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9 articles avec poesie en image

Don d'un poème de Marie Cholette

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

 

 

 

LUMEN D’AILE


En cette journée où la lumière exulte soulevant 
         au-dessus de sa tête les bouleaux blancs

                                                           les pins 
les érables

                                  les sapins et

                                                       les aulnes 
en cette journée où les cratères solaires rient
aux éclats et se font entendre de tout l’univers 

les tarins

                           des pins

                                                     te sifflent 


Tarin-des-pins.jpg
Tarin-des-pins

amour de ma vie 



les mésanges à tête noire

                           atterrissent dans ta paume 

 

des graines
y attendent de combler leur appétit 
                                        

                            les carouges à épaulette

                                              te font de l’

                                                                        œil 


             carouge.jpg        
                                  

                                  les parulines

      te saluent en hochant de la queue
 
                              les chardonnerets

ont entrepris la toile de tes vêtements 
          avecque la palette à leur portée 
                 des nuances de jaune de noir et de blanc
le vent à ton passage en perd ses directions et souffle 
                                               de manière à te voir de tous côtés 
    ne sachant où donner de la tête maintenant que tu es à proximité 

 

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des battures de l’Isle-aux-Coudres 

un couple de bruants lapons

   a quitté la toundra et joue 

 

 

bruant.lapon.jogo.0g.jpgo   

pour toi 



à haut vol de leurs ailes 

le mâle a posé sur sa tête une calotte noire qui a plu 
à la belle et

                                                                        le héron 
posé sur l’étoc d’un rocher prend son envol 
il rame de toute l’envergure de ses ailes pour te prendre 
à son bord
                                                        les grèbes huppés

ont mis leur collerette rousse pour capter 
ton attention la happer puis


ils                         plongent

 


 

grebes.jpgo     

réapparaissent tout près de toi 
posent contre tes seins leur poitrine

accompagnée 
de l’instrument 
de musique de leur parade leurs caquètements rauques 
et saccadés si sonores 
t’ont déjà entourée d’un nid spatial et fluvial

                                                         où il te sera bon 

de plonger


                        comme une sirène 

                                                       contemporaine

 

 

mon amour 

 

laurentides21.jpg

je me transformerai en

moitié-femme-homme et en moitié-poisson pour leur royaume 
d’eaux et de terre
leur royaume corporel et sensitif 
mieux les connaître en l’apprivoisement des différences


je me métamorphoserai 
                                                           en femme-lionne 
                                                           en femme-cheval 
                                                            en homme-abeille 
                                                            en femme-univers 
en homme-rhinocéros et en femme-fourmi

passant de l’infiniment grand 

à l’infiniment 
petit

comme je sais dilater les membranes de l’instant
cette journée où la lumière exulte durera 

très                                        longtemps 

et parmi une bande d’arlequins plongeurs 
qui arborent tel un personnage de la commedia dell’arte 
leurs couleurs 
ma robe blanche rouge et noire 
je porterai et d’une semblable

Arlequin-plongeur.jpg 

 

te vêtirai 


elles auront un profond décolleté puis pour chasser 
les temps de tristesse


nous monterons 
toutes deux sur la scène de nous-mêmes 


et la salle tout entière 
à tout bout de champ 


nous esclaffer


Isle-aux-coudres.jpg 

 

 

© Marie Cholette, poète québecoise  

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Linda illustrée par le Fougerais Dominique Bourcier

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Les chaussonniers au service du Québec

 

N'ayez crainte : il est hors de question de vous priver de la totalité du rapport général du synode ! Mais vous avez quand même le droit à une belle récréation. Vous connaissez déjà Linda Pyontka Reeves. Vous avez apprécié son style « maternel ». Il y a une semaine, elle m'a offert une œuvre d'un tout autre genre. Et comme dit l'évangile : on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres. J'ai donc demandé à Dominique Bourcier, le photographe de l'écureuil fougerais, de confectionner pour vous un récipient qui ne crèvera pas à l'acidité du précieux liquide. 

J'ai eu l'honneur de rencontrer Dominique Bourcier (alias dominiqueb ou Louis-Bertrand Henri) chez un ami commun, installé depuis peu à Fougères, le « pays des chaussonniers ». Je vous en reparlerai en même temps que j'aborderai pour vous l'une de ses célébrités littéraires : Jean Guéhenno. Dominique Bourcier est déjà très apprécié sur facebook où je l'ai connu grâce à une amie commune, Frédérique Notez, une belle poétesse bruxelloise qui fera le deuxième chapitre de la série sur les poétesses francophones de FB

 

Photographe-crepuscule.jpg 

Dominique Bourcier, l'écureuil fougerais, 

c'est lui ? Non, et alors !

 

Dominique Bourcier est employé de banque. Peu importe laquelle, quoique chacun sache où les écureuils engrangent leurs réserves. Personnage affable et simple, cet ancien conseiller municipal se dit lui-même à l'écoute de tous, ouvert à tous, curieux de tout, et je puis vous affirmer que cette réputation n'est ni autoproclamée ni usurpée. Il a eu la gentillesse de se rendre à domicile avec son ordinateur et j'ai pu, à loisir et ad libitum, y fouiner pour y découvrir des merveilles, bien connues aujourd'hui des amateurs qui puisent de quoi embellir leurs textes sur FB. 

