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Le Monoeil

Publié le par Bernard Bonnejean

Le Monœil est un jeu gratuit non récompensé proposé aux facebookiens par Bernard Bonnejean. Il s'agit, à partir du œil, de trouver le personnage, en général connu, qui en est propriétaire. Dans cette vidéo sont rassemblés tous les premiers Monœils de la série.

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Le Monœil (I)

Publié le par Bernard Bonnejean

Le Monœil est un jeu gratuit non récompensé proposé aux facebookiens par Bernard Bonnejean. Il s'agit, à partir d'un œil unique, de trouver le personnage, en général connu, qui en est propriétaire. Dans cette vidéo sont rassemblés tous les premiers Monœils de la série. Il s'agit d'un hommage à Minouet Drouet.

Le Monœil est un jeu gratuit non récompensé proposé aux facebookiens par Bernard Bonnejean. Il s'agit, à partir d'un œil unique, de trouver le personnage, en général connu, qui en est propriétaire. Dans cette vidéo sont rassemblés tous les premiers Monœils de la série. Il s'agit d'un hommage à Minouet Drouet.

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Le jeu du Monœil, vous connaissez ?...

Publié le par Bernard Bonnejean

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On joue ? Mon œil ! http://t.co/HJg5SDMyRx

Publié le par Bernard Bonnejean

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On joue ? Mon œil !

Publié le par Bernard Bonnejean


Le Monœil d'over

Savez-vous jouer au Monœil ? 

C'est tout simple et déjà sur FB. Tous les jours, mes amis ont à résoudre cette énigme qui peut se résumer en cette question : « À qui appartient le Monœil » ou, désormais passé dans la langue courante : « Qui est le 
Monœil »  ?

Plutôt que de nous lancer dans de grandes explications, prenons un exemple.

Voici votre premier 
Monœil. Un specimen qui ne comptera pas dans le jeu : 

 

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Vous avez reconnu le Monœil, le plus beau du gouvernement actuel. C'est en effet celui de

 

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Najat Vallaud-Belkacem, notre magnifique ministre des Droits des femmes, porte-parole des deux gouvernements Jean-Marc Ayrault. C'était facile, avouez-le ! Voyons maintenant si vous serez aussi à l'aise avec les Monœils déjà proposés à mes amis de facebook. Vous pouvez en dresser la liste, si vous le voulez, en commentaire : 

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Audrey HEPBURN

 

     
                                              
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  Jane BIRKIN  
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Brigitte BARDOT   Benito MUSSOLINI
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Louis-Ferdinand CELINE

 

 

  Cécile de FRANCE             
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Michel AUDIARD Ganaël JOFFO  
                     
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Blaise PASCAL Jean de la FONTAINE  
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VOLTAIRE

 

John NEWMAN
Raymond KOPA
John LITTLETON
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Peter SELLERS 

 

     
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Georgette PLANA   Nadine de ROTHSCHILD
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Yannick NOAH

 

    Léonard de VINCI


Amusez-vous bien ! 

Bernard Bonnejean


 

Publié dans humour léger

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Saint Bernard : Sermon pour la Toussaint (suite et fin)

Publié le par Bernard Bonnejean

 


CINQUIÈME SERMON POUR LA FÊTE DE LA TOUSSAINT

(suite et fin)



ŒUVRES COMPLÈTES DE SAINT BERNARD

TRADUCTION NOUVELLE PAR M. L'ABBÉ CHARPENTIER

PARIS, LIBRAIRIE LOUIS DE VIVÈS, ÉDITEUR, 9, Rue Delambre, 1866

 

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L'Ordre des bénédictins en France unit la mémoire de saint Odilon à la fête de saint Maïeul auquel il succéda comme abbé de Cluny pendant cinquante-cinq ans. L’ordre de Cluny rayonnait alors sur toute l’Europe. Odilon est à l’origine de deux œuvres remarquables. D’abord, il instaura la « trêve de Dieu » qui interdisait, sous peine d’excommunication, tout acte de guerre et de brigandage pendant une période fixée par l’Église et par le pouvoir. On lui doit surtout la « commémoration des fidèles trépassés », le 2 novembre. Plus connue sous le nom de « fête des morts », on la confond souvent avec la Toussaint qui la précède. D’ailleurs le sens populaire ne se trompe guère puisque les deux fêtes sont très intimement liées. Odilon est fêté par l’Église le 4 janvier, qui correspond au jour de sa mort en 1049. Il est né en 962 à Saint-Cirgues et a été élu abbé de Cluny en 1049.

