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3 articles avec politique francaise et religion

Non au mariage et à l'adoption pour tous.

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Discours de Benoît XVI

lors des vœux de la Curie romaine


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Le pape a adressé vendredi 21 décembre ses vœux à la Curie. Dans son discours, il rend hommage au « traité soigneusement documenté et profondément touchant » dans lequel le grand rabbin de France Gilles Bernheim a étudié les conséquences du mariage homosexuel


Messieurs les Cardinaux,

vénérés Frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,

chers frères et sœurs !


C’est avec grande joie que je vous rencontre aujourd’hui, chers membres du Collège cardinalice, Représentants de la Curie romaine et du Gouvernorat, pour ce moment traditionnel avant Noël. J’adresse à chacun un cordial salut, à commencer par le Cardinal Angelo Sodano, que je remercie pour les belles paroles et les vœux fervents qu’il m’a adressés aussi en votre nom. Le Cardinal Doyen nous a rappelé une expression qui revient souvent en ces jours dans la liturgie latine : Prope est iam Dominus, venite, adoremus ! Désormais le Seigneur est proche, venez adorons-le ! Nous aussi, comme une unique famille, nous nous disposons à adorer, dans la grotte de Bethléem, cet Enfant qui est Dieu lui-même qui se fait proche jusqu’à devenir homme comme nous. Je vous rends volontiers vos souhaits et je vous remercie tous de grand cœur, y compris les Représentants pontificaux dispersés à travers le monde, pour la collaboration généreuse et qualifiée que chacun de vous prête à mon Ministère.

 

Nous nous trouvons à la fin d’une année qui de nouveau, dans l’Église et dans le monde, a été caractérisée par de multiples situations tourmentées, par de grandes questions et des défis, mais aussi par des signes d’espérance. Je mentionne seulement quelques moments saillants dans le domaine de la vie de l’Église et de mon ministère pétrinien. Il y a eu avant tout les voyages au Mexique et à Cuba – rencontres inoubliables avec la force de la foi, profondément enracinée dans les cœurs des hommes, et avec la joie pour la vie qui naît de la foi. Après l’arrivée au Mexique, je me rappelle que, sur les bords de la longue route à parcourir, il y avait d’interminables foules de personnes qui saluaient, agitant des foulards et des drapeaux. Je me rappelle que durant le trajet vers Guanajuato, pittoresque capitale de l’État du même nom, il y avait des jeunes pieusement agenouillés au bord de la route pour recevoir la bénédiction du Successeur de Pierre ; je me rappelle comment la grande liturgie auprès de la statue du Christ Roi est devenue un acte rendant présente la royauté du Christ – sa paix, sa justice, sa vérité. Tout cela s’est déroulé avec en arrière-plan les problèmes d’un pays qui souffre de multiples formes de violence et des difficultés d’une dépendance économique. Ce sont des problèmes qui, certes, ne peuvent pas être résolus simplement par la religiosité, mais encore moins sans cette purification intérieure des cœurs qui vient de la force de la foi, de la rencontre avec Jésus-Christ. Et il y eut ensuite l’expérience de Cuba – ici aussi au cours des grandes liturgies, à travers les chants, les prières et les silences, la présence de Celui à qui, pendant longtemps, on avait voulu refuser une place dans le pays se rendait perceptible. La recherche, dans ce pays, d’une nouvelle organisation du rapport entre contraintes et liberté ne peut assurément pas réussir sans une référence à ces critères fondamentaux qui se sont manifestés à l’humanité dans la rencontre avec le Dieu de Jésus-Christ. Comme étapes ultérieures de l’année qui touche à sa fin, je voudrais mentionner la grande Fête de la Famille à Milan, ainsi que ma visite au Liban avec la remise de l’Exhortation apostolique post-synodale, qui maintenant devra constituer, dans la vie des Églises et de la société au Moyen-Orient, une orientation sur les difficiles chemins de l’unité et de la paix. Le dernier événement important de cette année qui s’achève a été le Synode sur la Nouvelle Évangélisation qui a été en même temps un commencement communautaire de l’Année de la Foi , par laquelle nous commémorons l’ouverture du Concile Vatican II, il y a cinquante ans, pour le comprendre et l’assimiler de nouveau dans une situation changeante.

