Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Il y a de quoi lire !

Publié le par Bernard Bonnejean

 

POUR LA NOUVELLE ANNÉE

 

Et pas n’importe quel livre, s’il vous plaît. Un livre dont on prenne possession à l’adolescence et qu’on garde près de soi jusqu’à la mort. Je vais faire d’une pierre deux coups, voire trois. Au nom de tous les gens de lettres que la SGDL protège, au nom de tous les écrivains des éditions du Cerf, je veux présenter des étrennes sous la forme du palmarès des prix d’automne que l'illustre société a attribués pour l'année 2009, presque défunte. Que l’année 2010 soit fructueuse pour les auteurs, le monde du livre, les sociétaires, les éditeurs, tout le personnel administratif, publicitaire, artistique et les lecteurs !

 

 

 

 

SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES

Hôtel de Massa

38, rue du Fbg-St-Jacques 75014 Paris

01 53 10 12 13 fax : 01 53 10 12 12

www-sgdI.org - courriel : sgdl@sgdl.org

 

 

 



PALMARES DES PRIX D'AUTOMNE 2009

 

 

Prix Poncetton de la SGDL

Pour l'ensemble de l'œuvre

François JULLIEN

à l'occasion de la parution de

Les Transformations silencieuses (Grasset)

 

 

 

 6a00d834521e4b69e200e54f38c7258833-800wi.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Grand Prix Thyde Monnier

Gérard OBERLÉ

Mémoires de Marc-Antoine Muret (Grasset).

 



20061004 DNA010627

 

 

 

Prix de Poésie Louis Montalte

Pour l'ensemble de l'œuvre

Jean-Claude PIROTTE

 

                                          à l'occasion de la parution de

 Le promenoir magique et autres poèmes (1953-2003)

 (La Table ronde)

 

 

jeanclaudepirotte.jpg

 

 

Bourses Poncetton


 

Jean LE BOËL

Le paysage immobile (éditions Henry)

 

 

jlb

 

 

Nathalie RAPHANEL et Jean-Marc BABIN

Ivan et le kaléidoscope

(Le Bonhomme vert)

 

 

 

9782916196183-p.jpg

 

 

Bourses Thyde Monnier

 

 

 

Gwenaelle AUBRY

Personne (Mercure de France)

 

 

 

gwenaelle-aubry-300x251.jpg

 

 

Ariane BOIS

Et le jour pour eux sera comme la nuit (Ramsay)

 

 

 

ariane-bois-heilbronn-interview-exclusive-L-2.jpeg

 

 

David BORATAV

Murmures à Beyoglu (Gallimard)

 

 

 

72083.JPG

 

 

Camille BORDAS

Les Treize desserts (Joelle Losfeld)

 

 

 

22bc7f14-9865-11de-8dbc-056643f7b99a.jpg

 

 

Yolaine DESTREMAU

White noise (Pascal Galodé éditeurs)

 

 

 

 

Destremau-Yolaine.jpg

 

 

Henri HUSETOWSKI

L'Eté chagrin (Buchet-Chastel)

 

 

 

 

husetowski3.jpg

 

 

Vincent MESSAGE

Les Veilleurs (Seuil)

 

 

 

message-portrait1.gif

 

 

Estelle NOLLET

On ne boit pas les rats-kangourous (Albin Michel)

 

 

 

estelle-nollet.jpg

 

ET

 

 

 

 

 

 

 

 

ET

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ET


 

 

 

 

 

Bernard-facebook.jpg

 

 

 

Bernard BONNEJEAN

Le Dur Métier d’apôtre (Editions du Cerf)

 

9782204080538.jpg

qui n’a obtenu aucun prix ni de la SGDL ni de qui que ce soit, mais auquel la petite Fathia, marocaine musulmane, a écrit :

 

« J’avais besoin de me confier à un écrivain, à un spécialiste de la poésie, à quelqu’un qui connaisse bien la vie des hommes et ait vécu tant d’expériences, quelqu’un qui ait su nous donner ce beau livre Le Dur Métier d’apôtre où j’ai découvert la poésie chrétienne, une belle plume, et des explications soutenues par un vrai style » (Lettre de Fathia Nasr à Bernard Bonnejean, Casablanca, 24 novembre 2009).

 

 

Ces mots-là, dits par cette personne-là, c'est un goncourt international !

 

Bonne année à tous et à toutes, mes Amis.

 

Nanard qui ne saura jamais vous dire à quel degré d'estime il vous a hissés au cours de l'année passée : Dame Catherine et Dame Lepion, mes marraines, sans lesquelles je n'existerais même pas ; Dame Doris, ma belle cordière à la pointe casquée, dont l'absence inexpliquée trouble mon esprit ; les Orléanais, à commencer par M. le Maire qui fut d'une vraie belle patience (ou d'une totale indifférence), Corinne qui sera un jour maire à la place du maire même si elle ne le veut pas vraiment, les Tryphon, les Groucha, et mon "ennemi" préféré, Jacky ; les Lyonnaises argentino-canadiennes ou germano-françaises ; les Languedociens et Roussillonnais autour du Frêche-cancan ; tous ceux et toutes celles de mon blog et de facebook : les Joffo, les Cayla ; les Rachel et les Sara, les Fathia, les Sourour et les Samia ; les juifs qui m'ont trouvé antisémite et les arabes qui m'ont taxé de sionisme ; les socialos-communistes, les libéraux, les centristes, les villiéristes tous habillés de vert chlorophyllien ; les athées, les agnostiques, les croyants pratiquants, les pratiquement croyants ; les altesses royales de pacotille, les vraies baronnes Nini et l'immense majorité des roturiers sans particules ; les militaires et les gendarme(tte)s émérites ou en activité ; ceux et celles qui m'ont accueilli ou que j'ai accueillis, celles et ceux qui m'ont viré ou que j'ai virés, et tous ces connus et ces inconnus, tous ceux que j'oublie et qui m'en voudront peut-être, à qui j'offre ce bouquet garni de specimens curieux de l'identité nationale (et internationale) :

 

 

 

 

 


Enfin, j'offre mes voeux les plus chaleureux à tous mes lecteurs : ceux qui attendent impatiemment la sortie de mes livres pour les acheter et les lire avant tout le monde ; ceux qui les ont achetés pour les lire et qui finiront bien par les lire ; ceux qui les ont achetés et ne les liront jamais ; ceux qui les ont empruntés à la bibliothèque et les garderont ; les mêmes qui les rendront ; ceux à qui on les a offerts et qui les liront tout ou partie, ou pas du tout même en partie ; ceux qui auraient franchement préféré qu'on ne leur offrît rien ; ceux qui le mettront à la place du trou de leur bibliothèque ; ceux qui en feront cadeau à leur ami ; à leur ennemi ; ceux qui les revendront d'occasion sur Internet pour acheter n'importe quoi de plus intéressant... à toutes ces femmes, à tous ces hommes que je ne connaîtrai jamais, je veux souhaiter tout le bonheur possible à découvrir le monde à travers la lecture. 

Publié dans culture humaniste

Partager cet article

Repost 0

Je suis ERNEEN

Publié le par Bernard Bonnejean

et quand je lis ça, je suis pourri d'orgueil rétroactif.


Deux familles mayennaises reconnues comme Justes

lv05 1478631 2 px 501 w ouestfrance


Raphaël Fresco avec Jenny et Jacky.


Trois personnes vont recevoir la médaille de Yad Vashem, ce dimanche à Ernée. Leurs parents avaient caché et sauvé des juifs sous l'Occupation.



L'histoire

 

La médaille des Justes parmi les Nations est décernée par l'Institut Yad Vashem, basé en Israël à Jérusalem, à ceux qui, au péril de leur vie, ont caché et sauvé des juifs sous l'Occupation. Gérard Lemonnier, maire d'Ernée ; Louis Gauffre, maire de Saint-Pierre-des-Landes ; ainsi qu'un diplomate de l'ambassade d'Israël, Élisabeth et Gérard Goldenberg, délégués régionaux du Comité français de Yad Vashem, seront réunis à l'espace Clair-de-lune, dimanche à Ernée.


