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Lacan et les moautsx

Publié le par Bernard Bonnejean


A Doris, à Geneviève et aux femmes à reconstruire,

Mon introduction sera brève.

L'homme est constitutif de sa propre parole. Double, car constituée de la parole de l'autre et personnalisée par lui-même. Dans le Nouveau Testament, le texte dit que le Verbe s'est fait chair. Jean aurait pu ajouter que la chair s'est faite verbe, car il n'est pas de chair vivante sans signes.

Tout homme est un individu social. Et la socialisation passe par la parole, par les mots. Mais toute notre éducation repose sur le principe antinomique fondé sur la règle universelle obligation/interdiction : le dire à dire vs le dire à ne pas dire. De ce fait, tout langage élaboré participe du déguisement de la pensée. Tout mot y est une traduction : un travestissement, un mensonge. Car traduire, c'est trahir. Nous sommes, toutes et tous, les artistes de notre propre pensée, les écrivains de nos histoires, les traducteurs de notre moi, les traîtres de notre être. L'écrivain n'est pas destiné à dire la vérité ni sa vérité ni même une vérité ; son art use de l'artifice nécessaire à la construction d'un édifice présentable, acceptable par une société donnée, en un temps donné, dans un milieu historique, économique, politique, familial etc. imposé...

Bienheureux les petits enfants qui se laissent imparfaitement approcher de leur vrai par la méconnaissance partielle du convenu et de l'inconvenant ! Bienheureuses les Doris qui, d'origine étrangère, ne disposent pas de la "panoplie" complète du beau parleur ! Leur témoignage est d'autant plus enrichissant que le parfait mensonge de l'écrivain-artiste, parfait causeur-poseur, y est rendu impossible non par une sincérité toujours relative mais par une impossibilité d'ordre culturel.

Un psychanalyste pourra d'autant plus facilement faire re-naître ces Doris qu'il les aura plus aisément contraintes à se faire re-con-naître à elles-mêmes.

Jacques Lacan fut de ces gens qui montrèrent à quel point l'individu était constitutif de son langage (au point, à mon avis, d'en devenir prisonnier) . Com-prendre tous les langages de l'autre (mimiques, tocs, gestuelle, manies, utilisation d'accessoires, mots, expressions, erreurs de vocabulaire, tendance au verbiage, etc.) devient donc le moyen privilégié de lui ap-prendre à se re-con-naître afin de se faire re-con-naître. Non pour guérir de ses mots/maux, mais pour apprendre à les sublimer...

Prenez le temps de lire ces sept vidéos. Tentez d'entendre ce que Lacan vous dit à travers son discours, y compris à travers ses silences, ses mises en scène de théâtre, ses pièges, sa façon de traiter l'incident imprévisible.

Je me tais pendant deux ou trois jours. Par amitié.


Le Clown blanc et l'auguste

 




"La cravate fait obstacle à la communication"

 




"Il n'y a d'être que dans le langage" 
 




"Pourquoi est-ce qu'on aime un être pareil ?"


 

"La nouvelle organisation : le totalitarisme ;
le nouvel ordre du discours du maître"

 





L'expérience analytique


 




"Aucun analyste ne peut s'autoriser
à parler de normal ou d'anormal"





J'ai toujours aimé les artistes. Ils nous enseignent et nous renseignent.

Il existe, près de Laval, une commune appelée Cossé-le-Vivien. En 1962, s'installait dans la ferme nommée "La Frénouse", un philosophe, peintre, architecte, sculpteur, poète, ami de Jean Dubuffet, André Breton, Jean Paulhan, Jacques Prévert, Giacometti et Jean Cocteau. Robert Tatin, imprégné de culture amérindienne, entreprenait à soixante ans, avec son épouse Lison, le grand oeuvre de son existence : la construction d'une sorte de temple étrange où se mêlent la mysticité et l'odeur de la bouse de vache. Ils travailleront sans discontinuer à cet "absolu réalisé" jusqu'à la mort de l'artiste, en 1983.

Un jour que, jeune professeur, j'allais discuter avec Tatin, j'eus le malheur de lui parler d'un de ses tableaux, parmi les plus précieux pour moi, où le peintre a mêlé les couleurs, les formes et la poésie calligraphiée. Voyant que je passais du temps à l'observer, il me demanda :

"Qu'est-ce que vous regardez là ?

