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Déraisons et rimes 2012 (Palmarès critique 5 et dernier)

Publié le par Bernard Bonnejean

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Déraisons et rimes 2012 (Palmarès critique 4)

Publié le par Bernard Bonnejean

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Déraisons et rimes 2012 (Palmarès critique 3)

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Déraisons et rimes 2012 (Palmarès critique 2)

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Déraisons et rimes 2012 (Palmarès critique 1)

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Déraisons et rimes 2012 : Frédérika LANDOLPHE

Publié le par Bernard Bonnejean

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Avast, le meilleur des antivirus. Je n'ai jamais eu que des incidents mineurs.

Publié le par Bernard Bonnejean

Avast, le meilleur des antivirus. Je n'ai jamais eu que des incidents mineurs.

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Déraisons et rimes 2012 (Palmarès critique 5 et dernier)

Publié le par Bernard Bonnejean

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Déraisons et rimes 2012 (Palmarès critique 5 et dernier)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Déraisons et Rimes 2012


Carole ROUZET, Edmond THANEL,

Pierre WATTEBLED

 

 

 


Chers amis d’over-blog, de facebook, de google, de twitter, de LinkedIn, 
et d’ailleurs (sites poétiques personnels, blogs, etc.),
 

Frédérique Notez, oui vous, c'est à vous Frédérique que je m'adresse. 

J'aimerais avoir une plume affutée, une plume endimanchée, une sergent-major émérite et somptueuse pour vous distinguer comme vous le méritez. Grâce à vous, je suis entré en poésie sur facebook sous les huées hystériques de rombières en mal de gloire littéraire, sans avoir trop souffert. Nous nous sommes promis mutuellement, souvenez-vous Fred, d'ouvrir un groupe qui ne ferait aucune concession à la médiocrité « barique », du nom du gourou calamistré et obséquieux, Nicolas génuflecteur de ces pimprenelles. Nous y sommes parvenus, n'est-ce pas votre avis ? Au début, Ganaël Joffo et vous, vous aviez du mal à éviter les jugements irrévocables. Au moins, avec vous deux, seule la qualité avait-elle droit au chapitre. Le reste était voué à la géhenne avec les pleurs et les grincements de dents.  

Chère Fred, Gana est partie pour écrire et composer ; vous, qui n'êtes pas l'ouvrière de la première heure puisque vous étiez présente bien avant, je vous remercie d'être demeurée fidèle à notre création.

Et parce que je vous connais bien, que vous seriez vraiment déçue si je n'ajoutais un mot patronnal pour le plaisir du poète Ozten dont l'humour m'enchante, je finirai sur ce mot de reconnaissance envers votre illustre compatriote. 

 

 

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Özten, votre « homeo duplex », qui a écrit ces vers sublimes :


« Onze meester banketbakker
staat klaar om u te verwennen
met huisgebakken lekkernijen
 ! »


Qu'ajouter à cette vérité éternelle dont l'équilibre rythmique coïncide avec l'esthétisme sonore ? Rien, me répondrez-vous, aussi finirai-je par me taire...
 

Bernard Bonnejean


  

 Carole ROUZET

« L'asile des mots : la poésie »

 

Asile de mes mots où donc es-tu caché 

Vas-tu un jour enfin vouloir me libérer ?

Te déplaçant sans cesse au fond de ma pensée

Bousculant mon avenir, rattrapant mon passé 

 

Les faits se sont produits, l'esprit peut oublier

Mais l'asile de mes mots est là pour ressasser

Vieux souvenir, moment présent, rêve à venir

Ces quelques mots rassemblent passé et avenir 

 

Pour ceux qui ont écrit durant de longues années 

Si l'on pouvait un jour assembler bout à bout 

Tous les poèmes jetés sur des bouts de papier

On revivrait simplement sa vie en relisant le tout 

 

La douceur des mots pour la venue d'un enfant 

Ou des craintes des colères et parfois des tourments 

De tendres paroles d'amour qui ont défié le temps

Les tristes mots quand disparaissent ceux qu'on aime tant 

 