Vous êtes donc invités à découvrir une nouvelle Linda Pyontka Reeves, dont la force imaginative sera un peu nuancée par la lumière discrète du sépia de Dominique Bourcier. J'avoue ne pas avoir cherché à faire coïncider le texte et l'iconographie. Encore que l'un et l'autre cherchent en l'homme sa nature véritable. Et où trouver le sens de l'homme autre part que dans la mémoire des pierres et de la mer éternelle ou à Paris où se mêlent à loisir le meilleur et le pire. Peu importe du reste : le sucré-salé et l'aigre doux ont toujours été appréciés des gourmets.  Alors : bon appétit.

 

Bernard Bonnejean

 

La légende des âmes-sœurs

De la mer à la terre, il a nagé,

ensuite il a marché.

Il a découvert le feu,

S’est fabriqué des outils.

 

 Il vécut en groupe, apprit à chasser pour se nourrir, se vêtir,

en harmonie avec la nature.

 

 



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Tout comme l'animal,

il n’était qu’instinct,

pas encore tout à fait humain.

 

Par une nuit sans lune leur destin fut scellé,

le ciel s'ouvrit,

une intense lumière éclaira une femme en couche ;

l'enfant délivré, l'univers fit un don :

la femme dota le nouveau-né d'une âme,

une âme pure,

une âme sans malice.

 

Soudain le ciel se couvrit,

le tonnerre gronda,

et le néant s'ouvrit chassant la lumière.

 

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La femme hurla,

un deuxième enfant s'annonçait,

une deuxième petite fille jaillit de son corps avec violence ;

le néant cracha une ombre noire qui fondit sur elle,

 

Le ciel se referma.

Le calme revint…

 

15 ans dans la plus totale confusion !

Le bien et le mal s'affrontaient chaque jour.

Leurs serviteurs dénués d'âme se transformaient

doucement,

lentement.

 

A chaque orage, ils contemplaient le ciel

dans la crainte et l’espoir de voir un autre miracle.

 

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La nuit, anniversaire des jumelles, on se livra à un étrange rituel.

 

Les deux filles s'affrontèrent par le langage du corps, la danse :

celle qui s'épuiserait la première devrait partir pour toujours.

Ce duel durerait des heures,

sans violence.

 

Au lever du soleil, on s'installa près d'un feu,

un feu énorme alimenté pour brûler éternellement.

 

Devant les joueurs de phalange sifflante et de trompe en terre cuite,

les jumelles se faisaient face.

Akenza, les bras tendus vers le soleil, se mit à onduler,

feignit de le supplier, de l'attraper.

 

Balançant enfin les mains,

d’un mouvement fluide, elle le lança dans la foule.

 

 Akenza dansait la vie, mimait l'espoir.

Les yeux fermés, elle tournait, virevoltait ;

elle n'était plus elle, mais ce qu'elle dansait.

 

Lhiva gambadait en gargouillade,

se faisant féline.

 

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Victime, elle se fait chasseresse, montre les dents,

attrape sa proie, la maintien au sol, mime la mise à mort,

la joie perverse d'avoir tué, d'avoir vaincu.

 

 Lhiva danse la mort.

 

Elle se balance langoureusement :

les mains tendues, elle réclame son amant le néant.

 

La nuit est tombée ; les jumelles dansent  toujours,

ni la fatigue ni la faim ne semble les ralentir.

 

 Dans la foule un homme semble hypnotisé par Akenza,

qui désormais ne semble danser que pour lui.

 

 Lhiva les regarde avec colère, avec haine :

ce mâle est à elle, elle veut ce grand chasseur, ce dominant.

qui lui a toujours préféré sa jumelle.

 

 D'un bond, la voilà devant sa sœur.

Lhiva lui ouvre les bras, l'invite à la rejoindre.

 

Akenza, tout heureuse, d’un pas gracieux s'élance dans les bras tendus.

 

La fine aiguille dissimulée dans la main de Lhiva lui transperce le cœur.

Les yeux écarquillés, Akenza entraine sa sœur dans sa chute.

 

Un cri de désespoir monte de la foule ;

la mère folle de désespoir se jette sur ses jumelles entrelacées

et transperce Lhiva d’un coup d’aiguille.

 

Nées le même jour, elles mourront le même jour.

 

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Soudain le tonnerre gronda et il se mit à pleuvoir des larmes de sang.

Le ciel s'ouvrit comme au premier jour.

 

 Un être de lumière apparut , majestueusement vêtu de blanc.

 

Descendu parmi eux, on raconte qu’il leur parla longuement du bien et du mal.

 

 Il leur dit aussi qu'il avait créé toute chose,

que l'homme, son plus grand miracle, il le destinait à gouverner la terre.

 

« Les âmes de ces deux sœurs ne forment plus qu’une.

En chaque être se mêleront bien et mal.

Vous serez libre de votre choix.

Je reste près de vous ; mon amour pour vous est infini.

Soyez bons les uns envers les autres,

vivez en harmonie avec la nature.