Ils remettront, à titre posthume, une médaille aux Ernéens Marie-Louise et Auguste Fauque, représentés par leur fille Suzanne, et aux Pierrolandais Françoise et Michel Rousseau, représentés par leur fils Joseph, pour avoir sauvé les familles Fresco et Namer.


Exode et arrestation

Au début du XXe siècle, les familles Fresco et Namer, judéo-espagnoles, quittent l'actuelle Turquie pour s'installer à Paris, puis à Charleville, dans les Ardennes. Ils sont commerçants ambulants et possèdent aussi un magasin de linge et de vêtements.


Des amis ardennais les introduisent en Mayenne au mois d'octobre 1939, via un épicier de Laval. En pleine « Drôle de guerre », ils font les marchés du Mans à Ernée. Quand les Allemands percent à Sedan et défont les troupes françaises, les familles se voient contraintes de suivre l'exode de millions de personnes, vers le sud de la Loire.


Le 17 juin, ils arrivent à Lonzac, dans la famille d'un frère qui mourra plus tard en déportation, à Auschwitz. Ils n'y restent que quelques jours et reviennent à Laval. Obligés de se faire recenser comme juifs en 1940, de cesser leur activité commerciale en 1941 et de porter l'étoile jaune en 1942, à laquelle les Turcs ne sont pourtant pas astreints, ils sont arrêtés.


Les voilà internés à Mulsanne, près du Mans. Or les Turcs ne peuvent être arrêtés, puisque leur pays est neutre... Dans la confusion, les Allemands libèrent toute la famille, alors que seuls les aînés sont Turcs. La famille rentre à Laval, dans leur domicile mis à sac par la gestapo.


Leurs amitiés lavalloises leur permettent de survivre. Jusqu'en 1943, où une lettre les avertit que la Turquie abandonne ses ressortissants juifs aux Allemands. Il faut se cacher ! Un ami commerçant, un résistant, les met en contact avec le réseau d'Ernée conduit par Pierre Le Donné, garagiste. Celui-ci mobilise ses contacts en campagne. Salomon Fresco, sa soeur Annette Namer, et son fils Jacky, âgé de cinq ans, sont d'abord cachés à la ferme du Domaine, chez Françoise et Michel Rousseau.


Nissim et Eugénie Fresco, leur fils Raphaël, Solange et sa mère, Jeannette Niego, la petite Jenny âgée de quatre ans, se cachent dans une maisonnette mise à leur disposition par la famille Fauque, au lieu-dit le Petit Poirier.


Le Domaine, premier quartier général de la résistance locale et lieu de passage pour de nombreux réfractaires, est dangereux. Toute la famille se retrouve alors au Petit Poirier, se partageant une pièce et un grenier.


Rester muet


Pour leur éviter de se faire repérer en ville, Pierre Le Donné, Marie-Louise, Auguste Fauque et les Rousseau les ravitaillent. Des amitiés se nouent. Mais il faut rester muet... Les enfants ne diront jamais rien, surtout à l'école. Des rendez-vous sont donnés grâce aux poteaux téléphoniques numérotés par René Justin.


En juin 1944, des membres du réseau sont arrêtés à Larchamp, par la milice, et à Fougères, par la Feld gendarmerie. Ils seront torturés, puis fusillés, sans avoir parlé. René Justin reprend le flambeau et installe un nouveau quartier général à Montenay. Des sabotages, puis des prises de contact avec l'avancée américaine sont opérés, pour hâter la Libération.


La famille entend les tirs d'artillerie et les combats qui font rage lors de l'arrivée des Américains, au soir du 4 août 1944. Le lendemain, René Justin conduit les Américains de Saint-Hilaire-du-Harcouët à Mayenne. L'après-midi du 6 juin, toute la famille est à Ernée pour voir passer la troupe des libérateurs. Juchée sur les épaules de son père, la petite Jenny applaudit. Elle devient secrétaire générale de Yad Vashem en France, pendant dix ans, jusqu'en 2009.


Dimanche à 11 h, à Ernée, dans une cérémonie privée, Jenny Lanuerie, mariée à Jean-Yves Laneurie, enfant orphelin et rescapé de la Shoah, remettra la médaille des Justes au représentants des familles qui leur ont sauvé la vie.



Ouest-France



Tenez, parce que vous êtes sages, et que vous ne direz pas que je veux ici récupérer une notoriété qui ne m'appartient pas, je vais vous faire un cadeau.

A quoi ressemblait Ernée sous l'Occupation et juste après la guerre ? J'ai retrouvé cette vue aérienne, assez rare, je crois, à cette époque, de cette petite ville qui comptait, si mes souvenirs sont bons, environ 4000 âmes.

Cette photo m'appartient, ou plutôt elle appartient à ma famille et nous vous en faisons cadeau. Copiez-la, reproduisez-la : elle est libre de droit. A moins que dans la société mercantile dans laquelle nous vivons, le photographe qui l'a prise et l'aviateur qui le conduisit, ne se réveillent pour demander des comptes. Pas eux, en personne, mais les ayant-droits. Ah ! les ayant-droits !

Ernee.jpg

Juste un mot, pour finir, et parce que ça me démange terriblement : notre papa à nous, alors père de six enfants, lui aussi réfugié de l'Aisne et interné avec sa famille dans les "barraquements", constructions de fortune érigés à la va-vite et à la va-comme-je-te-pousse par des autorités complètement dépassées par les événements, mon papa était plus que copain avec un certain M. Fauque que personnellement, né en 1950, je n'ai pas connu. De la même façon que je suis fier de M. Fauque, en tant qu'Ernéen, je suis fier de mon papa et, en tant que sorte d'ayant-droit, je suis aussi fier d'être moi. Et honni soit qui mal y pense !

Bernard Bonnejean

 

Cérémonie touchante aux Justes de la Nation


Suzanne Faucon (à gauche sur la photo) n'avait que 9 ans quand ses parents ont hébergé la famille Fresco et Namer. Elle s'était liée d'amitié avec la petite Jenny qui n'avait que 5 ans à l'époque.

Suzanne Faucon (à gauche sur la photo) n'avait que 9 ans quand ses parents ont hébergé la famille Fresco et Namer. Elle s'était liée d'amitié avec la petite Jenny qui n'avait que 5 ans à l'époque.

Pendant la seconde guerre mondiale, deux familles d'Ernée et de Saint-Pierre-des-Landes ont    caché une famille Juive. Pendant la seconde guerre mondiale, deux familles d'Ernée ont caché une famille juive. Elles ont été honorées hier, dimanche.


Ce devait être une cérémonie privée. Près de deux cents personnes étaient quand même au rendez-vous à l'espace Clair de lune d'Ernée, dimanche matin, pour la remise des médailles des Justes de la Nation. Les Justes, ce sont ces personnes courageuses qui, pendant la deuxième guerre mondiale, ont, au péril de leur vie, caché et sauvé des juifs. À Ernée, Marie-Louise et Auguste Fauque, et Françoise et Michel Rousseau, ont été décorés à titre posthume pour avoir sauvé les familles Fresco et Namer.

