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Amédée

Publié le par Bernard Bonnejean


ou comment s'en débarrasser


Dimanche, on est allés au restaurant  à Chateau-Gontier. La ville du roi Jean, autrement dit de M. le sénateur Jean Arthuis, ancien ministre de l'économie et des finances, membre influent du parti de Bayrou sans Bayrou. La ville de la Mayenne que je préfère.

Je ne vous dirai pas ce qu'on a mangé, parce que j'ai pas tout vu ce qu'il y avait dans mon assiette. L'honteuse raison : la serveuse avait un pantalon tellement moulant qu'on n'avait pas besoin d'imaginer ! Il suffisait de regarder. Mais elle n'aimait pas ça qu'on la regarde. Du coup, elle a pas été aimable du tout. J'ai cru entendre la patronne lui demander de nous apporter le pain ; la demoiselle, qui ignore sans doute qu'elle n'a plus l'âge de susciter de purs émois, a eu cette réponse sans ambiguïté : "Non ! Il ne m'inspire pas". Etant le seul mâle à cent lieues à la ronde, je me suis dit qu'il était temps de lever les yeux vers des endroits plus célestes ou de les faire ramper sur le sol. Mais comme j'avais reçu un courrier féminin contrariant le matin, et qu'on m'avait, comme tous les ans, carotté une heure sur mon sommeil, j'étais moins que disposé à parlementer avec qui que ce soit de l'autre sexe, en ce dimanche printanier. Aussi l'ai-je parfaitement ignorée ainsi que le dessert et le café qu'on a pris ailleurs, ce qui a dû punir davantage la patronne qu'elle.

Une question me taraude depuis l'adolescence. Je n'ai toujours pas réussi à la résoudre, bien que posée à la multitude de femmes qui forme l'essentiel de mon entourage.  Pourquoi une jolie dame s'offusque-t-elle d'être "matée" - un mot qui souligne parfaitement la goujaterie de l'accusé - quand elle s'habille, sans s'habiller vraiment, de façon à rendre impossible toute tentative de camouflage.  La mode, cette année, est on ne peut plus printanière. C'est beau, c'est frais, coloré et vraiment féminin. De quoi vous vous plaignez alors, allez-vous me demander à juste raison ? Mais de rien, sauf que je n'ai pas résolu mon problème devenu tout à coup plus crucial et plus envahissant avec le printemps et les beaux jours.

Transportons-nous au milieu de la semaine dernière. Ensoleillement idéal ; température idéale. Je roule tout tranquille au volant de ma voiture quand tout à coup une Beauté fulgurante se présente à l'entrée d'un passage pour piétons sur lequel je m'apprêtais à rouler sans aucun scrupule d'aucune sorte. On ne va tout de même pas attendre deux heures que la foule ininterrompue de piétons aille d'un bord à l'autre ! Tout soudain, j'ai un sursaut de sens civique : je pile net pour laisser la jeune fille trottiner lentement du trottoir tribord au trottoir babord. Injuste ? Sans aucun doute. Et encore, vous ne savez pas tout : des statistiques on ne peut plus officielles ont prouvé qu'à l'occasion d'un examen oral une créature de rêve partait avec un bonus d'un à deux points avant d'avoir ouvert la bouche.

Cliquer pour agrandir... Click for full-screen...

 


Amedeo Modigliani, 1917, Metropolitan Museum of Art in New-York.

Revenons à ma Beauté ! Coco Channel a dit lors d'une interview que si les hommes s'intéressaient moins aux femmes, c'était de leur faute à elles, à cause de l'uniforme : jean-baskets ou toute de noir vêtue des pieds à la tête, genre épouse de Taliban. Entre les clous, les couleurs ne manquaient pas, mais alors des couleurs style bonbons anglais : des bottes roses, une mini vraiment mini à frous-frous ou à volants genre dragées de baptême, une petite veste trop étroite exprès qu'on ne peut pas boutonner juste assez pour des suppositions visuelles. Et avec ça, un aplomb de princesse mi précieuse mi hautaine. Comment dire ? Un peu entre Martine Aubry et Mylène Farmer.


Vous me croirez si vous voulez : j'ai cherché mon appareil photo dans mes poches. J'étais prêt à lui demander de retraverser de babord à tribord, puis de nouveau de tribord à babord, quitte à attraper le mal de mer, juste pour avoir le plaisir de la regarder et de l'emporter dans mon numérique en souvenir d'un moment privilégié. Façon Cartier-Bresson ou Doisneau du pauvre. Malheureusement, j'avais laissé l'appareil à la maison. Peut-être heureusement d'ailleurs. Vous imaginez le tableau ? En garde à vue pour harcèlement ? Comme en Amérique.

Parce que, finalement, il est en partie là mon problème. J'aime bien les tableaux de Modigliani. Je crois vous l'avoir déjà dit, mais c'est juste pour que ça rentre bien. Je paye pour voir des Modigliani et je regarde les tableaux de Modigliani, je les scrute, je les examine, je les admire dans l'idée qu'il les a peints aussi un peu pour moi. J'aimais bien la jeune fille aux bottes roses et à la mini-jupe mauve. Et je la regarde, comme un Modigliani, en supposant bêtement qu'elle s'habille comme ça un peu aussi pour moi. Et je me fais engueuler. Je me fais traiter de machiste et de phallocrate. Je risque même des ennuis.


Interview de Coco Chanel

Pourquoi ? Aucune idée. On m'a pas donné la totalité du mode d'emploi à la naissance. Au contraire, un contact prolongé avec l'éternel féminin, nombreux à la maison de la naissance à l'adolescence, fait que je sais ce que certains hommes ne savent pas, plus  handicapant qu'avantageux. Je ne comprendrai jamais rien à ce supplice de Tantale, consistant à ne pas avoir le droit d'admirer un être admirable qui a passé parfois plus d'une heure dans la salle de bain pour se rendre plus admirable encore. Il est pire que le jeu du voir sans être vu, cet autre jeu dont la règle est ne pas montrer que l'on voit ce que l'autre a tout fait pour rendre visible. Une ancienne amie à moi m'avait dit un jour : "Rien n'est plus intéressant dans la vie que le non-dit". Et c'était une femme.

Alors, bien entendu, on va nous sortir, ici comme ailleurs, des explications toutes faites. La première : "Je me suis faite belle pour mon mari". Un peu dépassée, celle-là ! La jeune fille en question n'avait pas de mari, et je me demande même s'il elle avait un petit ami. Ne pas se fier trop vite aux évidences ! Quant à la serveuse du restaurant de Chateau-Gontier, je me demande ce que le mari viendrait faire dans cette histoire. Ce n'est pas lui qu'on sert à table que je sache ! La seconde sur laquelle je n'insisterai pas : "Je me suis faite belle pour moi seule". Relire à ce propos mon article sur l'exhibitionniste d'Orléans. Le rapport vous sautera aux yeux. Et si, tout bêtement, l'explication la plus naturelle, et pas immorale pour autant, tenait en cette petite phrase : "Je me suis faite belle pour vous plaire, à vous tous et toutes". C'est le plus logique, non ? Ce qui ne l'est pas, c'est qu'on n'a pas le droit de montrer qu'on sait et qu'on approuve.

Dans cette drôle de guéguerre intersexuelle, nous nous appelons tous Amédée, même les appelés, les élus, les fortunés dotés d'un "charme-fou-quand-il-te-regarde". Pourquoi Amédée ? A cause  d'Eugène Ionesco.

Une histoire absurde, comme toujours chez Ionesco, l'auteur d'Amédée ou comment s'en débarrasser, pièce en trois actes, créée à Paris, le 14 avril 1954. Madeleine et Amédée vivent reclus depuis quinze ans. Leur secret : le cadavre d'un homme en décomposition pas trop gênant si ce n'étaient les champignons et les moisissures qui laissent des traces dans l'appartement. Un jour, le facteur apporte une lettre : un élément extérieur qui déclanche une soudaine croissance du cadavre, envahissant jusqu'à s'emparer de l'espace vital du couple. Amédée réussira-t-il à se débarrasser de celui-là, de ce cadavre-là, de ce ça-là, peut-être un autre lui-même, qui sait ?


Eugène Ionesco, La Cantatriche chauve, 1950.


Une femme qui aime veut se garder son Amédée pour elle seule, désireuse, honnêtement, de ne plus le séduire que lui seul, à condition qu'il chasse tous les cadavres environnants. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que ces cadavres-là sont tous des doublures d'Amédée, des doublures envahissantes, de celles qui vous pompent l'air, s'égarant à vous regarder avec les yeux d'autres Amédée, parfaitement encombrants. Seulement, il est impossible de tuer un cadavre. Il faut donc vivre avec, parfois contre, mais jamais sans.  Le pire, c'est qu'à force, on finit par l'aimer son cadavre. Amédée et Madeleine sont d'accord pour le trouver séduisant finalement :

Il est beau. Comme sa figure est expressive. Ce sont ses yeux qui éclairent. Ses yeux n'ont pas vieilli. Ils sont toujours aussi beaux. De grands yeux verts. On dirait des phares.

Oui, c'est bien ! Sauf que les phares, parfois, en même temps que ça éclaire, ça révèle aussi des présences qu'on aimerait ne plus voir. Peut-être à commencer par la sienne propre. Juste pour ne plus profiter que de son Amédée, l'imbécile qui n'est pas capable de se débarrasser de son cadavre.

