Les Carmes d'Orléans (3)

Publié le par Bernard Bonnejean

ou le sens mathématique d'un ensemble urbain accessible aux éléments variés qui y passe(ro)nt

Pourquoi ne vous parlé-je pas de la rue des Carmes directement ? Parce que, tout bêtement, la rue des Carmes sans son environnement, sans la ville qui l'abrite, n'existe pas. Les instituteurs de l'ancienne école à qui l'on a essayé de prouver l'utilité des mathématiques modernes dans les années soixante-dix du siècle défunt vous le démontreront ainsi :

Soit la ville d'Orléans que nous appellerons désormais {A}, c'est-à-dire ensemble A. 

Comment puis-je m'arroger le droit, Lavallois, de parler de la rue des Carmes d'Orléans ? En vertu de l'axiome d'extensionnalité selon lequel si deux ensembles ont les mêmes éléments, ils sont égaux. Imaginez que la ville de Laval {B} ait exactement les mêmes éléments que la ville d'Orléans {A}, alors {A} = {B}
Þ {B} = {A} ou/et {A} Û {B}. Ce qui me permet d’avancer, d’un point de vue scientifique neutre, que tout ce qui concerne Orléans m’intéresse dans la mesure où {A}est une ville française, {B} est une ville française.




On pourrait m’objecter que {A}
Û {B}, si et seulement si {A} et {B} ¹ Æ. Faux, car l’axiome de l’ensemble vide selon lequel il peut exister un ensemble sans élément induit que deux ensembles sans éléments sont égaux. On en déduit, par le schéma d’axiomes de compréhension, l’existence possible d’une ville sans église, sans temple, sans synagogue, sans mosquée, sans école, sans bistrot, sans habitant, sans rue des Carmes, sans rien. On peut aisément imaginer, mathématiquement parlant, un maire, voire un député-maire, qui supprimerait un par un tous les éléments de {A} et tous les éléments de {B} jusqu’à ce que {A} = {B} = Æ, si bien que je n’aurais plus rien à dire ni à défendre, jusque et y compris le maire Î {A} ou Î {B} que la logique aurait contraint à se supprimer lui-même par arrêté municipal, non signé attendu que les signataires = {S} = Æ
.


 


Bon ! Je vois ! Puisque les mathématiques ne vous font pas mieux progresser dans la résolution du problème, je vous épargnerai les axiomes de la réunion, des parties, de l’infini, de remplacement, de fondation et du choix dont les noms auraient pu, à eux seuls, proposer une issue possible. Il existe même un axiome d’anti-fondation sur lequel je m’interdis le moindre commentaire, car on pourrait supposer une visée polémique que je me défends d’avoir.

Pourtant, à bien y réfléchir, il est difficile de faire l'impasse sur les théories conjointes de l'anti-fondation et de l'ensemble vide. Pour l'étranger qui pénètre à Orléans, l'image du trou s'impose. Pas seulement l'image : une réalité omniprésente. J'étais venu, en curieux, lever le regard vers les façades de la rue des Carmes ; je les ai bien vite baissés pour éviter de tomber dans une de ces innombrables cavités dont un jeune conseiller municipal optimiste annonçait sur son blog qu'on y ferait bientôt pousser des fleurs :



"C'est pour la bonne cause", me direz-vous ! Et vous aurez parfaitement raison. Je l'ai compris quand j'ai vu ceci :


 
Ainsi, non seulement il n'était plus question d'abattre la rue des Carmes, mais la municipalité, dans ses grandes sagesse et noblesse d'âme, avait décidé de pourvoir aux besoins de ses habitants en eau, gaz et électricité.

Pardonnez-moi ce manque de courtoisie, mais je me permettrais cette remarque en aparté à l'attention de l'Architecte des Bâtiments de France : ne trouvez-vous pas que la nature de la pierre, sa couleur, la disposition géométrique de l'ensemble pourraient donner lieu à des fouilles longues, poussées et coûteuses. Mais j'en conviens : ça ne me regarde pas !!

Donc, à supposer que ces trous soient provisoires, qu'ils ne visent qu'à l'intérêt d'une population riveraine, unique objet des sentiments édiliques, comment expliquer cette campagne lancée paradoxalement par des gens dont on veut le plus grand bien ?





Mon Dieu ! Mon Dieu ! Encore une manipulation ? Du copinage ! Comme disait mon père : "Tu parles des mannequins !", avant d'ajouter à mi-voix, par peur de représailles : "Ah ! Les bonnes femmes !", une phrase à laquelle sa compagne pendant plus de cinquante ans, a répondu, invariablement, pendant les cinquante ans qu'ils se disputèrent le territoire : "Qu'est-ce que tu as encore contre les bonnes femmes ? Tu es bien content de les trouver les bonnes femmes quand tu as besoin d'elles !"

Puis-je m'interroger ? Et si l'affaire de la rue des Carmes n'était pas étrangère à l'évolution contemporaine de la condition féminine ? Parce que, je vous le raconterai, depuis qu'il n'y a plus de Carmes...


A suivre


Bernard Bonnejean





Publié dans culture humaniste

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Bernard Bonnejean 08/10/2009 23:13


Ne me dites pas que sous prétexte de sarkozysme jusqu'auboutiste, vous prenez vos conseils orthographiques auprès de Quentin, le Jacobin des Littré, l'Attila des Robert, petits et grands, le
Ravaillac de Quillet (oui, je sais Tryphon, c'est celui qui le dit...)


Bernard Bonnejean 08/10/2009 22:57


Jésus, Marie, Joseph ! Tryphon ! Un citoyen exemplaire que je soupçonne d'avoir publiquement instruit les masses se doit de veiller à ses fréquentations.
Vous demanderez donc à votre "édile sarkozien" par quelle apparente aberration il eût fallu écrire "au temps pour moi", au lieu de vous en tirer avec une pirouette à la jeu de mots laids. Toute la
politique sarkozienne est contenue symboliquement dans ces à-peu-près orthographiques qu'on tente de camoufler par des corrections qui ne sont que des à-peu-près d'à-peu-près.


Tryphon 08/10/2009 21:14


Mon édile sarkozien me fait savoir qu'en référence au véritable enjeu de la destruction de la rue des Carmes, j'aurais dû orthographier :

OTAN pour moi !


Tryphon 08/10/2009 07:36


Autant pour moi !

Pardon pour cette trop rapide lecture.


Bernard Bonnejean 07/10/2009 23:37


Qui donc aurait écrit, par hasard, ceci : "Je vous épargnerai les axiomes de la réunion, des parties, de l’infini, de remplacement, de fondation et du choix" Du choix, cher Tryphon, du choix
!!!
Cependant, avouez, cher Orléanais, qu'au lieu d'en avoir l'embarras, on vous en aurait un peu privé, non ? Avez-vous vraiment le choix de votre choix ??


Tryphon 06/10/2009 20:55


Bien qu'éloigné,semble-t-il, des salles de classe vous brillez dans la si prisée approche pluridisciplinaire...
Je ne peux ici que m'en réjouir.

Vous oubliâtes pourtant dans votre vue d'ensemble, un élément au cœur de nos problèmes orléanais : l'axiome du choix.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Axiome_du_choix