L'antichristianisme en Europe

Publié le par Bernard Bonnejean

 

RAPPORT DE L’OBSERVATOIRE SUR L'INTOLÉRANCE ET LA DISCRIMINATION CONTRE LES CHRÉTIENS EN EUROPE

(2005-2010).

 

 

À ma connaissance ce document, essentiel, n'a pas encore été traduit en français. Je prends sur moi de le faire, sans la permission des auteurs et de l'ONG qui s'est chargée de l'enquête. Dans la mesure où les lecteurs de mon blog restent en nombre relativement restreint, que je n'ai nulle intention de tirer quelque profit que ce soit de ma traduction, je ne pense pas outrepasser mes droits. Cependant, si pour quelque raison que ce soit, mon travail portait un préjudice quelconque aux auteurs ou aux éditeurs potentiels de ce précieux  document, il va sans dire que j'en arrêterais immédiatement la diffusion sur simple demande des personnes concernées par d'éventuels droits de propriété intellectuelle.

Dans ma traduction, je n'ai nullement cherché à conserver la forme aux dépens de l'esprit et on y cherchera en vain le calque exact du texte original. Il est possible que certaines formulations semblent trop éloignées du rapport anglais : si vous remarquez ce genre d'erreurs, je suis prêt à les corriger pourvu que toute modification soit argumentée à partir de faits linguistiques et non d'appréciations personnelles touchant au fond. En tout état de cause, il ne saurait être question de retrancher, d'ajouter, de nuancer des propos uniquement pour des motifs idéologiques ou pour tenter d'édulcorer des théories inconciliables avec une liberté d'expression et d'opinion inscrite dans la Déclaration des Droits.  

Bonne lecture et bonne réflexion. 

Bernard Bonnejean

 

Nous remercions Bernadette Joyeux, Barbara Vittucci, Roger Kiska, Muireann Simpson, Alan Fimister et autres, pour leur disponibilité et leur aide qui ont rendu possible ce travail.

Rédactrice en chef : Gudrun Kugler, Directrice de l'Observatoire sur l'intolérance et la discrimination contre les chrétiens.

© Observatoire sur l'intolérance et la discrimination contre les chrétiens, Vienne, 10 décembre 2010.

Permission accordée pour usage illimité. Demande de permission requise.

Les faits ont été compilés par l’Observatoire,  www.intoleranceagainstchristians.eu, ISBN: 978-3-9503055-1-7 rapport 2005-2010.

 

Docteur Gudrun Kugler

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I) INTRODUCTION

1. COMMENT LIRE CE RAPPORT ?

2. QUI SOMMES-NOUS ?

3. RÉPONSES À QUATRE OBJECTIONS

4. LEXIQUE

5. AVIS DE PERSONNALITÉS SUR L’INTOLÉRANCE ET LA DISCRIMINATION CONTRE LES CHRÉTIENS

 

 

 INTRODUCTION

1.  Comment lire ce rapport.

Le choix des exemples présentés dans le présent rapport est dicté par notre volonté de dresser un tableau complet des multiples incidents contemporains sous toutes leurs formes. Nous en avons classé certains dans plusieurs catégories à cause de leur exemplarité pédagogique. Tous ces incidents font l'objet d'une description développée sur le site de l'Observatoire : www.IntoleranceAgainstChristians.eu. À noter qu'il n'existe aucune structure nationale ou européenne capable de nous fournir des statistiques précises sur la fréquence et l'accroissement des cas constatés au cours des années étudiées. Nous pouvons cependant livrer à nos lecteurs un bilan qualitatif de ces faits sous toutes leurs formes, afin de démontrer l'ampleur croissante du phénomène. 

Nous exprimons notre reconnaissance à tous ceux qui nous ont donné l'autorisation d'exploiter leurs informations sur notre site Web. Les réseaux de news sont notre source principale. En ce cas, nous exploitons les informations attestées, laissant à leurs auteurs la responsabilité des contenus. Quant au reste, nous enquêtons par nous-mêmes selon des critères rigoureux, dans le souci de maintenir un niveau élevé.

