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Bonne fête à toutes les mères

Publié le par Bernard Bonnejean

 

et à toutes celles qui auraient tant aimé l'être.

 

A Aurélie Fouquet et à son petit bébé

 

 

 

Tous les fils devraient avoir lu, comme un devoir, le Livre de ma mère, qu'Albert Cohen a publié en 1954. Ne serait-ce que parce qu'il le dit lui-même, fort justement :

 

Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s'impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis.

 

C'est un livre-hommage, ou plutôt un livre-amour, bouleversant, prodigieusement vrai, ni pathétique ni éloquent. Sa force tient à cette simplicité de la tendresse filiale, continuellement trahie, toujours tue comme un amour interdit, un sujet tabou. Pourquoi les hommes sont-ils si bêtes lorsqu'il s'agit de prononcer ce "je t'aime" attendu qui ne vient jamais ?

 

Cohen, comme nous tous, a attendu la mort de son amour pour l'aveu. C'est idiot, mais c'est comme ça ! Alors, laissons-nous aller aux aveux de l'écrivain, à une faiblesse si humaine qu'elle devrait nous faire tomber le masque...

 

 

O toi, la seule, mère, ma mère et de tous les hommes, toi seule, notre mère, mérites notre confiance et notre amour. Tout le reste, femmes, frères, sœurs, enfants, amis, tout le reste n’est que misère et feuille emportée par le vent.

Il y a des génies de la peinture et je n’en sais rien et je n’irai pas y voir et ça ne m’intéresse absolument pas et je n’y connais rien et je n’y veux rien connaître. Il y a des génies de la littérature et je le sais et la comtesse de Noailles1 n’est pas l’un d’eux, ni celui-ci, ni celui-là surtout. Mais ce que je sais plus encore, c’est que ma mère était un génie de l’amour. Comme la tienne, toi qui me lis. Et je me rappelle tout, tout, ses veilles, toute la nuit, auprès de moi malade, sa bouleversante indulgence, et la belle bague qu’elle avait, avec quelque regret mais avec la faiblesse de l’amour, si vite accepté de m’offrir. Elle était si vite vaincue par son écervelé de vingt ans. Et ses secrètes économies, à moi seul destinées quand j’étais étudiant, et toutes ses combines pour que mon père n’apprenne pas mes folies et ne se fâche pas contre le fils dépensier. Et sa naïve fierté, lorsque le rusé tailleur lui avait dit, pour l’embobiner, que son fils de treize ans avait « du cachet ». Comme elle avait savouré ce mot affreux. Et ses doigts secrètement en cornes contre le mauvais œil quand des femmes regardaient son petit garçon de merveille. Et, durant ses séjours à Genève, sa valise toujours pleine de douceurs, ces douceurs qu’elle appelait « consolations de la gorge » et qu’elle achetait secrètement, en prévision de quelque envie subite de ma part. Et sa main qu’elle me tendait soudain, brusquement, pour serrer la mienne comme à un ami. « Mon petit kangourou », me disait-elle. Tout cela est si proche. C’était il y a quelques milliers d’heures.

 

 

Maman de mon enfance, auprès de qui je me sentais au chaud, ses tisanes, jamais plus. Jamais plus, son odorante armoire aux piles de linge à la verveine et aux familiales dentelles rassurantes, sa belle armoire de cerisier que j'ouvrais les jeudis et qui était mon royaume enfantin, une vallée de calme merveille, sombre et fruitée de confitures, aussi réconfortante que l'ombre de la table du salon sous laquelle je me croyais un chef arabe. Jamais plus, son trousseau de clefs qui sonnaillaient au cordon du tablier et qui étaient sa décoration, son Ordre du mérite domestique. Jamais plus, son coffret plein d'anciennes bricoles d'argent avec lesquelles je jouais quand j'étais convalescent. Ô meubles disparus de ma mère. Maman, qui fus vivante et qui tant m'encourageas, donneuse de force, qui sus m'encourager aveuglément, avec d'absurdes raisons qui me rassuraient, maman, de là-haut, vois-tu ton petit garçon obéissant de dix ans ? Soudain, je la revois, si animée par la visite du médecin venant soigner son petit garçon. Combien elle était émue par ces visites du médecin, lequel était un pontifiant crétin parfumé que nous admirions éperdument. Ces visites payées, c'était un événement mondain, une forme de vie sociale pour ma mère. Un monsieur bien du dehors parlait à cette isolée, soudain vivifiée et plus distinguée. Et même, il laissait tomber du haut de son éminence des considérations politiques, non médicales, qui réhabilitaient ma mère, la faisaient une égale et ôtaient, pour quelques minutes, la lèpre de son isolement. Sans doute se rappelait-elle alors que son père avait été un notable. Je revois son aspect de paysanne pour le médecin, sonore niais qui nous paraissait la merveille du monde et dont j'adorais tout, même une trace de variole sur son pif majestueux. Je revois l'admiration si convaincue avec laquelle elle le considérait m'auscultant d'une tête à l'eau de Cologne, après qu'elle lui eut tendu cette serviette neuve à laquelle il avait droit divin. Comme elle respectait cette nécessité magique d'une serviette pour ausculter. Je la revois, marchant sur la pointe des pieds pour ne pas le déranger tandis qu'il me prenait génialement le pouls tout en tenant génialement sa belle montre dans sa main. Que c'était beau, n'est-ce pas, pauvre Maman si peu blasée, si sevrée des joies de ce monde ? Je la revois se retenant presque de respirer tandis que le crétin médical gribouillait noblement le talisman de l'ordonnance, je la revois me faisant des signes de "chut" pour m'empêcher de parler tandis qu'il écrivait, pour m'empêcher de troubler l'inspiration du grand homme en transe de savoir. Je la revois, charmée, émue, jeune fille, le raccompagnant à la porte et, rougissante, quêtant de lui la certitude que son petit garçon n'avait rien de sérieux.

 

Dans ma solitude, je me chante la berceuse douce, si douce, que ma mère me chantait, ma mère sur qui la mort a posé ses doigts de glace et je me dis, avec dans la gorge un sanglot sec qui ne veut pas sortir, je me dis que ses petites mains ne sont plus chaudes et que jamais plus je ne les porterai douces à mon front. Plus jamais je ne connaîtrai ses maladroits baisers à peine posés. Plus jamais, glas des endeuillés, chant des morts que nous avons aimés. Je ne la reverrai plus jamais et jamais je ne pourrai effacer mes indifférences ou mes colères.