 

Avec toutes ces occasions on a abordé des thèmes fondamentaux de notre moment de l’histoire : la famille (Milan), le service de la paix dans le monde et le dialogue interreligieux (Liban), ainsi que l’annonce à notre époque du message de Jésus-Christ à ceux qui ne l’ont pas encore rencontré et aux nombreuses personnes qui le connaissent seulement de l’extérieur et qui, justement pour cela, ne le reconnaissent pas. Parmi ces grands thèmes je voudrais réfléchir un peu plus en détail surtout sur le thème de la famille et sur la nature du dialogue, pour ajouter ensuite encore une brève annotation sur le thème de la Nouvelle Évangélisation.

 

La grande joie avec laquelle des familles provenant du monde entier se sont rencontrées à Milan a montré que, malgré toutes les impressions inverses, la famille est forte et vivante encore aujourd’hui. Cependant la crise qui – particulièrement dans le monde occidental – la menace jusque dans ses fondements est aussi incontestable. J’ai été frappé du fait qu’au Synode on a souligné à maintes reprises l’importance de la famille comme lieu authentique où se transmettent les formes fondamentales du fait d’être une personne humaine. On les apprend en les vivant et aussi en les souffrant ensemble. Et ainsi, il apparaît avec évidence que la question de la famille n’est pas seulement celle d’une forme sociale déterminée, mais celle de la question de l’être humain lui-même – de la question de ce qu’est l’être humain et de ce qu’il faut faire pour être de façon juste une personne humaine. Dans ce contexte, les défis sont complexes. Il y a avant tout la question de la capacité de l’homme de se lier ou de son manque de liens. L’être humain peut-il se lier pour toute une vie ? Cela correspond-il à sa nature ? N’est-ce pas en opposition avec sa liberté et avec la dimension de son auto-réalisation ? L’être humain devient-il lui-même en demeurant autonome et en entrant en contact avec l’autre uniquement par des relations qu’il peut interrompre à tout moment ? Un lien pour toute la vie est-il en opposition avec la liberté ? Le lien mérite-t-il aussi qu’on en souffre ? Le refus du lien humain, qui se répand toujours plus à cause d’une compréhension erronée de la liberté et de l’auto-réalisation, comme aussi en raison de la fuite devant le support patient de la souffrance, signifie que l’homme demeure fermé sur lui-même et, en dernière analyse, conserve son propre « moi » pour lui-même, et ne le dépasse pas vraiment. Mais c’est seulement dans le don de soi que l’être humain se réalise lui-même, et c’est seulement en s’ouvrant à l’autre, aux autres, aux enfants, à la famille, c’est seulement en se laissant modeler dans la souffrance, qu’il découvre la dimension du fait d’être une personne humaine. Avec le refus de ce lien disparaissent aussi les figures fondamentales de l’existence humaine : le père, la mère, l’enfant ; des dimensions essentielles de l’expérience du fait d’être une personne humaine tombent.

 

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Le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, dans un traité soigneusement documenté et profondément touchant, a montré que l’atteinte à l’authentique forme de la famille, constituée d’un père, d’une mère et d’un enfant – une atteinte à laquelle nous nous trouvons exposés aujourd’hui – parvient à une dimension encore plus profonde. Si jusqu’ici nous avons vu comme cause de la crise de la famille un malentendu sur l’essence de la liberté humaine, il devient clair maintenant qu’ici est en jeu la vision de l’être même, de ce que signifie en réalité le fait d’être une personne humaine. Il cite l’affirmation devenue célèbre, de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient ». Dans ces paroles se trouve le fondement de ce qui aujourd’hui, sous le mot « gender » , est présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité. Le sexe, selon cette philosophie, n’est plus un donné d’origine de la nature, un donné que l’être humain doit accepter et remplir personnellement de sens, mais c’est un rôle social dont on décide de manière autonome, alors que jusqu’ici c’était à la société d’en décider. La profonde fausseté de cette théorie et de la révolution anthropologique qui y est sous-jacente, est évidente. L’être humain conteste d’avoir une nature préparée à l’avance de sa corporéité, qui caractérise son être de personne. Il nie sa nature et décide qu’elle ne lui est pas donnée comme un fait préparé à l’avance, mais que c’est lui-même qui se la crée. Selon le récit biblique de la création, il appartient à l’essence de la créature humaine d’avoir été créée par Dieu comme homme et comme femme. Cette dualité est essentielle pour le fait d’être une personne humaine, telle que Dieu l’a donnée. Justement, cette dualité comme donné de départ est contestée. Ce qui se lit dans le récit de la création n’est plus valable : « Homme et femme il les créa » (Gn 1, 27). Non, maintenant ce qui vaut c’est que ce n’est pas lui qui les a créés homme et femme, mais c’est la société qui l’a déterminé jusqu’ici et maintenant c’est nous-mêmes qui décidons de cela. Homme et femme n’existent plus comme réalité de la création, comme nature de l’être humain. Celui-ci conteste sa propre nature. Il est désormais seulement esprit et volonté. La manipulation de la nature, qu’aujourd’hui nous déplorons pour ce qui concerne l’environnement, devient ici le choix fondamental de l’homme à l’égard de lui-même. L’être humain désormais existe seulement dans l’abstrait, qui ensuite, de façon autonome, choisit pour soi quelque chose comme sa nature. L’homme et la femme sont contestés dans leur exigence qui provient de la création, étant des formes complémentaires de la personne humaine. Cependant, si la dualité d’homme et de femme n’existe pas comme donné de la création, alors la famille n’existe pas non plus comme réalité établie à l’avance par la création. Mais en ce cas aussi l’enfant a perdu la place qui lui revenait jusqu’à maintenant et la dignité particulière qui lui est propre. Bernheim montre comment, de sujet juridique indépendant en soi, il devient maintenant nécessairement un objet, auquel on a droit et que, comme objet d’un droit, on peut se procurer. Là où la liberté du faire devient la liberté de se faire soi-même, on parvient nécessairement à nier le Créateur lui-même, et enfin par là, l’homme même – comme créature de Dieu, comme image de Dieu – est dégradé dans l’essence de son être. Dans la lutte pour la famille, l’être humain lui-même est en jeu. Et il devient évident que là où Dieu est nié, la dignité de l’être humain se dissout aussi. Celui qui défend Dieu, défend l’être humain !

