Je suis ERNEEN

Publié le par Bernard Bonnejean

et quand je lis ça, je suis pourri d'orgueil rétroactif.


Deux familles mayennaises reconnues comme Justes

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Raphaël Fresco avec Jenny et Jacky.


Trois personnes vont recevoir la médaille de Yad Vashem, ce dimanche à Ernée. Leurs parents avaient caché et sauvé des juifs sous l'Occupation.



L'histoire

 

La médaille des Justes parmi les Nations est décernée par l'Institut Yad Vashem, basé en Israël à Jérusalem, à ceux qui, au péril de leur vie, ont caché et sauvé des juifs sous l'Occupation. Gérard Lemonnier, maire d'Ernée ; Louis Gauffre, maire de Saint-Pierre-des-Landes ; ainsi qu'un diplomate de l'ambassade d'Israël, Élisabeth et Gérard Goldenberg, délégués régionaux du Comité français de Yad Vashem, seront réunis à l'espace Clair-de-lune, dimanche à Ernée.


Ils remettront, à titre posthume, une médaille aux Ernéens Marie-Louise et Auguste Fauque, représentés par leur fille Suzanne, et aux Pierrolandais Françoise et Michel Rousseau, représentés par leur fils Joseph, pour avoir sauvé les familles Fresco et Namer.


Exode et arrestation

Au début du XXe siècle, les familles Fresco et Namer, judéo-espagnoles, quittent l'actuelle Turquie pour s'installer à Paris, puis à Charleville, dans les Ardennes. Ils sont commerçants ambulants et possèdent aussi un magasin de linge et de vêtements.


Des amis ardennais les introduisent en Mayenne au mois d'octobre 1939, via un épicier de Laval. En pleine « Drôle de guerre », ils font les marchés du Mans à Ernée. Quand les Allemands percent à Sedan et défont les troupes françaises, les familles se voient contraintes de suivre l'exode de millions de personnes, vers le sud de la Loire.


Le 17 juin, ils arrivent à Lonzac, dans la famille d'un frère qui mourra plus tard en déportation, à Auschwitz. Ils n'y restent que quelques jours et reviennent à Laval. Obligés de se faire recenser comme juifs en 1940, de cesser leur activité commerciale en 1941 et de porter l'étoile jaune en 1942, à laquelle les Turcs ne sont pourtant pas astreints, ils sont arrêtés.


Les voilà internés à Mulsanne, près du Mans. Or les Turcs ne peuvent être arrêtés, puisque leur pays est neutre... Dans la confusion, les Allemands libèrent toute la famille, alors que seuls les aînés sont Turcs. La famille rentre à Laval, dans leur domicile mis à sac par la gestapo.


Leurs amitiés lavalloises leur permettent de survivre. Jusqu'en 1943, où une lettre les avertit que la Turquie abandonne ses ressortissants juifs aux Allemands. Il faut se cacher ! Un ami commerçant, un résistant, les met en contact avec le réseau d'Ernée conduit par Pierre Le Donné, garagiste. Celui-ci mobilise ses contacts en campagne. Salomon Fresco, sa soeur Annette Namer, et son fils Jacky, âgé de cinq ans, sont d'abord cachés à la ferme du Domaine, chez Françoise et Michel Rousseau.


Nissim et Eugénie Fresco, leur fils Raphaël, Solange et sa mère, Jeannette Niego, la petite Jenny âgée de quatre ans, se cachent dans une maisonnette mise à leur disposition par la famille Fauque, au lieu-dit le Petit Poirier.


Le Domaine, premier quartier général de la résistance locale et lieu de passage pour de nombreux réfractaires, est dangereux. Toute la famille se retrouve alors au Petit Poirier, se partageant une pièce et un grenier.


Rester muet


Pour leur éviter de se faire repérer en ville, Pierre Le Donné, Marie-Louise, Auguste Fauque et les Rousseau les ravitaillent. Des amitiés se nouent. Mais il faut rester muet... Les enfants ne diront jamais rien, surtout à l'école. Des rendez-vous sont donnés grâce aux poteaux téléphoniques numérotés par René Justin.


En juin 1944, des membres du réseau sont arrêtés à Larchamp, par la milice, et à Fougères, par la Feld gendarmerie. Ils seront torturés, puis fusillés, sans avoir parlé. René Justin reprend le flambeau et installe un nouveau quartier général à Montenay. Des sabotages, puis des prises de contact avec l'avancée américaine sont opérés, pour hâter la Libération.


La famille entend les tirs d'artillerie et les combats qui font rage lors de l'arrivée des Américains, au soir du 4 août 1944. Le lendemain, René Justin conduit les Américains de Saint-Hilaire-du-Harcouët à Mayenne. L'après-midi du 6 juin, toute la famille est à Ernée pour voir passer la troupe des libérateurs. Juchée sur les épaules de son père, la petite Jenny applaudit. Elle devient secrétaire générale de Yad Vashem en France, pendant dix ans, jusqu'en 2009.


Dimanche à 11 h, à Ernée, dans une cérémonie privée, Jenny Lanuerie, mariée à Jean-Yves Laneurie, enfant orphelin et rescapé de la Shoah, remettra la médaille des Justes au représentants des familles qui leur ont sauvé la vie.



Ouest-France



Tenez, parce que vous êtes sages, et que vous ne direz pas que je veux ici récupérer une notoriété qui ne m'appartient pas, je vais vous faire un cadeau.

