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Déraisons et rimes 2012 (3)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Pour qui s'intéresse à notre histoire (suite et fin) :


PALMARÈS FINALISTES RIMES ET DÉRAISON 2011 

Rimes et Déraison 2011. Clôture (1)  

Rimes et Déraison 2011. Les deux gagnants, les deux prix.

Diplômes des deux lauréats de Rimes et déraison 2011

 

assurancetourixw

 

 

RÉSULTATS  DÉFINITIFS DU PREMIER TOUR
(III)

 

 

 

Frederika LANDOLPHE

« Papiers de vers »

 



J'ai usé mes crayons sur des papiers de vers
Mélangeant les couleurs au gré de mon envie
Noyant tous les chagrins en radeau de survie
De cet éloignement, loin de ton univers

Sur le bout de mon cœur esquissant ton visage
J'ai usé mes crayons sur des papiers de vers
Gommant nos ratures sur un simple revers
Pour garder cet émoi comme seul balisage

J'ai couru l'au-delà, franchissant les frontières
Bannissant tous les mots et les écrits pervers
J'ai usé mes crayons sur des papiers de vers
Et caressé ta main frôlant mes jarretières

J’ai fait glisser mes doigts sur tes éclats de vert
M’enivrant de ce sel coulant de tes paupières
Chavirant dans tes bras pour oublier qu’hier
J’ai usé mes crayons sur des papiers de vers

 

 

Vous connaissez sans doute les p’tits papiers que l’homme à la tête de chou inventa pour Régine. On raconte qu’il avait le texte dans la poche et qu’il lui présenta, faute de mieux, en s’excusant presque : «  J’ai ça ! On ne sait jamais… ». « Ça », écrit en 1965, est devenu un classique récompensé par le grand prix de l'académie Charles Cros. Tout l’art de jouer avec les mots,  des mots encordés qui se succèdent et se répondent en une litanie de formes, de senteurs et de couleurs.  Souvenez-vous : papier chiffon, papier buvard, papier de riz, papier d’Arménie, papier maïs, papier velours, papier musique, papier dessin, papier glacé, papier collant, papier carbone, papier-machine, papier doré, papier tue-mouches,  papier d’argent, papier monnaie, papier à fleurs…  Et comme dit Gainsbourg à la fin : « Ou l'on en meurt ; ou l’on s’en fout ». Loin de s’en foutre, Serge, on finira bien par en mourir un jour… C’est à mon tour de mettre des points de suspension qui ne ménagent aucun suspens tant la chose est certaine. Mais il y aura toujours une Frederika LANDOLPHE pour ajouter son papier à tes papiers afin d’essayer de clore l’énumération. Au « papier à fleurs » elle ajoute ses « papiers de vers » et voilà les mots, à bout de souffle, qui reprennent leur course folle. Valse le papier de verre, papier de vers, papier de vert… avec la petite notation-signature discrète comme un parfum, histoire de se faire connaître et d'avoir le dernier mot : « [J’ai] caressé ta main frôlant mes jarretières ». Et elle ne laisse pas le temps triompher, la maligne, car son papier de vert, dessiné aux crayons de couleurs, est certes un beau papier de vers de bonne facture,  plutôt bien versifié, mais c’est aussi un papier de verre en toile émeri qui « use » et « bannit » sur une surface bien polie par le gommage, le raturage et l’abrasion ! Sait-elle, Frederika LANDOLPHE, qu’émeri est un mot grec qui désigne une roche composée de spinelle et de corindon finement cristallisé, associé à la magnétite ou à l'hématite ? Belle définition, n’est-ce pas, mais d'une efficacité redoutable pour faire comprendre les choses subtiles à… un amant bouché à l’émeri, par exemple. 

 


 André OBADIA 

« Un regard souverain »

N’avez-vous jamais vu, derrière la cathédrale,
Cette femme éperdue, seule aux heures matinales.
N’avez-vous jamais cru qu’elle faisait un signe
À l’angle de la rue, d’un petit geste digne ?
Je l’avais remarquée, cette femme incertaine,
Cette femme si âgée, oui, cette femme en peine.
Elle a levé vers moi un regard souverain,
Et j’ai perdu la foi que j’avais au matin.
J’ai senti tout mon être balayé par le vent
D’un très curieux bien être des plus étourdissants.
Elle s’est redressée sans prononcer un mot,
Et m’a comme emporté vers un monde nouveau.
J’ai entrevu des choses plus laides que la mort,
J’ai marché sur des roses, et même sur des corps.
J’ai gravi un chemin bordé d’arbres en feu,
Il n’avait pas de fin, mais c’était merveilleux.
Sur la chaussée rougie par le sang des cadavres,
Je me sentis grandi et devenu de marbre.
La vieille cheminait sans la moindre parole,
Comme elles me fascinaient, ses petites épaules !
Soudain, n’y tenant plus, je déposai ma main,
D’un geste inattendu, presqu’empreint de chagrin.
Elle sursauta alors et me prit par le bras,
Je la revois encore accélérant le pas.
Elle paraissait sereine quand elle m’offrit ses lèvres,
Je m’égarais sans peine dans un élan de fièvre.
Elle me dévêtit dans des gestes sensuels
Et j’avais très envie de suivre son appel.
Elle se donnait à moi oubliant ses années,
J’éprouvais un émoi que je n’osais imaginer.
Je posai sur sa bouche des baisers enflammés,
Et par petites touches mes doigts s’égaraient…
Alors, son visage changea, ses rides disparurent,
Son sourire s’anima, prenant de l’envergure.
Je découvris l’espoir dans cet affreux cauchemar,
De vivre une belle histoire au parfum de hasard.
Et souvent le matin, près de la cathédrale,
Hésitant je reviens en quête de ce graal.
J’espère y retrouver celle qui fit un signe,
Cachée dessous les traits d’une vielle femme indigne.
Mais je sais bien hélas, qu’elle ne reviendra plus,
Je n’ai plus de la grâce qu’un souvenir perdu…

