Le voyage de Villemomble à Jérusalem (VI et fin)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

ou le pèlerinage de Mauricette en Terre Sainte

 

 

À notre très chère Sophie Assayag

 

Θάλασσα , Θάλασσα,


s’écrièrent les Dix-Mille conduits par Xénophon, leur historien dans l’Anabase, quand accablés de fatigue après un périple terrestre de seize mois, ces marins dans l’âme aperçurent le rivage du « Pont-Euxin », qu’on nomme aujourd’hui « Mer Noire ».

Combien, depuis des millénaires, ont proclamé ton nom 

 

יְרוּשָׁלַיִם

القُدس

ירושלים

Jérusalem

 

depuis que David en fit la capitale de son royaume, que son fils Salomon y fit construire le Temple, que les Croisés d’Europe voulurent reconquérir les lieux où mourut Jésus le Nazaréen, tombés aux mains des sultans, jusqu’à aujourd’hui, quand au bout d’un long voyage, nos touristes villemomblois, en ce dimanche 27 décembre 2009, jour de la Saint-Etienne, premier martyr de Jérusalem ( !), pénètrent dans la Ville Sainte. Pour ceux qui croient aux signes, le 27 décembre 537, a lieu la consécration de la basilique Sainte-Sophie à Constantinople ; le 27 décembre 1146, saint Bernard prêche la deuxième croisade et… le 27 décembre 2008, le gouvernement Netanyahou initie l’offensive militaire sur Gaza.

 

Les Villemomblois, eux, investissent la vieille ville par la Porte de Jaffa

 

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ou Porte de l'Ami, ou encore Porte de la Tour de David, le seul passage ouvert antan dans les fortifications qui s'ouvrait du côté occidental de Jérusalem, et d’où partaient les routes d'Hébron et de Jaffa (dont le nom fait référence à Abraham, l'Ami de Dieu). Une porte sur l’histoire de l’humanité par où passèrent Guillaume II, invité par les Ottomans, le général Allenby, le vainqueur des mêmes Ottomans avec le célèbre Lawrence d’Arabie, une porte qui n’est revenue à l’Etat d’Israël qu’après la Guerre des Six Jours.


Le danger, je pense, pour le chrétien, serait de ne voir Jérusalem qu’au regard du Nouveau Testament. Ce serait vite oublier que la capitale d’Israël, ville du patrimoine mondial, religieux et artistique, est associée à l'histoire des trois grandes religions monothéistes de l'humanité : l’Islam, le Judaïsme et le Christianisme. Je ne sais si ce fut une réelle surprise pour notre groupe

 

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qui eut la chance inouïe d’être hébergé dans ce charmant foyer, sis en plein centre de la Vieille Ville.

 

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Sans parler des hôtels de luxe, Jérusalem offre au touriste un assez grand échantillon d’« hôtels pas trop chers », offrant un bon rapport qualité/prix. Soyons terre à terre et citons, entre autres, le Palatin Hotel, petit établissement familial de 23 chambres au cœur de la Vieille Ville, le Jerusalem Inn à quelques minutes de Jaffa Street, l'hôtel Little House in Rechavia dans l'un des plus jolis quartiers, le Hashimi Hotel, le seul implanté au cœur de la vieille ville, pas à portée de toutes les bourses ou le Montefiore Hotel pas cher.


Pour revenir à des considérations plus élevées, qui ne connaît le très célèbre Mur des Lamentations, unique vestige du Temple de Salomon, appelé ainsi par les Chrétiens pour rappeler que les romains avaient autorisé les juifs à pleurer la ruine du Temple ? Haut de dix-huit mètres, long de quatre cent quatre-vingt-cinq, le Mur est situé sur un lieu considéré comme « saint des saints » par toutes les religions monothéistes. Une coutume veut que les pèlerins déposent des billets contenant des souhaits et des prières dans les fentes, une tradition à laquelle se sont pliés les deux derniers papes.


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Pour les musulmans, la colline du Temple représente l'un des trois lieux les plus sacrés avec La Mecque et Médine. Symbole de la présence de l'Islam à Jérusalem, le Dôme de la Mosquée du Rocher recouvert d'or est soutenu de murs octogonaux.

 

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Elevés au VIIe siècle, ces murs enserrent le fameux rocher doublement sacré, puisque, d'une part, il serait le site du sacrifice d'Abraham et, d'autre part, le lieu à partir duquel le prophète Mahomet se serait élevé vers le ciel.

 

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Les catholiques sont loin de représenter toute la chrétienté à Jérusalem. On compte aussi nombre d’orthodoxes qui tiennent des lieux de culte assez prestigieux comme cette église :

 

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Mais, bien évidemment, le pèlerin de l’Eglise romaine va à Jérusalem, d’abord et avant tout, pour y célébrer la mémoire et la gloire de Jésus, fils de Dieu, qui y trouva la mort terrestre avant sa résurrection. Il serait trop long d’évoquer ici tous les lieux qui évoquent la Passion et la Mort du Christ. Retenons-en deux.


Le premier laisse un goût de tristesse et d’amertume. Il symbolise la faiblesse, la lâcheté, la trahison. Gethsémani, ou Jardin des Oliviers, est l’endroit où Jésus aimait à prier avec ses disciples, où il s’est rendu avec eux après son discours d’adieu lors de la Cène (Lc 22,39), où l’angoisse lui a fait verser une sueur de sang, où il a été trahi (Mt, 26,49), où on l’a enfin arrêté et ligoté (Jn 18, 12-13).