Bernard Bonnejean

DERNIERE MINUTE

Amédée ou Comment s’en débarrasser, d’Eugène Ionesco


Compagnie Studio 24 - Roger-Planchon • 24, rue Émile-Decorps • 69100 Villeurbanne

04 37 69 79 79

Mise en scène : Roger Planchon

Assistant à la mise en scène : Patrick Séguillon

Avec : Colette Dampiérini, Roger Planchon, Patrick Séguillon

Musique de scène : Stéphane Planchon

Décors : Jacques Brossier


Théâtre Silvia-Monfort • 106, rue Brancion • 75015 Paris

Réservations : 01 56 08 33 88

www.theatresilviamonfort.com

Métro : Porte-de-Vanves (ligne 13)

Du 4 mars au 19 avril 2009, mardi, vendredi et samedi à 20 h 30 ; mercredi et jeudi à 19 heures et le dimanche à 16 heures, relâche le lundi, représentations surtitrées en français pour les publics sourds et malentendants :jeudi 19 mars, dimanche 22 mars, mardi 24 mars, mercredi 8 avril, vendredi 10 avril 2009


Durée : 1 h 35

De 28 € à 14 €.

Publié dans arts plastiques

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DD

Publié le par Bernard Bonnejean


ou y'a la direction d'over-blog qui nous a demandé de faire des titres courts pour figurer sur le nouveau portail et comme je suis sage et obéissant par nature c'est exactement ce que j'ai fait à supposer que plus le titre sera court plus on touchera de droits d'auteur ? Non ? Tant pis !


Mon intention première est bien de rendre hommage à l'une des plus Grandes Dames du cinéma français. Vous en doutez ? Vous avez tort : figurez-vous que c'est exactement ce que je fais et, depuis le début, avant même d'entrer dans le corps du sujet.

Oh ! Hein ! S'il vous plaît ! Laissez vos allusions grivoises à ma tutrice bien-aimée qui ne connaît pas l'hypocrisie ! D'ailleurs le propos ne s'y prête nullement !

Je reprends : avant même le sous-titre, j'avais dit l'essentiel sur la Dame en question.

Me moquer de vous ? Certainement pas ! Si je vous dis BB, vous comprenez ? Mais non, pas Bernard Bonnejean. Je vous parle de cinéma français ! Suivez un peu quand même ! BB comme... Brigitte Bardot ! LA Brigitte Bardot de ci-dessous sans dessous dessus qui vous mettait la tête sens dessus-dessous. La BB interdite parfois aux moins de 21 ans, âge légal de la majorité, celle des affichettes placardées à l'entrée des églises qui mentionnaient "Pour adultes avertis, avec réserves" ou carrément "A proscrire". Même que nous les gamins on se demandait bien ce qui pouvait bien se cacher derrière cette proscription :



Avant que Initials BB ne se substituent à Brigitte Bardot, ça faisait une paye que tout le monde savait que DD, c'était Danielle Darrieux.

Bordelaise née un jour de fête du travail, l'actrice ne pouvait qu'arborer un sourire radieux sur un visage éclatant qui fleurait bon le muguet ou le saint-estèphe. Il s'en est pourtant fallu de peu qu'elle ne fût violoncelliste ou chanteuse. Elle compte déjà neuf films de son premier rôle dans Le Bal de Wilhelm Thiele, à 14 ans, à Mauvaise graine, à 17 ans. On n'est jamais mieux servi que par son talent et par l'amour, à preuve qu'Henri Decoin en fait son égérie et son épouse, en 1935. Il lui confie Le Domino vert, puis  Mademoiselle ma mère et Abus de confiance en 1937. A la suite du succès retentissant de Mayerling (1936) de Litvak avec Charles Boyer, elle signe un contrat avec Universal. Mais l'Amérique préfère sans doute les vamps.


Une curiosité existentielle : Premier Rendez-vous (1941), un grand succès de cinéma est aussi un échec sentimental. Le couple se sépare.

Premier rendez-vous

Danielle Darrieux joue dans La Fausse Maitresse (1942) d'Andre Cayatte. Après la Libération,  elle joue Maria d'Espagne dans Ruy Blas (1947) de Pierre Billon. Claude Autant-Lara l'imagine en grande cocotte dans Occupe-toi d'Amélie (1949). Max Ophuls lui trouve ses plus beaux rôles de jeunes femmes désenchantées dans La Ronde (1950), Le Plaisir (1951) et surtout Madame de... (1953) où elle figure l'archétype de la Parisienne frivole, vive et spirituelle.

 

Elle retrouve Henri Decoin pour La Vérité sur Bébé Donge et Hollywood à l'occasion de L'Affaire Cicéron de Mankiewicz (1951), deux films que j'ai particulièrement appréciés. Sacha Guitry lui donne deux rôles : Napoléon (1954) et Si Paris nous etait conté (1955). 

 


D'autres succès s'enchaînent  : Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara (1954), avec Gérard Philipe. L'Amant de Lady Chatterley (1955), de Marc Allegret ; Pot-Bouille (1957) de Julien Duvivier,  Les Lions sont lâchés (1961) de Henri Verneuil, Le Crime ne paie pas (1961) , Landru (1962) de Claude Chabrol.

 

 

 

Dotée d'une des plus belles voix du cinéma français, elle reste célèbre pour ses rôles dans les comédies musicales de Jacques Demy : Les demoiselles de Rochefort (1966) et Une chambre en ville (1982). 

 


Notons enfin Le Lieu du crime (1985),  Corps et Biens (1986) de Benoît Jacquot et Quelques jours avec moi (1987). François Ozon (2001) lui donnera un grand rôle dans 8 Femmes.

 

 

MON AIR PREFERE

 

 


Premier rendez-vous



En prime, pour les amateurs de voix authentiques :

Persepolis

Persepolis

Persepolis

Un film de Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud

Avec Gena Rowlands, Chiara Mastroianni, Danielle Darrieux, Catherine Deneuve

Article de Morgane Postaire

Les voix collent très bien aux personnages et à leurs caractères, phénomène accentué par le fait que les voix ont été enregistrées en amont et que les expressions, aussi bien du visage que du corps, ont été en quelque sorte calquées sur celles de ceux qui ont prêté leurs voix.
Danielle Darrieux porte admirablement bien à l’écran cette grand-mère qui a la langue bien pendue et qui n’a pas les yeux dans sa poche. Affirmant ses idées sans jamais en avoir honte, c’est elle qui tente d’inculquer la notion d’intégrité à sa petite fille. Il faut avant tout être en accord avec soi-même et ne jamais oublier ni renier ses origines. La grande complicité entre ces deux générations crève l’écran, donnant au film une touche très personnelle mêlant rire et émotion mais aussi transmission de savoir et de valeurs.

 


Mademoiselle Darrieux, viendrez-vous ici nous faire l'honneur d'un petit coucou ? [autocensuré] Pas vrai, les gars ?

Voir DD et mourir !!

Bernard Bonnejean


:chorale:

Déçus, hein ? On vous a dit d'aller voir chez Bonnejean parce que j'y avais du sport, même qu'avec un peu de patience, on allait en venir aux mains ? Et puis, pof, un poème de Verlaine ! Remboursez, remboursez ! C'est comme ça, entre "adversaires" intelligents : on s'entretue verbalement, on s'explique en coulisses et on s'redit bonjour. En espérant que google n'aura pas eu le temps d'enregistrer la première moûture...


  À Charles Morice



Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur
Et tout cet ail de basse cuisine !


Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?


De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.


Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

 

Paul Verlaine
 



























Publié dans poésie en image

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Maintenant, ça suffit

Publié le par Bernard Bonnejean


les thèses de gagas "inspirés" ?

Inadmissible et odieux !

Telle fut ma première réaction, épidermique, donc injustifiable ! Avais-je quelque raison de me révolter ? Peut-être, mais dans toute cette histoire, rien n'est simple !

  • Notre maman, qui n'avait pas pu décrocher son certificat d'études, parce que le "patron" avait besoin d'elle aux champs, avait gardé ce bon sens qu'on trouve dans les campagnes, hérité probablement de son père, ouvrier agricole dans les grandes plaines de Picardie. Il possédait cette intelligence rare que l'on ne trouve que chez les illettrés. Lorsqu'un de ses enfants, par fierté ou par bravade, s'aventurait à produire une assertion définitive sur un sujet méconnu, notre mère le remettait en place avec un "on se tait quand on ne sait pas".
  • Une inspectrice académique, venue de Nantes pour juger de la qualité de mon enseignement, à qui j'ai eu la malencontreuse idée de soutenir une position découverte récemment dans une revue spécialisée  dont le sérieux passait pour irréfutable me fit cette remarque : "Soutenir que quelque chose est vrai parce qu'on l'a lu dans un ouvrage n'a aucune valeur scientifique".
Fort André - Orléans
Mgr André Fort
Evêque d’Orléans
Né le 20 novembre 1935
Ordonné prêtre le 08 avril 1962
Nommé évêque le 18 février 1995
Consacré évêque le 09 juillet 1995



  • Quiconque, pour sa défense, se permet de prétendre à une impunité totale sous les prétextes d'une réserve polie ou d'une délicatesse urbaine, du respect d'autrui, du maintien de l'ordre public, du souci de sa propre réputation, alors que, par ses études et sa profession, il peut, en parlant, sauver d'une mort possible une ou plusieurs vies humaines, est condamnable au nom de principes humanitaires et moraux les plus élémentaires.