-- J'essaie de lire les mots. "

Je me souviendrai toujours de sa diatribe coléreuse que j'aurais dû enregistrer et qui commençait par

"Jeune homme ! Méfiez-vous des mots ! Ce sont des traîtres !"

Il avait raison, sans aucun doute. A ceci près que, parvenu à son âge, j'ai la conviction qu'en les faisant parler, ces renégats ont tout à nous apprendre sur nous-même. Au fait, Mesdames et très chères amies, dites-moi un peu ce que vous pensez de cette oeuvre de Tatin, censée représenter Maurice Utrillo et sa maman, Suzanne Valadon.




A bientôt, amis d'ici et friends from abroad



Bernard Bonnejean

 

Publié dans culture humaniste

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Offense à la morale publique !!!

Publié le par Bernard Bonnejean

Messieurs,

Poursuivre un livre pour offense à la morale publique est toujours chose délicate. Si la poursuite n'aboutit pas, on fait à l'auteur un succès, presque un piédestal ; il triomphe, et on a assumé, vis-à-vis de lui, l'apparence de la persécution.


J’ajoute que dans l’affaire actuelle, l’auteur arrive devant vous, protégé par des écrivains de valeur, des critiques sérieux dont le témoignage complique encore la tâche du ministère public.


Et cependant, messieurs, je n’hésite pas à la remplir. Ce n’est pas l’homme que nous avons à juger, c’est son œuvre ; ce n’est pas le résultat de la poursuite qui me préoccupe, c’est uniquement la question de savoir si elle est fondée.

 


Baudelaire n’appartient pas à une école. Il ne relève que de lui-même. Son principe, sa théorie, c’est de tout peindre, de tout mettre à nu. Il fouillera la nature humaine dans ses replis les plus intimes ; il aura, pour la rendre, des tons vigoureux et saisissants, il l’exagérera surtout dans ses côtés hideux ; il la grossira outre mesure, afin de créer l’impression, la sensation. Il fait ainsi, peut-il dire, la contrepartie du classique, du convenu, qui est singulièrement monotone et qui n’obéit qu’à des règles artificielles.


Le juge n'est point un critique littéraire, appelé à se prononcer sur des modes opposés d'apprécier l’art et de le rendre. Il n’est point le juge des écoles, mais le législateur l’a investi d’une mission définie : le législateur a inscrit dans nos codes le délit d’offense à la morale publique, il a puni ce délit de certaines peines, il a donné au pouvoir judiciaire une autorité discrétionnaire pour reconnaître si cette morale est offensée, si la limite a été franchie. Le juge est une sentinelle qui ne doit pas laisser passer la frontière. Voilà sa mission.


Ici, dans le procès actuel, le ministère public devait-il donner l’éveil ? Voilà le procès. Pour le résoudre, citons dans ce recueil de pièces détachées celles que nous ne pouvons laisser passer sans protester.


Je lis, à la page 53, la pièce 20, intitulée Les Bijoux et j’y signale trois strophes qui, pour le critique le plus indulgent, constituent la peinture lascive, offensant la morale publique :

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,
S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.
Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

À la page 73, dans la pièce 30, intitulée Le Léthé, je vous signale cette strophe finale ;

Je sucerai, pour noyer ma rancœur,
Le népenthès et la bonne ciguë
Aux bouts charmants de cette gorge aiguë
Qui n’a jamais emprisonné de cœur.

Dans la pièce 39, À celle qui est trop gaie, à la page 92, que pensez-vous de ces trois strophes où l’amant dit à sa maîtresse :

Ainsi je voudrais, une nuit,
Quand l’heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme un lâche, ramper sans bruit,
Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,
Et, vertigineuse douceur !
À travers ces lèvres nouvelles,
Plus éclatantes et plus belles,
T’infuser mon venin, ma sœur !

De la page 187 à la page 197, les deux pièces 80 et 81 intitulées : Lesbos et Les Femmes damnées sont à lire toutes entières. Vous y trouverez dans leurs détails les plus intimes mœurs des tribades.


À la page 203, la pièce 87, intitulée Les Métamorphoses du Vampire, débute par ces vers :

La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu’un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :
— « Moi, j’ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d’un lit l’antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles!
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d’émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi ! »

Sans doute, Baudelaire dira qu’à la strophe suivante il a fait la contrepartie en écrivant ces autres vers :

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d’amour, je ne vis plus
Qu’une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus !

