SYNODE POUR LE MOYEN ORIENT III

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Texte du Rapport après le débat

général

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I. LA PRÉSENCE CHRÉTIENNE AU MOYEN-ORIENT

B. LES DEFIS AUXQUELS SONT CONFRONTES LES CHRETIENS

1. Les conflits politiques dans la région
 

 

Les situations politico-sociales de nos pays ont leur répercussion directe sur les chrétiens, qui en sentent plus fortement les conséquences négatives. Tout en condamnant la violence d'où elle vient, et en appelant à une solution juste et durable du conflit israélo-palestinien, nous exprimons notre solidarité avec le peuple palestinien, dont la situation actuelle favorise le fondamentalisme. Nous demandons à la politique mondiale de tenir suffisamment compte de la tragique situation des chrétiens de l'Irak, qui sont la principale victime de la guerre et de ses suites.

 

Camp de réfugiés palestiniens Galerie photo

Camp de réfugiés palestiniens

 


Selon les possibilités disponibles dans chaque pays, les chrétiens ont à favoriser la démocratie, la justice et la paix, et la laïcité positive dans la distinction entre religion et État, et le respect de chaque religion. Une attitude d'engagement positif dans la société est la réponse constructive et pour la société et pour l'Église. Les Églises d'Occident sont priées de ne pas prendre le parti des uns en oubliant le point de vue et les conditions des autres.



2. Liberté de religion et liberté de conscience

 
Les droits humains sont la base qui garantit le bien de la personne humaine intégrale, critère de tout système politique. La liberté religieuse est une composante essentielle des droits de l'homme. Le manque de liberté religieuse est le plus souvent associé à la privation des droits fondamentaux. La liberté de culte est un aspect de la liberté religieuse. Dans la plupart de nos pays, elle est garantie par les constitutions. Mais même là, dans quelques pays, certaines lois ou pratiques en limitent l'application.

 

 Eglises et Mosquées du Centre Ville de Beyrouth

Eglises et Mosquées du Centre Ville de Beyrouth

 


L'autre aspect de la liberté religieuse est la liberté de conscience, basée sur le libre choix de la personne. La liberté de conscience est affirmée dans la ‘Déclaration Universelle des Droits de l'Homme' (10.12.1948, article 18), et ratifiée par la plupart des États de notre région. La liberté religieuse n'est pas un relativisme qui considère toutes les croyances égales. Elle est la conséquence du devoir que chacun a d'adhérer à la vérité, par un choix convaincu de conscience, et en respect à la dignité de chaque personne. Avec toutes les personnes de bonne volonté, l'Église s'efforce de promouvoir le pluralisme dans l'égalité. L'éducation dans ce sens est un apport précieux au progrès culturel du pays, pour plus de justice et d'égalité devant le droit.

 
La liberté religieuse comporte aussi le droit à l'annonce de sa foi, qui est un droit et un devoir de toute religion. L'annonce pacifique est très différente du ‘prosélytisme' que l'Église condamne fermement dans toutes ses formes. Selon la Wikipedia, « le terme prosélytisme vient du mot prosélyte, du latin ecclésiastique ‘proselytus', du grec προσήλυτος (prosêlutos), et qui signifie ‘nouveau venu (dans un pays)'. Dans le Nouveau Testament, ce terme est couramment utilisé pour désigner une personne venue du paganisme, qui se rapproche du monothéisme juif puis chrétien (cf. Mt 23, 15; Jn 12, 20; Ac 2, 10; etc.). Le prosélytisme désigne donc l'attitude de ceux qui cherchent à susciter des prosélytes, de nouveaux adhérents à leur foi. Par extension, cela désigne le zèle déployé en vue de rallier des personnes à une doctrine. Le terme a aujourd'hui une connotation négative dans son utilisation lorsqu'il  réfère aux activités religieuses ou politiques ». Il faut noter que ce sens s'applique à ces activités lorsqu'elles utilisent des moyens malhonnêtes ou frauduleux, ou abusent de leur autorité, de leur richesse ou de leur puissance pour attirer de nouveaux adeptes. L'annonce que l'Église réclame est au contraire la proclamation et la présentation sereine et pacifique de la foi en Jésus-Christ.



3. Les chrétiens et l'évolution de l'Islam contemporain

 

 

 


À partir des années 1970, nous constatons dans la région la montée de l'Islam politique, qui comprend différents courants religieux. Il affecte la situation des chrétiens, surtout dans le monde arabe. Il veut imposer un mode de vie islamique à tous les citoyens, quelquefois par la violence. Il constitue donc une menace pour tous, et nous devons ensemble affronter ces courants extrémistes. 