 Je fus méchant avec elle, une fois, et elle ne le méritait pas. Cruauté des fils. Cruauté de cette absurde scène que je fis. Et pourquoi? Parce que, inquiète de ne pas me voir rentrer, ne pouvant jamais s'endormir avant que son fils fût rentré, elle avait téléphoné, à quatre heures du matin, à mes mondains inviteurs qui ne la valaient certes pas. Elle avait téléphoné pour être rassurée, pour être sûre que rien de mal ne m'était arrivé. De retour chez moi, je lui avais fait cette affreuse scène. Elle est tatouée dans mon cœur, cette scène. Je la revois, si humble, ma sainte, devant mes stupides reproches, bouleversante d'humilité, si consciente de sa faute, de ce qu'elle était persuadée être une faute. Si convaincue de sa culpabilité, la pauvre qui n'avait rien fait de mal. Elle sanglotait, ma petite enfant. Oh, ses pleurs que je ne pourrai jamais n'avoir pas fait couler. Oh, ses petites mains désespérées où des taches bleues étaient apparues. Chérie, tu vois, je tâche de me racheter en avouant. Combien nous pouvons faire souffrir ceux qui nous aiment et quel affreux pouvoir de mal nous avons sur eux. Et comme nous faisons usage de ce pouvoir. Et pourquoi cette indigne colère? Peut-être parce que son accent étranger et ses fautes de français en téléphonant à ces crétins cultivés m'avaient gêné. Je ne les entendrai plus jamais, ses fautes de français et son accent étranger.

Comment mieux traduire cet amour de la mère, cette complicité entre la mère et son enfant ? 

Ainsi, peut-être, par cette scène photographiée il y a moins d'un mois dans une maternité :

Numériser0004 

 

 

 

Bonne fête à toutes les mamans,

 

Bernard

Publié dans poésie

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Jaurès et Carmaux

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Le creuset du socialisme français

 

 

« Le courage, c’est de chercher la vérité

    et de la dire. C’est de ne pas subir

         le mensonge qui passe. »

 

                   Jean Jaurès

 

 

À Monsieur Lionel Torchia,      

ancien élu de Carmaux (81400 Tarn)

 

« Messieurs ! »

 

 

Qui de ces gueules noires a lancé du fond de la salle un «il n’y a  pas de Messieurs ici ! » vindicatif et méprisant ? L’orateur, en cette année 1889, se rattrape comme il peut ; plutôt bien d’ailleurs puisqu’au bout de quelques phrases on l’applaudit, lui le prof de fac parachuté de Toulouse, conseiller municipal de la ville rose et rédacteur en chef épisodique de la Dépêche : un exploit.

 

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On pourrait presque dire qu’il vient à Carmaux, le jeune Jean Jaurès, faire ses vraies premières armes. Élu député du Tarn en 1885 sur une liste d’union, il vient faire sa campagne électorale. Mais il a si peu brillé lors de son premier mandat qu’il sera battu aux élections de 1889.


Une petite traversée du désert qu’il mettra à profit pour s’occuper de sa fille, Madeleine, de son épouse Louise née Blois, d’une thèse latine qu’il soutient le 5 février 1892 suivie de sa thèse philosophique, le 12 mars, en Sorbonne. En fait, le jeune Jaurès est content de lui : il connaît le succès universitaire avec les Origines du socialisme allemand (en latin !!) et De la réalité du monde sensible.

 

http://media.notrefamille.com/cartes-postales-photos/cartes-postales-photos-Mines--Puits-de-la-Grillatie-CARMAUX-81400-81-81060014-maxi.jpg

 

Mais que diable est-il revenu faire à Carmaux, ce jeune politicien qui, il y a peu, se vantait en ces termes à Jules Guesde : « Je ne suis inféodé à aucun groupe, emprisonné dans aucune secte » ? Il veut retrouver la Chambre et « on » lui a demandé de se porter candidat aux élections législatives partielles dans cette ville du Tarn.


Car, jusque là, on peut dire que ça allait mal chez les Carmausins ! Le 5 août 1892, les mineurs et les verriers se sont mis en grève pour la troisième fois en un an ! Une histoire d’hommes, mais aussi une histoire de classes sociales ; on peut vraiment parler de lutte des classes.

 

http://www.ephemanar.net/images/broutchoux_cpa.jpg

 

 

Pour comprendre, il faut replacer l’ensemble de l’affaire dans son contexte. L’époque est au paternalisme. Carmaux, c’est la famille Solages depuis que le roi lui a accordé la concession en 1752. Même si les Solages sont contraints, en 1873, d’abandonner une partie de leur pouvoir avec la création d’une SMC (Société des Mines de Carmaux), elle n’en garde pas moins l’autorité sur la conduite de la mine et des affaires publiques, puisque le marquis de Solages est aussi député.


Or, viennent aux ouvriers des idées fâcheuses d’émancipation. Monsieur le Marquis de Solages est si peu aimé à cause de ses mesures arbitraires contre les mineurs que ces derniers se donnent un maire en la personne d’un certain Jean-Baptiste Calvignac, élu le 15 mai 1892 : un simple ouvrier ajusteur, un salarié de la mine, premier magistrat de la commune ! Du jamais vu ! De l’inadmissible !


 

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Pour le camp Solages, Calvignac, c’est le symbole du socialisme, du syndicalisme en mairie. La cause est vite entendue : il faut trouver une parade, un stratagème pour empêcher Calvignac de s’installer à son poste. Le moyen le plus simple ? L’affamer ! Certes, le suffrage universel a prévu que tout citoyen français peut être élu, mais la bourgeoisie s’est empressée de s’opposer à une quelconque rétribution des charges électives.


La tactique du patronat est donc imparable : Calvignac ne peut être maire que s’il gagne sa vie autrement. Mais s’il est maire, il doit, pour remplir ses fonctions, s’absenter de la mine trois ou quatre fois dans la semaine. La mine s’y refuse. Calvignac maire se verra congédié pour absentéisme !! Illégal ? Il faudra le prouver. En attendant, soit l’ouvrier démissionne de son mandat et réintègre sa place à l’usine ; soit il devient maire et il est licencié.


 

http://www.1851.fr/images/suffrage_universel.jpg

 

 

Ce que n’ont pas prévu les Solages, c’est d’une part la résistance sans précédent des Carmausins qui, malgré la répression, les arrestations, les condamnations, poursuivent une longue grève de deux mois et demi et d’autre part, un immense élan de solidarité nationale et internationale qui permet aux grévistes de tenir en alimentant les caisses de secours.

 

Les socialistes viendront tour à tour soutenir les ouvriers, Millerand et Viviani, les deux ténors du parti en tête. Le mouvement est si volontaire, si déterminé, si  bien organisé que le Président de la République en personne, Émile Loubet, donne gain de cause aux ouvriers contre la direction de la mine et contre le marquis de Solages qui donne sa démission de député, le 14 octobre 1892.

 

 

 

 

Voilà Carmaux-les-grèves, (c’est le nom donné par les forces de la réaction), avec un maire, mais sans député. Qui mettre à la place du Marquis ? On pense au duc de Quercy. Mauvaise idée, sans aucun doute !


