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A Caroline Fourest

Publié le par Bernard Bonnejean


Chère Caro,

Tu me permettras, ma douce, de te tutoyer. Tu es de la génération de mes élèves et j'ai toujours tutoyé mes élèves. Non pour asseoir une autorité fondée sur le pouvoir, mais afin d'établir un climat de confiance, indispensable entre enseignants et enseignés, parût-il superficiel ou artificiel aux non-initiés. J'ai toujours cru que mon statut de professeur dans l'enseignement privé catholique me donnait plus de devoirs que de droits. Ce tutoiement, loin d'être la caractéristique d'un abus d'autorité, il te faut donc essayer de le considérer comme une marque d'affection toute simple et toute naïve de la part d'un monsieur déjà âgé à l'égard de jeunes filles assez saines et pures pour l'accepter sans arrière-pensées. Je te demande donc à ton tour, Caro, de l'agréer sans chercher à y deviner une manoeuvre ou une tactique machiavélique sous-jacente.

 


Certes, tu l'ignores, mais nos "relations", unilatérales, ont fort mal commencé. Je ne te connaissais pas ; tu ne me connaissais pas. Cette ignorance réciproque semblait appelée à durer. Puis, un jour, sur Facebook, alors que les socialistes faisaient les doux yeux à un électorat possible, à défaut d'être probable, je suis tombé, par hasard, sur une de tes conférences à La Rochelle. Tu y dissertais sur la laïcité ; du moins, ce que toi, tu entends par laïcité. Franchement, il eût mieux valu, pensais-je à l'issue du visionnage, que nous ne nous rencontrions jamais. Nous n'avions rien en commun, toi et moi ; nous ne pouvions nous comprendre, encore moins nous entendre ; tu ne m'aimais pas, je ne t'aimais pas ; l'affaire était claire et définitivement close. Tu n'apprendrais pas plus de moi, que moi de toi ; nous devions demeurer infréquentables l'un à l'autre ...

Et pourtant ! Quelque chose émanait de ta personnalité qui fait que ma colère, bien réelle, ne pouvait trouver en elle sa pleine satisfaction. Elle convenait à mon désarroi, à mes certitudes heurtées, à mes convictions bafouées, à ma carrière rayée d'un trait de crayon rouge. Mais elle était insuffisante à extraire de tout ce fatras, dont nous étions l'un et l'autre auteurs involontairement unis, cette impression... Je n'achève pas ma phrase parce que je ne saurais trouver les mots, n'ayant pas encore réussi à cerner la matière à exprimer. Du moins avant de tomber sur ce bel article d'Eric Loret, de Libération, pratiquement contemporain de ta conférence de la Rochelle. Je commence par le livrer tel quel à mes amis :

Son mot préféré est « combat ». Parce qu’il faut des gens pour monter au créneau, dit-elle, et que l’époque est au mou. Aussi la voit-on plus souvent qu’à son goût à la télé, où l’on admire sa pédagogie et son sang-froid. Elle n’est jamais agressive, mais elle laboure implacablement son sillon.

De sa vie intime, on saura peu, sinon qu’elle a été une enfant farouche, qui s’ennuyait à attendre d’être adulte. Et plus on parle avec elle, plus on se dit que cette retenue, ce self-control est à la fois sa force et sa faiblesse.

La force qui lui permet de garder son calme dans les tempêtes idéologiques – voire face à une entarteuse comme l’an passé à Bruxelles -, mais dont l’envers est une fragilité, un trop de vérité à protéger, comme si elle n’avait pas pris le temps de fabriquer le « héros » privé que les journalistes attendent de tout personnage public. Mis à part un goût pour le chocolat et les animaux sauvages, il faudra saisir Caroline Fourest par ses chroniques dans le Monde, sur France Culture et à Charlie Hebdo. Et surtout par ses livres, écrits seule comme Frère Tariq (2004) ou la Tentation obscurantiste (Grasset, Prix du livre politique 2006), ou à quatre mains avec sa compagne, la politologue Fiammetta Venner, Tirs croisés, la laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman (2003) et les Nouveaux Soldats du pape, programmé pour la venue en France de Benoît XVI.

Débarquée d’Aix-en-Provence à Paris à 14 ans, dans les valises d’une mère antiquaire, Caroline Fourest vient à la pratique du politique par le journalisme d’investigation, en s’intéressant d’abord à l’extrême droite puis en infiltrant une secte. Rapidement, elle se spécialise dans la défense de la laïcité. Ce parcours médiatique et engagé (elle mène combat pour le Pacs en dirigeant le Centre gay et lesbien à Paris et en écrivant pour le magazine Têtu) se double d’un cursus universitaire qui la mène, en passant par l’histoire et la socio, à un DESS de communication politique et à Sciences Po Paris, où elle enseigne actuellement.

Quand on googlise Fourest, on est rapidement pris du tournis de la théorie du complot. Son blog et le site de la revue Prochoix (qu’elle codirige avec Fiammetta depuis 1997) archivent l’ensemble de ses faits, dits et écrits, tandis que se déchaînent sur le même Web des armées de contradicteurs plus ou moins crédibles. Que lui reprochent-ils ? Tout et son contraire, ce qui plaide plutôt en sa faveur. D’être à la fois trop et pas assez laïque. « Vous […] contribuez à criminaliser tous les militants engagés dans des processus de résistance, du seul fait qu’ils emploient le langage de la culture musulmane », lui assène ainsi François Burgat, spécialiste de l’islam, dans un débat organisé par l’Express en 2005. Et alors qu’elle est classifiée « islamophobe » par les Indigènes de la République et les partisans de Tariq Ramadan, le site Ripostelaique.com l’accuse de « soutenir que l’islam doit être défendu si l’on veut contrer l’intégrisme islamique ». Le site en question, il faut le préciser, considère l’islam comme un  « péril mortel pour la démocratie ».

Caroline Fourest, elle, se défend d’avoir des maîtres à penser ou des préjugés. « En commençant Frère Tariq, j’envisageais sérieusement que ses prédications fassent plus de bien que de mal. Je ne m’éclaircis les idées qu’en écrivant des livres. » Résultat : après examen des publications et prédications de Ramadan, elle a conclu qu’il tenait un double discours incompatible avec la laïcité qu’elle défend. Son avant-dernier ouvrage, le Choc des préjugés (Calmann-Lévy, 2005), résume assez bien sa position : un moyen terme raisonnable, à la fois anti-intégriste et antiraciste. Une première partie réfute les angoisses sécuritaires en réexpliquant par exemple que les émeutiers de 2005 n’étaient pas des délinquants ou qu’il est faux de penser que « les Français d’origine “arabe” ne s’intègrent pas ». La seconde tape symétriquement sur ce qu’elle appelle les préjugés « victimaires », en démontant des idées du type « ceux qui ont publié les caricatures [de Mahomet, en 2006] l’ont fait par racisme » ou, pire, « les Juifs sont responsables de l’esclavage ».

Elle prône un « vivre-ensemble » que le sarkozysme lui semble menacer quand il construit « des lieux de cultes plutôt que des centres socioculturels, dans l’espoir bien illusoire d’acheter la paix sociale en substituant “l’espérance spirituelle” à l’espérance sociale ».

Est-elle, comme certains l’en accusent, obsédée de l’islamisme au détriment des autres intégrismes ? Certes, le fanatisme islamique lui semble actuellement le plus nocif, mais cela n’a rien « à voir avec la religion mais avec l’instrumentalisation de la religion ». Si l’extrémisme juif est quantitativement moins représenté dans son corpus, ça ne l’a pas empêchée, dit-elle, de lutter à la mairie de Paris pour « faire sauter quelques subventions aux Loubavitch ». Elle est de toute façon coupable, aux yeux des mêmes, d’avoir soutenu Val, le patron de
Charlie Hebdo, dans ses accusations d’antisémitisme contre Siné. Elle s’explique volontiers sur l’affaire, raconte avoir déjà une fois quitté Charlie avec Fiammetta, lorsque Siné publia un article « à vomir » sur la Gay Pride en 1997, l’année même où elles avaient commencé à y travailler. Elles y sont revenues depuis. « C’est sans doute générationnel, mais l’humour de Siné reste pour moi une énigme douteuse. Le côté ” je me défoule envers les homos, les noirs, les juifs et les femmes voilées pour montrer que je suis anar et viril” ne me parle pas du tout. »


La femme, justement, et sa place dans la société, lui semble un bon test pour les laïcités, de quelque religion qu’elles soient, si l’on ose dire : « Le féminisme a traumatisé un inconscient anthropologique qui se manifeste aujourd’hui par le retour du fanatisme religieux.

Les Nouveaux Soldats du pape en remet une couche contre « la réaction en cours » au Vatican, en étudiant ses liens avec l’Opus Dei ou la Légion du Christ : « Si des parents ont confié leur fils à la Légion du Christ sans savoir quel genre de mouvement c’était et que mon livre leur ouvre les yeux, j’aurais le sentiment d’être utile. » Plus généralement, elle veut être « utile à des publics divers, tels que les enseignants, militants, syndicalistes, élus locaux ». Et de citer un principal qui avait organisé un service de cantine spécial dans son collège pour les musulmans et les juifs, « en leur assignant du coup une identité qu’ils ne demandaient pas forcément ». Elle conseille simplement « de proposer poisson et viande au même service. C’est toute la difficulté de concilier, dans les politiques publiques, le respect des libertés individuelles et du multiculturel avec le maintien d’un certain espace commun. »

Le lendemain de l’entretien, on reçoit d’elle un mail sur sa vie privée : « Je ne sais pas faire autrement qu’analyser les gens, même mes proches. Cela ne m’empêche pas de les aimer. Comme cela ne m’empêche pas de combattre ceux que j’analyse. » Combattre ce que l’on aime, aimer ce que l’on combat : c’est peut-être la clé de l’ambivalence des sentiments qu’elle déchaîne.

Eric Loret,
Libération du 10 septembre 2008

Maintenant je sais, Caro, ce qui nous rapproche et nous sépare :



Le combat incessant contre L'INDIFFERENCE ! contre la TIEDEUR ! contre la fausse NEUTRALITE ! contre la LÂCHETE !

Unir nos forces ? Est-ce possible ? Nous connaissons les symptômes ; nous luttons pour qu'on nous donne les mêmes remèdes ; mais nous imputons la maladie à des facteurs différents. Plus : tes médecins sont mes porteurs sains et
vice versa.

Alors ? C'est sans espoir ? Certes, non ! Bien au contraire ! Continuons à lutter pour un monde meilleur ! Chacun à notre façon, avec notre éducation, notre passé, nos mots, nos idées, notre acquis, et toute notre bonne volonté.
 
Bernard Bonnejean

Publié dans Politique inclassable

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Discours à l'ONU : no comment !