 

Avec cela, je voudrais aborder le deuxième grand thème qui, depuis Assise jusqu’au Synode sur la nouvelle Évangélisation, a traversé toute l’année qui touche à son terme : c’est-à-dire la question du dialogue et de l’annonce. Parlons d’abord du dialogue. Pour l’Église de notre temps, je vois surtout trois domaines de dialogue dans lesquels elle doit être présente, dans la lutte pour la personne humaine et pour ce que signifie être une personne humaine : le dialogue avec les États, le dialogue avec la société – qui inclut le dialogue avec les cultures et la science – et, enfin, le dialogue avec les religions. Dans tous ces dialogues, l’Église parle à partir de la lumière que lui offre la foi. Toutefois, elle incarne en même temps la mémoire de l’humanité qui, depuis les origines et à travers les temps, est la mémoire des expériences et des souffrances de l’humanité, dans laquelle l’Église a appris ce que signifie être humains, en en expérimentant la limite et la grandeur, les possibilités et les limitations. La culture de l’Humain, dont elle se fait la garante, est née et s’est développée à partir de la rencontre entre la révélation de Dieu et l’existence humaine. L’Église représente la mémoire de l’humain face à une civilisation de l’oubli, qui désormais connaît seulement elle-même et son propre critère de mesure. Mais, de même qu’une personne sans mémoire a perdu sa propre identité, de même une humanité sans mémoire perdrait sa propre identité. Ce qui a été montré à l’Église, dans la rencontre entre la révélation et l’expérience humaine, va, certes, au-delà du domaine de la raison, mais ne constitue pas un monde particulier qui serait sans aucun intérêt pour le non croyant. Si l’être humain, par sa pensée, entre dans la réflexion et dans la compréhension de ces connaissances, celles-ci élargissent l’horizon de la raison et ceci concerne aussi ceux qui ne réussissent pas à partager la foi de l’Église. Dans le dialogue avec l’État et avec la société, l’Église n’a certainement pas de solutions toutes faites à chaque question. Avec les autres forces sociales, elle luttera en faveur des réponses qui correspondent le plus à la juste mesure de l’être humain. Elle doit défendre avec la plus grande clarté ce qu’elle a identifié comme valeurs fondamentales, constitutives et non négociables, de l’existence humaine. Elle doit faire tout son possible pour créer une conviction qui ensuite puisse se traduire en action politique.

