Hommage aux barons Adolphe et Edmond

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Définition de la noblesse par l'exemple


 

 

Essayons de cerner notre sujet par la tangente. C’est qu’on ne peut expliquer la mer et l’océan, sans le fleuve, le fleuve sans la rivière, la rivière sans le ruisseau, le ruisseau sans la source…


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Les barons, dans le système féodal, sont issus des plus anciennes familles de France. En réalité, tout aristocrate de haut rang, du comte au duc, tient sa dignité et ses biens du roi et s’honore du titre de baron.  Napoléon en fit un titre héréditaire prestigieux, convoité mais sans vraie noblesse. Du moins, le croit-on.


C’est un baron qui écrivit ces quelques pensées que vous trouverez probablement honnêtes et lucides :


L'homme qui n'a rien à désirer est à coup sûr plus malheureux que celui qui souffre.

Tout bon citoyen a non seulement le droit, mais encore est obligé, de publier ce qu'il croit utile au bonheur de ses semblables.

Nous appelons désintéressé tout homme à qui l'intérêt de sa gloire est plus précieux que celui de la fortune.


Ce baron-ci s’appelait Paul Henri Dietrich (1723-1789), baron d’Holbach, d’origine allemande,  et sa baronnie était la philosophie, le bon sens, la fortune et l’érudition. On pourrait ajouter une grande liberté de pensée pour l’époque, car son athéisme, réfléchi et sincère, aurait pu lui coûter la Bastille.


 

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Certes, les mauvais esprits rétorqueront qu’il est aisé de parler de désintéressement lorsqu’on a réussi à troquer l’aumônière pour un lingot. C’est tout le drame de la richesse ou plus exactement de l’homme riche. Et c’est le moment où l’on cite ordinairement ce précepte christique : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! »  (Mc 10,25) Même Marx n’a jamais été si sévère ! Il est vrai qu’il était fort peu préoccupé de métaphysique.


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Un autre baron aurait commis cette pensée qui semblera énorme en cette période de crise :


« Un Rothschild qui n'est pas riche, pas juif, pas philanthrope, pas banquier, pas travailleur et qui ne mène pas un certain train de vie, n'est pas un véritable Rothschild »

 

C’est l’Express du 20 décembre 2007, dans un article intitulé « Les Rothschild, rois des banquiers", qui rapporte ces propos tenu par un autre baron : Edmond de Rothschild, descendant du juif ashkénaze allemand Mayer Amschel Rothschild, fondateur de la très célèbre dynastie.


 

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Edmond est un Rothschild de la branche française créée par James (1792-1868), l’initiateur de la grande banque de la rue Laffitte à Paris, collectionneur d’art, amateurs de chevaux et de vin, constructeur du château de Ferrières. Son fils soutiendra l’effort de guerre de 1870, une de ses œuvres moins connues, il est vrai, que le célèbre vignoble bordelais. Ses descendants combattront en 1914 et en 1940. Le baron Guy recevra la croix de guerre 1939-1945. Vichy spoliera allègrement la famille avec l’aide de l’occupant allemand. En 1953, le baron Edmond « riche, juif, banquier, travailleur… » crée le groupe LCF Rothschild et meurt en 1997, non sans avoir épousé l’actrice Nadine Lhopitalier, la vestale du savoir-vivre à la française.


 

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Et alors ?  

 

Alors, les plus observateurs auront remarqué que la citation du baron Edmond de Rothschild a été tronquée. Riche ? il l’était. Juif, il l’était aussi. Banquier et travailleur ? aussi. Et philanthrope !

 

Un seul mot oublié dans cette litanie et c’est la citation tout entière qui s’en trouve faussée. Philanthrope, « ami de l’homme », « ami du genre humain ».

 

Encore faut-il savoir le concret que recouvre ce vocable.

 

 

En 1886, le baron Adolphe de Rothschild, à la suite d’un accident où il a failli perdre la vue, décide de fonder un établissement hospitalier dédié à l’ophtalmologie, à deux pas des Buttes Chaumont. Mort avant d’avoir réalisé son œuvre, son épouse Julie Caroline mène le projet à son terme. La fondation Adolphe de Rothschild est inaugurée en 1905 « ouverte à toutes personnes, hommes, femmes ou enfants sans distinction de nationalité, de croyance, de religion ou d’opinion politique ». Reconnue d’utilité publique par Décret du 20 avril 1909, la Fondation, par la volonté d’Edmond, participe au Service Public  depuis 1990.


 

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En 1975, la Fondation est la première en France à utiliser le laser en chirurgie ophtalmique. Elle se dote d’un des premiers scanner et IRM.  Puis, on ouvre des services de neuro-chirurgie, de neuro-radiologie, de pédiatrie. En 2005, la Fondation crée la première équipe de Recherche technologique dans un hôpital avec le CNRS. En 2006, elle signe une convention avec l’hôpital Robert Debré : la couverture chirurgicale pédiatrique est assurée pour l’est et le nord parisien.


 

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Et c’est là, qu’en ce mois de juin-juillet 2010, Momo finit, avec l’aide des spécialistes, du Docteur C. qui se reconnaîtra, des infirmières, des aides-soignantes (merci Romana, merci Armelle, servantes des pauvres et des affligés, bras armés de Dieu) de se rétablir.


 

Merci, Monsieur le Baron ! Merci, pour votre noblesse !


 

Bernard Bonnejean

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