Publié le par Bernard Bonnejean


Pour les 28 printemps de Severn

"En 1992, un groupe de jeunes fondent l’organisme ECO pour “Environmental Children’s Organization”. Invité à s’exprimer devant les Nations-Unies, une jeune fille de 12 ans, Severn Cullis-Suzuki, rend un témoignage poignant de la situation humanitaire et écologique du monde de l’époque. C’était il y a 16 ans et pourtant ce discours est toujours d’actualité aujourd’hui. Et je dirais même que la situation est devenue pire".


Merci à Madame BRIGITTE ARAUD, une amie de facebook, de m'avoir fait découvrir ça.

Je ne sais pas vous, mais moi je n'ai pas envie de commenter.

Well ! what you do makes so cry at night

Bem ! o que voces fazem no fazem chorar a noite

Bon ! ce que vous faites me fait pleurer la nuit !!!



Frères humains qui après nous vivez,

N'ayez les cuers contre nous endurcis,


Car, si pitié de nous pauvres avez,


Dieu en aura plus tôt de vous mercis.



Pardon, petits frères et petites soeurs de demain.


Quand vous en aurez assez de respirer les rues empuanties de la ville, je vous invite sur ma tombe et entre deux larmes, deux baisers ou deux parties de rigolade, vous lirez cette épitaphe :


                                          Hic jacet
 
                          Bernard (10 juin 1950 -              )
                                   dit Nanard le pieux
                    Autant pour le temps qu'il passa à dormir
                     Que pour celui qu'il consacra à la prière.
                                     Homme de l'être
                     Il est mort comme il aurait désiré vivre :
                                            Couché. 
                                     
                                     Requiescat in pace

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Concours littéraire maison !

Publié le par Bernard Bonnejean


pour prouver à Dame Catherine que je ne passe pas mon temps à pomper...

Compte-tenu de la fatigabilité de ma clientèle, j'ai choisi une règle simple. Connaissez-vous les quatre coins ? Dans le jeu des quatre coins auquel ont joué tous les enfants il y a cinq joueurs. Quatre d'entre eux sont logés aux quatre coins d'une pièce plus ou moins vaste selon les moyens du légitime propriétaire des lieux. Un cinquième joueur, en général le mal-aimé que les quatre autres ont désigné d'office, se tient au milieu de la salle. Au signal, les enfants des quatre coins courent frénétiquement dans le sens des aiguilles d'une montre vers le coin le plus proche. Quand bien même se plairaient-ils dans leur coin, qu'ils aient trouvé un bon coin ou que le coin soit plutôt agréable, obligation leur est faite d'en changer. L'enfant du milieu se doit de choisir le plus faiblard des quatre autres, afin de lui piquer le coin qu'il brigue avant qu'il ne l'ait atteint. Désormais pourvu de coin, il devient socialement admis et l'enfant qui n'a plus de coin gagne en pleurant le milieu de la pièce, comme un nouvel exclu. Il existe une variante, appelée chaises musicales, réservée aux plus grands, car source constante de coups de poings et de renversements de chaise de la part de mauvais perdants.

Ce jeu, outre qu'il est ridicule, dangereux, raciste, brutal, source de conflits et de désordres, ne sert strictement à rien sur un plan pédagogique sauf à prouver aux jeunes garçons, dès leur plus jeune âge, qu'ils auront à se battre pour avoir leur place et la garder.




Quand j'étais jeune directeur d'école primaire (remplaçant faisant fonction de...), j'avais une adjointe, que j'aimais beaucoup. Elle avait interdit le jeu de billes. Et, malgré ma dure année passée dans l'infanterie de marine où j'avais vu plus de salopards et de cas sociaux que de militaires véritables, je lui avais donné raison. Ce jeu est moralement indéfendable. Outre que le fils du notaire arrive sur la cour de récré avec un plein sac de billes de verres multicolores, alors que le fils de son  clerc n'est parvenu qu'à estorquer la modique somme équivalant à vingt billes de terre laides et toutes bosselées, il pousse les enfants au chapardage, à l'envie, à l'avarice ou à l'appât du gain, sans compter qu'ils risquent, à la première levée, de se faire des illusions sur leur avenir et sur la justice du sort.  

Vous aurez compris que pour des raisons proprement ontologiques et déontologiques a posteriori, je ne vous proposerai pas ce genre de jeux, dérisoires et pervers.

Mon jeu sera intellectuel, ou plus exactement culturel. Vous pouvez jouer seul(e) ou à plusieurs, avec ou sans Internet, avec ou sans dico. Les règles en sont, comme je l'ai dit, très simples. Il s'agit de rendre à César ce qui est à César. Autrement dit, et pour être plus clair, de rendre chaque citation à son "destinateur", comme on dit aujourd'hui.

Par exemple si je vous dis :

Tu quoque mi fili

Vous me répondez :

César.




C'est fastoche, hein ? Alors on y va :

Si je vous dis :

Tant que le corps électoral ne sera qu'une masse de semi-illettrés complètement ignares en ce qui concerne, je ne dis même pas la politique, mais la simple instruction civique de l'école primaire, la politique se confondra avec la publicité et avec l'art oratoire, l'art ignoble et vil du tribun, du camelot, du marchand de vent qui doit avant tout PLAIRE, flatter, ne rien bousculer, SE METTRE AU NIVEAU DU PLUS CON, même si la cause qu'il défend est juste.

Vous me répondez :


------------------------

Si je vous dis :

Monsieur Ducon triomphe. Monsieur Ducon est digne, solennel, bouffi, respectable. Monsieur Ducon veut qu'on le respecte. Qu'on ne choque pas ses yeux bien lavés de sentences pleines de subversion, d'obscénités et de fautes d'orthographe. Monsieur Ducon n'a jamais été jeune, en tout cas pas comme ça. Monsieur Ducon a le sens de l'humour. Il rit là où il faut rire et seulement là. Monsieur Ducon donne le ton à notre vie. Cette société est sienne, elle est à son image.

Vous me répondez :


----------------------------------


Alors quoi, vous ne voyez toujours pas ? Puisqu'on vous dit que c'est fastoche ! Une petite dernière ? Allez courage, bon sang !


Si je vous dis :

Ils ne savent même pas les tristes paranos masturbateurs de crottes de nez qui se rêvent en grandes belles brutes blondes pleines de cruauté fraîche et joyeuse, ils ne savent même pas, tant ils sont cons, qu'ils sont bourrés jusqu'aux yeux de cette saloperie de culture qu'ils croient honnir, et que leur rage anticulturelle n'est elle-même qu'une attitude littéraire parmi tant d'autres, un dépit de frustrés oubliés au banquet des zélites, une défroque romantico-mélo-cucul pleine de trous et qu pend à son clou attitré dans le magasin aux accessoires.

Vous me répondez :


---------------------------------------



ou ça




pour illustrer les anti-intellos-lettrés, ça vous va ?

Cherchez bien ! je vous laisse deux jours.

A bientôt, les Amis.


Bernard Bonnejean

Publié dans culture humaniste

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10 juin 1950 - Mais qui c'est, ce con ?

Publié le par Bernard Bonnejean


Ce que wikipedia ne vous dira jamais sur le jour où je parus !!!!


Votre cadeau personnel de pense-malin.com
 
     
 
Le calendrier, le soleil et la lune du Samedi 10 Juin 1950

Juin 1950
l m m j v s d
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5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30  
 
 
Le soleil du Samedi 10 Juin 1950
  -3 mn Lever Coucher
Brest 6:17 22:18
Paris 5:47 21:53
Strasbourg 5:27 21:30

Numéro de la semaine : 23
Jour de l'année : 161
Nombre de jour avant 1951 : 204
Nombre de jour après 1950 : 161
 
La lune du Samedi 10 Juin 1950

 

  Visibilité :
 32 %
Nouvelle lune
   15-06-50 à 15:53
Premier quartier
   23-06-50 à 05:13
Pleine lune
   29-06-50 à 19:57
Dernier quartier
   07-07-50 à 02:53
en Temps Universel Coordonné (UTC)
 
 

   lune.jpg  
 
Signification du mois : Juin

Signification du mois de Juin :
Floréal ou mois des fleurs dans le calendrier républicain.

Origine :
Du latin junius, évoque le souvenir de Junius Brutus, homme politique romain et fils adoptif de César et l'un des fondateurs de la république romaine.
C'est le mois brillant de Charlemagne, celui des jours les plus longs, celui des roses, de la fauchaison et de la fenaison dans le midi. C'est aussi le temps des cerises, des groseilles, des framboises. La nature y est splendide et les jours longs de seize, augmentant de douze minutes.

Les personnes nées ce mois de Juin ont les symboles suivants :
L'ange : Muriel Le démon : Baalberith
L'arbre : le hêtre La fleur : la balsamine
L'animal : le chien L'oiseau : l'ibis
Le bijou : l'agate  

 
 

     
 
Bernard, voici quelques événements qui sont arrivés un 10 Juin

1358 : Charles abat les Jacques.
Charles le Mauvais qu'Etienne Marcel a fait sortir de prison, achève de tailler en pièce, à Meaux, les jacques qu'entraîne un certain Guillaume Carle et qui se sont révoltés en Picardie, en Champagne et en Beauvaisis, depuis le 28 mai, contre les nobles et les propriétaires.

1610 : Les premiers colons hollandais s'installent dans l'île de Manhattan.

1719 : L'empereur germanique Charles VI expulse les Espagnols de Sicile.

1791 : Le Québec à la conquête de sa souveraineté
Le roi anglais Georges III signe l'Acte constitutionnel du Canada. Il partage la colonie en deux provinces. A l'ouest de la rivière Ottawa, le Haut-Canada est à dominante anglophone. Il deviendra plus tard l'Ontario. A l'est, le Bas-Canada réunit les Canadiens de souche française de la province du Québec.
Les Anglais avaient annexé la Nouvelle-France en 1763, au traité de Paris, après la défaite et la mort de Montcalm devant Québec. Ils l'avaient rebaptisée alors province of Quebec.
Les nouveaux maîtres avaient d'abord montré une grande sévérité à l'égard des colons français. Ainsi, ils obligeaient les candidats à la fonction publique à abjurer le catholicisme par le serment du Test. Ils réprimaient aussi l'usage de la langue française.
Mais quand éclate l'insurrection de leurs treize colonies américaines, les Anglais renversent la vapeur. Ils décident de s'allier les élites québécoises. Les habitants de la Nouvelle-France sont rétablis dans presque tous leurs droits par l'Acte de Québec du 22 juin 1774 (Quebec Act). Comprenant qu'ils n'ont rien à attendre de la France, les Québécois jouent le jeu. Ils se montrent fidèles à la couronne britannique. Ils repoussent même une tentative d'invasion de la province par les insurgés américains. Ces derniers arrivent en 1775 à occuper Montréal mais ils échouent l'année suivante devant la ville de Québec. Mais l'indépendance des Etats-Unis entraîne la fuite vers le Québec de 8.............