 

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Le souvenir de chacun d'eux, comme autant d'étincelles, ou plutôt comme autant de torches ardentes, allume les cœurs dévots. Il inspire une soif dévorante de les voir et de les embrasser, tellement qu'il n'est pas rare qu'ils se croient déjà au milieu d'eux, et qu'ils entrent dans l'assemblée entière des saints, où ils s'élancent de toute l'ardeur et de toutes les forces de leur cœur, tantôt vers les uns et tantôt vers les autres. D'ailleurs quelles ne seraient pas notre négligence et notre paresse, notre lâcheté même, de ne point nous élancer, comme un trait qu'on décoche, de ce monde par de fréquents soupirs, et avec toute la ferveur de la charité, vers ces heureux bataillons ? Malheur à nous à cause du péché, que l'Apôtre reprochait aux gentils, quand il les reprenait parce qu'ils étaient sans affection (Rm 1,31). L'Église des premiers-nés nous attend, et nous négligeons de l'aller rejoindre. Les saints nous appellent, et nous n'en tenons aucun compte. Réveillons-nous enfin, mes frères, ressuscitons avec le Christ, cherchons, goûtons les choses d'en haut. Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent, que nos cœurs tendent par leurs vœux vers ceux qui les appellent. Dans la vie que nous partageons ensemble ici-bas maintenant, il n'y a ni sécurité, ni perfection, ni repos, et pourtant combien ne nous est-il pas doux et bon d'habiter en commun avec nos frères ? En effet nous arrive-t-il quelque chose de fâcheux, soit dans le corps, soit dans l'âme, il nous est plus facile de le supporter dans la société de nos frères, avec qui nous n'avons en Dieu qu'un cœur et qu'une âme. Combien plus douce, plus délicieuse et plus heureuse est l'union, que nul soupçon ne trouble, que nulle dissension n'altère, qui nous réunira par les liens indissolubles de la charité parfaite ? Et qui fera que nous ne serons plus qu'un dans le Père et dans le Fils, comme le Père et le Fils ne forment qu'un aussi.

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Mais ce n'est pas seulement la société, c'est aussi la félicité des saints que nous devons désirer, il faut que leur gloire soit pour nous l'objet des plus ardents désirs, aussi bien que leur présence. Il n'y a pas de danger à craindre dans cette ambition-là, et la prétention d'atteindre à leur bonheur n'a rien de périlleux pour nous. Car si nous disons : « Ce n'est pas à nous, Seigneur, non ce n'est pas à nous, mais à votre nom que vous devez donner la gloire » (Ps 113,9), c'est le cri qu'il nous convient de pousser maintenant, car nous sommes encore aux jours où les anges eux-mêmes disent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté » (Lc 2,14) et dans lequel le Seigneur aussi dit à Madeleine : « Ne me touchez point, car je ne suis pas encore retourné à mon Père » (Jn 20,17). C'est le Verbe de gloire qui parle ainsi. Or le Fils sage est la gloire de son père. La gloire disait donc : Ne me touchez point, ne me recherchez pas encore, fuyez plutôt la gloire, et prenez garde de ne me point toucher jusqu'à ce que nous soyons retournés à mon Père, où toute glorification est pleine de sécurité. C'est là que mou âme sera louée dans le Seigneur, que les âmes douces l'entendent et se réjouissent Ne vous semble-t-il pas que celle qui dans le Cantique des cantiques s'écrie : « Fuyez, mon bien aimé, éloignez-vous » (Ct 8,14), lui a entendu dire : « Ne me touchez point, parce que je ne suis pas encore remonté vers mon Père ? » Voilà pourquoi dans l'hymne de ce jour, nous chantons aussi ces paroles : « Donnez la paix à vos serviteurs, et que vos serviteurs vous rendent la gloire dans tous les siècles des siècles » selon la pensée de l'ange.