« J'ignorais tout de l'existence de telles personnes ici à Ernée », a insisté le maire, Gérard Lemonnier. Et pour cause. Les époux Fauque n'ont jamais parlé de leur vivant. Leur fille Suzanne qui, à l'époque n'avait que 9 ans et avait sympathisé avec la petite juive Jenny alors âgée de 5 ans, n'a jamais rien raconté. Quelques mots à peine à son époux. « C'est lourd de vivre et de grandir avec un tel secret, a repris le maire. Un secret qui n'a été dévoilé que bien tard, comme si la vie de son amie Jenny dépendait encore de son silence. »


On dénombre près de 23 000 médailles décernées par le comité Yad Vashem, dans 42 pays. En Mayenne, une trentaine de familles sont reconnues pour avoir sauvé des juifs des camps de la mort. « Mais il est bien difficile de retrouver les traces de tous les Justes, reconnaît Marc Betton, historien local qui a redonné vie à cette histoire. À Ernée, je sais que deux autres familles ont hébergé des enfants. Mais je ne retrouve pas leurs traces, les témoignages manquent... »


Une enquête bien difficile à réaliser car souvent, ces Justes qui ont « sauvé l'honneur de la France », ne se sont pas fait connaître. « Mes parents trouvaient que ce qu'ils avaient fait était normal, expliquait Suzanne Faucon, très émue. Ils n'auraient jamais accepté qu'on les mette en avant pour ça. »


Sophie DELAFONTAINE.
Ouest-France

 

Publié dans Politique inclassable

Partager cet article

Repost 0

Cher Monsieur Sucher Majer,

Publié le par Bernard Bonnejean

Ma lettre

va sans doute vous sembler étonnante. L'essentiel est qu'elle ne vous paraisse ni inopportune ni incongruë. En cette époque de l'année où les petits enfants écrivent au Père Noël, moi j'ai décidé d'écrire à mon petit Papa Majer. De quel droit, me demandera-t-on ? Du droit que je m'accorde, moi, le catholique, l'ami de toutes les âmes de tous les défunts.

Vous les entendez d'ici, Monsieur Sucher Majer ? Les uns crient que je trahis la foi de mes ancêtres et que bientôt je me ferai circoncire. Et pourquoi pas, je vous le demande, si Dieu me le commande ? On oublie que l'Eglise orientale fête la circoncision de Jésus le Nazaréen, tout à fait officiellement, le 1er janvier de chaque année. Les autres hurlent qu'ils ne veulent pas chez eux d'un louveteau trop sage pour l'instant mais dont les crocs durciront et s'aiguiseront avec les épreuves.

Laissons-les aboyer ! Vous savez, vous, pourquoi je viens vous voir et moi je sais pourquoi vous m'accueillez.

                Arbeit macht frei (le travail rend libre)


Elle n'était pas si mauvaise l'idée de l'Interessengemeinschaft Farbenindustrie (IG Farben), cet empire industriel chimique allemand, d'apposer cette sentence au fronton de ses usines. Toute une philosophie de la joie par le travail propre à donner force et courage aux ouvriers germaniques après la grande crise consécutive à la première guerre mondiale. Elle parut excellente au général SS Theodor Eicke qui en ordonna l'apposition à l'entrée d'Auschwitz, de Dachau, de Gross-Rosen, de Theresienstadt et de Sachsenhausen. Il faut dire que Eicke, ce raté d'à peu près tout, avait quand même fini par devenir le chef de sécurité interne d'IG Farben dès 1923, qu'il avait contribué à l'assassinat du chef de la SA Röhm en 1934, deux ans après son licenciement, un an avant d'être nommé par Himmler commandant du camp de concentration de Dachau, en juin 1933. Une ascension fulgurante, pourrait-on dire de la réussite de ce soldat-policier sans culture. Un nazi zélé, ce général SS, antibolchevique, antisémite, bientôt promu, grâce à l'efficacité de ses méthodes de terreur et d'assassinat collectifs, commandant des Totenkopfverbände, le "personnel" des camps de concentration et d'extermination.

Papi Sucher Majer, quand vous vîtes cette pancarte au-dessus de vos têtes en guise d'accueil, pensiez-vous qu'à la libération des camps on l'aurait conservée précieusement en hommage à vous tous, esclaves voués à toutes les tortures et à la mort décrétée par les écrits d'un politicien satanique, préparés par d'autres écrits de "philosophes" tout aussi diaboliques. Car vous le savez, Papi Majer, Mein Kampf n'est pas né de la tête d'un fou mais d'une succession pluriséculaire d'"intellectuels" conscients d'une mission. La Shoah n'a pas été programmée au début du XXème siècle. Elle était inscrite dans les consciences malsaines depuis très longtemps.


                      

Et voilà, Papa Sucher Majer, que le 18 décembre dernier, cette pancarte "Arbeit macht frei", depuis 64 ans à l'entrée du camp d'Auschwitz a été volée. Le moins qu'on puisse dire est que ça n'a pas fait les gros titres de la presse occidentale. Pourtant, Shimon Peres, plutôt pacifique, déclara : "L'inscription possède une profonde signification pour les Juifs comme pour les non Juifs en tant que symbole de plus d'un million de vies qui ont péri à Auschwitz". Heureusement, on l'a retrouvée cette pancarte symbolique. On l'a reprise à Satan pour la rendre à Dieu, le seul dépositaire légitime.

Et puis, dans toute cette histoire, il y eut la petite voix d'une amie de Facebook, charmante, que vous connaissez bien. Elle m'écrivit, à moi l'écrivain catholique, cette copie de la lettre qu'elle vous a envoyée et que je reproduis in extenso. Vous vous souvenez, la petite Rachel :

                                  Oublier c’est mourir

Les infos rapportent ici ce fait qui aux yeux de certains semble une banalité et pour moi bouleverse ma journée.

Tout à coup mon passé me revient.

Papi, laisse-moi te raconter.

Ce matin on annonce qu'à l’entrée du camp d’Auschwitz, ce jardin de l’enfer, l'écriteau « Travailler rend libre » vient d’être subtilisé.

Alors je te dérange car j’ai besoin de parler, comme lorsqu’enfant près de la cheminée, là où tout doucement les flammes crépitaient, l’odeur âcre me rappelait tes années de douleurs, de combats, l’odeur de la mort...

Là où ton doux accent Yiddish me comptait l' histoire de mon peuple, ton exil, l’holocauste.

Je n’avais que dix ans et pourtant ton récit a structuré ma vie au point que par moment je me demandais si je n’étais pas un simple témoin...

Tout cet effroi m’habite encore ce jour, près de mes 50 ans…

Tu t’approches et me rappelles que chaque histoire a un début : c’est par Adam que tu reviens sur ma propre histoire.

"Te souviens-tu comment Dieu punit Adam de sa faute ?

Eh bien, il le condamna au travail…"

(Je suis certaine à présent que sur la porte du Paradis est inscrit : " Ici tous les jours samedi !!" )

Te souviens-tu de Rouhele comme tu aimais me prénommer.

Puis vint l'histoire de Moïse qui revenait chaque année à Pessah (Pe sah :  "bouche ouverte", du verbe raconter), avec ton petit accent anglais pour exprimer la volonté de Moïse de nous libérer de l’esclavage : "Let my people go".

Autour d’un verre de vin, accoudés, nous devions nous imaginer notre propre sortie d’Egypte, tout comme si nous y étions jadis…

Papi, tu étais aveugle comme pour ne plus voir l'homme qui engendre l'horreur, mais Dieu, tu le regardais les yeux dans les yeux.

Je me souviens de toi, cet homme lettré qui me demandait de lui lire toute la journée la Torah. Et les infos : tu écoutais sans cesse la radio, toi l'érudit qui m’auras tout appris .

Tu sais, mon chéri, je ne te l’ai pas dit : mon fils a maintenant 20 ans et il m’arrive de l’appeler Yentel comme ce frère de mamie, celui qui comme toi a vécu la barbarie.

Cette génération sacrifiée comme tu me l’as enseigné, ce "guilgoul du veau d’or", voilà que j’ai enfin compris…

Je me remémore ta tragédie à toi qui m’as appris que qui sauve une âme sauve l'humanité : toi, le noble chevalier, tu en auras sauvé plus d’une…

Et ta douce épouse Rebecca qui a pleuré sur le sort de sa sœur dépecée.

Alors, Papi, laisse-moi te dire qu'aujourd'hui je t’ai ressuscité.  Plus jamais, plus jamais, je ne laisserais dire.

Oublier l'histoire serait nous mutiler. Je vais de ce pas accomplir mon devoir de mémoire.
……….
Je me souviens de ton pied de nez à cette horrible histoire : tu en riais. Aujourd'hui, tu dirais que c’est peut être Moïse qui a chapardé cet écriteau comme pour nous faire un signe de notre libération prochaine. 

Je me réjouis car mon tour viendra de te raconter ce que tu auras manqué durant ces dernières années !!!!!!!!

Zal Sucher Majer, Rachel Chaouat.



