Principes « non-négociables » (III)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

NOTE PRELIMINAIRE

Cet article, en quatre parties sur la demande d'over-blog, a paru pour la première fois dans la version que vous allez lire, dans wikipedia francophone en date du 5 juin 2012. Malheureusement, il est menacé d'être expurgé sinon totalement détruit car il ne respecterait pas l'esprit de la noble institution. Mon intention n'était pas de provoquer une polémique mais d'aider à la réflexion comme l'ont désiré les évêques de France. Je suis vraiment désolé d'être contraint à des tels subterfuges pour faire entendre ma voix. Il m'en coûte bien davantage que je ne saurais le dire. Mais les réactionnaires, fussent-ils bien cotés, ont toujours engendré une contre-réaction, qu'on appelle « Résistance ». Lisez cet article à tête reposée et vous n'y verrez ni condamnation ni jugement ni provocation. Chacun est libre de défendre ses convictions.

Bon vote à tous, croyants et incroyants de bonne volonté.

 

 

Interruption volontaire de grossesse[modifier]

La loi française[modifier]

Le 17 janvier 1975, l'Assemblée nationale adopte la Loi Veil par 284 voix contre 189, qui légalise l'avortement en France. L'IVG doit être pratiquée avant la fin de la 10e semaine de grossesse, soit 12 semaines à partir des dernières règles, exclusivement dans les hôpitaux publics et cliniques privées agréées et donc autorisées.

Le 31 décembre 1982, la loi Roudy prévoit le remboursement de l'IVG par la sécurité sociale.

Le 27 janvier 1993, la loi Neiertz « sanctionne toute entrave ou tentative d'entrave à l'IVG de deux mois à deux ans de prison ferme, et d'une amende de 2 000 à 30 000 francs ».

En mars 1999, le Professeur Israël Nisand publie un rapport intitulé « Propositions pour diminuer les difficultés que rencontrent les femmes », mettant en évidence les difficultés d'accès à l'IVG en France.

La loi du 4 juillet 2001 prévoit l'allongement du délai de l'IVG à la fin de la douzième semaine de grossesse ; la consultation sociale préalable facultative pour les majeures ; l'aménagement du principe du consentement du titulaire de l'autorité parentale ou du représentant légal est aménagé pour les mineures non émancipées, qui peut désormais se faire accompagner par une autre personne majeure de son choix.

La réception de ces lois, dans une très large mesure, dépasse le clivage droite-gauche. Notons ainsi que Marine Le Pen, candidate du Front National, entend par « avortement de confort », l'utilisation qu'en feraient certaines femmes « comme un moyen de contraception » ajoutant

« Oui à l’IVG, non à celles qui en abusent. [...] Je ne suis pas pour une remise en cause de l’avortement. Je suis attachée à cette loi alors que de nombreuses personnalités et adhérents de mon mouvement y sont opposés. [...] Je refuse que des femmes se fassent avorter à plusieurs reprises quand d’autres au même moment doivent renoncer aux soins faute de moyens34. »

 

Position officielle de l'Église catholique[modifier]
Documents émanant du Vatican :
  • Instruction Dignitas personae, (diginité de la personne) sur certaines questions de bioéthique, 12 décembre 2008, Congrégation pour la doctrine de la foi35
  • Communiqué de l'Académie pontificale pour la Vie sur « la pilule du lendemain », 31  octobre 200036.
Documents de l'Église en France :
  • « Respecter la vie humaine en ses commencements », déclaration du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, 11 octobre 200037.
  • A propos d'un réexamen de la loi Veil sur l'avortement : communiqué du père Stanislas Lalanne, porte-parole de la Conférence des évêques de France, 27 juillet 1999.38
Articles et documentation
  • Simples questions sur la vie, satisfecit, 4ème partie, chapitres : Et l'avortement ?, Et après un avortement ?, Et si notre enfant est handicapé39 ?
  • « Comment faire baisser le nombre des avortements en France ? », Interview de Anne Lannegrace, Directrice adjointe du Service national famille et société à la Conférence des évêques de France dans La Croix du 2 février 201040.
Article détaillé : Christianisme et avortement.

