Concours littéraire maison !

Publié le par Bernard Bonnejean


pour prouver à Dame Catherine que je ne passe pas mon temps à pomper...

Compte-tenu de la fatigabilité de ma clientèle, j'ai choisi une règle simple. Connaissez-vous les quatre coins ? Dans le jeu des quatre coins auquel ont joué tous les enfants il y a cinq joueurs. Quatre d'entre eux sont logés aux quatre coins d'une pièce plus ou moins vaste selon les moyens du légitime propriétaire des lieux. Un cinquième joueur, en général le mal-aimé que les quatre autres ont désigné d'office, se tient au milieu de la salle. Au signal, les enfants des quatre coins courent frénétiquement dans le sens des aiguilles d'une montre vers le coin le plus proche. Quand bien même se plairaient-ils dans leur coin, qu'ils aient trouvé un bon coin ou que le coin soit plutôt agréable, obligation leur est faite d'en changer. L'enfant du milieu se doit de choisir le plus faiblard des quatre autres, afin de lui piquer le coin qu'il brigue avant qu'il ne l'ait atteint. Désormais pourvu de coin, il devient socialement admis et l'enfant qui n'a plus de coin gagne en pleurant le milieu de la pièce, comme un nouvel exclu. Il existe une variante, appelée chaises musicales, réservée aux plus grands, car source constante de coups de poings et de renversements de chaise de la part de mauvais perdants.

Ce jeu, outre qu'il est ridicule, dangereux, raciste, brutal, source de conflits et de désordres, ne sert strictement à rien sur un plan pédagogique sauf à prouver aux jeunes garçons, dès leur plus jeune âge, qu'ils auront à se battre pour avoir leur place et la garder.




Quand j'étais jeune directeur d'école primaire (remplaçant faisant fonction de...), j'avais une adjointe, que j'aimais beaucoup. Elle avait interdit le jeu de billes. Et, malgré ma dure année passée dans l'infanterie de marine où j'avais vu plus de salopards et de cas sociaux que de militaires véritables, je lui avais donné raison. Ce jeu est moralement indéfendable. Outre que le fils du notaire arrive sur la cour de récré avec un plein sac de billes de verres multicolores, alors que le fils de son  clerc n'est parvenu qu'à estorquer la modique somme équivalant à vingt billes de terre laides et toutes bosselées, il pousse les enfants au chapardage, à l'envie, à l'avarice ou à l'appât du gain, sans compter qu'ils risquent, à la première levée, de se faire des illusions sur leur avenir et sur la justice du sort.  

Vous aurez compris que pour des raisons proprement ontologiques et déontologiques a posteriori, je ne vous proposerai pas ce genre de jeux, dérisoires et pervers.

Mon jeu sera intellectuel, ou plus exactement culturel. Vous pouvez jouer seul(e) ou à plusieurs, avec ou sans Internet, avec ou sans dico. Les règles en sont, comme je l'ai dit, très simples. Il s'agit de rendre à César ce qui est à César. Autrement dit, et pour être plus clair, de rendre chaque citation à son "destinateur", comme on dit aujourd'hui.

Par exemple si je vous dis :

Tu quoque mi fili

Vous me répondez :

César.




C'est fastoche, hein ? Alors on y va :

Si je vous dis :

Tant que le corps électoral ne sera qu'une masse de semi-illettrés complètement ignares en ce qui concerne, je ne dis même pas la politique, mais la simple instruction civique de l'école primaire, la politique se confondra avec la publicité et avec l'art oratoire, l'art ignoble et vil du tribun, du camelot, du marchand de vent qui doit avant tout PLAIRE, flatter, ne rien bousculer, SE METTRE AU NIVEAU DU PLUS CON, même si la cause qu'il défend est juste.

Vous me répondez :


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Si je vous dis :

Monsieur Ducon triomphe. Monsieur Ducon est digne, solennel, bouffi, respectable. Monsieur Ducon veut qu'on le respecte. Qu'on ne choque pas ses yeux bien lavés de sentences pleines de subversion, d'obscénités et de fautes d'orthographe. Monsieur Ducon n'a jamais été jeune, en tout cas pas comme ça. Monsieur Ducon a le sens de l'humour. Il rit là où il faut rire et seulement là. Monsieur Ducon donne le ton à notre vie. Cette société est sienne, elle est à son image.

Vous me répondez :


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Alors quoi, vous ne voyez toujours pas ? Puisqu'on vous dit que c'est fastoche ! Une petite dernière ? Allez courage, bon sang !