Le respect et l'amour alimenteront le feu qui brûle en vous ;

il éloignera l'ombre et unifiera vos âmes. »

 

Il les bénit avant de disparaître.

 

Sept jours durant, la terre fut plongée dans un profond sommeil.

Le septième jour, les hommes n’avaient plus qu’une âme.

 

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Leur vie changea,

des amours naissaient,

des rires fusaient au milieu des discordes.

 

L'homme était vraiment homme,

Parlant, aimant, détestant.

 

La grande aventure de la vie commençait...

 

© Linda Pjontka Reeves

Crédit photographique Dominique Bourcier

 

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Reproduction des textes et des photos interdite.

Dominique Bourcier est adhérent et collaborateur à Artabus. Il lui arrive de travailler en collaboration avec Laurent Pradat dit AUPRA. Son matériel : un Canon EOS 500 D.

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Prends mon coeur

Publié le par Bernard Bonnejean

 
je te le donne !


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MORALITE


La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne

&

C'est l'intention qui compte



c'est que des conneries, des menteries et des trucs à la noix qui marchent pas avec nos bien-aimées.

Bonne fête à tous les amoureux, expérimentés et nouveaux pratiquants,

Bernard Bonnejean



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A toutes les manmans lectrices de mon blog

Publié le par Bernard Bonnejean

 

on vous aime !


Charme et féminité dans un bouquet Voici un bouquet plein de féminité. Germinis et roses rouges donnent la touche glamour de cette création qui comblera de joie celle qui se le verra offrir. Pour se faire adorer d’elle ! Le conseil du Fleuriste Coupez les tiges en biseaux et changez l’eau du bouquet tous les 2 ou 3 jours.

 

Soleil d'été

 

L'équipe Florajet vous propose ce joli bouquet d'été où le rose et le vert forment un adorable tandem. A la fois acide et tendre, Délicatesse apporte gaieté et tendresse à ceux qui le reçoivent en cadeau. Le conseil du fleuriste Coupez les tiges en biseaux et changez l’eau du bouquet tous les 2 ou 3 jours.
 

Voici une composition qui invite au voyage. Les anthuriums mêlés aux délicates tiges de prêles se dressent dans une belle harmonie. Il en ressort une élégante composition qui rappelle la douceur des Antilles. Ravissez vos proches avec ce joli brin d'exotisme. 

 

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DD

Publié le par Bernard Bonnejean


ou y'a la direction d'over-blog qui nous a demandé de faire des titres courts pour figurer sur le nouveau portail et comme je suis sage et obéissant par nature c'est exactement ce que j'ai fait à supposer que plus le titre sera court plus on touchera de droits d'auteur ? Non ? Tant pis !


Mon intention première est bien de rendre hommage à l'une des plus Grandes Dames du cinéma français. Vous en doutez ? Vous avez tort : figurez-vous que c'est exactement ce que je fais et, depuis le début, avant même d'entrer dans le corps du sujet.

Oh ! Hein ! S'il vous plaît ! Laissez vos allusions grivoises à ma tutrice bien-aimée qui ne connaît pas l'hypocrisie ! D'ailleurs le propos ne s'y prête nullement !

Je reprends : avant même le sous-titre, j'avais dit l'essentiel sur la Dame en question.

Me moquer de vous ? Certainement pas ! Si je vous dis BB, vous comprenez ? Mais non, pas Bernard Bonnejean. Je vous parle de cinéma français ! Suivez un peu quand même ! BB comme... Brigitte Bardot ! LA Brigitte Bardot de ci-dessous sans dessous dessus qui vous mettait la tête sens dessus-dessous. La BB interdite parfois aux moins de 21 ans, âge légal de la majorité, celle des affichettes placardées à l'entrée des églises qui mentionnaient "Pour adultes avertis, avec réserves" ou carrément "A proscrire". Même que nous les gamins on se demandait bien ce qui pouvait bien se cacher derrière cette proscription :



Avant que Initials BB ne se substituent à Brigitte Bardot, ça faisait une paye que tout le monde savait que DD, c'était Danielle Darrieux.

Bordelaise née un jour de fête du travail, l'actrice ne pouvait qu'arborer un sourire radieux sur un visage éclatant qui fleurait bon le muguet ou le saint-estèphe. Il s'en est pourtant fallu de peu qu'elle ne fût violoncelliste ou chanteuse. Elle compte déjà neuf films de son premier rôle dans Le Bal de Wilhelm Thiele, à 14 ans, à Mauvaise graine, à 17 ans. On n'est jamais mieux servi que par son talent et par l'amour, à preuve qu'Henri Decoin en fait son égérie et son épouse, en 1935. Il lui confie Le Domino vert, puis  Mademoiselle ma mère et Abus de confiance en 1937. A la suite du succès retentissant de Mayerling (1936) de Litvak avec Charles Boyer, elle signe un contrat avec Universal. Mais l'Amérique préfère sans doute les vamps.


Une curiosité existentielle : Premier Rendez-vous (1941), un grand succès de cinéma est aussi un échec sentimental. Le couple se sépare.