De bonne foi, croyez-vous qu’on puisse tout dire, tout peindre, tout mettre à nu, pourvu qu’on parle ensuite du dégoût né de la débauche et qu’on décrive les maladies qui la punissent ?




Messieurs, je crois avoir cité assez de passages pour affirmer qu’il y a eu offense à la morale publique. Ou le sens de la pudeur n’existe pas, ou la limite qu’elle impose a été audacieusement franchie.


La morale religieuse n’est pas plus respectée que la morale publique. Je signalerai sur ce second point : Le Reniement de saint Pierre, pièce 90, à la page 217 ; — Abel et Caïn, pièce 91, à la page 219 ; — Les Litanies de Satan, pièce 92, à la page 222 ; — Le Vin de l’assassin, pièce 95, à la page 235.


Prendre parti pour le reniement contre Jésus, pour Caïn contre Abel, invoquer Satan à l’encontre des Saints, faire dire à l’assassin : je m’en moque comme de Dieu, du Diable ou de la Sainte-table, n’est-ce pas accumuler des débauches de langage qui justifient l’ordonnance du juge d’instruction ?


Oui : il a dû renvoyer Baudelaire devant les juges correctionnels pour offense à cette grande morale chrétienne qui est en réalité la seule base solide de nos mœurs publiques.


Pour justifier ce renvoi, pour amener ce débat public entre la prévention et la défense, les présomptions suffisaient et les présomptions y étaient. Mais, après les explications contradictoires de l’audience, avez-vous la certitude nécessaire pour condamner sur le second chef  ? Vous apprécierez si Baudelaire, cet esprit tourmenté, qui a voulu faire de l’étrange plutôt que du blasphème, a eu conscience de cette offense-là.


L’offense à la morale publique, voilà celle que je trouve invinciblement démontrée, et je tiens, sur ce point, à répondre à toutes les objections.


La première objection qu’on me fera sera celle-ci : Le livre est triste ; le nom seul dit que l’auteur a voulu dépeindre le mal et ses trompeuses caresses, pour s’en préserver. Ne s’appelle-t-il pas Les Fleurs du mal ? Dès lors, voyez-y un enseignement au lieu d’y voir une offense.


Un enseignement ! Ce mot-là est bientôt dit. Mais ici, il n’est pas la vérité. Croit-on que certaines fleurs au parfum vertigineux soient bonnes à respirer ? Le poison qu’elles apportent n’éloigne pas d’elles ; il monte à la tête, il grise les nerfs, il donne le trouble, le vertige, et il peut tuer aussi.




Je peins le mal avec ses enivrements, mais aussi avec ses misères et ses hontes, direz-vous ! Soit ; mais tous ces nombreux lecteurs pour lesquels vous écrivez, car vous tirez à plusieurs milliers d’exemplaires et vous vendez à bas prix, ces lecteurs multiples, de tout rang, de tout âge, de toute condition, prendront-ils l’antidote dont vous parlez avec tant de complaisance ? Même chez vos lecteurs instruits, chez vos hommes faits, croyez-vous qu’il y ait beaucoup de froids calculateurs pesant le pour et le contre, mettant le contrepois à côté du poids, ayant la tête, l’imagination, les sens parfaitement équilibrés ! L’homme n’en veut pas convenir, il a trop d’orgueil pour cela. Mais la vérité, la voici : l’homme est toujours plus ou moins infirme, plus ou moins faible, plus ou moins malade, portant d’autant plus le poids de sa chute originelle, qu’il veut en douter ou la nier. Si telle est sa nature intime tant qu’elle n’est pas relevée par de mâles efforts et une forte discipline, qui ne sait combien il prendra facilement le goût des frivolités lascives, sans se préoccuper de l’enseignement que l’auteur veut y placer.


