PALMARÈS FINALISTES RIMES ET DÉRAISON 2011

Publié le par Bernard Bonnejean

 


LISTE COMPLÈTE DES POÈMES FINALISTES

POUR 

LE GRAND PRIX RIMES ET DÉRAISON


2011

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Rappel de la première session :




CHAINEUX Laurent

J'expire à Guernesey

Lesia ! J'expire à Guernesey
des mots crapauds privés de sens,
Chantant aux mules amusées
De jolis souvenirs d'en France,
Quand ton sein cloué sur mon cœur
Poussait la marée salicole
aux pages de mon livre d'heures.

La mémoire peut être frivole,
À Divona ou Guernesey...
Sans toi, l'exil c'est n'importe où.
Mon âme à ton coeur épousée
Victor te cherche comme un fou
Et guère ne sais si tu fus mienne
À Divona ou Guernesey.

Dans l'ombre tendre de Julienne
Le sable coule à marée basse,
Mes doigts démaquillant tes yeux.
Petite fille tu te délasses
Aux heures blanches de nos jeux
Où la tendresse te trahit,
Quand tu voudrais tout croire fini

Et que j'implore que le temps cesse...


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DEWALLY Gaël

 

Évidence

Au plus profond de toi je me suis engouffré,
Progressant doucement en tes lieux inconnus,
Avec une impression d’être déjà venu,
Fouler cette étendue où je venais m’ancrer.

N’ayant plus qu’une idée, te parcourir encore,
Je n’ai pas peur du vide au-dessus de mon corps,
Et touche de mes mains les multiples trésors,
De ce monde accueillant qui frôle mes abords.

Je pourrais sciemment oublier l’oxygène,
Qui me maintient en vie au cœur de l’océan,
Tant l’eau qui m’enveloppe coule dans mes veines,
Tel un lien inconscient qui remplace le sang.

Comme si je n’avais plus rien d’un riverain,
Tu m’as à tout jamais en toi enraciné,
Laissant mon corps entier prêt à s’abandonner,
Au spectacle envoûtant de ton monde marin.

 

FONTANA Gabriel

Il y a dans l'incendie...

Il y a dans l’incendie de la ville
Un acte évident de salubrité publique.
Brûle l’urbanisme.


Je maréchalerai ton cul sur des pistes sourdes,
Les pistes de la conscience tue.
Je maréchalerai mon nom
Sur les murs de la honte ;
Pas ceux où l’on se lamente
Mais ceux anonymes, où l’on tue.

Je pétainiserai l’honneur et la gloire
D’un pays tétanisé par sa fierté.
De quoi être fiers, nous avons ?
Je ne crois pas et je bave
Sur le drapeau, pas par bravade
Mais parce que je suis paralysé de la bouche.
Je pétainiserai l’idée de Nation,
En y enlevant l’humanisme
Et la fraternité pour y déposer
Tendrement des valises d’injustice.

Je hitlériserai les aéroports
Et les gares, en utilisant les flics
Comme main-d’œuvre pas chère
Pour faire le sale devoir :
Bouter les étrangers hors de nos terres.
Et je n’aurai pas d’oreille pour leur supplique.
J’adolfiserai les consciences prolétaires
En prétendant que le danger guette
Et que demain, ce soir, peut-être,
Le sauvage attend l’heure de manger leur chair.

ENVOI

Je me suiciderai dans les ruines de mon empire,
Je me sarkoïzerai dans les pensées adjacentes,
J’enverrai mes soldats et mes sbires,
Vers les balises baveuses et inconscientes.

 


GAUTHÉ Nicole

C'est un chant du cœur

C’est un chant du cœur
Un instant de plaisir
Sur le chemin du bonheur
D’une voix qui soupire

C’est une main sans heurt
Tendue vers le pire
Pour réconforter les pleurs
Et rendre le sourire

C’est dans une rue
Là quelque part
L’aumône qui fut
Donnée au clochard

C’est parfois pour tous,
Un jour, s’oublier soi-même
Et tout prés d’eux 
Leur dire je t’aime

La tendresse 
C’est toute une vie 
Comme une caresse
Portée vers l’infini

 

 

 

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PSALMON Laurent

 

À la nuit...