Premier rendez-vous

Danielle Darrieux joue dans La Fausse Maitresse (1942) d'Andre Cayatte. Après la Libération,  elle joue Maria d'Espagne dans Ruy Blas (1947) de Pierre Billon. Claude Autant-Lara l'imagine en grande cocotte dans Occupe-toi d'Amélie (1949). Max Ophuls lui trouve ses plus beaux rôles de jeunes femmes désenchantées dans La Ronde (1950), Le Plaisir (1951) et surtout Madame de... (1953) où elle figure l'archétype de la Parisienne frivole, vive et spirituelle.

 

Elle retrouve Henri Decoin pour La Vérité sur Bébé Donge et Hollywood à l'occasion de L'Affaire Cicéron de Mankiewicz (1951), deux films que j'ai particulièrement appréciés. Sacha Guitry lui donne deux rôles : Napoléon (1954) et Si Paris nous etait conté (1955). 

 


D'autres succès s'enchaînent  : Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara (1954), avec Gérard Philipe. L'Amant de Lady Chatterley (1955), de Marc Allegret ; Pot-Bouille (1957) de Julien Duvivier,  Les Lions sont lâchés (1961) de Henri Verneuil, Le Crime ne paie pas (1961) , Landru (1962) de Claude Chabrol.

 

 

 

Dotée d'une des plus belles voix du cinéma français, elle reste célèbre pour ses rôles dans les comédies musicales de Jacques Demy : Les demoiselles de Rochefort (1966) et Une chambre en ville (1982). 

 


Notons enfin Le Lieu du crime (1985),  Corps et Biens (1986) de Benoît Jacquot et Quelques jours avec moi (1987). François Ozon (2001) lui donnera un grand rôle dans 8 Femmes.

 

 

MON AIR PREFERE

 

 


Premier rendez-vous



En prime, pour les amateurs de voix authentiques :

Persepolis

Persepolis

Persepolis

Un film de Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud

Avec Gena Rowlands, Chiara Mastroianni, Danielle Darrieux, Catherine Deneuve

Article de Morgane Postaire

Les voix collent très bien aux personnages et à leurs caractères, phénomène accentué par le fait que les voix ont été enregistrées en amont et que les expressions, aussi bien du visage que du corps, ont été en quelque sorte calquées sur celles de ceux qui ont prêté leurs voix.
Danielle Darrieux porte admirablement bien à l’écran cette grand-mère qui a la langue bien pendue et qui n’a pas les yeux dans sa poche. Affirmant ses idées sans jamais en avoir honte, c’est elle qui tente d’inculquer la notion d’intégrité à sa petite fille. Il faut avant tout être en accord avec soi-même et ne jamais oublier ni renier ses origines. La grande complicité entre ces deux générations crève l’écran, donnant au film une touche très personnelle mêlant rire et émotion mais aussi transmission de savoir et de valeurs.

 


Mademoiselle Darrieux, viendrez-vous ici nous faire l'honneur d'un petit coucou ? [autocensuré] Pas vrai, les gars ?

Voir DD et mourir !!

Bernard Bonnejean


:chorale:

Déçus, hein ? On vous a dit d'aller voir chez Bonnejean parce que j'y avais du sport, même qu'avec un peu de patience, on allait en venir aux mains ? Et puis, pof, un poème de Verlaine ! Remboursez, remboursez ! C'est comme ça, entre "adversaires" intelligents : on s'entretue verbalement, on s'explique en coulisses et on s'redit bonjour. En espérant que google n'aura pas eu le temps d'enregistrer la première moûture...


  À Charles Morice



Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur
Et tout cet ail de basse cuisine !


Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?


De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.


Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

 

Paul Verlaine
 



























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Rue des Carmes à Laval (2)

Publié le par Bernard Bonnejean


ou l'obsession d'un urbanisme raisonné


Oui, je sais : je vous embête avec ma rue des Carmes ! Depuis le 6 mars, les Lavallois les plus curieux la cherchent en vain sur le plan de ville. C'est qu'ils n'ont rien compris, malgré les explications fournies, détaillées, circonstanciées. Ne cherchez pas davantage la rue des Carmes à Laval : elle n'existe pas !

Comme toutes les obsessions, celle-ci repose sur une image ancrée dans le cerveau, sans réalité extérieure. Ou alors faussée, travestie au point de ne plus y ressembler. La rue des Carmes, sans les carmes, est orléanaise. Il me semble vous l'avoir déjà dit. Et moi, voyageur intertellaire (du latin tella, la "toile"), je fais une fixette sur le sujet actuel le plus houleux de la cité libérée par la Pucelle de la perfide Albion.

Pourquoi ? Parce que...

Et encore ? Parce que toutes les villes dignes de ce nom, ce qui exclut les mégalopoles et les cités à cages à lapins des années d'après-guerre, ont une rue des Carmes, vieille comme la France, dont les habitants sont fiers et que les municipalités, sauf certaines que je ne nommerai pas, bichonnent comme des poupons, car utiles pour remplir l'assiette fiscale via les commerçants et les touristes, et vice versa.