Si je vous dis :

Ils ne savent même pas les tristes paranos masturbateurs de crottes de nez qui se rêvent en grandes belles brutes blondes pleines de cruauté fraîche et joyeuse, ils ne savent même pas, tant ils sont cons, qu'ils sont bourrés jusqu'aux yeux de cette saloperie de culture qu'ils croient honnir, et que leur rage anticulturelle n'est elle-même qu'une attitude littéraire parmi tant d'autres, un dépit de frustrés oubliés au banquet des zélites, une défroque romantico-mélo-cucul pleine de trous et qu pend à son clou attitré dans le magasin aux accessoires.

Vous me répondez :


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ou ça




pour illustrer les anti-intellos-lettrés, ça vous va ?

Cherchez bien ! je vous laisse deux jours.

A bientôt, les Amis.


Bernard Bonnejean

Publié dans culture humaniste

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Dame Catherine 26/10/2009 23:24


Cher Bernard, merci de corriger ce platone hic de manière si douce et si plaisante. Et mon dieu, oui, j'avoue avoir d'énormes problèmes depuis l'enfance avec les consonnes redoublées.


Dame Catherine 26/10/2009 13:01


Houlà ! J'avais compris qu'il fallait donner une réponse du style " à qui vous fait penser ce texte ?" et j'allais répondre Sarko - Sarko - Sarko (et sa clique).
Heureusement que j'ai lu la bonne réponse, cela m'a empêché de dire de grosses bêtises. Merci, Compère Bernard !
Cavanna c'est mon amour platonnique, comme Gérard Philippe. Ils sont beaux dedans et beaux dehors.


Bernard Bonnejean 26/10/2009 23:11


Dame Catherine,

Quand j'étais prof, j'essayais de trouver le temps pour expliquer à des parents mécontents la nécessité d'un redoublement.

Pendant les cours de français, il fallait aussi que je trouve la justification, parfois obscure, du redoublement de consonnes dans un mot.

Et voilà que, tout à coup, fiat lux, vous m'apportez la lumière.

Le redoublement est affaire de sentiment !! Comment n'y ai-je pas songé plus tôt ? Il serait là, en quelque sorte, pour prolonger une présence formelle de l'être cher. C'est ainsi que Gérard
Philipe n'est plus l'objet d'un simple amour platonique ; comme Cavanna, qui d'emblée arbore orgueilleusement ses deux "n" sur son blason, Philippe s'orne de deux "p" pour mieux souligner la
tendresse platonnicienne, avec deux "n", que vous lui portez.
 
Merci, Dame Catherine, pour m'avoir mis sur la voie d'une découverte qui fera son chemin.

Bernard Bonnejean (avec deux "n" originels !!)


P.-S. : BEAUX DEDANS ET BEAUX DEHORS !!!! Et nous revoilà repartis avec la "beauté intérieure". Fréquentez-vous FB en secret, Madame le Conseiller Municipal ?


Bernard Bonnejean 25/10/2009 23:58


Ah ! J'oubliais : toutes les citations sont tirées de numéros divers de "Hara Kiri", de l'année 1969. Une bonne année ? Ben, pas tellement ! Parce que le Grand Charles, le client préféré de la
bande à Charlie, démissionne le 27 avril. Et Charlie sans Charlot, ben, c'est plus vraiment ça...


Bernard Bonnejean 25/10/2009 23:51


Attention, Mesdames et Messieurs, le spectacle va commencer ! Une main innocente va ouvrir l'enveloppe qui contient les bonnes réponses. Mademoiselle, veuillez nous dire quelle est la première
bonne réponse, s'il vous plaît :

"François CAVANNA"

Je vois dans le public qu'il y a des gagnants et... beaucoup de déçus

Mademoiselle, quelle était la réponse à la deuxième question :

"Ben, il doit y avoir une erreur. C'est la même réponse : François CAVANNA"

Il n'y a pas d'erreur, Mademoiselle, il s'agit bien de François CAVANNA.

Et maintenant ouvrons la troisième enveloppe qui contient le nom que vous allez lire, s'il vous plaît :

"François CAVANNA !!!???"

Eh oui, le Cavanna de notre jeunesse active, celui de Charlie Hebdo et de Hara Kiri, l'anar rigolo qui, paraît-il, nous fait le coup du père François en donnant dans la République laïque !!

Allez, arrête de faire le zig, Cavanna : tu vas quand même pas te mettre à militer à ton âge, mon vieux bouffeur de curé, de socialos, de cocos and co... Hein ! Dis-nous que t'en as vraiment rien à
foutre de leur connerie de laïcité institutionnalisée, qu'est à la vraie laïcité, ce que la bigotterie est à la religion.

Ton vieux pote Nanard.


Bernard Bonnejean 25/10/2009 01:42


Non, Non, Non, Jocelyne.

Jamais, je ne me serais permis de parler ainsi ni de vous inviter ici s'il s'était agi de moi. Cherchez du côté des anarchistes rigolos...


Jocelyne 24/10/2009 20:57


Bernard, Bernard, Bernard.
C'est ça?