Le voyage de Villemomble à Jérusalem (IV)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

ou le pèlerinage de Mauricette en Terre Sainte

 

De Bethléem à Nazareth

 

Article dédié à Marco Afina

 

 

Mon récit est lent. Certes ! Mais le chemin est long qui mène de Seine-Saint-Denis à la Résurrection. Peut-on prétendre en quelques lignes donner un aperçu de l'histoire de l'humanité souffrante ? Car, à bien y réfléchir, telle pourrait être le sens du pèlerinage, plus sa destination que sa signification : trouver par-delà les affres d'une humble existence de quoi alimenter l'espérance en l'éternité par un retour aux sources de notre foi. Dieu est Amour ! Nous ne le savions pas avant la naissance du Christ ; de grands saints nous l'ont redit depuis avec patience et ténacité. Parce qu'il est Amour, il lui arrive parfois de nous permettre d'entrevoir notre futur séjour près de lui. Mais il faut souvent toute une vie pour apprendre à reconnaître cette présence de Dieu en certains lieux privilégiés qu'on qualifie de "saints". Toute une vie, donc plus long qu'un court paragraphe vite lu dont il ne restera rien.

 

Pour me faire pardonner ce magnifique passage sur le prophète Elie :

 

 

 

Élie se leva et partit pour sauver sa vie ; il arriva à Béer-Shéva qui appartient à Juda et y laissa son serviteur.

Lui-même s’en alla au désert, à une journée de marche. Y étant parvenu, il s’assit sous un genêt isolé. Il demanda la mort et dit : « Je n’en peux plus ! Maintenant, SEIGNEUR, prends ma vie, car je ne vaux pas mieux que mes pères. » Puis il se coucha et s’endormit sous un genêt isolé. Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit : « Lève-toi et mange ! »

Il regarda : à son chevet, il y avait une galette cuite sur des pierres chauffées, et une cruche d’eau ; il mangea, il but, puis se recoucha. L’ange du SEIGNEUR revint, le toucha et dit : « Lève-toi et mange, car autrement le chemin serait trop long pour toi. » Élie se leva, il mangea et but puis, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb.

Il arriva là, à la caverne, et y passa la nuit. - La parole du SEIGNEUR lui fut adressée : « Pourquoi es-tu ici, Élie ? » Il répondit : « Je suis passionné pour le SEIGNEUR, le Dieu des puissances : les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont démoli tes autels et tué tes prophètes par l’épée ; je suis resté moi seul, et l’on cherche à m’enlever la vie. »

 

Le SEIGNEUR dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne, devant le SEIGNEUR ; voici, le SEIGNEUR va passer. » Il y eut devant le SEIGNEUR un vent fort et puissant qui érodait les montagnes et fracassait les rochers ; le SEIGNEUR n’était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre ; le SEIGNEUR n’était pas dans le tremblement de terre.

Après le tremblement de terre, il y eut un feu ; le SEIGNEUR n’était pas dans le feu. Et après le feu le bruissement d’un souffle ténu.

 Alors, en l’entendant, Élie se voila le visage avec son manteau ; il sortit et se tint à l’entrée de la caverne.

 

 

Le Mont Carmel

 

 

Elle est belle, mais un peu curieuse, l’histoire du Mont-Carmel. L’Eglise catholique permet d’ailleurs qu’on émette un doute sur la version « officielle ». 


Le Mont Carmel domine la baie d’Haïfa. La légende est inscrite dans les lieux mêmes.


 

 

Un premier site, peu fréquenté par les pèlerins, est constitué d’un amas de ruines, de superficie modeste, caché dans le lit d’un torrent que les Arabes nomment le « torrent des pèlerins ». Son nom viendrait des Chrétiens qui s’y rendaient en pèlerinage avant même les premières croisades. À l’entrée, on peut se désaltérer à une source qui depuis l’époque byzantine (vers le Ve siècle) porte le nom de « source d’Élie ». À gauche, sur le versant nord, le regard est attiré par une grotte à deux étages que l’on appelle « Grotte d’Élie et habitation d’Élisée ». Au sud, quelques cavités sont connues sous le nom de « grottes des fils des prophètes ».


 

Une légende – certains diront « la Tradition » ; d’autres, « la vérité historique » – veut que les lieux aient été occupés depuis très longtemps par des ermites, désireux de vivre comme les premiers grands prophètes Élie, Élisée et leurs disciples, d’où leur surnom de « fils des prophètes ». Jusque là, rien de véritablement étonnant ; mais certains vont jusqu’à faire d’Élie, le fondateur de l’ordre marial du Carmel.  Au VIe siècle, un pèlerin italien a même prétendu avoir reconnu dans le site le « monastère de Saint Élisée ». Comment peut-il se faire que le Prophète Élie soit à l’origine d’un Ordre consacré à la Vierge Marie, qui naîtra des siècles après sa mort ? On rétorque qu’il était prophète ; on parle d’une apparition. Peu importe ! Ni sainte Thérèse d’Avila, ni sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, toutes deux carmélites, n’auraient osé douter. Aujourd’hui, une Église plus savante nous le permet.