 

Dans la situation actuelle de l’humanité, le dialogue des religions est une condition nécessaire pour la paix dans le monde, et il est par conséquent un devoir pour les chrétiens comme aussi pour les autres communautés religieuses. Ce dialogue des religions a différentes dimensions. Avant tout, il sera simplement un dialogue de la vie, un dialogue du partage pratique. On n’y parlera pas des grands thèmes de la foi – si Dieu est trinitaire ou comment il faut comprendre l’inspiration des Saintes Écritures etc. Il s’agit des problèmes concrets de la cohabitation et de la responsabilité commune pour la société, pour l’État, pour l’humanité. En cela, on doit apprendre à accepter l’autre dans sa diversité d’être et de pensée. Dans ce but, il est nécessaire de faire de la responsabilité commune pour la justice et pour la paix le critère fondamental de l’entretien. Un dialogue où il s’agit de paix et de justice, devient en soi, – au-delà de ce qui est simplement pragmatique – une lutte éthique pour les évaluations qui sont les prémisses à tout. Ainsi, simplement pragmatique dans un premier temps, le dialogue devient cependant aussi une lutte pour le juste mode d’être personne humaine. Même si les choix fondamentaux ne sont pas comme tels en discussion, les efforts autour d’une question concrète deviennent un processus où, par l’écoute de l’autre, les deux parties peuvent trouver purification et enrichissement. Ainsi, ces efforts peuvent aussi avoir le sens de pas communs vers l’unique vérité, sans que les choix fondamentaux soient changés. Si les deux parties partent d’une herméneutique de justice et de paix, la différence de fond ne disparaîtra pas, mais, entre elles grandira plutôt une proximité plus profonde.

 

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Pour l’essence du dialogue interreligieux, deux règles sont aujourd’hui généralement considérées comme fondamentales :

 

1. Le dialogue ne vise pas la conversion, mais bien la compréhension. En cela, il se distingue de l’évangélisation, de la mission.

 

2. Conformément à cela, dans ce dialogue, les deux parties restent consciemment dans leur identité, qu’elles ne mettent pas en question dans le dialogue ni pour elles-mêmes ni pour les autres.

 

Ces règles sont justes. Mais je pense que, sous cette forme, elles sont formulées trop superficiellement. Oui, le dialogue ne vise pas la conversion, mais une meilleure compréhension réciproque – c’est juste. Cependant, la recherche de connaissance et de compréhension veut toujours être aussi un rapprochement de la vérité. Ainsi, les deux parties, en s’approchant pas à pas de la vérité, avancent et sont en marche vers un plus grand partage, fondé sur l’unité de la vérité. En ce qui concerne le fait de rester fidèle à sa propre identité, ce serait trop peu, si par sa décision pour sa propre identité, le chrétien interrompait, pour ainsi dire, de sa propre volonté, le chemin vers la vérité. Son être chrétien deviendrait alors quelque chose d’arbitraire, un choix simplement factuel. Alors, évidemment, il ne prendrait pas en compte que dans la religion on touche à la vérité. À ce sujet, je dirais que le chrétien a la grande confiance fondamentale, ou mieux, la grande certitude fondamentale de pouvoir tranquillement prendre le large dans la vaste mer de la vérité, sans avoir à craindre pour son identité de chrétien. Certes, ce n’est pas nous qui possédons la vérité, mais c’est elle qui nous possède : le Christ qui est la Vérité nous a pris par la main, et sur le chemin de notre recherche passionnée de connaissance, nous savons que sa main nous tient fermement. Le fait d’être intérieurement soutenus par la main du Christ nous rend libres et en même temps assurés. Libres  : si nous sommes soutenus par lui, nous pouvons ouvertement et sans peur, entrer dans tout dialogue. Assurés , nous le sommes, car le Christ ne nous abandonne pas, si nous ne nous détachons pas de lui. Unis à lui, nous sommes dans la lumière de la vérité.

 