 
André OBADIA a rencontré Κλε͂ιω, la muse de l’Histoire. Derrière la cathédrale ? Et pourquoi pas ? Les muses hantent les lieux qu’elles veulent et n’ont de permission à demander à personne. J’avoue que je ne l’aurais pas reconnue, elle qui habituellement tient parfois une guitare dans une main et un plectre de l’autre, parfois une trompette (la fameuse trompette de la renommée) et un volume de Thucydide, le grand historien grec. Elle n’était tout de même pas assise sur un banc, elle qui pose sur un globe terrestre à portée d’une clepsydre. Toujours est-il qu’on nous l’a bien changée notre Clio, elle qui s’ingénie à tricher sur son âge, avec son horloge à eau censée nous montrer, à nous pauvres éphémères, qu’elle, l’Histoire, elle embrasse tous les lieux et tous les temps, mais sous la même figure immuable, invariable, inaltérable d’une jeune fille au corps imputrescible couronnée de lauriers. Tricheuse ! En aurait-elle assez des récits du passé ? A-t-elle fini par comprendre qu’il est bon parfois de se reconnaître âgée de son âge véritable ? Finalement, la clef est sans doute dans cette pensée de Sainte-Beuve qui affirmait fort justement : « Ce bas monde est une vieille courtisane, mais qui ne cesse d’avoir de jeunes amants ». Entendons-nous bien : Clio, l’Histoire, n’a pas décidé de céder à la mode absurde et burlesque de la femme-cougar qui passe pour gâcher son temps à masquer les atteintes physiques, se trompant sur elle-même bien davantage qu'elle ne trompe les autres. Elle est ici, telle qu’en elle-même, « femme éperdue », « femme incertaine », « femme en peine », « vieille femme indigne », témoin du « sang des cadavres », de « choses plus laides que la mort », et qui s’éveille, ou se réveille, à la sensualité d’une « belle histoire [d’amour] au parfum de hasard ». Il n’en fallait pas davantage pour que le héros d’André OBADIA  assiste à une renaissance réconfortante, découvrant sous les rides un peu gommée par le sourire conquérant de « la vieille » « l’espoir dans cet affreux cauchemar ». Ce miracle légendaire du baiser qui réveille la Belle plongée dans un sommeil profond ne pouvait durer. Il faut que le Saint Graal demeure à jamais inaccessible et que l’Histoire, éternellement renaissante, finisse par donner l’illusion d’un « souvenir perdu ». Laissons à la vieillesse « le souvenir des peines passées » qu’Euripide prétendait « agréable » et à la jeunesse le temps de s’en fabriquer. Mais je vous l'accorde : peut-être Paul Géraldy a-t-il raison : « Le souvenir est un poète, n’en fais pas un historien » ?  Encore moins l’Histoire elle-même…

 

 


 Carole ROUZET

« L’asile des mots : la poésie »



Asile de mes mots ou donc es-tu caché 
Vas-tu un jour enfin vouloir me libérer?
Te déplaçant sans cesse au fond de ma pensée
Bousculant mon avenir, rattrapant mon passé 

Les faits se sont produits, l'esprit peut oublier
Mais l'asile de mes mots est là pour ressasser
Vieux souvenir, moment présent, rêve à venir
Ces quelques mots rassemblent passé et avenir 

Pour ceux qui ont écrit durant de longues années 
Si l'on pouvait un jour assembler bout à bout 
Tous les poèmes jetés sur des bouts de papier
On revivrait simplement sa vie en relisant le tout 

La douceur des mots pour la venue d'un enfant 
Ou des craintes des colères et parfois des tourments 
De tendres paroles d'amour qui ont défié le temps
Les tristes mots quand disparaissent ceux qu'on aime tant 