               

Voilà, Papi Sucher Majer. Que le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, notre Dieu commun, garde tous ses enfants, morts ou vivants ! Et avec vous je continuerai à dire tous les soirs, comme je le fais depuis des années parce que je crois en la Communion des saints (et même si je crois que Jésus est le Messie, le fils de Dieu), la prière que mes pauvres petits frères et petites soeurs ont récitée avant d'être assassinés :

Je crois totalement que le Messie viendra, et même s'il tarde, je continue à le croire. 

Bernard Bonnejean 

Publié dans religion

Partager cet article

Repost 0

Discours de réception

Publié le par Bernard Bonnejean


A Vivre Ensemble, Politesse et Bonnes Manières,


Madame, Mademoiselle, Monsieur, chers lecteurs, chères lectrices,

Avant même que d'entrer dans le vif du sujet, j'aimerais, si vous m'y autorisez, vous remercier de m'accueillir en votre sein. Quels mots pourrais-je prononcer d'assez justes, d'assez forts, d'assez évocateurs pour traduire mon émotion et ma gratitude ? Après des semaines de goujaterie, de grossièreté, de vulgarité, voire d'insultes accumulées, subies chrétiennement dans le pardon des offenses, je suis éminemment satisfait de trouver ce hâvre de civilité, protégé par je ne sais quel miracle des insanies pestilentielles d'une société malade parce que corrompue. En un mot, je crois avoir atteint les délicieuses frontières d'une Civilisation, saine oasis dans un désert inamical.



Où est-il ce temps béni de notre France, pas si lointain qu'on ne cherche à s'en souvenir ? Ah ! cette guerre en dentelles, quand le comte d'Anterroches, serviteur loyal de Louis le Bien-Aimé, endimanché pour la circonstance, pria nos chers ennemis anglais, lors de la bataille de Fontenoy (11 mai 1745), de commencer la sublime boucherie en ces termes fort élégants : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! » La supériorité de la forme langagière sur l'incommodité du fond guerrier, j'en veux pour preuve la pérennité de la formule malgré l'oubli de la bataille elle-même. Peu nous chaut aujourd'hui les dépouilles ensanglantées de nos aïeux : ils sont morts sans haine, protégés de l'amnésie infame grâce à la courtoisie de leur chef.



Où est-il ce temps béni de notre France, quand nos braves soldats partirent la fleur au fusil en uniforme bleu horizon et pantalon garance pour parachever la mission de Jehanne la "Pucelle" - selon une expression consacrée dont je saurais gré à nos aimables lectrices de ne pas me tenir rigueur - contre un envahisseur venu d'Outre-Rhin. La réconciliation officielle avec ce peuple belliqueux, et néanmoins ami, ne peut m'empêcher de souligner un manque de savoir-vivre, un savoir-vivre acquis depuis à notre contact. Car, enfin, n'oublions jamais l'état original pour mesurer l'étendue du chemin parcouru jusqu'à aujourd'hui.




Ambroise Paré, dès 1580, déclarait avec le bon sens qui le caractérisait que les Allemands avaient "les esprits grossiers et lourds, par la pesanteur du corps, retirés du ciel en bas vers la terre". Le grand savant, Hippolyte Taine, en août 1870, donc bien après le Lavallois, pouvait encore écrire : "L'animal germanique est, au fond, brutal, dur, despotique, barbare". Le bon docteur Bérillon, avec une délicatesse bien française, fit une tentative d'explication physiologique, en 1915 : "Dans toutes leurs invasions antérieures, les hordes germaniques s'étaient signalées à l'attention par le débordement d'évacuations intestinales dont elles jalonnaient leur marche... Déjà, du temps de Louis XIV, on disait que, par le seul aspect des excréments, le voyageur pouvait savoir s'il avait franchi les limites du Bas-Rhin, et s'il était entré dans le Palatinat".

Mais l'invasion a ceci de bon qu'elle permet le rapprochement des peuples. Et l'Allemand au contact de la Civilisation française se mit à se policer. Maurras écrira dès 1937 : "Les Allemands sont des barbares, et les meilleurs d'entre eux le savent". Prendre conscience de ses faiblesses, même à travers le regard plus affuté d'une élite, c'est reconnaître la nécessité d'un changement.

Ce n'est pourtant pas un Français, mais un Allemand qui nous a donné l'une des meilleures définitions d'une certaine forme de politesse : « La politesse repose sur une convention tacite de ne pas remarquer les uns chez les autres la misère morale et intellectuelle de la condition humaine, et de ne pas se la reprocher mutuellement ; d'où il résulte, au bénéfice des deux parties, qu'elle apparaît moins facilement. Politesse est prudence ; impolitesse est donc niaiserie ; se faire, par sa grossièreté, des ennemis, sans nécessité et de gaieté de coeur, c'est de la démence ; c'est comme si l'on mettait le feu à sa maison. Car la politesse est, comme les jetons, une monnaie notoirement fausse : l'épargner prouve de la déraison ; en user avec libéralité, de la raison. » Mais cette "politesse" d'Arthur Schopenhauer (Aphorismes sur la sagesse dans la vie (1851), Collection Quadrige, PUF, 1943) ressortit davantage à l'hypocrisie bourgeoise, nécessaire, qu'à la finesse naturelle, congénitale et atavique d'un habitant de l'hexagone.


Politesse
par -NooX-

 


Jean Cocteau, qui est à la politesse universelle ce que la France est à la littérature internationale, raconte cette histoire qui doit continuer à nous interroger sur notre devoir civilisateur : « Histoire type du métro en 1943. Une vieille dame y entre et un jeune soldat allemand lui cède sa place avec une phrase allemande. La vieille dame gifle le jeune Allemand à tour de bras. Le public s'attendait au pire, mais le jeune Allemand baisse la tête et ses camarades n'en mènent pas large. À la première station, ils se sauvent tous sans demander leur reste. On interroge la vieille dame, assise et qui triomphe. "C'est, répond-elle, que je comprends l'allemand : Il m'a dit : "Mets ton cul-là, vieille vache"." » Journal (1942-1945), Gallimard 1989,17 juillet 1943.

A contrario, il est parfois injuste de se formaliser pour un mauvais usage de notre langue de la part d'un étranger. Convenons-en ensemble : on ne saurait exiger d'un Hongrois, par exemple, ce minimum de délicatesse et de subtilité apprises dans le giron des vieilles familles françaises où l'on n'entendra jamais un "Casse-toi, pôv'con", incorrect à tous les points de vue.


La politesse et les bonnes manières : le retour ?
par Ptite_Mule

 



Puissions-nous, ensemble, unis pour le meilleur et pour le pire, contribuer à faire triompher les bonnes manières et les convenances transmises par une ambassadrice de poids : Madame La Baronne Nadine de Rotschild, pour ne citer qu'elle, que je me permets de saluer au passage, la priant humblement d'avoir l'obligeance de parrainer notre entreprise.

Bernard Bonnejean


Sans l'ironie, le monde serait comme une forêt sans oiseaux (Anatole France)

Le sens de l'ironie est une forte garantie de liberté (Maurice Barrès)

L'ironie est la pudeur de l'humanité (Jules Renard)

Publié dans vie en société

Partager cet article

Repost 0

L'or véritable ne craint pas le feu

Publié le par Bernard Bonnejean


"En tombant dans la boue, l'or ne perd pas sa valeur"
proverbe turc.

Mes intentions, comme toujours, sont droites, nobles et pures, qu’on se le dise une bonne fois pour toutes. Il ne s’agit pas d’engager ici une polémique qui n’aurait ni sa place ni son utilité, mais de montrer comment deux intellectuels, parfaitement libres de leurs droits à l’expression, peuvent penser et dire à peu près le contraire l’un de l’autre, sûrs d’être l’un et l’autre dans le vrai et le juste. Lorsque j’ai lu la critique de Galinier-Pallerola, je me suis aussitôt empressé de lui répondre. Il n’a jamais fait mention du courrier qu’il avait reçu. En revanche, le professeur Paul COOKE de l’Université d’Exeter, mal inspiré par G.-P., auquel je faisais remarquer que Clio n’était que le premier livre d’une série de trois, le ¼ en quantité de la thèse à publier en trois volumes, eut la délicatesse de m’envoyer un mail pour s’excuser d’avoir ignoré cette information primordiale.