1791 : Le roi anglais Georges III signe l'Acte constitutionnel du Canada. Il partage la colonie en deux provinces.

1793 : Partage des biens communaux.

1794 : Début de la "Grande Terreur" en France:
promulgation de la Loi de Prairial, qui permet l'exécution de tout accusé sans audition de témoins ou interrogatoire, sur simple preuve morale.
On a pu parler d'une première "Terreur" à propos des massacres de septembre 1792.
Mais en fait, l'ère de la terreur ne se déclencha en France qu'un an plus tard.
Le 10 mars 1793, la Convention avait créé le tribunal révolutionnaire destiné à juger les crimes commis contre la République.
Au début, le tribunal travailla avec une relative modération mais après la promulgation de la loi sur les suspects (17 septembre 1793) tout changea.
Plaçons la terreur à l'ordre du jour" proposa Barrère au nom du Comité de salut public...
Ce fut Robespierre qui érigea la terreur en système en proclamant la légitimité du nouveau gouvernement révolutionnaire.
Ce gouvernement avait comme base "la vertu sans laquelle la terreur est funeste, la terreur sans laquelle la vertu est impuissante".
En cette fin de l'année 1793, le sinistre défilé commença:
Marie-Antoinette, les Girondins, Bailly, Philippe-Egalité, Tallien et tant d'autres furent conduits à l'échafaud.
Au printemps 1794, Robespierre frappa de nouveau:
les hébertistes à gauche, les dantonistes à droite.
On envoya à la guillotine quantité de personnes étrangères à la politique comme les carmélites de Compiègne, Madame Elisabeth, la comtesse du Barry...............

1803 : Les Français achèvent l'occupation du Hanovre, tandis que les Anglais s'emparent de Sainte-Lucie et de Tobago, aux Antilles.

1809 : Naopléon 1er est excommunié.
Napoléon a annexé les Etats pontificaux à l'Empire le 17 mai par le décret de Schönbrunn.
Le 10 juin, une bulle du pape Pie VII Quem Memorando excommunie Napoléon sans le désigner nommément pour avoir violé la souveraineté temporelle du saint Siège.

1829 : Les universitaires d'Oxfort et de Cambridge décident de se mesurer aux avirons sur la Tamise, entre Putney et Mortlake, soit une distance de 7,25 kilomètres.
Depuis la course a lieu chaque année.

1848 : Victoire des Autrichiens sur les Sardes à Vicence.

1898 : Les "marines" américains débarquent à Cuba au cours de la guerre hispano-américaine.

1907 : Le Français Auguste Lumière invente l'autochrome, nouveau procédé de photographie.

1907 : La France et le Japon conviennent de maintenir la politique de "portes ouvertes" en Chine.

1907 : Départ du raid Pékin-Paris.

1911 : Le Français Georges Carpentier est sacré champion du monde de boxe des mi-moyens.

1917 : Emeutes à Dublin (Irlande).

1934 : La deuxième coupe du monde de football est remportée par l'Italie.

1935 : Aux Etats Unis, création des "Alcooliques Anonymes".

1940 : Mussolini déclare la guerre à la France et à la Grande-Bretagne et se range aux côtés de l'Allemagne.
La veille de l'entrée des Allemands dans Paris, alors que la France vit la plus terrible des débâcles, l'Italie du duce Mussolini déclare la guerre à la France et à l'Angleterre.
près une longue période de non-belligérance, entrée en guerre de l?Italie qui ouvre un nouveau front au sud de la France.
Mais avec un seul bataillon alpin, les Français parviendront à contenir les Italiens.
Mussolini se repentira sur le tard de ce "coup de pied de l'âne" qui entraînera son régime dans la débâcle hitlérienne.
L'entrée de l'Italie dans la guerre favorisera paradoxalement les Alliés. En 1941, Hitler devra différer l'attaque de l'URSS pour secourir Mussolini empêtré dans les Balkans et en Grèce, de sorte que le terrible hiver russe frappera les Allemands avant qu'ils aient le temps de conquérir Moscou. En 1943 enfin, c'est par la Sicile que les Anglo-Saxons entameront la reconquête du continent.

1940 : Trois ingénieurs militaires américains inventent la Jeep:
(G.P. general purpose "tous usages").

1942 : Sur l'ordre de Hitler, les Allemands fusillent 148 hommes, internent les femmes et les enfants et rasent le village tchécoslovaque de Lidice, en représailles de l'assassinat du chef nazi Heydrich, "protecteur" de Bohême-Moravie.

1943 : H. Biro dépose le brevet du stylo à bille.

1944 : Attaque et réduction du maquis du Mont-Mouchet en Auvergne.

1944 : Début de l'offensive américaine sur l'archipel des Mariannes.

1944 : Le général Koenig, commandant en chef des FFI nommé par le général de Gaulle, donne l'ordre de freiner la guérilla, ordre qui sera diversement suivi.

1944 : Le martyre d'Oradour-sur-Glane.
Le samedi 10 juin 1944, à 8 heures du matin, c'est sans méfiance particulière que les habitants d'Oradour-sur-Glane voient des chenillettes chargées de soldats allemands pénétrer dans le village et s'y arrêter.
Oradour-sur-Glane est une bourgade d'environ 1200 habitants, dont quelques centaines de réfugiés du village de Charly, en Moselle. Elle est reliée par un tramway à Limoges, distante de 17 Km. En ce mois de juin, les moissons viennent d'être faites et les granges sont pleines à craquer de paille et de foin.
Trois jours plus tôt, les maquisards de la région ont fait sauter un pont pour freiner la remontée des troupes allemandes vers la Normandie où les Alliés viennent de débarquer. Deux soldats allemands ont été tués dans l'opération. Les habitants d'Oradour ne savent pas que la veille, 99 malheureux otages ont été pendus aux balcons de Tulle, à une centaine de kilomètres au sud de Limoges (un centième otage aurait été épargné parce qu'il veillait le corps de son enfant). L'exécution de Tulle a été ordonnée en représailles des attaques de maquisards par le général Lammerding, qui commande la 2ème division SS Panzer "Das Reich".
Le matin du 10 juin, le général Lammerding donne à la 3ème compagnie du régiment "Der Führer" l'ordre de détruire aussi Oradour-sur-Glane.
Le commandant de la compagnie, DicKman, planifie l'opération avec ses adjoints, le capitaine Kahn et le sous-lieutenant Bart.............

1945 : Le général Eisenhower reçoit la plus haute distinction soviétique, l'Ordre de la Victoire.

1948 : Schockley, Bardeen et Brattain présentent un élément électronique: le transistor. Ils reçurent le prix Nobel de Physique en 1956.

1949 : Sortie du roman de Georges Orwell: 1984.
Dans son dernier roman, 1984, l'écrivain britannique Georges Orwell décrit un futur où l'État, oppressant et omniprésent contrôle la vie de chaque citoyen.
Chacun a obligation de vénérer Big Brother (Grand Frère), le chef du parti politique au pouvoir.
Orwell dénonce les dérives d'un État puissant et centralisé allant jusqu'au bout de sa logique totalitaire au moyen de sa "police de la pensée".
Il met en garde contre la déshumanisation d'un monde fasciné par les techniques totalitaires.
On lui doit d'autres satires, liées à l'actualité et à la politique comme Les Animaux, Hommage à la Catalogne et Un peu d'air, s'il vous plait (contre l'hitlérisme).
Né au Bengale en 1903, Orwell décède à Londre en 1950.
Dans un précédent essai aussi drôle que réussi, "Animal farm", l'auteur a mis en évidence la perversion des mots et des idées dans les sociétés communistes ( "La liberté, c'est l'esclavage", "Tous les individus sont égaux mais certains plus que d'autres",...). Cette fois, Orwell s'en prend au culte de la personnalité dont son contemporain Staline donne l'exemple. Son roman met en scène un tout-puissant "Big Brother" (Grand Frère) qui surveille et sanctionne les faits de chacun. En pleine guerre froide entre l'Occident et le monde communiste, l'ouvrage fait scandale.............

1950 : Robert Schuman se prononce pour l'indépendance par étapes de la Tunisie.

1967 : Les Israéliens, qui occupent un territoire quatre fois plus grand que le leur, acceptent un cessez-le-feu avec l'Egypte, décidé par l'ONU.

1970 : Une centaine de personnes sont tuées au cours d'affrontements entre forces gouvernementales et fedayin palestiniens, en Jordanie.

1971 : Washington lève un embargo, imposé 21 ans plus tôt, sur le commerce avec la Chine.

1972 : Inondations à Rapid City (Dakota du sud): 236 morts.

1973 : Henri Pescarolo et Gérard Larousse amènent leur Matra Simca à la victoire des 24 heures du Mans.

1976 : La Force Arabe de Dissuasion arrive au Liban.

1977 : James Earl Ray, incarcéré à la suite de l'assassinat du pasteur Martin Luther King, s'évade d'une prison de Tennesse, avec six co-détenus.

1977 : Sortie de l'Apple II.

1979 : Simone Veil devient la première présidente du parlement européen.

1979 : Premières élection du Parlement européen au suffrage universel.

1979 : Frita Strübin Keller confectionne un mille feuilles de 330 m de long.

1982 : Adoption définitive de la loi Quilliot sur les rapports entre propriétaires et locataires.

1984 : Plusieurs milliers de Sikhs manifestent à Londres contre le gouvernement de Mme Indira Gandhi et l'intervention de l'armée indienne dans le Temple d'Or d'Amritsar.

1985 : Fin officielle du retrait israélien du Sud-Liban.

1987 : Graves incidents en Corée du Sud, où des milliers de personnes manifestent contre l'intention du gouvernement de demeurer sept ans de plus au pouvoir.

1993 : La police peut à présent réclamer ses papiers à n'importe qui sans raison.

1998 : Le match Brésil-Ecosse (2-1) marque l'ouverture du Mondial 98 de football au Stade de France à Saint-Denis.

1998 : La Commission européenne recommande la levée de l'embargo frappant les exportations de boeuf britannique, décrété le 27 mars 1996 en pleine crise de la "vache folle".

1998 : Signature d'un "accord-cadre de sortie de conflit" entre la direction d'Air France et le Syndicat national des pilotes de ligne au dixième jour de grève et à quelques heures seulement du coup d'envoi officiel du Mondial 98.

1999 : Parinya Kiatbusaba, boxeur thaïlandais monte sur le ring avec un accoutrement pour le moins insolite.
Cet homme a en effet obtenu des organisateurs de porter un soutien-gorge pour son combat.
En attente d'une opération transsexuelle, il a déjà eu de nombreuses piqûres d'hormones féminines qui lui ont développées les seins.
Dès l'opération il boxera chez les femmes.

1999 : La branche belge de la firme américaine Coca Cola annonce le retrait de la vente de 2,5 millions de bouteilles après que plusieurs enfants ayant bu le soda eurent souffert de malaises.