Acharnement thérapeutique et euthanasie[modifier]

Programme de François Hollande[modifier]

« Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée41 pour terminer sa vie dans la dignité.42 »

Position officielle de l'Église catholique[modifier]
« Toute personne, quel que soit son âge, son état de fatigue, son handicap ou sa maladie, n'en garde pas moins sa dignité. Pour cette raison, « l'euthanasie est une fausse solution au drame de la souffrance, une solution indigne de l'homme » (Benoît XVI) car elle vise, sous prétexte de compassion, à abandonner les personnes au moment où elles ont le plus besoin d'aide et d'accompagnement. L'arrivée de générations importantes dans le grand âge doit inviter la société à une plus grande solidarité. Le développement des soins palliatifs, fruit d'un progrès éthique et scientifique, doit être poursuivi pour que tous ceux qui en ont besoin puissent en bénéficier ».

'Fin de vie'

L'encyclique Evangelium vitæ est très claire : elle rejette aussi bien l'un et l'autre :

« Il faut distinguer de l’euthanasie la décision de renoncer à ce qu’on appelle l’acharnement thérapeutique, c’est-à-dire à certaines interventions médicales qui ne conviennent plus à la situation réelle du malade, parce qu’elles sont désormais disproportionnées par rapport aux résultats que l’on pourrait espérer ou encore parce qu’elles sont trop lourdes pour lui et pour sa famille. Dans ces situations, lorsque la mort s’annonce imminente et inévitable, on peut en conscience renoncer à des traitements qui ne procureraient qu'un sursis précaire et pénible de la vie, sans interrompre pourtant les soins dus au malade en pareil cas43. »

La Congrégation pour la doctrine de la foi considère l'alimentation et l'hydratation artificielles comme un « moyen ordinaire et proportionné de maintien de la vie » distincts des traitements médicaux44.

Mariage[modifier]

Le deuxième principe s'intitule : « La reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille – comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage ». Ce « principe non-négociable » concerne, sans les citer, la légalisation du mariage homosexuel et de sa conséquence immédiate : la légalisation de l’adoption par des parents homosexuels45.

Programmes et tendances politiques 2012[modifier]

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Monseigneur André Vingt-Troisarchevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, lors de la cérémonie d'investiture du nouveau Président de la république française, François Hollande, Cour d'honneur duPalais de l'ÉlyséeParis, le 15 mai 2012

Nous nous référerons à un article du Nouvel Observateur dont le titre évocateur était assez prometteur pour attirer notre attention : « 2012. Mariage homosexuel : qui pense quoi46 ». Cependant, certaines informations sont sinon dépassées du moins précisées au fil des mois. Sans compter que l’UMP n’avait pas de candidat officiellement déclaré à l’époque de la rédaction de l’article.

  • Partsans avec réserves

Corinne Lepage, avant de renoncer à sa candidature, se présentait en fer de lance de la lutte contre l'homophobie. Sur la question du mariage, elle restait pourtant assez floue, se déclarant en 2009

« favorable à une union civile permettant des droits équivalents au mariage, et la célébration en mairie. »

François Bayrou sur la même ligne, répondait à la question posée sur Twitter en juin 2011 : « Que pensez-vous du mariage homosexuel ? »

« Je suis pour l'égalité des droits entre couples unis à l'état civil, qu'ils soient hétéro ou homo. Je préfère le mot « union ». »

Ségolène Royal, bien que socialiste, se montra longtemps réticente. En janvier 2011, elle expliquait cependant que

« si pour des couples homosexuels, leur bonheur c’est de se marier, qu’on les laisse tranquilles et qu’on leur permette de le faire47. »

  • Partisans sans réserves en accord ou non avec le PS

Le Programme socialiste est parfaitement clair :