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En effet, comme la vie de l'homme est une tentation sur la terre, c'est avec raison que nous devons rechercher ici-bas, non la gloire, mais la paix : la paix avec Dieu, la paix avec le prochain, la paix avec nous-mêmes. « Ô Dieu sauveur des hommes, pourquoi m'avez-vous mis en opposition avec vous et dans un état où je me suis à charge à moi-même (Jb 7,20) ? » Assurément, il n'est pas de lutte plus voisine de moi, c'est une. sédition tout à fait intérieure, une guerre non civile mais domestique, que la lutte des désirs de l'esprit contre la chair, et de la chair contre l'esprit. D’où vient-elle, sinon de ce que vous m'avez mis en opposition avec vous, Seigneur ? Car, pour vous, vous êtes la vraie liberté, la vie, la gloire, la suffisance, la béatitude. Moi, au contraire, je ne. suis que pauvreté et misère, qu'un être misérable, confus et profondément humilié, mort par le péché, vendu au péché. D'ailleurs, ô vous Seigneur, qui êtes la sainte et parfaite volupté, le repos des esprits bienheureux, vous m'avez, dès le commencement, mis en opposition avec l'Éden, la volupté (c'est le sens du mot Éden), dans la peine et le travail. Cependant vous dites : « Convertissez-vous à moi de tout votre cœur » (Joel 2,12). Il faut évidemment que nous nous soyons détournés pour que vous nous exhortiez à nous convertir, il faut que nous soyons en opposition avec vous pour que vous nous invitiez à la conversion. Mais comment nous convertirons-nous ? « Dans le jeûne et les larmes » nous répondez-vous. Ô merveilles, est-ce que vous êtes dans les jeûnes ; les larmes sont-elles votre séjour, habitez-vous dans les gémissements ? Non, non, tout cela est bien loin de vous, et vous, vous êtes infiniment loin de tout cela. Votre règne est dans Jérusalem que vous rassasiez de froment, où il n'y a ni cri, ni douleur, mais où l'on n'entend, au contraire, que des actions de grâces et des chants de louange. « Que les justes, dit le Psalmiste, soient comme dans un festin, qu'ils se réjouissent en la présence de Dieu, et qu'ils soient dans des transports de joie » (Ps 67,3). Comment donc nous convertirons-nous dans le jeûne, les gémissements et les larmes ? Est-ce que le juste doit le trouver dans les transports de joie et d'allégresse, tandis que celui qui n'est pas encore juste ne le trouvera que dans les pleurs et les soupirs ? C'est précisément cela; mais par juste, il faut entendre celui qui déjà a mérité de jouir de la présence de Dieu, non pas celui qui vit encore de la foi. Quant à ces mots du Seigneur : « Je suis avec lui dans la tribulation » (Ps 90,15) ils se rapportent à celui qui marche encore par la foi, non point à celui qui déjà est arrivé devant la face de Dieu. L'un et l'autre justes n'ont bien qu'un même chef, mais ce chef ne se montre pas de la même manière à tous ses membres. Pour les uns, c'est un chef couronné d'épines, incliné sur la croix, afin qu'ils apprennent à s'humilier comme lui. Comme lui, à souffrir les épines du repentir. Pour les autres, c'est un chef glorieux, pour qu'ils soient couverts de gloire par lui, qu'ils lui deviennent semblables en toutes choses, et surtout glorieux, en le voyant tel qu'il est.