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2. Qui sommes-nous ?  

L'Observatoire sur l'intolérance et la discrimination contre les chrétiens est une O.N.G. enregistrée en Autriche. Il héberge un site Web chargé d'enquêter et de répertorier les cas de marginalisation ou de discrimination des chrétiens et du christianisme dans l'ensemble de l'Europe. Par Europe, il faut entendre l'Union européenne, les pays adhérents à l'UE et l'Europe élargie.

L'Observatoire collecte des faits de discrimination contre les chrétiens provenant des médias ou d'informateurs privés ; des organisations gouvernementales internationales, telles l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (dont je suis membre consultante) ; de l'OSCE, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Nous tenons nos travaux à la disposition des hommes politiques, des ONG, des journalistes et des personnes intéressées par notre site Web. L'Observatoire est membre de la plate-forme sur les droits fondamentaux, dépendant de l'Agence étatsunienne sur les droits fondamentaux.

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Notre fonction consiste également à encourager les victimes d'intolérance et de discrimination contre les chrétiens à publier leur témoignage et à sensibiliser toutes les personnes de bonne volonté qui espèrent que ce phénomène sera pris au sérieux et attendent des mesures partout applicables.

3. Réponses à quatre objections

Au cours de la Table ronde de l'OSCE à propos de la discrimination contre les chrétiens, le 4 mars 2009, un tenant de la laïcité a prétendu que le phénomène était un simple problème intercommunautaire. Il entendait par là des attaques discriminantes effectuées par les chrétiens de telle obédience contre les chrétiens d'une autre. Sa réflexion suscita, à juste titre, une très vive protestation. En effet, il est indubitable que les confessions chrétiennes ont appris à coexister, voire à collaborer et à discuter de leurs différences dans le respect mutuel. Quand bien même existeraient des conflits interreligieux entre chrétiens, nous sommes tous confrontés, à égalité, au problème d'une laïcité radicale et aux manquements à l'honnêteté de certains politiciens, qui limitent les libertés fondamentales.

Une autre objection, assez générale, prétend que les difficultés rencontrées par les chrétiens d'aujourd'hui ne sont causées ni par l'intolérance ni par la discrimination, mais par un processus d'abolition de privilèges historiques. Or, ces privilèges historiques, qui n'engendrent aucune conséquence néfaste contre les autres communautés religieuses, ne sont pas nécessairement mauvais, puisque, précisément,  ils sont historiques. Aucune communauté ne peut subsister sans un passé, le fondement de son  identité et ses traditions. Une absolue neutralité est impossible : même un mur blanc et nu est porteur d'une idéologie d'autant plus marquée qu'elle est la conséquence de la suppression du crucifix. En outre, une communauté religieuse qui détient des privilèges historiques n'implique nullement  que d'autres soient victimes de discrimination à condition que leurs droits déclarés soient protégés.

Dans une certaine mesure, l'abolition des privilèges du christianisme constitue une rupture naturelle avec son histoire et son identité et exprime une hostilité qui ne s'arrête pas à la suppression des privilèges. Elle provoque la marginalisation et l'exclusion sociale, et conduit à la négation des droits des chrétiens.  C'est, pour les chrétiens, le principe d'égalité des droits qui est en jeu.