En conséquence de quoi, j'accuse Mgr André FORT, licencié en théologie et en sciences naturelles, professeur en théologie et supérieur de séminaire, évêque de Perpignan transféré à Orléans, le 5 janvier 2003, célibataire sans enfant, d'avoir manqué à la plus élémentaire sagesse en s'aventurant dans un domaine en constante évolution où il n'a qu'une compétence fort limitée et datée.

Elite

Le très fin pour des sensations à fleur de peau
Elite

ET





http://www.eleves.ens.fr/aumonerie/pelerinages/terresainte02/photos/chemin_croix.jpg


EST-CE COMPATIBLE ?



Je l'accuse notamment pour avoir soutenu une thèse présentée sans preuve comme incontestable sous le prétexte, quasi enfantin, que la démonstration de sa vérité résiderait dans l'unique fait qu'il l'a lu dans un périodique dont il persiste à taire le nom, rendant toute vérification ultérieure impossible. Une telle attitude irresponsable aggrave un soupçon légitime de partialité plus philosophique que biologique.

J'accuse les journalistes d'une certaine presse "aux ordres" de chercher à scandaliser plus qu'à informer par le choix d'interlocuteurs parmi les moins représentatifs d'Institutions reconnues. Son double but est, d'une part, d'éloigner des citoyens révoltés des véritables causeurs de trouble, à savoir des gouvernements incapables de gérer une crise qu'ils ont en partie causée et organisée ; d'autre part, de rapprocher d'autres citoyens, voire les mêmes, de ces gouvernements en provoquant artificiellement un consensus de la haine et de l'aveuglement contre des boucs émissaires, choisis et désignés d'autant plus aisément que leur loi première reste l'amour du prochain et le pardon des offenses. 

J'accuse enfin les chercheurs, professeurs, chefs de laboratoire, croyants ou non, de feindre aujourd'hui une incompréhension courroucée devant "l'énormité" des propos tenus par l'actuel évêque d'Orléans. Depuis des années, en tout cas depuis la parution d'un certain Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques, paru en 2003, puis, dans sa version française, aux éditions Téqui, en 2005, en collaboration avec le Conseil Pontifical pour la Famille, totalement dépendant du Vatican, présidé par le Cardinal Alfonso Lopez Trujillo, ancien évêque de Bogota et de Medellin,  ils ont eu tout le loisir d'infirmer ou de confirmer les propos tenus par l'Eglise. Je les accuse donc ou bien d'avoir menti sur l'efficacité réelle du préservatif dans la protection des individus contre le VIH, ou bien d'avoir laissé écrire, sans protestation, des contre-vérités d'une exceptionnelle gravité, puisqu'elles incitent, dans leur effet pervers non voulu par l'Eglise, les catholiques à se priver du seul moyen efficace contre la propagation de la maladie.

Pour preuve de ce que j'avance, je voudrais citer un passage écrit par un nommé Jacques SUAUDEAU, licencié en philosophie de l'Université de Lyon, diplômé en théologie morale de la Grégorienne de Rome, titulaire d'une maîtrise d'histoire, et, plus inquiétant, docteur en médecine de l'Université de Lyon, lequel écrivait en 2003 :

Le discours officiel sur la prévention de la contamination sexuelle par le VIH-SIDA s'est pratiquement limité, depuis vingt ans, à la promotion du préservatif, dans le cadre du "safe sex". Les campagnes de "changement de comportement" n'ont pas visé qu'à cette promotion. Pourtant, avec le préservatif, il ne faudrait d'ailleurs pas parler de « prévention » vraie, mais de protection, ou de palliatif puisque le problème de fond - le comportement à risque, générateur de la maladie - demeure. Utiliser un préservatif pour se protéger contre le VIH revient en fait à jouer à la roulette russe : plus on multipliera les expériences sexuelles, persuadé de l'impunité donnée par le préservatif et plus la proba­bilité de la contamination s'élèvera. En fin de compte, c'est le VIH qui gagnera. C'est pourquoi, dans le domaine du VIH/SIDA, le risque, même réduit à 10 %, de contracter l'infection en se croyant protégé par le préservatif, est excessif. Il n'y a pas de « safe sex ». Il n'y a qu'une courbe de probabilité laissant pendre une épée de Damoclès au-dessus de la tête de tous ceux qui se confient à la fausse sécurité du préservatif. Que dirait-on d'un modèle d'avion dont 10 % des vols se termineraient par un écrasement au sol ? Tous les auteurs qui s'intéressent à la prévention de l'infection au VIH se retrouvent d'accord sur un point : seul un changement radical dans le comportement sexuel peut conduire à une protection  réelle et totale qu'on ne peut attendre du seul préservatif. Les partisans d'une publicité renforcée sur le préservatif l'admettent eux-mêmes : « Clearly the dangers of relying solely on barrier methods to prevent AID must be emphasized », écrivait en 1986 K. Wellings,[1] et l'histoire subséquente de l'épidémie a prouvé le bien fondé de cette crainte. La seule stratégie réellement, totalement efficace, face au VIH est l'abstinence ou les relations sexuelles dans le mariage monogame et la fidélité, selon la formule du Centers for Disease Control d'Atlanta (USA) : « Abstinence and sexual intercourse with one mutually faithful uninfected partner are the only totally effective prevention strategies »[2] (op. cit., pp. 925-926).

Soit ce discours à caractère scientifique est faux ou dépassé, et il conviendrait de le réactualiser. Soit il reste vrai, et il faut laisser dire la vérité aux responsables de la santé. En tout état de cause, il apparaît urgent que des autorités compétentes en la matière s'expriment le plus rapidement possible sur l'efficacité relative ou partielle de ce qu'on appelle en France "capote anglaise" ou "préservatif". Il y va de la vie de populations entières dont les gouvernements sont laïquement responsables sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir quelque considération philosophique, morale ou spirituelle qui n'appartient qu'aux consciences.

Bernard Bonnejean

[1] Wellings, K., "AIDS and the condom", British Medical Journal, 15 novembre 1986, vol. 293, n° 6557, p. 1259.

[2] Centers for disease control, "Condoms for Prevention of Sexually Transmitted Diseases", JAMA, avril 1988, vol. 259, n° 13, p. 133.

A VOUS DE JUGER !

Monseigneur Jacques Suaudeau
Académie pontificale pour la vie, Rome, l'auteur de la citation,
est-il
un débile arriéré ?


Conférence : Journées d’étude : Gamètes, projet parental et filiation

Série : Centre Européen d'Enseignement et de Recherche en Ethique
Thème(s) : Ethique

SI VOUS AVEZ LE TEMPS, CLIQUEZ SUR CE LIEN
Durée : 0h 49m 5s

Langue : Français (fr)

Production : Université Louis Pasteur, Strasbourg
Réalisation : Colloques et Conférences
 

Publié dans culture humaniste

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L'exhibitionniste du Centre

Publié le par Bernard Bonnejean


ou les dangers d'une sécurité irréfléchie

L'idée de ce billet m'est venue mardi soir en regardant les informations sur Antenne 2. Parmi toutes les joyeusetés contemporaines, il en est une qui m'a donné à réfléchir. Monsieur Serge Grouard, maire UMP d'Orléans, auquel je ne veux que du bien (même si, par un passé récent, j'ai pu donner des symptômes trompeurs d'une disposition moins tranchée) présentait sa ville sous un jour moderne, c'est-à-dire au goût du jour, ou du moins, ce que l'UMP croit encore être le goût du jour. Certains de ses admirateurs locaux m'ont invité à une neutre indifférence sous le prétexte mesquin que, Lavallois, je n'avais pas à me mêler d'une gestion municipale à laquelle je ne contribuais pas financièrement. Je me suis modestement incliné. Or, le même édile se pavane chez moi, dans mon poste à moi, sans y être invité pour faire l'article. J'exerce donc légitimement mon droit de réponse.

Si vous étiez maire, et que vous ayez à faire valoir votre cité, vous emmeneriez les journalistes visiter les quartiers exotiques, ou à défaut, ceux qui présentent un intérêt historique ou touristique, n'est-ce pas ?

Maire de Laval, je vous fais faire la tournée du  passager en transit : la Grande-Rue avec ses belles façades médiévales ou renaissance ; la Perrine, un jardin public pas bien grand, mais où il fait bon musarder en ce printemps naissant ; les rives de la Mayenne d'où l'on voit l'église d'Avesnières, le vieux pont et le vieux château sans oublier de vous placer, mine de rien, Ambroise Paré, Alfred Jarry, Henri Rousseau, Alain Gerbault... En gros, le circuit qu'on apprend en BTS tourisme.

Maire d'Orléans, je vous fais visiter la cathédrale et je case parmi vos  ébaubissements deux ou trois mots bien sentis à propos de Jehanne d'Arc, que je fais brûler prématurément pour susciter l'émoi.  Je cite deux lignes de Péguy, apprises ou révisées du matin, juste pour qu'on aille dire  à l'extérieur que "le maire d'Orléans, il est drôlement cultivé, Madame". Enfin, histoire de faire couleur locale, je vous narre par le détail, juste pour vous faire écarquiller les mirettes et battre le coeur, l'affreux scandale de la rumeur dite d'Orléans dont mes soeurs tremblent encore au moment des essayages dans des friperies inconnues. (A se demander si elles n'y vont pas exprès pour se procurer des sensations).