4. L'émigration

 
L'un des grands défis qui menacent la présence des chrétiens dans quelques pays du Moyen-Orient. Ce sujet qui est une préoccupation commune à toutes les Églises, devrait être pris en considération dans une concertation œcuménique. Les causes principales de ce phénomène préoccupant sont les situations économiques et politiques, la montée du fondamentalisme, et la restriction des libertés et de l'égalité, fortement aggravées par le conflit israélo-palestinien et la guerre de l'Irak. Les jeunes, les personnes instruites, et les gens aisés, sont les plus nombreux à partir, privant l'Église et le pays des ressources les plus valables. L'émigration est devenue un phénomène général qui touche les chrétiens et les musulmans. Elle prive nos Églises et nos pays des éléments valables et modérés. Elle pourrait constituer un sujet de dialogue sincère et franc avec les musulmans, sur les raisons qui poussent à partir, surtout pour les chrétiens.

 

Chrétiens d'Irak molestés par

des extrémistes


D'autre part, il faut favoriser les conditions qui encouragent le choix de rester. Il revient aux responsables politiques d'affermir la paix, la démocratie et le développement, pour favoriser un climat de stabilité et de confiance. Les chrétiens, avec toutes les personnes de bonne volonté, sont appelés à s'engager positivement à la réalisation de cet objectif. Une plus grande sensibilisation des Instances internationales au devoir de contribuer au développement de nos pays aiderait beaucoup dans cette ligne.

De nombreuses interventions ont fait valoir les relations très positives entre les Communautés catholiques orientales dans la diaspora et l'Église latine locale des pays d'accueil. Ainsi aux États-Unis, en Océanie, en Australie, et dans beaucoup de pays de l'Europe. Les chrétiens qui arrivent du Moyen-Orient frappent à la porte des cœurs de leurs frères et sœurs en Occident, et réveillent leur conscience chrétienne. Nos Églises sont très reconnaissantes aux Églises des pays d'accueil pour l'aide précieuse qu'elles apportent à nos fidèles émigrés. Les Pères Synodaux ont attiré l'attention sur la nécessité et l'importance de faire connaître aux chrétiens d'Europe les causes qui font que des milliers et des millions de chrétiens laissent le Moyen-Orient. Un Vicaire Patriarcal oriental pourrait être nommé pour la coordination de la pastorale pour les fidèles de son Église dans la diaspora.

 

 

Lieu de culte protégé en Irak

 
Les Églises d'accueil devraient aider les émigrés à avoir leurs structures : paroisses, écoles, centre de rencontre, et autres. Ceci nécessite des structures d'accueil, d'encadrement social et culturel, et d'accompagnement. La plupart des diocèses d'accueil ont une pastorale appropriée pour les émigrés, avec un volet spécial pour les communautés orientales. Avec gratitude nous apprécions beaucoup ce souci louable et cette attention solidaire. Les chrétiens d'Occident exprimeront efficacement leur soutien aux chrétiens du Moyen-Orient en venant en aide à leurs confrères d'Orient et en les soutenant.


Les Églises d'accueil, dans leurs normes et leurs pratiques sacramentaires et administratives, sont aussi invitées à connaître et à respecter la théologie, les traditions et les patrimoines orientaux. L'un des rôles des Églises d'accueil est aussi d'accompagner les émigrés, accablés par le souvenir douloureux d'actes humiliants et offensifs, dans une démarche de pardon. Ces Églises agiront pour que leurs pays prennent les mesures appropriées pour garantir le respect, la dignité et les droits de la personne humaine et de la famille. Celle-ci doit pouvoir rester unie, et trouver le nécessaire pour une vie digne et agréable à Dieu.

 

 

Kerala08.41.jpg

 

Eglise Syro-Orthodoxe-Francophone


Les Églises du Nord d'Afrique souhaitent la collaboration avec les Églises du Moyen-Orient et la présence de prêtres arabes pour renforcer le dialogue avec les musulmans. L'Église catholique latine du Maghreb vit dans un contexte pluriel et œcuménique satisfaisant. Les Églises latines du Golfe ont expliqué la situation complexe spéciale dans laquelle elles se trouvent, et qui leur fait adopter des structures et un style pastoral qui apparaissent restrictifs. Elles affirment faire le maximum pour répondre aux besoins immenses des émigrés, dans les limites des possibilités civiles et religieuses contraignantes.