Et puis, le service de presse de mon éditeur m’a envoyé ces jours-ci MA réponse sans cesse remise au lendemain. Car, je dois le dire, la critique de M. FAUQUIER est si précise, si dense, si informée que si j’avais dû présenter ma défense, je n’aurais pas mieux écrit. Alors, j’en profite. Je me colle aux propos de Michel FAUQUIER, en parasite, pour profiter et faire profiter au maximum de son enseignement.

Bernard Bonnejean

Jean-François GALINIER-PALLEROLA, Bulletin de littérature ecclésiastique, janv.mars. 2008

ICT, Institut Catholique Toulouse

31 rue de la Fonderie - B.P. 7012 | 31068 Toulouse Cedex 7

Téléphone : (33) (0)5.61.36.81.00 | Fax : (33) (0)5.61.36.81.08

Bernard BONNEJEAN, Clio et ses poètes, Les poètes catholiques dans leur histoire (1870 -1914)

Bernard BONNEJEAN, Clio et ses poètes, Les poètes catholiques dans leur histoire (1870 -1914), Préface par Dom Bertrand Gamelin, Paris, Éditions du Cerf , "Cerf littérature", 2007, 354 p.

La période 1870-1914, entre la défaite contre la Prusse et le début de la Première Guerre Mondiale, s'avère douloureuse et féconde pour le catholicisme français. Période douloureuse, car l'échec de la restauration monarchique, pour laquelle l'Église de France s'est engagée, puis l'affaire Dreyfus, contre qui la presse catholique a fait campagne, contribuent, par réaction, à l'arrivée au pouvoir de républicains anticléricaux qui mènent une politique hostile à l'Église aboutissant à la loi de séparation de l'Église et de l'État en 1905.Mais période féconde, car monte une génération d'écrivains catholiques de renom, trouvant dans une inspiration chrétienne l'antidote de la dépression fin de siècle et de leur rejet de la société moderne bourgeoise et rationaliste. Bernard Bonnejean aborde cette "littérature spécifiquement catholique"(p 11), sans toutefois définir précisément en quoi consiste cette spécificité, ni distinguer clairement entre les auteurs "qui sont catholiques" et ceux qui écrivent "en tant que catholiques", pour reprendre une conceptualisation maritainienne classique. En se limitant aux poètes et à la poésie, il se prive de pouvoir évoquer des prosateurs majeurs de ce courant, comme Léon Bloy et J.-K. Huysmans, ou présente des auteurs en tant que poètes, alors que leurs œuvres théâtrales ou romanesques sont d'une importance majeure (Claudel, Mauriac) ou illustreraient mieux la notion de littérature catholique et de conversion (Coppée, La bonne souffrance).Le premier chapitre consiste en une courte anthologie accompagnée d'une notice biographique des auteurs. Le second chapitre aborde l'histoire religieuse de la France durant cette période. Le troisième chapitre concerne l'histoire des idées et propose une typologie des conversions d'écrivains, ce qui permet d'insérer les fiches sur Péguy, Mauriac, Claudel, et leur réaction à l'œuvre de Renan. Cent vingt pages de chronologie comparée, comme on en trouve dans les manuels d'études historiques, lestent étrangement le volume après ces trois chapitres, suivies par une courte bibliographie.  livre, tout en donnant des renseignements précis sur les auteurs et leurs œuvres, ne présente pas la difficulté technique ni l'érudition d'un ouvrage universitaire. Il s'adresse plutôt à un public non spécialiste intéressé par la littérature et la culture catholique.

Jean-François GALINIER-PALLEROLA, docteur en histoire et en théologie, professeur à l’ICT de Toulouse.

 


 

 

Michel FAUQUIER, Historiens & Géographes, oct.nov. 2009.

98 rue Montmartre

75060 PARIS CEDEX 02 - 01 42 33 62 37

Bernard BONNEJEAN, Clio et ses poètes, les poètes catholiques dans leur histoire (1870-1914), coll. « Littérature », Le Cerf, Paris, 2007, 354 pages.

Bernard Bonnejean livre ici la substance de la thèse qu'il a soutenue à l'Université de Rennes en 2003 et qui a été saluée par le jury comme comblant un manque évident dans l'histoire de la littérature du XIXe siècle finissant.

Mais, l'historien y trouvera aussi son compte, comme le laissent deviner le titre et le sous-titre de cet ouvrage passionnant, doté d une chronologie détaillée qui est un ouvrage à elle seule (119 pages !), et qui fourmille d'informations mises très clairement en relation.

Ce n'est certes pas un compagnonnage nouveau pour l'historien que celui de la littérature, en particulier pour sonder l'âme du XIXe siècle, mais l'ouvrage de Bernard Bonnejean invite à avancer sur des pistes moins empruntées, celles de la poésie, en l'occurrence celle des auteurs catholiques, parmi lesquels est faite une place toute particulière a sainte Thérèse de Lisieux, dont les spécialistes d'histoire religieuse contemporaine savent désormais combien l'influence fut déterminante sur l'évolution des mentalités catholiques Les spécialistes de littérature, hormis Robert Sabatier, ne lui avaient prêté aucune attention, trouvant sa prose naïve et lui déniant des qualités de poétesse. Un des grands apports de la thèse de l'auteur est de montrer qu'on ne peut ainsi juger la production thérésienne, à laquelle il avait déjà consacre une étude (La Poésie thérésienne, chez le même éditeur, 2006).

Bernard Bonnejean rappelle — mais est-ce vraiment une surprise pour un historien, qui y trouvera plutôt la confirmation de ce qu'il savait ? —que la poésie catholique du temps fut avant tout militante. Mais il attire aussi l'attention de l'historien sur les origines simples de nombre de poètes catholiques qui furent par ailleurs bien souvent des convertis ou des tourmentés de la foi (Charles Péguy, Paul Claudel, Max Jacob).

Formellement, l'ouvrage s'articule en trois longs chapitres thématiques, le premier consacré à une galerie de portraits littéraires qui mène de Villiers de l'Isle-Adam à Charles Péguy, le second dépeint la façon dont s'est exprimée la volonté de refaire la France fille aînée de l'Eglise et le troisième qui explore le renouveau catholique qui suivit « l'affaire Renan » (selon les mots-mêmes de l'auteur) et culmina dans les conversions du tournant du siècle, vues à travers le filtre de trois parcours paradigmatiques (Paul Claudel, Francis Jammes et Max Jacob), conversions qui illustrent de façon spectaculaire le propos célèbre de Ferdinand Buisson, pourtant Président de « l'Association nationale des libres penseurs », qui estimait que « [l’Eglise] tient incontestablement dans la France d'aujourd'hui une place qu'elle n'avait pas jadis [et qu’]elle a développé son action bienfaisante, charitable, philanthropique, elle a aujourd'hui, par ses œuvres de toute espèce, une popularité plus grande que jamais et de meilleur aloi » (Revue politique et parlementaire, octobre 1903).

On voit, à travers l'étude de Bernard Bonnejean que la lutte souvent âpre que la IIIe République enfin devenue républicaine mena contre le cléricalisme n'était que le paravent d'un combat plus ample contre la foi catholique elle-même.  À l'époque personne ne s'y trompa et l'on en entend l'écho jusque dans la production poétique. Un combat de géants commença, à coup de statues (le « Calvaire de la protestation » érigé le 19 mai 1904, en réponse à la statue de Renan dressée à Tréguier le 13 septembre 1903) mais aussi de mots (Les Géorgiques chrétiennes de Francis Jammes, œuvre qui dénonce le caractère odieux des expulsions, en plus des colères de Péguy).

L'angle de vue choisi ici n'est certainement pas habituel pour un historien, mais c'est avec le plus grand profit et un grand plaisir qu'on s'embarquera pour Cythère, à la suite de Bernard Bonnejean, pas le Cythère de Watteau ou de Verlaine, mais celui d'un amour plus haut, source de tous les amours, que Verlaine a manifestement entrevu d'ailleurs.