Enfin, il est juste qu’il y ait aussi une brève annotation sur l’annonce, sur l’évangélisation, dont en effet, suite aux propositions des Pères synodaux, parlera largement le document post-synodal. Je trouve que les éléments essentiels du processus d’évangélisation apparaissent de manière très éloquente dans le récit de saint Jean sur la vocation de deux disciples du Baptiste, qui deviennent disciples du Christ (cf. Jn 1, 35-39). Il y a d’abord le simple acte de l’annonce. Jean-Baptiste indique Jésus et il dit : « Voici l’agneau de Dieu ». Un peu plus loin, l’évangéliste raconte un événement similaire. Cette fois-ci, c’est André qui dit à son frère Simon : « Nous avons trouvé le Messie » (1, 41). L’élément premier et fondamental est la simple annonce, le kérygme , qui tire sa force de la conviction intérieure de celui qui annonce. Dans le récit des deux disciples, vient ensuite l’écoute, la marche à la suite de Jésus, une suite qui n’est pas encore une sequela , mais plutôt une sainte curiosité, un mouvement de recherche. Les deux personnes sont en effet à la recherche ; des personnes qui, au-delà du quotidien, vivent dans l’attente de Dieu – dans l’attente, car il est là et il se montrera ensuite. Touchée par l’annonce, leur recherche devient concrète. Ils veulent mieux connaître celui que le Baptiste a qualifié d’Agneau de Dieu. Le troisième acte commence ensuite par le fait que Jésus se retourne, regarde les deux disciples et leur demande : « Que cherchez-vous ? ». La réponse des deux est, à nouveau, une demande qui indique l’ouverture de leur attente, leur disponibilité à faire de nouveaux pas. Ils demandent : « Rabbi, où demeures-tu ? ». La réponse de Jésus : « Venez, et vous verrez ! », est une invitation à l’accompagner et, en marchant avec lui, à devenir des personnes qui voient.

 

La parole de l’annonce devient efficace là où existe dans l’homme la disponibilité docile pour s’approcher de Dieu ; là où l’homme est intérieurement en recherche et ainsi en marche vers le Seigneur. Alors, l’attention de Jésus pour lui touche son cœur et l’impact de l’annonce suscite ensuite la sainte curiosité de connaître Jésus de plus près. Ce fait d’aller avec lui conduit au lieu où Jésus habite, dans la communauté de l’Église, qui est son Corps. Cela signifie entrer dans la communion itinérante des catéchumènes, qui est une communion d’approfondissement et, en même temps, de vie, dans laquelle, le fait de marcher avec Jésus, nous fait devenir des personnes qui voient.

 

« Venez et vous verrez ! » Ces paroles que Jésus adresse aux deux disciples en recherche, il les adresse aussi aux personnes d’aujourd’hui qui sont en recherche. Au terme de cette année, nous voulons prier le Seigneur, afin que l’Église, malgré ses pauvretés, devienne toujours plus identifiable comme sa demeure. Nous le prions pour que, dans la marche vers sa maison, il nous rende aussi toujours plus voyants, afin que nous puissions dire toujours mieux et de manière toujours plus convaincante : nous avons trouvé celui que le monde entier attend, Jésus-Christ, vrai Fils de Dieu et vrai homme. Dans cet esprit, je vous souhaite de tout cœur à tous un saint Noël et une heureuse nouvelle Année.

 

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Désormais, les choses sont claires : les religions monothéistes s’opposent au mariage homosexuel et à l’adoption des enfants par un couple homosexuel. En revanche, elles continuent à respecter les homosexuels en tant que frères et sœurs bien-aimés. Plus d’ambiguïté possible : la position des chrétiens, des juifs et des musulmans est un repère à partir duquel il convient désormais de se positionner, en conscience. Bon Noël et bonnes fêtes à toutes et à tous.

 

Bernard

 

 

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Jeanne d'Arc 2009

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Que voilà une bien jolie Jeanne d'Arc !
mardi 11 février 2009

 Vous trouveriez particulièrement inconvenant que j'ajoute quelque commentaire que ce soit à mon titre, n'est-ce pas ? Je me permettrais seulement de souligner la joliesse de la jeune fille et la délicatesse de ses pages. Et leur très bonne éducation, aussi. Toute la tenue de Mademoiselle Rabineau, sa coiffure, son élégance, son maintien, sa prestance, jusqu'à son discours final respirent cette bonne éducation-là. Trop accomplie sans doute pour incarner une sainte guerrière qui ne devait savoir ni lire ni écrire ni se vêtir convenablement. Si Jeanne d'Arc avait ressemblé à la belle élue d'Orléans, elle n'aurait jamais pu fonder un mythe.

Ce qui me gêne ? Mais rien, voyons ! Sinon, que j'ai eu le souffle coupé en voyant ce conseil municipal, - probablement l'un des derniers du pays à ressembler à ce qu'un Félix Faure eût estimé "digne" -, si empesé, si bien élevé précisément, si bourgeois, en un mot si "sarkozien" ! Comment dire, sans paraître malintentionné ? Cette Tradition-là - des fêtes johanniques, si j'ai bien compris - devrait avoir le goût et l'odeur du sang des martyrs ; dans ce décor de caf'conc' montmartrois transfiguré par le bling-bling, avec un maire en travail qui accouche ses mots comme une parturiente, une présidente de Comité qui, au contaire, semble n'avoir fondé son existence que sur ces exercices académiques, des autorités religieuses-civiles-zet-militaires plus vraies que leurs caricatures, cette Tradition sent plutôt le fric qu'elle va coûter aux contribuables compensé par des recettes attendues ; et on n'y croit pas. 

