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6 articles avec politique francaise

Lettre électorale ouverte aux croyants

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Pourquoi vous ne pouvez pas
 
voter Hollande

Depuis maintenant des mois, pratiquement sans discontinuer, les croyants (chrétiens catholiques, protestants, orthodoxes et musulmans modérés) sont confrontés à des attaques permanentes contre leur religion et leur foi. La mesquinerie et la bêtise tiennent lieu d'argumentation à des spectres de l'anticléricalisme du petit père Combes. Parce que nous croyons en Dieu, il nous serait impossible d'avoir l'esprit assez ouvert pour accueillir les progrès sociaux, médicaux et scientifiques. Nous serions tellement intransigeants, tellement obtus et focalisés sur nos messes en latin que nous en oublierions les Droits de l'Homme, le respect des individus et le droit à l'altérité. Notre philosophie, finalement, pourrait se résumer à un slogan « plutôt Dieu que l'homme » parfaitement inepte, à l'opposé de l'humanisme chrétien de la Renaissance dont Érasme est la grande figure et dont nous sommes héritiers. Qui, de nos jours, serait assez sot pour taxer Érasme  d'obscurantisme ? Sait-on seulement que l'humaniste chrétien Érasme fait la conjonction entre la religion et la liberté fondée sur la Grâce divine ? Et qui sait aujourd'hui qu'en son temps on le trouva antisémite, car opposé à l'hébreu comme langue des seuls juifs considérés comme schismatiques ? Décidément, rien n'est simple au regard de l'histoire, même en période électorale.

 

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Le fait est que la discussion est impossible sur les forums et les groupes sociaux. Avant même d'avoir levé le ton pour faire entendre une voix discordante au milieu de ce consensus bâti sur la négation de tout un patrimoine culturel, vous voilà rangé dans un système ignoble monté de toutes pièces par des « théoriciens » peu regardants : « Catholiques = pédophiles ; musulmans = terroristes sous cape, ou sous burqua ; tous intégristes et antisémites ». Il faut dire, avec fermeté, que certains medias ont pris un malin plaisir à relayer les âneries de Caroline Fourest, ancienne élève de l'école catholique, et  « l'humour » irrévérencieux et très ciblé de Philippe Collin. Ajoutons que Philippe VAL et Jean-Luc HEES, respectivement directeur de France Inter et président de Radio France, éminemment choqués par les propos de Stéphane GUILLON et de Didier PORTE au point de les licencier, n'ont jamais rien trouvé à redire aux caricatures parfois insultantes des deux férus de neutralité laïque. Mais soyons honnête : si je reconnais volontiers le courage de la chroniqueuse, également hostile à la morale catholique et à l'universitaire islamologue Tarik RAMADAN, je serais tenté de croire que l'animateur brestois ne s'attaque qu'aux fidèles dont la religion impose le pardon des offenses. Situation somme toute assez confortable et sans grand danger par les temps qui courent.


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Jean Paul II et Mehmet Ali Ağca
 

Personnellement, j'ai tenté, en vain, de discuter sur facebook avec de dignes représentants du Front de gauche et quelques « socialistes libéraux ». Tout s'est très bien passé jusqu'au moment où j'ai cru bon de placer mes opinions sous l'autorité, pour moi inconstestable, de la foi religieuse à laquelle j'adhère totalement. Bien que j'aie pris garde de ne pas me reférer au pape, ce fut le tollé. On me renvoya au pied du mur avec cette élégance qui caractérise les tenants d'une laïcité altérée, sous prétexte que j'étais l'objet de « fantasmes délirants ». Entendez par là les croyances sur lesquelles nous avons fondé notre existence, juifs, chrétiens et musulmans pratiquants, depuis parfois plusieurs millénaires. 

Comment pouvais-je prétendre condamner le blasphème contre Jésus ou Mahomet dans le pays des fameux « Droits de l'homme » ? Moi, qu'on dit « intellectuel » uniquement pour les besoins de la cause, comment ne pas avoir compris que la croix du Christ plongée dans la pisse n'était autre chose que de l'art contemporain ? Plus scandaleux encore, comment justifier mon soutien à des chrétiens traditionnalistes qui manifestaient contre une pièce intitulée Sur le concept du visage du fils de Dieu d'un certain Roméo Castellucci qui défendit son chef-d'œuvre scatologique comptant sur « l'intelligence et la sensibilité de chacun des spectateurs » ? Faut-il être assez aveugle pour ne pas voir là une façon détournée de ramener l'affaire à une opposition entre artistes sensibles et intelligents contre catholiques sans cœur et particulièrement imbéciles ? Personnellement, moi qui ne suis pas ennemi de toute provocation, je convie monsieur Castellucci à nous faire une pièce hautement artistique où l'on montrerait un acteur déféquant sur la scène du théâtre de Drancy avec, à la fin du spectacle, un voile noir excrémentiel coulant sur un portrait de Ben Gourion ou de Sharon. Chiche ! Je les entends d'ici ceux qui ont rejeté d'un air outragé l'accusation de christianophobie hurler à l'antisémitisme et à l'atteinte aux Droits de l'homme. Ce n'est pas la même chose ? Et pourquoi donc ? 


christ_croix.jpg « Le sang des martyrs est devenu la semence du christianisme. Car par le martyr, c'est Dieu qui est condamné. Mais par son sang, c'est l'amour qui est répandu sur la terre et de cette terre, il n'y a que la vérité qui germe et qui survivra.  »

Père Sabri Anar, Curé de la paroisse catholique chaldéenne saint Thomas de Sarcelles. 

 

Mesdames, Messieurs, je vous convie à revoir le plus tôt possible ce que peut être la laïcité que vous vous figurez synonyme d'ostracisme. Vous n'avez aucune idée de la grandeur de ce concept, moins hérité de la loi de 1905 que du siècle des Lumières et de l'esprit de l'évangile. La laïcité, que vous remâchez à longueur de journée comme un schewing-gum devenu insipide, n'est pas le rejet des religions, elle en est au contraire le défenseur. La laïcité française, chers amis, a permis que nous vivions ensemble harmonieusement, quelles que soient nos religions respectives (j'y inclus l'athéisme et l'agnosticisme), sauf dans les moments dramatiques de notre histoire où la morale et la foi étaient placées au second plan. Vous sentiriez-vous mieux si nous, croyants, nous étions baillonnés, sommés de nous taire ou pire, condamnés à nous autocensurer pour éviter la calomnie et des formes plus insidieuses d'intolérance ? 

Et pourtant, nos dogmes et notre foi nous imposent au nom du respect de valeurs fondamentales inscrites dans nos credos ou consécutives à nos convictions de rejeter ce que, précisément, vous considérez à tort comme des avancées. Vous avez retenu des mots et en avez oublié le sens. Qu'est-ce que les Droits de l'homme, que l'on a cru bon de décliner à l'infini par des précisions parfaitement inutiles en Droits de la femme, Droits de l'enfant, Droits des personnes âgées, etc. ? Qu'est-ce que ces droits « fondamentaux » qui commencent par bafouer le droit le plus élémentaire à la civilisation. J'entends ce mot dans sa vraie signification, non dans un travestissement sémantique à la Guéant.