1999 : Après 78 jours de guerre, l'OTAN suspend ses bombardements après avoir observé le début d'un retrait de l'armée yougoslave et de la police serbe au Kosovo.
Pour la première fois depuis le début des frappes, Slobodan Milosevic s'adresse à la nation yougoslave pour annoncer la "fin de l'agression" de l'OTAN.

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Bernard, voici quelques événements qui sont arrivés en 1950

3 Janvier : En France, l'Assemblée nationale vote la confiance au gouvernement Bidault sur l'ensemble du projet de loi de finances.

6 Janvier : La Grande-Bretagne reconnaît la Chine populaire.

13 Janvier : Aux Etats-Unis, découverte du Berkélium, 93ème élément chimique.
A l'université de Berkeley aux États-Unis, le chimiste américain Glenn Seaborg crée le Berkélium, en bombardant l'Américium 241 avec des ions d'hélium. Le Berkélium (Bk) dont le numéro atomique est 97 se place entre le Curium (96) et le Californium (98) dans le tableau périodique des éléments de Mendeleïev.
En collaboration avec Edwin McMillan, Seaborg obtient artificiellement du plutonium en 1941. Par la suite, outre le berkélium, il met au point l'américium, le curium et le californium. McMillan et Seaborg reçoivent le prix Nobel de chimie en 1951.

13 Janvier : Première du film "Le 3ème Homme" avec Orson Welles.

14 Janvier : Les Etats-Unis rappellent leur personnel consulaire de Chine.

15 Janvier : En France, lancement du magazine "L'Auto-Journal" par Robert Hersant.

17 Janvier : Débat parlementaire sur l'affaire des généraux Mast et Revers.

26 Janvier : Constitution d'une commission d'enquête sur "l'affaire des généraux".

26 Janvier : Proclamation de la République indienne (Indépendance).
L'Inde proclame son indépendance souveraine.
Deux ans avant, la mésentente entre les Musulmans et Hindous avait amené la partition du continent indien entre le Pakistan et l'Inde.

27 Janvier : Les Etats-Unis acceptent de fournir des armes aux membre de l'OTAN.

29 Janvier : 1.000 morts dans trois tremblements de terre en Iran.

31 Janvier : Le président des Etats-Unis Truman ordonne la fabrication de la bombe H.

11 Février : Création du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG). Il deviendra SMIC en 1970 (de Croissance).

14 Février : En France, inauguration de la première horloge parlante au monde accessible par téléphone.

14 Février : Signature d'un pacte de coopération sino-soviétique.
Cinq mois après la reconnaissance officielle de la Chine populaire de Mao par L'URSS, les deux grandes puissances communistes mondiales renforcent leur alliance à travers un pacte de coopération. La république populaire de Chine est proclamée à Pékin, le 1er octobre 1949. Dès le lendemain, l'URSS de Staline reconnaît officiellement celle-ci. Les communistes chinois, en bons staliniens, défilent à Pékin brandissant des portraits de Staline. Alliées, Chine et URSS, combattent les américains lors de la guerre de Corée. A partir de 1958, les relations entre les deux géants se dégradent. Khrouchtchev, secrétaire général du PCUS depuis 1955, dénonce les crimes et les erreurs économiques de Staline. Il reproche l'attitude belliqueuse de la Chine de Mao et refuse de lui fournir l'arme atomique. En 1960, c'est la rupture des relations économiques et de l'aide technique: Moscou rappelle ses 1.600 experts économiques.

15 Février : Réalisation de "Cendrillon" de Walt Disney.

19 Février : Le sénateur républicain Joseph MacCarthy lance une "chasse aux sorcières" contre les communistes (le maccarthysme) aux USA.

24 Février : Le jeu de l'amour et du hasard de Marivaux est la première pièce de théâtre diffusée en direct à la télévision française depuis la Comédie Française.

1 Mars : Klaus Fuchs est reconnu coupable d'avoir communiqué des secrets atomiques américains à l'URSS.

1 Mars : Le Maréchal Chang Kaïchek devient président de la Chine nationaliste dans l'île de Formose.

3 Mars : En France de violentes discussions ont lieu à l'Assemblée à propos d'un projet de loi relatif à la répression de certaines atteintes à la sûreté de l'Etat et visant le sabotage des fabrications de guerre.

3 Mars : En France, début d'une vague de grèves contre la production de matériel de guerre.

7 Mars : Voyage officiel de Vincent Auriol, président de la France, en Grande-Bretagne.

8 Mars : Le maréchal Vorochilov annonce que l'Union Soviétique possède la bombe atomique.

12 Mars : En Belgique référendum en faveur du retour du roi Léopold III.

15 Mars : Ratification de l'accord franco-américain de défense mutuelle au Palais-Bourbon.

17 Mars : Sortie du film "La beauté du diable" de René Clair avec Michel Simon, Gérard Philipe..

18 Mars : Appel de Stockholm contre la bombe atomique qui va remporter un important succès en France.

20 Mars : France Social-Fin de la grève des usines Renault.

22 Mars : Manifestation des dockers à Marseille.

27 Mars : Grève des dockers de Marseille.

28 Mars : La commission d'enquête parlementaire demande des poursuites contre les généraux Revers et Mast.

31 Mars : La commission d'enquête fait état des irrégularités commises dans le classement de "l'affaire des généraux", en adoptant le rapport de M. Delahoutre.

24 Avril : La Cisjordanie et la Transjordanie deviennent le Royaume de Jordanie.

24 Avril : La Transjordanie annexe la Cisjordanie (Palestine arabe) et forme un unique État: le royaume de Jordanie (précisément Royaume Hachémite de Jordanie).
La ligue arabe déclare que cette annexion est illégale.
Abdullah se proclame souverain de l'unité palestino-jordanienne le 1er décembre 1950 et se fait assassiner par un jeune Palestinien le 21 juillet 1951.

27 Avril : La Grande-Bretagne reconnaît Israël.

27 Avril : Le Parti communiste est interdit en Australie.

3 Mai : L'égalité des sexes est proclamée en Chine.

6 Mai : Appel lancé par le français Robert Schuman en faveur d'une Communauté Européenne de charbon et de l'acier.

9 Mai : Le ministre des Affaires étrangères Robert Schuman lance l'idée d'une Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA).
Le plan Schuman amorce le rapprochement franco-allemand et jette les bases d'une union européenne fondée sur des réalisations solides et non plus sur des principes abstraits. Ce plan a été mis au point par Jean Monnet, avec le soutien de Robert Schuman mais aussi de l'Italien Alcide de Gasperi et de l'Allemand Konrad Adenauer. Autodidacte, négociant de terrain, fin politique, Jean Monnet a appris à se méfier des projets utopiques comme celui qu'avaient ébauché dans les années 20 les ministres Briand et Stresemann.
Après 1945, il entreprend de fonder une première institution commune aux Européens.
Son choix se porte sur un organisme qui sera chargé de superviser et de répartir la production de charbon et d'acier.
Le choix est judicieux.
Le charbon et l'acier sont à cette époque les deux piliers de l'économie.
L'Allemagne vaincue a la plus puissante sidérurgie d'Europe et ses ex-ennemis n'auraient pas vu d'inconvénient à la démanteler.
En plaçant la sidérurgie allemande sous une tutelle commune, on neutralise les préventions des autres Européens à son égard.
La France, de son côté, a des revendications sur la Sarre, un pays allemand voisin de la Lorraine et doté d'une sidérurgie dynamique.
En offrant à la France un droit de regard sur l'industrie sarroise, la CECA l'amène à renoncer à ses revendications.............

9 Mai : Schuman propose la mise en commun des ressources charbon et acier qui sera à l'origine de la CEE.

11 Mai : Création de la pièce d'Eugène Ionesco "La cantatrice chauve".

13 Mai : Le premier Grand Prix de l'histoire de la F1, le Grand Prix d'Europe de Silverstone est gagné par Giuseppe Farina. Ce dernier sera d'ailleurs le premier champion du monde des conducteur de la discipline.

22 Mai : La ville de Cruzo, au Pérou, est détruite par un séisme.

3 Juin : Deux français conquièrent l'Annapurna.
Herzog et Lachenal sont les 1ers à atteindre les 8075 mètres.

7 Juin : Accord franco-allemand pour la création d'un marché agricole commun.

8 Juin : Elections aux caisses primaires de Sécurité sociale et aux caisses d'allocations familiales.
La CGT (respectivement 43,6 % et 47,9 % des suffrages exprimés) demeure largement la première centrale syndicale devant la CFTC (21,3 % et 23,6 %) et la CGT-FO (15,1 % et 13,5 %).

10 Juin : Robert Schuman se prononce pour l'indépendance par étapes de la Tunisie.

15 Juin : L'Allemagne Fédérale est admise au sein du Conseil de l'Europe.

19 Juin : Dans une lettre, la commission permanente des cardinaux et archevêques de France condamne formellement l'emploi de la bombe atomique.

20 Juin : L'empereur Bao Daï quitte Saigon pour la France.

21 Juin : En France, le conseil des ministres met à la retraite les généraux Revers et Mast.

22 Juin : En France, le gouvernement Bidault, mis en minorité sur le reclassement des fonctionnaires, pose la question de confiance.
Battu, il démissionne le 23.

24 Juin : 600.000 soldats nord-coréens franchissent le 38ème parallèle.
Avec l'agrément de l'Organisation des Nations Unies, les Américains ripostent à la tentative d'invasion de la Corée du Sud par la Corée communiste.
Dans cette péninsule située sur le littoral asiatique, au Nord-Est de la Chine, commence une guerre entre les deux Corées, celle du Sud (en dessous du 38ème parallèle) et celle de Nord, la première soutenue et aidée par ONU et la seconde par la Chine.
La guerre durera 3 ans.

27 Juin : Le secrétaire général de l'ONU, Trygve Lie, demande aux pays membres d'aider la Corée du Sud à résister à l'attaque du Nord:
le président Harry Truman ordonne l'intervention de la marine et de l'aviation américaines.
En 1945, les Américains libèrent la Chine de l–occupation Japonaise.
Les forces américaines permettent à l–armée communiste chinoise du général Chiang-Kaï-Shek d–occuper l–île mais les garnisons américaines ne doivent pas partir.
En Chine, c–est la lutte entre les forces communistes populaires et les socialistes et les libéraux, entre les partisans de Mao et ceux de Chiang-Kaï-Shek, général héros de la Résistance, puissant seigneur de la guerre.
En 1947, une épuration sanglante des forces communistes tuent plus de 10.000 opposants rien que sur l–île de Taï-wan.
En 1949, le général Chiang-Kaï-Shek décide de se retirer sur l–île pour échapper aux forces communistes qui gagnent du terrain sur la Chine continentale.
Il reçoit l–aide politique et financière des Américains qui en font une base avancée en Mer de Chine.
En 1950, éclate la guerre de Corée.
Les Américains en profitent pour renforcer leur présence et leur contrôle.
Le 27 Juin 1950 le président Truman prend une décision "immédiatement exécutive":
le sort de Taï-Wan ne sera discuté qu–une fois la Paix revenue.............