 

À la nuit

Silence.
Funambule rêveur
Sur corde raide,
Note étouffée
Sur harpe bleue.
Un cœur crisse
Comme pas sur neige,
Et tout est à refaire.
Pierre concassée
Dans main d'argile,
Silhouette sur écran noir ;
Natapa na yatava
Monsieur Artaud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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REEVES Linda

Être en devenir

(poème en prose)

 

Dans l’utérus de ma génitrice Émérice, minuscule zygote, j’explorais déjà l’intérieur d'une mortelle. J'allais pendant neuf mois me voir grandir et évoluer, entourée d'organes indispensables à la vie de cette femme. Dès le deuxième mois je pouvais entendre les battements de son cœur, voir circuler le sang et surtout ressentir — moi qui en 4000 ans d’existence n’avais jamais eu la moindre émotion, le moindre sentiment, je vivais les sentiments de mon hôtesse. Peur, joie, tristesse, elle que je ne connaissais que de l’intérieur m’aimait d’un amour si profond que je sentais mon cœur prêt à exploser. Non pas qu’elle fût choisie au hasard ! Il nous avait fallu des centaines d’années, car pour nous le temps n'a aucune raison d’être.

Immortelles, nous naissons d’une pensée, et ne cessons d’en vivre.

Elle fut choisie avec soin : nous la voulions pure d’esprit et de sentiments; son âme devait être sage ; elle devait avoir connu plusieurs vies, bonnes et mauvaises. En fait nous voulions une âme évoluée. L'enveloppe ne comptait guère, le corps n’étant que le véhicule de l’âme. Il nous importait peu que le paraître soit beau, puisque l’âme étant tout l’être en est de toute façon illuminé irradiant d’une telle bonté que l’être qui en est le réceptacle en est transfiguré.

En 1923 naquit Émérice. L’âme qui se glissa en elle était si vieille et si puissante qu'elle intrigua nos chercheurs d'âmes dès l'instant qu'elle occupa le corps. Ils ne purent que se recueillir avec respect et demander humblement le droit de communiquer avec elle. Droit qui leur fut accordé. Ils se présentèrent et demandèrent la permission d’habiter ce corps dès qu’il serait prêt à être enfanté. L'âme leur en demanda la raison. Voici ce qu'ils dirent sans se faire prier.

« Loin dans une autre galaxie, il existe une planète semblable à la vôtre. Ses habitants vous ressemblent un peu mais l’âme y est visible, faisant passer au second plan le paraître au profit de l’être. Nous utilisons 90% de notre cerveau, assez semblable au vôtre, mais chez nous penser n’a rien d'inerte. Penser c’est agir : nous nous déplaçons par la pensée ; nul besoin d’ordinateur, nous avons le savoir, savoir acquis par la terre, le soleil, la lune et l'eau. Pour observer les végétaux et animaux, nous avons dû remonter le temps. Ce fut long et fastidieux. Nous n’y parvînmes que par un jeu de réactions complexes, grâce à l'énergie fournie par le volcanisme, les éclairs, et le rayonnement cosmique, dans un environnement différent du nôtre, dans l'eau de vos premiers ancêtres, cellules d'organismes procaryotes, les bactéries qui vivaient il y a 3.8 milliards d’années, avant que 2 milliards ne passent et que n’apparaisse la cellule eucaryote avec un noyau.

Bref ! Du premier amphibien au reptile, jusqu’aux mammifères nous sommes passés par toutes les étapes pour parvenir enfin à connaître les vôtres, des êtres doués d’un certain savoir, mais surtout des êtres dotés de sentiments. Cependant, malgré tout, les humains restent une énigme pour nous : tous ces sentiments qui les animent, ces amours qu'ils recherchent tous, cette haine, cette colère, sont pour nous un grand mystère.

Donc quoi de mieux pour comprendre que ces 9 mois passés dans le ventre d’une mère ? »
Un auditeur demanda alors :

« Mais pourquoi ce besoin de comprendre les sentiments humains ? À quoi cela vous servira t-il  ?

— À survivre ! Voyez-vous, notre planète est appelée à mourir. Dans deux cents ans elle entrera en collision avec la vôtre et de terribles conséquences en découleront. Notre planète sera détruite mais la vôtre survivra. Quelques- uns des nôtres en réchapperont mais ils devront prendre forme humaine pour survivre sur votre planète, et renoncer de ce fait à la vie éternelle. Nous pourrons ainsi nous unir, et repeupler votre planète qui subira de grandes pertes durant la collision.

— Ne pourriez-vous pas empêcher ce cataclysme  ?