Pour tous ceux qui ne sont pas encore ni appauvris ni blasés, il y a toujours des impressions malsaines à recueillir dans de semblables tableaux. Quelles que soient les conséquences du désordre, si édifiés, que soient à cet égard certains lecteurs, ils rechercheront surtout dans les pages de ce livre : La Femme nue, essayant des poses devant l’amant fasciné (pièce 20) ; — La mégère libertine qui verse trop de flammes et qu’on ne peut, comme le Styx, embrasser neuf fois (pièce 24, Non satiata) ; — La Vierge folle, dont la jupe et la gorge aiguë aux bouts charmants versent Le Léthé (pièce 30) ; — La Femme trop gaie, dont l’amant châtie la chair joyeuse, en lui ouvrant des lèvres nouvelles (pièce 39) ; — Le Beau Navire, où la femme est décrite avec la gorge triomphante, provocante, bouclier armé de pointes roses, tandis que les jambes, sous les volants qu'elles chassent, tourmentent les désirs et les agacent (pièce 48) ; — La Mendiante rousse, dont les nœuds mal attachés dévoilent le sein tout nouvelet, et dont les bras, pour la déshabiller, se font prier, en chassant les doigts lutins (pièce 65) ; — Lesbos, où les filles aux yeux doux, de leurs corps amoureuses, caressent les fruits mûrs de leur nubilité (pièce 80) ; — Les Femmes damnées ou Les Tribades (pièce 81 et 82) ; — Les Métamorphoses, ou la Femme Vampire, étouffant un homme en ses bras veloutés, abandonnant aux morsures son buste, sur les matelas qui se pâment d’émoi, au point que les anges impuissants se damneraient pour elle (pièce 87).


Dans ces pièces multiples où l’auteur s’évertue à forcer chaque situation comme s’il tenait la gageure de donner des sens à ceux qui ne sentent plus, messieurs, vous qui êtes juges, vous n’avez qu’à choisir. Le choix est facile, car l’offense est à peu près partout.


On me fait une seconde objection, en signalant dans le passé des livres tout aussi offensants pour la morale publique, et qui n’ont pas été poursuivis. Je réponds, qu’en droit, de semblables précédents ne lient pas le ministère public, qu’en fait, il y a des questions d’opportunité qui expliquent souvent l’abstention et qui la justifient. Ainsi, on ne poursuivra pas un livre immoral qui n’aura aucune chance d’être lu ou d’être compris : le déférer à la justice, ce serait l’indiquer au public, et lui assurer peut-être un succès d’un jour qu’il n’aurait point eu sans cela.


Mais cette réserve du ministère public ne pourra être, le lendemain, retournée contre lui. Autrement, son action ne serait plus libre. Si l’immoralité des productions des productions s’accentue, il faut qu’il puisse toujours punir le vice, sans qu’on ait à lui reprocher de n’avoir pas antérieurement poursuivi. Sans cela le résultat final serait l’impunité absolue, à quelque degré qu’on fût descendu.

 

Messieurs, j’ai répondu aux objections, et je vous dis : Réagissez, par un jugement, contre ces tendances croissantes, mais certaines, contre cette fièvre malsaine qui porte à tout peindre, à tout décrire, à tout dire, comme si le délit d’offense à la morale publique était abrogé, et comme si cette morale n’existait pas.


Le paganisme avait des hontes que nous retrouvons traduites dans les ruines des villes détruites, Pompéi et Herculanum. Mais au temple, sur la place publique, ses statues ont une nudité chaste. Ses artistes ont le culte de la beauté plastique ; ils rendent les formes harmonieuses du corps humain, et ne nous montrent pas avili ou palpitant sous l’étreinte de la débauche. Ils avaient le respect de la vie sociale.




Dans notre société imprégnée de christianisme, ayons au moins ce même respect.


J’ajoute que le livre n’est pas une feuille légère qui se perd et s’oublie comme le journal. Quand le livre apparaît, c’est pour rester ; il demeure dans nos bibliothèques, à nos foyers, comme une sorte de tableau. S’il a ces peintures obscènes qui corrompent ceux qui ne savent encore rien de la vie, s’il excite les curiosités mauvaises et s’il est aussi le piment des sens blasés, il devient un danger toujours permanent, bien autrement que cette feuille quotidienne qu’on parcourt le matin, qu’on oublie le soir, et qu’on collectionne rarement.


