Ah non ! Ce n'est pas Fort !!

Publié le par Bernard Bonnejean

Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière

 

 

Maintenant que l’orage est passé, que l’ensemble de la presse dite « du monde libre » a pu se défouler, comme elle en a encore le droit, avec l’assentiment et la complicité de la quasi-totalité des partis politiques, des syndicats, des médecins, et de certains hommes d’Eglise, permettez-moi d’oser faire le point avec vous.

 

 

Sincèrement, croyez-vous que dans notre monde libéral, dans tous les sens du terme, nous pourrons maintenir les reliefs d’une civilisation multiséculaire au rythme où nous avons décidé de vivre ? Nos valeurs occidentales ? Le fric et le sexe ! D’ailleurs, ceux qui détiennent l’un ne manquent généralement pas de l’autre. Ce qui devrait nous faire horreur ne nous étonne même plus. La pornographie à tous les niveaux, notamment sur Internet, est devenue à ce point banale que c’est la virginité qui nous étonne ! Les listes de « spécialités » s’allongent au fur et à mesure des années et, pour ne pas être bégueule, je suis sidéré des trouvailles des vendeurs de chair humaine. Pas la peine, je pense, de vous faire un dessin !

 

C’est vrai que nous vivons dans un monde très particulier, où les choses vont plus vite que nous le pensions. La pornographie a maintenant atteint un rythme très inquiétant. Et peu de gens s’engagent à la dénoncer. Le triste constat est que la majorité est consentante à la pornographie sous prétexte qu’elle est conforme à notre nature sensible et à nos désirs bafoués par les préceptes sociaux et religieux. Il suffit maintenant de dénoncer, ne serait-ce que hautement, ce dangereux phénomène pour qu’on soit taxé de complexé ou d’hypocrite. Le pire est qu’aussi la pornographie se manifeste dans les appareils cellulaires (portables...) et certaines danses. Sans oublier certains films et publicités. Tout se passe maintenant comme si les femmes prenaient plaisir à montrer leur corps, à séduire, à danser lascivement, à coucher avec tout homme qui leur fait des avances. Tout se passe comme si le sexe était devenu monnaie courante et gratuite. Sans oublier le fait que certains en font leur gagne-pain. Les conséquences de la pornographie sont incalculables. Et ce sont les enfants et les femmes qui payent les pots cassés. Les hommes quant à eux se sentent irresponsables. Même si on note des procès intentés contre des agresseurs sexuels, le mal est toujours grandissant. Certaines vertus comme la contenance, la pudeur, la décence... semblent maintenant déserter nos sociétés. On ne sait maintenant plus quelles valeurs inculquer à nos chers et innocents enfants et comment les mettre à l’abri du mal pornographique qui envahit l'intérieur et l'extérieur de nos maisons

Un anonyme canadien.

 

Et voilà que Benoît XVI, pour nous catholiques représentant de Jésus sur la terre, le chef de notre Eglise, vient nous prévenir : nous allons mourir parce que nous avons perdu nos repères. Et il explique à des journalistes en mal de sensations fortes que le préservatif n’est pas la solution aux problèmes du SIDA. Tollé général ! De quoi se mêle cet octogénaire, allemand, ancien membre des Jeunesses hitlériennes, célibataire, dont un article, extrait du très sérieux journal catholique Communio, aurait été reproduit dans une revue néonazie !! Pas meilleur que les autres, j’ai mal réagi aux paroles du Pontife. Puis j'ai réfléchi et je clame haut et fort : Non, ça ne peut plus durer !

 

Aujourd’hui, sur Antenne 2, Madame Alliot-Marie nous apprend que désormais les serveurs Internet pourront interdire les sites pédophiles. ENFIN !!!! Eh bien, non, ce n’était pas encore fait !!! Alors, on peut hurler à la dictature, au retour à l’obscurantisme et à la morale vichyste. J’ai toujours cru, pour ma part, deux choses :

 

Que, comme dit Aragon, la femme est l’avenir de l’homme et que si les femmes se comportent comme des hommes obnubilés par le sexe, c’en est fini du monde libre.

Que la liberté en matière de mœurs doit comporter des limites infranchissables et qu’il faut avoir le courage de défendre les valeurs ancestrales : l’amour, le mariage, le respect de soi et des autres... Ce qui n’implique nullement que j’aie la moindre prévention contre l’homosexualité. Ni que le pape veuille la mort des homosexuels en les privant de préservatifs !!!

 

Je choisis la période électorale où l’on voit une France déboussolée s’apprêter à bouder une certaine Europe qui ne répond plus du tout à leur attente pour dire ce que j’ai à dire.


