Mes étrennes

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Un beau cadeau

dont je vous fais dépositaires

  

La modestie ? Sacha Guitry a, une fois de plus, montré ce que cachait cette « vertu » dans une phrase dont la causticité, pour une fois, n'est pas masquée par l'humour :

 

« Il n'y a pas de gens modestes. Il y a des ratés qui ont la prétention d'être modestes — et qui font les modestes pour faire croire qu'ils ne sont pas des ratés ».

 

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Pour ma part, j'ai peur que la modestie ne soit née avec l'hypocrisie bourgeoise, la fameuse politesse qu'on inculque aux enfants des riches pour ne pas effaroucher les enfants des pauvres. Quelque chose dans ce goût-là :

 

« Tu as la chance d'être né dans une famille où l'on ne manque de rien. Tu es beau, intelligent et parfois charmant. Tu réussiras dans la vie comme ont réussi tes pères. Mais, je t'en supplie ! Tais-toi ! Sinon, ils vont venir te casser le hochet que la bonne fée t'a donné dans ton berceau ; et ta maison ; et ta femme ; et ta voiture ; et tes privilèges ».

 

Eh bien moi, je vous le dis tout net ! Le Bon Dieu m'a gratifié de dons et je ne vois aucune raison pour les cacher comme des parties honteuses de ma personnalité. Et je n'aimerais pas qu'on me servît cette sentence d'Alfred Capus : « Il  n'a qu'une qualité : il est modeste. Et il s'en vante ! »

 

Et si vous avez la sagesse que je crois — sinon quels vicieux vous seriez à venir comme Alanus me renifler du matin au soir pour embrener le quartier de mes pets de travers ! — vous accepterez que je vous en fasse part.

 

Le service de presse de mon éditeur m'a envoyé les trois dernières critiques de mes livres. Et, franchement, je suis fier et je vous offre cette fierté d'ami.

 

REVISTA DE ESPERITUALIDAD

69 (2010)

 

BONNEJEAN, B., La poésie thérésienne, Paris, Les Éditions du Cerf, 2006,. 302 p. 13,5 x 21,5 cm.

 

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Bernard Bonnejean es doctor y agregado en letras, especialista de la poesía del siglo xix, especialmente de Verlaine y de los poetas católicos. Por su parte, el prologuista Tonnelier — capellán de las carmelitas descalzas de Laval y canciller de su obispado— es bien conocido por sus muchas obras, las más notorias, de tema teresiano-lexoviense.

El objetivo de este libro es elencar y explicar los temas y motivos de la poesía de santa Teresa del Niño Jesús y de la Santa Faz o Teresa de Lisieux. Como escribe en francés la santa carmelita, es un francés quien analiza un tema literario de esta magnitud. En once capítulos hace una lista de temas generales y concretos. A saber (traduzco; entre paréntesis, los epígrafes): I. El jardín de Teresa (jardín de infancia, catecismo de la naturaleza, jardín de Jesús); II. La fiesta de los sentidos (luz, perfumes, música) III. Los licores preciosos (agua, leche, sangre); IV. La fraternidad (humana, espiritual, con el cielo); V. El amor (paternidad-maternidad, vivir de amor, sufrimiento-abandono-amor); VI. Las armas de Teresa (pobreza-humildad, castidad-inocencia, obediencia-servicio); VII. Los esponsales (noviazgo, vocación de la esposa, amor esponsal); VIII. La Virgen (de la infancia, devociones marianas, modelo de humanidad); IX. El Jesús de Teresa (encarnado, escondido, salvador-misericordioso); X. La Eucaristía (instrumentos, vida, víctima de holocausto); XI. Los novísimos (infierno, purgatorio, paraíso).

¿ Quién dijo que Teresa no era una teóloga ? Si el índice del libro recuerda al de un manual de teología espiritual... Evidentemente, los temas que trata Teresita son temas de toda una autora mística, ya que, por ejemplo, el purgatorio lo relaciona directamente con «el Amor», que es uno de los nombres que ella da a Jesús. Así que nada de dura letra del dogma, sino suave y fe­liz experiencia espiritual de las cosas de Dios (por más duras que parezcan y que sean). El autor no se conforma con un simple elenco de temas dentro del ámbito de las poesías teresianas, sino que ha buceado en todos los escritos de la santa de Lisieux y cita del mismo modo poemas, canas, obras mayores y menores. El índice de abreviaturas y si-glas initial facilita la comprensión de la lectura, ya que igual salta el autor de un poema a una carta como a otro poema o a uno de sus manuscritos más famosos (los tres de la Historia de un alma). Para completar la excelencia de la obra, faltaría un indice doble final: de nombres y citas (bíblicas especialmente). Así se podría seguir mucho más de cerca la evolución de la sensibilidad poética de esta doctora de la Iglesia que cada vez nos sorprende mas al ser investigada en muy diversos ámbitos. Aquí lo ha sido el literario-poético; en otro lugar, lo sera el dogmatico; y en otro, el psicológico. Todos los estudiosos tienen materia para sacar del pozo; llevamos más de un siglo y la cosa no se agota. El autor ha sabido beber del propio pozo (cf. G.Gutiérrez) teresiano (francés, francófono y decimonónico) y nos ofrece una obra acabada, reluciente tanto en su forma como en su contenido. Que nos aproveche, pues, a todos.