Eh bien, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les Orléanais, qui me faites bisquer avec votre scandale de votre rue des Carmes, j'ai le plaisir de vous annoncer que nous aussi, à Laval (France-53), on la tient notre pomme de discorde urbanistique ! Et ça vaut bien vos histoires de tram, je vous ferais dire ! Non mais ! Les trams, c'est comme le reste, quand on n'a pas les moyens de s'en payer un, on marche ! Et comment qu'il faisait Péguy pour aller de chez lui à la mairie ? Pedibus cum iambis, comme aurait dit Cicéron, et pas Carré, le dépité mis à l'amende, mentor impécunieux [message codé à l'attention exclusive de qui se reconnaîtra].

Ah ! je me marre ! Me voilà donc vengé ! Nous aussi, on va voir "fleurir des trous", selon une expression de la région Centre. Et chez nous non plus, les gens ne sont pas contents. Et moi, pas raciste comme certains, je vous autorise, je vous invite même à venir me dire, ici, dans les yeux, face à face, ce que vous pensez de la politique municipale lavalloise. Ce n'est pas moi qui vous dirai : "De quoi je me mêle ?"

Il faudrait quand même que je commence par vous expliquer le pourquoi du comment de l'affaire de la Grand-rue de Laval, notre rue des Carmes à nous, que vous êtes conviés à arpenter en y dépensant vos louis orléanais ou autres. On n'a pas le porte-monnaie xénophobe pour ce qui est de l'intériorisation. Surtout que les impôts locaux, purée, je ne vous dis que ça !


Les travaux dans la Grande-rue suscitent la grogne

Les commerçants ne sont pas satisfaits du choix de la date, et craignent pour leur chiffre d'affaires. La mairie a tenté de les rassurer, mais ça n'a pas été facile.

Les travaux dans la Grande-rue ont commencé, mais les commerçants riverains ne sont pas contents. « Nous ne sommes pas contre, mais nous aurions aimé être prévenus plus tôt » s'accordent-ils à dire. Seuls les propriétaires ont été prévenus. Les locataires, eux, l'ont appris grâce aux panneaux posés à l'entrée de la rue.

Hier soir, une petite réunion s'est tenue avec quelques élus, debout dans la rue. Nicole Peu, chargé du logement et des travaux, a été assaillie de reproches. « Et ma terrasse ? a demandé Stéphane Hubert, le gérant de la crêperie Fromentine et Sarrazin. Il va falloir que je la fasse démonter, et ça va me coûter 2 900 €.  Je n'ai pas les moyens. »

La municipalité refuse de prendre en charge ces frais. Elle n'indemnisera que pour l'enlèvement et le stockage. Elle a tenté de se défendre : « Il était bien convenu que ces terrasses devaient être démontables dans la journée, justement pour palier ce genre de problèmes ».



En première ligne

Aucune autre contrepartie ne sera accordée. Pourtant, les commerçants s'inquiètent pour leur chiffre d'affaires, et auraient aimé un geste. « On a déjà bien souffert avec la crise, et là ils nous en rajoutent. En plus, on n'a plus le festival des Uburlesques, qui nous amenait des passants et donc des clients. Alors ça + ça + ça, le chiffre d'affaires va forcément s'en ressentir », s'insurge Flore Lemoine, du magasin de décoration Les clés du grenier.

Le débat se poursuit sur le choix du mois de mars pour débuter ces travaux. Les commerçants l'affirment : c'est une mauvaise date. « C'est en plein à la reprise de la saison touristique, quand les gens se promènent... » explique Flore Lemoine. « On est mis devant le fait accompli. Ils auraient dû nous demander quelle était la date la plus appropriée ». Eux auraient préféré septembre-octobre, ou janvier-février.

Les représentants de la mairie (trois s'étaient déplacés spécialement  : Claude Gourvil, et Florence Fabre-Dureau) ont beau renouveler leurs excuses, la colère de certains est restée présente. « Ils ont beau s'excuser mille fois, c'est quand même nous qui sommes en première ligne », précise la gérante du magasin de décoration.

Nicole Peu a tenté d'apaiser tout le monde. Elle a bien insisté sur le fait que la rue resterait accessible aux piétons, et que les magasins resteraient ouverts. « Le pire c'est qu'on a voulu bien faire, a-t-elle murmuré. Mais on a choisi de faire les travaux avant l'été, et la saison touristique. » Pour elle, l'important est de privilégier le développement, l'attractivité et le tourisme.

Un nouveau point sur les travaux sera fait avec les riverains, le 6 avril.


Alan NAGARD.

alan.nagard@ouest-france.fr

Ouest-France

S/C Bernard Bonnejean


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Rue des Carmes à Laval

Publié le par Bernard Bonnejean

 

"Il a pété les plombs, le poète-poète,

je vous l'avais pas dit qu'y avait un risque que ça arrive à force ?"

Au risque de vous déplaire, cher ami, mon mien de Judas [cf. ép. précédent],  je ne suis pas plus fou qu'avant. Déception ! Ah ! c'est sûr ! ça serait pratique de trouver l'origine de ce surcroît de lucidité mi-sénile jaillissante dans un "dérèglement de tous les sens"  post-adolescent, surgi sur le tard comme un dernier bouton d'acné providentiel ! Franchement ni le Bon Dieu ni mon maigre talent n'ont jugé bon de me l'offrir.