 

 

 

Indubitable, en revanche, est l’installation définitive de pèlerins, originaires d’occident, dans les lieux dits « élianiques ». Ils s’installèrent dans les grottes jadis occupées par les moines byzantins. Ces « Frères ermites du Mont Carmel » sont les tout premiers représentants de l’Ordre des Carmes. Selon la Règle de l’Ordre, ils se réunissaient chaque matin dans une église consacrée à la Vierge. Leur dévotion devint si forte qu’on les appela très vite les « Frères ermites de Notre-Dame du Mont Carmel », un ordre contemplatif essentiellement marial. Leur vie était faite d’austérité, de solitude, de prière et de méditation, de fraternité et de prière, mais aussi de travaux manuels qui leur permettaient de subsister.


Au bout de plusieurs années, ils éprouvèrent le besoin d’être reconnus officiellement par le « Patriarche de Jérusalem », Albert Avogadro d’Italie, qui résidait alors en Acre, tout proche du Mont Carmel. Il appartenait à l’Ordre de saint Augustin. Vers 1209, les ermites du Mont Carmel lui imposent leur « Règle » qu’il approuve. En 1247, ils demandèrent une modification très importante : ils pourront désormais vivre à l’intérieur des villes. C’est cette « Règle primitive » de 1247 que connaîtra Thérèse d’Avila avant de réformer l’Ordre.

 


 

 

Puis les Frères quittèrent le Mont Carmel pour l’Europe, d’abord en 1240, puis en 1291. Le Mont Carmel, situé au bord de la Méditerranée, se trouvait à proximité de Saint-Jean d’Acre, la capitale effective du Royaume latin. Les frontières orientales du Royaume étaient mal défendues ce qui explique ce double exode.

 

 

Saint-Jean d'Acre

 

 

Donc, la capitale du Royaume de Jérusalem était Acre (עַכּוֹ  , عكّا  , Saint-Jean-d’Acre) située à 152 km de Jérusalem.

Cette ville galiléenne connaît une présence humaine continue depuis 1500 av. J.-C., depuis le règne du pharaon Thoutmosis III. Elle est citée dans le Livre des Juges, dans le Nouveau testament et dans les Actes des apôtres.

 

Fort de St Jean d'Acre 

D’abord dominée par les Assyriens, elle est conquise par Alexandre le Grand puis par Ptolémée. Conquise en 638 par les Arabes, elle est libérée par Baudoin Ier et ses croisés, le 26 mai 1104. Reprise par le grand Saladin, le 9 juillet 1187, elle est reconquise par le roi Richard Cœur-de-Lion en juillet 1191. À la suite des Carmes du Mont Carmel s'installent les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. La ville devient Saint-Jean-d'Acre, grand centre intellectuel chrétien et juif. En 1291, la ville est prise par les mamelouks.

 

forteresse St Jean d'Acre

Au moment de son apogée, le Royaume de Jérusalem édifiera de nombreuses églises dans la ville. Les ordres monastiques conserveront dans leurs bibliothèques des manuscrits enluminés.

Beaucoup plus tard, le 20 mai 1799, commence le siège de Saint-Jean-d'Acre. Les Turcs assiégés sont commandés par Djezzar Pacha ; les assiégeants anglais par l'amiral Smith. Le siège, mené par les Français, échouera.

 

Piliers de St Jean d'Acre

La fameuse citadelle de Saint-Jean d’Acre est connue pour avoir été un centre de détention britannique avant la création de l'État hébreu.

 

Il me semble ne rien avoir oublié d’essentiel. Si tel est le cas, soyez assez simples pour l’écrire en commentaires. Merci.

 

A bientôt, mes amis,

 

Bernard Bonnejean

Publié dans religion et culture

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clovis simard 28/02/2011 12:34


Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-6: ÉLIE QUANTIQUE !

LE PROPHÈTE ÉLIE DANS UN TOURBILLON QUANTIQUE ?

Cordialement

Clovis Simard


Bernard Bonnejean 15/03/2011 03:32



Cher Clovis,


Vous me voyez ravi et flatté d'avoir été cru assez influent pour vous servir de panneau publicitaire. Soyez certain que tous mes lecteurs ont pris grand intérêt à votre première invitation, la
seule que j'accepterai n'ayant pas l'intention de servir de promoteur de blogs. Merci pour votre compréhension. 


 


Bien amicalement, 


Bernard Bonnejean



christian 27/04/2010 21:40



Bernard


Ce n'est point Aline , donc pas ma fille pour la poésie


L' énigme est à résoudre


bonne soirée


Christian


 



christian bonnejean 26/04/2010 19:44



bonjour Bernard


Un petrit bonjour de ton neveux , bravo pour le récit du périple de Mauricette en terre sainte !


Christian


 


 



Bernard Bonnejean 27/04/2010 00:38



Salut mon neveu,


C'est sûr que ça a dû la changer de son béton banlieue-est !!


Bien content que tu viennes jusques ici. J'ai une invitation sur facebook à participer à un concours de poésie. Une certaine Aline. Ce ne serait pas ta fille par hasard ? Tu te renseignes avant
de me dire "non".


Pour en revenir au pèlerinage de Villemomble en Terre Sainte, j'ai peur de rater le meilleur : Jérusalem, sujet éminemment délicat à traiter. Pense à moi.


Ton tonton et votre grand tonton,


Bernard