D'autres ont soutenu que le christianisme, majoritaire, ne peut de ce fait être victime de discrimination en Europe. Certains concluent de ce prédicat que seules les minorités ont besoin d'être protégées, puisqu'il est impossible de discriminer une majorité. Faux ! En Afrique du Sud, les noirs n'étaient pas minoritaires au moment de l'apartheid. Rocco Buttiglione a été exclu de sa charge de commissaire européen en raison de son adhésion à la religion chrétienne, la foi majoritaire. Imaginez un individu insultant une foule silencieuse au micro. Imaginez un petit nombre de dirigeants refusant d'embaucher des membres d'une religion majoritaire sous l'unique prétexte qu'ils n'aiment pas cettereligion. C'est de l'ordre du possible ! Il est vrai que l'intolérance et la discrimination affectent plus souvent des minorités. Mais soyons précis sur la définition des termes. La détention du pouvoir y est un critère plus influent que le nombre : qui donne le ton, qui est écouté, et qui décide de l'ordre du jour ? Chaque jour la foi majoritaire en Europe subit des marques de mépris ; parfois on limite injustement son libre exercice. En outre, il faut être attentif à cette nouvelle réalité : le christianisme en Europe passe actuellement par une phase transitoire et l'on peut parler de majorité qu'au vu des certificats de baptême. Mais ce ne sont pas ces baptisés qui connaissent l'intolérance et la discrimination.

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Pour d'autres motifs, on nous a dit ne pas pouvoir attacher beaucoup d'importance à ces « questions mineures » en Europe quand des chrétiens d'autres régions du monde sont confrontés à une persécution flagrante qui s'apparente au martyre. Des rapports indiquent que 100 millions de chrétiens dans le monde entier sont persécutés et que 75 % de toutes les persécutions religieuses sont dirigées contre les chrétiens.1Il est évident que le sort des chrétiens dans ces régions est terrible et je soutiens, pour ma part,  toutes les actions possibles pour soulager leurs souffrances. Mais Jean Paul II lui-même a demandé en 1983 de ne pas négliger, outre les formes courantes de persécution, les moyens plus sophistiqués, tels que la discrimination sociale ou les restrictions subtiles de liberté qui peuvent mener à une sorte de mort civile.

Il est vrai que pour la doctrine chrétienne « tendre l'autre joue » est l'expression d'une spiritualité personnelle. Mais pour ce qui est de l'ordre public, le devoir du chrétien est de faire le nécessaire pour aider son prochain, et non pas de tendre la joue ou la tête lorsque c'est une autre joue ou une autre tête qu'on a maltraitée ou persécutée. Un chrétien n'est pas conduit à chercher loin de lui l'injustice imposée à un autre chrétien, dans le but de pratiquer la doctrine de la joue tendue chez lui. Un chrétien doit avoir pour vocation de tendre toujours vers une société plus juste et plus libre, y compris pour les chrétiens.

4. Lexique

L'expression choisie pour désigner le phénomène étudié a reçu un accueil largement favorable. En effet, par « l'intolérance et la discrimination contre les chrétiens » nous entendons décrire le déni des droits à l'égalité des chrétiens et la marginalisation sociale des chrétiens. Le terme « intolérance » fait référence à la dimension sociale, le terme « discrimination », au droit tout court. Un comportement discriminatoire et intolérant résulte de l'opposition aux caractères propres de la foi chrétienne ou à des positions morales intrinsèques à la foi chrétienne.  Il peut se focaliser sur un point précis de la doctrine chrétienne ou sur l'ensemble du christianisme. Cette posture conduit à des attaques tant au niveau social (création de stéréotypes négatifs ou exclusion sociale), qu'au niveau juridique (par exemple par le biais d'une loi discriminatoire ou d'un verdict judiciaire) ou encore au niveau politique (exclusion de la spère publique , résolution parlementaire, etc.).

La christianophobie est un terme courant utilisé pour décrire le phénomène d'intolérance et de discrimination contre les chrétiens. Le terme est composé du vocable « christian » ou « Christ » et « phobie » (du grec φόβος) qui désigne la « peur irrationnelle ». Ce nom commun définit donc une animosité irrationnelle contre le Christ, contre les chrétiens ou contre le christianisme dans son ensemble. Comme le christianisme est familier pour les européens, l'antagonisme contre les chrétiens ne peut donc être imputé à une « peur irrationnelle de l'inconnu ». Pour cette raison, nous avons choisi d'utiliser l'expression l'intolérance et la discrimination contre les chrétiens pour évoquer le phénomène en question.