« En l’absence d’une reconnaissance des familles homoparentales, les analyses précises font défaut. On estime cependant que plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’enfants sont concernées par des situations homoparentales sans être protégées par des liens de filiation reconnus. Nous ouvrirons pour tous les couples le droit au mariage. Nous autoriserons l’adoption pour tous les couples qui présenteront un projet parental cohérent (mariés, pacsés, concubins, homosexuels ou hétérosexuels). Nous renforcerons le PACS, grande réforme de la gauche, qu'il s'agisse des congés pour évènements familiaux, de la protection sociale complémentaire, du droit au séjour ou de l'enregistrement à la mairie.48 »

Même si l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe est inscrite dans le programme du Parti socialiste, les dirigeants du parti se distinguent parfois sur le sujet.

Martine Aubry se déclare favorable au mariage des couples de même sexe et à l'adoption.

Arnaud Montebourg aime à rappeler qu'en 2004, il a « signé la proposition de loi de Patrick Bloche visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe. »

Manuel Valls, le 30 septembre 2011, se montrait en faveur du mariage homosexuel et de l'homoparentalité

« À l'instar d'autres pays de nos voisins, nous devons accomplir un progrès. »

François Hollande, actuel président de la République, a fait inscrire la proposition du mariage pour les homosexuels dans le programme du Parti socialiste de la présidentielle de 2007. Début juin 2011 il affirmait

« L'égalité, c'est permettre à tout couple de recourir au même dispositif juridique sans discrimination.49 »

Ralliée au PS, l'extrême gauche partage le point de vue de l'ancien candidat Hollande.

Jean-Luc Mélenchon a déposé une proposition de loi sur le partenariat civil en 1990 avant de déclarer soutenir, en juin 2011, il a « l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homos ».

Philippe Poutou, le candidat du NPA, suit la ligne du parti contre « les oppressions subies par les personnes LGBTI ».

Nathalie Arthaud, de Lutte Ouvrière, défend l'union libre pour les hétérosexuels comme pour les homosexuels sans être hostile pour personne « à ceux qui souhaitent en passer par là50 ».

A rejoint la gauche sur ce point précis :

Alain Juppé se disait en juin 2011 « favorable à quelque chose comme un mariage ». Il a même précisé sur le plateau du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro :

« J'ai évolué et je pense aujourd'hui qu'il faut donner aux homosexuels exactement les mêmes droits qu'aux hétérosexuels. »

  • Opposants

Christine Boutin reste fermement opposée à toute forme d'union pour les couples homosexuels. Elle a même déclaré ne pas s'être présentée en 2007 contre Nicolas Sarkozy mais la candidate du parti chrétien démocrate a récemment déclaré à Rue89 qu'elle ne s'était pas présentée en 2007

« qu'après avoir obtenu la promesse de Nicolas Sarkozy qu'il n'y aurait pas de mariage homosexuel sous son mandat. »

Marine Le Pen est formellement opposée à l'ouverture du mariage aux gays et lesbiennes précisant que « parmi les règles de notre société, le mariage s'effectue entre un homme et une femme. »

Nicolas Sarkozy se déclarait contre le mariage homosexuel et l'adoption par des couples de même sexe en 2007, s'engageant à améliorer le Pacs et à garantir l'égalité des droits. Juste avant les élections présidentielles, il précisait :

« Je ne suis pas favorable au mariage homosexuel. En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage. »

Conséquence logique, il est hostile à l'autorisation de l'adoption par les couples de même sexe

« Je sais qu’il existe, de fait, des situations particulières avec des hommes et des femmes qui assument parfaitement leur rôle parental. Mais elles ne m’amènent pas à penser qu’il faudrait inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille51 »

Position officielle de l'Église[modifier]

« En créant l'être humain, « homme et femme », Dieu a suscité une relation de complémentarité à la fois biologique et sociale qui se retrouve dans toute la société. La différence sexuelle de l'homme et de la femme est fondatrice et structurante de tout le devenir humain. De plus, l'union de l'homme et de la femme scellée dans le mariage est le moyen le plus simple et le plus efficace d'accompagner le renouvellement des générations et d'accueillir les enfants pour les introduire en ce monde. La famille, fondée sur l'union durable de l'homme et de la femme, doit être aidée économiquement et défendue socialement car, à travers les enfants qu'elle porte et qu'elle éduque, c'est l'avenir et la stabilité de la société qui sont en jeu ».