Enfin, Calvignac et les siens proposent le nom du professeur de philosophie de Toulouse, Jean Jaurès. Certains protestent : il est bon orateur, certes, mais pas socialiste. C’est un bourgeois, un intellectuel. Certaines mauvaises langues disent qu’il a fait baptiser ses enfants. Plus tard, on ira même jusqu’à dire que Madeleine Jaurès a voulu être religieuse !


 

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Calvignac a une idée, contenue dans ce télégramme que reçoit Jaurès à la mairie de Toulouse :


« Le Congrès Républicain Socialiste vous offre la candidature avec le programme du Parti Ouvrier rédigé au congrès de Marseille. Si vous acceptez, venez de suite à Carmaux, au siège du Congrès. Pour le Congrès : le président : Bouteillé ».


Et Jaurès fut élu, lui l’indépendant, sur un programme socialiste. Il faudra encore attendre quelque temps pour qu’il fasse l’union de la « sociale » autour de son nom.


 

http://www.histoire-image.org/photo/zoom/bos3_eloy_001f.jpg

 

 

L’on peut résumer ce récit en quelques mots :


Jean Jaurès, docteur agrégé, professeur et journaliste, « républicain libéral », partisan de Ferry contre Gambetta, « opportuniste » défenseur de l’ « Union », est devenu socialiste à Carmaux, car c’est à Carmaux qu’est né le socialisme français.


A bientôt, les amis,


Bernard

Publié dans Histoire

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C'tait l'bon temps !

Publié le par Bernard Bonnejean

 

des chantiers de jeunesse


 

Si je les entends ? Mais bien sûr que je les entends les nouveaux gauchistes ! Comment, disent-ils, comment pouvez-vous dire que les chantiers de jeunesse furent une période heureuse de notre histoire nationale ? Mais ils se trompent ! Les chantiers de jeunesse ne sont pas une période, mais un idéal. Celui de la patrie française ! quand le Maréchal avait besoin d'un sang nouveau pour régénérer une nation meurtrie, subordonnée à un Etat vainqueur certes, mais un peu envahissant tout de même.


 

 

 

 

Qui peut prétendre encore aujourd'hui que la défaite n'a eu que des conséquences néfastes ?  Qui osera ne pas constater que les valeurs de la Révolution nationale, inculquées par le Régime de Vichy après l'armistice du 22 juin 1940, sont précisément celles qui, oubliées, ont tant manqué à nos troupes et à nos politiciens. Il manquait un homme, un vrai, de sang français, pour rendre à nos jeunes ce que l'anglo-saxon Robert Baden-Powell avait tenté de mener à bien Outre-Manche avec les règles du scoutisme. Mais on ne pouvait demander à un orphelin anglais plus qu'il ne pouvait donner. Aux valeurs viriles de dépassement de soi, d'amour et de devoir envers la patrie, il crut bon d'ajouter la fraternité, la tolérance, le respect de soi et des autres et le devoir envers la religion, au risque de transformer des âmes guerrières en bons samaritains efféminés.


 

http://www.resistances.be/images/Chantiers_jeunesse_france_tjrs_aff_Propa.gif

 

 

Puis était venu le temps des Coeurs vaillants des Pères Gaston Courtois et Jean Pihan de la congrégation religieuse des Fils de la Charité dont le tort fut sans doute d'apprendre à leurs ouailles les douceurs de la religion catholique, quand de l'autre côté de la frontière, on s'entraînait à manier les armes dans l'éventualité d'un conflit. Si des deux côtés du Rhin on chantait, d'un côté c'était des hymnes guerriers, de l'autre de douces ritournelles comme celle-ci :


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Et le général Joseph de La Porte du Theil vint. Le fondateur ramena nos jeunes amolis à leurs devoirs : le retour à la terre, l'amour de nos belles provinces, la vie en commun dans les lieux naturels, comme les bois et les forêts, réaction attendue contre la ville abjecte, corruptrice, foyer d'individualisme et, comme l'appelaient les soviets, de lutte des classes. Tout était tendu vers la discipline, le respect envers la hiérarchie : les chefs et le Maréchal vénéré.


 


 

 

 

 

Comment eussent-elles pu être malheureuses ces recrues auxquelles on réapprit le sens du service ?


La preuve est qu'ils chantaient, tous ces corps rompus à la saine discipline et à l'exercice physique si tant est qu'en France, tout finit par des chants. Mais quels chants !!



 

 

 

 

Haut les coeurs, mes amis, et chantons

(sinon je vais me mettre à chialer...)

 

 

Bernard





 

HORS-TEXTE

 

http://s2.e-monsite.com/2009/12/17/11/resize_550_550/Saint-Philippe-Neri-2.png

 

Le 20 mai 2010, Aurélie Fouquet a été lâchement assassinée, dans l'exercice de ses fonctions, à la sortie de l'A4 à Villiers-sur-Marne, par le membre d'un gang d'au moins cinq personnes. Elle était mère d'un bébé de 14 mois.

 

Dès que je l'ai appris, j'ai pleuré à chaudes larmes, comme s'il s'agissait de ma propre fille. Bouleversé, j'ai voulu faire un geste. J'ai écrit un mot pour Aurélie sur un site de facebook ouvert à cette intention.  Ce mot est resté affiché moins de vingt-quatre heures. J'y écrivais en substance :


Après la peine de ta disparition, ma Puce, j'ai le coeur rempli d'amour. Je vis constamment avec toi qui m'a dit que tous tes meurtriers seraient sévérement punis et que ton fils ferait la fierté de son père.

 

J'ajoutai que j'étais catholique pratiquant pour qu'on ne me prenne ni pour un illuminé ni pour un voyant extralucide.

 

Le responsable du site censé regrouper les amis d'Aurélie a effacé mon message, ajoutant l'humiliation au chagrin. Questionné à maintes reprises, ce policier à la retraite ne m'a pas donné d'explications satisfaisantes. Je tiens à mentionner que mon casier judiciaire est vierge, même si les très nombreux fichiers de police ne le sont pas tous, contre l'avis de la Justice !!!

 

Aurélie n'est pas la propriété de l'Etat par le biais des fonctionnaires du Ministère de l'Intérieur !! Le peuple de France a le droit de s'unir à ses dirigeants pour lui rendre hommage.

 

C'est ce que j'ai fait ce matin, en allant à la messe à son intention et à celle de sa famille. Et j'ai été frappé par une coïncidence :

 

 

En ce jour l’Église fête saint Philippe Néri (1515-1594), le fondateur de l’Ordre des Oratoriens. Et c’est bien que la République soit unie pour rendre hommage à l’un de ses meilleurs serviteurs. Philippe était très soucieux du besoin des pauvres gens et de la jeunesse de son temps. Il fonda des hôpitaux et des écoles. Aux plus turbulents, il recommandait :


« Tenez vous tranquilles, si vous pouvez ! »


Ami des humbles, il l’était aussi des puissants dont il était le directeur spirituel et le confesseur.