Je sais bien qu’on ne sollicitera l’acquittement qu’en vous disant de blâmer le livre dans quelques considérants bien sentis. Vous n’aurez pas, messieurs, ces imprévoyantes condescendances. Vous n’oublierez pas que le public ne voit que le résultat final. S’il y a acquittement, le public croit le livre absolument amnistié ; il oublie vite les attendus, et s’il se les rappelait, il les réputerait démentis par le dernier mot de la sentence. Le juge n’aurait mis personne en garde contre l’œuvre, et il encourrait un reproche qu’il était loin de prévoir, et qu’il ne croyait pas mériter, celui de s’être contredit.


Soyez indulgent pour Baudelaire, qui est une nature inquiète et sans équilibre. Soyez-le pour les imprimeurs, qui se mettent à couvert derrière l’auteur. Mais donnez, en condamnant au moins certaines pièces du livre, un avertissement devenu nécessaire.


Réquisitoire du Substitut du Procureur Ernest Pinard contre Charles Baudelaire, le 20 août 1857.

Publié dans poésie

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Noël

Publié le par Bernard Bonnejean

C'est toujours Noël quelque part,

Ce soir, je suis un peu fatigué. Allez savoir pourquoi. Déçu et fatigué. Elles ont fêté les soixante-quatorze ans de ma grande soeur, et ne m'ont pas invité. Pourquoi ? Parce que j'ai osé contredire une demoiselle institutrice qui ne comprenait pas que des retraités manifestassent "pour se payer des vacances". Comme apparemment, la maîtresse n'avait rien compris au film qui se déroulait sous ses yeux, je me suis permis de lui donner un minimum d'explications. Le prétexte était trop beau : on s'est débarrassé du vilain petit Nanard à bon compte. "Nous empoisonne l'existence le frangin ! D'abord, de quoi qu'il se plaint le frangin ? Il a réussi ses hautes études et a bien gagné sa vie, presque jusqu'au bout. On n'a pas idée d'avoir des idées comme il a. Non mais, vous vous rendez compte ? Il se dit catholique. Il était prof dans l'enseignement catholique. Il écrit des bouquins catholiques et

quand il vote, c'est à gauche ! Quand il vote... !!!!


Non seulement, il n'aime pas notre Petit Pâmé, le gai luron hongrois neuilléen, le fils de nagybócsai Sárközy Pál,
« petit lieu marécageux » en magyar, et d'Andrée Mallah,  fille d'un chirurgien, juif séfarade de Salonique converti au catholicisme ; non seulement, lui l'assidu de Solesmes, il n'aime pas non plus Fillon, l'employé en chef du Petit Pâmé [désormais PP], ci-devant ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, le seul bilan positif incarné (c'est lui qui le dit) du brillant dégustateur de tête de veau, occasionnellement spécialiste en art africain ; non seulement il ne les aime pas, mais il le dit, il l'écrit, même à table devant l'aréopage des zélateurs retraités qu'ont eu la chance de partir avant "la crise". 

FINI N-I NI ! Je veux plus le voir", qu'elle a dit la grosse jalouse : "Moi, les cathos de gauche qui font des fautes exprès même que ça donne pas le bon exemple à la jeunesse française, comme aurait dit le bon Maréchal, qui croivent encore qu'il faut partager le travail et le capital, qui la ramènent alors qu'ils sont chômeurs, je leur cause plus". Après qu'elle a vidé son venin, elle se dépêche, parce qu'elle va être en retard à la messe. 

Pourtant, j'en connais une autre de vieille demoiselle, catholique aussi, qu'essayait pas de régner sur un troupeau de moutonsses conquis aux idées libérales. Elle s'appelait Marie Rouget et a décidé de s'appeler Marie Noël, et déjà ça, c'est tout un programme. 

Et elle a écrit ça, Marie Noël : 


CHANT DE LA MERCI

 

 

Ils entreprirent d’instituer un Ordre pour la Rédemption des captifs… se livrant soi-même plus d’une fois pour la délivrance d’un grand nombre.

(Office de Notre-Dame de la Merci)

 


A tous ceux-là qui très loin sont captifs

Dans le silence ; aux âmes enchaînées

Par la longueur des muettes années

En nul ne sait quels abîmes plaintifs ;

A ceux dont l’ombre a tant de murs sur elle

Qu’ils n’ont jamais pu donner de nouvelle

De leur nuit noire aux gens qui sont dehors ;

Ceux pleins d’appels dont nulle voix ne sort,

Dont le secret cherche un mot qui l’emporte ;

Ceux dont le cœur bat sans trouver de porte,

A tous ceux-là — je ne sais pas combien —

Je viens. Je suis petit oiseau, je viens.