IHT

 

THEOPHILYON

Revue des facultés de théologie et de philosophie

de l'université catholique de LYON 

Tome XV - Vol. 2 (2010)

 

Bernard Bonnejean, Clio et ses poètes. Les poètes catholiques dans leur histoire (1870-1914), Paris, Les Éditions du Cerf, 2007,. 354 p. 

 

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Avec cet ouvrage, Bernard Bonnejean, docteur, agrégé, spécialiste de la poésie du XIX° siècle, auteur notamment d'un livre sur la poésie thérésienne, initie un vaste essai sur la poésie catholique moderne à ses débuts, c'est-à-dire à partir de Verlaine dont il juge — à la suite de Claudel — qu'il est le premier à pouvoir répondre à cette appellation « en ce sens que le sentiment chrétien, le dogme chrétien, ne fut pas pour lui un thème occasionnel à développements et à déclamations, mais l'aliment essentiel de son âme, de son coeur et de sa pensée... ». Or l'époque, on le sait, et les décennies qui suivirent jusqu’à la première Guerre mondiale, furent particulièrement agitées dans leurs rapports entre l'Église et l'État : de l'instauration d'un gouvernement d'ordre moral sous Mac Mahon à la Séparation de l'Église et de l'État, le bouillonnement anticlérical lié à la naissance et au développement de la laïcité ne pouvait manquer de se répercuter sur les âmes naturellement portées au spirituel que sont les âmes des poètes. Ce fut une ère de conversions spectaculaires, parfois jaillies dans le creuset d'une ambiance matérialiste et positiviste désespérante — comme celle de Claudel —parfois vécues dans l'incompréhension de l'entourage — comme celle de Péguy —. Mais l'auteur n'en reste pas à ces deux figures les plus célèbres ; pour notre plus grande joie, il évoque des auteurs trop oubliés — et pourtant magnifiques ! — Milosz, Marie Noël, Francis Jammes... — ou mal connus dans leur complexité — Max Jacob — enquêtant, à chaque fois, sur « le poids de leurs origines » et suivant pas à pas leur évolution spirituelle — telle, du moins que la laissent voir leur vie publique et leurs œuvres. Aux trois chapitres d'une analyse minutieuse et souvent très éclairante succède un tableau chronologique détaillé de la période permettant de resituer les événements artistiques, scientifiques et littéraires dans leur contexte politique et religieux. Instructif aussi...

Ariane Merceron-Vicat 

 

THEOPHILYON

Revue des facultés de théologie et de philosophie

de l'université catholique de LYON 

Tome XV - Vol. 2 (2010)

 

Bernard Bonnejean, Le dur métier d'apôtre. Les poètes catholiques à la découverte d'une réelle authenticité (1870-1914), Paris, Les Éditions du Cerf, 2009, 320 p. 

 

9782204080538

Après les avoir resitués dans leur contexte historique et social à l'occasion de son précédent livre, Bernard Bonnejean poursuit son étude sur les premiers poètes catholiques de la modernité — qu'il considérerait volontiers comme les premiers vrais poètes catholiques... —en réfléchissant sur la spécificité de leur poétique. Scrutant avec la précision qu'on lui a reconnue l'œuvre de Verlaine, Jammes, Claudel et Péguy au fil de leur évolution spirituelle, s'appuyant sur les plus avertis de leurs exégètes, l'auteur pose l'une après l'autre les questions essentielles de la source, du sens et de la forme d'une telle poétique.