28 Juin : Les forces nord-coréennes s'emparent de Séoul, tandis que l'armée sud-coréenne se replie au sud du fleuve Han.

30 Juin : Le président Harry Truman donne l'ordre aux forces américaines stationnées au Japon d'intervenir dans la guerre de Corée, pour repousser les envahisseurs nordistes.

30 Juin : En Hongrie, les dirigeants communistes interdisent l'enseignement de la théologie dans les universités.

2 Juillet : Début du gouvernement de Henri Queuille qui se termine deux jours plus tard.

3 Juillet : Des troupes américaines et nord-coréennes s'affrontent pour la première fois dans la guerre de Corée.

4 Juillet : Fin du gouvernement de Henri Queuille créé deux jours plus tôt.

7 Juillet : Création de l'Union européenne des paiements.

7 Juillet : Retour en France du comte de Paris.

8 Juillet : Le général Douglas MacArthur est nommé commandant en chef des forces des Nations Unies en Corée.

16 Juillet : 199.854 personnes assistent à la victoire de l'Uruguay sur les Brésil en finale de la coupe du monde de Football dans le stade de Rio de Janeiro.
L'Uruguay gagne la coupe par 2 buts à 1.

22 Juillet : Le roi Léopold III rentre en Belgique après six années d'exil.

23 Juillet : Manifestations socialistes à Bruxelles contre Léopold III.

27 Juillet : L'armée américaine rejoint la Corée du Sud.

1 Août : Léopold III, roi des Belges, abdique en faveur du prince Baudouin.

9 Août : Florence Chadwick réalise la traversée féminine de la manche à la nage la plus rapide en 13 h 23mn.

11 Août : La création d'une armée européenne est envisagée par le Conseil de l'Europe.

17 Août : L'Indonésie obtient son indépendance.

29 Août : Mise en service d'un tronçon ferré électrique entre Paris et Lyon.

29 Août : Les Etats-Unis accordent une aide à l'Espagne de Franco.

1 Septembre : En Roumanie, le droit de vote est retiré aux opposants du régime.

1 Septembre : En Allemagne de l'Est, le droit de grève est supprimé.

1 Septembre : Les Nord-Coréens lancent une attaque à travers la rivière Maktong, en Corée.

15 Septembre : Guerre de Corée: les forces américaines débarquent à Inchon, port du Sud du pays.

28 Septembre : L'Indonésie est admise aux Nations Unies.

2 Octobre : Apparition des "Peanuts", bande dessinée créée par le dessinateur Charles Schulz, dans 9 journaux américain.

7 Octobre : L'Assemblée générale des Nations Unies donne le feu vert à une progression des forces de l'ONU en Corée au-delà du 38ème parallèle.

15 Octobre : L'URSS reconnaît la DDR, Allemagne de l'Est

21 Octobre : L'armée chinoise entre au Tibet.

26 Octobre : Les troupes chinoises interviennent en Corée.

28 Octobre : Une loi fixe le service militaire à 18 mois.

1 Novembre : Deux nationalistes portoricains tentent d'assassiner le président Truman, à Washington.

2 Novembre : La télé couleur est née: CBS.

3 Novembre : Les troupes françaises évacuent la frontière Nord du Vietnam.

4 Novembre : Signature de la Convention Européenne des Droits de l'Homme.

5 Novembre : Le général américain Douglas McArthur fait état de concentrations de forces chinoises en Corée du Nord.

7 Novembre : Premier combat de l'histoire entre 2 avions à réaction, un F86 américain abat un Mig 15 russe en Corée.
Les chasseurs américains ont été attaqués par des Mig nord-coréens, près du Yalou.

13 Novembre : Le Tibet accuse la Chine d'agression devant l'ONU.

27 Novembre : Les forces des Nations Unies battent en retraite en Corée.

2 Décembre : Les Nations Unies acceptent la cession de l'Erythrée à l'Ethiopie

6 Décembre : Le général de Lattre de Tassigny est nommé haut-commissaire de France en Indochine.
Né le 3 février 1889 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), Jean de Lattre de Tassigny participe à la Première Guerre mondiale puis à la campagne du Rif (1921-26).
En mai 1940, il est à la tête de la 14e division d'infanterie.
Ses qualités de commandement apparaissent dans la résistance de son unité à Rethel.
Jean de Lattre a accepté l'armistice, non la défaite, et il prépare les cadres d'une nouvelle armée.
Quand les Allemands entrent en zone sud, il donne l'ordre à ses troupes de sortir de leurs garnisons et les rejoint.
Arrêté par les autorités de Vichy, il est condamné par un tribunal d'exception à dix ans de prison pour "abandon de poste".
Mais il s'évade et gagne l'Angleterre.
Le 23 décembre 1943, il est à Alger.
Le 16 août 1944, de Lattre et ses "Africains" débarquent en Provence...
En 1949, le "roi Jean" est désigné comme commandant des forces terrestres de l'Europe occidentale.
Mais pendant ce temps, l'armée s'enlise en Indochine.
Le 6 décembre 1950, de Lattre y est nommé haut-commissaire de France.
Son arrivée à Saïgon provoque un sursaut d'espoir après les victoires de Vinh Yen, de Mao Khé, du Daï, où il perd son fils unique.
Après avoir lancé une opération contre Hoa Binh, de Lattre rentre en France le 24 novembre 1951.
Miné par un mal incurable, il meurt le 11 janvier suivant.
Le 15, il est nommé maréchal de France à titre posthume.

13 Décembre : L'Afrique du Sud refuse de placer le Sud-Ouest Africain sous la tutelle de l'ONU.

26 Décembre : Les studios Walt Disney sortent "Alice au pays des merveilles".

 
 

     
 
Bernard : vous êtes né le Samedi 10 Juin 1950
Votre signe du zodiaque est : Gémeau et vous êtes du deuxième décan.


Bernard, les caractéristiques de votre signe zodiacal :

Planète : Mercure
Planète en exil : Jupiter
Element : Air
Métaux et pierres : Emeraude, mercure, mastic, ambre
Influence planète : Intelligence, système nerveux, versatilité
Propriétés : Infatigabilité, versalité, intelligence, superficialité
Corps : Bile, bassin, langue
Points faibles : Circulation sanguine, faiblesse urinaire, problème hormonal et respiratoire.

 
 

     
 
Bernard, vous êtes du deuxième décan
(né entre le 1 Juin 1950 à 01:27 et le 11 Juin 1950 à 12:15)

Bernard, vos planètes du deuxième décan :
Gouverné par Mars et Mercure

Bernard, voici les particularités des natifs du deuxième décan :
Le natif de ce décan s'exprime généralement d'une manière franche et quelquefois autoritaire. Il vit avant tout des inquiétudes intérieures qui l'incites à transformer ou à modifier constamment sa façon de penser.

Bernard, la particularité des hommes du signe du Gémeau :
Vibrant positivement, le Gémeaux est un compagnon divertissant, soucieux de plaire et de faire bonne impression. En conséquence, il est affectueux, dévoué, aimable et d'une courtoisie inégalée envers sa compagne. Sélectif dans son choix, il recherche une femme pouvant habilement remplir le rôle de mère tout en étant capable de prendre des décisions pour la seconder dans ses tâches.

Bernard, ce que dit votre signe en amour :
En amour, sa grande facilité d'élocution en fait un don Juan chevaleresque capable de séduire par ses propos alléchants et par ses manières avenantes. Hanté par un insatiable besoin de vivre le parfait bonheur et de connaître le partenaire idéal, il passe la majeure parti de sa vie à vouloir satisfaire ses besoins par des nombreuses conquêtes sentimentales.

Bernard, ce que dit votre signe dans votre cadre professionnel :
Généralement, le natif du Gémeaux oeuvre avec éloquence et compétence dans des fonctions où priment toutes formes de communications, telles que voyageur, représentant de commerce, journaliste, interprète, professeur et écrivain.
 
 

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Bernard, vous êtes né en 1950.
Votre signe astrologique chinois est le Tigre.


Bernard, la signification de votre signe chinois

Bernard, votre élément est le METAL, vous êtes un Tigre du METAL

Vous obéissez au principe du Yang.
Vous êtes plein de vie, et toujours actif. Vous aimez le sport, en particulier tous les sports de combat. Vous appréciez tout particulièrement de mesurer votre force à d'autres dans des compétitions. Plus l'activité est dangereuse, mieux vous vous sentez! Vous êtes très égocentrique, impulsif et bagarreur. La moindre contrariété vous met en rage. Vous aimez la justice, et êtes toujours disposé à combattre passionnément pour elle. Curieusement, vous avez un penchant pour les décisions irréfléchies, mais aussi à l'indécision. Lorsque vous parvenez à vous engager sur la voie d'un moyen terme, vous êtes toujours couronné de succès. Amour: Vous aimez intensément et passionnément. Vous pouvez même être très sentimental. Avec beaucoup de générosité, vous couvrez de cadeaux l'élue de votre coeur. Vous tombez vite amoureux, mais souvent, il ne s'agit que d'un feu de paille. Vous aimez le changement, que ce soit en amour ou dans le travail. Peut-être est-ce pour cette raison que vous n'aimez pas beaucoup tisser des liens profonds.

Bernard, votre pierre précieuse porte-bonheur :
Rubis: elle représente passion, domination et invulnérabilité. Lorsque vous la porterez, elle vous insufflera de l'énergie positive.">

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Les Carmes d'Orléans (5)

Publié le par Bernard Bonnejean

20 oct 2009

Pour que le tramway ne se fasse pas au détriment d'Orléans



Cléo - Traway à Orléans Lettre ouverte au Président de l'Agglomération d'Orléans

 

Monsieur le Président,

  

    Jeudi prochain doit avoir lieu un vote important du conseil d’agglomération relatif à la finalisation de la seconde ligne de tramway. Conformément aux préconisations de la récente enquête publique, les membres du conseil de communauté auront à se prononcer sur une modification de tracé portant sur la commune de Saint Jean de Braye et sur l’adoption du tracé dit « D2 ter », intégralement en site propre.

    Par ailleurs, vous vous êtes dit prêt à lancer très vite des études sur des extensions est et ouest de la ligne 2, en direction de Chécy et de la Chapelle Saint Mesmin et à participer à un groupe de travail pour étudier la complémentarité entre la ligne 2 du tram et la liaison ferroviaire Orléans et Châteauneuf.

    Partout dans l’agglomération, notamment grâce au travail des élus de gauche, le dossier du tram avance, et, sans être parfait, il a aujourd’hui meilleure allure que dans sa configuration initiale.

