Merci (?), Docteur Marie-France Hirigoyen

Publié le par Bernard Bonnejean

 

le syndrome d'Arthur

 

Ne cherchez  ni dans le Larousse médical  ni dans la Légende du roi éponyme ni dans les programmes psychomédianalytiques pseudo freudo-lacaniens du type Delarue ou Dumas (pas Alexandre, pas Roland, Mireille) ! Un peu d’histoire littéraire britannique devrait vous aider à comprendre :


Tout le monde connaît Sir Conan Doyle. Ce médecin irlandais, installé à Portsmouth, a si peu de clients qu’il décide d’écrire. Des lettres à sa mère, d’abord, des contes et des récits ensuite. Ce n’est certes pas la gloire, mais sa plume lui permet au moins de payer son loyer.


Conan DOYLE

DOYLE Conan

 

À partir de 1885, déprimé par la misère qui l’entoure, il entend surmonter l’épreuve par le mariage et par l’écriture de vrais romans. Inspiré par Emile Gaboriau, le père du roman policier, il lance son personnage : Sherinford Holmes transformé bien vite en Sherlock Holmes. Il écrit Etude en rouge. Publié à Noël 1886, c’est un échec total. Conan Doyle s’en réjouit, qui veut écrire un livre sérieux et vraiment admirable. Il croit alors composer un chef-d’œuvre : Micah Clarke. Un éditeur l’accepte pour peu que l’auteur daigne l’abréger de près de 200 pages ! Le docteur et sa famille ont faim : on ampute le volume qui obtient un succès très relatif. Doyle persiste à poursuivre ses efforts dans cette direction : une histoire de la Révolution française, une étude sur le Pérou, une autre sur la chevalerie.


Cependant, Sherlock Holmes fait des siennes aux Etats-Unis. Il obtient un tel triomphe à son auteur que ce dernier peut s’installer comme ophtalmologiste dans le Londres des beaux quartiers.


http://footorama.blog.lemonde.fr/files/2008/06/sherlock_holmes_-_the_man_with_the_twisted_lip.1213634354.jpg



Doyle est désespéré. Il voulait être admiré pour ses livres sérieux. Les éditeurs lui réclament du Sherlock Holmes. Conan Doyle a une idée : les lecteurs du Strand qui suivent les aventures du héros en feuilleton apprendront bientôt sa mort ! Arthur Conan Doyle a failli mourir avec lui. On l’oublie, lui et ses romans historiques. Ecœuré, il consent à ressusciter l’écossais à la pipe, contre une somme pharamineuse de cinq mille dollars.


Sherlock Holmes a tué l’écrivain Sir Arthur Conan Doyle.


Mon cas sur ce blog est pire encore. Depuis le 30 janvier 2009, j’ai écrit 76 articles. Les commentaires sont en général élogieux. Mais un, surtout, emporte l’adhésion générale au point d’être lu tous les jours par le plus grand nombre de lecteurs et de lectrices : Portrait psychologique du pervers narcissique du 6 avril. Je devrais être content ? Je le serais davantage si j’en étais l’auteur !!!


J’ai pourtant prévenu en tête d’article : « J'ai cherché à en savoir plus et suis tombé sur cette définition, brillante et objective, d'une certaine Mme Hirigoyen. Vous trouverez les références en fin d'article. Ma contribution se réduira à mettre en relief les mots clés de cette brillante analyse qui, franchement, fait froid dans le dos.


Docteur Marie-France Hirigoyen dois-je vraiment vous remercier ? Et de quoi vous remercierais-je ? Pour votre pénitence, cher Docteur, faites-moi le plaisir de baptiser mon trouble psychologique subi de ce nom-là et d'en développer la définition suivante :

créatif, esprit

Illustrations de Image Zoo

 

 

 

Le syndrome d’Arthur est caractérisé par un état  de frustration prolongée provoqué par une admiration imméritée pour un geste, un acte, une parole, un ouvrage etc., attribués par erreur à un sujet créatif qui aimerait en vain se voir apprécié pour sa création personnelle. Une forme plus connue chez les créateurs professionnels consiste à subir la même frustration engendrée par une admiration considérée comme illégitime par le sujet qui souhaiterait la voir reportée sur d’autres objets dont il est l’auteur et qu'il juge plus dignes d'attention, d'éloges ou de récompenses.


Merci quand même, Madame Marie-France Hirigoyen


 

 

 

Merci à vous, chères lectrices victimes et bourreaux de lecteurs, que vous n'êtes ni toutes ni tous !!!


A bientôt, les ami(e)s


Bernard Bonnejean

Publié dans culture humaniste

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Bernard Bonnejean 16/05/2009 18:38

Mon cher Denis,

Que répondre à votre question ? Une autre question : qu'avez-vous fait de votre oedipe ?

A bientôt,

Bernard

Bernard Bonnejean 16/05/2009 13:08

SPECIAL INFO

M078400273 MLLE BONNEJEAN Aline Catherine Lucia ADMISSIBLE

C'est ma petite nièce à moi, ça !!!
Bravo Aline. Je croise les doigts

Tonton Bernard

zodo 16/05/2009 10:33

bonjour bernard, toute une reflexion psychologique et philosophique. la misère et le rêve ne sont pas compatibles . que fera d'athur de son syndrome?