C'est là qu'en se lisant on comprend chaque jour 

Que vos mots sont mes mots qu'on se prête tour à tour

Nous entrons dans la danse qu'on appelle poésie

Ou chacun de nos pas… rapproche aussi nos vies  

 

Combien de poètes de renom se sont montrés impuissants à définir leur art ! Qu’est-ce que la poésie ? Jean Rousselot, — Max Jacob voyait dans ses écrits une « chronique de la douleur humaine » , qui a ruiné sa santé en longues veilles pour échapper à la misère de sa condition, répond Pour ne pas mourir.  Ce serait en quelque sorte une définition par la fonction, par l’objectif recherché. Inacceptable pour Rousselot lui-même qui avoue : « Et nul n’a jamais su / Pas même le poète / Ce qu’est la poésie ».  La vie de Rousselot semble nous convaincre qu’au début de l’art poétique il y a un drame, une tragédie cause de mal-être, souvent dû à un deuil. Chez lui, c'est la mort foudroyante, jamais acceptée, d’Henriette Audin, sa mère : « Beaucoup de tuberculose chez nous, de sang craché », constate-t-il avec douleur. Jamais le poète n’échappera à cette perte initiale ; jamais sa poésie n’aura l’effet libérateur qu’on lui prête parfois. Carole ROUZET  n’est pas plus dupe que le poète poitevin qu’on a muté à Rosendaël chez les chtis (sic !) : la poésie est un « asile » mais « pour ressasser », pas pour délivrer. Certes, ajoute-t-elle, « l’esprit peut oublier » ; il n’empêche qu’au passage l’art de dire ne va pas affranchir le poète sans instaurer le désordre, « bousculant [l’] avenir, rattrapant [le] passé ».  La poésie ne cache pas, elle n’édulcore rien, elle n’aide pas à oublier. Ce n’est pas son orientation, si elle en a une, quand elle en a une. De la même façon que Rousselot, perdu dans un Nord qui l’ennuie, reste traqué dans l’obsession du sang craché, alignant les mots comme le prisonnier biffe les jours sur son calendrier, notre poète veut exprimer ses pauvres expériences des « craintes,  des colères et parfois des tourments », distribuant ses « mots quand disparaissent ceux qu'on aime tant ».  Une vision tragique de la poésie ? Le prophète Jérémie est-il lamentable pour nous avoir laissé les cinq poèmes lyriques des Lamentations ? Au reste, Carole ROUZET entend bien nous faire partager aussi « la douceur des mots pour la venue d'un enfant » et  « de tendres paroles d'amour ». Mais ce qu’il faut retenir de sa définition de la poésie, c’est la communion de pensée et de fortunes qui lie les poètes entre eux. Car, dit-elle, leurs mots sont aussi les siens,  « rapproch[ant] aussi nos vies ».  
 

Edmond THANEL

« J'ai dans ma tête »

 

J'ai dans ma tête des paroles muettes qui se heurtent, se bousculent... et puis j'ai dans ma main une plume ramassée dans la lande où mon père a passé du temps, il y a si longtemps, à élever des oies....

 

Pour que les silences de là-haut s'écrivent ici-bas... il faut tremper la plume... dans la bonne substance, celle qui emplira la page blanche... en traduisant en mots écrits et ordonnés les images, les tableaux des silences d'en-haut

 

Dois-je remonter à la petite enfance ? l'encre serait alors le lait blanc du sein de ma maman, celui-là est secret, il a nourri un petit corps qui s'est construit de lui... la plume dans le lait blanc sur une page blanche, c'est blanc sur blanc ou transparent, ça ne se voit pas... ces souvenirs-là sont pour moi...

 

Dois-je retrouver l'encrier émaillé de ma table d'écolier et emplir ma plume de violet ou de bleu foncé, de cette odeur qui imbibait nos tabliers ? je devrai alors confesser mes premiers sentiments, mes regards d'enfants sur les grands ; je devrai en passer par les bobos au cœur, les genous croûtés, les mains écorchées... ces souvenirs-là sont troublants... pour moi... mais pour vous... je ne sais !