C'est comme ça qu'on attire le chaland estival.

Au lieu de ça, Monsieur Serge Grouard vous dégoûterait presque à tout jamais d'une ville dont tous les habitants, leurs invités y compris, sont condamnés à servir de figurants bénévoles dans un film à usage policier, garanti cinéma permanent.

Que les choses soient claires ! J'aime bien qu'on me filme à la télé pour présenter mes bouquins. Je ne suis pas payé davantage que nos seconds rôles centristes. Mais au moins je sais à quoi servent les caméras. On ne me prend pas en traître. Il y a même une jolie jeune fille qu'est là dès le début, et pendant les entractes, pour me "poudrer", comme elle dit dans son jargon, parce que soi-disant que je "brille". Ce n'est certes pas plaisant de s'entendre dire que vous "brillez" au point de gâcher la pellicule, mais d'une part ce n'est pas injurieux non plus et d'autre part c'est pour la bonne cause.

Tandis qu'à Orléans, vous êtes filmés et tant pis pour vous si vous n'êtes pas maquillés.

Mais la question que je me pose est autrement plus grave. J'ai moins de plaisir d'aller à Orléans qu'avant, à cause des caméras, pour une seule raison :

JE NE SUIS PAS EXHIBITIONNISTE !

Je vous dis ça parce que l'A2 a eu la délicate attention de nous montrer, pour preuve de l'efficacité des caméras policières, un pauvre type qui pratiquait l'exhibitionnisme dans les rues de la Pucelle.

Première question : qui n'a jamais croisé un exhibionniste au cours de ses balades ? Soyons francs ! Le jour où au cours d'une promenade "forestière" dans le bois de Vincennes, ma famille et moi avons croisé le monsieur en question, on a  franchement rigolé d'un bon rire sain. C'était dans les années soixante, années de l'innocence, au cours desquelles il ne serait venu à l'idée de personne de porter plainte contre un pauvre gars, un peu malade dans sa tête, dont le plaisir est de se déculotter devant les passants. Je n'étais pas vieux, mais je me souviens de ce titi qui nous a soufflé : "Faites comme si vous le voyiez pas ! Il est pas dangereux".

Il nous a dit ça sur le ton de quelqu'un qui nous aurait confié : "C'est son dada à lui. A chacun son truc !"

Deuxième question, gravissime, et que je me permets de vous poser directement à vous, Monsieur le Maire :

Les caméras, censées empêcher toutes les délinquances, de tous ordres, y compris sexuelles, n'incitent-elles pas, au contraire, à des délits de ce type ? Parce que plus j'y réfléchis, plus je me dis que

SI J'ETAIS EXHIBITIONNISTE, J'EMMENAGERAIS IMMEDIATEMENT A ORLEANS.

C'est évident, voyons ! Suivez mon raisonnement. Un exhibitionniste, quel intérêt a-t-il à s'exhiber si personne ne le regarde ? Autant rester chez soi à se regarder dans la glace ! Une soirée de fichue, quoi ! En revanche, si on lui offre gratuitement la possibilité de passer à la télé, même devant des flics pas forcément paillards, ça vaut vraiment le coup de baisser son pantalon ! Surtout que depuis la parité dans les forces de l'ordre, avec une femme ministre, le monsieur peut supposer qu'il y aura des filles devant le poste de télé, comme à Neuve-York, modèle ci-dessous :

Belle fille de police
FILLE DE POLICE
© Zoomteam | Dreamstime.com
Identification : 6103576 Level: 1
Autorisation du modèle : OUI

[J'aime bien "Autorisation du modèle : Oui". Des fois qu'elle ait pas vu, la coquette, qu'on la photographiait tellement qu'elle a l'air naturel. Comme une copine à qui j'ai dit, histoire de causer, qu'elle sentait bon et qui m'a répondu, en un jet : "Et pourtant, je ne me suis pas parfumée ce matin". Perret appelle ça "une fleur de banlieue". Finie la parenthèse érotique !]

Alors, Monsieur Grouard, permettez-moi de vous mettre en garde ! Vos caméras ne peuvent-elles passer aux yeux d'un Tribunal comme les instruments, suffisants sinon nécessaires, à

UNE INCITATION A LA DEBAUCHE

L'article 380bis du Code Pénal énonce, en effet, que quiconque aura, dans un lieu public, provoqué une personne à la débauche sera puni d'un emprisonnement de huit jours à trois mois. Et si l'avocat de votre exhibitionniste orléanais arrivait à prouver que c'est A CAUSE de vos caméras qu'il s'est adonné à son activité délictueuse, hein ? Vous n'y aviez pas pensé à ça ? Avouez !

Un étranger qui ne veut que votre bien,
et ce qui nous est commun à vous et moi,
le bonheur de vos concitoyens.

Bernard Bonnejean

Publié dans culture humaniste

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L'Eurrrope ! L'Eurrrope ! L'Eurrrope !

Publié le par Bernard Bonnejean


ou l'art d'accommoder les restes.

Les restes !? Sacrilège ! Et d'abord les restes de quoi ?

Soyons justes ! L'Europe n'est pas encore construite. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Tous les "grands hommes" des nations européennes ont tenté le coup. Leurs livres d'histoire en disent autant de bien que les livres d'histoire des autres en disent de mal. Ici, des précurseurs incompris de l'unité européenne ; là, d'affreux tyrans impérialistes. Seuls les dictateurs innommables font l'unanimité contre eux. Dressons un catalogue rapide, non exhaustif :
  • Les Grecs, un peu froussards en dehors de la grande bleue, se sont contentés de tout le pourtour méditerranéen, mais pas question de s'aventurer à l'intérieur des terres ;
  • Le Macédonien Alexandre pourtant, un peu plus courageux que les Athéniens, Thébains, Spartiates et compagnie, lance une vaste expédition jusqu'à l'Indus. Ses troupes, après un long voyage, se seraient écrié comme des Bretons d'Orléans privés de baignade depuis des années : "Thalassa ! Thalassa !", comme à la télé. Ils auraient fait des petits en Afghanistan. S'ils avaient su pour les Talibans, peut-être se seraient-ils abstenu ;
  • Les Romains, champions toutes catégories de la colonisation de masse, ne vont pourtant pas réussir à refaire la grande Europe d'Alexandre. La faute à tout le monde : les Goths, Visigoths, Ostrogoths ; Vandales, Burgondes, Alamans ; Francs saliens ou ripuaires, nos ancêtres qu'étaient rien moins que Gaulois ; avec, en prime, (on connaît les militaires), une partouze gigantesque qui fait que la "race pure"... vous m'avez compris.
  • Et des méchants en veux-tu-en-voilà qui la veulent aussi la grande Europe : Attila, dont tout le monde sait qu'il était assez sauvage pour faire cuire son beefteack sur le dos de son cheval monté à cru ; les Vikings qui, entre deux bains de sang, nous ont apporté l'art de la navigation et les escalopes à la crème ; et j'en passe.
  • J'abrège : Napoléon, quelqu'un de bien, qui réussit à construite une France de 130 départements, sans compter les protectorats, Etats alliés et vassaux qui voudront plus le rester, même qu'on se demande pourquoi ; Hitler, quelqu'un de pas bien, qui voudra faire la même chose que Napoléon mais de droite à gauche et plus de gauche à droite en regardant la carte, si bien que ses Etats alliés et vassaux non plus ne voudront pas le rester.
Un Monsieur bien sous tous rapports m'a affirmé un jour, sans rire, qu'on avait raté le coche à force de refuser toutes les occasions qui se sont présentées à nous et qu'on a refusées bêtement. Il m'a même raconté, avant tout le monde, que le bon Winston, entre deux bouffées de cigare, avait proposé, pour faire barrage au Reich,  de constituer une nation hybride composée de la France et du Royaume-Uni. Le grand Charles n'a pas voulu. Ne pas confondre le grand Charles, celui de mon titre (entretien avec le journaliste Michel Droit, du 14 décembre 1965) avec Charles le Grand, Carolus Magnus en latin, Charlemagne en traduction mot-à-mot qui lui aussi a failli faire la grande Europe. Mais comme m'a dit un jour un juge des tutelles : "Si vous saviez ce qu'on voit au moment des partages d'héritage !"

Alors l'Europe, faut-il la faire ou pas ? Mille fois oui, mais pas n'importe comment ni dans un but bassement commercial ou hégémonique. Dans l'esprit de ses fondateurs, à commencer par un immense bonhomme : Robert Schuman, le grand cofondateur du Conseil de l'Europe, du pacte de l'Atlantique Nord, du CECA, l'ancêtre de l'actuelle Union européenne, le premier président du Parlement européen, le "Père de l'Europe". Un type tellement bien que l'Eglise catholique, en la personne de Pierre Raffin, évêque de Metz, a autorisé l'ouverture de son procès en béatification. Qu'est-ce qui vous embête là-dedans ? Entre l'Europe des envahisseurs, des tyrans, des représentants en commerce international et l'Europe des saints, moi je choisis sans même réfléchir.