Michel FAUQUIER, professeur agrégé d’histoire enseignant en khâgne moderne (la Perverie, Nantes) et dans un Institut de Lettres et Sciences politiques (Institut Albert-le-Grand, Les Ponts de Cé/Angers). 

 

A bientôt, les Amis,

Bernard Bonnejean

De bas en haut : Robert de Montesquiou-Fezansac ; Ernest Renan ; Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, Max Jacob.

Publié dans religion et culture

Partager cet article

Repost 0

"Force de vente"

Publié le par Bernard Bonnejean

ou l'art de fourguer de la came "littéraire"

Ce matin, ils ont sonné deux fois à notre porte. Même cause, même effet. Qui cela peut-il bien être ? Le facteur ? Non, impossible. Si c'était un colis, il aurait sonné à l'interphone. Quant au calendrier Oberthur, almanach du facteur, nous l'avons déjà. J'ai imposé Marilyn : côté début d'année 2010 "sur le tournage de Sept ans de réflexion, New york, 1954 ; côté derniers mois "Shopping à New York, 1956". Et je ne serais pas assez mesquin pour soupçonner qui que ce soit de l'avoir mis exprès sur le meuble du téléphone, à côté de la statue de saint Joseph et derrière la petite photo de l'abbé Pierre... Plus efficace que le bromure !

Les pompiers ? Cette année, ils ont envoyé une gamine, une superbe blonde, habillée en pompière, avec un sourire qui dirait : "Si tu me prends pas mon calendrier, je vais dire partout que tu es un mufle, un macho, un impuissant et en plus, ton incendie tu l'éteindras tout seul, parce qu'on arrivera trop tard !..." Alors, vous pensez si je le lui ai pris plutôt deux fois qu'une son "Les Sapeurs-Pompiers de LAVAL vous présentent leurs meilleurs voeux 2010. Chef de centre : Commandant Franck PARMENTIER - Président de l'Amicale : Stéphane BOSSARD". 

Les scouts de France, d'Europe, unitaires, etc. ? les guides de France, d'Europe, unitaires, etc. ? l'Armée du Salut ? les Témoins de Jéhovah ? Ils se seraient fait virer avant d'arriver au 7ème étage. Alors ? Qui est assez courageux, assez tenace, assez casse-cou et casse-coui... pour oser affronter l'adversaire, se faire virer, et recommencer avec le candidat suivant ? Mais vous le savez : FRANCE-LOISIRS, le champion toutes catégories du porte-à-porte de la littérature alimentaire.  




Parce que ça existe encore le porte-à-porte. Et à en croire une publicité Internet, cette méthode de vente a de beaux jours devant elle.
 
 Non seulement le porte-à-porte ne serait pas "ringard", mais l'annonceur affirme qu'un Français sur cinq achèterait à domicile. A une condition : que le "rentre-dedans" se transforme en "as de la vente directe".

Il est convaincu de la méthode, le PDG. Pour lui, « on peut tout vendre en porte-à-porte » sous certaines conditions, quand même : « Si les gens nous sentent décidés, ils suivent. La moitié de la vente, c'est de la séduction. » 

En fait, il n'est pas PDG, le Monsieur, il est chef de groupe à France Loisirs. Il encadre cinq  « délégués » chargés de vendre des abonnements. Qu'ils aiment ou sachent lire n'est pas vraiment la question. On apprend aux délégués, au cours d'une formation obligatoire, "un plan de vente type" : prise de contact, présentation du catalogue, réponse aux questions et contrat, tout ça en cinquante minutes maximum.

Le client reste roi. Il faut se plier à ses exigences, à toutes ses exigences. Imaginons que le délégué "tombe sur une cible" issue de l'immigration :

"Il connaît deux ou trois mots en sénégalais, en a appris d'autres en créole, plaisante sur ses origines asiatiques (« Je viens vendre des nems »), histoire de capter l'attention".

Et le tour est joué...




Mais, - car il y a un "mais" -, il y a loin du paillasson au coin de table de la cuisine. Et j'ai vraiment grand peur pour le porte-à-porte physique. Rêvons un peu à des lendemains qui chanteront pour les camelots de la culture.

Vous connaissez facebook ? Tous les facebooks ? J'ai appris, en effet, qu'il en existait au moins deux. Le public et l'intime. Passons sur le public : on y lit tout ce que vous voulez bien porter à la connaissance du plus grand nombre. L'intime est bien plus intéressant si vous avez un bouquin à vendre (ou une armoire ou une télé noir et blanc ou un vélo trois vitesses...). D'abord, vous mettez la première de couverture, énigmatique, sur une "page", sans commentaires. Puis, vous commencez votre tournée sur "Discussion en ligne" :

"Vous avez regardé ma page ?  Que vous inspire-t-elle ? Que comprenez-vous dans le titre ? Et encore ?"

Il est possible que votre interlocuteur vous fasse comprendre deux ou trois fois qu'il a autre chose à faire. Peu importe ! Vous le rappellerez plus tard. Il n'a pas le choix : "Discussion en ligne" s'ouvre tout seul.

Ne pas oublier la flagornerie, toujours payante :

"C'est un grand honneur que vous vous intéressiez à moi. Je ne suis pas écrivain comme vous. Votre avis m'importe donc énormément".





Vous voilà piégé. Le bouquin du Monsieur ne vous intéresse absolument pas ? Peu importe ! Il vous a eu par la flatterie à laquelle, comme tout le monde, vous ne pouvez vraiment céder. Alors, à bout de "non", vous finissez par dire "oui", mais sous forme d'échange. Vous acceptez le bouquin de votre "nouvel ami" à condition qu'il accepte un des vôtres. Affaire conclue ? Pas tout à fait. Il y a une condition au troc. Vous devez lui promettre un article critique dans une revue. Vous n'avez rien lu ? Donc, nous partirons du principe que vous êtes tenu, à l'avance, de trouver le bouquin excellent... D'ailleurs, ça ne peut être que vrai, puisque tous ses amis de facebook, qui ont eu droit au même harcèlement commercial, l'ont tous dit. Ils l'ont même écrit, parfois maladroitement, sur un "groupe" spécial créé par le nouveau génie littéraire.

Ne lui reste qu'à se faire mettre, si j'ose dire, sur wikipedia, dans la rubrique "littérature du XXIème siècle" (avec un seul petit livre !)  sous l'AOC "écrivain" (lui qui vous a avoué ne jamais l'avoir été) et roule carrosse !
 
Avouez que c'est tout de même plus efficace que le porte-à-porte traditionnel de France-Loisirs...

A bientôt, les Amis

Bernard Bonnejean



Toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant existé serait le produit d'une pure coïncidence.

Publié dans culture humaniste

Partager cet article

Repost 0

"Ils" ne veulent pas que je cite la presse catho ?

Publié le par Bernard Bonnejean


Qu'à cela ne tienne :
je citerai Ouest-France.
Deux fois !
Sans commentaire !!

Bernard Bonnejean écrit sur Le dur métier d'apôtre - Mayenne

jeudi 12 novembre 2009

 

 

« Serait vain un texte dont l'origine, l'élan, ne viendrait pas d'une émotion, d'une intuition ou d'une expérience intimement ressentie par son auteur », écrit Olivier Bourdelier, dans la préface de l'ouvrage écrit par Bernard Bonnejean, docteur et agrégé de lettres et professeur à la retraite du lycée de l'Immaculée-Conception à Laval. « Sans conteste, les mystères de la foi relèvent de cette catégorie d'émotions. »




C'est ainsi que, pour l'auteur, la poésie est l'art divin par excellence. Et pour l'apôtre, « la mission est un métier au sens où l'entendait Boileau. » Au fil du premier chapitre intitulé « L'esprit et l'inspiration dans la poésie catholique », le lecteur se rend compte du lien direct qui existe entre les poètes, « petits créateurs » et Dieu, « Créateur ». Et, dans la 3e partie, il comprend que les poètes veulent être libres mais que le poète catholique, lui, doit obéir aux dogmes et à des lois « [se demandant s'il peut] s'autoriser aucune licence poétique. »

 

Le dur métier d'apôtre, aux éditions du Cerf, 320 pages, 32 €.