C'est là qu'en se lisant on comprend chaque jour 
Que vos mots sont mes mots qu'on se prête tour à tour
Nous entrons dans la danse qu'on appelle poésie
Ou chacun de nos pas… rapproche aussi nos vies

Combien de poètes de renom se sont montrés impuissants à définir leur art ! Qu’est-ce que la poésie ? Jean Rousselot, — Max Jacob voyait dans ses écrits une « chronique de la douleur humaine » , qui a ruiné sa santé en longues veilles pour échapper à la misère de sa condition, répond Pour ne pas mourir.  Ce serait en quelque sorte une définition par la fonction, par l’objectif recherché. Inacceptable pour Rousselot lui-même qui avoue : « Et nul n’a jamais su / Pas même le poète / Ce qu’est la poésie ».  La vie de Rousselot semble nous convaincre qu’au début de l’art poétique il y a un drame, une tragédie cause de mal-être, souvent dû à un deuil. Chez lui, c'est la mort foudroyante, jamais acceptée, d’Henriette Audin, sa mère : « Beaucoup de tuberculose chez nous, de sang craché », constate-t-il avec douleur. Jamais le poète n’échappera à cette perte initiale ; jamais sa poésie n’aura l’effet libérateur qu’on lui prête parfois. Carole ROUZET  n’est pas plus dupe que le poète poitevin qu’on a muté à Rosendaël chez les chtis (sic !) : la poésie est un « asile » mais « pour ressasser », pas pour délivrer. Certes, ajoute-t-elle, « l’esprit peut oublier » ; il n’empêche qu’au passage l’art de dire ne va pas affranchir le poète sans instaurer le désordre, « bousculant [l’] avenir, rattrapant [le] passé ».  La poésie ne cache pas, elle n’édulcore rien, elle n’aide pas à oublier. Ce n’est pas son orientation, si elle en a une, quand elle en a une. De la même façon que Rousselot, perdu dans un Nord qui l’ennuie, reste traqué dans l’obsession du sang craché, alignant les mots comme le prisonnier biffe les jours sur son calendrier, notre poète veut exprimer ses pauvres expériences des « craintes,  des colères et parfois des tourments », distribuant ses « mots quand disparaissent ceux qu'on aime tant ».  Une vision tragique de la poésie ? Le prophète Jérémie est-il lamentable pour nous avoir laissé les cinq poèmes lyriques des Lamentations ? Au reste, Carole ROUZET entend bien nous faire partager aussi « la douceur des mots pour la venue d'un enfant » et  « de tendres paroles d'amour ». Mais ce qu’il faut retenir de sa définition de la poésie, c’est la communion de pensée et de fortunes qui lie les poètes entre eux. Car, dit-elle, leurs mots sont aussi les siens,  « rapproch[ant] aussi nos vies ».  

 

 

C'étaient les trois derniers, par ordre alphabétique.

Nous attendons vos poèmes pour le deuxième semestre 2012,

 

Bernard BONNEJEAN

 

 

Rappel de l'article 6 de notre règlement :

Art 6 : À l'issue de l'année 2012, une centaine (derniers chiffres connus) de professionnels du livre (écrivains, poètes, éditeurs, responsables de bibliothèques et de médiathèques) et éventuellement du monde des arts plastiques choisiront LE LAURÉAT parmi les 18 nominés.    

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Déraisons et rimes 2012 (2)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

 

Pour qui s'intéresse à notre histoire : 


Rimes et déraison I 

Rimes et déraison II

Rimes et déraison III

Rimes et Déraison 2011. Compte-rendu 1

Rimes et Déraison 2011. Compte-rendu 2

Rimes et Déraison 2011. Compte-rendu 3 (fin)



assurancetourixw
 

 

RÉSULTATS  DÉFINITIFS DU PREMIER TOUR
(II)

 

Suzanne GALAGHER

« Avaleur de joie »

Cet animal m’a veillée toute la nuit

Ses yeux de flammes m’ont regardée 
d’une peur viscérale
et m’ont glacée

Alors que mon souffle
trahissait un désespoir
la chaleur de sa faim
éclatait mes os

Peu importe son amour
même s’il est véritable
je m’engouffre en silence
à moitié recouverte de verglas

Je ne bouge plus
observant ce jour
qui ne viendra peut-être pas

Il réclame tout de moi

Sous sa cape d’avaleur de joie
il a osé me donner espoir
dans des élans despotes
en subtil ravageur d’habitat
il veut que je lui donne ma peau
mais je l’ai finement recousue sur moi
pour que ses dents s’empêtrent
sous ma cuirasse de fils de soie

Avec mes yeux de biche
et mon cœur de métal
je lui donnerai mal à mordre
mal à me dénaturer

Je n’appelle pas la vengeance
c’est elle qui vient vers moi

Donner tout son tendre
allume mal le feu

La forêt toute entière
sent à peine ma présence
une buée infime
colorée de pourpre