 
Les Pères Synodaux sont revenus avec insistance et fréquence sur le besoin de l'extension de la juridiction des Patriarches sur les fidèles de leur rite en dehors du territoire de l'Église Patriarcale sui iuris. Ils souhaitent ardemment le passage du concept territorial au concept personnel. La limitation de la juridiction du Patriarche aux fidèles de son Église sui iuris est logique, mais à une dimension des personnes et non du territoire. Comment peut-on être ‘Père et Chef' de personnes soustraites à la tête? Cette extension de juridiction se pose dans le cadre de l'adaptation pastorale du service des fidèles orientaux dans la diaspora. La communion est une relation personnelle, animée par le Saint-Esprit. Cette perspective est très importante pour le dialogue œcuménique et la marche vers l'unité parfaite. 


L'émigration constitue aussi un soutien notable aux pays et aux Églises. L'Église du pays d'origine doit trouver les moyens de maintenir des liens étroits avec ses fidèles émigrés, et assurer leur assistance spirituelle. Il est indispensable d'assurer la Liturgie, dans leur rite, aux fidèles des Églises orientales qui se trouvent dans un territoire latin. La liquidation des propriétés dans la patrie est fortement regrettable. La conservation ou l'acquisition de biens fonciers encouragerait à y retourner. La terre affirme et renforce l'identité et l'appartenance, et celles-ci réclament l'enracinement dans la terre. Les communautés de la Diaspora ont le rôle d'encourager et de consolider la présence chrétienne en Orient, en vue de renforcer son témoignage et de soutenir ses causes, pour le bien commun du pays. Une pastorale appropriée doit prendre soin de l'émigration intérieure dans chaque pays.

 

5. L'immigration chrétienne internationale au Moyen-Orient

 


Les pays du Moyen-Orient connaissent un nouveau phénomène important : l'accueil de très nombreux travailleurs immigrés Africains et Asiatiques, dont la majorité sont des femmes. Ils se retrouvent dans une atmosphère de prédominance musulmane, et quelquefois avec peu de possibilité pour la pratique religieuse. Beaucoup se sentent abandonnés, affrontés à des abus et des mauvais traitements, à des situations d'injustice, et d'infractions aux lois et aux conventions internationales. Quelques émigrants changent de nom pour être mieux acceptés et aidés.

 

immigration illegal au maroc, melilla, melilla espagne, olivier maroc
 

  Emigrés noirs au Magreb


Nos Églises doivent faire un effort plus important pour les aider, par l'accueil, l'accompagnement, et l'assistance humaine, religieuse et sociale. Dans chacun de nos pays, nos Églises catholiques doivent établir à leur intention une pastorale appropriée, dans une action coordonnée entre les Évêques, les Congrégations religieuses, et les Organisations sociales et de bienfaisance. Ceci demande aussi une coopération entre les instances catholiques du lieu, et la hiérarchie des Églises de provenance. 



C. RÉPONSE DES CHÉTIENS DANS LEUR VIE QUOTIDIENNE

 



Le témoignage chrétien à tous les niveaux est la réponse principale dans les circonstances où vivent les chrétiens. Le perfectionnement de ce témoignage, en suivant toujours plus Jésus-Christ, est une exigence requise à tous les niveaux : clergé séculier, Ordres, Congrégations, Instituts et Sociétés de vie apostolique, mais aussi laïcs, selon la vocation propre à chacun. La formation du clergé et des fidèles, les homélies et la catéchèse doivent approfondir et renforcer le sens de la foi, et la conscience du rôle et de la mission dans la société, comme traduction et témoignage de cette foi. Un renouveau ecclésial est à réaliser : conversion et purification, approfondissement spirituel, détermination des priorités de la vie et de la mission.

 
Un effort spécial doit être accordé à découvrir et à former les ‘cadres' nécessaires à tous les niveaux. Ils doivent être un modèle de témoignage pour soutenir et encourager leurs frères et sœurs, surtout dans les temps difficiles. Il est opportun aussi de former des cadres à la présentation du Christianisme tant aux chrétiens, peu en contact avec l'Église ou loin d'elle, qu'aux non-chrétiens. La qualité des cadres est plus importante que le nombre. La formation permanente est indispensable. Une attention particulière doit être accordée aux jeunes, force du présent et espérance de l'avenir. Les chrétiens doivent être encouragés à s'engager dans les institutions publiques pour la construction de la cité.