J'avoue un certain malaise, le même que dut ressentir la bergère lorsqu'elle devait "faire tapisserie" à la Cour pourtant bien pâlichonne du dauphin. Je veux donner en ce contexte une dénotation secondaire à l'expression "faire tapisserie" parmi ces ors, ces pompes et ces discours apprêtés et ampoulés dans une France qu'on veut à tout prix faire rêver à grands renforts de pacotilles, de paillettes et de mauvais strass. Une France dont le premier a préféré le Fouquet's au recueillement, le yacht d'un milliardaire au silence d'une abbaye où nos chers moines, confiants jusqu'à la naïveté, l'ont attendu en vain. Une France dont les filles penseront davantage à un garnement en chère pas trop chère qu'à un prince charmant, pur aristocrate, mais désargenté. Jehanne aurait ouvert le Livre et aurait dit, en bonne chrétienne : "On ne peut servir Dieu et Mammon". Et la Jeanne d'aujourd'hui lui aurait conseillé un peu plus de pragmatisme.

 

 


L'intronisation d'Agnès

Où serait alors la vraie noblesse des fêtes johanniques orléanaises ? Et si Orléans avait le courage de se choisir une Jeanne d'Arc "beurette" ? Ou une Larissa, par exemple, qui, si je ne me trompe, fréquentait le lycée Jeanne-d'Arc avant d'être rapatriée au Brésil.  Mauvais esprit ? Assurément non ! Relisez le procès de la Pucelle et vous verrez que la petite bergère devait avoir le tempérament d'une militante de "ni putes ni soumises", plutôt que celui que l'on croit deviner, peut-être à tort, chez cette Nicolette blonde à souhait, un peu trop aryenne avec son "cler vis", un peu trop "bonne catholique", un peu trop sage, au premier rang de la classe, pour mieux entendre les voix de ses maîtres, mais si belle que jamais il ne pût se trouver un Anglais assez diabolique pour lui vouloir du mal.



Mais, il faut le reconnaître, nous ne savons rien du physique de notre héroïne. Et puisque l'histoire ne nous a rien laissé qui puisse nous aider sur le portrait de Jeanne, restons finalement modestes. Laissons à Malraux le mot de la fin :

 

Ô Jeanne sans sépulcre et sans portrait, toi qui savais que le tombeau des héros est le coeur des vivants, peu importent tes vingt mille statues, sans compter celles des églises : à tout ce pour quoi la France fut aimée tu as donné ton visage inconnu...


Et que rien de ce qui précède ne dispense quiconque de s'enthousiasmer devant la grâce et la beauté d'Agnès Rabineau ! Qui vaut bien cette autre, après tout :




DERNIERE NOUVELLE :

Europe 1, 17 h 53 :

Paul Vermusse annonce que Paris Hilton a été choisie pour incarner Jeanne d'Arc dans un remake américain.
Ce qui me permet de vous rappeler, en toute simplicité, que le vocable pucelle, de l'étymon latin classique puella > bas latin VIe siècle pulicella > fr. pucelle à partir du Xe siècle ne connote pas obligatoirement la virginité. Au moins jusqu'au XVIe siècle, "pucelle se dit simplement pour "jeune fille", comme le dit pudiquement le bon Littré, qui s'empresse d'ajouter que pour La Pucelle d'Orléans, "en cet emploi, pucelle n'est pas du style familier". Ce qui ne l'empêche pas de ranger cette acception sous sa rubrique 1 : "Terme familier. Vierge".

Une citation du même Littré peut aider à se faire une idée lexicale du problème, si j'ose dire :

"Les lits se font : les trois pucelles de Marolles [qui n'étaient plus pucelles] se couchent, et leurs maris après"
Extrait des Contes de Desper. (j'ignore de qui il s'agit), V, XVIe siècle.

Finalement, nous ne sommes guère plus avancés.


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Le voyage de Villemomble à Jérusalem (III)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

ou le pèlerinage de Mauricette en Terre Sainte

 

Bethléem

 

Article dédié à Rachel Chaouat

 

 

Chers Frères et Sœurs,


« Pendant que Joseph et Marie étaient à Bethléem, arrivèrent les jours où Marie devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire » (cf. Lc 2, 6-7).