Alors, Aurélie, aide-nous, riches et pauvres, puissants ou misérables, à demeurer droit et debout dans l’adversité. Ne permets à aucun de nous d’abuser de son pouvoir, fût-il minime, pour humilier ceux qui ne le sont déjà que trop.


A bientôt, Aurélie, veille sur chacun de nous, mieux que le meilleur des policiers.

 

Ton ami pour toujours,

 

Bernard

 

P.-S. : A l'heure où avait lieu la cérémonie, après deux mois d'une demande infructueuse, Madame Carla Bruni, ou son secrétariat, me faisait savoir qu'elle m'acceptait sur sa liste d'amis de facebook. Merci Aurélie. Cet honneur, je le mets à ton compte.

 

 



Publié dans Politique inclassable

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Mai 40 : "Va chercher les gosses ! On s'en va !"

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Où ? On n'en sait rien...

 

A mes parents, mes frères et soeurs picards,

leur fils et frère mayennais, Bernard.

 

Avant, il y avait eu l'Espagne et le « lâche soulagement  » de Léon Blum et  du Front populaire. La Tchécoslovaquie et la couarde lâcheté d'Edouard Daladier, la lâcheté niaise de Neville Chamberlain, la complicité triomphante de Benito Mussolini et la complicité muette de Francisco Paulino Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde. Et puis le courage des Alliés : Hitler avait osé attaquer la Pologne ; on déclara la guerre à Hitler, même si Dantzig, franchement, ça n'intéressait personne. Question d'honneur et de parole donnée : on va voir ce qu'on va voir ! Mais on n'a pas vu grand chose, pendant près d'un an... Partout en Europe les familles fuyaient devant le vainqueur. Pour aller où ? Loin, le plus loin possible, c'est la seule certitude. Le plus loin possible de ces bruits-là, pas le bruit des bottes, non, parce que tout va tellement vite que les Panzers n'attendent pas les fantassins. Pas le temps !!!


 


 

(Oui, je sais, la Résistance ce sera pour après, et encore, pas pour tout le monde. Mais l'Histoire a décidé de lier les deux, invasion et résistance, parce que ça fait moins mal à notre ego... N'empêche que quand j'étais petit, l'une de mes soeurs m'avait appris le chant allemand, mais pas le chant des partisans... La peur, toujours la peur !)

 

L'exode, il connaît, lui, le Caudillo, galicien bon catholique. C'est chez lui que tout a commencé. Des milliers de fuyards lancés sur les routes, morts de peur, de faim et de soif. Pas fières, les «  autorités » françaises ! Que faire de tous ces gens-là ? On cache la pagaille derrière la fausse ordonnance des barbelés et des barraques bien rangées. On enferme dans les camps toutes ces victimes. Des Républicains ? Oui, et alors ? Défenseurs d'un gouvernement légitime ? Et alors ? Pas des révolutionnaires, pas des anarchistes, pas seulement. Non, des gens comme nous, et comme nous le deviendrons parce qu'il y a une justice. Guernica n'est pas qu'un tableau de Picasso, c'est un meurtre collectif, un génocide, orchestré par Hitler, méthodiquement, à l'allemande, sous les yeux admiratifs du brave futur Caudillo, toujours aussi bon catholique. 


 

 

 

Maintenant, c'est notre tour, mes chers parents. Sauf que pour nous, le gouvernement français a prévu le prévisible. Une débâcle sans précédent. Il a décidé que les gens de l'Aisne iraient dans la Mayenne. C'est quoi ça, c'est où ça, la Mayenne ? Pour les questions, on verra après, maintenant il faut partir.

 

Mes parents récupèrent leur cinq gosses, la tante et son gamin (l'oncle Charles est parti  «  à la guerre » et sera prisonnier jusqu'à la fin). C'est peut-être idiot, mais ma mère n'a pensé à emporter qu'un kilo de sucre... en poudre. Parce que dans l'Est et le Nord, on ne connaît pas trop le sucre en morceaux. Pratique pour nourrir les mômes !! On ne parle pas trop : la hantise de la cinquième colonne. On en a arrêté un, du côté de Soissons : il s'est fait prendre parce qu'il parlait allemand pendant son sommeil. Dit-on...

 

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Pourquoi on s'en va, au juste ? Comme le raconte Amouroux :

 

«  Les avions allemands arrachent des millions de Belges, puis de Français à leurs maisons, leurs villages, les jettent sur les routes où ils pourront à loisir les saisir, les tourner, les retourner, molle pâte humaine qui s’étale finalement jusque dans l’herbe des fossés... On part donc, d’abord parce que les Allemands bombardent. Impitoyablement ».

 

Tu te rappelles, toi, ma grande soeur, qui te colles encore derrière les portes, à soixante-quinze ans, quand il y a de l'orage. Le tonnerre, les éclairs, la poudrière de La Fère qui n'en finit pas d'exploser : des heures, des heures, dans le bruit et la peur. Avant les avions et avant les « y'en a qui disent que... »

 

Que disent-elles, ces bonnes âmes, qui se tairaient si elles savaient qu'elles risquent d'être arrêtées pour défaitisme ? On se demande bien par qui ? Pompiers, gendarmes, soldats, tout le monde détale... Elles rappellent ce que tout le monde connaît des heures d'occupation prussienne pendant la première guerre et que les livres d'histoire se sont empressés d'occulter pour cause de réconciliation.


 

 

 

Petite fille, ma mère a vu le maire du village de La Neuville-Bosmont (ou de Marles, je ne sais plus) fusillé par « les Boches » devant la population rassemblée sur la place principale ; elle a vu un Uhlan, un casque à pointe, pas encore SS celui-là, percer le sein d'une jeune femme enceinte d'un coup de lance, comme ça, pour le plaisir, histoire de rigoler un peu. Elle a travaillé dur dans les champs réquisitionnés par le Kronprintz qui a fermé les écoles pour avoir de la main d'oeuvre à pas cher. Mon père, lui, a passé son adolescence dans les Ardennes à casser des cailloux, comme il nous le racontait, dans les carrières. Comme un bagnard. Sans compter tous les crimes de guerre, sans compter les crimes contre l'humanité -- mais ça n'existait pas encore dans les actes officiels de barbarie ! -- qu'il faut que notre génération oublie, parce que, comme on dira vingt ans plus tard : « Ils n'étaient pas tous comme ça quand même ».

 

Non, c'est vrai, mais quelque chose m'a frappé quand je suis allé visiter pour la première fois les villages de l'Aisne. Les monuments aux morts comptent plus de victimes civiles que militaires... Morts pour la France. Avec quelles armes ? Alors, quand, en mai 40, on leur raconte, aux civils, que les Allemands coupent les mains des petits garçons et violent les petites filles, ils voudraient bien ne pas y croire...