 

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Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani, et il dit aux disciples : « Restez ici, tandis que je m'en irai prier là-bas. » Et prenant avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à ressentir tristesse et angoisse. Alors il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez avec moi ». Etant allé un peu plus loin, il tomba face contre terre en faisant cette prière : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. » Il vient vers les disciples et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : « Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. » A nouveau, pour la deuxième fois, il s'en alla prier : « Mon Père, dit-il, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » Puis il vint et les trouva à nouveau en train de dormir ; car leurs yeux étaient appesantis. » Il les laissa et s'en alla de nouveau prier une troisième fois, répétant les mêmes paroles. » Alors il vient vers les disciples et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer : voici toute proche l'heure où le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs. Levez-vous ! Allons ! Voici tout proche celui qui me livre. » (Matthieu, 26, 36-56)

 

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Le deuxième pourrait symboliser le caractère éphémère de nos vies. Tout finit ainsi,

 

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ici

 

Cimetiere-face-a-Jerusalem.JPG

ou là

 

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Dieu incarné, Jésus fait homme doit mourir, comme tout le monde.


Tombeau-du-juste-.JPG

 

Eh bien, non, pas exactement ! Le credo des chrétiens dit : « Je crois à la résurrection des morts, à la vie éternelle ». Et c’est le sacrifice de notre Frère qui nous permet d’y croire. Et depuis plus de deux mille ans, en des églises comme celle-ci, des environs de Jérusalem, des milliers de pères Yacobe, à Jérusalem ou partout dans le monde, continuent de rappeler ce grand événement de la venue du Christ sur la terre.


 

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Les adieux à Jérusalem durent être bien tristes pour nos pèlerins. De Saint-Pierre-en-Gallicante,

 

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ils eurent un dernier regard sur la cité sainte

 

St-Pierre-en-Galicante-.JPG

Saint-Pierre-en-Gallicante où siégeait Caïphe,

 

Bas-relief Saint Pierre en Galicante

 

Pierre renia trois fois comme l’avait prédit Jésus. Pauvre Pierre ! Une mauvaise tête, un peu vantard, un rien peureux, mais un cœur d’or ! Celui dont on dirait aujourd’hui : « Un grand disou n’est pas forcément un grand faisou », avant de le voir à l’œuvre. Celui que Jésus choisit pour bâtir son Eglise, le premier pape, le prédécesseur de Benoît XVI

 

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l’imparfait qu’on peut résumer dans ce passage d’évangile (Matthieu 16, 13-19) :

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Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? » Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Elie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes » -- « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »  Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »  En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »

 

Voilà, mes amis, ce que firent Momo et les pèlerins villemomblois en Israël. Qu’ils soient tous remerciés, bien chaleureusement.


Je voudrais tout de même me montrer particulièrement reconnaissant envers M. Jacques Deniel, accompagné ici de son épouse, qui a bien voulu me confier les photographies dont il est l’auteur :

 

 

Vierge-dans-Basilique-de-l-Annonciation.JPG

 

À très bientôt, mes amis, pour une autre aventure,

 

 

Bernard

 

 

Publié dans religion et culture

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Bernard Bonnejean 17/05/2010 12:12










Bernard Bonnejean 17/05/2010 12:16



Chers lecteurs et amis,


 


Au terme de ce reportage, permettez-moi de vous faire part, en confidence, de ma surprise et de mes doutes.


 


De la première à la dernière page de ce papier, pour lequel j'ai livré le meilleur de moi-même, pas une remarque, pas un compliment, pas l'ombre d'une émotion, positive ou négative, confiée aux
commentaires !


 


"Qui ne dit rien consent". Je sais. Mais permettez-moi, en toute objectivité, de me refuser à imputer votre silence à cette pseudo-vérité.


 


L'Eglise est actuellement l'objet de toutes les attaques. Bloy aurait dit qu'on recrucifie Jésus à travers ses prêtres, (même si certains, trop nombreux, n'ont pas été à la hauteur de leur
mission, j’en ai connu de nombreux qui ont servi saintement leurs frères), à travers ses évêques, et surtout, contre le pouvoir moral de son guide et Père : le Pape.


 


Non, le catholicisme ne mérite pas que des compliments ! Mais est-ce une raison pour le rejeter en bloc sous couvert d'une laïcité qui ressemble fort à un lobby anticlérical qui
s’internationalise ?


 


Dans ce papier sur le pèlerinage de Villemomble (Seine-Saint-Denis), j'aurai tout fait pour ne heurter la sensibilité d'aucun croyant musulman, juif ou chrétien. Quant aux agnostiques et aux
athées, je pense avoir été suffisamment intéressant pour leur ouvrir des perspectives de tourisme...


 


Pourquoi donc ce silence qui ressemble fort à du mépris, peut-être même à de la méfiance. Est-ce à la suite de ce compte-rendu de voyage, que je n'ai même pas fait, qu'un scélérat a osé me
traiter de "bigot" sur le mur facebookien d'une personne que je considère comme une amie et qui n'a même pas daigné me prêter assistance ?


 


Sachez que vous faites fausse route. Si vous ne comptez que sur vous-mêmes et sur vos faibles forces pour vous maintenir en paix, vous risquez un jour de déchanter, ou de faire déchanter vos
enfants. Faute de repères, ils risquent fort d'aller chercher dans des chemins tortueux la substance de leur agressivité.


 


Pour ma part, je crois bien que je vous en ai dit assez pour vous prouver mon estime.


 


En souhaitant, d'une façon ou d'une autre, être payé en retour, je vous souhaite une bonne semaine,


 


Bernard Bonnejean