— Non, nous voyageons dans le temps mais nous ne pouvons rien y changer. Ce qui doit être sera ! Mais, car il y a un «mais », toutes ces émotions humaines changent l’avenir, la colère mène à la destruction, l'amour répare, la tristesse assombrit l’avenir. La naissance de votre planète s’est faite dans la violence des éléments dans les ténèbres. Après la lune vint le soleil. Cinq extinctions massives ont eu lieu jusqu’à la dernière il y a soixante-cinq millions d'années. L'humain est né empreint de cette destruction : il a conservé la mémoire des bouleversements au plus profond de son être et il lui a fallu longtemps pour que la lumière prenne sa place en lui. Nous aimons cette lumière et croyons en elle !

— Et vous vous croyez capables de chasser les ténèbres ?

— Oui, nous le pensons, car le savoir et les sentiments alliés à un profond désir d’évolution feront de cette terre cet éden tant espéré. L'ignorance est mère de destruction, elle fait agir sans aucune réflexion, elle mène à la ruine.
Voilà le pourquoi de notre demande ».
L’homme qui avait servi d’interlocuteur réfléchit, puis prit enfin la parole :

« Bien, vous avez la permission d’habiter cette enfant, mais à une condition : vous devrez la quitter à sa naissance.

— Nous vous remercions. Nous agirons selon vos désirs. »

L’âme réintégra le corps au premier cri de l’enfant. L'entité reprit place dans le présent. Commença alors un merveilleux voyage : la création d’un être humain, l’ancêtre des survivants de la planète terre.

 

RENAULT Jean-François


Les tuiles des toits

 
Les tuiles des toits font le dos rond
Et miaulent sous la caresse du vent.
La cigale bavarde avec la feuille de l'olivier.

Le ciel ouvre de grands yeux égarés,
Trop grands parfois et sa vue se brouille.
Alors, il pleure des larmes chaudes,
Celles qui sèchent trop vite,
Qui glissent et s'effacent.

Au loin, je vois la mer qui court après le ciel,
Elle saute haut, très haut,
Tendant ses vagues ouvertes pour mieux le saisir.
Mais elle retombe toujours et bave de fureur.
Puis, suante d'écume, elle replie ses flots,
Me regarde, désespérée, et se noie.

Le vent trempe son souffle dans les roches tendres
Puis s'essuie sur le sable usé
Avant d'aller jouer avec des brumes lointaines.

Les étoiles crèvent le ciel
Et font l'amour avec la nuit.
Elles respirent à pleine lumière.
Je voudrais les cueillir
Pour les planter au fond de chacun de mes rêves.

Mais mon geste ne va jamais jusqu'au bout
Et je me retrouve seul, à côté du temps.
Peu à peu, je m'habitue à les laisser partir.

Pourquoi faut-il donc que les lumières s'éteignent ?
Pourquoi tant de rendez-vous manqués...?

 

ROUSTAN Laurent

Écrire, c'est voir

 

Les tournesols sont noirs et courbent l'échine,
des tissus bariolés bavent au regard des cercueils de ciment...
Nous sommes coude à coude, ignorants l'un de l'autre,
le sport remplace la raison et deux vieux se souviennent
de l'orchestre fantôme auprès du kiosque nu,
aux os bleus comme le brun du ciel.
La mort est annoncée, saluons la croissance
dans l'autobus gravitant vers les nues,
gravissant la colline de nos espoirs déchus.


Écrire, c'est monter, sans descendre,
et nous n'aurons plus pied.
Une route en dévers, cote à cote,
absents infiniment, de tous les continents,
nous roulons immobiles vers la fin de la route,
car le chemin suit l'homme, et jamais le contraire.


Corps à corps, en commun, en belle perspective,
notre ligne de fuite attend son terminus.
Les vieillards s'assoupissent... Les négresses sont belles,
aux yeux d'ambre et de braise et aux culs monticules,
les négresses conversent et refont le monde qui finit.
Les spectres des anciens font sonner les mobiles,
rien ne bouge sinon...
l'asphalte et la Terre qui défilent aux roues de notre véhicule.

Nous, nous sommes roulés, à nos rangs fixes,

dépassés par nos heures et comptés.

