lafon, par exemple. Lui qui, à vingt ans, avait nourri toute la naïve ambition du poète et de l'écrivain, à peine fut-il revenu à Dieu, il brûla les étapes du renoncement. Il est mort seul, sur son lit d'hôpital, totalement dépouillé, si dépouillé que je n'ai pu faire s'arrêter sur son oeuvre et sur sa vie le rayon de gloire qu'elle méritait. Dans ce destin si proche, si familier, j'ai vérifié que même un pauvre poète qui se dit chrétien, n'est appelé à rien d'autre qu'à prendre la croix et à suivre son maître. Tout le reste de l'Evangile eût pu être perdu sauf cette parole et le récit de la Passion, et l'Eglise aurait pu naître. "Le Christ s'est anéanti lui-même, écrivait Paul aux Philippiens, prenant la forme d'esclave... (c'est bien cette forme-là que Michel Ciry a fixée). Il s'est humilié lui-même, se faisant obéissant jusqu'à la mort et jusqu'à la mort de la Croix."
 




Avouez que les amateurs de biographies croustillantes en seront pour leurs frais. Autant d'ailleurs que ceux qui auront lu La Vie et la Mort d'un Poète, hommage de Mauriac à Lafon imprimé en 1924 qui commence par ces deux exergues :

A NOTRE MAÎTRE ET AMI FRANCIS JAMMES, qu'André Lafon a tant aimé.

C'était un jeune homme au visage fier et très pur, aux manières discrètes, nobles, volontairement effacées. Il observait cette constante dignité que j'ai connue à Albert Samain... Son profil pâle et brun, moins fatal qu'attristé, aurait pu doubler sur une médaille celui de Maurice de Guérin. On eût situé facilement notre camarade au Cayla, assis sous un chêne étoilé, auprès de la grande Eugénie... Georges Dumesnil, après Strowski, se prit d'une grande amitié pour lui. Et je suis bien sûr que le bon maître catholique de la faculté de Grenoble sera aussi triste en lisant ces lignes qu'il était joyeux, tendre et admiratif lorsque, dans le vieux salon de Lasagne où il nous avait réunis, il s'écriait en voyant la porte s'ouvrir : "Lafon !" 

Francis Jammes 




Quand on connaît la réputation de coureur de filles du très catholique Jammes, il est permis de ne pas être convaincu par la thèse de Jean-Luc Barré. Vous allez me dire que ça ne prouve rien. Non ! Mais ça ne prouve pas le contraire non plus.

Le 7 novembre 1914, Lafon revêtait l'uniforme. On ne le laissa jamais partir pour le front : santé déficiente. Début mai, on le retrouve à Saint-Giers-sur-Gironde où il attrape une angine. Le 5 mai 1915, il meurt à l'hôpital militaire du cours Saint-Jean à Bordeaux.


Blessés français à l'hôpital Saint Paul. Soissons - 1917.


Donc, finalement, pas de quoi fantasmer !


A bientôt les Amis, Friends from abroad, Freunde aus dem Ausland,


Bernard Bonnejean



Publié dans religion

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Vous ne le saviez pas ?

Publié le par Bernard Bonnejean


Eh bien, je vous l'apprends !

« Vous ne devinerez jamais, Madame Michu, ce que j’ai appris. Il s’en passait des choses à Malagar qu’on ne savait pas ! Vous vous souvenez le petit Jean-Luc, le fils à l’Edmonde Barré, celui dont on disait qu’il ne ferait jamais rien de ses dix doigts ?




–  Oh oui ! Le pauvre gosse ! Pas fichu d’épeler correctement son nom. Je me rappelle : un jour que j'allais chercher un mandat de mon Lucien, la Fernande l’a fait répéter je ne sais combien de fois, le petit Barré. Heureusement que j’étais là, sinon elle serait encore en train de l’attendre sa pension, l’Edmonde.

–  Eh bien, il est journaliste, le petit Barré, maintenant. Et en plus il écrit des bouquins chez « Bouquins ». Pas des vrais, remarquez bien. Des qui parlent des livres des autres. Il paraît que c'est un métier...


– C’est pas Dieu possible ? Et ils le comprennent, ceux de chez « Bouquins » ? M’est avis qu’il a dû être pistonné par les gens du château.  Il l’aimait bien, le fils à Monsieur Jean ! Toujours à le câliner, des mots gentils et tout !

 

–  Si vous saviez, Madame Michu, vous ne parleriez pas comme ça ! On m’a dit de pas le répéter, mais à vous, je peux. D’ailleurs, entre nous, ce n’est plus un secret pour personne. Votre mère a bien connu Monsieur François, celui qu’on comprenait rien quand il parlait à la télé ? Mais si, celui qu’a fini dans les écritures ! Eh ben : il en était !

–  Jésus Marie Joseph ! Qui vous a dit ça ? C'est de la jalousie, au moins.




–  Il paraît que c’est le Jean-Luc Barré qu’a découvert le poteau rose. Je devrais plutôt dire « bleu ». Enfin, il ne faut pas se moquer, ce n’est pas charitable. Mais quand même, si on m’avait dit qu’il était allergique au rose, le petit François… Ouh ! J'ai mal aux côtes !


–  Arrêtez, vous me faites mal ! Mais il a quand même pas été mettre ça dans un livre, le Barré !?