 

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C'est précisément au nom de la Civilisation que nous, catholiques de France, croyants de France, nous devons nous rassembler derrière un candidat qui respecterait les valeurs morales, non parce qu'elles sont inscrites dans un catéchisme ou un code, mais parce qu'elles fondent notre société. C'est au nom de la Civilisation que nous devons refuser, même au prix de notre tranquillité, les lois liberticides (le laxisme n'est pas la liberté) que s'empresserait de voter une nouvelle majorité dès son installation au pouvoir. Tout est inscrit dans le projet socialiste 2012, plateforme commune du parti socialiste que peu ont lu. D'ailleurs, pour peu qu'ils l'aient lue ils n'en ont pas vu les dangers dans les excès possibles à venir :

2.1.4 égalité des genres et des familles

En l’absence d’une reconnaissance des familles homoparentales, les analyses précises font défaut. On estime cependant que plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’enfants sont concernés par des situations homoparentales sans être protégés par des liens de filiation reconnus.

Nous ouvrirons pour tous les couples le droit au mariage. Nous autoriserons l’adoption pour tous les couples qui présenteront un projet parental cohérent (mariés, pacsés, concubins, homosexuels ou hétérosexuels). Nous renforcerons le Pacs, grande réforme de la gauche, qu’il s’agisse des congés pour événements familiaux, de la protection sociale complémentaire, du droit au séjour ou de l’enregistrement à la mairie.

2.1.5 Accès à la parentalité : encadrer et accompagner les évolutions de la société

Le rôle d’un gouvernement responsable est de promouvoir de nouveaux droits pour permettre des avancées médicales et sociétales tout en protégeant la dignité des êtres humains. En matière d’Assistance médicale à la procréation (AMP) et d’accès à la parentalité, notre société doit trouver un équilibre entre les revendications des individus en souffrance et le respect de la dignité de la personne humaine, tout en réaffirmant la primauté de la filiation sociale sur la filiation biologique.

L’accès à l’AMP doit être ouvert aux femmes sans condition de situation de couple ou d’infertilité. À l’inverse, face aux risques que représentent l’instrumentalisation du corps de la gestatrice et sa possible marchandisation, l’interdiction de la gestation pour autrui doit être maintenue.

Concernant les dons de gamètes, le triptyque anonymat, gratuité, consentement doit être maintenu.

Enfin, les règles applicables aux dons d’embryons doivent être simplifiées car la complexité des procédures actuelles freine la solidarité et l’aide aux couples infertiles. Les inséminations et les transferts d’embryons post mortem doivent être autorisés dans les cas où le décès du partenaire a interrompu un projet parental en cours.

2.1.6 Permettre le droit de finir sa vie dans la dignité

Agir pour l’égalité, c’est aussi garantir la dignité de chaque personne du début de la vie jusqu’à son terme. De nombreux Français, leurs familles et leurs proches, sont confrontés chaque année, en fin de vie, à une souffrance physique ou psychique très douloureuse. D’importants progrès scientifiques et médicaux ont été réalisés : les traitements antidouleurs, les soins palliatifs, l’arrêt de l’acharnement thérapeutique autorisé par la loi de 2005. Dans de nombreux cas, ils apportent des réponses et ils doivent être encouragés. Malheureusement, d’autres demeurent sans solution de cette nature. Ces malades doivent avoir la liberté et le droit de partir dans la dignité, entourés de ceux qu’ils aiment, sans avoir à se placer eux-mêmes, leurs familles et les équipes soignantes, dans l’illégalité.

Nous proposerons, comme cela existe dans plusieurs pays européens, que toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée et qu’elle juge insupportable, puisse demander à bénéficier d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité.

Ce droit devra s’appliquer dans un cadre très strict et protecteur sous le contrôle d’un collège de médecins. Nous proposerons d’inscrire ce droit dans la loi.

 

 

 


Toutes ces mesures, apparemment justes et dont les intentions sont très probablement louables, portent en germe de très réels dangers combattus par une Christine BOUTIN, au nom de la Démocratie chrétienne. Elle vient de rejoindre ce matin le camp Sarkozy, laissant orphelins des milliers de chrétiens qui voulaient rester en accord avec leurs convictions politiques. Cette femme courageuse avait le devoir, me semble-t-il, de combattre aux côtés de François BAYROU avec lequel elle partage les idées. Elle a choisi la facilité. On ne peut que le regretter. En effet, qui peut encore croire que Sarkozy puisse incarner les valeurs de solidarité et de justice sociale du catholicisme ? Toute sa politique depuis cinq ans prouve le contraire. 

Quant à voter pour un parti socialiste qui a failli, en toute connaissance de cause, nous imposer un Strauss-Kahn à la tête de l'État, qui procède plus par élimination que par élaboration d'un projet propre à ressusciter l'enthousiasme de Français choqués par l'absence de morale politique, à défaut de morale religieuse ou même laïque, nous ne pouvons, nous catholiques, l'admettre. Nous invitons les musulmans et les juifs, qui ont la chance de croire, comme nous, que la morale politique, contrairement à qu'on veut bien nous faire croire, ne saurait être indépendante d'une morale religieuse élémentaire, à nous rejoindre dans notre refus. Notre devoir, cette fois, est de nous abstenir sauf à espérer que François BAYROU sera le candidat du Centre au second tour. 

 

Bernard Bonnejean


Publié dans politique française

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Etranges similitudes

Publié le par Bernard Bonnejean

 

FRANÇOIS NOURISSIER

ALLEMANDE

À Maurice Rheims,

par affection, bien

sûr, et parce que lui,

ces années-là, il se

battait…


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Cette histoire de quelques adolescents sort tout droit de mon enfance;  elle est écrite avec les mots de l'enfance, baignée dans sa trompeuse lumière. Je ne prétends pas insinuer que les Français des années 40-44 ne furent peut-être pas aussi héroïques qu'on l'a dit. Les courageux furent courageux. Les autres selon un mot célèbre et bien à sa place à cette époque — les autres vécurent... Quant à leurs enfants, ces enfants que nous fûmes, ils découvrirent alors le monde à travers des prismes singulièrement déformants : leur âge, leur goût de vivre, l'extravagance ou la tristesse des circonstances quotidiennes. Tel est le fond du tableau : qu'on ne m'en fasse pas dire davantage.

J'ajoute ceci : les noms des personnages ont été empruntés aux cartes Michelin ou à mes précédents livres. Croire reconnaître ici ou là une personne, une situation, relèverait donc de l'imagination la plus hasardée.

 