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Le second désir que la commémoration des saints allume en nous est donc que Jésus-Christ, qui est notre vie, nous apparaisse comme il leur apparaît, et que, à notre tour, nous apparaissions aussi avec lui dans la gloire. (Col 3,4). Car, en attendant qu'il en soit ainsi, ce n'est pas comme il est, mais tel qu'il s'est fait pour nous, que notre chef nous apparaît, c'est-à-dire non pas couronné de gloire mais d'épines, des épines de nos péchés, auxquelles l'Écriture fait allusion quand elle nous dit : « Sortez, filles de Sion et venez voir le roi Salomon sous le diadème dont sa mère l'a couronné (Ct 3,11). « Ô roi ! ô diadème ! La Synagogue, agissant, non point en mère, mais en marâtre, a placé une couronne d'épines sur la tête de notre roi. Il y aurait de la honte, pour les membres placés sous un tel chef, à rechercher la gloire quand il se montre à eux couvert d'ignominie, sans éclat, sans beauté, sans rien qui y ressemble. Sans doute c'est bien un Salomon, c'est-à-dire un roi pacifique pour le présent, non pas un roi béatifique ou glorifique et il rappelle bien l'éloge que les anges firent de lui quand ils dirent : « Paix à la terre et gloire aux cieux » (Lc 2,14) » Il y aurait de quoi rougir, sous un chef couronné d'épines, à se montrer un membre délicat, surtout quand la pourpre même dont on le revêt n'est point placée sur ses épaules pour lui faire honneur, mais par pure dérision. Et pourtant, on peut voir en bien. des endroits ce jour de fête célébré par bien des gens avec des sentiments d'ambition et dans la bonne chère. Est-ce là célébrer ce jour, ne devrais-je pas dire plutôt que c'est le déshonorer ? Mais ceux qui le passent ainsi rendront compte de leur conduite ; c'est leur fête, ce n'est point celle des saints. Un jour viendra où on n'annoncera plus la mort de Jésus-Christ, et où nous saurons que nous aussi nous sommes morts et que notre vie est cachée avec lui (Col 3,3). Il apparaîtra comme un chef glorieux, et ses membres, glorifiés avec lui, brilleront avec éclat, le jour où il transformera notre corps, tout vil et tout abject qu'il soit, et le rendra conforme à sa tête glorieuse qui n'est autre que lui (Ph 3,21). Que tous nos désirs et toute notre ambition (elle le peut sans crainte) soient d'obtenir cette gloire, si nous ne voulons point nous entendre dire : « Vous ne recherchez que la gloire que vous vous prodiguez les uns aux autres, et vous, ne recherchez point la gloire qui. ne vient que de Dieu » (Jn 5,44).

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Il est bien certain que pour espérer cette gloire et pour pouvoir aspirer à une pareille félicité, nous devons désirer ardemment le cours des suffrages des saints, afin d'obtenir, au moins par leur intercession, ce que nous ne pouvons espérer de nos propres forces. Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous du moins qui êtes mes amis (Jb 19,21). Vous connaissez nos périls, vous savez de quelle boue nous avons été formés, vous n'ignorez point notre ignorance, non plus que les ruses de nos ennemis. Vous connaissez les assauts qu'ils nous livrent et notre fragilité. Car c'est à vous, qui avez passé par les mêmes tentations que moi, que je m'adresse, à vous, dis-je, qui avez vaincu dans les mêmes combats, et qui avez échappé aux mêmes pièges, à vous, dis-je, qui, dans la souffrance, avez appris à compatir. J'ose espérer aussi que les anges eux-mêmes ne dédaigneront point de visiter des êtres de leur espèce, d'autant plus qu'il est écrit : « Vous prendrez soin de ceux de votre famille et vous ne pécherez point » (Jb 5,24). Au reste, si je crois qu'il m'est permis de présumer beaucoup d'eux à cause de notre ressemblance avec eux qui sont des êtres spirituels et raisonnables, je crois pourtant que je dois avoir une plus grande confiance encore dans ceux qui ont été les compagnons de ma vie d'homme sur la terre Ils ne peuvent manquer de ressentir une compassion plus charitable encore et plus spéciale pour ceux qui sont les os de leurs os et la chair de leur chair.