Maintenant, il faut me laisser parce que j'ai mon devoir à faire et à rendre pour demain. C'est quoi ? Je vous explique : Circé m'a demandé de relayer un tag sur l'Europe. Dedans, il y a déjà Flèche, Gabrielle, Steph, Corinne, Pena Pylar, Polikarpov, Moon, Open La SourceKahlu et JPM. Il s'agit de répondre à six questions sur l'Europe :

Si l'Europe était un animal, là je n'hésite pas une seconde. Ce serait Anatole, le poisson rouge que mon parrain Jeannot a gagné à la fête foraine et qui nous a accompagnés pendant des années, de déménagement en déménagement. Une bête inoffensive et qui, dans la chaîne alimentaire, n'a eu besoin de faire de mal à personne pour se nourrir et s'épanouir en nous rendant heureux.

Si l'Europe était une fleur, ce serait bien sûr une immortelle, parce que j'espère bien que, même si on y met le temps, l'Europe, une fois construite, ne sera provisoire que pour s'élargir, pas pour mourir dans des nationalismes imbéciles.

Si l'Europe était un tableau, ce serait un Modigliani ou un Maurice Utrillo. En tout cas, une toile montmartroise,
à l'époque où le monde entier se donnait rendez-vous sur la Butte, mais sûrement pas une croûte de la place du Tertre.
 
Maurice Utrillo, Rue de Saint-Louis-en-l’Isle, 1918, huile sur toile.
Acquis par Roger Dutilleul - Donation Geneviève et Jean Masurel, 1979


Si l'Europe était une ville, ce serait la Venise inconnue des touristes, celle de son quartier juif, par exemple, où personne ne va jamais, mais où s'est construite une certaine Europe, complètement internationale, avec ou sans amoureux.

Si l'Europe était un personnage, ce serait tout bêtement Robert Schuman pour toutes les raisons que j'ai indiquées.

Si l'Europe était une chanson,  ce serait Syracuse, une des plus cosmopolites des chansons de France et une des moins franchouillardes.

Merci Circé pour cet exercice européen. Ne me reste qu'à "relayer le tag". Que les amis à qui je passerai le relais soient assez gentils pour répondre à ces six questions et à relayer le tag à leur tour. J'envoie un mot aux volontaires que j'ai désignés avec le mode d'emploi.

A bientôt, mes amis,

Bernard Bonnejean

AVIS : Après explications de Circé, mon prof de blog, je "lance le défi" [c'est comme ça qu'il faut dire, paraît-il] aux blogueurs suivants qui voudront bien "relayer le tag". J'aime bien ces machins-là, moi, ça me rappelle quand j'étais louveteau et que j'étais amoureux de la cheftaine Bagheera ou Baloo, je ne sais plus trop :

Yann, mon ami d'ici, juste parce que c'est comme ça, qui pourrait nous jouer à la guitare un air d'un qu'il aime bien, Dominique en mission au Sénégal
(en prime un article sur la nécessité d'une vraie coopération Nord-Sud),  Samia du Maroc et Samia d'Algérie (toutes les deux, qu'attendez-vous, Africaines, de l'Europe ?),  Michaël, Lillois issu de Polonais, à qui je demanderais bien de nous parler d'une Europe sans les artistes immigrés, façon Besson, Aline, une artiste peintre et poète de Cancale, qui pourrait nous écrire un beau poème inédit et illustré de ses mains, Leslie Plée, le remarquable auteur de  Moi vivant, vous n'aurez jamais de pause, qu'elle nous dise franchement si elle croit encore à la culture européenne et, enfin, Dame Catherine, fille d'Espagne mariée à l'Italie, en France, qui sait donc ce que c'est que l'Europe matrimoniale. J'espère cette fois n'avoir oublié personne. Merci aux demoiselles d'over-blog d'envoyer ce qu'il faut aux destinataires.

Publié dans culture humaniste

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Une Grande Dame africaine

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Saartjie Baartman, la Vénus hottentote

A la mémoire du "petit Roger"
cet hommage             
aux grands aimés du Bon Dieu

 Voici, comme promis, un autre portrait de Grande Dame. Peut-être pas comme vous l'espériez.

Ayez le courage de le lire, quitte à pleurer de honte ! Pas la peine de se voiler la face : on sait aujourd'hui que l'Essai sur l'inégalité des races humaines publié en 1855 par
le comte Arthur Joseph de Gobineau, un Français bien de chez nous (il est né le 14 juillet 1816 à Ville-d'Avray), porte en germe les théories nazies ! 

Aujourd'hui, au nom des Droits inaliénables de l'Homme, un terme générique qui inclut la femme, ce que  tous n'ont pas encore compris, permettez-moi de rendre hommage à l'Afrique et à une Africaine, longtemps oubliée de l'Histoire après avoir occupé le devant de la scène.

On dit que l'Histoire begaie. C'est bien possible. Je crois, moi, qu'elle radote, parce qu'on fait tout pour lui raccourcir la mémoire. Alors, elle joue les gâteuses quand ça l'arrange, prétendant ne pas se souvenir. Jusqu'au jour où un citoyen du monde, plus courageux que les autres, réveille les consciences endormies.

Tout commence en 1789. L'année de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, naissait Sawtche, fille d'un père khoisan et d'une mère bochiman. Le riche Afrikaaner qui la tient en esclavage s'aperçoit bien vite de son inestimable valeur marchande. Elle est atteinte d'une double malformation : son fessier est énorme et ses organes sexuels forment une protubérance qu'on appellera plus tard "le tablier" hottentot. Passe un chirurgien de la Royal Navy qui l'embarque pour l'Europe. Souvenez-vous d'Elephant Man et de Freaks : c'est l'époque où des Barnum exhibent des "monstres" contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Pour faire bonne mesure, on baptise la jeune femme du nom de Saartjie Baartman. Mais son surnom de Vénus hottentote est beaucoup plus connu des amateurs de music-halls et de salons
londoniens et parisiens à la mode .

Il fallait quand même tenter de trouver un bon prétexte à de telles horreurs. Le libéralisme économique, le triomphe de la bourgeoisie commerçante, 

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le droit de gagner sa vie honorablement, dans une bonne affaire, bien juteuse, ne suffisaient déjà plus. On fit donc appel à la moins discutable des raisons : la connaissance scientifique.

C'est donc la science, déjà fort à la mode, qui va délivrer un certificat de bonne conduite aux maquereaux tortionnaires déguisés en hommes d'affaires, imprésari de spectacles de foire.

Etienne Geoffoy Saint-Hilaire, administrateur du Museum d'histoire naturelle et professeur à la chaire de zoologie est le premier sur les rangs. Il se propose auprès des autorités compétentes de

 


profiter de la circonstance offerte par la présence à Paris d'une femme bochimane pour donner avec plus de précision qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour, les caractères distinctifs de cette race curieuse.

 

Voilà notre pauvre Hottentote exposée nue aux regards des scientifiques, des dessinateurs, peintres et autres caricaturistes.  Dans un rapport, le grand Geoffroy Saint-Hilaire la compare tantôt à un orang-outang, tantôt à une femelle mandrill.

 


Plus célèbre encore, le zoologue et chirurgien de Napoléon, Georges Cuvier, déduit de ses savantes analyses l'infériorité de certaines races. Peu après la mort de Saartjie, survenue le 29 décembre 1815, dans un bordel selon certaines sources, il s'empare de sa dépouille afin de la disséquer.  Devant l'Académie de Médecine, en 1817, il conclut les résultats de ses travaux par :


Les races à crâne déprimé et comprimé sont condamnées à une éternelle infériorité.

 




Saartjie_ill_2_1


Le squelette de Sartjie Baartman restera exposé au Musée de l'Homme jusqu'en 1974 !

En 1994, Nelson Mandela demande la restitution de sa dépouille  à la France qui fait la sourde oreille.

En 2001, enfin,  le sénateur d'Île-de-France, Nicolas About, interpellle le secrétaire d'État au Patrimoine, Michel Duffour. Soutenu par la presse, il dépose une proposition de loi adoptée par le Sénat le 29 janvier 2002, promulguée le 6 mars (Journal Officiel du 7 mars 2002), décidant la restitution officielle par la France de la dépouille de Saartjie Baartman à l'Afrique du Sud.

Le 9 août 2002, après une cérémonie œcuménique célébrée selon les rites khoisan et ceux de l'Église du Christ de Manchester, Saartje Baartman est inhumée près du village de Hankey (Eastern Cape).

Saartjie Baartman était femme, noire, ancienne esclave, dotée d'organes sexuels démesurés. C'est ce mélange de mystère et d'obscénité qui la rendit si "intéressante". Son infériorité raciale présumée, outre qu'elle rassurait les visiteurs européens sur la supériorité de leur race, leur permettait de se rassurer aussi sur le bien-fondé d'une libido autrement inavouable. Elle suscita des pulsions de toutes natures et notamment érotiques chez les visiteurs venus la contempler. Marielle Lefébure à qui j'ai beaucoup emprunté pour composer cette rubrique conclut fort justement :

Saartjie Baartman servit bel et bien d’alibi à la mise sous chape de nombreuses frustrations.