 

Dois-je en revenir à mes premières blessures, mes premiers doutes, mes premiers espoirs, mes premières amours, mes premières désillusions ? devrai-je alors écrire à l'encre de mes yeux, de mes larmes, de la sueur d'un corps vivant le parcours initiatique des premiers émois ? aujourd'hui je mets le cahier de ces souvenirs-là dans le tiroir de l'histoire... plus tard on le ressortira.

 

Dois-je enfin faire belle ma plume du présent, du présent d'aujourd'hui, celle des certitudes, des convictions, des indignations, des espoirs... mais serait-elle si belle ? c'est bien ma question à l'instant ! Sans doute devrai-je alors la tremper dans le sang car je vois rouge en ce moment. Je retiens ma colère ; je la dilue dans ces mots blancs, sans reflet... je collectionne des pensées et quand j'aurai trouvé la substance appropriée... j'écrirai sur la page blanche des mots censés vous éclairer...

 

Tout ça pourquoi ? pour dire qu'aujourd'hui, je me tais.

 

Alister chantait en 2008 : « Qu'est-ce que t'as dans la tête ? Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? » Ces questions « rhétoriques » qui n'en sont pas ne demandent pas de réponses autres que la contrition parfaite imposée par les menaces qu'elles induisent. Leur fonctionnement très particulier est censé éveiller une prise de conscience chez l'accusé, tout penaud, acculé au silence coupable. Pourtant chez ALISTER comme chez EDMOND THANEL, on déroge à la règle. La question est une vraie question à laquelle on répond. Le premier choisit la dérision : « On va faire de toi un homme. On va faire de toi une femme », certes, mais pas à la façon de Kipling. Résumons : Puisque tu es incapable de te prendre en charge, on va s'occuper de tout même de ton bonheur « On va t'inoculer de l'allégresse. On va t'injecter de la graisse. On va te faire des promesses. On va trouver quelqu'un qui t'aime. On va t'aimer sans conditions, sans raisons, sans fin, sans fond ». Ce n'est pas dit mais on entend bien le « c'est pour ton bien » conclusif, imparable. Une recette plus qu'un projet strict, un programme d'ensemble ! L'art du dressage, de l'inculturation sociale. Edmond THANEL a, lui au moins, le courage de répondre lui même non sous forme d'une litanie de bons procédés comme le chanteur, mais en une série de souvenirs accompagnés de futurs d'évocation. Ce n'est pas une confrontation à proprement parler, mais une sorte de constat d'échec avoué par presque tous les autobiographes. Il existe une frontière entre le temps de l'écriture et le temps de l'expérience, à tel point que l'écriture ne rendra jamais compte des réalités du passé comme si la plume et l'encre étaient étrangères à la main qui les guide. Toute vie commence par une naissance, se poursuit par l'enfance, puis par l'âge mûr pour se terminer dans la vieillesse. Cette similitude neutralise toute tentative de la rendre intéressante, voire édifiante. Il faut y ajouter l'art de l'écrivain, sa technique, son imagination, ses ruses. Sinon, même si la « nostalgie n'est plus ce qu'elle était », la mémoire, elle, est toujours aussi défaillante. Quant au lait maternel, aux souvenirs d'école, aux premières amours, aux premiers espoirs déçus, « que vaut cela, c'est déjà fait ?/ Moi qui suis vieux,/ Trop tard je m'en suis aperçu. » À moins qu' « après avoir trouvé la substance appropriée », l'encre magique où tremper sa plume, le poète finisse par trouver le sésame pour « écrire sur la page blanche des mots censés [nous] éclairer... ». Nous attendrons donc ce moment-là, dans le respect du silence d'aujourd'hui. 