 

 

Faute de preuve, on fuit. C'est une tragédie que l'exode, mais a-t-on seulement le temps de se rendre compte ? Amouroux continue ainsi son récit :

 

«  Partout des cadavres... Les gares bourrées de troupes en transit, d’évacués hagards et las, avides d’atteindre ces havres qui ne sont généralement que des pièges mais où ils espèrent recevoir le pain et l’eau, le secours d’un médecin ou d’une parole charitable, les gares, avec leurs wagons de munitions follement mêlés aux convois humains, sont des proies de choix et des lieux où la tragédie rencontre de quoi s’alimenter... le train par miracle est intact, mais voilà des hommes et des femmes dégoûtés soudain de ce moyen de locomotion ».


C'est vrai qu'on part parce qu'on a la frousse. Comment demander à des populations civiles d'être plus courageuses que ces soldats désarmés qui fuient plus vite qu'elles ?!! Mais Amouroux donne une autre raison à l'exode. Pas très facile à définir d'ailleurs :

 

« On part également parce que l’ordre a été donné par des autorités qui veulent soustraire le maximum de mobilisables et d’ouvriers à l’envahisseur ».

 

 

On part donc parce que c'était prévu, par un plan tenu secret depuis... 1936 !!! Et le résultat est déplorable, lamentable, honteux.

 

« Ils se joindront au flot qui encombre toutes les routes, au flot des guimbardes, des autos au toit gonflé de malles, de valises, de paquets solidement arrimés, au flot des charrettes paysannes entourées encore des odeurs et des bruits de la ferme, au flot des piétons avec leur couverture rouge en bandoulière, leur sac à dos, leur mauvaises valises de carton à la main... Fleuve humain (2 millions, 3 millions, on ne saura jamais exactement combien de Belges) mais dont toutes les motivations ne sont pas uniquement dictées par la frousse. On ne veut pas devenir allemand. »

 

Et même si c'était uniquement dicté par la frousse, M. Amouroux ? Une mère de cinq enfants n'a-t-elle pas le droit de trembler pour les siens ? Pourtant les enfants restent des enfants. La plus jeune de mes soeurs se souvient d'avoir cueilli des brins de muguet en forêt de Compiègne, en ce joli mois de mai 40, juste avant un bombardement... Encore un. Et ça fait du bruit, les bombardements. Et ça fait pleurer, et pas que les petites filles.

 

Alors, ne refaisons pas l'histoire, s'il vous plaît. Ces gens sur les routes ne fuyaient pas par patriotisme. Et franchement quel insensé leur en tiendrait rigueur ?

 

 

 

 

 

Ma mère, elle, n'a pris que du sucre en poudre. Elle en rira jusqu'à sa mort. En fait, c'est tellement rapide qu'on attrape à peu près n'importe quoi :

 

« Lorsqu’un pays entier prend la fuite, les habitants saisissent non toujours l’indispensable mais ce qui leur tombe sous la main.... L’exode de 40 restera celui des piétons surchargés, des cyclistes et des paysans sur ces lourdes, lentes, majestueuses charrettes faites pour ramasser les gerbes ou les betteraves qui iront porter témoignage que, jusque dans la plus humble des fermes, la France entière a été touchée. Beaucoup de départs sont improvisés... Qui dira l’effroyable spectacle des  bêtes abandonnées dans des villes abandonnées ? Chats et chiens errants, affamés... »

 

Vous voyez, chez nous, c'est les mains dans les poches et le sucre en poudre. Et pourtant, on n'était pas spécialement pauvres. Mais, dès juin 1940... Advienne que pourra !

 

Jusqu'au jour où on leur fait prendre le train à Maurice, Raymonde, la tante Gisèle et les mômes. Et les voilà tous arrivés à... Poitiers. Pas le temps de faire connaissance avec la population locale. Les hauts-parleurs hurlent que les habitants de l'Aisne doivent repartir vers le Nord, dans la Mayenne. C'est quoi ça, c'est où ça, la Mayenne ? Quelqu'un sait et dit qu'ils ne parlent pas comme nous. D'autres, que les paysans les plus riches n'y ont pas plus de 40 hectares !! Le wagon s'esclaffe ! 40 hectares pour les ouvriers agricoles des grandes plaines de Picardie ? Même pas la taille d'une petite pièce. Comment va-t-on se faire comprendre ? Comment va-t-on trouver du travail ?

 

 

 

 

Et les voilà arrivés à Ernée où mes frères Claude et Roger et moi sommes nés. Un détail : les Allemands sont arrivés avant eux !!!

 

Les parents n'ont pas voulu retourner dans l'Aisne. « Trop plat, trop triste », disait ma mère. La réalité, c'est que le grand-père avait connu l'invasion de 1870 et l'exode, eux ont connu celles de 1914 et l'exode, et de 1940 et l'exode. En plus, depuis juin 40, il ne reste plus rien de la maison familiale. Les Allemands ? Une vieille voisine, qui a refusé de partir, a dit à mon père retourné sur place qu'ils n'avaient ni l'accent ni l'uniforme allemand, les pillards... Peu importe !

 

Nous n'en garderons qu'une sorte de tradition. Chaque fois que nous fêterons un événement, devant le cadavre de la bouteille de vin, il y en aura toujours un pour dire en riant :


« Encore une que les boches ne boiront pas »


Et un autre pour répondre en écho, sans rire :


« Oh ! ça n'a pas toujours été eux ! »


Alors, on restera là, dans la Mayenne. Les parents feront rire les gens au début, à cause de leur drôle de façon de parler et de quelques mots de patois picard qu'ils ont ramené de là-bas. N'empêche que grâce à eux j'apprendrai pourquoi on appelle loque un homme mou, sans volonté et un chemin creux un chemin obscur ! Je serai fier de m'apercevoir qu'à la maison, parfois, on parle le français d'Aucassin et Nicolette sans le savoir.

 

On sera bien aimables avec les commerçants. On dira bien bonjour à tout le monde, merci et au revoir. On ne se fera pas remarquer (Combien de fois, t'ai-je entendu nous dire, chère Maman : « Je ne veux pas que vous soyez autrement que les autres ! » Pas de meilleure école d'intégration ! ) On ira même à la messe et à l'école libre.

 

Mais jamais, jamais, nous ne serons vraiment considérés comme Mayennais.

 

La preuve ?

 

Mon frère Claude (dit "Gleude" par les picards, ce qui a toujours fâché ma mère) a demandé à la Mairie d'Ernée, où il est né en 1942, un certificat de naissance. Et vous, chère Madame la Secrétaire, vous avez éprouvé le besoin d'écrire en marge, là où l'on note les mentions particulières : "Fils de réfugiés". Vous qui lui succédez devriez lui écrire : il n'a toujours pas digéré...  

 

Depuis le 18 mai 40, tout de même, ça va faire soixante-dix ans !


 

A bientôt, les amis,

 

 

Bernard

 

 

 

Les citations sont de Henri Amouroux (1920-2007), La grande histoire des Français sous l’Occupation, « Le peuple du désastre » et « Quarante millions de pétainistes », éd. Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », Paris, 1961.