'Famille'

Les paroles sacramentelles prononcées par le prêtre au moment de l'union indissoluble des époux engage la responsabilité de l'Église tout entière convoquée en ces termes pour la circonstance :

« Au nom de la Sainte Église Catholique et Apostolique, je vous déclare unis par les liens sacrés du mariage. »

L'article 1066 du Droit canonique spécifie qu'aucun mariage catholique ne saurait être célébré qu'il ne « soit établi que rien ne s'oppose à la validité et à la licéité de sa célébration ». Autrement dit, il ne saurait y avoir de mariage religieux sans mariage civil reconnu. Quant à l'article 1096 - § 1, toujours en vigueur, il interdit le mariage homosexuel en ces termes : « Pour qu'il puisse y avoir consentement matrimonial, il faut que les contractants n'ignorent pas pour le moins que le mariage est une communauté permanente entre l'homme et la femme, ordonnée à la procréation des enfants par quelque coopération sexuelle ». Il ne s'agit pas ici de se placer d'un point de vue moral mais juridique. Ce qui ne signifie nullement que cette interdiction prononcée légalement entraîne un quelconque jugement moral contre les personnes.52

Éducation[modifier]

« L'éducation est une des expressions majeures du respect de la personne. Une éducation juste implique : la liberté et la responsabilité des parents, la transmission à tous des savoirs essentiels, l'attention spécifique à ceux qui rencontrent des difficultés scolaires, le respect de la liberté de conscience, des enseignements respectueux de la dignité et de la beauté de la vie humaine. L'intégration des jeunes générations est un objectif incontournable pour toute société. Chez nous, divers facteurs rendent cette intégration difficile. L'aide aux familles dans leur responsabilité éducative, les conditions de la vie étudiante, l'entrée dans la vie professionnelle, la possibilité de fonder une famille indépendante, etc. sont autant de domaines dans lesquels le soutien institutionnel et financier de la collectivité ne doit pas être perçu comme une faveur, mais comme un investissement nécessaire à la cohésion et à la paix sociales. ».

'Éducation et jeunesse'

Le troisième principe est « La protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants ». Qui, de droite comme de gauche, respectant les droits de l'Homme et les droits de la personne ne serait d'accord avec cette proposition évidente ? D'ailleurs les parents ont non seulement le droit mais le devoir d'éduquer leurs enfants. La Convention internationale des droits de l'enfant est formelle :

« Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation et doivent rendre l’enseignement primaire obligatoire et gratuit, encourager l’organisation de différentes formes d’enseignement secondaire accessible à tout enfant, assurer à tous l’accès à l’enseignement supérieur, en fonction des capacités de chacun53 »

En l'occurrence, il ne s'agit pas du droit à l'éducation mais du droit des parents à éduquer leurs enfants. La Conférence des évêques de France a cru bon d'expliciter ce qui peut passer pour une évidence :

« Une éducation juste implique : la liberté et la responsabilité des parents, la transmission à tous des savoirs essentiels, l’attention spécifique à ceux qui rencontrent des difficultés scolaires, le respect de la liberté de conscience, des enseignements respectueux de la dignité et de la beauté de la vie humaine. »

Si les quatre premiers points obtiennent l'unanimité de toutes les parties en présence, le dernier, « des enseignements respectueux de la dignité et de la beauté de la vie humaine », pose un problème majeur aux consciences catholiques surtout lorsqu'une notion, considérée comme contraire aux valeurs inscrites dans cet énoncé, partie intégrante du programme scolaire imposé par l'Éducation nationale figure dans les manuels scolaires. En réalité ce qui a motivé, en grande partie, ce rappel à l'ordre de l'Église, c'est l'inscription officielle de la théorie du genre dans les livres de sciences naturelles.