F. N.

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L'après-midi de ce mardi-là et les deux jours qui le suivent, Lucien les effacera-t-il jamais ? Un des points bas de sa jeunesse, comme on nomme, en plomberie, les lieux où l'eau croupit, où l'hiver elle gèle. Un point bas, un trou dont l'a lentement aspiré la succion. Une vidange. Il en est conscient. Il découvre que l'on ne se trompe guère sur le sens des gestes, des mots. Quand on coule on se sent couler, et voilà tout. Il regarde autour de lui, incrédule, la passion s'installer sur les visages. Les gens se terrent ou s'exaltent, quelque chose d'énorme et d'éclatant se prépare et le garçon s'en croit exclu. Exclu : comme du Club, comme de l'avenue Raphaël. Les yeux de Monsieur Martin se sont mis à briller tristement ; il se rase; il répète « Pauvre Yette... Pauvre Yette... » Madame Lechade est formidablement méfiante et tendue ; cette joie imminente ne lui dit rien qui vaille. Elle hoche la tête comme une qui en sait long et ne s'en laisse pas conter.. Peu à peu, dans son idée de la mer, les écueils ont remplacé les vagues : elle aussi n'attend plus que le naufrage. Et Lucien ébahi se reconnait en elle. Il sent un air mauvais lui crisper la figure. Il traîne l'après-midi dans les rues, entre le Lion de Belfort et les Gobelins ; il passe chez Patouillard où le téléphone ne répondait pas ; le père de son ami, un peu hagard, le col desserré, comme surpris au milieu d'une sieste, vient ouvrir et explique que ses enfants sont à L'Isle-Adam, ce qui paraît le désoler. Les trottoirs ont molli. Lucien évite les grandes avenues, les axes de la traversée de Paris où se croisent des camions surchargés, des chars, des ambulances, des voitures grises bourrées de militaires en armes, de sorte qu'on ne sait plus lesquels montent à la bataille, lesquels la fuient, mais leurs regards sont également désagréables à soutenir. Autour du Luxembourg on a entassé des sacs de sable, déroulé des réseaux de barbelés, mais les gens continuent de boire leurs jus de fruits aux terrasses, à dix pas des sentinelles qu'ils regardent sous le nez. Ils font à. mi-voix des jeux de mots intrépides. Lucien porte son veston jeté sur l'épaule, il a retiré sa cravate. Il ne se hâte même pas quand passe une voiture de la préfecture annonçant le couvre-feu pour neuf heures. Madame Lechade lui a laissé dans une assiette des légumes froids, et sur la table un mot pour demander qu'on ne la dérange pas. Elle a sa névralgie. 

Les deux heures qui s'écoulent avant le retour du courant paraissent longues. De l'autre côté de la cloison, assis devant une fenêtre ouverte, Monsieur Martin froisse un journal. Des gens bavardent d'un balcon à l'autre. Lucien fume ses deux dernières cigarettes, allongé, la tête coincée au dur du lit, roulant doucement sa nuque sur l'arête du cosy, attendant il ne sait quel bénéfice de cette douleur vaine, de son excès de détresse, de l'abandon qui ruisselle de lui, autour de lui, en lui dans le chuchotement lent de la ville prisonnière.

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Le 16, Patouillard revient de L'Isle-.Adam, Il en rapporte des anecdotes incontrôlables et une bouteille de Bénédictine. Ils vont la boire chez Grenier, dont les parents tiennent un hôtel rue Cujas. C'est drôle d'habiter à l'année une chambre d'hôtel : chez Grenier ça sent le savon, la vieille moquette et la brillantine. Les trois garçons sont bientôt ivres. Patouillard raconte les amours de sa tante avec un médecin de Clermont-sur-Oise. Il dispose d'un vocabulaire sexuel qui stupéfie Lucien. Il rit, Lucien, il rigole, il se marre, il se gondole, il en remet. Ah salissez vite ma vie! Traînez-la dans vos mots de misère, couvrez-la de vos sous-entendus de potaches, délivrez-moi des chimères ! Ils sont étonnés, Grenier et Patouillard, de l'honneur que leur fait Lechade, Lechade le péteux, pour qui personne n'était jamais assez chic. Et le voilà vautré sur le canapé de la rue Cujas, les cheveux en désordre, complaisant, sarcastique. On nous l'a changé ! Il est vrai que le beau Lossan a pris le maquis — c'est le cas de le dire ! À moins qu'il ne soit parti se planquer à la campagne chez papa-maman, allez savoir. Alors Lechade a de la sympathie de reste pour les obscurs de la Philo II, les sans-grade de la rue Cujas. Mais comme il boit sec on ne lui en veut pas. Il paraît que la radio s'arrête ce soir. Il paraît qu'ils sont à Arpajon. Il paraît qu'ils ont déporté Pétain, Il paraît que Drieu La Rochelle s'est suicidé. « Qui c'est, ce mec-là ? » Patouillard et Grenier n'ont jamais été fanatiques de littérature. 

Le 17 au matin, Lucien accepte l'étrange sandwich que sa mère lui propose, le fourre dans la sacoche de son vélo et s'en va. Il s'est éveillé la tête pesante. On ne devrait pas boire de liqueur à jeun. Il se rappelle avoir parlé, hier, dans la chambre à odeur de poulette. Beaucoup parlé. De quoi ? De qui ? Les deux autres avaient l'air de rudement s'amuser.

 

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Il se surprend, bien sûr, à rôdailler du côté du Bois, des lacs. Il ne faut pas se faire « réquisitionner » le vélo ni être pris en flagrant délit de solitude. Lucien se dissimule donc dans les bosquets, sur la route du Pré-Catelan. Il observe, de loin, les allées et venues à la porte du Club. Comme on passe vite d'un bord à l'autre des lieux, des groupes, des époques ! Il se sent gibier, soudain, sans s'être jamais senti chasseur. Il aperçoit, entre les branches, les princesses blondes. Il voit son gros Allemand franchir le portail une valise balancée à bout de bras, et deux raquettes, et un imperméable en cuir vert : il a vidé son casier. Voilà qui sent les grands adieux. Lucien ne s'en réjouit même pas. Il pourrait aller jusqu'au secrétariat et demander à voir Monsieur Richier, pousser quelques cris, exiger d'être réhabilité, rétabli dans ses droits de vaillant petit Français que le vilain porc allemand a accusé à tort. Mais à quoi bon ? Lucien sait que Noëlle ne reviendra pas. Ou bien plus tard, beaucoup plus tard, dans une, ou deux, ou trois semaines, qui peut dire ? quand l'Histoire aura basculé. Quand le goût du monde aura changé.

 

© François NOURISSIER, Allemande, éd. Grasset & Fasquelle, 1973.

 

ALEXANDRE JARDIN

DES GENS TRÈS BIEN

Né Jardin, je sais qu'il n'est pas nécessaire d’être un monstre pour se révéler un athlète du pire. Mon grand-père — Jean Jardin dit le Nain Jaune fut, du 20 avril 1942 au 30 octobre1943), le principal collaborateur du plus collabo des hommes d'État français : Pierre Laval, chef du gouvernement du maréchal Pétain. Le matin de la rafle du Vél d'Hiv, le 16 juillet 1942, il était donc son directeur de cabinet ; son double. Ses yeux, son flair, sa bouche, sa main. Pour ne pas dire : sa conscience.

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Pourtant, personne — ou presque — n'a jamais fait le lien entre le Nain Jaune et la grande rafle, étirée sur deux jours, qui coûta la vie à la presque totalité des 12 884 personnes arrêtées ; dont 4 051 enfants. […]

Avec le temps, j’ai aussi fini par admettre avec terreur qu’il y a chez tout homme, ou presque, un invincible besoin de rester un type bien à ses propres yeux ; et une aptitude effarante à maintenir cette certitude même dans les situations les plus insoutenables, d'où le bien paraît de toute évidence banni. Les brutes épanouies qui se rasent le matin en riant aux éclats de leur infamie sont assez rares. Hélas, les tueurs gouvernementaux ont généralement une allure policée et un discours correct. Et, parfois, des pudeurs touchantes de lecteur de Jean Giraudoux.

Peut-être est-ce pour cela que ma famille put, après guerre, entretenir l'illusion que le Nain Jaune était resté propre dans ce bain de boue. Une sorte d'archange qui aurait couché sans séquelles avec le diable ; malgré le stupéfiant déboulé de mesures racistes qu'il avait assumées. Naïvement, les Jardin (et moi pendant des années) se figuraient que pour participer au pire il fallait être un monstre aguerri, abruti d'idéologie ou purgé de toute moralité ; ce qui exonérait de fait le gentil et très chrétien Jean. Le genre d'homme qui ne dérogeait pas à ses principes d'honnêteté. Au point que personne chez les Jardin ne s'aperçut jamais que le matin de la rafle du Vél d'Hiv il était bien aux manettes du régime.