 

Publié dans Histoire

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Le voyage de Villemomble à Jérusalem (VI et fin)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

ou le pèlerinage de Mauricette en Terre Sainte

 

 

À notre très chère Sophie Assayag

 

Θάλασσα , Θάλασσα,


s’écrièrent les Dix-Mille conduits par Xénophon, leur historien dans l’Anabase, quand accablés de fatigue après un périple terrestre de seize mois, ces marins dans l’âme aperçurent le rivage du « Pont-Euxin », qu’on nomme aujourd’hui « Mer Noire ».

Combien, depuis des millénaires, ont proclamé ton nom 

 

יְרוּשָׁלַיִם

القُدس

ירושלים

Jérusalem

 

depuis que David en fit la capitale de son royaume, que son fils Salomon y fit construire le Temple, que les Croisés d’Europe voulurent reconquérir les lieux où mourut Jésus le Nazaréen, tombés aux mains des sultans, jusqu’à aujourd’hui, quand au bout d’un long voyage, nos touristes villemomblois, en ce dimanche 27 décembre 2009, jour de la Saint-Etienne, premier martyr de Jérusalem ( !), pénètrent dans la Ville Sainte. Pour ceux qui croient aux signes, le 27 décembre 537, a lieu la consécration de la basilique Sainte-Sophie à Constantinople ; le 27 décembre 1146, saint Bernard prêche la deuxième croisade et… le 27 décembre 2008, le gouvernement Netanyahou initie l’offensive militaire sur Gaza.

 

Les Villemomblois, eux, investissent la vieille ville par la Porte de Jaffa

 

La-Porte-de-Jaffa-.JPG

 

ou Porte de l'Ami, ou encore Porte de la Tour de David, le seul passage ouvert antan dans les fortifications qui s'ouvrait du côté occidental de Jérusalem, et d’où partaient les routes d'Hébron et de Jaffa (dont le nom fait référence à Abraham, l'Ami de Dieu). Une porte sur l’histoire de l’humanité par où passèrent Guillaume II, invité par les Ottomans, le général Allenby, le vainqueur des mêmes Ottomans avec le célèbre Lawrence d’Arabie, une porte qui n’est revenue à l’Etat d’Israël qu’après la Guerre des Six Jours.


Le danger, je pense, pour le chrétien, serait de ne voir Jérusalem qu’au regard du Nouveau Testament. Ce serait vite oublier que la capitale d’Israël, ville du patrimoine mondial, religieux et artistique, est associée à l'histoire des trois grandes religions monothéistes de l'humanité : l’Islam, le Judaïsme et le Christianisme. Je ne sais si ce fut une réelle surprise pour notre groupe

 

Groupe-dans-Jerusalem.JPG

qui eut la chance inouïe d’être hébergé dans ce charmant foyer, sis en plein centre de la Vieille Ville.

 

Notre-foyer-a-Jerusalem.JPG

Sans parler des hôtels de luxe, Jérusalem offre au touriste un assez grand échantillon d’« hôtels pas trop chers », offrant un bon rapport qualité/prix. Soyons terre à terre et citons, entre autres, le Palatin Hotel, petit établissement familial de 23 chambres au cœur de la Vieille Ville, le Jerusalem Inn à quelques minutes de Jaffa Street, l'hôtel Little House in Rechavia dans l'un des plus jolis quartiers, le Hashimi Hotel, le seul implanté au cœur de la vieille ville, pas à portée de toutes les bourses ou le Montefiore Hotel pas cher.


Pour revenir à des considérations plus élevées, qui ne connaît le très célèbre Mur des Lamentations, unique vestige du Temple de Salomon, appelé ainsi par les Chrétiens pour rappeler que les romains avaient autorisé les juifs à pleurer la ruine du Temple ? Haut de dix-huit mètres, long de quatre cent quatre-vingt-cinq, le Mur est situé sur un lieu considéré comme « saint des saints » par toutes les religions monothéistes. Une coutume veut que les pèlerins déposent des billets contenant des souhaits et des prières dans les fentes, une tradition à laquelle se sont pliés les deux derniers papes.


Le-Mur-des-Lamentations-a-Jerusalem.JPG

 

Pour les musulmans, la colline du Temple représente l'un des trois lieux les plus sacrés avec La Mecque et Médine. Symbole de la présence de l'Islam à Jérusalem, le Dôme de la Mosquée du Rocher recouvert d'or est soutenu de murs octogonaux.

 

La-Mosquee-du-Rocher-a-Jerusalem.JPG

 

Elevés au VIIe siècle, ces murs enserrent le fameux rocher doublement sacré, puisque, d'une part, il serait le site du sacrifice d'Abraham et, d'autre part, le lieu à partir duquel le prophète Mahomet se serait élevé vers le ciel.

 

Mosaiques-de-la-mosquee.JPG

 

Les catholiques sont loin de représenter toute la chrétienté à Jérusalem. On compte aussi nombre d’orthodoxes qui tiennent des lieux de culte assez prestigieux comme cette église :

 

Eglise-Orthodoxe-de-Jerusalem.JPG

Mais, bien évidemment, le pèlerin de l’Eglise romaine va à Jérusalem, d’abord et avant tout, pour y célébrer la mémoire et la gloire de Jésus, fils de Dieu, qui y trouva la mort terrestre avant sa résurrection. Il serait trop long d’évoquer ici tous les lieux qui évoquent la Passion et la Mort du Christ. Retenons-en deux.


Le premier laisse un goût de tristesse et d’amertume. Il symbolise la faiblesse, la lâcheté, la trahison. Gethsémani, ou Jardin des Oliviers, est l’endroit où Jésus aimait à prier avec ses disciples, où il s’est rendu avec eux après son discours d’adieu lors de la Cène (Lc 22,39), où l’angoisse lui a fait verser une sueur de sang, où il a été trahi (Mt, 26,49), où on l’a enfin arrêté et ligoté (Jn 18, 12-13).

 

Le-jardin-des-Oliviers-.JPG

Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani, et il dit aux disciples : « Restez ici, tandis que je m'en irai prier là-bas. » Et prenant avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à ressentir tristesse et angoisse. Alors il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez avec moi ». Etant allé un peu plus loin, il tomba face contre terre en faisant cette prière : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. » Il vient vers les disciples et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : « Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. » A nouveau, pour la deuxième fois, il s'en alla prier : « Mon Père, dit-il, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » Puis il vint et les trouva à nouveau en train de dormir ; car leurs yeux étaient appesantis. » Il les laissa et s'en alla de nouveau prier une troisième fois, répétant les mêmes paroles. » Alors il vient vers les disciples et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer : voici toute proche l'heure où le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs. Levez-vous ! Allons ! Voici tout proche celui qui me livre. » (Matthieu, 26, 36-56)

 

5--Gethsemani-petit.jpg

Le deuxième pourrait symboliser le caractère éphémère de nos vies. Tout finit ainsi,

 

Depose-de-la-Croix-JerusalemJPG.JPG

ici

 

Cimetiere-face-a-Jerusalem.JPG

ou là

 

Pierre-du-Tombeau.JPG

Dieu incarné, Jésus fait homme doit mourir, comme tout le monde.