Article détaillé : gender studies.

La circulaire ministérielle et ses conséquences politiques[modifier]

Cette théorie, qui n'intéressait que très peu de personnes en France, devint une affaire quand le ministère de l'Éducation nationale fit paraître cette instruction :

« Devenir homme ou femme — Caractériser à partir de différentes informations et à différentes échelles un individu de sexe masculin ou de sexe féminin. Expliquer à partir de données médicales les étapes de différenciation de l'appareil sexuel au cours du développement embryonnaire. Différencier à partir de la confrontation de données biologiques et de réprésentations sociales ce qui relève de l'identité sexuelle, des rôles en tant qu'individus sexués et de leurs stéréotypes dans la société, qui relèvent de l'espace social ; de l'orientation sexuelle qui relève de l'intimité des personnes54. »

Les éditeurs scolaires s’engouffrèrent dans la brèche pour publier, très rapidement, de nouveaux manuels qui expliquaient le gender55.

Même si ce ne fut pas à proprement parler une levée de boucliers, la polémique commença au printemps 2011. Le débat sur « la théorie du genre » s’invite dans tous les médias. 80 députés UMP demandent, le mardi 30 août 2011, au ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel le retrait des manuels scolaires concernés. Richard Mallié, député des Bouches-du-Rhône, porte-parole des contestataires déclare que

« l’éducation à la sexualité doit avant tout reposer sur une démarche éducative qui répond à la fois à des questions de santé publique et à des problématiques concernant les relations entre garçons et filles, non à des théories fumeuses. »

Luc Chatel, ministre UMP, responsable des directives parues au Bulletin Officiel, prétend « qu’il n’y a[vait] pas de label « Éducation nationale » sur les manuels ». Par courrier du 19 juillet 2011, le chef de cabinet du président de la République, Guillaume Lambert, répond, lui, « que cela ne signifie en aucun cas que le gouvernement adhère à ces orientations, et encore moins que les élèves et leurs familles doivent être contraintes de souscrire à de telles conceptions de l'homme et de la société56 ».

Vive réaction de l'Église[modifier]

Le Secrétariat général de l'Enseignement catholique (SGEC) a envoyé une lettre aux chefs d'établissement afin d’inviter au discernement quant au choix des manuels de SVT (sciences de la vie et de la Terre) pour les classes de premières ES et L. Dans cette lettre, il reproche aux manuels de faire implicitement référence à la théorie du genre qui privilégie le « genre » considéré comme une pure construction sociale sur la différence sexuelle, ce qui fait de l'identité masculine ou féminine, non pas une donnée anthropologique, mais une orientation. Deux évêques se sont distingués contre l'introduction des manuels dans l'éducation : "L'Eglise avocate de l'humain", par Mgr Podvin et Mgr Ginoux

Point de vue de Mgr Bernard Podvin[modifier]

Mgr Podvin commence par rappeler que « la famille, dans sa fragilité, est une priorité » et que pour cette raison « la théorie du gender suscite un légitime émoiPoint de vu de Mgr Podvin, Porte-parole de la conférence des évêques de France, dans Ouest France du 15 août 2011, sur l'introduction de la théorie du genre dans certains manuels scolaires.57 ».

D'abord, il s'insurge contre la lâcheté des partisans de la théorie du gender qui prétendent :

« Nous ne sommes pas une idéologie. Nous luttons contre les stéréotypes du masculin et du féminin. »

Au lieu d'« apaiser », répond Mgr Podvin, il faut craindre cette peur d'appeler « les choses courageusement ». Pour lui, « la polémique sur le contenu des manuels scolaires [...] n'est pas accessoire. L'enjeu est vertigineux. » Suit une série de questions :

« Comment l'adolescent sera-t-il accompagné dans la connaissance de son être ? Au nom de quoi une théorie se substituerait-elle à ceux qui ont mission de contribuer à l'éducation sexuelle et affective ? Au nom de quel ostracisme les spécialistes qui promeuvent un autre discernement seraient-ils taxés d'archaïsme ? »