    Et à Orléans ? A Orléans, rien ne bouge. Le dossier est tout simplement verrouillé, mis sous cloche, non négociable. C’est pourtant là qu’il est le plus mal ficelé. Dans la ville centre, nous sommes en effet à la fois en cœur de réseau et dans la zone où la densité de population et de circulation est la plus élevée. Après le vote de la D2 ter, ce sera aussi la seule zone où la circulation du tramway ne se fera pas en site propre mais en concurrence avec les voitures faubourg Madeleine et rue des Carmes. Bien des incertitudes demeurent encore sur la gestion des flux de circulation en plusieurs endroits clefs de ce secteur. Rappelons brièvement ces différents problèmes :

-   1) faubourg Madeleine : aux heures de pointes, entre la circulation automobile, le stationnement, et les rames de tram, comment garantir vitesse, régularité et ponctualité aux usagers des transports publics ? Or, ces critères sont ceux qui rendent attractifs le tramway !

-   2) carrefour Jaurès : aux heures de pointe, là où les gens qui travaillent, les lycéens, les étudiants prennent en masse les transports en commun, mais où d’autres, tout aussi nombreux empruntent les mails avec leurs voitures, comment seront gérés ces conflits dans les flux de circulation ? Les feux du tram seront-ils prioritaires ? Comment éviter les bouchons ?

-   3) Rue des Carmes, le flou le plus total règne sur ce qui va être entrepris, les projets de l’agglO et de la ville d’Orléans n’étant guère compatibles l’un avec l’autre ;

-   4) Place de Gaulle, les risques de congestion du trafic sont importants, puisque cette zone cumule le double handicap de se trouver au débouché de la longue séquence de site partagé et d’être au croisement des deux lignes. Tout concourt à en faire un point de cristallisation de tous les dysfonctionnements de la ligne 2 liés à l’absence de site propre.

 

Cette question du site propre n’est donc pas un point technique secondaire. Il s’agit d’une condition cruciale pour le bon fonctionnement de la ligne. De nombreuses études estiment en effet qu’en dessous de 20km/heure de vitesse commerciale, un tramway n’offre pas une alternative pertinente à d’autres modes de déplacements urbains. Avec les deux points noirs que sont la traversée du faubourg Madeleine et celle de la rue des Carmes, la ligne 2 aura une vitesse commerciale établie à 16km/h seulement… Un avantage comparatif bien faible pour un tramway aussi cher !

    C’est pourquoi les conseillers municipaux d’Orléans du groupe socialistes, verts et apparentés, conscients de l’importance fondamentale des enjeux de cette seconde ligne de tramway, vous demandent de prendre très vite les mesures assurant la mise en site propre de ce cœur du réseau.

    Pour commencer, les élus de l’opposition proposent que soit acté le principe d’une piétonisation de la rue des Carmes en lien avec le passage du tramway. Actuellement, et de façon totalement irrationnelle, l’aménagement de cette rue fait l’objet de deux projets concurrents entre la ville et l’agglO. Côté ville, un élargissement coûteux et inutile de la voie est prévu, afin de favoriser le passage des voitures, en plus du tramway. Côté agglo, conformément à la lettre et à l’esprit de la déclaration d’utilité publique, aucun élargissement n’est programmé, mais un partage du site entre tramway et voitures sur la partie étroite de la rue. Une belle pagaille en perspective !

    La piétonisation de cette rue permettrait donc de dépasser une partie des contradictions politiques qui se sont faites jour entre deux collectivités pourtant sensées travailler main dans la main.

Pour être efficace, cette piétonisation doit être décidée maintenant, et non repoussée aux calendes grecques. Plusieurs raisons militent pour cet engagement rapide.

Une raison politique d’abord: les habitants y sont prêts et réclament haut et fort cette piétonisation. Celle-ci constituerait donc une décision populaire, cohérente avec les objectifs de développement durable que la ville d’Orléans prétend vouloir poursuivre.

Une raison technique ensuite : cette piétonisation doit être pensée en cohérence avec le passage du tramway, et non déconnectée de sa mise en œuvre. La construction de la ligne 2 induira en effet des modifications substantielles de la circulation automobile qui constituent une excellente opportunité pour mettre en œuvre une telle piétonisation. En outre, l’aménagement de la plate forme du tramway n’est pas le même selon qu’il y ait ou non piétonisation. Dans le premier cas, la plateforme est d’un seul tenant, sans trottoir. Dans l’autre cas, un emmarchement doit être prévu pour distinguer la partie piétonnière et l’espace dévolu aux circulations automobiles ; un trottoir central est également adjoint pour empêcher les voitures de doubler le tramway sur la gauche et éviter un choc frontal avec une rame arrivant en contresens.

Une raison financière enfin : la solution de la piétonisation (si elle est réalisée sans élargissement) est la moins coûteuse en termes d’aménagement. Or, lorsqu’on décide d’engager plus de 300 millions d’Euros pour réaliser la deuxième ligne, il peut sembler opportun de saisir la moindre des propositions d’économie ! Par ailleurs, personne ne comprendrait, que pour un tel montant, on ne fasse pas tout pour garantir l’apport qualitatif et quantitatif du nouveau mode de transport. Le site propre et la priorité aux carrefours font partie de ces critères d’efficacité fonctionnelle, non négociables !

    La mise en circulation piétonne, décidée par la ville d’Orléans et actée par l’agglO, constituerait une avancée qualitative considérable pour la seconde ligne de tramway, en levant tout de suite, sans coût supplémentaire induit, l’un des points noirs du tracé actuel.

Dans un second temps, des études pourraient être lancées pour aboutir à un site propre intégral incluant également le secteur du faubourg Madeleine, tout aussi essentiel pour le bon fonctionnement de CLEO.

    Ce sont ces propositions que nous portons, en élus responsables, parce qu’elles sont au service de l’intérêt général. Nous souhaitons nous en entretenir avec vous, dans l’espoir de parvenir rapidement à un accord.

    Dans cette attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de notre considération la meilleure.

 

 

 Corinne Leveleux-Teixeira, Michel Brard, Baptiste Chapuis, Jean-Philippe Grand, Ghislaine Kounowski, Carole Miko, Marie-Thérèse Noël, Elsa Pelloie, Avelino Valle.

 

Monsieur le Maire,
Monsieur le Président de l'Agglomération d'Orléans,


Depuis maintenant des mois, je suis, avec une fidélité sans faille, le devenir d'une ville pour laquelle j'éprouve une grande admiration et un sentiment proche de l'amour filial. C'est que chaque Français, par le miracle d'un lien historique ténu, peut y puiser à la source où s'abreuvent ses racines.


Jehanne de France, dont les municipalités successives, toutes tendances confondues, ont eu l'intelligence de perpétuer la mémoire, y fit naître, par la victoire remportée sur un ennemi tenu pour invincible, une Nation qui allait exporter son rayonnement, sa grandeur, ses principes, son énergie, ses traditions et son allant.


Aujourd'hui, Monsieur le Président, vous tenez entre vos mains plus que l'avenir d'une ville : le symbole de cette nation. Qui plus est, d'une nation malade d'avoir cédé aux chants de sirènes mondialistes, plus attachées à un argent apatride, sans odeur, dit-on, car sans noblesse qu'à l'épanouissement et à la recherche du bonheur pourtant inscrits sur les tables de nos conventions internationales.


Or, le symbole du bonheur de ce pays vivant, parce que "né quelque part", est inscrit dans Orléans même, pas seulement, à mon sens, dans une rue de Bourgogne embourgeoisée, mais aussi dans cette rue des Carmes, à l'apparence tortueuse.


Vous le savez, Monsieur le Président, un Napoléon III, si peu cher aux coeurs, fit détruire Paris sous prétexte d'urbanisme, par un Hausmann, préfet à la solde, baron de pacotille. Tous les historiens savent aujourd'hui que « Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie » servait de paravent à un « culte de l'axe » derrière lequel se cachait la peur d'un peuple rendu ennemi par l'injustice et le luxe immérité.

Le Mans, Tours, Angers, Laval, Rennes, Nantes, que je connais bien, ont préservé leurs rues des Carmes, chatoyantes, vivantes, cosmopolites, car, toute ville vraiment vivante ne peut être que cosmopolite.


Le Paris de la môme Piaf, des peintres et des poètes, des grands écrivains venus de tous les horizons, ce Paris que j'arpentais naguère, échappé aux pioches du second empire, a été sacrifié sur l'autel d'un matérialisme criminel, et parfois entaché de corruption.

Monsieur le Maire, Monsieur le Président, ne détruisez pas la rue des Carmes, dont la richesse monumentale et architecturale a été reconnue officiellement par les spécialistes des Bâtiments de France, dont on voudrait nous convaincre aujourd'hui de l'inefficacité, voire de l'inutilité. Il y va de votre renom, de votre honneur et, pourquoi pas ?, de votre postérité et de celle de vos administrés.


Je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, Monsieur le Président, l'assurance de mon profond respect de lavallois, ami de votre ville,


Bernard Bonnejean

Publié dans culture humaniste

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Venise était malade

Publié le par Bernard Bonnejean


Anna la réveilla


Il pleut des larmes de toi
Princesse
Sur les toits de Venise
L'ogresse des amours
En délicatesse


Les ors dévalaient les pentes
Et les pleurs
Escaladaient les sentes
Aquatiques
De la verte Adriatique



Dans les soleils furieux
Où s'abîmaient des coeurs à coeurs
Souffreteux
Et des baisers 
Livides


On entendait les moqueries
De la Donna di garbo 
La furie
De l'uomo di mondo

Carlo


Pobre Goldoni
Un jour il s'enfuit
A Cannaregio
Du côté où les ombres
S'alanguissent


Se dérobaient là aux regards
Des Montjoie-Saint-Denis
Hagards
De forêts de touristes
Incurieux


De beaux marchands juifs vénitiens
Loin des chrétiens
Ensoutanés
Entêtés des
Téphilines du Campa
 

Del Ghetto
Où Anna Demoiselle
Joffo
Se fit la belle
De Bagatelle


 A la Venezsia
De Lucino et de Tadzio
Qui s'unirent
Sans trahir
Der Tod in Venedig



ã Anna Joffo pour la peinture "Mort à Venise" et Bernard Bonnejean pour le texte. Tous droits réservés. 20 octobre 2009.