A quoi ressemblait Ernée sous l'Occupation et juste après la guerre ? J'ai retrouvé cette vue aérienne, assez rare, je crois, à cette époque, de cette petite ville qui comptait, si mes souvenirs sont bons, environ 4000 âmes.

Cette photo m'appartient, ou plutôt elle appartient à ma famille et nous vous en faisons cadeau. Copiez-la, reproduisez-la : elle est libre de droit. A moins que dans la société mercantile dans laquelle nous vivons, le photographe qui l'a prise et l'aviateur qui le conduisit, ne se réveillent pour demander des comptes. Pas eux, en personne, mais les ayant-droits. Ah ! les ayant-droits !

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Juste un mot, pour finir, et parce que ça me démange terriblement : notre papa à nous, alors père de six enfants, lui aussi réfugié de l'Aisne et interné avec sa famille dans les "barraquements", constructions de fortune érigés à la va-vite et à la va-comme-je-te-pousse par des autorités complètement dépassées par les événements, mon papa était plus que copain avec un certain M. Fauque que personnellement, né en 1950, je n'ai pas connu. De la même façon que je suis fier de M. Fauque, en tant qu'Ernéen, je suis fier de mon papa et, en tant que sorte d'ayant-droit, je suis aussi fier d'être moi. Et honni soit qui mal y pense !

Bernard Bonnejean

 

Cérémonie touchante aux Justes de la Nation


Suzanne Faucon (à gauche sur la photo) n'avait que 9 ans quand ses parents ont hébergé la famille Fresco et Namer. Elle s'était liée d'amitié avec la petite Jenny qui n'avait que 5 ans à l'époque.

Suzanne Faucon (à gauche sur la photo) n'avait que 9 ans quand ses parents ont hébergé la famille Fresco et Namer. Elle s'était liée d'amitié avec la petite Jenny qui n'avait que 5 ans à l'époque.

Pendant la seconde guerre mondiale, deux familles d'Ernée et de Saint-Pierre-des-Landes ont    caché une famille Juive. Pendant la seconde guerre mondiale, deux familles d'Ernée ont caché une famille juive. Elles ont été honorées hier, dimanche.


Ce devait être une cérémonie privée. Près de deux cents personnes étaient quand même au rendez-vous à l'espace Clair de lune d'Ernée, dimanche matin, pour la remise des médailles des Justes de la Nation. Les Justes, ce sont ces personnes courageuses qui, pendant la deuxième guerre mondiale, ont, au péril de leur vie, caché et sauvé des juifs. À Ernée, Marie-Louise et Auguste Fauque, et Françoise et Michel Rousseau, ont été décorés à titre posthume pour avoir sauvé les familles Fresco et Namer.

« J'ignorais tout de l'existence de telles personnes ici à Ernée », a insisté le maire, Gérard Lemonnier. Et pour cause. Les époux Fauque n'ont jamais parlé de leur vivant. Leur fille Suzanne qui, à l'époque n'avait que 9 ans et avait sympathisé avec la petite juive Jenny alors âgée de 5 ans, n'a jamais rien raconté. Quelques mots à peine à son époux. « C'est lourd de vivre et de grandir avec un tel secret, a repris le maire. Un secret qui n'a été dévoilé que bien tard, comme si la vie de son amie Jenny dépendait encore de son silence. »


On dénombre près de 23 000 médailles décernées par le comité Yad Vashem, dans 42 pays. En Mayenne, une trentaine de familles sont reconnues pour avoir sauvé des juifs des camps de la mort. « Mais il est bien difficile de retrouver les traces de tous les Justes, reconnaît Marc Betton, historien local qui a redonné vie à cette histoire. À Ernée, je sais que deux autres familles ont hébergé des enfants. Mais je ne retrouve pas leurs traces, les témoignages manquent... »


Une enquête bien difficile à réaliser car souvent, ces Justes qui ont « sauvé l'honneur de la France », ne se sont pas fait connaître. « Mes parents trouvaient que ce qu'ils avaient fait était normal, expliquait Suzanne Faucon, très émue. Ils n'auraient jamais accepté qu'on les mette en avant pour ça. »


Sophie DELAFONTAINE.
Ouest-France

 

Publié dans Politique inclassable

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Fathia Nasr 30/12/2009 22:51


Bonsoir Bernard, je suis contente que tu as reçue ma lettre, et de m'avoir répondu, je voulais te poser la question hier sur ton blog, mais j'ai oublié, je te souhaite une bonne année 2010, et
surtout profite-en pour être heureux, gros bisous


Bernard Bonnejean 30/12/2009 06:31


Tendre et forte Fathia,

Cher bijou d'Orient, perle du Morocco, j'ai bien reçu ta lettre et en ai été bouleversé !

Il va me falloir la lire plusieurs fois pour en dégager toutes les saveurs, sucrées et amères.

Ne te décourage pas ! Tu es sur la voie de la Vérité et dis-toi que le mépris, réponse des faibles et des impuissants, ton fils en fera une arme de combat pour Dieu et son pays.

J'entends qu'il y ait une suite à ton envoi, mais par courrier privé, même si je mets toute ma fierté à te répondre sur mon blog, pour signifier publiquement le prix que j'attache à ton amitié et à
ta personne.

Je vous embrasse tous, ta famille et toi,

Bernard


Fathia Nasr 30/12/2009 03:19


Bonsoir Bernard, un passage tardif comme d'habitude,une douce pensée à mon ami l'écrivain surtout à ces jours de fin d'année, je te souhaite mes meilleurs voeux, beaucoup d'amour, de bonheur et
surtout la bonne santé, bises