Et de rappeler Benoît XVI :

« Il y a dans le corps de l'homme et de la femme un langage qu'ils n'ont pas créé. La véritable fascination de la sexualité naît de la grandeur de cet horizon qui s'ouvre. »

Bernard Podvin termine sa diatribe par une citation de Blaise Pascal en réponse à Simone de Beauvoir :

« Deviens ce que tu es. L'homme passe infiniment l'homme. »

Point de vue de Mgr Bernard Ginoux[modifier]

Mgr Ginoux commence58 par rappeler la célèbre formule de Simone de Beauvoir, en 1949 : « On ne naît pas femme, on le devient », une formule selon lui sans portée à l'époque sinon chez quelques intellectuelles féministes « branchées ». Depuis, un nouveau féminisme, né aux États-Unis, prétend que

« le combat pour l'égalité des sexes ne s'est pas affranchi de l'identité sexuelle et reste donc dans un concept de domination de l'homme ; que c'est le milieu, la culture qui vont déterminer le « genre » à différencier du « sexe ». »

Cette théorie reviendrait à dire

« que chacun, selon sa volonté, se construit, chacun s'invente et peut avoir des choix alternatifs de sexualité [...] dans la pensée que le donné sexué serait une contrainte dont la société post-moderne doit se libérer. »

Et il rappelle à ce propos le rôle prédominant de Judith Butler dans l'édification du concept.

Tout en reconnaissant que « la culture participe à la construction de notre sexualité », Mgr Ginoux refuse d'admettre ce « radicalisme de la pensée » qui affirme que

« s'il n'y avait pas « un concept de femme, les femmes ne seraient pas opprimées ». »

L'évêque voit là « une grave question pour la société » dans ce sens que « le refus de la différence homme/femme laisse chaque personne décider de ce qu'elle est », jusqu'au rôle qu'elle entend jouer dans la société selon son unique inspiration. Et de ce fait,

« il y aurait donc toute possibilité de couple, toute forme d'union, tout mariage possible. »

Simple vue de l'esprit ? En fait, de cette théorie du gender découlent « la libéralisation de la gestation pour autrui (ou mères-porteuses), de toutes les techniques de procréation médicalement assistée et des adaptations nécessaires des lois », sans compter « la déconstruction de la famille puisqu'elle n'est plus fondée sur la relation entre un homme et une femme et la procréation ».

« L'on peut se demander comment structurer la psychologie des enfants dans un tel contexte. Il faut simplement souligner que, précisément, la volonté exprimée est de ne pas construire la personnalité de l'enfant. »

Autre mensonge dénoncé par Mgr Ginoux :

« Il est abusif de lier le gender à la dignité de la femme et à sa reconnaissance. C'est la dignité de toute personne humaine qui fonde une société. »

La conclusion de l'évêque est on ne peut plus claire :

« C'est aussi notre liberté et l'Enseignement catholique ne peut accepter d'être contraint dans ses choix éthiques [...] d'autant que, par le biais de l'ONU, les Organisations non gouvernementales vont être obligées de les valider dans leur programme. Pour nos enfants, pour la santé de nos sociétés et pour le sens de nos vies nous avons à refuser cette nouvelle forme de dictature. »

 