Pourtant, c'est permis de rêver :

Il est zinzin, pas tout à fait normal, pas complément comme tout le monde, comme nouzots-vouzémoi, qu'on dirait en ville. C'est bien connu, ça trompe plus personne ! mais c'est un "fou génial" !!!"

Désolé de vous décevoir, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs : ni fou ni génial. Même pas un mauvais ersatz de Jarry ou de Gerbault.

Alors, me demanderont les Lavallois de souche, pourquoi nous parler d'une rue des Carmes qui n'a existé que dans votre imagination ?

Tout est dans la métaphore, la métonymie, la transposition
. Ecoutez : vous allez comprendre :

Il était une fois, à Orléans, un député UMP nommé Carré. Dans le civil, un Bouygues local, si j'ai bien compris.

                 Mais qu'est-ce que tu veux que ça nous foute !?

Suffit, maintenant, vos impatiences ! Vous êtes pénibles ! Y'a pas que Laval dans la vie, non ? I' vont finir par croire que vous êtes chauvins, les étrangers ! Tenez-vous un peu, quand même ! Vous me faites honte devant les gens !

En plus, mon histoire, elle peut vous intéresser ! Vous allez voir :

Le nommé Carré, disais-je avant qu'on me coupe, a eu, avec quelques autres parlementaires, l'idée simple et subtile, de déposer un amendement ainsi conçu. Il s'agissait, ni plus ni moins, d'accorder l'autorisation aux élus locaux de faire passer une pelleteuse rénovatrice parmi de vieux sites et monuments anciens qui servent à rien qu'à faire joli. Et cela sans l'autorisation préalable des ABF :

L'Architecte des Bâtiments de France (A.B.F.) est le chef du Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine (S.D.A.P.) Fonctionnaire d'Etat, il a une mission patrimoniale : entretien des Monuments Historiques ; il donne un avis sur les dossiers de restauration du petit patrimoine communal, sur tous les projets situés dans le périmètre de protection des monuments historiques et dans les sites ; il est chargé de la préservation et valorisation des paysages et milieux naturels avec leurs dimensions architecturales et patrimoniales, de la qualité de l'habitat, dans sa diversité, d'une architecture contemporaine s'insérant dans les paysages, de la réhabilitation du bâti existant, de la maîtrise de l'urbanisation, du conseil et assistance pour la réalisation des documents d'urbanisme, de la sensibilisation et pédagogie en direction des élus et du public, du maintien des savoir-faire, des techniques et matériaux traditionnels.

Pour résumer, c'est un fonctionnaire du genre que Sarkozy n'aime pas, une plaie pour les promoteurs immobiliers, un empêcheur de blingblinguer en rond.

Eh bien, figurez-vous que le Conseil Constitutionnel n'a pas apprécié l'initiative de nos bons parlementaires ! Ils se sont fait recaler avec leur amendement. Du coup, la rue des Carmes d'Orléans, dont Carré est premier adjoint, est probablement sauvée. Et beaucoup de rues des Carmes de France. Les pelleteuses sarkoziennes
¡No pasarán!

Commencez-vous à comprendre ? Imaginons, nous les Lavallois, un député Carré avec son amendement  - Monsieur Olivier Carré vient d'être récemment promu
secrétaire national fonction publique et réformes des pouvoirs publics par son "senti Maître" sans doute pour le consoler d'avoir foiré son projet - dans les années soixante-dix, quand on disait que le Vieux-Laval était insalubre ? Et le Vieux-Mans ? Et toutes nos belles villes qui ne datent pas d'hier que c'est pour ça qu'on les aime ? Eh bien ! Vous voyez le tableau ? Des beaux quartiers tout neufs partout, sans âme, sans poésie, sans passé. Un Montmartre sans la rue Lepic et sans le Sacré-Coeur !!

C'est là que je voulais en venir ? Oui, mais pas seulement ! Les patrimoines, c'est pas seulement des rues, des cathédrales et des façades. C'est parfois des choses dont on aurait peut-être aimé se débarrasser. Pas par méchanceté ! Juste qu'il faut être un spécialiste du genre ABF pour en savoir la valeur.

Par exemple, le patrimoine lavallois, c'est aussi les Bâteaux-lavoirs, des cicatrices d'un passé pas si ancien, qui ont fait souffrir des générations de femmes. Est-ce que ça serait rentré dans le cadre de l'amendement, ces rossignols, dans la catégorie vieilleries inutiles et coûteuses ? Je vous laisse réfléchir, grâce à Jacques Duplessys, sur la ténacité  déployée par les experts auprès de tous les maires, de droite comme de gauche, pour maintenir ces vestiges à flot.

A bientôt,

Bernard Bonnejean

Une idée de ce qu'est un urbanisme intelligent
Ouest-France Laval de vendredi

« Il faut sauver les bateaux-lavoirs »

Le bateau-lavoir « Saint-Yves » a été construit en 1928. Il est resté en service jusqu'en 1971. Le bateau-lavoir « Saint-Yves » a été construit en 1928. Il est resté en service jusqu'en 1971.

Les deux bateaux-lavoirs sont en très mauvais état. Le Saint-Julien a coulé ce week-end. Une course contre la montre est lancée pour le sauver des eaux.