Actualité Laval
mardi 08 décembre 2009


La construction du minaret de 12 m est imminente.

Les travaux intérieurs de la mosquée Essalam sont achevés. Ceux du minaret vont débuter. « Un minaret c'est symbolique, pas politique », argumente le président Mohammed Loukili.






« La construction du minaret va débuter dans quelques jours », sourit Mohammed Loukili, président de l'association de la mosquée Essalam, dans la zone des Touches. Et ce minaret sera à l'échelle de la mosquée, la plus grande de l'Ouest. Il mesurera 12 m de haut et sera bâti devant l'édifice, dans la cour, devant le portail d'entrée.
Mais on ne le verra pas depuis la route, la mosquée étant construite en contrebas d'un bâtiment. Par contre, les voyageurs du train Paris-Laval ne manqueront pas cette tour couleur ivoire surplombée de trois boules, selon la tradition maghrébine.

« Un arbre sans branches »


La construction confiée à l'entreprise Médini va démarrer alors que la polémique sur les minarets occupe les esprits, après le vote de leur interdiction en Suisse. Mais Laval-la-calme ne prend pas part à cette polémique. « Pour l'instant, il n'y a personne qui réagisse contre. On a le permis depuis le début », rappelle Mohammed Loukili, de sa voix paisible où pointe un discret accent marocain.


N'empêche, il estime que « ce refus est grave. Une mosquée sans minaret, c'est comme un arbre sans branches. Quatre murs, ce n'est pas une mosquée ». Il regarde le dessin de la tour avec son escalier intérieur : « Un minaret n'est pas politique. C'est un symbole. »


L'édifice va coûter 50 000 € environ, financé par les divers dons. « Quand on a de l'argent, on fait, quand on n'a pas, on arrête. » Les bénévoles, qui ont déjà oeuvré pour les travaux de la mosquée, participeront au chantier le week-end. Ils réaliseront notamment les finitions, les mosaïques.


Décor intérieur raffiné


Les travaux sont en effet quasiment achevés dans la mosquée qui peut accueillir 1 501 personnes (1 500 fidèles et l'imam). Lors de l'Aïd, 800 hommes et 250 femmes se sont ainsi retrouvés dans ce lieu de prière (enfin fléché depuis quelques mois). En fait, le visiteur est étonné en pénétrant dans l'édifice, tant le raffinement des décorations intérieures contraste avec la zone industrielle alentour.



La mosaïque bleue très travaillée décore le hall, la salle des ablutions, l'escalier. L'immense salle de prière des hommes accueille les fidèles sur sa moquette verte chaque vendredi, à 13 h 30. Un bel escalier équipé d'une rampe (venue tout droit du Maroc) conduit à l'étage, vers la salle de prière des femmes et les salles de classes.


« Des profs bénévoles donnent des cours en langue arabe et aussi du soutien scolaire en maths, physique, français. » Le week-end, une quarantaine d'élèves fréquentent ces classes, ils sont une quinzaine le lundi ou le jeudi soir. Il y a aussi une salle pour les femmes qui y perfectionnent leur arabe et leur français. « C'est la solidarité de la communauté », résume Mohammed Loukili, qui insiste sur la bonne entente qui règne à Laval : « Il n'y a pas d'intégristes ici. » [C'est Bonnejean qui souligne]

 

 

Noëlle COUSINIÉ.
Ouest-France

Publié dans vie en société

Partager cet article

Repost 0

Discours de réception

Publié le par Bernard Bonnejean


A Vivre Ensemble, Politesse et Bonnes Manières,


Madame, Mademoiselle, Monsieur, chers lecteurs, chères lectrices,

Avant même que d'entrer dans le vif du sujet, j'aimerais, si vous m'y autorisez, vous remercier de m'accueillir en votre sein. Quels mots pourrais-je prononcer d'assez justes, d'assez forts, d'assez évocateurs pour traduire mon émotion et ma gratitude ? Après des semaines de goujaterie, de grossièreté, de vulgarité, voire d'insultes accumulées, subies chrétiennement dans le pardon des offenses, je suis éminemment satisfait de trouver ce hâvre de civilité, protégé par je ne sais quel miracle des insanies pestilentielles d'une société malade parce que corrompue. En un mot, je crois avoir atteint les délicieuses frontières d'une Civilisation, saine oasis dans un désert inamical.



Où est-il ce temps béni de notre France, pas si lointain qu'on ne cherche à s'en souvenir ? Ah ! cette guerre en dentelles, quand le comte d'Anterroches, serviteur loyal de Louis le Bien-Aimé, endimanché pour la circonstance, pria nos chers ennemis anglais, lors de la bataille de Fontenoy (11 mai 1745), de commencer la sublime boucherie en ces termes fort élégants : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! » La supériorité de la forme langagière sur l'incommodité du fond guerrier, j'en veux pour preuve la pérennité de la formule malgré l'oubli de la bataille elle-même. Peu nous chaud aujourd'hui les dépouilles ensanglantées de nos aïeux : ils sont morts sans haine, protégés de l'amnésie infame grâce à la courtoisie de leur chef.



Où est-il ce temps béni de notre France, quand nos braves soldats partirent la fleur au fusil en uniforme bleu horizon et pantalon garance pour parachever la mission de Jehanne la "Pucelle" - selon une expression consacrée dont je saurais gré à nos aimables lectrices de ne pas me tenir rigueur - contre un envahisseur venu d'Outre-Rhin. La réconciliation officielle avec ce peuple belliqueux, et néanmoins ami, ne peut m'empêcher de souligner un manque de savoir-vivre, un savoir-vivre acquis depuis à notre contact. Car, enfin, n'oublions jamais l'état original pour mesurer l'étendue du chemin parcouru jusqu'à aujourd'hui.




Ambroise Paré, dès 1580, déclarait avec le bon sens qui le caractérisait que les Allemands avaient "les esprits grossiers et lourds, par la pesanteur du corps, retirés du ciel en bas vers la terre". Le grand savant, Hippolyte Taine, en août 1870, donc bien après le Lavallois, pouvait encore écrire :"L'animal germanique est, au fond, brutal, dur, despotique, barbare". Le bon docteur Bérillon, avec une délicatesse bien française, fit une tentative d'explication physiologique, en 1915 : "Dans toutes leurs invasions antérieures, les hordes germaniques s'étaient signalées à l'attention par le débordement d'évacuations intestinales dont elles jalonnaient leur marche... Déjà, du temps de Louis XIV, on disait que, par le seul aspect des excréments, le voyageur pouvait savoir s'il avait franchi les limites du Bas-Rhin, et s'il était entré dans le Palatinat".

Mais l'invasion a ceci de bon qu'elle permet le rapprochement des peuples. Et l'Allemand au contact de la Civilisation française se mit à se policer. Maurras écrira dès 1937 : "Les Allemands sont des barbares, et les meilleurs d'entre eux le savent". Prendre conscience de ses faiblesses, même à travers le regard plus affuté d'une élite, c'est reconnaître la nécessité d'un changement.

Ce n'est pourtant pas un Français, mais un Allemand qui nous a donné l'une des meilleures définitions d'une certaine forme de politesse : « La politesse repose sur une convention tacite de ne pas remarquer les uns chez les autres la misère morale et intellectuelle de la condition humaine, et de ne pas se la reprocher mutuellement ; d'où il résulte, au bénéfice des deux parties, qu'elle apparaît moins facilement. Politesse est prudence ; impolitesse est donc niaiserie ; se faire, par sa grossièreté, des ennemis, sans nécessité et de gaieté de coeur, c'est de la démence ; c'est comme si l'on mettait le feu à sa maison. Car la politesse est, comme les jetons, une monnaie notoirement fausse : l'épargner prouve de la déraison ; en user avec libéralité, de la raison. » Mais cette "politesse" d'Arthur Schopenhauer (Aphorismes sur la sagesse dans la vie (1851), Collection Quadrige, PUF 1943) ressortit davantage à l'hypocrisie bourgeoise, nécessaire, qu'à la finesse naturelle, congénitale et atavique, d'un habitant de l'hexagone.