Je viens, je suis moucheron, un rien frêle.

Une aile. Et j’ouvre et je donne mon aile

Pour alléger leur épaule et mon chant

Pour délivrer leur âme à travers champs.

Je viens. J’ai pris dans leurs fers, à leur place,

Leur cœur en moi pour m’envoler avec.

Je suis le pleur jailli de leurs yeux secs,

Je souffre en eux, je lutte, je suis lasse,

J’ai faim. Je tremble en des rêves tout bas,

J’ai peur… Je suis ce que je ne suis pas,

— Ce que je suis peut-être — jeune fille

Que le printemps entête et qui vacille

Avec ce cœur lourd de divin ennui

Qu’on ne peut pas porter seule — Je suis

Celle blessée entre toutes qui pleure.

Et je serai les pauvres tout à l’heure.

— Quand je suis eux je ne dors pas la nuit —

J’irai criant, pour qu’un cri nous soutienne,

Mes maux — les leurs — nos tâches, nos soucis

Avec leur bouche pauvre, pas la mienne.

Je serai vieille, veuve… morte aussi

Avec les morts. Je serai, quand la route

Fuit sous ses pieds, pâle, celui qui doute,

Tombe renversé dans le noir de Dieu

Et ne peut plus remonter au milieu

De ses dociles et douces prières.

Je serai lui — peut-être moi derrière,

Dans son abîme — Et, peut-être, au bord bleu

Du Paradis, je serai sainte un peu

Pour ceux des saints emmêlés en ce monde

— Les plus petits — dont la chantante foi

Veut s’envoler mais qui n’ont pas de voix.

Je viens, je suis, folle ou triste à la ronde,

Tous ceux qui sont…

Et quand je serai moi,

Moi toute seule, aride, sans génie,

Seule au lieu morne où la route est finie,

Seule au moment où le ciel obscurci

Ne s’ouvre plus ; quand, sans être entendue,

J’aurai ma voix et mes ailes perdues,

— Déjà peut-être elles sont loin d’ici —

Quelqu’un viendra. Je l’attendrai dans l’ombre,

Un frère, un cœur entre les cœurs sans nombre,

Quelqu’un à moi viendra pour la Merci

Aider mon âme à se sauver aussi.

 

(Marie Noël, Les Chants de la Merci, 1927-1928)

 

 

 et ça aussi

 

 

 

— Frère Ange, savez-vous d’où nous vient cette reine ?

Cette âme, savez-vous ce qu’elle a fait de bien ?

 

 

— Frère Ange, elle est au loin si petite qu’à peine

Je la vois dans le monde et que je n’en sais rien.

 

 

— La charité comme une eau folle entraîna-t-elle

Tous ses biens dans le sein des pauvres de Jésus ?

 

 

— Qui saura sa vertu ? Qui fera sa louange

Dans le silence où Dieu l’a gardée en chemin ?

 

 

— Frère Ange, qui verra sa lumière, frère Ange,

Puisque Notre-Seigneur la cache dans sa main ?

 

(Ibid.)

   


Je vais vous faire un aveu : si y'avait pas le bon Dieu, si y'avait pas mes grands copains Jésus et mon Ange, si y'avait pas ma tendre et douce Marie et ses copines, Thérèse, Bernadette et Gemma, si y'avait pas la Communion des saints là-haut et ici-bas, c'est de ce côté-là, moi, que je serais tenté de me tourner :



 

Oui, je sais bien, mes chéris du Ciel, que c'est pas bien. Eh bien, débrouillez-vous avec mes histoires ! Moi, j'me couche, comme au poker.

A bientôt, les Amis

Bernard Bonnejean




NOTE A L'ATTENTION DE MONSIEUR LE PRESIDENT
DE LA REPUBLIQUE ET DE CARLA,


La mise en boîte est une chose mais il est des sujets dont on ne se moque pas. Des promesses qu'il faut impérativement tenir, même si on n'en connaît pas toutes les conséquences. Souvenez-vous :

Séisme de L'Aquila : la France fait un don de 3,2 millions d'euros

Après s'être rendue dans la ville italienne en partie détruite par un tremblement de terre le 6 avril, Carla Bruni-Sarkozy a annoncé vendredi que la France financerait la moitié de la réparation du dôme d'une église de la (...)