Me voilà
gibier devant la potence
et mes blessures saignent
malgré moi

Brisée mais libre
dévorée mais divine
je lève la tête
car le soleil ouvre ses draps
ma carcasse se recompose

Je ne suis plus le cœur qu’on bat
je dirige ma propre joie

Sur mon corps
se dessine une dentelle
qu’aucun regret ne brisera

 

Pour comprendre ce poème il faudrait avoir l’âme d’un Chabrol, d’un Tavernier ou d’un Georges Lautner. Aussi surprenant que Les Seins de glace, un chef-d’œuvre un peu oublié aujourd’hui,  l’« Avaleur de joie » de Suzanne GALAGHER fait affluer de l’inconscient des icônes portant les traits des Brasseur, Delon et Darc, acteurs incomparables du film culte sur une guerre des sexes meurtrière. Ne manquerait presque que la musique de Sarde à la fois sereine, envoûtante et belle. Tragiquement belle ou belle tragiquement comme l’histoire dont l’écriture est brillante et sensible, mais terriblement incommodante. Si homme savait, si femme parlait. Pour que l’homme sache, il faudrait que la femme parle et on ne sait trop quel serait le profit pour l’un et l’autre. Mais certains sont encore persuadés qu’il n’est d’amour possible sans non-dits, sans faux-semblants et c’est peut-être vrai, surtout du côté de l’amante qui parfois « déteste ça » sans jamais l’avouer. Tout est dit dans ce poème terrifiant et dont on ressort presque honteux d’être du parti des « animaux ». Au reste cette hypothèse de lecture peut-elle être satisfaisante tant le lexique de Suzanne GALAGHER est révélateur d’ignominie ? Une façon comme une autre de se consoler ? Peut-être. Mais franchement comment ne pas être troublé par le ton et par le ressenti, un mélange subtil et hétérogène de malaise et d'érotisme, de plaisir inavouable de voyeur invité ? D'autant que, se dit-on, tout finit par une libération du corps et de l'esprit... Une telle bassesse, une telle abjection mâle peut-elle traduire métaphoriquement les « je t’aime moi non plus » gainsbourgiens, ou les « je suis à toi »,  « tu es à moi » des amants passionnés ? La « peur », le « désespoir »,  les « blessures », les « brisures » connotent davantage le viol ou l’inceste à moins qu'il ne s'agisse du drame de la frigidité ?... Et si tel n’est pas le cas, on se demande où s’arrêtera l’univers fantasmatique de nos compagnes ! À la lisière d'un jeu pervers à la Mylène Farmer ? Les hommes sont lâches, c’est bien connu, et je n'ai pas trop envie d'en savoir davantage tant j'ai eu plaisir à lire ce poème. 

 


 Marisol GARCIA MOYA 

« Alors aime-moi, cher Monsieur… »

*
« Cher toi…mes mots s’écoulent sur cette page, j’y laisse une partie de moi, chère âme de mon âme. Tes yeux les percevront peut-être pour qu’ils restent ici et maintenant…comme une promenade d’amour que nous ferions toi et moi et je te dirais : “Aime-moi, cher Monsieur… autant que je t’aime” »

 
*
Hier j’ai laissé des cœurs douloureux
Des espoirs solitaires
Des tendres amoureux
*
Hier j’ai laissé la soif d’un désert
Le vent des aveux
Celui de la misère
*
Hier j’ai prié pour toi pour eux
Pour que l’homme se réveille
Et se découvre heureux
*
Hier j’ai voulu simplement être
La réalisation de tes vœux
Pour que je ne sois plus un rêve
*
Maintenant je te fais un aveu
Devant le jour qui se lève
En te caressant les yeux
*
Maintenant que j’ai vu passer l’hier
Je laisse les caprices aux dieux
Et à toi, mon âme tout entière…
*
Et peu importe si demain il pleut
Il effacera les frontières
Pour un ciel toujours plus bleu
*
Tes mots remplissent mon univers
Vêtus d’un air affectueux
Ils dansent sur mes paupières…
*
Est-ce ainsi que les couplets amoureux
Courtisent à en faire pâlir le soleil ?
Alors aime-moi, cher Monsieur…

 