– Eh bien si ! C’est l’institutrice qui l’a lu ! Ce n’est pas pour dire, mais ces filles-là elles ont de l’argent à jeter par les fenêtres. Moi, même si on me le donnait, je le lirais pas son truc à Barré. Ce n’est quand même pas très honnête de dire du mal des morts. Qu’est-ce que vous en pensez, Madame Michu ?

 

 
– Oh moi, je suis comme vous : complètement dépassée par les événements ! C’est plus de notre âge, tout ça ! On n’est plus dans la course ! Dans le temps, ça devait bien exister, mais on ne le disait pas ! On n’a quand même pas idée de dire des choses pareilles sur des gens si bien, si polis, si aimables avec tout le monde.

 


–  Et de l’écrire, Madame Michu, de l’écrire ! [...] Je me demande quand même… Non !  Je préfère me taire.


–  Dites toujours ! Au point où on en est…


–  C’est quand même pas à cause de ça qu’il parlait enroué, Monsieur François Mauriac ? A votre avis, Madame Michu ?


 


–  Il ne le dit pas dans son livre, le Jean-Luc Barré ? S’il revient par ici, il faudra lui dire que ça manque. Comme disait mon beau-père : « Un travail, on va jusqu’au bout. Sinon c’est pas la peine de le commencer ! »



Moi, personnellement ? Je n'ai rien à dire.

A bientôt les Amis, Friends from abroad, Freunde aus dem Ausland,

Bernard Bonnejean

Publié dans culture humaniste

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Humour syndical

Publié le par Bernard Bonnejean

Faut-il pleurer, faut-il en rire ?

Imaginez que l’on vous demande quels sont les piliers de l’entreprise française. Vous répondriez, sans aucun doute, le patronat et les employés.


Ce serait aller un peu vite en besogne.


Qu’est-ce qu’un patron ? L’étymologie, aussi loin qu’elle peut aller, fait remonter le signifiant à un pater qui pourrait déconcerter. Autant dire que le patron, c’est mon « papa »…  qui me fait penser au vicaire-animateur du patronage de la paroisse, dont le parrain est un saint patron. Vous me direz que, même si on croit moins à la nécessité d’une lutte des classes, on n’en est tout de même pas là. Certes, non ! Mais on l’a été.


Soyons objectif ! Peut-on comparer le Grand Patron des fonctionnaires, l’État, triste sire qui pratique un « dégraissage » déguisé, avec le petit patron qui, non seulement a du mal à boucler ses fins de mois, mais peine de plus en plus à conserver son unique employé, qu’il aime comme l’un des siens ? Résumons : s’il n’est d’entreprise sans patron, il faut distinguer patron et patron.



Je ne dirais rien des employés, ouvriers, cadres qui exercent leur profession sous le patronage du patron. J’insisterai seulement sur le fait que si le patron est indispensable à la bonne marche de l’entreprise, il n’est pas d’entreprise sans travailleurs. Donc, concluons positivement : ces gens-là sont faits pour s’entendre car leurs intérêts sont communs.






Malheureusement cette bonne entente est parfois gâchée par le capital. Banquiers et boursiers n’ont rien de seconds papas ! Il leur arrive d’être voraces. D’où la nécessité de se défendre . Aussi inventa-t-on les syndicats.

Quand la CGT, seul syndicat à peu près efficace à l'époque, était affilié sans le dire, mais sans tromper personne, au parti communiste, au moins c’était clair. Les patrons s’étaient alliés au Grand Capital et on allait vous changer tout ça. Capital tellement énorme que le camarade Henri  Krasucki avait toutes les peines du monde à prononcer les sommes astronomiques 





On l’aimait bien, Krasu, pour son courage. Il en avait vu d’autres, lui le juif polonais résistant, revenu miraculeusement de Buchenwald. On le respectait, même si on souriait un peu de ses convictions, déjà. C’est peut-être ça qui a manqué au syndicalisme français pour se faire reconnaître : les convictions.


L’union aussi ? Quelle union ? Quel rapport y a-t-il entre un syndicat de cadres supérieurs ou de professions libérales, et un syndicat de la métallurgie ? C’est du moins ce qu’on croyait, avant que Sarkozy ne fasse l’unanimité de tous contre « la crise » de ses copains. Le gouvernement a eu beau faire semblant, on n’a jamais cru qu’il voulait vraiment s’attaquer aux copains indélicats. Chose nouvelle : les ouvriers ont presque pu se reconnaître dans le discours des cadres de la CFE-CGC. Une solidarité dans l’épreuve commune. Tous pleurent. Mais le syndicat des cadres choisit la dérision, l’arme du désespoir, pour condamner.




Même les chanteurs s’y sont mis :




Nous voilà loin de la lutte des classes. En France, deux camps s’affrontent désormais : les potes à Sarko et les autres. Dans un sens, c’est plus simple. Comme dirait l’autre, la situation se décante, même si on déchante un peu aussi.

Moi qui vous parle, l’an prochain, le 1er juillet 2010 exactement, je pars à la retraite. C’est bien ? Oui, c’est bien. Écoutez tout de même ce que dit le Monsieur qui cause dans la vidéo. Je suis un peu, jusqu’à preuve du contraire et jusqu'à ce qu'un ami de facebook tienne ses promesses, dans son cas :




 



Alors, on arrosera ça ? Ben, on verra !!


À bientôt, les Amis and friends from abroad


Bernard Bonnejean

Publié dans humour grinçant

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