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Après la guerre, chose inouïe, quasiment personne ne nota que le Nain Jaune vit nécessairement passer sur son bureau directorial le projet de loi, adopté le 11 décembre 1942, qui prescrivait l'apposition de la mention « Juif » sur les titres d'identité délivrés aux Israélites français et étrangers. Oui, l'infamie fut endossée par cet homme exquis. Ou la scène assez crapuleuse où Jean Jardin dut relire, avant d'obtenir la signature du Président, le décret du 6 juin 1942 qui interdisait aux Juifs de tenir un emploi artistique dans des représentations théâtrales, dans des films cinématographiques ou dans des spectacles (sic). Sans que le Nain Jaune, bardé de morale, n'envisageât de rendre son tablier. De toute façon, cet homme lucide avait consenti sans nausée à servir un régime qui appliquait gaillardement le deuxième statut des Juifs du 2 juin 1941, excluant les individus estampillés de race juive de toutes les fonctions publiques, administratives, électives, enseignantes bien entendu et judiciaires (sauf les décorés, préservés un temps), des postes militaires d'encadrement, de la diplomatie, des professions libérales les plus diverses, des métiers de la banque, du commerce, de la presse, de l'édition, de l'exploitation des forêts (un arbre juif, c'est dangereux, n'est-ce pas ?) et j'en passe. Personne ne parvint à assimiler l'idée que ce fut bien lui, mon Nain Jaune — pour des raisons bêtement techniques —, qui transmit la loi du 9 novembre 1942 relative à la circulation des Juifs étrangers, signée par Laval (donc soumise à sa signature par Jean), qui astreignait ces derniers à résidence dans les communes où ils vivaient et leur interdisait tout déplacement sans autorisation policière ; comme les Noirs des townships de l'apartheid. Sans qu'il claquât la porte bien entendu. Arrêtons là ce florilège de la honte hexagonale assumée lucidement par le Nain Jaune qui ne rechigna. guère. Scandale absolu, insensé, à hurler, qui donne envie de se purger de son ADN et dont personne ne me parla jamais ni enfant ni adolescent, alors que les conversations historiques faisaient si souvent le sel de nos repas familiaux à Vevey, au bord du paisible lac Léman.

Mais il faut bien un jour que la comédie cesse.

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Surtout en cette heure si particulière de mon existence où j'atteins l'âge où mon jeune père — à quarante-quatre ans — eut rendez-vous avec le sien en publiant, en 1978, Le Nain Jaune. L'hymne d'un fils amoureux de son père, la grand-messe chantée d'une piété indéboulonnable. Une escroquerie aussi sincère que géniale. Le collaborateur intime du plus vil des collabos y apparaît, page après page, sous les traits d'une incarnation de la bonté et de la probité ; une sorte d'amateur d'absolu. Un tyran ? Certes, mais domestique, ou avec ses hôtes dans les restaurants. Et on y croit, tant le talent du Zubial est étourdissant. Devenu son jumeau en âge, j'éprouve le besoin vital de détricoter l'illusion littéraire qu'il confectionna pour se protéger — et nous soulager — d'une réalité irrespirable ; un récit antitraumatique, une ahurissante fiction soignante. Vient un moment où l'on ne peut plus éluder ce qu'on a trop pensé ; et c'est alors que commence l'épreuve. Celle de refonder sa famille ; en la contraignant au réel. Le temps me paraît venu d'ouvrir nos yeux d'enfants en ayant assez de cœur pour résilier nos fidélités privées. Si nous ne sommes pas coupables des actes de nos pères et grands-pères — la Révolution française nous a légué cette avancée —, nous restons responsables de notre regard.

La cure d'aphasie n'a que trop duré.

 

© Alexandre JARDIN, Des Gens très bien, éd. Grasset & Fasquelle et Alexandre Jardin, 2010.

 

Tous résistants, tous collabos : une double ineptie, une double réalité. Tous coupables, peut-être pas ; tous responsables, on aimerait pouvoir l’avouer. Entre la démarche de François Nourissier et celle d’Alexandre Jardin, NOUS existons., JE existe. Contre tous les autres ; avec tous les autres. D’un côté, la faiblesse et le courage ; de l’autre la force et la lâcheté ? Manichéisme ridicule et intolérable. « Je est un autre », mais qui donc est « je », qui donc est l’autre ? Qui est le bon, qui, le mauvais ? La femme tondue, parce qu’elle a été tondue, est-elle plus coupable que le grand-père de Jardin, chef de cabinet de Pierre Laval, jamais arrêté, jamais puni ?

Se poser la question de la France sous l’occupation revient à se demander qui nous sommes. Nazis, juifs ? L’histoire n’est jamais si simpliste. Nazis et pronazis antisémites ; juifs et humanistes philosémites ? Vrais collabos et collabos « malgré-nous » ? Vrais et braves résistants ; résistants de la première et de la dernière heure ; résistants contraints ; vichystes, gaullistes ? Catégoriser est souvent faire l’économie d’une analyse et les livres d’histoire sont toujours écrits par des manipulateurs d’opinion, de bonne foi, le plus souvent. La preuve ? Les bons d’aujourd’hui finiront bien, si les nécessités socio-économiques et politiques s’en font sentir, par être viciés pour les besoins de la cause. Nourissier adolescent a vécu ce dont Jardin a souffert dans son mutisme  : « Nous sommes tous des gens bien, bourreaux et martyrs, complices et amis ». Sans compter la masse des indifférents qui voient sans voir et se disent qu'ils n'y peuvent rien.

Depuis trois jours, je cherche sur Internet un extrait de Nourissier. Je l’ai trouvé dans ma bibliothèque avec Alexandre Jardin que je viens de lire. Ce ne fut pas du temps perdu. Sur un catalogue en ligne, figurent à la même page : Allemande de Nourissier, le Journal d’Anne Frank, Si c’est un homme de Primo Lévi… Mais qui sommes-nous donc ? Des gens bien, assurément. Des générations de gens bien. Et si c’était ça, le péché originel ?

Bernard Bonnejean

Publié dans politique française

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Les Calméjanes

Publié le par Bernard Bonnejean

Promenade philosophique

en pays hüempais

 

Ciceron publia les cinq livres philosophiques des Tusculanes, Tusculanae disputationes,  en aôut 45 av. J.-C., peu après avoir perdu sa fille. Il choisit Tusculum comme lieu d'une « disputatio » fictive entre Brutus et lui, s'appuyant sur une méthode pédagogique chère à Socrate : la maïeutique. Chaque livre traite une question autonome : la mort est-elle un mal ? ; la douleur est-elle le plus grand de tous les maux ? ; le sage peut-il avoir du chagrin ? ; l’âme du sage est-elle préservée des passions ? ; la vertu est-elle nécessaire et suffisante au bonheur ? Maître et disciple s'exercent à trouver leur vérité dans un cheminement souvent digressif qui inclut la parole de l'autre.

