Les étrennes de louYse

Publié le par Bernard Bonnejean

 

louYse ?

 

louYse ? Qui c'est, louYse ? C'est elle ? 

 

 

 

Non, c'est pas celle-là et pourtant, Nantes, c'est ma ville préférée et j'aurais aimé y finir mes jours.

Comment, qu'est-ce que vous dites, vous croyez l'avoir connue ? Parce que je vous parle de Nantes ?
 

 

Mais non, voyons ! Toutes les Nantaises ne s'appellent pas Lulu ! En plus, je vous ai dit qu'elle s'appelait louYse, je ne vous ai jamais parlé de Lulu. En plus, elle n'est pas nantaise. 

Alors qui c'est, louYse ? Voici ce qu'en a écrit une journaliste.

Dès son plus jeune âge, Louyse LARIE baigne dans une atmosphère artistique assez colorée, puisque plusieurs peintres de renom font partie du cercle des intimes de la famille.

Modèle à l'âge de six  ans d'un  peintre à la notoriété internationale, Adèle Emery, la petite Montpelliéraine évolue gaiement dans cet atelier, et bénéficiant de l'enseignement de l'artiste, se laisse alors à commettre  dessins et peintures, activité qu'elle ne cessera d'exercer tout au long de sa jeunesse.

Après des études relativement paisibles, elle se lance  dans une carrière d'Éducatrice spécialisée, entre autres.

À côté de cette activité très prenante, Louyse participe avec beaucoup d'avidité à un atelier d'art  pendant six ans.

Après être passée de l'huile au pastel, Louyse utilise aujourd'hui principalement l'aquarelle, une technique grâce à laquelle le peintre montpelliérain peut donner libre cours à son imagination, à ses rêveries bucoliques et à son esprit fantaisiste.

Louyse s'approprie la technique à sa manière, hors du commun.

Elle fait  aussi  du dessin académique qu'elle retranscrit à partir de modèles vivants.

« Mon tempérament de nature indépendante et passionnée m'entraîne dans un univers qui tout à la fois me caractérise et me sied », reconnait volontiers Louyse LARIE.

« À partir d'observations de la vie quotidienne, j'emmagasine un certain nombre de clichés.

Dans la solitude de l'atelier, je puise ensuite dans ma mémoire le coup de foudre ou tout au moins l'émotion forte ».

Son œuvre est intimiste, chaleureuse, pleine d'une poésie aux couleurs voluptueuses, énigmatique parfois jusqu'à l'insolence, mais elle se nourrit aussi, d'autres fois, de mysticisme tendre et d'onirisme fruité.

« J'accorde une grande importance à l'atmosphère, j'aime donner la vie aux objets prétendus paradoxalement, "Nature morte". C'est un plaisir extraordinaire de jouer avec les formes et les couleurs ».

 Et dans ce domaine, justement, Louyse, ne se prive pas. Édouard Manet disait : « Le salon est un vrai terrain de lutte, c'est là qu'il faut se mesurer  ! » 

Louyse n'hésite pas, quant à elle, à rajouter, peut-être pour corroborer ces célestes propos : « Je suis convaincue, en effet, que c'est énormément stimulant d'exposer, cela permet de partager une passion commune et d'évoluer en conséquence ».

 Louyse sculpte  aussi la pierre chez elle et travaille l'argile.

L'artiste ne se contente pas de jouer avec la saveur de la couleur et la matière ; elle écrit des poèmes depuis sa tendre enfance.  

Vous aimeriez en savoir plus ? Je vous convie à aller la voir sur son blog : 

LE PINCEAU ET LE MOT À LA MANIÈRE DE LOUYSE

photo

Tableau de Louyse Larie. 


Mais c'est de mon cadeau que je voudrais vous parler aujourd'hui. De mes étrennes. Des étrennes de louYse. Figurez-vous qu'elle m'a envoyé un poème, ce poème précisément. 

 

Et si bonnes gens, que nous sommes, lui contaient !

À BYrd, sur le chemin de Déraisons et Rimes 2012,
 

Je le dénomme BYrd !
Vrai et faux oiseau, plus souvent écorché,
Ni sans ailes de plumes,
Ni sans la fine plume, pour Elles !
Ne peut être pour Elles, envers et contre voûte,
Que le fidèle complice, sans aucun doute !
Si tant est que, choisies et adulées,
Restent-elles, somme toute,
Toutes, en son âme !

Que l'on se rassure !
N'est pas de mauvais augure,
Celui, parfois, décrié ou chassé, aux ruses !
Celui dont il arrive, parfois, qu'eau pure
Ne ruisselle plus en son parler, qu'eau dure
Dût-il tourner le  dos aux cruches
Celles, à vrai dire, plus vides
Que celles pleines, y compris, celles augustes !

N'use plus que ce qu'il n'abuse,
Celui dont liberté, de nature,
Voler aux tréfonds de la dérangeante pensée
Peut plaire, ainsi aux buses,
Quand bien même langage serait dépassé !

Si l'on s'attarde, et j'en viens
Allègrement, comme il convient,
Synthèse personnalisée, ô grand bonheur nous revient !
C'est pourquoi, au gré de fantaisistes virgules,
Quelques touches, publiques en la matière, s'imposent !
En ce précieux instant, j'ose
Espérer, sur ce lieu, en être l'émule
Au point de cultiver l'envie de découvrir, à l'effet, à la cause,
Ci-dessous, couleurs de texte, au conciliabule,
Afin que textes de couleurs et saveurs de prose,
À son endroit, dès lors, s'accumulent ! 

Rendons à BYrd,
Son insolite et incontestable présence,
Fût-elle, quelquefois contestée, sur un goût de goujaterie !
Sa plume alerte a œuvré, non sans aisance, 
Non sans générosité,
Non sans pugnacité,
D'une vigoureuse et subtile facture,
Au profit de chacun des gribouilleurs
Que nous sommes, en l'absence de caricatures,
Égarés  sur ce chemin de rimailleurs ! 

Tandis que sempiternelle, la rime, ailleurs,
Demeure à conquérir, au demeurant !
Devrait-elle se réinscrire, l'an à venir,
Sans ombre ni frilosité,
Pour un avenir encore plus odorant et plus prometteur !

 

Bien amicalement,                              

louYse LARIE                                 

 


Merci, très chère louYse, pour ce poème vrai, sincère et — ce qui me plaît — que la basse flagornerie n'alourdit pas. C'est vrai que parfois, souvent peut-être, je suis comme vous dites et que je puis me montrer infréquentable. Mais vous verrez qu'un jour certains bourgeois bien « assis », selon le mot de Rimbaud, les mêmes qui ont célébré les lavallois célèbres — Ambroise Paré, le douanier Rousseau, Alfred Jarry — verseront une petite larme sur ma dépouille, les mêmes qui ne m'inviteront jamais de mon vivant, à cause de tout ce que vous dénoncez gentiment et d'autres choses encore. C'est que, comme je disais à une journaliste locale, qui aurait voulu me faire partager la liesse ubuesque de la droite municipale : 

« Les mêmes qui aujourd'hui célèbrent la mémoire de Jarry n'auraient jamais voulu l'inviter à déjeuner ».

 

Entre nous, ça m'arrange. D'une part, je n'aurais jamais sa réputation et d'autre part, je suis un tantinet sauvage.

Merci pour ce beau cadeau, Ma louYse

BYrd 
 

Publié dans culture humaniste

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