  1. Marine Le Pen à Sciences Po le [archive] 5 avril 2012.
  2. Instruction Dignitas Personae sur certaines questions de bioethique [archive].
  3. Communiqué de l'Académie pontificale pour la Vie sur la « pilule du lendemain », [archive] 31 octobre 2000.
  4. Respecter la vie humaine en ses commencements. [archive]
  5. [http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/espace-presse/communiques-de-presse/a-propos-dun-reexamen-de-certaines-dispositions-de-la-loi-veil-sur-lavortement-6113.html [archive] A propos d'un réexamen de certaines dispositions de la loi veil sur l'avortement.]
  6. Et l'avortement ? [archive]
  7. « Comment faire baisser le nombre des avortements en France ? » [archive]
  8. Réalisé en janvier 2011 par la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR), le Centre de recherche et de formation de l’accompagnement de la fin de vie (Association CREFAV) et le Collectif Plus digne la vie, le sondage OpinionWay met en lumière la méconnaissance des soins palliatifs et des lois contre l’acharnement. 53 % des Français se déclarent insuffisamment informés sur les soins palliatifs. Seuls 51 % savent que ces derniers consistent, notamment, en un accompagnement du malade et un traitement de ses douleurs. Enfin, plus de la moitié des Français (52 %) soulignent l’existence de risques de dérives liées à la légalisation de l’euthanasie (Sondage : « les Français et les soins palliatifs », publié en janvier 2011 dans le Collectif plus digne la vie [archive].
  9. On peut lire sur Internet la totalité du programme de François Hollande. [archive] Pour la question traitée, il s'agit de la proposition 21.
  10. ''Evangelium vitæ'', 65.
  11. sur le site du Vatican [archive].
  12. Au cours de la séance parlementaire du 29 mai 2012 supra, le professeur Israël Nisand s'est montré favorable à l'homoparentalité tout en refusant l’idée d’homofiliation, « mensonge institutionnel qui laisserait entendre à l’enfant qu’il serait issu de deux personnes du même sexe ». Il est aussi favorable à l’AMP pour les couples de lesbiennes et au droit d’adoption pour les couples homosexuels hommes, et questionne à ce titre « le contenu de nos valeurs fondant notre législation actuelle qui interdit ce droit ». Le professeur Axel Kahn a une position encore plus tranchée : « Il n’y a plus aujourd’hui d’arguments moraux pour s’y opposer. Si pendant longtemps dans la conscience collective la procréation devait résulter de l’union du mariage, nous savons aujourd’hui que cette conception est sans fondement ».
  13. Le Nouvel Observateur du [archive] 5 octobre 2011, article de Louis Morice ?] Sauf mention particulière, toutes les informations et les citations s'y refèrent.
  14. Le Nouvel Observateur, op. cit., rappelle cependant qu'en 2006, auParisien, elle disait pourtant préférer le mot union à celui de mariage« pour ne pas bousculer les repères traditionnels, la famille c'est un père et une mère. »
  15. Redresser la France, retrouver la justice, rassembler les Français. « L’intégrale des propositions des socialistes pour changer la France, 2 Construire une société plus humaine - 2.1 Assurer l’égalité entre les personnes » - 2.1.4 « Egalité des genres et des familles ». [archive]
  16. Bien qu'il ait précisé le {{Date|3|octobre|2011| à Libération être conscient qu'il aurait du mal à faire passer les textes).
  17. « Je pense que la loi doit évoluer avec les mœurs de la société », affirme-t-elle à La Provence de mars 2009.
  18. « Nicolas Sarkozy dit non au mariage homosexuel » [archive],France Soir numérique9 février 2012.
  19. Code de droit canonique sur le mariage. [archive]
  20. Articles 28 et 29 de la Convention internationale des droits de l'enfant.
  21. Bulletin officiel spécial n° 9 du 30 septembre 2010.
  22. On peut se faire une idée précise, mais incomplète, sur la question en consultant le document « La théorie du Gender dans les manuels scolaires de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) de Première L/ES Rentrée 2011 » HATIER HACHETTE BORDAS. [archive]
  23. « Théorie du genre : les manuels scolaires de SVT dans la tourmente », Sophie de Tarlé pour letudiant [archive],1er septembre 2011.
  24. Point de vue de Mgr Bernard Podvin, Porte-parole de la conférence des évêques de France, dans Ouest France du 15 août 2011, sur l'introduction de la théorie du genre dans certains manuels scolaires. Tout ce qui suit en est extrait.
  25. L'enseignement des théories du genre : une dérive dangereuse, par Mgr Ginoux, Famille du 22 juin 2011.

Publié dans culture humaniste

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