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Enfin, en quittant ce monde pour retourner vers leur Père, ils nous ont laissé des gages précieux. En effet, leurs corps reposent en paix au milieu de nous, tandis que leurs noms doivent vivre jusqu'à la fin des siècles, parce que leur gloire n'est pas descendue avec eux dans la tombe. Loin, bien loin de vous, âmes saintes, la cruauté de l'échanson du roi d'Égypte qui, une fois rétabli dans son poste, n'eut rien de plus pressé que d'oublier le saint jeune homme Joseph qui était resté en prison (Gn 40,14). Ils n'étaient pas l'un et l'autre les membres d'un seul et même corps, et il ne pouvait y avoir aucun rapport entre le fidèle et l'infidèle, aucune alliance entre un Israélite et un Égyptien, non plus qu'entre la lumière et les ténèbres. Le mot Égypte signifie « ténèbres », de même que le nom d'Israël veut dire « qui voit Dieu » aussi la lumière était-elle partout où Israël se trouvait. Notre Jésus ne put pas oublier ainsi le larron crucifié avec lui ; il lui tint la parole qu'il lui avait donnée et le fit entrer dans son royaume le jour même où ils avaient souffert ensemble. Et nous aussi, si nous n'étions pas les membres du même chef que les saints, à quel titre leur adresserions-nous aujourd'hui des vœux si solennels et les féliciterions-nous avec tant d'enthousiasme ? Celui qui a dit : « Si l'un des membres est dans la gloire, tous les autres membres participent à sa joie » a dit aussi : « Si l'un d'eux souffre quelque chose tous les autres souffrent avec lui (I Cor 12,26) ». Telle est donc l'union qui existe entre eux et nous que, si nous nous réjouissions avec eux, eux, de leur côté, compatissent à nos souffrances ; que si, par nos pieuses méditations, nous régnons en eux, eux, de leur côté, par leur pieuse intervention, combattent pour nous. Nous ne saurions douter de leur pieuse sollicitude à notre égard, d'autant moins qu'ils ne peuvent être consommés dans la félicité sans nous, comme j'ai eu déjà l'occasion de le dire, et nous attendent jusqu'au jour où nous recevrons aussi notre récompense, au dernier grand jour de fête. Alors tous les membres concourront en même temps à faire un homme parfait avec leur chef glorieux, et Jésus-Christ, notre Seigneur qui est béni par-dessus tout, digne de louange et glorieux dans les siècles des siècles, sera loué avec ceux qui lui auront été attribués en héritage.

 

Saint Bernard de Clairvaux

 

In paradisum deducant te Angeli,
in tuo adventu suscipiant te martyres,
et perducant te in civitatem sanctam Jerusalem.
Chorus angelorum te suscipiat,
et cum Lazaro quondam paupere
æternam habeas requiem.

Que les Anges te conduisent au paradis,
que les martyrs t'accueillent à ton arrivée,
et t'introduisent dans la Jérusalem du ciel.
Que les Anges, en chœur, te reçoivent,
et que tu jouisses du repos éternel

avec celui qui fut jadis le pauvre Lazare. 

Bonne fête des fidèles trépassés 2013.

 

 

Bernard Bonnejean


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Saint Bernard : Sermon pour la Toussaint

Publié le par Bernard Bonnejean

 


CINQUIÈME SERMON POUR LA FÊTE DE LA TOUSSAINT



ŒUVRES COMPLÈTES DE SAINT BERNARD

TRADUCTION NOUVELLE PAR M. L'ABBÉ CHARPENTIER

PARIS, LIBRAIRIE LOUIS DE VIVÈS, ÉDITEUR, 9, Rue Delambre, 1866

 

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Le 2 octobre 1792, le P. Marcel Moreau, cistercien à l’ancienne Abbaye de Lucelle dans la principauté des évêques de Bâle dans le Jura suisse note dans son Journal : 
« Les religieux de Lucelle étant tous expulsés, on a fermé aujourd'hui les portes de l'église abbatiale ». Pour commémorer l’événement, un ex-voto a été apposé dans la chapelle Notre-Dame du Vorbourg à Delémont. Un moine d’aujourd’hui y a vu une « sollicitation » et il a décidé de numériser les œuvres de saint Bernard à l’occasion du 75ème anniversaire de la fondation bénédictine de Suisse Romande et du 850ème anniversaire de la mort de Bernard de Clairvaux. Aujourd’hui, en ce jour de fête de la Toussaint 2013, nous reproduisons le cinquième sermon qui lui est consacré. Les chrétiens et tous les croyants y sont appelés à réfléchir sur la signification de ce mystère ; les agnostiques et les athées à goûter ce chef-d’œuvre littéraire du Moyen-âge.