Jean Cocteau, qui est à la politesse ce que la France est à la littérature internationale, raconte cette histoire qui doit continuer à nous interroger sur notre devoir civilisateur : « Histoire type du métro en 1943. Une vieille dame y entre et un jeune soldat allemand lui cède sa place avec une phrase allemande. La vieille dame gifle le jeune Allemand à tour de bras. Le public s'attendait au pire, mais le jeune Allemand baisse la tête et ses camarades n'en mènent pas large. À la première station, ils se sauvent tous sans demander leur reste. On interroge la vieille dame, assise et qui triomphe. "C'est, répond-elle, que je comprends l'allemand : Il m'a dit : "Mets ton cul-là, vieille vache"." » Journal (1942-1945), Gallimard 1989,17 juillet 1943.

A contrario, il est parfois injuste de se formaliser pour un mauvais usage de notre langue de la part d'un étranger. Convenons-en ensemble : on ne saurait exiger d'un Hongrois, par exemple, ce minimum de délicatesse et de subtilité apprises dans le giron des vieilles familles françaises où l'on n'entendra jamais un "Casse-toi, pôv'con", incorrect à tous les points de vue.



Puissions-nous, ensemble, unis pour le meilleur et pour le pire, contribuer à faire triompher les bonnes manières et les convenances transmises, pour ne citer qu'elle, par une ambassadrice de poids : Madame La Baronne Nadine de Rotschild, que je me permets de saluer au passage, lui demandant d'avoir l'obligeance de parrainer notre entreprise.

Bernard Bonnejean

Publié dans vie en société

Partager cet article

Repost 0

La situation des Palestiniens devient intenable !!!!

Publié le par Bernard Bonnejean

Appel de « Caritas Jérusalem »
Elle demande à la communauté internationale de s’engager concrètement

ROME, Mercredi 2 décembre 2009

Voici un article publié par Zenit qui met les choses au point sur les événements actuels en Palestine. Il s'agit d'un appel de Caritas international, c'est-à-dire du Secours Catholique, dont on ne peut pas dire qu'il soit proisraëlien ou propalestinien. Comme l'Eglise, comme toutes les Eglises, comme tous ceux qui veulent réellement et fermement la Paix au sein ou en dehors des religions, Caritas est du côté du faible contre le puissant et l'oppresseur, du côté du pauvre contre l'affameur, du côté de la victime contre le coupable. Je dédie personnellement cet article à tous les adhérents de Paix Maintenant qui croient vraiment en ce qu'ils croient, et ne crient pas à l'antisémitisme chaque fois qu'on dénonce une erreur politique grave du gouvernement israëlien ou d'un membre de la communauté juive de par le monde. Jamais nous n'oublierons les victimes de la barbarie nazie. Nous n'en avons pas le droit. Mais personne n'a le droit de revendiquer leur mémoire pour justifier l'inadmissible. Même pas les rescapés. Même pas leurs descendants. Vive la Paix !

Dans une déclaration publiée à l'occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, le 29 novembre dernier, Caritas Jérusalem fait appel « aux gouvernements et à la communauté internationale afin qu'ils fassent des pas concrets pour obtenir paix et stabilité sur cette terre ».

En même temps, elle les encourage à faire en sorte que « se traduisent dans les faits les résolutions de l'ONU, la question du droit international et les dispositions de la IVème conférence de Genève, de manière à ce que l'aspiration à un Etat palestinien ne soit pas seulement un rêve, mais un vrai espoir que l'on puisse transformer en réalité ».

Caritas Jérusalem souligne que « la situation, qui se dégrade de jour en jour à Gaza et en Cisjordanie, demande des actions immédiates, tant sur place qu'au niveau de la communauté internationale, étant donné que rien ne peut justifier la constante souffrance d'hommes, de femmes et d'enfants innocents ».

« Il est temps qu'Israéliens et Palestiniens fassent la paix, affirme le communiqué. Nous croyons que mettre fin à l'occupation et au conflit pour permettre aux deux Etats de vivre côte à côte est avoir une vision de paix, de justice et de réconciliation entre les deux peuples de la Terre Sainte, et que cela est encore possible malgré le désespoir et le découragement ».

Conditions précaires dans les territoires palestiniens

A l'occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, la Caritas dénonce « le déplacement de milliers de familles palestiniennes » qui, pendant plus de 60 ans, ont été privées « de leurs droits inaliénables à l'autodétermination », et le fait que l'Etat palestinien « n'ait toujours pas vu le jour ».

Elle déplore également que durant tout ce temps « la souffrance et la peine du peuple palestinien, et tant d'efforts politiques et autres initiatives, soient tombés dans l'oubli, tandis que la situation dans les territoires palestiniens reste inquiétante ».

Caritas Jérusalem condamne les graves limitations imposées quotidiennement par Israël, notamment à cause du « mur de séparation avec ses quelques 500 contrôles militaires et autres barrières physiques, qui continuent de fragmenter la société palestinienne au niveau territorial, économique, social et politique ».

Cette situation, relève-t-elle, « ne constitue pas seulement une flagrante violation du droit international, mais elle est aussi un grosse entrave à la paix et à la réconciliation ».

« Nous pouvons nous demander comment un processus de paix peut exister quand le tissu de la vie quotidienne est totalement détruit, souligne Caritas Jérusalem. Où les palestiniens, qui ont épuisé toutes leurs ressources, peuvent-ils trouver la motivation pour un dialogue qui leur permette de trouver de nouvelles voies les portant à la paix ? ».

« Nous sommes sûrs que la paix est possible, c'est pourquoi nous prions le Dieu de tous afin qu'il porte à tous ses fils de Terre Sainte, paix, justice et réconciliation », conclut le communiqué.

Merci à Samia Lamine, ma petite poétesse tunisienne-palestinienne, qui me permettra, sans se fâcher, de vous faire connaître cet hymne à Jérusalem.




Fayrouz_zahrat-elmadaaen

Aux Arabes, musulmans ou non, je fais don du texte  



لأجلك يا مدينة الصلاة أصلي                             

لأجلك يا بهية المساكن

يا زهرة المدائن يا قدس

يا مدينة الصلاة أصلي

عيوننا اليك ترحل كل يوم

تدور في اروقة المعابد

تعانق الكنائس القديمة

وتمسح الحزن عن المساجد

يا ليلة الإسراء, يا درب من مَروا الى السماء

عيوننا اليك ترحل كل يوم, وانني أصلي

الطفل في المغارة, وأمه مريم وجهان يبكيان…يبكيان,

لأجل من تشرَّدوا

لأجل اطفال بلا منازل

لأجل من دافع واستُشهد في المداخل

واستشهد السلام في وطن السلام

وسقط العدل على المداخل

حين هوت مدينة القدس

تراجع الحب وفي قلوب الدنيا استوطنت الحرب

الطفل في المغارة

وأمه مريم وجهان يبكيان… وانني أصلي

الغضب الساطع آتٍ وأنا كلي ايمان

الغضب الساطع آتٍ سأمر على الأحزان

من كل طريق آتٍ بجياد الرهبة آتٍ

وكوجه الله الغامر آتٍ آتٍ آتٍ

 

لن يقفل باب مدينتنا فأنا ذاهبةٌ لأصلي

سأدقّ على الأبواب وسأفتحها الأبواب

وستغسل يا نهر الأردن وجهي بمياه قدسية

وستمحو يا نهر الأردن أثار القدم الهمجيه

والغضب الساطع آتٍ بجياد الرهبة آتٍ

وسيهزم وجه القوّة سيهزم وجه القوّة

البيت لنا والقدس لنا

وبأيدينا سنُعيد بهاء القدس

بأيدينا للقدس سلام آتٍ

آتٍ آتٍ آتٍ

Je convie tous  les autres à prendre connaissance de la traduction de Samia sur son merveilleux site.


A bientôt, les Amis,   et VIVE LA PAIX !!!

Bernard Bonnejean

Publié dans poésie et politique

Partager cet article

Repost 0