Les deux bateaux-lavoirs amarrés à Laval, le Saint-Julien et le Saint-Yves sont en danger. « Ce sont des pièces exceptionnelles, témoigne Xavier Villebrun, directeur du patrimoine de la ville. Ces bateaux sont les deux derniers d'Europe. » Ils ont été inscrits aux monuments historiques en 1994.

Mais ces antiquités sont malades depuis longtemps. Déjà, les coques ont été changées en 1994 et en 1998. Mais d'autres travaux nécessaires sur la structure n'ont jamais été entrepris. « Nous voulons désormais arrêter le bricolage et trouver une solution pérenne, déclare Emmanuel Doreau, adjoint au maire chargé de la culture et du patrimoine. Nous souhaitons aussi davantage valoriser ces bateaux dans le patrimoine de la ville. »

Il y a urgence à rénover ces bateaux. Le Saint-Yves, construit en 1928, a coulé la semaine dernière. Il repose sur un support en béton (un « grill technique ») construit pour faciliter la réparation de ces bateaux. Le Saint-Julien, construit en 1904, a coulé le week-end dernier. « C'est une course contre la montre pour sortir le Saint-Julien de la Mayenne, explique Xavier Villebrun. Plus il reste dans l'eau, plus il s'abîme. »

Assécher le bief

Plusieurs solutions techniques pour le renflouer sont envisagées. La période des hautes eaux de la Mayenne complique l'opération. « Le plus simple et le moins coûteux serait d'assécher le bief, constate Emmanuel Doreau. Mais il n'est pas certain que ce soit faisable en ce moment. » Une autre solution serait de démonter le Saint-Julien en deux morceaux et de le sortir avec des grues. La troisième solution est d'assécher un espace autour des bateaux en les isolant avec des caissons étanches. Cette dernière solution est la plus chère.

Les experts et les techniciens planchent sur les différentes solutions. Une réunion technique a lieu ce matin et la décision finale devrait être prise ce week-end. « Nous devrions procéder à l'opération la semaine prochaine, précise Emmanuel Doreau. Tous les services concernés de la ville et de l'État sont mobilisés et travaillent en bonne intelligence. Notre objectif est de sauver ces deux bateaux-lavoirs. »

Le coût de ce sauvetage est encore inconnu. « C'est sûr que ça peut monter très vite, reconnaît Xavier Villebrun. Une grue, des caissons étanches, ça coûte cher... » Mais le coût ne sera pas supporté entièrement par la ville. « Les monuments historiques vont nous rembourser d'une grande partie des frais engagés », explique Emmanuel Doreau.

Reste l'épineuse question de l'avenir de ces bateaux. « Comment mieux les valoriser, s'interroge Emmanuel Doreau. Nous étudions la possibilité de les transférer vers la halte fluviale, près du square de Boston. Cela pourrait entrer dans le projet global d'aménagement du parc. »
Jacques DUPLESSY,  Ouest-France

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Le musée de l'objet de Blois

Publié le par Bernard Bonnejean


Oh ! Moi ! L'art contemporain !




Avez-vous essayé une fois, une seule, d'aller en voir ?

Il est bien possible que ça vous surprenne.

On m'invite à des vernissages d'expositions auxquels je ne pourrai pas aller. J'en suis vraiment désolé. C'est sincère. Je vous laisse ma place. Vous n'êtes pas si nombreux, après tout, alors, profitez-en.

Tant que vous n'aurez pas fait l'effort de vous ouvrir à autre chose qu'au classicisme, ou même au moderne, une toute petite fois, vous ne pouvez pas savoir.

Et si vous alliez au musée de l'objet de Blois ? C'est souvent drôle, imaginatif, intelligent et surprenant.
Pour ceux qui peuvent, les curieux pas trop éloignés :




François BONNEAU
Président de la Région Centre

Marc GRICOURT
Maire de Blois
Conseiller Général

Christophe DEGRUELLE
Adjoint au Maire de Blois en charge de la Culture
Président d'Agglopolys

Bernard FRAGNEAU
Préfet de la région Centre

Olivier KAEPPELIN
Délégué aux arts plastiques

Richard LAGRANGE
Directeur du Centre national des arts plastiques






ont le plaisir de vous inviter (de ma part) aux vernissages des expositions


le mercredi 11 mars 2009

à 18h

Oeuvres dans la collection permanente

et exposition Un monde fini

au musée de l'Objet - collection d'art contemporain
expositions présentées du 11 mars au 30 novembre 2009


à 19h

Les 108 brigands

de Yan PEI-MING

au château royal de Blois
exposition présentée du 11 mars au 20 septembre 2009


Renseignements : www.musees.regioncentre.fr



Adresse à retenir

Musée de l'Objet - collection d'art contemporain
6 rue Franciade - 41000 Blois
Tel : 02 54 55 37 45 - musee.objet@wanadoo.fr
www.museedelobjet.org







Juste un petit aperçu avant de vous dire à bientôt









Une autre pour le fun et pour les plus fidèles du soir après le dîner




smile.gif " La modernité, c'est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art,

        dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable ." smile.gif

 

Charles Baudelaire

 

 

 


 

  tongue.gif "A défaut d'un référentiel bondissant aléatoire ou d'un récepteur de trace écrite à utiliser, bien sûr, avec un outil scripteur, l'essentiel est de veiller à ce que l’unicité du référentiel généré soit respectée" blink.gif

 

Albert Duchnok

 

 

 


 



Bernard Bonnejean whistling.gif


























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"Toutes les femmes sont des Jeanne d'Arc"

Publié le par Bernard Bonnejean

Maurice Lemaitre


Maurice Lemaître prépare l'École des Arts et Métiers et celle des Travaux publics. Après avoir participé à la Libération de Paris, il commence une licence de philosophie à la Sorbonne. Entré en 1949 au mouvement libertaire, il y débute une carrière de journaliste en écrivant dans le journal de ce mouvement.