 

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C'est fête aujourd'hui pour nous, et la solennité de ce jour compte parmi les plus grandes solennités. Que dis-je ? De quel apôtre, de quel martyr, de quel saint est-ce la fête ? Ce n'est pas la fête d'un saint en particulier, mais la fête de tous les saints, car personne de nous n'ignore que cette fête est appelée, et est, en effet, la fête de tous les saints, oui, de tous, non seulement des saints du ciel, mais encore de ceux de la terre. En effet, il y a les saints du ciel et les saints de la terre, et même parmi ces derniers, les uns sont encore sur la terre, tandis que les autres se trouvent déjà dans le ciel. On fait donc en commun la fête de tous ces saints-là, mais ne la fait-on pas tout à fait de la même manière. Après tout, il ne faut pas s'en étonner, puisque la sainteté des uns n'est pas celle des autres, et qu'il y a une différence quelquefois même très grande entre un saint et un saint. Non seulement, parce que l'un est plus saint que l'autre, — cette différence se rapporte plutôt à la quantité qu'à la qualité—, mais sans nous arrêter au plus et au moins, il est certain que les saints sont appelés saints et cela avec vérité, les uns dans un sens et les autres dans un autre. Ainsi, on pourrait peut-être assigner entre les anges et les hommes une différence de sainteté, à laquelle correspondrait une pareille différence de solennité dans la fête. En effet, il ne semble pas qu'on puisse honorer comme des athlètes triomphants ceux qui n'ont jamais combattu, et pourtant, pour mériter un culte différent, ils n'en sont pas moins dignes des plus grands hommages, puisqu'ils sont vos amis, ô mon Dieu, et qu'ils ont toujours été attachés à votre volonté avec autant de félicité que de facilité. Après tout, peut-être pourrait-on croire qu'ils ne sont point sans avoir soutenu des combats. aussi, quand ils ont résisté à ceux d'entre eux qui ont péché, et que, au lieu de se ranger du parti des impies, chacun d'eux s'est écrié : « Pour moi, il m'est bon de rester attaché à Dieu ». Ce qu'il faut célébrer en eux, c'est donc la grâce qui les a prévenus des douceurs de la bénédiction ; ce qu'il faut honorer, c'est la bonté de Dieu qui les a, je ne dis point, amenés à la pénitence, mais détournés de tout ce qui doit amener la pénitence, qui les a, non point arrachés à la tentation, mais préservés de la tentation.

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Dans les hommes, il y a un autre genre de sainteté qui mérite des honneurs à part ; c'est la sainteté de ceux qui sont venus en passant par de grandes afflictions et « qui ont lavé et blanchi leurs robes dans le sang de l'Agneau » (Ap 7,14) qui triomphent enfin après bien des luttes et reçoivent la couronne de la victoire dans les cieux, parce qu'ils ont combattu les légitimes combats. Y a-t-il encore une troisième sorte de saints ? Oui, mais ils sont cachés. Ce sont ceux qui militent encore, qui combattent toujours, qui courent dans la carrière et n'ont point encore obtenu le prix. Peut-être semblera-t-il que je m'avance beaucoup en leur donnant le nom de saints, mais j'ai pour moi le mot de l'un d'eux qui n'a pas craint de dire à Dieu : « Gardez mon âme, Seigneur, parce que je suis saint » (Ps 75,2). L'Apôtre, à qui Dieu avait révélé ses secrets, a dit aussi en termes non moins clairs : « Nous savons que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qu'il a appelés selon son décret pour être saints » (Rm 8,28). Voilà donc comment le mot saint se trouve différemment employé, et désigne tantôt ceux qui sont consommés dans la sainteté, tantôt ceux qui ne sont encore que prédestinés à la sainteté. Mais cette dernière sainteté est cachée en Dieu, elle est close pour nous, aussi est-ce d'une manière cachée que nous l'honorons. En effet, « l'homme ne sait pas s'il est digne d'amour ou de haine, mais tout est réservé pour l'avenir » (Ec 9,1). Que la fête de ces saints se passe donc dans le cœur de Dieu, puisque Dieu sait qui sont ceux qui lui appartiennent et qu'il a choisis dès le principe ; qu'elle se passe aussi parmi ces esprits qui tiennent lieu de serviteurs et ministres et qui sont envoyés pour exercer leur ministère en faveur de ceux qui doivent être les héritiers du salut » (Hb 1,14). Quant à nous, il nous est défendu de louer un homme tant qu'il vit. Comment, en effet. pourrions-nous le louer sans crainte de nous tromper, quand il est manifeste que la vie même n'est pas sûre ? Le héraut céleste nous crie que « nul n'est couronné qu'il n'ait combattu selon la loi des combats » (2Tm 2,5). » Or, entendez de la bouche même du législateur quelle est cette loi des combats. « Celui-là sera sauvé qui persévérera jusqu'à la fin » (Mt,22 et 24,13). On ne sait point quel est celui qui persévérera, on ne sait quel est celui qui combattra selon la loi des combats, on ne sait donc pas non plus quel est celui qui devra recevoir la couronne.