 

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Tusculum-Maison de Cicéron

Gravure de Histoire des Romains de Victor Duruy

 

Toutes proportions gardées, j'ai fait une expérience similaire à Villemomble. Du bas latin villa Mummoli (vers 800), c'est-à-dire « domaine de Mummolus », nom d'un des comtes parisiens de Dagobert, le village dépendit de l'abbaye de Livry, puis devint propriété des familles Le Riche, Lisiard, de Beaumont-Gâtinais. Vers 1357, la seigneurie appartint aux Montmorency-Laval, puis aux Clisson, aux Rohan, aux Chabannes, Robertet, Rostaing, Le Ragois. En 1767, Louis-Philippe duc d'Orléans fit cadeau des domaines de Villemomble, Noisy-le-Sec, Avron à Mademoiselle le Marquis, sa maîtresse. Il demande à l'architecte Brongniart de lui édifier un château, l'ancienne mairie. 

Aujourd'hui, le seigneur du lieu, Patrice, député-maire, est le fils hüempais de feu sieur sénateur-maire Robert Calméjane. 

 

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Ce n'est pas l'allée qui mène au château, mais

une vue prise de la cuisine de Momo.

  

Je vous offre donc, en avant-première, le matériau des Calméjanes qui seront aux Tusculanes ce que Villemomble est à Tusculum et ce que je suis à Cicéron.  

 

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« Y'a quand même beaucoup de monde, non ? »   

 

Pour donner une direction à mes mémoires, les Calméjanes, commençons, si vous le voulez bien, par le contexte historique récent. Le député-maire patricien de Villemomble avait annoncé la couleur sur son blog dès le 20 décembre 2010. Il nous la fit à la « Citoyens, la Patrie est en danger ! ». Il fit paraître ceci sur son blog :

 

Mardi 21 décembre 2010 15:48

Intervention à l'Assemblée

le 22 décembre

Avant la trêve de fin d’année, Patrice CALMÉJANE interviendra une dernière fois en 2010,

 

 mercredi 22 décembre à 15h50 sur France 3, 

pendant les questions au Gouvernement.  

 

Il interrogera le Ministre de l’Intérieur sur les moyens mis en œuvre pour assurer la sécurité des personnes et des biens lors de la nuit du 31 décembre.

 

 

 

C'est tout juste si on n'ajoute pas : demi-tarif pour les moins de 10 ans, les femmes enceintes et les étudiants à jour de leurs cotisations. Pour un peu, on s'attendrait même à pouvoir visiter la ménagerie en matinée.

J'étais encore à Laval, loin des préoccupations périfestives de fin d'année et je devais rejoindre une Villemombloise hospitalisée, lorsque, par hasard, je  tombai sur ce qui restera à jamais comme un morceau d'anthologie de poudre aux yeux et d'esbrouffe façon UMP. Je brûle du désir de vous en faire profiter. Écoutez bien la question et savourez la réponse.  

 

 Calméjane-Hortefeux
Sécurité pour le 31 décembre

Vous assistez là à un duo comique, un peu éculé mais toujours aussi efficace pour les zozos peu avertis : la fausse question au gouvernement. Voilà un ministre, un peu chahuté ces derniers temps, qui a donc besoin qu'on remise momentanément ses casseroles en un lieu plus approprié à l'abri des regards. Il suffit pour cela de le mettre en valeur en vantant ses mérites, ce que seul un député de sa majorité acceptera de faire. « Trop téléphoné », me direz-vous. C'est exact. L'exercice — façon Mir et Miroska du music hall — consiste pour le faux interrogateur à feindre soit l'étonnement, soit l'angoisse, voire un soupçon de doute sur la possibilité d'une réussite présente aussi parfaite que le succès des années passées. Vous remarquerez que dans la question le patricien glisse, mine de rien, quelques tonnes de pommade à l'adresse de son complice aux anges. 
 
Si bien que, lorsque je suis arrivé à Villemomble, aux alentours de Noël 2010, je n'en menais pas large. Comme j'ai eu l'occasion de le dire en une formule impromptue à la secrétaire générale de la mairie :
 
« Quand on veut manger son beefteck tranquillement, on n'ameute pas les chiens quinze jours avant »
Chez-Momo--31-1er-janvier-2011.jpg
 
Nuit tragique chez Momo :
les casseurs sont cachés derrière l'arbre
 
 
Mais comme souvent en pareil cas, j'eus une idée géniale. Suivez mon raisonnement : la mairie de Villemomble, au moment du conflit armé, allait devenir l'un des seuls endroits protégés de la ville (gardiennage, entourage d'acier, caméras de surveillance, etc.). Locataire occasionnel à moins de 200 mètres de ladite mairie, il suffisait de demander à M. Calméjane la permission de garer ma voiture sur le parking de sa demeure administrative. Je commençai par téléphoner. Madame la Secrétaire générale me fit savoir qu'il était plus convenable d'adresser une demande écrite. Suite à icelle, Monsieur le Maire, grand seigneur, me fit l'honneur d'une réponse téléphonique sur répondeur en mon absence pour me signifier un refus. J'en ai gardé l'enregistrement. En voici la substance :
 
Je ne puis malheureusement accéder favorablement à votre demande. D'une part, la mairie sera fermée du vendredi midi au lundi matin, ce qui vous empêcherait de récupérer votre voiture. D'autre part, notre parking est très petit et nous devons déjà garer tous nos véhicules à bonne distance les uns des autres en cas d'incidents graves. Cependant, il est vrai que vous pouvez vous inquièter pour votre voiture immatriculée à l'extérieur de notre département. Je vous recommande donc, à titre personnel, de la garer dans un quartier plus accueillant, plutôt en zone pavillonnaire. Je vous certifie qu'en ce cas la menace d'une dégradation sur votre véhicule diminuera de façon très sensible, voire n'existera plus du tout.
 
Examinons cette réponse. Le gardien n'a donc pas les clefs du parking ce qui le condamne à être brûlé vif dans le temple laïc dont il est le grand-prêtre et son épouse la vestale ?
 
La violence des attaques obligerait l'administration municipale à ménager des espaces suffisants pour éviter, je suppose, que les flammes ne se propagent d'un véhicule à un autre. Sauf que, je pense, cette photo prise dans la nuit de la Saint-Sylvestre prouve que la mairie a tellement accordé d'importance à l'espace qu'elle n'a laissé aucune place aux voitures. Si bien que les parkings sont restés... VIDES !!!
 
Parking-de-la-Mairie--nuit-de-la-Saint-Sylvestre.jpg
Vue n° 1 des parkings de la mairie de Villemomble en la nuit
sanglante de la Saint-Sylvestre 2010-2011
 
 
 
Parking-de-la-Mairie--nuit-de-la-Saint-Sylvestre-2.jpg
 
Vue n° 2 des parkings de la mairie de Villemomble en la nuit
sanglante de la Saint-Sylvestre 2010-2011
 
 
Enfin — parce qu'il faut bien achever le premier pan de mes Calméjanes — le précieux conseil final s'avère l'un des exemples les plus révélateurs de l'impéritie et de l'immoralité des politiciens sans âme de l'ère sarkozyste.
 