En 1950, il se joint au groupe d'avant-garde lettriste, où il crée, la même année une revue politique : le « Front de la Jeunesse », ainsi qu'une revue littéraire et picturale, « Ur », qui reste comme « Le Minotaure » du lettrisme. Depuis cette date, Maurice Lemaître n'a cessé d'agir et de créer dans divers domaines explorés par le mouvement lettriste : la poésie, le théâtre, la danse, le roman, la peinture, la photographie, le cinéma, l'économie, la psychopathologie et la psychothérapie.

Les apports de cet artiste dans les arts plastiques, en poésie, en cinéma, et dans le roman sont si incontournables qu'il est cité dans les études modernes sur la littérature contemporaine (Centre Pompidou, Hachette, Seghers, Larousse), aussi bien dans les pays de l'Ouest que de l'Est.

« La seule critique définitive est la création »,  Maurice Lemaître.





 Le titre Toutes les Femmes sont des Jeanne d'Arc est de Maurice Lemaitre.
La réalisation vidéo (1983) de Suzanne Lemaitre.


Une grande partie des textes lus par Maurice Lemaitre sont des extraits du procès de Jeanne d'Arc.  Quant à la partie versifiée, j'ignore s'il s'agit de la Jeanne d'Arc de Joseph Delteil (1925), ou d'une Jeanne d'Arc de Maurice Lemaitre. Amis de Jeanne et des poètes, à vos plumes !
Voici, comme promis, quelques passages parmi les plus représentatifs, à mon sens, de la personnalité de la Pucelle, d'après le
texte "officiel", traduit par Dom Leclecq en 1906.

 

CAUCHON : Dites votre Pater noster .

JEANNE : Entendez-moi en confession, je vous le dirai volontiers.

CAUCHON : Derechef, je vous requiers de dire votre Pater noster.

JEANNE : Je ne vous dirai point Pater noster, à moins que vous ne m’écoutiez en confession.

CAUCHON : Une troisième fois, je vous requiers de dire Pater noster.

JEANNE : Je ne vous dirai Pater noster qu’en confession .

CAUCHON : Volontiers, nous vous donnerons un ou deux notables hommes de la langue de France, devant lesquels vous direz Notre Père.

JEANNE : Je ne leur dirai que s’ils m’entendent en confession.


 

L’INTERROGATEUR : Savez-vous être en la grâce de Dieu ?

               JEANNE : Si je n’y suis, Dieu m’y mette; et, si j’y suis, Dieu m’y tienne !

              

                L’INTERROGATEUR : Qu’aimiez-vous mieux, votre bannière ou votre épée ?

                JEANNE : J’aimais quarante fois mieux ma bannière que mon épée.

L’INTERROGATEUR : Qui vous fit faire cette peinture sur la bannière ?

               JEANNE : Je vous ai assez dit que je n’ai rien fait que du commandement de Dieu.

               L’INTERROGATEUR : Qui portait votre bannière ?

               JEANNE: C’est moi-même qui portais ladite bannière quand je chargeais les ennemis, pour éviter de tuer personne. Je n’ai jamais tué un homme.

 


               L’INTERROGATEUR : Quand vous arrivâtes pour la première fois près de votre roi, ne s’enquit-il pas si c’était par révélation que vous aviez changé d’habit ?

               JEANNE : Je vous en ai répondu, je ne me rappelle pas si cela me fut demandé. C’est écrit à Poitiers.

              L’INTERROGATEUR : Ne vous souvenez-vous pas si les maîtres qui vous ont examinée en une autre obédience, quelques-uns pendant un mois, d’autres pendant trois semaines, vous ont interrogée sur ce changement d’habit ?

 JEANNE: Je ne m’en souviens pas. Au fait, ils m’ont demandé où j’avais pris cet habit d’homme, et je leur ai dit que je l’avais pris à Vaucouleurs.

 L’INTERROGATEUR : Les maîtres susdits vous demandèrent-ils si c’était par ordre de vos voix que vous aviez pris cet habit ?

                 JEANNE : Je ne m’en souviens pas.

                 L’INTERROGATEUR : Votre roi, votre reine et d’autres de votre parti vous ont-ils quelquefois requise de déposer l’habit d’homme ?

                 JEANNE : Cela n’est pas de votre procès.

 

 

Maintenant, laissons au passé les cris de "Jeanne est à nous" poussés aussi bien par le parti catholique que par les républicains. Jeanne n'est à personne, sauf, pour ceux qui y croient, à Dieu.

Bernard Bonnejean

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