Tombeau-du-juste-.JPG

 

Eh bien, non, pas exactement ! Le credo des chrétiens dit : « Je crois à la résurrection des morts, à la vie éternelle ». Et c’est le sacrifice de notre Frère qui nous permet d’y croire. Et depuis plus de deux mille ans, en des églises comme celle-ci, des environs de Jérusalem, des milliers de pères Yacobe, à Jérusalem ou partout dans le monde, continuent de rappeler ce grand événement de la venue du Christ sur la terre.


 

Eglise-pere-Yacobe.jpg

Les adieux à Jérusalem durent être bien tristes pour nos pèlerins. De Saint-Pierre-en-Gallicante,

 

Vue-de-Saint-Pierre-en-Galicante-.JPG

 

ils eurent un dernier regard sur la cité sainte

 

St-Pierre-en-Galicante-.JPG

Saint-Pierre-en-Gallicante où siégeait Caïphe,

 

Bas-relief Saint Pierre en Galicante

 

Pierre renia trois fois comme l’avait prédit Jésus. Pauvre Pierre ! Une mauvaise tête, un peu vantard, un rien peureux, mais un cœur d’or ! Celui dont on dirait aujourd’hui : « Un grand disou n’est pas forcément un grand faisou », avant de le voir à l’œuvre. Celui que Jésus choisit pour bâtir son Eglise, le premier pape, le prédécesseur de Benoît XVI

 

Statue-de-Saint-PierreJPG.JPG

l’imparfait qu’on peut résumer dans ce passage d’évangile (Matthieu 16, 13-19) :

x

Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? » Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Elie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes » -- « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »  Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »  En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »

 

Voilà, mes amis, ce que firent Momo et les pèlerins villemomblois en Israël. Qu’ils soient tous remerciés, bien chaleureusement.


Je voudrais tout de même me montrer particulièrement reconnaissant envers M. Jacques Deniel, accompagné ici de son épouse, qui a bien voulu me confier les photographies dont il est l’auteur :

 

 

Vierge-dans-Basilique-de-l-Annonciation.JPG

 

À très bientôt, mes amis, pour une autre aventure,

 

 

Bernard

 

 

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Le voyage de Villemomble à Jérusalem (V)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

ou le pèlerinage de Mauricette en Terre Sainte

 

De Nazareth à Jérusalem

 

Article dédié à mes amis Joffo

 

 

D'intermèdes en pauses, il a fallu du temps pour retrouver nos pèlerins sur la route de Jérusalem ! Le fait est que, bien loin de les avoir délaissés, je ne crois pas avoir été plus proches d'eux, notamment au cours d'un petit voyage à Lisieux dont j'ai fait un très court compte-rendu. Il faudra que nous en reparlions, tant la conférence de Mgr Jean-Claude Boulanger, nouvel évêque du diocèse, a marqué les esprits et les coeurs. Témoigner c'est "prendre le temps", au sens le plus complet de l'expression, s'en emparer, l'enceindre et le diriger, le gérer, l'acclimater à son propre rythme, l'apprivoiser. Seule l'éternité peut se permettre d'exister à l'état sauvage. Notre temps, limité naturellement, a besoin d'être canalisé pour vivre libre. C'est ainsi qu'il exista naguère un ministère de ce temps-là. L'idée était bonne, mais si difficile à mettre en place qu'il fit long feu. Pour ce qui me concerne, je prends mon temps, c'est-à-dire je prends un temps libéré pour restituer une expérience dont je ne fus même pas témoin. Je le prends afin de vous le donner, de vous le confier, à vous mes amis lecteurs que je ne connais pas, mais que je sais là pour passer le temps ou pour que nous le partagions ensemble.

 

Les Grecs avaient une vision tragique du temps qui passe, implacable comme les trois Parques : Atropos, l'« inévitable », qui mesure la durée de la vie de chaque mortel ;  Lachésis, « la tireuse de sort » et Clotho,  la « fileuse »,  maîtresse de la destinée humaine , aussi vieilles que la Nuit, la Terre et le Ciel :

 

 

 

À quoi bon la loi qui enchaîne les créatures à l’existence pour les faire souffrir ? À quoi bon ce leurre éternel qui leur fait aimer la vie, pourtant si douloureuse ? Angoissant problème !

Et ce ne sont pas seulement les chefs-d’œuvre de la civilisation chrétienne qui produisent cette impression mystérieuse. On la ressent de même devant les chefs-d’œuvre de l’Art antique, devant les trois Parques du Parthénon, par exemple. Je les nomme Parques parce que c’est l’appellation consacrée, bien que, de l’avis des savants, ces statues figurent d’autres déesses ; peu importe, d’ailleurs !... Ce ne sont que trois femmes assises, mais leur pose est si sereine, si auguste, qu’elles semblent participer de quelque chose d’énorme qu’on ne voit pas. Au-dessus d’elles règne en effet le grand mystère la Raison immatérielle, éternelle, à qui toute la Nature obéit et dont elles sont elles-mêmes les célestes servantes.

Ainsi tous les maîtres s’avancent jusqu’à l’enclos réservé de l’Inconnaissable. Certains d’entre eux s’y meurtrissent lamentablement le front ; d’autres dont l’imagination est plus riante croient entendre par-dessus le mur les chants de mélodieux oiseaux qui peuplent le verger secret.


 

Auguste RODIN, L’Art, entretiens recueillis par
Paul Gsell,
nouv. éd., Paris, Grasset, 1924.

Recueilli dans
Les créateurs et le sacré,
par Camille Bourniquel et
Jean Guichard-Meili,
Cerf, 1956
.

 

 

NAZARETH

 

 

 

Jésus, Ἰησοῦς,  יהושע, « Dieu sauve », est qualifié plusieurs fois en grec de  Ναζωραῖος, « Nazaréen » ou « Nazôréen ». Beaucoup de chrétiens trouvent curieux qu'on le nomme ainsi, puisqu'il est né à Bethléem. En réalité, rien n'est simple. Ναζωραῖος peut venir d'une racine hébraïque désignant « celui qui observe la Loi », ou bien « celui qui se consacre à Dieu » ou encore, beaucoup plus largement, « tout rejeton d'Israël ». Si l'on en croit ces différentes acceptions, rien ne dit que le « Nazaréen » n'a pas pu naître à Bethléem. Cependant, on parle aussi parfois de Ναζαρηνός qui signifierait, lui, « Nazarénien », autrement dit « l'homme du village de Nazareth ». Selon certains chercheurs, ce dernier qualificatif serait la preuve formelle que Jésus n'est pas né à Bethléem, mais bien à Nazareth. Or, si Nazareth ( الناصرة  ou  נצרת ) est la ville galliléenne de Joseph et de Marie, c'est aussi le lieu de la jeunesse de Jésus Christ et non de sa naissance. Il n'y a donc pas contradiction, mais erreur d'interprétation. C'est pourtant à Bethléem que les pèlerins de Villemomble ont pu voir à quoi ressemblait la maison de la Sainte-Famille de Nazareth :

 

Maison-Bethleem.jpg

 

C'est peut-être en une telle demeure que Jésus, nous dit Luc (2,52), « crût en  sagesse, en taille et en grâce  devant Dieu et devant les hommes »,  parmi les habitants d'un petit village qui compte aujourd'hui  près de 70 000 habitants devenu l'un des sanctuaires chrétiens les plus importants du Moyen-Orient et du globe en général.