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N.B. : Nous n'utilisons généralement pas le terme persécution en parlant des chrétiens en Europe. Il réfère plus expressément à une systématisation de mauvais traitements, pris dans son acception courante lorsque l'accent est mis sur une peine d'emprisonnement, une torture, une exécution capitale ou la confiscation des biens.

5. Citations : quelques avis de personnalités sur l'intolérance et la discrimination contre les chrétiens. 

Ces citations ont été choisies parmi de multiples sources consultables sur le site Web de l'Observatoire.

Le Pape Benoît XVI à propos de l'intolérance et de la discrimination des chrétiens.

(17.09.2010. Londres. Westminster)

« Je ne peux qu'exprimer mon inquiétude devant la  marginalisation croissante de la religion, particulièrement du christianisme, qui se déploie dans certains milieux, même dans les pays qui attachent une extrême importance à la tolérance. Certains voudraient que la religion soit réduite au silence, ou au moins reléguée à la sphère purement privée. D'autres affirment qu'on devrait décourager la célébration publique de fêtes comme Noël, faussement convaincus qu'elle pourrait porter atteinte aux autres religions ou à ceux qui n'en ont pas. D'autres encore prétendent – paradoxalement dans l'intention d'éliminer la discrimination – qu'on devrait tenir les chrétiens  éloignés des charges publiques qui les contraidraient à agir contre leur conscience. Il s'agit là de signes inquiétants qui démontrent une incapacité à apprécier le droit des croyants à la liberté de conscience et de religion, mais aussi le rôle légitime de la religion en politique. J'invite par conséquent chacun d'entre vous, au sein de vos sphères d'influence respectives, à rechercher des moyens de promouvoir et d'encourager le dialogue entre la foi et la raison à tous les niveaux de la vie nationale. »

Mgr l'Archevêque catholique anglais Peter Smith à propos de la relégation de la religion à la seule sphère privée 

(06.10.2010)

« La religion est considérée comme une excentricité légalement admissible en privé ; admissible derrière des portes closes une fois par semaine, mais lieu d'expression inadmissible en public ou sur le lieu de travail ».

Melanie Phillips, commentatrice avisée de la laïcité

(21.09.2010)

La vogue croissante de la laïcité ne vise pas à la neutralité mais tente de se débarrasser de la religion et de lui substituer ses propres valeurs et croyances. La commentatrice nous met en garde : « La sphère publique a été prévue pour être neutre. Or, la neutralité est interprétée au sens de "sans religion" ». Melanie Phillips rétorque dans le journal de l'Église d'Angleterre : « Je crois qu'en fait il ne peut y avoir de neutralité dans les guerres culturelles. » Elle affirme que si la laïcité est souvent présentée comme neutre, être laïque consiste à adopter certaines valeurs et croyances. Plutôt qu'une neutralité, la laïcité prétend éliminer la religion et proposer autre chose à la place. » « Elle a produit une "société du moi", une société totalement égoïste où croissent la méchanceté et la violence. Elle ne nous permet plus de considérer l'autre comme nécessaire. Au contraire, elle nous les fait regarder comme des instruments. »

Roger Helmer, membre du Parlement européen : les chrétiens subissent les mêmes persécutions que les fumeurs

(19.09.2010)

« J'imagine que beaucoup de chrétiens se sentent aujourd'hui menacés. Les titres de journaux sur Noël, à l'exception des groupes religieux reconnus publiquement et des programmes civiques, sur l'interdiction des symboles chrétiens, sont devenus presque des clichés. En effet, j'entrevois un parallèle possible avec les fumeurs, également persécutés et contraints de se livrer à leur habitude dans la pluie. Je ne suis ni membre d'une religion officielle (bien que me reconnaissant une affinité culturelle avec l'Église d'Angleterre), ni fumeur. Mais en tant que député européen, je représente un grand nombre de chrétiens et de fumeurs, qui ont aussi des droits. Ils ont au moins droit au respect de leurs opinions. On ne nous demande pas de les suivre en tout mais de leur reconnaître un droit d'être en désaccord avec nous. »