Entendons-nous bien ! Je ne suis pas assez bête ni assez odieux pour me poser en accusateur ni en juge. Je n'en ai vraiment pas le droit !!!! Je veux seulement tenter de nous sauver d'individus qui simulent d'entreprendre notre bonheur et qui nous conduisent à notre perte. Pour de l'argent ! Le malheur est qu'ils manipulent les médias qui, de ce fait, se trompent de cibles. 



Le reste, je le laisserai à un dignitaire de l’Eglise catholique, un courageux s’exprimant en homme responsable. Qui a des oreilles pour entendre, entende ! A bon entendeur, salut !

 

« Le jugement le voici : la lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jn 3, 19). Ecoute, Israël, combien la Parole de Dieu est actuelle : « Vivante en effet est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu'aucun glaive à deux tranchants ... elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4, 12).

La lumière est venue dans le monde, « et le monde ne l'a pas reconnu » (Jn 1, 10), et il l'a prise en haine (cf. Jn 15, 18) ; « Il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas accueilli » (Jn 1, 11), et même, « ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline ... pour l'en précipiter. Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin » (Lc 4, 29-30).

Le lynchage médiatique dont l'Eglise et le Saint-Père ont fait l'objet ces dernières semaines sont comme une illustration de ces paroles toujours actuelles : « Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront » (Jn 15, 20). Les juges ont besoin aujourd'hui comme hier de « faux témoins », comme ceux qui se levèrent devant le Sanhédrin pour condamner Jésus, en déformant ses propos (cf. Mc 14, 57-58). Si Jésus, le communiquant par excellence, n'a pas échappé à la mauvaise foi des hommes, pourquoi nous étonner que l'Eglise

soit traitée ainsi ? Loin de se soumettre aux lois de la communication humaine que l'on prétend lui imposer, l'Eglise ne peut se soustraire à sa mission prophétique. N'appelons pas « bourde » ou « gaffe », ce qui n'est rien d'autre qu'un témoignage rendu à la Vérité.

Ainsi en est-il des propos, remplis de vérité et de compassion, du Saint-Père sur les moyens de combattre le Sida. Les journalistes, dont certains appartiennent à la presse dite catholique, se sont emparés une fois de plus d'une petite phrase ; des politiques, souvent esclaves de l'opinion, ont renchéri, sans aucun discernement, et dénoncé les « propos irrecevables » du Saint-Père et le « discours irresponsable de l'Eglise ».

 

Editorial Ouest-France

vendredi 27 mars 2009

Pourquoi cet acharnement contre Benoît XVI ?

Il est difficile d'appartenir à l'Église aujourd'hui ! Le retentissement médiatique de plusieurs affaires met les catholiques en difficulté. Le pape Benoît XVI est plus particulièrement visé, taxé de tous les maux. Alain Juppé lui-même ose proclamer sans sourciller : « Ce pape commence à poser un vrai problème ! »

Ayant été moi-même surpris et choqué par les propos du pape rapportés par les radios, je me suis résolu à aller voir les propos réels du pape dans l'avion, à savoir la question posée par un journaliste de France 2 et la réponse de Benoît XVI, rapportés par l'Agence Zenit (et publiés sur le site ouest-france.fr).

On note que les propos écrits du pape (préparés par lui sur des questions communiquées avant) sont plus atténués que les propos oraux qu'il a eus. Le pape a dit à un moment : «... S'il n'y a pas l'âme, si les Africains ne s'aident pas, on ne peut le résoudre en distribuant des préservatifs. Au contraire, ils augmentent le problème » (au lieu de : « le risque est d'augmenter le problème »).

Certes, le pape aurait pu rappeler le « tu ne tueras pas » et la nécessité de prendre les moyens de préserver la vie des autres et la sienne, en cas de danger. Dans L'Express du 9 décembre 1988, le cardinal Lustiger avait déclaré : « Il faut aider la nouvelle génération : elle désire découvrir la dignité de l'amour. La fidélité est possible. Tout véritable amour doit apprendre la chasteté. Des malades du sida sont appelés, comme chacun de nous, à vivre la chasteté, non dans la frustration, mais dans la liberté. Ceux qui n'y parviennent pas doivent, en utilisant d'autres moyens, éviter le pire : ne donnez pas la mort. » Le journaliste reprend : « Un pis-aller, le préservatif ? » Le cardinal répond : « Un moyen de ne pas ajouter au mal un autre mal... »

Des questions demeurent : pourquoi cet acharnement contre Benoît XVI, y compris des politiques ? Qui a pu lire réellement la version complète du texte pour juger ? Il y a, dans ce texte, des tonalités humaines réelles sur l'humanisation morale et spirituelle à promouvoir et sur le soutien des malades réalisé au jour le jour par les Églises africaines. Les médias ont-ils rapporté que, dès son arrivée à l'aéroport, Benoît XVI avait demandé aux chefs d'État la gratuité des soins pour les sidéens ?