De quel alibi nous servirons-nous pour justifier la pornographie omniprésente ? La science ? Sûrement pas. La liberté ? Encore moins.
http://www.olgabaclanova.com/pictures/freaks/browning_and_freaks_6.jpg

Freaks réalisé en 1932 par Tod Browning

Ayez une pensée pour Saartjie Baartman et pour toutes les femmes à barbe, les femmes à deux têtes, les femmes les plus grosses du monde qu'on exhibait encore aux vingt-quatre heures du Mans quand j'étais adolescent. Ayez aussi une pensée pour toutes les prostituées de toutes les races, qui, quand on y réfléchit, n'en sont pas moins de Grandes Dames.

Bernard Bonnejean

 

Publié dans culture humaniste

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Tu t'es vu(e)

Publié le par Bernard Bonnejean

quand t'as bu

A Jacquot, mon copain pochetron,              
saint-cyrien, joueur d'échecs classé, qui a tout perdu,
puis regagné une vie nouvelle après une vraie cure,
toute mon admiration. 
                       

Nanard, le prof chiant "pas comme les autres"

Reçu à l'instant dans ma BAL : voir en fin d'article     

Que va-t-il devenir le cadre supérieur de la pub à la télé, une fois que la fête sera finie ? Vous savez bien, le jeune homme en costard-cravate, oublieux de ses obligations et du respect dû à son supérieur évanouis dans les vapeurs d'alcool. On soupçonne une fin en queue de poisson : une punition mais laquelle et de qui ? Et pour qui ?

Saviez-vous qu'il est des enseignants pris de boisson à longueur d'année scolaire, qui ne risquent rien tant qu'il n'arrive rien ? Le jeune homme de la télé, je vous parie que le lendemain de la fête, il sera entouré de ses copains et qu'il racontera sa cuite comme un exploit supplémentaire à son palmarès. Quant au patron, il n'est même pas certain qu'il lui fasse une petite remarque. En France et dans la plupart des pays européens latins, il est mal vu de fêter quoi que ce soit sans l'ivresse accompagnatrice des occasions, grandes et petites.

La fin que je vois, moi, est autrement dramatique : le jeune homme, bourré de talent et bardé de diplômes, vers quarante ans, aura le cerveau en bouillie et l'intérieur en compote. Et il faudra qu'il assume l'épave qu'il est devenu, seul, absolument seul, à part peut-être les copains survivants du bistrot d'en face.
 
 
  Vous allez me dire que c'est du cinéma. Le comédien n'a rien bu ; il joue les alcooliques, pour les besoins de la séquence. Comme  Bourvil dans son célèbre sketch sur l'eau ferrugineuse. La France entière a ri. Cette fois-là, je ne me suis pas senti français. Pas de honte, mais de pitié ! Pour le personnage incarné que je suppose père de famille. Et aussi, surtout, pour sa femme, qui l'attend dans l'angoisse de ne pas le voir revenir, autant que dans la peur de le voir de retour ; pour ses enfants qui partagent l'angoisse et la peur de leur mère, dont ils ne se remettront jamais, peut-être.

Connaissez-vous Circé ? Celle de la colonne de droite dans "Mes blogs préférés". Une militante du Parti. Encore une Grande Dame, ma Reine ! Ce que peu osent avouer, que personne n'écrit parce que ça fait trop Zola ou Les Deux Orphelines, elle a trouvé les mots convenables et dignes pour l'exprimer.

Parce que moi, il est grand temps que je me taise : trop de morale stérile dans mon papier de ce soir ! Circé, c'est pas de la morale, juste le témoignage d'une vie antérieure qui a refait son apparition comme une source résurgente après un orage.

Les lignes qui suivent sont reproduites avec sa permission. J'espère qu'elles vous bouleverseront comme moi quand je les ai lues et qu'elles vous aideront, si vous êtes malades, à vous convaincre vous-mêmes de vous faire soigner, sans que la pauvre Roselyne soit derrière votre dos pour vous y obliger, ce qu'en bonne angevine elle ne fera jamais.

Merci Circé et à bientôt

Bernard Bonnejean




Doigts lourds pour appuyer sur les touches de ce clavier.
Mots enfouis, lestés de tous les rejets et bannissements possibles et imaginables.
Mais bien présents et apparents, malgré ma volonté ferme et délibérée d'avoir voulu les ignorer durant ces 17 dernières années. 

Je suis malade.
Malade, de dégoût et d'aversion.
Malade, non pas de la maladie alcoolique, j'exècre à vrai dire l'alcool, je l'ai même en horreur.
Malade de l'alcoolisme de mon premier compagnon.
J'en ai gardé des traces profondes et indélébiles. 

Et pourtant... Je me soigne.
Bientôt dix années de thérapie où l'alcool n'a pas tenu toute la place, heureusement, mais où il est revenu aujourd'hui. Présence non autorisée, présence réveillée bruyamment et virulemment dans un rejet qui n'a d'égal que la répulsion engendrée par la personne qui en a été l'élément déclencheur.

Pourtant, j'avais progressé.
Depuis 7 années maintenant, mon compagnon, avec patience et mesure, tente de me réapprivoiser à ce sujet. Il y est arrivé en partie, quelquefois.
J'ai même réussi à partager quelques verres avec des amis à diverses occasions. 
Mais l'allergie a ressurgi, faisant intrusion dans ma maison, par l'intermédiaire d'une tierce personne, l'espace de quelques heures seulement.
Alors les maux reviennent sous forme de mots.  

Alcool, alcoolisme.
Pinard, rouquin, vinasse, piquette, gros rouge, bourre-pif, pichtegorne, picrate, godet,  Romanée Conti ou Clos Vougeot,  Mouton Rotschild ou Chateau Margaux, bibine, p'tit jaune, drink, scotch, bourbon, brandy, tafia, tord-boyaux, cocktails de toutes couleurs, saveurs et odeurs, vodka, fine, cognac, liqueur, Dom Pérignon ou autre champagne, boisson avec ou sans bulle...
Une liste tellement vaste !

Du langage argotique à la noblesse du crû qui devrait chanter et enchanter autant en bouche qu'au palais, du nez aux papilles, des yeux aux oreilles à l'énoncé du crû,  quels que soient le nom, le milieu, la façon de l'ingurgiter, de le descendre, de se l'enfiler, de le lamper, de se pinter, de picoler... de s'enflammer le gosier et s'éclater la cervelle, les ravages sont les mêmes.

Je sais, je m'attaque à un tabou.

Ce n'est pas l'alcool qui est dangereux, c'est la façon de le boire.
Ce n'est pas l'alcool qui est dangereux, mais l'individu qui libère ses barrières en se désinhibant.
Ce n'est pas l'alcool qui est dangereux, mais vous (moi), qui avez péché par mauvais choix, par Amour, parce qu'après tout vous êtes responsable d'avoir fait le mauvais choix de ce compagnon ou de cette compagne.

Non, ce n'est pas la Société qui tolère, qui trouve même cocasse ou hilarant celui ou celle qui l'amuse de ces facéties ou logorrhées saoûlesques, frissonnante d'observer la transgression, divertie, certes, mais aussi bien-pensante, culpabilisante, cataloguant, étiquetant autant celui ou celle qui s'enivre que celui ou celle qui partage sa vie avec l'objet de sa réprobation, tolère (croyez-vous ?) ou subit...
Il ou elle l'a bien voulu ! 

Sans doute est-ce un peu vrai.
Le ou la conjointe, comme les enfants ou la famille, les amis et encore plus la société, sont sans aucun doute et indubitablement complices !
Mais la complicité se construit chaque jour, pour ne pas voir pour certains, ne pas avoir encore plus honte et mal pour d'autres, par peur de jugement aussi.
Comme ces imbéciles qui lorsqu'une femme est victime pérore autour du : - "Elle aurait dû partir au premier coup, c'est de sa faute...", sans comprendre l'imbroglio psychologique et physique dans lequel elle vit depuis des années.

Mais j'y reviendrai.

Il n'en reste pas moins vrai que l'on dit un peu tout et son contraire sur l'alcool en moins de temps qu'il ne faut pour faire changer une société.
Un jour, il faut en boire modérément, cela protège les artères.
Un autre, ne plus en consommer du tout, risque de cancer. 
Et encore, plus du tout si vous êtes femme et enceinte.
Ou bien que vous soyez homme ou femme, attention à l'hérédité.
Le tout avéré ou non d'ailleurs, qu'importe.
Et j'en passe... des meilleures ou des pires.

Dire que le quart de rouge faisait partie de certains contrats de travail il y a encore moins d'un siècle !

Bref, aucun consensus là-dessus.
Les lobbies des ventes d'alcool et spiritueux font pression.
L'état hypocrite taxe un maximum tant par TVA que par surtaxation, trou de la sécu en alibi, trou de la sécu qui n'a jamais vu la couleur du moindre écu en provenance de ces coteries.
Et pourtant que d'argent, oui, que d'argent !

Quant à la prise d'alcool, nous ne sommes absolument pas, bien entendu, égaux.
Mais foin des généralités.
Pour moi ? Qu'est-ce ?

Une violence indubitablement.
Une violence et une déchéance, tant pour celui ou celle qui a perdu tout contrôle que pour ceux qui gravitent bien malgré eux autour.
Un saccage, un ravage de vie, de personnes, d'individus, hommes, femmes et enfants compris.