 

 

 

 

 

 

 


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Ont été sélectionnés pour la seconde session :



LE CARS Thérèse

Infini paysage 

De paysage je ne connais que le ciel
Ses moutonnements d’êtres fantastiques qui se dérobent au regard
Ses écharpes colorées au coucher du soleil
Ses noirs nuages s’entrechoquant d’éclairs imprévisibles
Qui délivrent un éclatement de perles inquiétantes

De paysage je ne connais que la mer
Sa frange océane et ses tumultueuses vagues jaillissantes
Ses colères soudaines et ses horizons engloutis
Ses phosphorescences envoûtantes qui égarent le marin
Ses algues moussues qui dansent langoureusement

De paysage je ne connais que les saisons
Leurs cycles ondulants qui rythment nos vies
Les solstices impérieux et les équinoxes versatiles
Les brumes printanières et les froidures neigeuses

De paysage je ne connais que les jardins
Leurs semis verdissants sur une terre dénaturée
Qui émergent d’un étrange chaos minéral
Leurs arbres aux branches crucifiées épouvantails conspirants

De paysage je ne connais que tes yeux
Ces abysses voluptueux où je me perds infiniment

BERNARD Carine

Femme

 

Enfiler un collier de perles
Sur un pull de coton
et se trouver si belle
Perchée sur les talons
et jouer à la dame
abritée d'un chapeau
La féminité se déclame
d'un parfum sur la peau
Et porter des dessous chics
sans que personne ne le sache
savourer l'instant érotique
d'une bretelle qui se détache
Poudrer le nez d'un nuage
noircir le regard de mascara
contour d'une bouche pas sage
La femme est une dame
qu'on n'apprivoise pas !

 

 

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EVELYNE GENIQUE

De tout et de rien

 

J’écris pour parler de tout, de rien
Mélange faisant du bien
Poésie des notes.... Musique des mots
Quand les mots épousent les notes
La poésie des notes avec l'âme des mots
Telle une note de musique
Qui emplit mon cœur de nostalgie
Un rythme, un son qui s'évade
Au rythme d'une voix intérieure
Voilà que la lune se lève
Dans la nuit elle s'installe
Me poussant dans les rêves
De ma folie cérébrale
La lune fait des cercles dans l’eau
Ainsi que mes mots s'affolent
Ça risque de troubler ma main
Je devrais recommencer
La nuit quelque part a repris ses droits
Et le silence s'est installé à côté de toi
C'est ici que mon inspiration s'envole
 

 

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VAQUETTE François

L’hôtel des culs tournés

 

Les nuits des culs tournés
Les jours de face à face
Les baisers ajournés
La soupe à la grimace

Chaussés de gros sabots
Sur un paillis d’éteules
On rentre du boulot 
En se faisant la gueule

On voudrait tout quitter
Pour se rendre à Cythère
Mais dans quelle galère
Risque-t-on d’embarquer

O stérile égoïsme
Ou mensonge occulté
Warnings de ce machisme
D’où naît la cécité.

Être à l’autre attentif
Retirer nos œillères
Et s’avouant fautif
Faire un pas en arrière

Qu’à nouveau le soleil
Vienne à bout du nuage
Et que l’autre au réveil
Ne soit plus un mirage

C’est l’utile travail
Qu’on doit faire soi-même
Pour renouer le bail
Avec l’être qu’on aime

Si le simple plaisir
De nos mains qui se touchent
Font monter le désir
Donnent l’eau à la bouche

Laissons-nous envahir
Par l’ascendant de l’être
Que nous croyions subir
Et l’amour peut renaître.

Souffle de nos narines
Sur les draps étendus
Lorsque nos mains mutines
Caressaient nos corps nus

Trésors inestimables
Que nous avons gagés
Pour un train confortable
Des succès passagers.

Troquons ces zizanies
Tapis hersés de clous
Contre des litanies
De baisers, de mots doux.

 

 

 

MONAGHAN Lauriane

Je commence ma résilience… demain

 

Les regards qui se noient dans ce côté sombre.
Ses mots, symphonie hurlante, notes de la feu-terreur d'un enfant.
Gravité du claudiquant.
La fureur des culpabilisants.

Une chambre si volumineuse, si grande,
Comblée de divers objets, a contrario d'une fêlure si béante.
Un carré, extraits affichés, de croyances.
Insécurités et grands revanchards espoirs.

Quelques jouets usés, par ci par là, éparpillés.
Le même scénario du peu de mots qui y sont rattachés.
La confusion du peu de mots qui y sont rattachés.
Retenue la leçon du silence écrasant l'existence.

Son regard, un soupçon d'amour assaisonné d'une immense violence.
Ses mots qui claquent, de ce petit chef acculé.
La gravité sidérante, digne des pires instances.
Une fureur qui déchire ma présence.

Putain de résilience.