Au nom de l'Enfant de Bethléem, né dans une pauvre grotte, et au nom de ses semblables, les nombreux enfants nés sans abri et les enfants des camps des réfugiés, je vous souhaite la bienvenue avec les paroles des anges aux bergers : « Voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 10-12). Nous souhaitons que ce salut se réalise de nouveau dans l'aujourd'hui de Dieu, à partir de cette ville, de cette grotte et de cette mangeoire vers laquelle nous porterons dans un moment le divin enfant en procession !


« Aujourd'hui nous est né un Sauveur » (Lc 2, 11) ; « Venez, adorons-le » (Ps 95, 6). « Aujourd'hui nous est né un Sauveur »... Le mot aujourd'hui, que le ciel adressa à la terre il y a 2000 ans, est notre aujourd'hui et l'aujourd'hui de tous les hommes et de tous les temps, car « Jésus Christ, est le même hier et aujourd'hui, il l'est pour l'éternité » (He 13, 8). Le temps des hommes est un présent fugitif, tandis que le temps de Dieu est un continuel présent, car le Seigneur est l'Etre par excellence, il est « celui qui est » (cf. Ex 3, 14). Le Christ, parole de Dieu, est aussi « celui qui est, qui était et qui vient » (Ap 1, 8). Aujourd'hui, notre Seigneur et Sauveur naît de nouveau parmi nous. […]


Au nom de tous les fidèles des paroisses de Jordanie, de Palestine, d'Israël et de Chypre, et au nom des fidèles de Bethléem, concitoyens de Jésus, je m'adresse à tous les croyants du monde entier et je les exhorte à prier pour cette Terre Sainte. C'est une terre qui souffre et qui espère. Ses habitants vivent en frères ennemis. Quand comprendrons-nous qu'une terre ne mérite le qualificatif de « sainte » qu'à partir du moment où l'homme qui y vit devient saint ? Cette terre ne méritera vraiment d'être appelée « sainte » que lorsque l'on pourra y respirer la liberté, la justice, l'amour, la réconciliation, la paix et la sécurité.


 

Par ailleurs, comment pouvons-nous goûter la joie de Noël tandis que nous voyons se répéter le drame qui a accompagné la naissance du Christ dans l'histoire ? Le Christ n'avait pas de maison à Bethléem, et beaucoup de nos concitoyens sont sans logis du fait de l'injustice des hommes ; à cause des difficultés et de l'insécurité, des centaines de milliers de personnes ont déjà émigré pour chercher ailleurs une meilleure qualité de vie ; d'autres cherchent à quitter le pays de leurs ancêtres, le pays sanctifié par le mystère de l'Incarnation de Dieu. […]


Ô Enfant de Bethléem, nous sommes fatigués de notre situation, nous sommes fatigués d'attendre et las des discours et des promesses, fatigués des conférences, des délais et des négociations !


Ô Enfant de Bethléem, donne-nous ta patience, ton amour et ta douceur ! Nous t'en prions, que pendant cette nouvelle année les mains se serrent, les intentions se purifient, les cœurs s'entr'aiment, les divisions disparaissent, les murs tombent, et qu'à leur place soient construits les ponts de la compréhension et de la réconciliation !


Puissions-nous voir dans chaque homme, chaque femme et chaque enfant, le visage de Jésus, le fils de ce pays, notre concitoyen, qui a dit : « Heureux les doux, ils obtiendront la terre promise. Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ! » (Mt 5, 1-12)


Extraits de l’Homélie prononcée lors de la messe de minuit à Bethléem par le patriarche latin de Jérusalem, Sa Béatitude Fouad Twal, 24 décembre 2009.


Mais commençons par les commencements. Bethléem est d’abord un lieu saint de la religion judaïque. C’est à بيت  لحم   « maison de la viande » ou « maison de l'âme », à בית לחם « maison du pain », en Cisjordanie, une région de Palestine, à une dizaine de kilomètres de Jérusalem, que serait né et aurait été couronné le roi David et que Rachel serait ensevelie.