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On doit louer la vertu de ceux dont la victoire est maintenant assurée, voilà ceux qu'il faut exalter dans nos chants de fêtes, et dont on peut, en tonte sécurité, saluer les couronnes avec des transports de joie. Cette nuit, nous chantions aux saints : « Craignez le Seigneur, vous tous qui êtes ses saints » (Ps 33,10) mais ce n'est point à ceux-là que nous nous adressions. Non, ce ne sont pas à ceux qui ont persévéré jusqu'à la fin que nous invitions à la crainte du Seigneur, attendu qu'il est écrit pour eux : « La crainte n'habite plus dans nos contrées ». C'est bien plutôt à ceux qui doivent se tenir dans la plus grande vigilance, à cause de la multitude des périls qui les menacent, qui n'ont point seulement affaire avec la chair et le sang, mais aussi avec les principautés et les puissances, avec les princes du monde, c'est-à-dire de ce siècle ténébreux, et avec les esprits de malice répandus dans l'air (Ep 6,12). Évidemment, ceux qui se trouvent dans une pareille mêlée et qui ont à combattre de près comme de loin, ont bien besoin de se tenir sur leurs gardes. Quand il y a pour eux tant de combats au dehors, il ne saurait manquer d'y avoir des craintes au dedans, aussi est-ce avec raison qu'il est dit : « Craignez le Seigneur, vous tous qui êtes ses saints ». D'ailleurs, toute notre béatitude est dans la crainte de Dieu, si nous en croyons l'Écriture qui nous dit : « Heureux l'homme qui est toujours dans la crainte » (Pr 28,14), et si nous écoutons le Psalmiste qui s'écrie : « Bienheureux tous ceux qui craignent le Seigneur et qui marchent dans ses voies » (Ps 127,1). Mais, bien autrement heureux sont ceux en qui la charité parfaite a chassé toute crainte, qui n'ont plus aucune appréhension dans leurs voies, et qui, dans la maison de Dieu où ils sont maintenant reçus, ne connaissent plus que les cantiques de louange, selon ce que dit le Psalmiste quand il s'écrie : « Heureux sont ceux qui demeurent dans votre maison, Seigneur, ils vous loueront dans les siècles des siècles » (Ps 83,5). Notre félicité donc à nous, et notre fête, en attendant, est dans la crainte de Dieu, tandis que leur fête à eux est tout entière dans les cantiques de louange et dans les chants d'allégresse.