 

 

 

Le danger qui menace les chrétiens du Moyen-Orient ne vient pas seulement de leur situation de minorité, ni des menaces extérieures, mais surtout de leur éloignement de la vérité de l'Évangile, de leur foi et de leur mission. La duplicité de la vie est plus dangereuse pour le christianisme que n'importe quelle autre menace. Le vrai drame de l'homme n'est pas qu'il souffre à cause de sa mission, mais qu'il n'ait plus de mission, et ainsi perde le sens et le but de sa vie. Même dans les situations difficiles et tragiques, la réponse chrétienne dans la vie quotidienne sera l'engagement pastoral, les œuvres de charité, et les initiatives culturelles et éducatives de grande qualité. Des exemples concrets illustrent cet engagement, comme en Turquie et ailleurs

 

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Bernard Bonnejean 24/10/2010 20:18



Reçu aujourd'hui de "Kabylenet"


" Saïd Oujibou n'est pas l'auteur de ce livre, puisque c'est moi qui l'ai rencontré. Je lui avais donné le texte de nos entretiens, qu'il a remis au groupe qui a édité ce livre, sans même
m'en parler. Il s'agit de mon travail ! Il faut savoir que l'éditeur est libre de changer le titre. J'avais mis comme titre "Saïd le pasteur".
Je vous donne mon numéro de téléphone, cela sera plus rapide. Je peux vous faire écouter l'interview".


A l'issue de ce coup de téléphone, il appert :


1- Que le nommé Saïd n'a jamais été arabe, puisqu'il est berbère ;


2- Que l'éditeur et l'auteur informés par "Kabylenet", le véritable auteur du livre, a décidé de passer outre jugeant que "Arabe" passerait mieux auprès
du public ;


3- Que le nommé Saïd s'est converti au christianisme, certes, mais pas au catholicisme. C'est (encore !) un évangéliste !!! ;


4- Que si tout cela est avéré, nous sommes en présence d'une manipulation que les évangélistes utilisent pour "convertir", comme l'a dénoncé Samia Lamine
fort justement dans le dernier numéro, les plus faibles et les plus pauvres ; 


5- Que l'Eglise, qu'elle soit catholique ou réformée, doit avoir le courage de dénoncer ces pratiques scandaleuses qui la discréditent. Quant à parler
d'oecuménisme, c'est hors de question avec une secte qui pratique ouvertement toutes les manipulations possibles ;


6- Que tout cela finalement, sauf s'il y a vol de manuscrit, n'est pas très grave sur le plan religieux. Les conversions forcées ou achetées n'ont aucune
espèce de valeur. D'ailleurs, les "nouveaux convertis", une fois qu'ils ont reçu leur "petit cadeau", regagnent généralement les croyances de leurs pères.


MAIS avant de trancher définitivement, il convient, et c'est ce que je ferai, d'attendre les preuves de toute cette magouille, si magouille il y
a.


Bernard Bonnejean, auteur aux éditions du Cerf qui jamais ne se prêteraient à de telles manigances.



Bernard Bonnejean 13/11/2010 01:27



Eh bien, Marie, auriez-vous abandonné jusqu'à l'idée de dénoncer les imposteurs ?


Cette après-midi, j'avais rendez-vous avec Mgr Scherrer, évêque de Laval. Nous avons discuté du cas "Rosa". Elle n'est pas responsable du tintamarre qu'elle provoque, mais est plutôt l'objet de
manipulations.


Courage, Marie. Notre devoir de catholique est aussi de défendre l'Eglise non contre ses ennemis, mais contre ceux qui entendent prendre le gouvernail pour se constituer un pactole, et souvent
aux dépens de naïfs et de déséquilibrés.


J'attends votre CD de l'interview. N'ayez aucune crainte : cette affaire étant sur la place publique, ça m'étonnerait que ces gens-là viennent nous chercher noise !!!



Bernard Bonnejean 24/10/2010 15:17



Chers Amis,


Avant de vous extasier devant la couverture de Saïd "arabe" et "chrétien", attendez le commentaire attendu de quelqu'un qui pourrait éventuellement mettre les pendules à l'heure...


On pourrait l'intituler "surprise sur prise"...


Si Facebook, qu'il m'est arriver de dénigrer certains jours d'orage,  n'existait pas, il faudrait sans doute l'inventer. On y fait des découvertes que les intéressés voudraient bien qu'on ne
découvre jamais...


Bernard