 

 


David, דוד le « bien-aimé », est le petit berger, gardien de mouton , le dernier des huit fils de Jessé. Il devint roi contre toute attente selon la volonté de Dieu. Il passe pour avoir vaincu le philistin Goliath avec sa fronde, devient chef militaire puis gendre de Saül qui devient jaloux de ses succès au point de vouloir le tuer. David, aidé par son épouse, prend la fuite, devient chef de bande, roi des Judéens à la mort de Saül, puis roi d’Israël après la victoire de Gabaon sur ses rivaux israélites. Il commettra l’irréparable, mais donnera Salomon à Israël. À sa mort, David est à la tête d'un vaste royaume. Mais l’histoire a aussi retenu que ce roi guerrier, rusé et parfois retors, fut aussi musicien et poète. La Tradition lui attribue de nombreux psaumes et on le représente symboliquement avec une harpe.

 

 

 

Rachel, fille de Laban du village de Harran conduit le troupeau. Lorsque Jacob la voit, il reconnaît en elle la nièce de Rebecca sa mère. Il s'approche d’elle et abreuve le troupeau de Laban. Rachel apprend alors de Jacob en larmes qu’elle est de sa famille. Elle court l’annoncer à son père qui accueille Jacob en sa maison. Au bout de sept ans, Jacob épouse Rachel. Stérile, elle se sacrifie en lui faisant épouser sa servante Bilha. Mais elle lui donnera deux fils : Joseph et Benjamin. Elle décède à l’entrée de Bethléem. Les juifs vénèrent le tombeau de Rachel, symbole de la route de l’exil de Babylone.

 


 

C’est à Bethléem que naquit Jésus, fils de David, c’est-à-dire descendant de la maison d’Israël, conformément aux écritures : « Et toi, Bethléem, Éphrata, bien que tu sois petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit dominer en Israël, et duquel les origines ont été d'ancienneté, dès les jours d'éternité » (Mi 5. 1). Le groupe de Villemomble n’a pas pu assister à la messe de minuit dans la merveilleuse basilique de la Nativité, faute de place. Jacques, notre précieux photographe nous a tout de même envoyé cette illustration de notre foi commune, l’étoile à quatorze branches, lieu précis où serait né l’Enfant-Jésus.

 

Etoile-Bethleem.jpg

Sous la basilique, l’étoile en argent incrustée dans le marbre et entourée de lampes d’argent consacre l'endroit exact où Marie aurait mis l’Enfant-Dieu au monde. En principe, nul n’est réellement « propriétaire » de l’autel, mais il appartient à l'Église apostolique arménienne d’en assurer l’entretien. Un autre autel marque traditionnellement le lieu où Marie a installé le nouveau-né dans la mangeoire.


Lustre-Basilique-de-la-Nativite.jpg

La basilique de la Nativité, haut-lieu de la chrétienté, est malheureusement dans un piteux état. Un rapport de 2008 ne laisse aucun doute sur la nécessité de travaux urgents :


« L'état actuel de l'église est préoccupant. Les poutres de la charpente sont pourries et n'ont pas été remplacées depuis le 19e siècle. L'eau de pluie qui s'infiltre dans le bâtiment, non seulement accélère la pourriture du bois et porte atteinte à l'intégrité structurelle du bâtiment, mais endommage également les peintures et mosaïques murales du 12ème siècle. La présence d'eau augmente significativement les risques de court-circuit et d'incendie d'origine électrique. Si un autre tremblement de terre, de l'ampleur de celui de 1834, venait à se produire, le résultat serait très probablement catastrophique. …Il est à espérer que son inscription sur cette liste encouragera à sa préservation, notamment en incitant ses trois gardiens - l'Église orthodoxe grecque, l'Église orthodoxe arménienne et l'ordre franciscain - à travailler ensemble, ce qui ne s'est pas produit depuis des centaines d'années. Le gouvernement israélien et l'Autorité palestinienne devraient également travailler ensemble pour la protéger.  »


Mais Bethléem est aussi une ville vivante de près de 30 000 habitants placés sous autorité palestinienne. Heureux Villemomblois qui avez pu rencontrer la célèbre Sœur Sophie, la bien nommée, directrice de l’orphelinat de Bethléem.


 

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Avant eux, un journaliste incroyant, Jean-François Fournel, avait pu témoigner, dans La Croix d’août 2008, de son émotion lorsque la religieuse, tenant un bébé de deux mois, une petite fille qu’elle avait trouvée le matin même dans un carton, lui avait dit :


« Tu ne crois peut-être pas en lui, mais Jésus existe, je le tiens dans mes bras. »

 

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Puissions-nous ne jamais oublier que Jésus naquit pauvre parmi les pauvres et que les pèlerins marchant sur ses traces peuvent le rencontrer dans le regard du pauvre d’aujourd’hui.

 

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A bientôt, les amis,


Bernard

 

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