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Voilà pourquoi on ne peut louer en toute sécurité que les hommes qui ne vivent plus de leur vie, mais de la vie de Dieu; la vie de l'homme, en effet, est une tentation continuelle. On est doublement en sécurité quand on ne loue que ces hommes-là, si toutefois, à bien considérer les choses, cette double sécurité ne se réduit pas tout simplement à une. En effet, nous ne saurions craindre avec quelque raison de les louer puisqu'il n'y a personne qui mérite plus certainement qu'eux nos louanges, et nous n'avons pas non plus de motifs pour tarder à les glorifier puisqu'ils sont tellement absorbés dans la gloire qu'ils n'ont aucun besoin de nos louanges. Il n'y a plus de place pour la vanité, là où la vérité occupe seule la place entière. Mais, direz-vous, quelle est la gloire des saints ? Ils ne se glorifient pas eux-mêmes, car il est écrit : « Que votre éloge ne parle point de votre bouche » ( Ps 27,2). Ils ne se louent pas non plus les uns les autres, car ils n'ont d'autre pensée et d'autre penchant que de célébrer les louanges de leur créateur; ils ne peuvent donc trouver le temps de se faire mutuellement des louanges, aussi le Prophète dit-il, comme je vous le rappelais tout à l'heure : « Heureux ceux qui habitent dans votre maison, Seigneur, ils vous loueront dans les siècles des siècles. » Néanmoins, je ne puis admettre que les saints soient dépourvus de gloire, d'autant plus que l'Apôtre dit : « Le moment si court et si rapide des afflictions que nous souffrons en cette vie, produit en nous le poids éternel d'une souveraine et incomparable gloire » (IICo 4,17) et que le prophète avait dit de son côté : « Visitez-nous par votre assistance salutaire, afin que nous soyons comblés des biens que vous réservez à vos élus, que nous goûtions la joie que vous destinez à votre peuple et que vous soyez loués avec ceux que vous avez choisis pour votre héritage » (Ps 105,4). Or, il dit : « Avec ceux, non point par ceux que vous avez choisis pour votre héritage » afin de nous donner à entendre qu'ils partageront la gloire avec lui. Mais si ceux de l'héritage louent le Seigneur, qui est-ce qui louera ceux de l'héritage ? Écoutons les réponses de l'Apôtre : « Alors, dit-il, chacun recevra la louange qui lui sera due » mais de qui la recevra-t-il ? De Dieu » (I Co 4,5). Quelle louange que celle qui vient d'une telle bouche et combien elle est digne d'envie; Quel doux échange de louanges quand il est, en même temps, doux de louer et doux d'être loué.

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Mais à quoi bon les louanges que nous adressons aux saints, à quoi bon célébrer leur gloire et faire parmi nous leur fête ? Pourquoi prodiguer les honneurs de la terre à ceux que, selon la promesse véridique du Fils, le Père céleste honore lui-même ? Qu'ont-ils besoin de nos félicitations puisqu’ils ont tout ce qu'ils peuvent contenir de gloire. C'est vrai, mes bien-aimés, les saints n'ont pas besoin de nos honneurs, et notre dévotion n'ajoute rien à ce qu'ils ont. Mais il y va de notre intérêt, sinon du leur, que nous vénérions leur souvenir. Voulez-vous savoir quel avantage nous avons à leur rendre nos hommages ? Je vous avouerai que pour moi, leur mémoire fait naître en moi un violent désir, un triple désir. On dit vulgairement loin des yeux, loin du cœur. Or, mon œil à moi, c'est ma mémoire, et me rappeler le souvenir des saints, c'est en quelque sorte pour moi, les voir. Voir comment notre lot se trouve dans la terre des vivants, et ce n'est pas un lot médiocre, si toutefois le souvenir, en nous, ne marche point sans la charité. Oui voilà, dis-je, comment notre vie se trouve transportée dans les cieux, non point, toutefois, de la même manière que la leur s'y trouve à présent. En effet, ils s'y trouvent en substance et nous n'y sommes qu'en désir ; ils y sont effectivement présents, nous ne nous y trouvons que par le souvenir. Quand nous sera-t-il donné de nous réunir aussi à nos pères ? De leur être présentés eu personne ? Tel est le premier désir que le souvenir des saints fait naître en nous, que dis-je ? dont il nous embrase. Quand jouirons-nous de leur société si désirable, quand serons-nous dignes d'être les concitoyens, les camarades des esprits bienheureux, d'entrer dans l'assemblée des patriarches, de nous unir aux phalanges des prophètes, au sénat des apôtres, aux innombrables bataillons des martyrs, aux collages des confesseurs, et aux chœurs des vierges, de nous perdre, en un mot, et de nous réjouir en commun dans la troupe entière des saints ?

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Suite et fin demain

Bonne nuit

Bernard

 

Publié dans religion

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