Bien entendu, on parle souvent du(de la) conjoint(e) et de son entourage.
Pense-t-on vraiment à eux un seul instant ? On les élude, non pas pudiquement mais sordidement.
On parle d'eux comme des victimes "collatérales", terme on ne peut plus réducteur pour ne pas avoir à asséner à la face de cette société, la vérité, sa responsabilité, car oui, la société aussi est responsable.

Même s'il y a toujours l'idiote ou l'idiot de service pour renâcler lorsque des problèmes dûs à la collatéralité se font jour :
- " Ce n'est pas parce que ton père ou ta mère a bu que tu dois te comporter ainsi, faire de même, ou te droguer autrement... Si tous les gosses de parents alcooliques se comportaient ainsi, on ne serait pas sorti de l'auberge....".

Ben, non, c'est vrai, ils y sont encore souvent à l'auberge à porter les pichets justement, à cacher le déshonneur de la famille, à taire les coups, l'humiliation, les vexations, à tenter de protéger l'adulte, l'autre celui qui ne boit pas, se rendant même complice de l'alcoolique pour éviter les "histoires", parce qu'il est plus facile de faire acheter sa bibine par des enfants que de s'assumer.
Et qu'on ne vienne pas me dire que la loi interdit la vente aux mineurs, quelle abjecte rigolade que cela !

Curieusement, il n'y a jamais de statistiques pour voir comment évoluent les enfants confrontés à ça.
S'ils sont eux-mêmes alccoliques ?
Accro à d'autres drogues ? Délinquants ?
Pourtant, dans les chiffres de cette fameuse délinquance, cela devrait compter et bien compter ? Mais pas touche ! Les chiffres sont les chiffres, du moins ceux que l'on a envie qu'ils soient et on les tripatouille à volonté.

Violence donc, subie et assénée aux autres.

Mais la maladie alcoolique ne se déclare pas un beau matin au réveil comme une fièvre ou des maux de tête (encore que...)

CIRCE



Ben ça, pour une coïncidence !!!

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Rue des Carmes à Laval (2)

Publié le par Bernard Bonnejean


ou l'obsession d'un urbanisme raisonné


Oui, je sais : je vous embête avec ma rue des Carmes ! Depuis le 6 mars, les Lavallois les plus curieux la cherchent en vain sur le plan de ville. C'est qu'ils n'ont rien compris, malgré les explications fournies, détaillées, circonstanciées. Ne cherchez pas davantage la rue des Carmes à Laval : elle n'existe pas !

Comme toutes les obsessions, celle-ci repose sur une image ancrée dans le cerveau, sans réalité extérieure. Ou alors faussée, travestie au point de ne plus y ressembler. La rue des Carmes, sans les carmes, est orléanaise. Il me semble vous l'avoir déjà dit. Et moi, voyageur intertellaire (du latin tella, la "toile"), je fais une fixette sur le sujet actuel le plus houleux de la cité libérée par la Pucelle de la perfide Albion.

Pourquoi ? Parce que...

Et encore ? Parce que toutes les villes dignes de ce nom, ce qui exclut les mégalopoles et les cités à cages à lapins des années d'après-guerre, ont une rue des Carmes, vieille comme la France, dont les habitants sont fiers et que les municipalités, sauf certaines que je ne nommerai pas, bichonnent comme des poupons, car utiles pour remplir l'assiette fiscale via les commerçants et les touristes, et vice versa.

Eh bien, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les Orléanais, qui me faites bisquer avec votre scandale de votre rue des Carmes, j'ai le plaisir de vous annoncer que nous aussi, à Laval (France-53), on la tient notre pomme de discorde urbanistique ! Et ça vaut bien vos histoires de tram, je vous ferais dire ! Non mais ! Les trams, c'est comme le reste, quand on n'a pas les moyens de s'en payer un, on marche ! Et comment qu'il faisait Péguy pour aller de chez lui à la mairie ? Pedibus cum iambis, comme aurait dit Cicéron, et pas Carré, le dépité mis à l'amende, mentor impécunieux [message codé à l'attention exclusive de qui se reconnaîtra].

Ah ! je me marre ! Me voilà donc vengé ! Nous aussi, on va voir "fleurir des trous", selon une expression de la région Centre. Et chez nous non plus, les gens ne sont pas contents. Et moi, pas raciste comme certains, je vous autorise, je vous invite même à venir me dire, ici, dans les yeux, face à face, ce que vous pensez de la politique municipale lavalloise. Ce n'est pas moi qui vous dirai : "De quoi je me mêle ?"

Il faudrait quand même que je commence par vous expliquer le pourquoi du comment de l'affaire de la Grand-rue de Laval, notre rue des Carmes à nous, que vous êtes conviés à arpenter en y dépensant vos louis orléanais ou autres. On n'a pas le porte-monnaie xénophobe pour ce qui est de l'intériorisation. Surtout que les impôts locaux, purée, je ne vous dis que ça !


Les travaux dans la Grande-rue suscitent la grogne

Les commerçants ne sont pas satisfaits du choix de la date, et craignent pour leur chiffre d'affaires. La mairie a tenté de les rassurer, mais ça n'a pas été facile.

Les travaux dans la Grande-rue ont commencé, mais les commerçants riverains ne sont pas contents. « Nous ne sommes pas contre, mais nous aurions aimé être prévenus plus tôt » s'accordent-ils à dire. Seuls les propriétaires ont été prévenus. Les locataires, eux, l'ont appris grâce aux panneaux posés à l'entrée de la rue.

Hier soir, une petite réunion s'est tenue avec quelques élus, debout dans la rue. Nicole Peu, chargé du logement et des travaux, a été assaillie de reproches. « Et ma terrasse ? a demandé Stéphane Hubert, le gérant de la crêperie Fromentine et Sarrazin. Il va falloir que je la fasse démonter, et ça va me coûter 2 900 €.  Je n'ai pas les moyens. »

La municipalité refuse de prendre en charge ces frais. Elle n'indemnisera que pour l'enlèvement et le stockage. Elle a tenté de se défendre : « Il était bien convenu que ces terrasses devaient être démontables dans la journée, justement pour palier ce genre de problèmes ».



En première ligne

Aucune autre contrepartie ne sera accordée. Pourtant, les commerçants s'inquiètent pour leur chiffre d'affaires, et auraient aimé un geste. « On a déjà bien souffert avec la crise, et là ils nous en rajoutent. En plus, on n'a plus le festival des Uburlesques, qui nous amenait des passants et donc des clients. Alors ça + ça + ça, le chiffre d'affaires va forcément s'en ressentir », s'insurge Flore Lemoine, du magasin de décoration Les clés du grenier.

Le débat se poursuit sur le choix du mois de mars pour débuter ces travaux. Les commerçants l'affirment : c'est une mauvaise date. « C'est en plein à la reprise de la saison touristique, quand les gens se promènent... » explique Flore Lemoine. « On est mis devant le fait accompli. Ils auraient dû nous demander quelle était la date la plus appropriée ». Eux auraient préféré septembre-octobre, ou janvier-février.

Les représentants de la mairie (trois s'étaient déplacés spécialement  : Claude Gourvil, et Florence Fabre-Dureau) ont beau renouveler leurs excuses, la colère de certains est restée présente. « Ils ont beau s'excuser mille fois, c'est quand même nous qui sommes en première ligne », précise la gérante du magasin de décoration.

Nicole Peu a tenté d'apaiser tout le monde. Elle a bien insisté sur le fait que la rue resterait accessible aux piétons, et que les magasins resteraient ouverts. « Le pire c'est qu'on a voulu bien faire, a-t-elle murmuré. Mais on a choisi de faire les travaux avant l'été, et la saison touristique. » Pour elle, l'important est de privilégier le développement, l'attractivité et le tourisme.

Un nouveau point sur les travaux sera fait avec les riverains, le 6 avril.


Alan NAGARD.

alan.nagard@ouest-france.fr

Ouest-France

S/C Bernard Bonnejean


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Le miracle littéraire !!

Publié le par Bernard Bonnejean

 

ou comment les grandes découvertes arrivent sans recherche



Aujourd'hui, vers 15 heures, m'est parvenue une lettre, ou plus exactement un mail, pour m'annoncer ce qui pourrait bien se révéler LA découverte littéraire de l'année. Je sais que ce n'est pas le lieu pour faire ce genre d'annonce. Mais pour vous remercier de m'avoir lu avec attention et patience, je crois qu'il est de mon devoir de vous informer avant tout le monde de cet événement capital. En deux mots : vous assistez en direct à  une révolution dans le monde des Lettres, si je ne me trompe pas.


Avant de reproduire la lettre reçue, permettez-moi de vous demander si vous avez déjà entendu parler d'un grand poète du mouvement symboliste de la fin du XIXe siècle : Stéphane Mallarmé. Le fait est qu'on l'étudie peu au lycée, parce qu'il passe, avec raison, pour hermétique. Contentons-nous d'un unique sonnet qui vous permettra de comprendre la difficulté à en saisir la signification :

 

Victorieusement fuit le suicide beau
Tison de gloire, sang par écume, or, tempête !
Ô rire si là-bas une pourpre s'apprête

A ne tendre royal que mon absent tombeau.