On connaissait l’amour tendre, l’amour léger, l’amour vache, l’amour passionné ; Marisol GARCIA MOYA va jusqu’au bout de la déclinaison jusqu’à l’amour humour, né d’une distanciation paradoxale entre le sentiment exprimé et l’éloignement induit par une formule de politesse peu en accord avec un tutoiement attendu. Même le correcteur grammatical word s’insurge par des ondulations vengeresses sous « Aime-moi, cher Monsieur ». « Comment, dit cette machine à traquer les incohérences, comment peut-on appeler « cher Monsieur » (donc quelqu’un qu’on ne connaît pas) un homme qu’on ne vouvoie pas et qui, tout le laisse supposer, partage sa couche ? Illogique, absurde ! Un marivaudage contemporain où les personnages ne ressemblent ni à leur fonction ni à leur emploi ? Un travestissement psychologique et social à la Feydeau ? Mais alors, c’est parfaitement immoral ? Pas du tout ! Ce badinage galant et superficiel s’exerce dans un milieu tout à fait convenable. C'est une question de temps, voilà tout ! Finalement, ce n'était pas si drôle que le laissait supposer le préambule. L’amour, c’est comme une maladie, donc c'est du sérieux : il faut bien qu’il y ait un avant et un début, et le début c’est l’aujourd’hui qui succède à un hier « douloureux », un hier de « misère » peuplé d’ « espoirs solitaires » et de « tendres amoureux », un univers onirique dont l’imagination se contente faute de concret. Après la pluie le beau temps, dit la sagesse populaire et le « vous » s’est éveillé et s’est métamorphosé en  « tu », un « tu » caressé et caressant, un « tu » comblé et qui sait assez rassasier pour l'emporter sur les stratagèmes des dieux (pauvre Amphitryon berné par Zeus !), après les charmes préliminaires, après les mots creux du courtisan. Enfin, aujourd’hui, les mots semblent avoir conquis la plénitude de leur signification. Pourquoi alors s’inquiéter de savoir si demain il pleuvra ou si « le ciel toujours bleu » sera encore capable de « faire pâlir le soleil » ? Certes, l’amante de Marisol GARCIA MOYA croit à l’irréversibilité de cette passion-là. Alors, pourquoi continuer à l’appeler « Monsieur », ce tu-là, et quel besoin a-t-elle de le prier de l’aimer ? 


 Nicole GAUTHÉ

« Les wagons du “Bonheur” »



Berceau, où naît l’amitié,
Ô toi, passeur de rêves,
N’oublie personne en chemin…
Hommes, femmes et enfants
Esseulés tendent leurs mains…
Ultime espoir qui se lève,
Réchauffe l’humanité.

Berceuse, vers l’enfant,
Ô bel ange, dépose
Nos notes sur ses ans,
Harmonise ses droits…
En ces lieux, tes élans,
Un cri fort se pose,
Résister aux levants…
Sur l’avenir sois roi…

Bonheur, sois un vagabond.
Ondine et douce ronde,
Neuf de foi, ta loi abonde…
Hébergé dans les bas-fonds,
Éternels feux de ce monde,
Un pour tous, de tout inonde…
Roi ou reine de cœur, fais-toi don
S’en jamais blesser la raison.

Baume au cœur, cet ami est un sourire…
Offrir ses clefs, édifie son paradis...
Nuances et bienfaits, au val des dires
Honorent son hôte, l’érudit…
Éveil et plénitude, au bal des rires
Unissent leurs pas, malgré les maux dits.
Révélant sa joie, que son aise inspire…
Saluant sa balade, en ces lieux démunis.

 

Nicole GAUTHÉ sait-elle que le Front populaire, en même temps qu’il instituait les congés payés, mit en place un service de transport pour les ouvriers les moins fortunés et leur famille ? En fait, ces « trains du plaisir » existaient déjà à la fin du XXe siècle et l’écrivain Herpin, dans La côte d'Émeraude, (1898) décrit tout le pittoresque de ces « hordes de touristes » venus de Pontorson, d’Antrain, de Dol, de Combourg, de Rennes et de Paris, entassés dans les  « Les wagons du “Bonheur” » pour profiter de la mer.  On se plaît encore à imaginer en 1900 comme en 1936, la « bruyante enfilade de wagons » à la queue leu leu derrière la locomotive, comme les strophes acrostiches de ce train.  Notre poète, à défaut d’avoir ressuscité les machines,  a retrouvé l’esprit de ses hôtes.  Rien que du bonheur né de la variété des genres et des particularités. Herpin célébrait le « petit bourgeois  entouré de sa réjouissante nichée  [flanqué de sa] bourgeoise bien rondelette sous son tablier, bien réjouie dans sa coiffe originale ».  Le poète passe en revue « hommes, femmes et enfants » qui quêtent l’espoir ;  l’ange consolateur, veilleur d’enfance, en une strophe magnifique où la métaphore allégorique file comme un train moderne ou comme une berceuse à mille temps ;  le bonheur vagabond  « neuf de foi », « un pour tous [qui] de tout inonde » de ses largesses ;  l’ami, le « baume » et le « sourire », qui donne tout ce qu’il possède jusqu’aux clefs de sa maison, à son hôte « l’érudit ».  Et tout cela finit en rires, en aise et en joie, malgré la pauvreté du décor.  Et on a envie de finir la journée avec M. Herpin quand, arrivé au soir, « le train de plaisir s'offre un joli souvenir de Saint-Malo, par exemple une boîte de coquillages qu'il placera sur sa commode entre deux coloquintes ou deux boules de verre ».  Finalement, si l’on devait tirer une morale de ces histoires parallèles, on pourrait dire qu’il faut bien peu de choses pour rendre les gens heureux et que nous sommes tous un peu chefs de gare, contrôleurs ou passagers du train de plaisir de M. Herpin comme des « wagons du “bonheur” » de Nicole GAUTHÉ.