Lord Carey, l'ancien archevêque de Canterbury déplore la relégation du christianisme à la sphère privée

(02.03.2010)

« Ce qui se passe en Europe occidentale ne relève pas de la persécution mais de la marginalisation de la foi dépeinte uniquement comme une affaire de conscience personnelle. Cette posture provient d'une rectitude politique erronée mais inébranlable soucieuce de ne pas heurter les religions minoritaires en semblant privilégier le christianisme. » Lord Carey a lui aussi mis en garde contre une campagne agressive orchestrée par des athées pour bannir la foi de la sphère publique.

La Conférence de Durban, Genève,  20 au 24 avril 2009, reconnaît le phénomène de la christianophobie.

(24.04.2009)

La Conférence de Durban « déplore la flambée mondiale et le nombre d'incidents d'intolérance raciale ou religieuse et de violence, qui comprend l'islamophobie, l'antisémitisme, la christianophobie et de l'antiarabisme. Elle se manifeste notamment par des stéréotypes méprisants et la stigmatisation des individus, uniquement  fondée sur leur religion ou leurs convictions... »

L'intolérance et la discrimination contre les chrétiens doit être rendue publique, conclut la réunion de l'OSCE.

(04.03.2009)

Les États membres expriment leur volonté de rendre davantage publiques l'intolérance et de discrimination contre les chrétiens, a conclu la première réunion de l'OSCE. L'Ambassadeur Janez Lenarcic, directeur du Bureau de l'OSCE pour les institutions démocratiques et les droits de l'homme (BIDDH) affirme : « Ce qui ressort clairement de cette rencontre est que l'intolérance et la discrimination contre les chrétiens se manifestent sous diverses formes dans les pays de l'OSCE. Certes, le déni des droits est un problème important dans les pays où les chrétiens forment une minorité. Mais l'exclusion et la marginalisation peuvent également être ressenties par les chrétiens dans des États où ils constituent la majorité dans la société. »

 

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Le chercheur de Harvard, Edward Green, évoque les risques professionnels rencontrés pour les non-chrétiens adoptant le point de vue chrétien 

(02.03.2009, Washington Post)

« Nous libéraux qui travaillons dans les secteurs de recherche contre le VIH/sida et de la planification familiale nous prenons des risques professionnels terribles si nous osons avouer notre accord avec le pape sur un sujet brûlant de ce type. Le préservatif est devenu un symbole de liberté, au même titre que la contraception ou l'émancipation féminine. En conséquence, tous ceux qui contestent le point de vue orthodoxe sur le préservatif sont accusés d'être contre la recherche ».

Tony Blair avertit que les chrétiens doivent s'exprimer dans un contexte « de laïcité agressive »

(01.03.2009)

En bref, dans la société britannique il y a un risque d'envisager la foi comme une excentricité personnelle… J'espère et je crois que les cas de personnes empêchées d'affirmer leur christianisme restent exceptionnels. Ils sont souvent le fait de comportements individuels imbéciles. Mon avis est que les gens devraient être fiers de leur christianisme et capables d'en parler ouvertement s'ils le souhaitent… Le véritable test de la liberté religieuse consiste à vérifier si à l'ère de la laïcité agressive, le croyant a assez de confiance pour se montrer en public et pour essayer de convaincre par la persuasion. » Sa femme Cherie Blair a déclaré dans un documentaire de Channel 4 : « Vous voyez partout aujourd'hui les églises fermées, les chrétiens marginalisés et foi réduite à quelques personnes qui aiment en discuter ouvertement ».