 

 

 

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LARIE Louyse
 

Complice du jour

 

Je connais si peu de toi,
Promesse du livre ouvert,
Si ce n’est qu’à l’écart du périple, je ne suis pas seule.
Tu es là, fidèle et tu m’attends.
Vas-tu m’entraîner dans le tréfonds de ton labyrinthe,
Dont l’existence, d’ores et déjà
M’était naguère inconnue.

Tu m’invites à me poser, à me recueillir,
Terrassée par le frémissement de la timidité.
Je me surprends à la conquête de tes mots, m’asseoir
Et j’essaie à travers leur rencontre, de m’en remplir.

J’ai tenté d’apprivoiser le toit
D’un dénommé Prévert,
Mais lui, autant que moi, était à l’envers.

J’ai rangé la mémoire du temps
À l’ombre des feuilles qui le veulent.
L’espace a parsemé le vide de la crainte !
Te rends-tu compte, quel goujat !

La lecture va comme elle est venue
Et le poète ne cessera par la réviviscence de la faire rejaillir,
Au point de contrarier le sanglot de l’avidité,
Derrière le vertige entre la nuit et le soir.
Crois-tu que le voile du rêve lui ait permis de s’accomplir ?

J’irai parcourir la lagune de l’absence
Où se consume la présence
Et je t’offrirai le doute du silence
De l’empreinte de l’écume brulante,
Là où les rumeurs de l’aurore se font bienveillantes,
Telles les vagues du refuge de l’espérance.

 

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CHOLETTE Marie

Valse de la robe blanche avec l'écume

La marée du Saint-Laurent est à l’étale
La brise y passe sur la pointe des pieds
Pour ne pas réveiller les reflets sur l’eau
Où chaque nuage inversé sur le fleuve
Ressemble à une icône
Posée sur de la transparence

Une femme soudain apparaît
Son pied ensablé rejoignant
Les éclats de rire des vagues
Son autre pied happé par l’écume

Le vent s’est réveillé
La chevelure de cette femme
S’en est emparé
Et lui dessine de ses pinceaux par milliers
À larges traits
dans un puissant corps accord
L'infinie variation des gestuelles de sa passion

Et c’est sa robe blanche
Dénudée
Par en avant soulevée
Qui valse avec l’écume
Les vagues les mouettes
Les nuages et les flots

 

 

 

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LAMINE BEN AMAR Samia

 Noir c’est blanc 

 

Le monde, today, s’macdonalise
Ego et matière pour devise 
Folie furie misère et bêtise.


Les coeurs chavirent
Çà
Et
Là.


Les ventres affaiblis s’amenuisent
Les arbres asphyxiés s’épuisent
Les armes menacent et détruisent.


Les coeurs chavirent
Çà
Et
Là.


Les poissons volent dans l’air
Les pigeons croassent en fureur
Les corbeaux roucoulent en douceur.


Les cœurs chavirent
Çà
Et
Là.


Robots et technos s’imposent
Le noir en blanc se métamorphose
Le temps et l’espace explosent.

Chavires les coeurent

Te 
Çà.
 

 

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PAGE D’AUTEUR Sandrine

ÉlémenTerre attraction

 

Je voudrais me faire lune
Pour t'attirer en haut des dunes
Comme elle le fait sur la mer, 
Je voudrais te contrôler de par les airs 
Tu serais les vagues, je serais l'écume
Nos deux attractions ne feront qu'une,
Et dans les rouleaux de nos désirs
Montera des cris de plaisir.

Je voudrais me faire feu, 
Pour te brûler de mes yeux, 
Comme il le fait sur les éléments incandescents
Je voudrais te lécher lentement, 
Pour te faire brûler de passion
Exploser toutes tes tensions, 
Et nous éteindre doucement
Dans un même foyer lentement, 
Mourir de désir,
Étouffer dans notre plaisir

Je voudrais me faire vent,
Pour t'effleurer sauvagement,
Comme il fait dans un ouragan,
Je te pénétrerai dans tous tes pores
Pour te faire connaître les abords,
Du plaisir suprême qui te mord
Dans une tornade de jouissance
Et qui se meurt en silence.

Je voudrais me faire rivière
Pour couler sur toi comme son eau claire, 
Comme elle le fait sur les pierres
Je te caresserai langoureusement
Je te parcourrai paresseusement.
Comme un rapide, 
Je serai intrépide
Pour faire surgir des antres de ton désir, 
Des gouttelettes, de la vapeur, des élixirs,
Et mourir dans un étang
Enlacés jusqu'à la fin des temps.

