Immigrés : devoirs de l'Europe

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Immigration : L’attitude de l’UE suscite
l’indignation au Vatican


« L’Europe a perdu son esprit de profonde solidarité »


« Immigration : L'attitude de l'UE suscite l'indignation au Vatican », a titré Radio Vatican, qui rend compte dans cette dépêche de la position exprimée par le cardinal secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone pour qui « l'Europe a perdu son esprit de profonde solidarité ».

 

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« Le Secrétaire d'État du Saint-Siège est profondément déçu par l'attitude de l'Union européenne face à l'afflux massif d'immigrés venus d'Afrique du Nord.

« En marge d'un congrès à Rome, le cardinal Tarcisio Bertone a estimé que les pères fondateurs de l'Europe seraient les premiers à être déçus car l'Europe a perdu son esprit de profonde solidarité.

« Réunis le 11 avril à Luxembourg, les ministres de l'intérieur de l'UE ont exhorté l'Italie à renvoyer chez eux les migrants récemment arrivés sur son territoire pour des raisons économiques.

« Tout en accueillant l'appel du président italien Giorgio Napolitano à ne pas dramatiser la confrontation entre l'Italie et l'Europe, un appel qui s'efforce de remettre de l'ordre, de reconstruire, de ressouder la confiance dans l'Europe, le cardinal Bertone a estimé que l'UE ne pouvait abandonner l'Italie.

 

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« Il a évoqué la situation de l'Afrique que l'on a exploitée et à laquelle on tourne le dos. Il faut, selon le Secrétaire d'État, élever la voix pour que cette Europe retrouve son âme, une âme de grande solidarité et de générosité à l'égard des populations qui sont dans le besoin.

« Si l'Italie maintient sa décision de délivrer des permis de séjour temporaires aux immigrés, plusieurs pays ont menacé de rétablir des contrôles à leurs frontières. Le cardinal Paul Poupard, ancien président du Conseil pontifical pour la culture et pour le dialogue interreligieux s'est dit lui aussi bouleversé et indigné par l'attitude de l'Union européenne.

 

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« On ne peut pas rester indifférent face à ce qui se passe à quelques kilomètres de la très riche Europe - a-t-il commenté dans les colonnes d'un quotidien italien - la tragédie qui se déroule en Méditerranée interpelle les consciences surtout celles des plus riches.

« Aux côtés des migrants économiques tunisiens arrivent également des réfugiés érythréens, soudanais et éthiopiens qui fuient la guerre en Libye. De passage en Europe, l'évêque d'Asmara a affirmé que leur situation était dramatique. Beaucoup sont morts noyés au cours des dernières semaines. »

 

ROME, Jeudi 14 avril 2011 (ZENIT.org

 

 



 

 

 

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« On peut rattacher le système [d'expansion coloniale] à trois ordres d’idées : à des idées économiques, à des idées de civilisation… à des idées d’ordre politique et patriotique. 

Ce qui manque à notre grande industrie… ce qui lui manque le plus, ce sont les débouchés… La concurrence, la loi de l’offre et de la demande, la liberté des échanges, l’influence des spéculations, tout cela rayonne dans un cercle qui s’étend jusqu’aux extrémités du monde… Or, ce programme est intimement lié à la politique coloniale… Il faut chercher des débouchés. 

Il y a un second point que je dois aborder… : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question… Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu’il y a pour elles un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. 

Il n’y a pas de compensation pour les désastres que nous avons subis… Mais est-ce que le recueillement qui s’impose aux nations éprouvées par de grands malheurs doit se résoudre en abdication ?… je dis que la politique coloniale de la France s’est inspirée d’une vérité sur laquelle il faut rappeler votre attention : à savoir qu’une marine comme la nôtre ne peut se passer, sur la surface des mers, d’abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement. 

Rayonner sans agir, en regardant comme un piège, comme une aventure toute expansion vers l’Afrique ou vers l’Orient, vivre de cette sorte pour une grande nation, c’est abdiquer. »

Jules FERRY, Discours du 28 juillet 1885 

 

 

Publié dans vie en société

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