 

Bientôt les trois derniers, par ordre alphabétique.

À bientôt,

Bernard BONNEJEAN

 

 

Rappel de l'article 6 de notre règlement :

Art 6 : À l'issue de l'année 2012, une centaine (derniers chiffres connus) de professionnels du livre (écrivains, poètes, éditeurs, responsables de bibliothèques et de médiathèques) et éventuellement du monde des arts plastiques choisiront LE LAURÉAT parmi les 18 nominés.    

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Déraisons et rimes 2012 (1)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Chers amis d’over-blog, de facebook, de google, de twitter, de LinkedIn 
et d’ailleurs (sites poétiques personnels, blogs, etc.),
 

Fin 2010, Frédérique Notez et moi (sans oublier Ganaël Joffo qui nous a accompagnés toute l'année 2011) avons lancé un concours de poésie qui, sans nul doute, répondait à un besoin. La qualité — vous en jugerez sur cette première sélection de l'année 2012 — la quantité et la variété prouvent que nous avons eu raison de persévérer tout ce temps. À ces deux « fondateurs » se sont joints des jurés dont l’engagement fut passager : Louyse Larie et Fathia Nasr, l'auteur de notre logo, sans oublier Evelyne Eve Lyne qui nous quitte à la fin de cette session. Je tiens néanmoins à les remercier personnellement : il est permis de se tromper de porte et nous ne saurions leur en tenir rigueur. Mais entendons-nous bien : je leur sais gré de ne pas avoir mis en doute la valeur littéraire de cette production d’amateurs digne de figurer dans un florilège.


Au terme de ce premier semestre, permettez-moi de remercier les poètes, participants sans lauriers mais pas sans talent, celles et ceux qui suivent, admis à concourir pour la finale, les membres du jury de la présente sélection qui nous ont quittés et ceux qui le composeront encore au moins jusqu’à la fin de cette année : Frédérique Notez, Michèle Bonnaire, Mayssa Dhouibi.


Chaque poème retenu se voit déjà récompensé, si je puis dire, par une analyse critique que je veux à la fois désintéressée mais sérieuse et respectueuse, à défaut d’être objective. Chaque lecture est personnelle et ce que vous lisez est le résultat de ma lecture autant que des émotions qu’elle a suscitée dans ma conscience.


Merci à tous de nous accompagner, de continuer d'alimenter notre site et de nous épauler.


Pour le jury,


Bernard Bonnejean

 

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RÉSULTATS  DÉFINITIFS DU PREMIER TOUR

(I)

 

Brigitte BASPEYRAS

« Histoire 148 : Morsure, Refus, Culture »

Je rejette la morsure, morsure de rejet ?
Morsure de culture.
Je refuse la culture, culture de refus, 
Culture de raison.

Je raisonne la colère, colère de raison, 
Colère de rejet.
Je cause le rejet, rejet de cause,
Rejet de pensée.

Je pense la morsure, morsure de rage,
Morsure de refus.
Je songe la culture, culture de songes, 
Culture de rages.

Je rage de colère, colère de brûlure,
Colère de refus.
Je mords la raison, raison de tête, 
Raison de pensées.

Je suis en orage, orage d’idées,
Orage d’effets.
J’enrage d’effets, d’effets et de fait,
Effet fondé.

Je suis la foudre, foudre et brûlure… foudre et cri.
Je crie l’idée du coup, je coupe le cou du cri… coup de foudre.

Je perce la pensée, je troue la raison,
J’éclate l’éclair.
Je pense la pensée, je raisonne le trou, 
J’éclaire l’éclat.

J’éduque la culture, refuse la morsure,
je mords le juge.
Je cause une cause, je casse la casse, je bats le bât.

Je craque la rupture, j’exulte la luxure, je foudre… la guerre.
Je tempête le ciel, je pleure la pensée, je brûle… la culture.

Je défends une idée, je gronde son effet, 
J’attise sa lueur.
Je fends les refus, je coupe les dénis,
Je murmure savoir.

Noir, éclatant, perçant la vue, coup crié, 
Tonnant la rage.

Page blanche, refus d’esprit… tête brûlée.

Je refuse de mordre en plein dans la culture.

Je rejette l’idée en plein dans la raison !

J’ébouriffe la vie,
J’égratigne les mots,
Je griffe les excuses !

Je vis, j’enrage, je vise la vie, je rage de vivre, j’envie la rage !!!
 