Sachez-le : l'église Santa Maria del Suffragio que la France prend en charge, abrite Notre-Dame du Suffrage, autrement dit NOTRE-DAME DE LA MERCI. Relisez maintenant le poème de Marie Noël...

Quel symbole !! Merci de l'honneur que vous nous faites, Carla. Vous voici maintenant "première Dame", vraiment, au service de la "Première Dame", patronne de la France.


 J'allais oublier, belle Carla, ce petit conseil de la part des femmes de la famille (y'en a partout !!!)

Le sac à main, ben, la prochaine fois vous le laissez dans le coffre de la voiture du chauffeur. Parce que, franchement, ça vous donne un de ces airs "nunuche". Une belle nunuche, certes, mais une nunuche quand même... Qu'est-ce que vous allez faire de vos mains ? Question pas facile ! Faudrait demander à Nadine de Rotschild. Comment qu'elles font les autres ?  Ou alors un tout petit sac, juste pour donner une contenance ! Quand même, Carla, vous avez été mannequin ! Vous savez mieux que nos bonnes femmes, non ?

Publié dans Grosse fatigue

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Publié le par Bernard Bonnejean

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Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf, Salâh Ad-Dîn Al-Ayyûbî, Salaheddine

Publié le par Bernard Bonnejean

Hein ??

"Faut te reposer, Nanard ! Tu divagues !  Ca peut plus durer d'aller te coucher à des heures pareilles !!"

Et pourquoi déraillerai-je, vous voulez me le dire ? Parce que je cause le mahométan ?  Et alors, on n'a plus le droit de parler ce qu'on veut ?

Savez-vous au moins de qui ou de quoi il est question ?

Même toi, Samia, la Tunisienne ; même toi, Samia, la Marocaine ; même vous, Sourour, l'autre Marocaine. Sans compter les berbères de banlieue parisienne qui me font la tronche, parce que j'ai dit un truc qui fallait pas sur les tenues féminines orientales. 

Avouez, toutes les quatre, que vous en tremblez déjà en vous demandant où je veux en venir avec mon arabe. Mon arabe ou mon Arabe ? Attendez un peu : ça vient.

Ma mère savait que quand son gentil mari sifflotait, c'était pas un bon jour. Moi, ce serait donc quand je me mets à la jactance outre-méditerranéenne ?

Ce n'est pas vrai ! Je vais même vous faire une fleur. Je vous dis le vrai nom de la personne :  

La « rectitude de la Foi », « celui qui reçoit la victoire de Dieu ». 

Vous le voulez en arabe ? Ben, faudrait savoir ! Enfin... Suffit de demander :

أبو المظفر صلاح الدين "الملك الناصر" يوسف بن نجم الدين أيوب بن شاذي

Et sa photo aussi ? Chaud devant !





Mais vous continuez à penser que, malgré sa bonne tête, ça va faire un peu long sur la carte de visite. Eh bien, je vous le concède ! Faites comme tout le monde : appelez-le SALADIN.

Là, je reprends la parlure professorale, parce que ça devient sérieux.

Ce premier « sultan » ayyoubide fut un intrépide combattant qui se consacra entièrement à la lutte contre les infidèles, nous quoi ! Salāh al-din Yūsuf (1138-1193), fils et neveu d'aventuriers kurdes au service de Nūr al-din, a dū sa fortune à son oncle Shïrkūh. Nūr al-din mort (1174), il s'empara de Damas et n'eut de cesse qu'il ne fût parvenu à enlever Alep aux Zengides et à imposer son hégémonie à Mossoul et aux émirats voisins. Mais les Francs restaient un obstacle à son ascencion.

En 1187, il se considéra comme provoqué par l'enlèvement d'une caravane pendant une trêve conclue avec le roi de Jérusalem. Il réussit à encercler et détruire l'armée d'Amaury à Hattin, le 4 juillet, ce qui lui ouvrit les portes de toutes les autres forteresses du royaume. Survinrent les premiers contingents de la troisième croisade, ceux du roi de Sicile. En 1191, les Francs reprirent Acre après deux ans de siège, sans oser attaquer Jérusalem.