Monsieur le Maire, Patrice Calméjane, c'est à vous que je m'adresse. Quand vous avouez que les voitures garées en zone pavillonnaire ne risquent rien, mesurez-vous tout l'implicite que soutient cette consolation. Pas meilleur que la moyenne de nos concitoyens, j'ai mis ma voiture rue de l'Orangerie, en quartier résidentiel, pardon, « pavillonnaire », et j'avais l'impression de trahir une cause : celle du peuple dont je suis issu. J'étais soudain admis dans la caste des nantis et je devenais respectable, respecté, inattaquable et, en cas de nécessité, sans doute impuni. Alors j'ai compris les jeunes des HLM de « votre département » comme dit si bien Hortefeux. Ils habitent de l'autre côté de la nationale : intouchables, on voudrait en plus qu'ils s'adaptent à une précarité organisée. Seuls quelques-uns pourront plus tard, avec beaucoup de chance, dormir, manger, travailler, habiter en zone pavillonnaire, là où les amis du maire garent leur voiture au jour de l'an. 
 
cartes-postales-photos-Rue-de-l-Orangerie-VILLEMOMBLE-93250.jpg 
Rue de l'Orangerie à Villemomble.
 
Mais j'entends finir mes Calméjanes en vrai philosophe.
 
D'abord, je voudrais dire la gentillesse et l'élégance de votre personnel administratif à commencer par votre secrétaire qui a réussi à me faire avaler la couleuvre sans trop de scandale en retour.
 
Ensuite, je voudrais embrasser deux Villemombloises dont j'aurais bien fait mes amies. La première, à 82 ans, après trois chutes sur la neige verglassée de la rue de la Procession, m'a avoué, sans que je le lui demande, son amertume. Elle avait mal. Elle essuya, elle aussi, un refus de tous les médecins des environs qui fêtaient Noël en famille. En zone pavillonnaire ? On ne se déplace plus en Seine-Saint-Denis ! Pourtant elle vous connaît bien, la dame, puisque vous lui avez tout de même confié une responsabilité importante dans le domaine culturel. L'autre, un petit bout de jeune femme, gracieuse, m'a aidé à porter mes sacs et mes valises. Au détour de l'escalier, elle me dit qu'elle était la compagne du jeune homme à qui on a brûlé la moto. C'est un miracle si, ce jour-là, l'incendie ne s'est pas propagé aux appartements. Cette petite mère de deux enfants ne s'en est pas encore remise.
 
Tout de même je voudrais vous rassurer sur votre réélection. Je suis retourné à la mairie pour aller chercher le colis des vieux. C'est que Momo, Villemombloise depuis 1970, y tient à son colis des vieux ! Et maintenant qu'elle y a droit, j'ai été le chercher. Mais cette année, contrairement à l'habitude, je n'ai rien rétorqué à sa gratitude :
 
« Tu vois, il est ce qu'il est, Calméjane, mais tous les ans il nous offre un colis pour Noël et cette année, son colis, il est encore mieux garni ! »
 
Les autres années, je lui dis à Momo que c'est les vieux, avec leurs sous, qui payent eux-mêmes leurs colis sans qu'il en coûte un centime au maire. Cette fois-ci, j'ai pris le colis, j'ai dit « merci » aux gentilles dames de la mairie, je leur ai même souhaité une bonne année, j'ai donné le colis à Momo et je l'ai laissée à ses illusions.
 
La morale de l'histoire ? Les bagnoles brûlées sur les parkings des HLM, on s'en fout ! Tant que les vieux auront leur colis...
Ça vous donne envie de pleurer, tout ça, mes amis ? Eh bien lisez les Tusculanes et vous aurez une idée des sacrifices qu'il nous faudra faire pour réapprendre à vivre... et à mourir.
Rollin.jpg
« Tum progressio admirabilis incredibilisque cursus ad omnem excellentiam factus est dominatu regio re publica liberata. Nec vero hic locus est, ut de moribus institutisque maiorum et disciplina ac temperatione civitatis loquamur ; aliis haec locis satis accurate a nobis dicta sunt ».  

Afin de satisfaire la curiosité légitime de l’ensemble de mon lectorat, pour répondre aux très nombreuses questions de la multitude, ou plus exactement à l’unique question posée – sans l’être – par Dame Catherine, personnalité unique, voici la traduction de la conclusion latine : « Pour tout le reste, du moment que la république eut secoué le joug de la royauté, on se hâta d'arriver à la perfection; et les progrès furent d'une rapidité qui n'est pas croyable. Mais ce n'est pas ici le lieu de m'étendre sur la discipline établie par nos ancêtres, sur notre police, sur notre gouvernement. J'en ai parlé ailleurs assez au long, surtout dans mon traité de la République». C’est écrit dans les Tusculanes, 4,1, I. Par Marcus Tullius Cicero, autrement dit le grand Cicéron, assassiné le le 7 décembre 43 av. J.-C. par les assassins de la République.

Je dédie cette réponse aux magistrats qui aujourd’hui se battent contre un fou d’orgueil, vorace de puissance. Ils restent le seul rempart contre les intérêts privés d’une oligarchie dont il est le représentant le plus visible en nos frontières.

 
 
  
Bernard Bonnejean

Publié dans politique française

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Lagaillarde au poteau

Publié le par Bernard Bonnejean


ou les hoquets de l'Histoire

Connaissez-vous La Chose ? Non, pas "la chose", La Chose. Ce n'est pas la même chose, parce que ce n'est pas la même "chose". "La chose", c'est cette chose naturelle dont nous ne parlons qu'à demi-mots, du moins chez les honnêtes gens qui l'appellent justement "la chose", pour ne pas avoir à la nommer. Il en est d'autres qui l'appellent bêtement "l'amour", ce qui est ridicule, parce que les bêtes font "la chose", sans faire "l'amour". D'ailleurs on peut faire "la chose" sans amour et un amour "platonique" s'entend sans "la chose".


                Abbé Gabriel-Charles de Lattaignant, Le Mot et la Chose, vers 1750.

Alors que La Chose ne peut être qu'une oeuvre, ou plus exactement, le titre d'une oeuvre. En l'occurrence, La Chose est le titre d'une émission de radio des années cinquante. Que la France d'antan se souvienne, que la France d'aujourd'hui s'imagine : autour de la TSF à lampes les enfants du baby-boom agglutinés, les plus grands tendant  l'oreille, les plus petits ne retenant que la beauté d'un mot, le timbre d'une voix, ou les commentaires des adultes et des aînés : "La chose est-elle un objet courant ?" et le monsieur de la TSF : "Dans la mesure où un objet qui sert régulièrement peut être dit courant, je serais tenté de répondre par l'affirmative. A quoi pensez-vous ?" Et le candidat s'en allait sous nos huées après avoir répondu : "A rien de particulier. C'était pour faire avancer la chose". Plus tard, beaucoup plus tard, le concept, comme on dit aujourd'hui, sera repris sous le nom de Schmilblick par Guy Lux, puis Coluche. Si mes souvenirs sont bons, ce n'était pas sur Paris-Inter, mais sur Radio-Monte-Carlo ou, plus sûrement, sur Europe n° 1.

De toutes ces émissions entendues entre 3 et 8 ans, je retiendrai, pêle-mêle : Quitte ou double, celle qui nous mettait en transe quand le candidat, déjà beau vainqueur, remettait tout en jeu en prononçant un "double" fatidique ; Signé Furax, Malheur aux BarbusSur le banc (avec Raymond Souplex et Jeanne Sourza), La Famille Duraton, toutes émissions auxquelles je ne comprenais pas tout, mais qui me faisait rire du rire des grands. Pour ma part, j'étais plus fasciné encore par l'horloge parlante : "Au troisième top, il sera exactement : dix heures, quinze minutes, huit secondes. TOP ! TOP ! TOP ! Dix heures, quinze minutes, huit secondes". Pas de discussion possible : c'était l'heure exacte et je n'ai connu personne qui en doutât ! Et un nom, un seul, plus parlant à ma mémoire que tous les autres, parce que sa sonorité me donnait déjà des envies de poésie : Zappy Max qui savait si bien scander "offert par Sunil" ou "offert par Omo", ou Pento, Pétrole Hahn ou Brillantine Forvil, dont abusaient mes frères aînés pour "aller voir" les filles (pas question de "draguer" à l'époque ni même de "flirter", ces choses se faisant bien entendu sans les mots pour le dire).