 

 

Pierre WattebledPierre WATTEBLED

« Dans mon coquillage »

 

J’écoute la mer

Dans mon coquillage

La mer

Dans l’étrange langage 

Du vent, et son chant.

 

La mer…

Mère de toute vie,

De nos désirs et envies,

Des larmes aussi 

Qui plombent les nuages.

 

La mer,

De vague en vague,

Qui boit les peines, 

Efface les naufrages

D’une marée à l’autre,

Refait un lit d’amour

Pour nos bains de minuit ;

La mer, 

Sur le rivage d’un été

Souffle la passion

Des amours de passages

Et l’oiseau s’envole

Les ailes ruisselantes,

Après avoir aimé.

 

La mer,

Garde

Pour l’éternité,

Ces instants secrets

Que rien ne peut délier.

Milliards de baisers

Gitant

Aux abysses coralliens…

 

Dans mon coquillage

J’écoute

Cette ardeur lointaine

Dont je ne me lasse jamais

A l’heure où le soleil

S’est soudain endormi.

 

Ainsi, selon la version grecque de la « naissance de l'amour », Aphrodite, fille de Gaïa et d'Ouranos, autrement dit de la Terre et du Ciel, déesse de la beauté, de la séduction et de l'amour, serait née de l'écume de la mer ? Femme du dieu forgeron, elle le trompe avec celui de la guerre, comme quoi... ! Et lorsqu'Aphrodite change son nom pour Vénus, les Romains la flanquent d'un garnement insupportable : Cupidon ! Depuis, l'humanité délicieusement victime regarde la mer différemment. La mer et les coquillages... Car Botticelli est passé par là. Il veut bien, lui, que Vénus soit née de l'écume des eaux, mais il n'accepte pas qu'à la façon d'un bain moussant on cache les attraits qui lui servent d'attributs pas si symboliques que le carquois de Diane chasseresse. Aussi décide-t-il de la mettre sur un socle et quel socle : une coquille Saint-Jacques géante qui lui donne un air de Jésus marchant sur les eaux, si ce n'est que l'un et l'autre sont difficilement assimilables. On sait les déesses très susceptibles. Vénus voulut bien pardonner à Botticelli mais pas à son modèle Simonetta Vespucci, l'épouse de Marco Vespucci et la maîtresse de Julien de Médicis, la plus belle femme, dit-on, de son époque. Elle mourut de pneumonie à l'âge de 22 ans en 1476...  Quant à Arthur Rimbaud, l'auteur d'une « Vénus Anadyomède » qui, « D'une vieille baignoire émerge, lente et bête / Avec des déficits assez mal ravaudés », il est permis de supposer que sa mort prématurée le 10 novembre 1891, à quelque 35 ans pourrait être le prix du sacrilège. Pierre WATTEBLED s'est donc montré très prudent. Son esprit d'enfance l'incite d'abord à écouter la mer dans un coquillage. Je m'inscris en faux contre cette interprétation fantaisiste de Ça m'intéresse : « On perçoit le bruit du sang circulant dans nos vaisseaux sanguins, qui fait une sorte de bourdonnement régulier. Ce bruit [...] s'entend d'autant mieux que l'oreille est en partie isolée des bruits extérieurs grâce à la coquille qui fait barrage ». Et le pire reste à venir « Un pot de confiture vide fait aussi bien l'affaire » (sic !). Horreur du scientisme !! Finalement, c'est Pierre WATTEBLED qui a raison contre l'énormité de l'explication a-poétique. La mer, « mère de toute vie », recèle en son sein « désirs »« envies »« larmes »« peines »« passions »« secrets »« baisers ». Mais tout ce remue-ménage vital ne sera jamais perceptible à ceux qui, les pauvres, ne connaissent rien au langage des coquillages. 

 

Les prochains finalistes, les prochaines critiques paraîtront en... fin 2013, voire début 2014.

Très certainement, à moins que...

À bientôt,

Bernard BONNEJEAN

Publié dans poésie

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Mon Tribunal céleste

Publié le par Bernard Bonnejean

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