Une fois analysée la façon dont les poètes concernés ont résolu — chacun à leur manière — le problème toujours délicat de la dualité entre le corps et l'esprit, Bonnejean, convoquant notamment Bergson, se pose la question de l'inspiration. Commune à tout créateur, celle-ci est bien sûr particulièrement sensible chez le poète catholique, à la fois convaincu d'une transcendance divine à l'œuvre dans l'activité humaine et conscient d'avoir à transmettre sa foi en cette transcendance — laquelle est pour lui, rappelons-le, créatrice du monde et de ses merveilles. Dès lors surgit une autre question : l'inspiration du poète est-elle de même nature, de même essence que celle du prêtre ou du saint, « infusés » de l'Esprit-Saint ? ou bien, si ce n'est pas le cas, sont-elles compatibles ? Et quelle valeur spirituelle convient-il de leur attribuer ?

De l'Antiquité, qui, déjà, assignait une fonction métaphysique à la poésie, à Verlaine, premier poète catholique moderne, en passant par Dante, Pétrarque et Boccace qui assimilaient dès leur époque théologie et poésie, l'auteur s'arrête sur les étapes de l'évolution du sens — « direction » autant que « signification » — conféré à la poésie. Il démontre de quelle manière Poe et Baudelaire ont préparé la vision théocentrique claudélienne, à travers leur intuition d'une analogie entre la Création et la création artistique qui en est le symbole. Il constate, en outre, le relatif échec de Mallarmé et Rimbaud, l’un dans le rêve, l'autre dans la révolte, impuissants, l'un comme l'autre, à aboutir dans leur quête désespérée d'absolu. Pour qu'ait pu se faire jour un système cohérent où coïncident parfaitement le symbole poétique et le symbole religieux, il fallait au symbolisme, si l'on en croit l'auteur, une dimension, une perspective spirituelle que ces poètes n'avaient pas et que, converti, Claudel découvrit essentiellement à travers l'étude de la Somme théologique de Saint Thomas. À cette condition seule, le poète pouvait déboucher sur « une acception sereine du monde, une expérience fondée en raison et en foi de son existence et de sa signification... »

Troisième et dernier point d'analyse : la forme. Les poètes catholiques, soucieux, comme tous les autres, de faire correspondre au mieux le signifiant et le signifié, useraient-ils de matériaux et de techniques stylistiques qui seraient particulièrement propres à traduire leur foi ? Il s'agit ici de savoir non pas tant si les auteurs ont intentionnellement choisi telle ou telle forme, que s’ils emploient — de fait — des tournures spécifiques à une attitude spirituelle catholique. Aussi, Bonnejean cherche-t-il à voir dans quelle mesure la conversion de ces auteurs a — ou non — entraîné un changement formel dans leur poétique. Cette partie d'étude, très rigoureuse et détaillée, est particulièrement passionnante : il serait dommage d'en déflorer ici les résultats. Révélons-en au moins un, qui ne nuira pas à l'envie d'aller lire l'ouvrage : Le retour très fréquent à l'alexandrin, chez l'écrivain devenu catholique... Que faut-il en conclure ? L'auteur s'appuie ici encore sur Claudel : selon lui, alors qu'il est déjà du caractère français, raisonnable et rationnel, de rechercher le « construit » et l'« achevé », il est plus encore du poète catholique français de vouloir « se départir d'une originalité formelle et rhétorique où l'artiste ne s'ingénierait qu'à faire valoir son génie propre... » au profit d'un style « strict, sévère, voire formaliste ». Sur ce point simplement, l'analyse nous semble un peu courte : Si précisément l'alexandrin était, au XVIIe siècle, le grand vers classique, n'était-ce pas, qu'au-delà de ses vertus reconnues de rigueur et de lyrisme, il représentait, à l'insu même peut-être de ceux qui l'employaient, quelque chose de l'harmonie universelle, et que, de ce fait, il se trouve constituer l'instrument idéal de l'expression poétique catholique ?

Ariane Merceron-Vicat

 

Acceptez ces étrennes en hommage pour votre amitié qui m'est un remède et un viatique. Permettez-moi d'en faire aussi le don à la mémoire des chrétiens coptes persécutés par des fous qui n'nont rien de croyants.

À bientôt,

Bernard

Publié dans religion et culture

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Michèle Doige 06/01/2011 00:03


Je suis confuse car il convenait de lire "prolixe" evidemment!


Michèle Doige 05/01/2011 23:32


Bonsoir Bernard
Merci pour vos étrennes ! Vous avez raison d'être fier des critiques de vos livres, j'ignorais que vous fussiez si ptolixe en matière d'ouvrages. Par contre me voici fort marrie car je ne trouve
pas la solution à l'énigme de cet étonnant architecte grec, j'étais assez fière en toute modestie de mon idée de tour de Babel. Je vous souhaite une bonne fin de soirée.