                                   Rudolph Valentino, le roi de la brillantine

Mais, comme j'ai eu l'occasion de le rappeler à une responsable politique d'Orléans qui eut la même expérience enfantine, deux noms ont causé notre douleur, notre hantise, et notre nostalgie présente. Le premier résonne dans ma tête comme un signe de discorde : Geneviève Tabouis. Papa n'était avec nous que le samedi et le samedi c'était Geneviève Tabouis. Qu'avaient-ils les hommes de cette époque à tomber en extase aux vaticinations péremptoires de la Madame Soleil,  l'indiscutée Cassandre de la politique internationale, eux qui avaient du mal à imaginer que leur femme et leurs filles pussent voter un jour ? Son "attendez-vous à savoir" déclenchait les hostilités entre le chef de famille et la famille dont il se croyait le chef. Seul à tendre l'oreille vers le poste, désespérément, sa meute, épouse et mère y compris, ricanait avec plus ou moins d'irrespect. Et ça finissait mal. Et ça recommençait la semaine d'après.

Puis un jour, mon grand frère, Jean dit Jeannot, est parti pour une destination plus ou moins secrète. Et, à partir de ce jour, on a écouté, avec attention, le Journal parlé. Il était surtout question des Russes (les Russkofs) toujours plus ou moins en bise-bise avec les Américains (les Amerloques). Là, on n'était pas obligés d'écouter, sauf quand il était question de bombe H ou de bombe A. Mais certains mots étaient chargés d'une liturgie solennelle : "Alger", "barricades", "mitraillettes", "fellagahs", "FLN"... On se taisait sans qu'on nous le demande, et je dévisageais ma mère et ma soeur aînée pour savoir comment allait Jeannot, là-bas, avant de recevoir la lettre que maman attendait : il était au Val de Grâce, grièvement blessé, mais vivant.


                          Les journées d'Alger 1961-1962
 par r9i1t0ch4i 



A partir de je ne sais plus quelle date, tous les jours la TSF répétait les cris de gens en colère. Je n'ai jamais oublié leur slogan : "LAGAILLARDE AU POTEAU ; LAGAILLARDE AU POTEAU". Jamais je n'aurais demandé la signification de ces mots ritualisés. Du reste, je ne savais absolument pas ni de quoi ni de qui il pouvait être question. Au début, le slogan défilait ainsi dans mon cerveau : "LA GAILLAR  DOPOTO", n'ayant pas encore en tête qu'on pût attacher quelqu'un à un poteau pour l'exécuter. Ce n'est que plus tard que je compris quand "LAGAILLARDE AU POTEAU" devint "DE GAULLE AU POTEAU" précédés et suivis de beaucoup d'autres.

Que de souvenirs, n'est-ce pas ? Et pourquoi jaillissent-ils aujourd'hui, vendredi 13 novembre 2009 ? A cause de Christine LAGARDE : LAGAILLARDE/LAGARDE, vous me suivez ? Vous allez rétorquer, tel que je connais votre bon coeur, qu'on ne va quand même pas la coller au poteau, avec douze balles dans la peau. Bon ! Soit ! Depuis cette après-midi j'ai bien réfléchi et je me dis que s'il faut passer quelqu'un par les armes, la justice voudrait que ce soit tous ou personne. Et comme on ne peut pas tous les faire passer au tourniquet, ce sera finalement personne.





QUAND MÊME ! Veuillez d'abord vous rafraîchir la mémoire avec cette lettre-ci. Une bonne nouvelle ? Pas du tout !! Réfléchissez davantage que Lagarde, voyons ! Au lieu de payer vos impôts 2008 sur dix mois de 2009, grâce à ce trait de génie comme seuls peuvent en avoir Lagarde et son complice Woerth, vous aurez à les payer sur les derniers mois de 2009, puis sur les premiers de 2010, auxquels s'ajouteront les impôts afférents à 2009 !!!!!

Pourtant, j'aurais eu honte de vous en parler, juste après vous avoir démontré les mérites de la vertu de pauvreté chez Jeanne Jugan, mais figurez-vous qu'un miracle se produisit !! Je reçus ceci il y a deux jours. Je vous en donne copie conforme :





Mettez-vous à ma place. Mon sang ne fait qu'un tour. Bénissant Sarkozy et ses valets, je téléphone aux impôts... qui confirment. Etant donné que je n'avais aucun revenu déclaré en 2007 et que je paye une somme phénoménale en 2009 pour les revenus 2008, je bénéficie du bouclier fiscal !!!

Et nous voilà, cette après-midi 13, devant une Dame qui a le toupet de me dire qu'elle n'est pas au courant. Que le ministère a des ordinateurs qui envoie des trucs tout faits à des contribuables sans qu'eux-mêmes, les agents des impôts, soient informés. Après s'être un peu fait remonter les bretelles, elle décide de se dégager en m'envoyant au Contrôleur Général.
Il lit la lettre et me demande aimablement : "Avez-vous demandé l'imprimé n° 2041 DRID ?" Il me regarde, devine que la question me fait bouillir intérieurement, et me déclare tout de go : "Bon ! Ce n'est pas grave ! Combien avez-vous perçu de revenus en 2007 ?" Je lui réponds que je n'en ai déclaré aucun, selon la loi en vigueur, puisque j'étais en arrêt maladie. Et là, j'imagine le pire, qui survient immédiatement : "Oui, mais quels étaient vos revenus ?" Je négocie et je renvoie M. le Contrôleur Général au § 1 qui parle de revenus "réalisés". Tout à coup, je réalise ce que signifie "réalisés" et je m'aperçois, sans étonnement, que la lettre aurait pu me concerner mais qu'elle ne me concerne nullement. Et c'est à ce moment que je dis à mon contrôleur tout le bien que je pense de Laga(illa)rde, de Sarkozy, de Woerth, de Strauss-Kahn and co.

J'ai seulement fini en lui disant qu'il ne fallait pas envoyer n'importe quoi à n'importe qui parce que de fausses espérances pouvaient avoir des conséquences dramatiques. Et lui de me dire : "Mais nous n'y sommes pour rien. Tout ça nous passe au-dessus de la tête !"

Ouf ! Je me sens plus léger de vous avoir conté mes malheurs.

A bientôt, mes amis, et, la prochaine fois, faites quand même gaffe pour qui vous votez, nom d'un chien !!!

Bernard Bonnejean

 

Publié dans politique française

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Ils ont voté

Publié le par Bernard Bonnejean


Et puis après...

Léo Ferré

ILS ONT VOTÉ


A porter ma vie sur mon dos
J'ai déjà mis soixante berges
Sans être un saint ni un salaud
Je ne vaux pas le moindre cierge
Marie maman voilà ton fils
Qu'on crucifie sur des affiches
Un doigt de scotch et un gin, fils
Et tout le reste je m'en fiche

Ils ont voté... et puis, après ?