Quoi ! de tout cet éclat pas même le lambeau

S'attarde, il est minuit, à l'ombre qui nous fête
Excepté qu'un trésor présomptueux de tête
Verse son caressé nonchaloir sans flambeau,

La tienne si toujours le délice ! la tienne
Oui seule qui du ciel évanoui retienne
Un peu de puéril triomphe en t'en coiffant

Avec clarté quand sur les coussins tu la poses

Comme un casque guerrier d'impératrice enfant
Dont pour te figurer il tomberait des roses.


Ce n'est certes pas une poésie facile et je ne me risquerai pas à vous en faire une analyse , au risque de vous détourner définitivement de pages écrites uniquement pour vous.

Donc, cette après-midi, j'ai reçu ce mot d'un certain Jean-Luc Hiron (il m'a permis de dévoiler son identité et de toute façon il vaut mieux qu'il s'habitue tout de suite à une notoriété peut-être imprévue et traumatisante) :

Mon oncle qui habite Tournon a trouver dans une vielle malle dans son grenier une correspondance(époque??) . Il y a une lettre datée de 1867 à un certain H.C, qui contient un poéme vraiment bizzarre auquel je ne comprends pas grand chose(ils y a même des mots qui n'existent pas!). La signature est quasiment illisible (l'encre est passée). Mon oncle dit que la malle appartenait à un ami de son grand-père. Je ne sais pas si cette poésie vaut quelquechose et je n'y comprends presque rien.  Il y a d'autre poèmes (2ou3) encore plus obscurs que j'ai prêté à un type instituteur qui est dans mon immeuble. Il dit que c'est du charabia.
Je copie, mot à mot :

[NDR : Et si je ne me trompe, ce qui suit tient du miracle. Une découverte sensationnelle !!!]

 

Si le marbre, au parfait de la pierre érudite,
M'explique sous la clef la courbe qu'il se doit

Du bras d'une main fine, à l'extrême d'un doigt
indolent dans l'effort que son don nécessite, 


O gardienne du dôme où l'or frais facilite
D'ombres, dont le partage a jumelé l'émoi,
Si la tunique verse un peu de désarroi
Sur ton pied qu'à demi l'essor las sollicite,


Ces courbes, qu'a flattés le cueillir où tu tends,
S'écoulent dans la paume innombrable du temps
Et le plein onctueux pallia l'étroitesse. 


Romaine dont la cendre emplira le cyprès,
Toi qu'un ciseau doubla du pur contour si près,
Va, pour ce voeu sans fin, fêtant ta morbidesse.


Vous ne comprenez pas tout ? N'ayez crainte, moi non plus. Mais là n'est pas la question.

En 1867, Stéphane Mallarmé entretenait une correspondance très suivie avec un nommé... Henri Cazalis né à Cormeilles-en-Parisis dans le Val-d'Oise, le 9 mars 1840 et mort à Genève le 1er juillet 1909.  Henri Cazalis [portrait en marge] : le H. C. de la malle de l'oncle de Monsieur Hiron !? Tout se tient : Cazalis était médecin mais aussi poète, auteur en cette année 1867 de poèmes qui figureront l'année suivante, sous le pseudonyme plus célèbre de Jean Lahor, dans Melancholia. Il s'agit donc d'un inédit, jugé trop indigne par l'auteur ou, à mon avis, d'un manuscrit  de Mallarmé, ce qui rendrait encore plus inestimable la valeur de ces documents. On va probablement  en entendre parler dès la semaine prochaine dans la presse spécialisée.

Vous rendez-vous compte du cadeau que je vous fais. En avant-première. Gardez tout ça bien précieusement. Parce que bientôt, gare aux droits de reproduction !! Mais pour vous comme pour over-blog et pour moi, il sera trop tard.

Bon dimanche.

Bernard Bonnejean


J'allais oublier. J'ai promis à M. Hiron de publier un de ses poèmes en manière de remerciement. "Bon sang ne saurait mentir", dit le proverbe et c'est avec un grand plaisir que je vous le fais partager. Bravo Jean-Luc :

Quand il fait beau,
Je prends ma moto.
Grisé par le vent,
J'avance en avant.

Je vois le oiseaux
S'envolés des roseaux.
Je vais près de l'étang
Profiter du beau temps,
Regarder les poissons
qui vibre à l'unisson
 
Entre les algues vertes,
où la pupille ouverte
Un gros crapaut s'enlise
Près d'une vieille valise.
 

Les gens sont pas trés propres
Si on veut mon avis,
Ils jettent des cochonneries
Sans ce soucier des autres.


Le bois est bien charmant
Sans un seul batiment :
Partout des oisillons
Qui siflent des chansons,
Et des fleurs agréables
ornées de papillons affables.

Je viens me ressourcer
dans ce bois enchanté
Et parmi les fougères
trés souvent à pieds j'erre
Ayant garé ma moto
Près d'un boulôt.


Parfois je m'étends dans le gazon
En rêvant de nouveaux horizons.

Puis la lune apparaît
Le coeur un peu sérré
Je reprends ma moto
En pensant : que c'est beau !

JLH

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Dabadie : le triomphe du rigolo de service

Publié le par Bernard Bonnejean

ou l'anti-grosse-tête à l'Académie française



Vous rendez-vous compte de l'énormité de la chose : Jean-Loup Dabadie, l'auteur de la liste ci-dessous, membre de l'Académie française depuis le 12 mars dernier !!

Jean-Loup Dabadie de l’académie française et son épouse, à la sortie de sa réception sous la Coupole, le 12 mars 2009 à l’Institut de France
Jean-Loup Dabadie de l’académie française et son épouse, à la sortie de sa réception sous la Coupole, le 12 mars 2009 à l’Institut de France.


J'ai dit ailleurs que je ne comprenais vraiment pas la timidité des Immortels. Tous ont avoué, comme un petit péché, admirer Trénet, beaucoup, Brassens, et quelques-uns, Devos. Aucun, jusqu'à présent, n'aurait oser proposer, officiellement, c'est-à-dire pas seulement comme un accord de principe prononcé du bout des lèvres, la candidature d'un de ces amuseurs-là sous la Coupole. Eux, d'ailleurs, n'auraient jamais osé avoir cette prétention.

Pour une fois, c'est pas la faute à Voltaire ni à Rousseau, mais à Gainsbourg et à ceux qui depuis des décennies pensent comme lui. Quand il a avancé la thèse d'une chanson populaire, art mineur, opposée à la grande musique, à la littérature, à la poésie, dignes,  seules, de recevoir le titre d'Art, il avait tort. Et c'est le pauvre auteur-compositeur-interprète de L'Eau vive, qui passa ce soir-là pour un plouc infatué avec sa gratte même pas électrique, qui avait raison.


Alors, Monsieur Dabadie, en attendant que vous proposiez votre définition du fameux dictionnaire, en y ajoutant un peu de fantaisie, nous l'espérons, je vous dis merci. Merci pour votre talent, certes, mais vous n'y êtes pas pour grand chose. Merci surtout pour l'avoir mis au service de nos vies que vous avez rendues par vos textes plus riches, et finalement, plus agréables.

Et parce que Dabadie, c'est d'abord une histoire de copains, pas tout jeunes mais pas mûrs non plus, et des femmes des copains, qui supportent et qui craquent aussi parfois, un hommage particulier à nous tous, pauvres mortels, avec l'un des joyaux de la comédie humaine :



On est comme ça ?? Ben oui, on est comme ça !!

Bernard Bonnejean


1959 Les Yeux secs (roman) 
1960 Les Dieux du foyer (roman) 
1967 La Famille écarlate (théâtre) 
1969 Le Vison voyageur (théâtre) 
1970 Les Choses de la vie (scénario)
1971 Max et les ferrailleurs (scénario) 
1971 La Poudre d'escampette (scénario) 
1972 Chère Louise (scénario) 
1972 Une belle fille comme toi (scénario) 
1972 César et Rosalie (scénario) 
1972 Le Légume (théâtre) 
1973 Salut l'Artiste (scénario) 
1973 Le Silencieux (scénario) 
1974 la Gifle (scénario) 
1974 Vincent, François, Paul et les autres (scénario) 
1974 Madame Marguerite (théâtre) 
1975 Le sauvage (scénario) 
1976 Un éléphant ça trompe énormément (scénario) 
1977 Violette et François (scénario) 
1977 Nous irons tous au paradis (scénario) 
1978 Une histoire simple scénario 
1978 Une histoire simple (scénario) 
1979 Courage fuyons (scénario) 
1981 Clara et les chics types (scénario) 
1983 Garçon ! (scénario) 
1983 Attention, une femme peut en cacher une autre (scénario) 
1984 La 7e cible (scénario) 
1985 Deux sur la balançoire (Molière du meilleur adaptateur
d'une pièce étrangère, 1987) 
1986 Descente aux enfers (scénario) 
1986 Double mixte (théâtre) 
1988 D'Artagnan (théâtre) 
1990 Quelque part dans cette vie (adaptation et mise en scène) 
1992 Le Bal des casse-pieds (scénario) 
1993 Je ne suis pas un homme facile (théâtre) 
1993 Bonne fête Paulette (sketches)  (Albin Michel)
1999 Comédie privée (théâtre) 
2000 la Bicyclette bleue (scénario, adaptation et dialogues) 
2002 Même heure l'année prochaine (théâtre) 
2007 Tant d'amour (chansons)

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