 

Une énumération ternaire, surtout lorsqu'elle forme le titre, est une orchestration dont l'ordre distribue le sens, une clef sur une portée contenant en germe la tonalité du morceau composé. Brigitte BASPEYRAS donne d'emblée à imaginer un monde étrange, désordonné, désorganisé ou plutôt dont l'ordre serait en quelque sorte volontairement manipulé pour contraindre le lecteur à rectifier un horizon d'attente faussé ou pour le moins troublé dès le programme inaugural. Quelle extravagante procession que ce Morsure, Refus, Culture ! La raison nous inciterait presque à opérer un rangement dans cet insolite, surtout que Histoire 148 fait supposer 147 autres récits, un genre et un nombre qui pourraient évoquer un ana assez banal et monotone. Mais force est de constater très vite, dès la première strophe, que contre toute apparence les mots n'ont de sens que contre un non-sens sans équivoque. Brigitte BASPEYRAS ne part pas en guerre contre la culture, mais contre la « culture de raison », autrement dit, je pense, la culture rentière, scolaire, universitaire, livresque, rationelle, voire rationaliste. Et le poète refuse, rejette l'ordre qu'a établi cette fausse culture-là ! Une fois n'est pas coutume, la violence, la colère, la révolte engendrent la poésie. Les mots se contorsionnent jusqu'à en souffrir, ils s'éparpillent dans la ressemblance, se groupent en se combattant : « Je vis, j'enrage, je vise la vie, je rage de vivre, j'envie la rage !!! » L'effet produit par ce tumulte aurait pu être un malaise causé par le chaos, un choc émotionnel en retour et pour certains un renoncement, un désaveu de ce capharnaüm peut-être sans issue. Au contraire, on se surprend à partager l'enthousiasme du poète surtout si, comme elle, on regimbe à l'idée même d'une culture utilitaire, fonctionnelle et alimentaire, fondement d'une société où doit dominer la conformité à une norme imposée. Force est de constater que ce poème va à contre-courant de la tendance actuelle à l'acceptation et à la discipline dans lesquelles il est permis de mordre... au risque d'être mordu.  

 
    

CB Rachel

« Prière d’un père à son fils »

Wasabi du zarbi, ma mémoire fait de l’auto-stop, 
Agonie de ma vie et de mes souvenirs fantômes dans ce labyrinthe, 
Regardez-moi, je suis au désarroi, devenu l’épave de vos tracas.
Mon fils passe me rendre visite,  je ne peux exprimer une émotion,  lui faire un reproche,
je manque de discernement. 

Qui est-il ? 
Mon fils, une amitié avant mon arrivée ? Je ne sais plus !
Mon âge mature a fait germer la gangrène dans ce cerveau sans artifice,
Ma voisine a une obsession pour la  soie, celle d’en face demande des colorations,
On veut me laver tous les matins et me faire manger comme un bébé, 

Parfois, une douce plénitude me tire et m’extirpe des images,
tel le grutier soulevant une partie de mon passé,
ouvrant un album photos géant.

Qui suis-je ?
Hier une femme pleurait dans le hall d’entrée, sa fille l’abandonnait,
elle partait en vacances et a déposé sa petite valise,

Elle est partie, le cœur lourd ou léger ? 
J’avais une nouvelle amie dans ma colonie.

Regardez-moi, je n’ai pas changé, lisez ma prière :

Votre père qui n’est pas au ciel,
que mon nom ne soit pas oublié,
que ma dignité soit respectée,
que ta main me tienne,
que ma fierté puisse te guider comme par le passé,
donnez-moi aujourd’hui votre amour éternel,
Et allégez mes peines comme nous rêvions de ma retraite,
Et ne me soumettez pas aux regrets,
Mais délivrez-moi du malin.

 

 

« Wasabi du zarbi »... Du berbère, du calédonien, du javanais ou de l'arabe ? En tout cas ça sonne bien. Une belle langue qui nous plonge directement dans l'exotisme ou plutôt dans l'étrange étranger. On rêve de se voir comme Usbek et Rika, les Persans de Montesquieu, étonnés de tout dans un milieu où ils ne retrouvent rien de ce qui ailleurs semble « normal ». Mais bien sûr que non, vous diront les initiés, c'est du verlan ! Des mots culs par-dessus têtes, qui mettent les charrues avant les bœufs et disent tout à l'envers, bizarres, avec un faux air métèque, inconnus, ignorés. Certes, mais c'est d'eux-mêmes, à eux-mêmes, et au cerveau (le leur) qui les a conçus qu'ils demeurent mystérieux. Une philosophie du langage, une réflexion sur la signification, un travail de philologue comme chez le poète suédois Östen Sjöstrand ? Si seulement c'était vrai ! Du travail ? oui, mais « du chapeau » disent les gens qui ne souffrent pas comme le fils du poème de CB RACHEL. Avez-vous déjà entendu cette expression prononcée par un de ces imbéciles qui ne « savent pas »,  bien qu'ils fréquentent les malades une bonne partie de la journée : « Il est à l'ouest ! ». La tête de ce père apathique, asthénique, amnésique, classé « GIR I » selon la nomenclature officielle de ces « maisons » spécialisées, est « à l'ouest ». Certains ajoutent : « C'est malheureux, tout de même ! C'était une tête ! C'est toujours à ces gens-là que ça arrive ! » Une tête orientée définitivement vers le soleil couchant... Et comme par hasard, l'orthographe s'est faite complice de la déchéance physique et intellectuelle de ces pauvres « épaves de nos tracas ». On leur a collé une étiquette, impossible à retenir, même avec des moyens mnémotechniques. Vous connaissez le début de cette fable de La Fontaine : « Un mal qui répand la terreur, / Mal que le Ciel en sa fureur / Inventa pour punir les crimes de la terre »... Trois vers et le fabuliste n'a toujours pas prononcé le nom épouvantable : « La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom) ». Ce n'est pas ce nom-là que CB Rachel n'a pas osé écrire, ce nom dont tous ceux qui savent ont reconnu les méfaits, ce nom d'une peste cérébrale resté coincé au bout des lèvres, difficile à écrire correctement : ALZHEIMER ! Prions avec notre poète pour ces pères et ces mères orphelins de leurs propres enfants : « Que ma dignité soit respectée (oh oui !) /Mais délivrez-moi du malin ». 