J'ai la mémoire hémiplégique
Et les souvenirs éborgnés
Quand je me souviens de la trique
Il ne m'en revient que la moitié
Et vous voudriez que je cherche
La moitié d'un cul à botter ?
En ces temps on ne voit pas lerche...
Ils n'ont même plus de cul, les français!

Ils ont voté... et puis, après ?


C'est un pays qui me débèqu'te
Pas moyen de se faire anglais
Ou suisse ou con ou bien insecte
Partout ils sont confédérés...
Faut les voir à la télé-urne
Ces vespasiens de l'isoloir
Et leur bulletin dans les burnes
Et le mépris dans un placard

Ils ont voté... et puis, après ?



Dans une France socialiste
Je mettrais ces fumiers debout
A fumer le scrutin de liste
Jusqu'au mégot de mon dégoût
Et puis assis sur une chaise
Un ordinateur dans le gosier
Ils chanteraient la Marseillaise
Avec des cartes perforées

Le jour de gloire est arrivé



Regarde ces gens-là, Titine, ils ne chassent pas sur tes terres. Tes chiens de meute leur sont indifférents. Et si tes cerbères lillois et sionistes et toi avez quelque pudeur, fichez le camp avant que leurs terriers ne vous chassent...





A bientôt, les Amis, au plaisir de vous revoir solidaires contre le mensonge et la magouille de droite, comme de gauche.

Bernard Bonnejean

Explications iconographiques

"Les Français sont des veaux", Charles de Gaulle ; embrasser le Parti ne veut pas dire l'étouffer ; le féminisme ne consiste pas à apprendre à pisser debout dans les vespasiennes ; même chez Drucker, il ne fait pas bon rencontrer des gens qui pensent ; les manifestants ne sont pas là pour servir Aubry même s'ils n'aiment pas davantage la politique de Sarkozy.

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Et si ce Monsieur incarnait notre avenir ? AUBRY DEMISSION !

Publié le par Bernard Bonnejean


Monsieur François Bayrou,

Président du MoDem, me paraît pouvoir réussir une gageure : rassembler les Français autour d'une personnalité, d'un programme, d'une résistance crédibles au totalitarisme du matérialisme athée militant dans le respect des principes fondateurs et des traditions de notre patrie. Car, vous en conviendrez, ce qui manque actuellement à la plupart des membres de l'opposition au sarkozysme est moins la pugnacité, l'honnêteté et la bonne volonté que la crédibilité [J'ai écrit cet article avant d'apprendre officiellement ce que je savais déjà : qu'Aubry et son cortège d'Hollandais ont occupé la place de Madame Royal par la ruse, le mensonge et la fraude !  Pourtant il fallait être sourd et aveugle comme un militant aubriste pour ne pas subodorer la supercherie. La vidéo que j'ajoute ce soir me semblait parler d'elle-même !! Honte à vous. DEMISSION !!!]. Les "je t'aime, moi non plus" de nos néo-socialo-libéraux laissent perplexes des concitoyens auxquels on ne cache même plus les visées carriéristes de quadragénaires en mal de pouvoir.



Nous, anciens de soixante-huit, avons à reconnaître notre part de responsabilité dans ce désastre. Nos contradictions, notre laxisme, nos fautes contre des lois jugées liberticides ont plongé notre civilisation dans un cahot moins économique que philosophique et éthique dont nous aurons du mal à nous relever. Sarkozy est plus proche d'un Strauss-Kahn et d'un Kohn-Bendit que d'un paysan français et tous trois donnent cette même impression d'être étrangers aux peuples qu'ils sont censés servir.   





Comment croire en un Parti "démocratique" qui, chaque fois que vous voulez discuter ou proposer, vous balance sa laïcité à travers la figure, à vous, chrétien progressiste, en butte aussi avec les vôtres à cause de positions "modernistes" ? Ai-je encore le droit de proclamer, en accord avec l'Eglise du Christ, mon Eglise, une hostilité ouverte au mariage homosexuel et à l'avortement totalement libre, sous le même prétexte fallacieux d'une laïcité qui n'a rien à faire dans la morale individuelle ? Comment croire que des militants se prétendant héritiers de Jean Jaurès, en sionistes partisans et virulents, dénoncent l'Islam et le Christianisme sans jamais dénoncer, ou du bout des lèvres, les crimes perpétrés par l'Etat d'Israël au nom d'un Judaïsme qu'au moins quatre-vingt pour cent des juifs de l'Etat hébreu et de la diaspora ne pratiquent plus, malheureusement, depuis longtemps ? Comment croire ces femmes, jeunes et moins jeunes, militantes d'un féminisme excessif qui sous couvert de libération, d'égalité des sexes, se livrent pieds et poings liés à un communisme définitivement éteint, plus haineux que révolutionnaire, plus sexiste finalement que notre vieille misogynie génétique dont nous ne saurions pourtant être fiers ?

Tous les discours ne sont pas bons à croire, car la crédibilité ne rime pas forcément avec la sincérité. De grands hommes d'Etat furent des menteurs accomplis ; de piètres politiciens de rencontre firent de leur molesse une arme terrible contre le pays qu'ils servaient en toute bonne foi. Pour ma part, j'ai toujours eu un faible pour Louis XI et un certain mépris, peu avouable, pour Louis XVI. D'autres encore, dont ceux qui s'en réclament ont perdu l'idéal, seraient aujourd'hui bienvenus :





Mais, tout à coup, la France se ressouviendrait-elle qu'en digne fille aînée de la terre occidentale (je ne parlerai pas aujourd'hui d'occident chrétien pour ne heurter personne), elle a encore le choix, pressant, d'y puiser une sagesse tout entière contenue dans cette pensée anonyme latine :

IN MEDIO STAT VIRTUS

Qui mieux que ce fils de cultivateurs de Bordères, entre Pau et Lourdes, pourrait incarner ce courage et cet esprit que nous avons jetés aux orties au temps des Trente Glorieuses ? Croyez-moi, je suis bien placé pour le savoir !, un fils de paysan, agrégé de lettres classiques à 20 ans, en 1971, c'est mieux qu'une prouesse de chevalier ! L'ENA ou Sciences Po, à côté, c'est du pipi de chat. Mais si l'on ajoute que ce jeune professeur, loin de se cantonner dans son milieu d'élite, vainc un bégaiement récalcitrant, et quitte son cocon douillet d'enseignant pour aider sa mère, veuve, à la suite d'un accident du travail de son père...


Laissons maintenant parler le seul qui puisse encore prétendre, à mon avis, représenter cette sagesse, dans le respect des valeurs républicaines, de la diversité religieuse, ethnique, et philosophique d'une nation qui a toujours puisé sa richesse dans ce que les Etats-Unis nomment le melting pot, le creuset essentiel où se puise la substantifique moelle de l'équilibre et de la paix partagée. 

 

France Inter - François Bayrou
par franceinter


Pesez tous les mots de cet homme-là. Comparez-les avec les propos tenus en leur temps par Madame Ségolène Royal. Je ne serai pas l'entremetteur de cette union, mais puis-je me permettre au moins d'avancer que ça nous ferait "un beau couple" pré-présidentiel en attendant que des primaires, LIBRES DE TOUT APPAREIL, déterminent qui les Français antilibéraux veulent voir locataire de l'Elysée ?

Courage !

A bientôt les Amis

Bernard Bonnejean

Publié dans politique française

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