Les trêves de 1192 reconnaissaient la présence franque à Tyr et à Acre. Saladin, bien qu'ayant épuisé ses forces dans la lutte, avait réussi à recevoir l'aide des autres princes musulmans. Il faisait désormais figure de chef.


Cependant les souverains ayyoubides, tout en se proclamant défenseurs de l'islam contre les infidèles, s'habituèrent à jouer des trêves avec les Francs, quitte à faire alliance avec eux, pour vider leurs querelles familiales. 

Les Francs apprirent donc progressivement à se familiariser avec l'image de l'ennemi redouté. Saladin devint l'adversaire respectable que les Francs devaient affronter.


L'archevêque Guillaume de Tyr, historiographe des rois de Jérusalem,  présente le sultan comme généreux et vaillant, mais ambitieux et cruel tant envers les chrétiens qu'envers les rivaux musulmans. Les chroniqueurs suivants le montreront comme un vainqueur vindicatif exerçant ses vengeances sur les Templiers et les Hospitaliers captifs. En outre, le sultan a réduit en esclavage une multitude de chrétiens, qu'il libérera au prix de fortes rançons.

Mais, et c'est là que je voulais en venir, on se souviendra longtemps, jusqu'à aujourd'hui sans doute, qu'il se refusa à massacrer les habitants de Jérusalem. On a même été frappé par diverses mesures généreuses dont ont bénéficié les pauvres sans valeur marchande, qui ont été laissés libres. Il aurait même rendu leurs maris aux dames qui le lui demandaient.


Voilà notre sultan paré d'un autre caractère. Pendant la septième croisade, Joinville s'est entretenu avec l'émir dont il était le prisonnier, et on les voit évoquer ce mot de Saladin à propos de la sincérité de la conversion à l'islam de tous les marins de la nef de Joinville :



Le dymanche aprés, l'amiraut me fit descendre et tous les autres prisonniers qui avoient été pris en l'yaue sur la rive du flum. Endementieres que on trehoit mon seigneur Jehan, mon bon prestre, hors de la soute de la galie, il se pausma, et en le tua et le geta l'en ou flum. Son clerc, qui se pasma aussi  pour la maladie de l'ost que il avoit, l'en li geta un mortier sus la teste, et fu mort et le geta l'en ou flum. Tandis que l'en descentoit les autres malades des galies ou il avoient esté en prison, il y avoit gens sarrazins appareillés, les espees toutes nues, que ceulz qui cheoient il les occioient et getoient touz ou flum. Je leur fis dire a mon Sarrazin que il me sembloit que ce n'estoit pas bien fait, car c'estoit contre les enseignements Salehadin, qui dit que l'en ne doit nul home occire puis que en li avoit donné a manger de son pain et de son sel. Et il me respondit que ce n'estoient pas homes qui vausissent reins, pour ce que il ne se pooient aidier pour les maladies que il avoient. Il me fist amener mes mariniers devant moy, et me dit que il estoient touz renoiés ; et je li dis avoient lessiez, assui tost les leroient il se il veoient ne leur point ne leur lieu. Et l'amiraut me fist respondre tele que il s'acordait a moy, que Salehadin disoit que en ne vit onques de mauvrais crestien bon Sarrazin, ne de mauvais Sarrazin bon crestien.


Joinville, Le Livre des saintes paroles et des bons faiz nostre Saint Roy Looÿs, éd. J. Monfrin, "Classiques Garnier", 1995, pp. 330-331.

Je m'arrête là, car tel était mon but.

La morale : il est certain que Francs et Musulmans partageant certaines valeurs chevaleresques, il régna une  estime certaine pour l'ennemi dont il reste encore des traces. Mais, selon le mot de Saladin que lui prête Joinville, "on ne vit jamais un mauvais chrétien devenir un bon musulman, ni un mauvais musulman devenir un bon chrétien".

Et l'espérance qui peut en naître ? Ces temps-ci, je parle beaucoup de Jérusalem, de la Terre Sainte, de la Palestine, de la terre d'Israël. Puissions-nous rester, les uns envers les autres, rivaux, parfois ennemis, respectueux de tous, pour préparer la paix.

A bientôt, les Amis,

Bernard Bonnejean


Puisque ce sont les vacances, écoutez donc cette leçon très instructive sur les croisades par un professeur du Collège de France :

 


Les 8 croisades
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