Je voudrais me faire éléments
Terre, mer, feu, indifféremment
Pour te faire subir
Toute sorte de désirs
Et te faire languir, mourir
Sous des torrents de plaisir.
Venez à moi éléments, 
Et je me ferai sacrifice
Sur l'autel des délices.

 


 


 

 

 

 


 

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ASSAYAG Sophie

À toi mon ventre

 

Émouvante ta chair aux encens maléfiques
À ton âme sublime aux ascendants néfastes
À tes larmes sans joie, à ton silence ardent
À ton cœur inconscient et sa nudité "chaste"

Impensable défaite où les corps s'articulent
En l'abime d'un soir et l'alcool te brûle
En la proie ridicule, indigeste toxique
La femme tentacule et ton ventre se vide.

Et ce cristal maudit, le marbre de ta voix
Achève dans la nuit l'écho du désarroi
À ton ultime effort où se perdent les sens
Aux couleurs d'une vie indolore en substance

À ces ébats intimes où tu craches en silence
Les torts d'une folie inéluctable et franche
Au bruit que fait l'ennui lorsque tu te déhanches
En solitaire tu fuis l'abominable cri

Et toujours en l'absurde s'obstine ta fréquence
N'as-tu pour agrément que cette délivrance ?
Où jamais ne se plie le si peu d'existence
Où par l'encre et la feuille l'espoir fait offense

Et pour unique chance un tragique secret
Où la nature immense t'accorda ce reflet, 
Le masque narcissique où ton ego se plait
Et maquille sans honte la pauvreté du vrai !

M'avoir abandonnée... ma mère, ma prostituée.
 

              RIMES ET DÉRAISON : « Poètes, à vos papiers »

 

 

 

 

 

 

 

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Nous allons maintenant nous réunir, Frédérique, Ganaël et moi, pour la lourde tâche de désigner le grand gagnant et les deux suivants.

En attendant, vous pourrez lire quelques lignes d'analyse critique ici même.

Ce soir, je suis fier et heureux d'avoir réussi à mener cette entreprise à son terme. Fier aussi d'avoir pu compter sur deux amies devenues chères (bien que toujours aussi bénévoles) pour m'y aider. Fier enfin de vous faire connaître, vous, venus de tous les horizons de la Francophonie (Tunisie, Maroc, États-Unis, Belgique, Irlande, Québec et France métropolitaine) et vos talents respectifs. 

Nous menons ainsi, j'en suis convaincu, le combat pour la Paix, de la façon la plus noble et la plus agréable qui soit.

Votre ami,

Bernard Bonnejean 

Publié dans poésie

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josette 21/01/2014 10:37


Avec tous mes remerciements je profite de cette occasion pour vous présenter mes meilleurs voeux que cette nouvelle année soit riche en poésie...


Je mène ma petite enquête personnelle et ne désespère pas trouver l'intrus certainement dans ma ville ! 


cordialement

Josette 06/11/2013 17:52


Bonsoir Monsieur Bonnjean, voici encore une page à corriger !


cet Aurélien  y apparait toujours .


bonne soirée 

Bernard Bonnejean 20/01/2014 23:48



Corrigé, Thérèse.



Fathia Nasr 16/11/2011 12:51


Bravo pour Samia Lamine,j'aime son poème.


Bernard Bonnejean 06/12/2011 03:13



On peut la féliciter, maintenant que les jeux sont faits. 



Moqueplet 21/10/2011 15:12


très agréable à lire, passe un bel après midi


Bernard Bonnejean 06/12/2011 03:17



Merci cher ami que je ne connais pas.

Tous nos poètes méritent ces compliments et je suis content pour eux et pour nous.  



carine bernard 18/10/2011 21:01


ce qui m'emplit de joie, c'est ce partage littéraire avec d'autres poètes car on est souvent bien seul devant sa feuille de papier, merci pour cela :-)


Bernard Bonnejean 06/12/2011 03:16



Il n'est pas de poésie véritable sans partage. 
Mais rien n'empêchera jamais la solitude du créateur, une solitude nécessaire, je crois.  



Sophie 17/10/2011 09:28


Coucou Evy

Il est superbe ton poème félicitation pour ton prix. Tu le mérites.

Bisous et bonne journée. Sophie


Bernard Bonnejean 06/12/2011 03:15



Maintenant que les jeux sont faits, je peux me joindre à vous pour féliciter notre poète. 



Evy 16/10/2011 22:22


Merci beaucoup je suis heureuse de faire partie des finaliste


Bernard Bonnejean 06/12/2011 03:14



C'est nous tous, sincèrement, qui vous remercions. Un poème est toujours un don.