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1 articles avec peinture et poesie

Venise était malade

Publié le par Bernard Bonnejean


Anna la réveilla


Il pleut des larmes de toi
Princesse
Sur les toits de Venise
L'ogresse des amours
En délicatesse


Les ors dévalaient les pentes
Et les pleurs
Escaladaient les sentes
Aquatiques
De la verte Adriatique



Dans les soleils furieux
Où s'abîmaient des coeurs à coeurs
Souffreteux
Et des baisers 
Livides


On entendait les moqueries
De la Donna di garbo 
La furie
De l'uomo di mondo

Carlo


Pobre Goldoni
Un jour il s'enfuit
A Cannaregio
Du côté où les ombres
S'alanguissent


Se dérobaient là aux regards
Des Montjoie-Saint-Denis
Hagards
De forêts de touristes
Incurieux


De beaux marchands juifs vénitiens
Loin des chrétiens
Ensoutanés
Entêtés des
Téphilines du Campa
 

Del Ghetto
Où Anna Demoiselle
Joffo
Se fit la belle
De Bagatelle


 A la Venezsia
De Lucino et de Tadzio
Qui s'unirent
Sans trahir
Der Tod in Venedig



ã Anna Joffo pour la peinture "Mort à Venise" et Bernard Bonnejean pour le texte. Tous droits réservés. 20 octobre 2009.








En 1951, Luchino Visconti rencontra Thomas Mann et l'interrogea à propos de sa nouvelle. Voici la réponse de l'écrivain :

« Rien n’est inventé, le voyageur dans le cimetière de Munich, le sombre bateau pour venir de l’Île de Pola, le vieux dandy, le gondolier suspect, Tadzio et sa famille, le départ manqué à cause des bagages égarés, le choléra, l’employé du bureau de voyages qui avoua la vérité, le saltimbanque méchant, que sais-je… Tout était vrai...
L’histoire est essentiellement une histoire de mort, mort considérée comme une force de séduction et d’immortalité, une histoire sur le désir de la mort. Cependant le problème qui m’intéressait surtout était celui de l’ambiguïté de l’artiste, la tragédie de la maîtrise de son Art. La passion comme désordre et dégradation était le vrai sujet de ma fiction.
Ce que je voulais raconter à l’origine n’avait rien d’homosexuel ; c’était l’histoire du dernier amour de Goethe à soixante dix ans, pour Ulrike von Levetzow, une jeune fille de Marienbad : Une histoire méchante, belle, grotesque, dérangeante qui est devenue La Mort à Venise. À cela s’est ajoutée l’expérience de ce voyage lyrique et personnel qui m’a décidé à pousser les choses à l’extrême en introduisant le thème de l’amour interdit. Le fait érotique est ici une aventure anti-bourgeoise, à la fois sensuelle et spirituelle.
Stefan George a dit que dans La Mort à Venise tout ce qu’il y de plus haut est abaissé à devenir décadent et il a raison ».


Cité par wikipedia, "La Mort à Venise" (Nouvelle).

Publié dans peinture et poésie

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