En 1951, Luchino Visconti rencontra Thomas Mann et l'interrogea à propos de sa nouvelle. Voici la réponse de l'écrivain :

« Rien n’est inventé, le voyageur dans le cimetière de Munich, le sombre bateau pour venir de l’Île de Pola, le vieux dandy, le gondolier suspect, Tadzio et sa famille, le départ manqué à cause des bagages égarés, le choléra, l’employé du bureau de voyages qui avoua la vérité, le saltimbanque méchant, que sais-je… Tout était vrai...
L’histoire est essentiellement une histoire de mort, mort considérée comme une force de séduction et d’immortalité, une histoire sur le désir de la mort. Cependant le problème qui m’intéressait surtout était celui de l’ambiguïté de l’artiste, la tragédie de la maîtrise de son Art. La passion comme désordre et dégradation était le vrai sujet de ma fiction.
Ce que je voulais raconter à l’origine n’avait rien d’homosexuel ; c’était l’histoire du dernier amour de Goethe à soixante dix ans, pour Ulrike von Levetzow, une jeune fille de Marienbad : Une histoire méchante, belle, grotesque, dérangeante qui est devenue La Mort à Venise. À cela s’est ajoutée l’expérience de ce voyage lyrique et personnel qui m’a décidé à pousser les choses à l’extrême en introduisant le thème de l’amour interdit. Le fait érotique est ici une aventure anti-bourgeoise, à la fois sensuelle et spirituelle.
Stefan George a dit que dans La Mort à Venise tout ce qu’il y de plus haut est abaissé à devenir décadent et il a raison ».


Cité par wikipedia, "La Mort à Venise" (Nouvelle).

Publié dans peinture et poésie

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Le culte du corset en poésie

Publié le par Bernard Bonnejean


Ou le goût des poètes pour le cachez-ce-sein que je le devine

Savez-vous bien, jeunes amies, ce que vous devez à cet homme-là ?



Non, bien sûr. Vous ne le connaissez même pas. Et pourtant, il est de vos bienfaiteurs ! PAUL POIRET est le type même du Parisien comme si peu le sont : né à Paris en 1879, il y a vécu et y est mort en 1944. A la Libération ! Quand on sait, on dirait une blague. Mais on ne sait pas encore, n'est-ce pas ? Dessinateur de mode chez deux grands couturiers, il ouvre sa propre maison en 1903. Il habille notamment la grande Réjane. En 1906, il crée une véritable révolution dont les femmes lui seront à jamais redevables : la suppression du corset. Elles le lui ont bien rendu cette libération, les Dames, qui le nomment "Poiret le Magnifique". Certes, il fait scandale avec ses jupes-culottes et ses jupes entravées, mais il ne saurait y avoir triomphe sans excès. En 1930, il pousse son talent jusqu'à créer la gaine souple. C'en est fini des entraves. Et quand ma maman naît le 13 juillet 1908, voici de quoi les Parisiennes aisées ont l'air, grâce à lui :


Fichier:Iribe poiret 1908.jpg


 
François Coppée, le poète des Humbles, lui aussi Parisien comme c'est pas permis, l'aimait pourtant bien le corset :

                                  Vraiment, je lui trouvais l'air honnête et gentil,
                                  A ce petit corset, simple et svelte, en coutil ;
                                  Mais, hier, je ne l'ai plus revu dans la boutique.
                                  Une enfant du faubourg, jolie et chlorotique,
                                  L'a sans doute lacé sur ses mignons appas.
                                  Et c'est attendrissant de penser, n'est-ce pas ?
                                  Qu'il enferme à présent le sein pur d'une vierge,
                                  Ouvrière en journée ou fille de concierge,
                                  Et que, songeant tout bas : "L'amour qu'est-ce que c'est ?
                                  Un coeur battra bientôt sous le petit corset.

Il me semble les entendre d'ici, les chiennes de garde : "Dégueulasse, gros porc, pédophile !" Je me demande si à l'époque on connaissait ce mot-là aussi bien qu'à la nôtre on connaîtrait le mot chlorotique. De toute façon, là n'est pas le problème. Laissez-moi terminer, s'il vous plaît !

Donc, les poètes, à l'égal de Coppée, phantasmaient sur le corset. Et pourtant !! Un certain Docteur Debay les avait bien mis en garde les parents, bien avant que Poiret ne s'en occupe. Il écrivait en 1865 ce morceau d'anthologie, extrait de Hygiène vestimentaire :

Puisse le tableau suivant faire ouvrir les yeux aux mères aveugles qui, dans l'espoir de former une taille élégante à leurs filles, les enferment dès le bas âge, dans un corset inflexible. Ce tableau est la moyenne de quarante ans d'observations.

                                                  Sur 100 jeunes filles portant corset :

                                                  25 succombent à des maladies de poitrine ;
                                                  15 meurent à la suite du premier accouchement ;
                                                  15 restent infirmes après l'accouchement ;
                                                  15 deviennent difformes ;
                                                  30 seulement résistent, mais sont, tôt ou tard,
                                             affligées d'indisposition plus ou moins graves.


"Ben dis donc ! Il rigole pas le toubib !", dirait une jeune ado d'aujourd'hui avant de trépigner pour avoir des sous afin d'en acheter un. Passons ! Alors, vive Poiret ! Vive la libération des corps !

Mais pourquoi je vous raconte mes histoires de corset ? Parce que je viens de recevoir cette invitation de mes amis du Musée de Blois :



Tiens ? Je les croyais couchées les chiennes de garde d'aujourd'hui : "Dégueulasse, gros porc !" Manque de pot : elle est pas mineure la fille à découper selon les pointillés ! Et si je les faisais enrager avec ça ?



M'est avis que je vais augmenter ma clientèle.

Oh ! Du calme ! On lit le poème d'abord ! Non mais ! Bande de sauvages !!

A bientôt, les Amis,

Bernard Bonnejean

Publié dans humour érotique

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Les Carmes d'Orléans (4)

Publié le par Bernard Bonnejean


Informations piquées sur un site dont on voudra bien me rappeler l'adresse

L'architecte des bâtiments de France (A.B.F.) a pour mission de délivrer un avis sur toute demande d'autorisation de travaux situés dans un espace protégé, quelque soit son importance et sa nature. Cet avis peut prendre deux formes selon le type de travaux et/ou la protection de l'espace :

- soit il est dit "simple" et dans ce cas, l'autorité qui prend la décision n'est pas liée par l'avis de l'A.B.F. et peut passer outre celui-ci, engageant alors sa propre responsabilité. L'avis simple fera seulement référence en cas de contentieux.

- soit il est dit "conforme" et dans ce cas, l'autorité qui délivre l'autorisation est liée par cet avis. Elle ne peut s'y opposer qu'en engageant une procédure de recours auprès du préfet de région. Ce dernier tranchera après consultation de la commission régionale du patrimoine et des sites (C.R.P.S.).



Concernant la rue des Carmes à Orléans, la majorité municipale (UMP-Modem-MPF) souhaite détruire 17 immeubles allant du 45 au 77. Il s'agissait ici pour ABF de remettre un avis conforme , et qu'une fois émis, cet avis conforme a été négatif ! Allant à l'encontre de leurs propres discours électoraux selon lesquels il est impératif de préserver le patrimoine historique de notre ville et de le mettre en valeur (Souvenez-vous : extrait du programme électoral de Serge Grouard, "Orléans plus belle", p.9 ; extrait du magazine Orléans.mag du mois d'avril 2009, p.3 "obtention du label Ville d'art et d'histoire" pour Orléans), la majorité municipale orléanaise  (UMP-Modem-MPF) a décidé de passer outre cet avis confrome négatif, et choisit, seule, de détruire les 17 bâtiments datant du XVème au XVIIIème siècle.
(Cf : Délibération n°17 du conseil municipal du vendredi 27 mars 2009)

Il faut savoir qu'un ravalement de façades aurait embelli la ville à la manière de ce qui a été fait dans une partie du quartier Bourgogne ou rue Jeanne d'Arc. Que ce ravalement aurait été bien moins coûteux pour les orléanais (on parle en millions d'euros !) ! Que la piétonnisation proposée par l'opposition municipale est bien moins coûteuse ! Et que l'argent non-dépensé dans ce plan de destruction massive et immorale peut servir à financer bien d'autres projets (ou à baisser la taxe d'habitation de la ville d'Orléans, ce qui compenserait l'augmentation de cette même taxe par l'Agglomération) !




Je suis orléanaise et je tiens un blog citoyen sans a priori. Après avoir vu la vidéo du conseil municipal, j'ai été surprise de constater le manque d'argument total de la majorité municipale pour justifier l'élargissement de la rue des Carmes, élargissement extrêmement coûteux pour tous les orléanais !


Bon alors si ce n'est pas pour faire des économies (pas du tout ! plus de travaux = plus de frais), si ce n'est pas une obligation pour le passage du tramway (pas du tout ! l'étude financée par l'opposition le prouve), si ce n'est pas pour faire "plus beau" (pas du tout ! Olivier Carré nous a promis un peu de Kitsh lors du conseil municipal du 27 mars 2009 en essayant de refaire à l'identique une partie de la rue...), je ne me pose qu'une seule et unique question : "pourquoi ?"


Ils en parlent également :


-
Quel avenir pour la rue des Carmes à Orléans ?

- A Orléans, la rue des Carmes redoute le grand nettoyage.

- Démolition de dix-sept immeubles rue des Carmes.

- La rue des Carmes, alignée au carré.

- La rue des Carmes devrait être piétonne depuis 30ans.

- Pourquoi veut-on raser la rue des Carmes ?

- La piétonisation de la rue des Carmes.

- Rue des Carmes : grand "nettoyage" ou simple aménagement ?

- Penser la rue des Carmes dans son histoire. Pour une esthétique urbaine de l'irrégularité.

- La mauvaise équation de la mairie pour la rue des Carmes.

- Opération Carmes !

- Destruction du patrimoine orléanais : Olivier Carré à la manoeuvre.

- M. Grouard, M. Carré, l'Histoire vous jugera.


Posté par miramos à 12:02 - Politique - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien


A bientôt, les Amis, mais nous y reviendrons.


Bernard Bonnejean



Au fait, j'allais oublier. Figurez-vous qu'en me promenant rue des Carmes, j'ai rencontré une drôle de bonne femme, accoutrée comme il est pas permis, qui parlait à tout le monde et faisait la manche à la terrasse des cafés. Vous me connaissez : plutôt d'un naturel discret. Mais c'est elle qui est venue jusqu'à moi et m'a dit, comme ça, de but en blanc :

"Je m'appelle Jeanne Jugan. Je suis la fondatrice des Petites Soeurs des Pauvres. Je viens souvent rue des Carmes où j'ai de nombreux amis. Benoît XVI a décidé de me canoniser le 11 octobre. C'est vraiment gentil de sa part. J'aimerais te dire quelque chose, mon Nanard"



Moi, j'ai rien dit, pensez. J'ai jamais vu de sainte en vrai auparavant. J'entends des saintes officielles, canonisées selon les règles. Et voilà ce que m'a dit Jeanne dans la ville de l'autre Jeanne :

"J'ai prié et l'intelligence m'a été donnée. J'ai supplié, et l'esprit de la Sagesse est venu en moi. Je l'ai préférée aux trônes et aux sceptres ; à côté d'elle, j'ai tenu pour rien la richesse ; je ne l'ai pas mise en comparaison avec les pierres précieuses ; tout l'or du monde auprès d'elle n'est qu'un peu de sable, et, en face d'elle, l'argent sera regardé comme de la boue. Je l'ai aimée plus que la santé et que la beauté ; je l'ai choisie de préférence à la lumière, parce que sa clarté ne s'éteint pas. Tous les biens me sont venus avec elle, et par ses mains une richesse incalculable".