De plus, quel homme politique a saisi les médias pour demander l'engagement financier de la France pour l'aide pharmaceutique aux séropositifs et aux sidéens en Afrique ? Que signifie la passion (allant jusqu'à la haine) autour de cette affaire ? La question du préservatif est, certes, très sensible en France, dans un pays se voulant libre dans ses comportements intimes, mais sensible à cette tragédie !

Quant à la question de savoir si la diffusion du préservatif est la seule façon d'endiguer le sida, comme l'a dit Roselyne Bachelot, cela me rend perplexe ! J'ai accompagné, dans ma vie de prêtre, des personnes séropositives. J'ai remarqué que ces personnes avaient davantage besoin de soutien humain et spirituel, pour vivre une recherche d'amour vrai dans des sexualités souvent difficiles, que d'une éducation à la prise du préservatif. Pourquoi, en Afrique, cela serait-il différent ?

Jean-Michel Moysan,
Prêtre, aumônier d'hôpital, formateur, Brest.

 

Fils et filles de l'Eglise, nous pouvons garder la tête haute, car les propos du Pape ont été confirmés par les évêques d'Afrique et par les chefs d'Etat de ces pays où le Sida fait des ravages, dénonçant le « racisme latent » de ces occidentaux qui voudraient leur imposer leurs schémas mortifères, au nom de la sacro-sainte licence sexuelle ou bien du matérialisme mercantile dont on voit bien à qui il profite. Un discours qui ne résiste pas à l'évidence des faits : selon les statistiques de l'OMS, les pays d'Afrique où le taux de distribution des préservatifs est le plus fort, la progression du SIDA est la plus élevée ; là où les catholiques sont plus nombreux et où l'on prône en priorité l'abstinence et la fidélité – y compris dans les programmes gouvernementaux –, et le préservatif en dernier recours, le SIDA est en très nette baisse, comme au Burundi ou en Angola. Devant la partialité, voire la falsification de certains medias, les catholiques doivent aller à la source de l'information et communiquer autour d'eux par tous les moyens, à commencer par l'Internet.

 

Mais, en dernière analyse, il faut accepter de souffrir pour le nom du Christ et ne pas s'étonner de ces campagnes de dénigrement : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait » (Jn 15, 19). « Mais gardez courage, nous dit Jésus, j'ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).

 

Non, ce n'est pas signé Mgr Fort, d'Orléans, mais

+ Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron

et j'approuve (en espérant ne pas vous perdre).

A bientôt, les amis

Bernard Bonnejean

 

Publié dans culture humaniste

Commenter cet article

Bernard Bonnejean 28/05/2009 21:12

Chère Catherine,

Bien content de vous revoir !

Vous craignez de ficher la pagaille chez moi ? N'ayez crainte : j'y arrive bien tout seul, mais rien ne vous empêche de me filer un coup de main, ou de plume...

Votre "truc en plume" d'aujourd'hui est parfaitement exact : Lucifer a commencé sa carrière en bon ange, "porteur de lumière" c'est tout dire ! Et puis est venue l'hubris, le fameux orgueil démesuré du héros grec qui veut se faire aussi puissant que Dieu en devenant désobéissant. Il aurait dit "non serviam", en latin dans la vulgate, c'est-à-dire "plus question d'obéir" ! Comme un gosse ou un ado qui, un jour, vous regarde et vous dit : "J'en ai marre d'obéir tout le temps". Et Lucifer est devenu mortifère, car c'est lui qui donne la mort.Mais LA FEMME lui écrasera la tête au dernier jour : le bien aura vaincu le mal.

Pour d'autres leçons de catéchime, prévenir quelque temps à l'avance que j'aie le temps de trouver les références précises. Merci.

Bernard

Catherine 28/05/2009 16:18

" La lumière est venue dans le monde, et le monde ne l'a pas reconnu (Jn 1, 10), et il l'a prise en haine (cf. Jn 15, 18)"

Dites, Bernard, c'est pas pour flanquer la pagaille chez vous, que je dis ça, mais enfin le "porteur de lumière", celui qui est haï, c'est Lucifer (luce = la lumière), le Prométhée des anciens Grecs... C'est bin vrai que les voies de Dieu sont impénétrables.