De son père, Joseph le charpentier, on en sait pratiquement rien. L'Église mettra beaucoup de temps à le vénérer. Il faudra attendre le 8 décembre 1870 pour que Pie IX le déclare Patron de l'Église universelle, fêté le 19 mars et l'année 1889 pour qu'il soit élevé au rang de modèle  et « saint patron des pères de famille et des travailleurs ». Cependant, les fidèles n'ont pas attendu la hiérarchie pour célébrer ses vertus. Comment résister à l'immense plaisir de conclure sur ce tableau de Georges de la Tour, Saint Joseph charpentier, chef-d'oeuvre parmi les chefs-d'oeuvre de la peinture religieuse : 

 

 

 

Nazareth, c'est donc Jésus apprenant son rôle d'homme auprès de son père Joseph avant de commencer sa mission. Mais avant, c'est là que Marie aurait reçu la visite de l'Ange Gabriel lors de l'Annonciation. Voici comment l'évangéliste Luc (1,28-38) rapporte les faits :

 

L'Ange entra et lui dit : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. »  A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation.  Et l'ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.  Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus.  Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. » Mais Marie dit à l'ange : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ? » L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile ; car rien n'est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! » Et l'ange la quitta.

 

De nombreux peintres de la Renaissance ont immortalisé cette scène sublime. Il faut dire qu'elle a toutes les qualités requises pour inspirer aux hommes et aux femmes de coeur, fussent-ils athées ou agnostiques, respect et émotion noble. De toutes ces représentations, qu'il me soit permis de préférer une pure merveille de l'art du quattrocento : L'Annunciazione dalla chiesa fiorentina di San Barnaba, réalisée en 1490 par Sandro Botticelli,   conservée au Kelvingrove Art Gallery and Museum de Glasgow :

 

 

 

Il est certes impossible de reconnaître dans cet intérieur assez cossu la grotte dite de l'Annonciation sur laquelle a été édifiée la Basilique du même nom, à Nazareth.

 

Porte-Basilique.jpg

 

La plus grande des églises du Moyen-Orient, inaugurée en 1964 par le Pape Paul VI et consacrée en 1969 est sans doute un des chefs-d'oeuvre architecturaux catholiques du siècle dernier.

Basilique-de-l-annonciation-la-nuit.jpg

En réalité, une première église, bâtie en 570, ruinée en 1099 par la guerre avait été remplacée par une cathédrale, elle aussi très endommagée par le tremblement de terre de 1102.

Interieur-Basilique-Annonciation.jpg

Les Templiers purent cependant assurer la protection des lieux durant les XIIe et XIIIe siècles avant la chute de Saint-Jean-d'Acre.

 

Interieur-eglise-Annonciation-Nazareth.jpg

En 1620 seulement, les catholiques revenus à Nazareth purent à nouveau se charger des lieux. En 1730, le sultan donna aux Franciscains la permission de construire un nouvel édifice qui tint jusqu'en 1955.

 

Mosaique-de-la-FranceJPG.jpg

C'est sur ses ruines qu'est constuite la présente basilique de l'Annonciation dont les travaux ont été confiés à l'architecte Giovanni Muzio

 

Tableau-de-la-Vierge-et-de-l-Enfant.jpg

 

Nos pèlerins sont ensuite allés à l'église Saint-Joseph peu distante de la Basilique. Une tradition fait de cette église le site possible de la maison de la Sainte Famille et de l'atelier de Joseph.

 

Plus intéressant et peut-être un peu plus probant, l'église-synagogue serait le lieu de culte où se rendaient Jésus et ses parents et où l'évangile rapporte qu'il commença à prêcher suscitant le rejet de l'auditoire. De là vient l'expression fameuse et tout à fait vérifiée : «  Nul n'est prophète en son pays ».

 

Matthieu, 13,54-57 :

 

 

 

S'étant rendu dans sa patrie, il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle façon qu'ils étaient frappés et disaient : "D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?  Celui-là n'est-il pas le fils du charpentier ? N'a-t-il pas pour mère la nommée Marie, et pour frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses soeurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? D'où lui vient donc tout cela ? "  Et ils étaient choqués à son sujet. Mais Jésus leur dit : "Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison."

 

Après avoir quitté Nazareth, les touristes-pèlerins de Villemomble ont médité sur les bords du lac de Tibériade,

 

 

 

puis par Capharnaüm

 

 

ont gagné


JERUSALEM

 

A bientôt, mes amis.


Bernard

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Absence pour une vraie présence

Publié le par Bernard Bonnejean

 

La Fête chez Thérèse

 

Deux jours d'absence, lundi et mardi, pour être encore plus présent près de vous, sans que vous ne me voyiez. La présence parfaite, en quelque sorte !


 

Nous allons chez Thérèse, à Lisieux.


 

Un colloque.


 

 

Un tout petit bout de colloque !


 

Et surtout, une double intervention sur sa Poésie, une commentée, une chantée. J'essaierai de vous raconter, mais là franchement, j'ai pris un retard...


 

Quelqu'un aujourd'hui m'a envoyé sur FB une rose rouge. Et si c'était ma petite sainte !? Le reste, pour l'instant, je m'en fous : les lâches encagoulés caillasseurs de bus, comme les lâches non encagoulés qui vouent les chrétiens aux gémonies pour se donner le droit de rejeter leurs frères à la mer.


 

Je vais le dire à Thérèse, et, croyez-moi, du haut de ses 24 ans de vie, elle va remonter les bretelles à tous ces porcs !!


 

Bernard et

 


 

Thérèse

 

 

 

Juste un mot, à mon retour, pour vous dire toute ma satisfaction d'avoir eu l'honneur d'entendre le nouvel évêque de Bayeux-Lisieux pour une conférence sur "LA PAROLE".


Une intervention géniale, qui s'avère sa première véritable contribution orale à son nouveau poste.


Très fier de l'avoir comme ami ! Même si je ne souhaite pas en abuser ni en user !


Il s'appelle Monseigneur Jean-Claude BOULANGER.

 

 

 

 

Notre Thérèse vous remercie, très cher Père, pour tout et pour le reste...

Publié dans poésie

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