J'ai failli lui dire : "C'est pas toi qui fait bouillir la marmite !...". Mais elle m'a pris de cours et a ajouté :

"Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! Mon enfant, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu".

Je vous laisse imaginer ma tête, assis tranquillement en train de boire ma bière (il faisait chaud et il fallait bien tenir le coup !). Alors, moi, qui sais pas tenir ma langue, je lui réponds du tac au tac :

"A vous entendre, Madame Jeanne Jugan, personne ne sera sauvé"

Et là elle m'a répondu dans un sourire :

"Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu".

Et, sans dire au revoir, elle a été donner tout le fruit de sa quête à une pocharde, probablement une ancienne gagneuse sans client. Et j'ai compris pourquoi il fallait garder la rue des Carmes. Comme disait mon amie Corinne, au Conseil Municipal :

"C'est une rue où il fait bon vivre car c'est une rue qui a une âme".

Cette âme-là, c'est celle des pauvres gens, des pas riches, des fins de droit, des tapineuses et tout et tout. Celle des préférés du Bon Dieu.

Publié dans culture humaniste

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Les Carmes d'Orléans (3)

Publié le par Bernard Bonnejean

ou le sens mathématique d'un ensemble urbain accessible aux éléments variés qui y passe(ro)nt

Pourquoi ne vous parlé-je pas de la rue des Carmes directement ? Parce que, tout bêtement, la rue des Carmes sans son environnement, sans la ville qui l'abrite, n'existe pas. Les instituteurs de l'ancienne école à qui l'on a essayé de prouver l'utilité des mathématiques modernes dans les années soixante-dix du siècle défunt vous le démontreront ainsi :

Soit la ville d'Orléans que nous appellerons désormais {A}, c'est-à-dire ensemble A. 

Comment puis-je m'arroger le droit, Lavallois, de parler de la rue des Carmes d'Orléans ? En vertu de l'axiome d'extensionnalité selon lequel si deux ensembles ont les mêmes éléments, ils sont égaux. Imaginez que la ville de Laval {B} ait exactement les mêmes éléments que la ville d'Orléans {A}, alors {A} = {B}
Þ {B} = {A} ou/et {A} Û {B}. Ce qui me permet d’avancer, d’un point de vue scientifique neutre, que tout ce qui concerne Orléans m’intéresse dans la mesure où {A}est une ville française, {B} est une ville française.




On pourrait m’objecter que {A}
Û {B}, si et seulement si {A} et {B} ¹ Æ. Faux, car l’axiome de l’ensemble vide selon lequel il peut exister un ensemble sans élément induit que deux ensembles sans éléments sont égaux. On en déduit, par le schéma d’axiomes de compréhension, l’existence possible d’une ville sans église, sans temple, sans synagogue, sans mosquée, sans école, sans bistrot, sans habitant, sans rue des Carmes, sans rien. On peut aisément imaginer, mathématiquement parlant, un maire, voire un député-maire, qui supprimerait un par un tous les éléments de {A} et tous les éléments de {B} jusqu’à ce que {A} = {B} = Æ, si bien que je n’aurais plus rien à dire ni à défendre, jusque et y compris le maire Î {A} ou Î {B} que la logique aurait contraint à se supprimer lui-même par arrêté municipal, non signé attendu que les signataires = {S} = Æ
.


 


Bon ! Je vois ! Puisque les mathématiques ne vous font pas mieux progresser dans la résolution du problème, je vous épargnerai les axiomes de la réunion, des parties, de l’infini, de remplacement, de fondation et du choix dont les noms auraient pu, à eux seuls, proposer une issue possible. Il existe même un axiome d’anti-fondation sur lequel je m’interdis le moindre commentaire, car on pourrait supposer une visée polémique que je me défends d’avoir.

Pourtant, à bien y réfléchir, il est difficile de faire l'impasse sur les théories conjointes de l'anti-fondation et de l'ensemble vide. Pour l'étranger qui pénètre à Orléans, l'image du trou s'impose. Pas seulement l'image : une réalité omniprésente. J'étais venu, en curieux, lever le regard vers les façades de la rue des Carmes ; je les ai bien vite baissés pour éviter de tomber dans une de ces innombrables cavités dont un jeune conseiller municipal optimiste annonçait sur son blog qu'on y ferait bientôt pousser des fleurs :



"C'est pour la bonne cause", me direz-vous ! Et vous aurez parfaitement raison. Je l'ai compris quand j'ai vu ceci :


 
Ainsi, non seulement il n'était plus question d'abattre la rue des Carmes, mais la municipalité, dans ses grandes sagesse et noblesse d'âme, avait décidé de pourvoir aux besoins de ses habitants en eau, gaz et électricité.

Pardonnez-moi ce manque de courtoisie, mais je me permettrais cette remarque en aparté à l'attention de l'Architecte des Bâtiments de France : ne trouvez-vous pas que la nature de la pierre, sa couleur, la disposition géométrique de l'ensemble pourraient donner lieu à des fouilles longues, poussées et coûteuses. Mais j'en conviens : ça ne me regarde pas !!

Donc, à supposer que ces trous soient provisoires, qu'ils ne visent qu'à l'intérêt d'une population riveraine, unique objet des sentiments édiliques, comment expliquer cette campagne lancée paradoxalement par des gens dont on veut le plus grand bien ?





Mon Dieu ! Mon Dieu ! Encore une manipulation ? Du copinage ! Comme disait mon père : "Tu parles des mannequins !", avant d'ajouter à mi-voix, par peur de représailles : "Ah ! Les bonnes femmes !", une phrase à laquelle sa compagne pendant plus de cinquante ans, a répondu, invariablement, pendant les cinquante ans qu'ils se disputèrent le territoire : "Qu'est-ce que tu as encore contre les bonnes femmes ? Tu es bien content de les trouver les bonnes femmes quand tu as besoin d'elles !"

Puis-je m'interroger ? Et si l'affaire de la rue des Carmes n'était pas étrangère à l'évolution contemporaine de la condition féminine ? Parce que, je vous le raconterai, depuis qu'il n'y a plus de Carmes...


A suivre


Bernard Bonnejean





Publié dans culture humaniste

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Les Carmes d'Orléans (2)

Publié le par Bernard Bonnejean

ou le sens religieux d'une rue uniquement accessible aux seuls chalands qui y passeront

Ne protestez pas ! Vous étiez prévenus : "Ne perdez plus votre temps à me guetter à l'endroit où vous m'attendiez !" Depuis des mois je parcours la rue des Carmes en imagination. Depuis des mois je suis avec passion la polémique, mieux qu'un Orléanais bien né à seize quartiers. Avouez-le : me connaissant, vous envisagiez le pire ! Vous croyiez pouvoir pressentir une déclaration aussi fracassante que paradoxale de ce Zinzin qui se range avec les grands que les petits hargneux veulent casser ; avec les petits que les grands obséquieux veulent humilier ; avec les juifs que les arabes vindicatifs veulent chasser ; avec les arabes que les juifs sionistes veulent rejeter ; avec les catholiques que les agnostiques militants veulent bâillonner ; avec les agnostiques que les catholiques intégristes veulent museler ; avec les théoriciens que les activistes hâtifs veulent aiguillonner ; avec les activistes que les théoriciens irréalistes veulent juguler.

La bataille de la rue des Carmes, Mesdames et Messieurs, est le résultat de tous ces combats pour la justice et la liberté. Il n'est pas de grande cause qui n'englobe une multitude de causes apparemment insignifiantes qui l'alimentent et lui donnent sa signification véritable. D'où l'importance de ce que nous appelions les "microréalisations" ; et, à mon avis, la vanité des grands principes et des projets trop hardis. Se battre pour la rue des Carmes, d'un côté comme de l'autre, les uns pour l'alignement, les autres pour la piétonisation, ne saurait se limiter à un problème d'urbanisme ou de préservation patrimoniale. M. Carré, député, l'a bien compris, qui a tenté de nationaliser la question par la loi, sans succès ; Mme Leveleux Teixeira, courageuse tenante de la partie adverse, qui a alerté le Conseil d'Etat sur le sujet.
 
Maintenant que je connais de visu la rue des Carmes, que je l'ai arpentée de la Porte Saint-Jean à la rue Jeanne-d'Arc, côté pair et côté impair, je pourrais me permettre de vous livrer en une phrase ou deux le résultat de mes impressions et de mes cogitations. Je ne le ferai pas ! Par respect pour une ville que j'aime depuis que j'ai appris à aimer Péguy et sa drôle d'idéologie, inclassable, en laquelle je crois retrouver la mienne. Par respect pour tous ces zélateurs d'une rue dont je finirai bien par parler, pour elle-même, quand le moment sera venu.

La rue des Carmes, c'est d'abord un contexte. Un contexte orléanais, c'est-à-dire national. Comment les habitants et les politiciens d'une telle cité ont-ils pu oublier pareille évidence ? Orléans, n'en déplaise aux négationistes, c'est elle :




Et c'est aussi cette autre, qui se reconnaissait en elle avant que le pays tout entier ne les confondît en une seule et même allégorie, le symbole de la vierge sainte et pure, martyre pour les martyrs, les pays martyrs, les villes martyres :


Thérèse qui signa comme le veut la règle des Carmes et des Carmélites, rel. carm. ind., "religieuse carmélite indigne", sa pièce de janvier 1895, Jeanne d'Arc accomplissant sa mission, où elle faisait chanter à la Pucelle dont elle jouait le rôle devant ses soeurs :

                                                 Ô France !... Ô ma belle Patrie !...
                                                 Il faut t'élever jusqu'aux Cieux
                                                 Si tu veux retrouver la vie
                                                 Et que ton nom soit glorieux.
                                                 Le Dieu des Francs dans sa clémence
                                                 A résolu de te sauver
                                                 Mais c'est par moi, Jeanne de France
                                                 Qu'il veut encore te racheter.

Et sauver la France, c'est d'abord sauver Orléans. Reconstruire la France, ce sera aussi reconstruire Orléans bombardé par l'aviation alliée. Et le travail sera colossal comme le prouve cette vision apocalyptique du centre historique, daté de 1943 :



Alors, avec l'aide du ciel et les bras des Orléanais,  renaîtra la nouvelle rue des Carmes, des ruines de la précédente plongée dans la douleur et dans la mort, mais aussi dans l'espoir de la Libération. Elle sera un peu plus large et un peu plus rectiligne, comme toutes les rues restaurées...

A suivre

Bernard Bonnejean

Publié dans culture humaniste

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