Un archevêque orthodoxe critique la montée de christianophobie

(25.01.2008, Interfax)

Le Métropolitian orthodoxe Alfeev Hilarion, représentant de l'Eglise orthodoxe russe dans les organisations internationales européennes, affirme : « Nous avons souvent entendu parler de l'antisémitisme et l'islamophobie, et très peu de la christianophobie, qui gagne en force dans nombreux pays d'Europe. » Parmi les formes de la christianophobie en Europe, Mgr Hilarion mentionne la suppression des symboles chrétiens de la sphère publique, le dénigrement de la religion chrétienne, le refus de reconnaître l'héritage chrétien de l'Europe, la persécution des gens qui expriment ouvertement des convictions chrétiennes et qui choisissent de vivre en respectant les règles de la morale chrétienne.

M. Doudou Diène, rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance

(01.01.2008)

« La Commission est invitée à appeler d'urgence les États membres afin de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que la promotion et le développement de la laïcité ne conduisent pas à une remise en question ou à la négation du droit de quiconque, sans distinction de religion, de participer à la vie publique. À cet égard, le contexte de pluralisme religieux et culturel comme légitimes, non seulement le droit, mais aussi la vocation des religions et des traditions spirituelles à donner des avis sur les questions sociales fondamentales, en particulier celles relatives à l'éthique, à la famille, au mariage et à la vie. »

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Véronique essuie le visage de Jésus couvert de crachats

Mosaïques de la chapelle du séminaire inter-diocésain à Bordeaux
milieu du XXe siècle

Rapport du Conseil économique et social

(13.12.2004) (§ 54) :

« […] Le christianisme souffre également de pressions qui s'exerce sous une certaine forme de laïcité, particulièrement en Europe. En particulier, le sentiment de méfiance à l'égard du christianisme et les limites imposées à sa libre expression découlent de la difficulté rencontrée, en particulier en Europe, de gérer convenablement l'accroissement des populations musulmanes dans la région. Ainsi la tendance générale est de privilégier des restrictions similaires sur toutes les formes de religion, ce qui entraîne la négation de l'expression religieuse publique. Il semble aussi qu'il existe une crainte de laisser une religion jouer un rôle dans la vie publique. Apparemment, cela s'explique par une aversion « rationaliste » contre la religion, considérée expression de l'irrationnel, et aussi par une tradition de la laïcité qui refuse aux religions la possibilité, à l'exception de la droite, de jouer un rôle dans la vie publique. De tels préjugés contre les chrétiens ou contre les idées fondées sur la religion, en Europe et aux États-Unis, concernent principalement les questions relatives aux relations sexuelles, au mariage et à la famille, domaines dans lesquels les Églises catholiques, les orthodoxes et les musulmans ont pris position ».

 

Suite du rapport lundi prochain.

Bon week-end,

Bernard Bonnejean

 

Publié dans religion

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Samia Lamine 22/12/2010 21:04


Bonsoir.

Wallah, moi, je ne comprends pas comment une raison puisse ne pas tolérer l'autre qui est différent.
Par le refus de ce qui ne lui ressemble pas, l'individu tombe dans le fanatisme.

Mais le monde va exploser un jour à cause des haines et l'intolérance!


Bernard Bonnejean 22/12/2010 23:45



Merci Samia d'être intervenue. J'aurais voulu publier l'intégralité du rapport, mais la traduction me demande trop de temps que je n'ai plus. Ce sera pour le début janvier ou la fin janvier, je
ne sais pas.


Je crains que tu n'aies raison pour l'avenir. Je suis très pessimiste pour ce qui concerne la possibilité d'un conflit, uniquement à cause d'une poignée d'individus qui masquent des intentions
impures sous un fanatisme religieux plus ou moins feint. Le pire est que, pour en connaître de toutes origines, ils n'ont pas la foi !!


En attendant, je te souhaite un très bon Noël que nos musulmans de France fêtent le plus souvent avec nous dans la joie et la paix de la famille.