 


Daniel ESVAN

« Tempête sur les roches du Créac’h »



La roche qui gronde sous la vague qui claque
D’un amour passionné, la jolie métaphore
Pour harceler la côte d’un perpétuel ressac
La marée et les vents unissent leurs efforts

Tumultueuse tempête, elle se donne en spectacle
La mer défend ses droits et montre sa colère
Sa furie légendaire ne connaît pas d’obstacle
Imposant son courroux à ébranler la terre

Une belle écume s’envole retombant sur la lande
Comme neige légère posée comme une offrande
Le décor se dresse magique et romanesque 

Rumeur assourdissante d’un combat sans merci 
Hante par sa violence de fabuleux récits
Sa représentation est toujours pittoresque



Créac'h, avant tout, c'est un phare, construit en 1863 sur une des îles du Ponant, peut-être la plus célèbre : Ouessant. Il est vieux, pensez-vous ? Ce monument classé depuis novembre 2010 est aussi le plus puissant d'Europe. Inutile de commenter ou d'extrapoler ! Disons que c'est un fait. Daniel ESVAN nous invite à l'une des plus spectaculaires scènes de ménage du monde vivant ! Au début étaient la mer et l'océan. Ils se laissèrent conquérir et domestiquer sans trop de difficultés tant qu'il s'agissait de se laisser chevaucher par des bateaux égyptiens ou grecs. De temps en temps, il fallait seulement rappeler à l'homme qui était le maître et les Grecs, marins fameux et consommés, apprirent simultanément à aimer la mer, à la craindre et à la haïr. On se souvient du cri de joie des 13 600 soldats macédoniens, les « Dix Mille » lorsqu'après des mois d'une longue errance continentale ils aperçoivent le Pont-Euxin derrière la montagne : « Θάλασσα !   Θάλασσα ! ». Un grand moment de liesse que Xénophon raconte dans l'Anabase et qui ferait presque oublier les douloureuses aventures d'Ulysse lors de son retour à Ithaque. Si le mari de Pénéloppe avait connu le phare, il aurait évité à son épouse de s'abimer les yeux à des travaux de broderie superflus. Quel beau couple que le phare et la mer ! Lui, mâle et droit comme un i, qui ne bouge pas d'un pouce dans le tumulte des chocs, des saccades et des tamponnements, l'oeil du maître toujours aux aguets, toujours prêt à protéger et à guider au milieu d'une lutte brutale et sensuelle ; elle, femelle, toute en ondulations et en rage sonore, furibonde, onduleuse et sinueuse, qui sait frapper au besoin jusqu'à détruire et à tuer. Un beau couple, certes, mais comme le jazz et la java de Nougaro : pas de tout repos. Ils s'aiment ces deux-là, « d'un amour passionné, la jolie métaphore ». Daniel ESVAN m'aura convaincu d'une réalité que je n'avais jamais imaginée auparavant : la mer est féministe ! Après tout, « elle défend ses droits ». Et il fallait au moins un sonnet pour rendre compte de son « combat sans merci » contre ce grand benêt du Créac'h, qui se prend pour son ancêtre ptoléméen d'Alexandrie, comme si Ouessant était plus invincible que Pharos !    

 

 

Bientôt les trois suivants, par ordre alphabétique.

À bientôt,

Bernard BONNEJEAN


Rappel de l'article 6 de notre règlement :

Art 6 : À l'issue de l'année 2012, une centaine (derniers chiffres connus) de professionnels du livre (écrivains, poètes, éditeurs, responsables de bibliothèques et de médiathèques) et éventuellement du monde des arts plastiques choisiront LE LAURÉAT parmi les 18 nominés.    

Publié dans poésie

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