Hitler, fervent catholique...

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Pour compléter le débat

 

sur la laïcité 

     

 

 

Avant-propos

 

 

N

 

 'ayez crainte, ce ne sera pas long ! Je ne veux pas abuser de votre patience, vous qui vous êtes déplacés exprès pour le spectacle. 

 

 

L’actuel responsable de l'UMP, qui, à mon avis, ne devrait pas le rester longtemps, a eu l'heureuse idée de lancer un débat, attendu par une petite partie de son électorat qui risquait de filer chez Marine, sur la laïcité. Il y a gagné une notoriété bien méritée, lui l'obscur, le sans-grade qui, tout à coup, a été capable de semer la zizanie au sein de son propre parti.

 

Cependant, il serait bien injuste de ne retenir que les remous amis provoqués par son initiative.

 

Le fait est que monsieur François Copé a réussi, sans même le vouloir, à provoquer la dissension au sein même de ses adversaires politiques.

 

Certes, l'on sait ce que la République doit à la gauche dans ce domaine. À ceci près que ce qu'on veut faire de la laïcité aujourd'hui n'a vraiment pas grand chose de commun avec ce que les « pères fondateurs » voulaient instaurer : la paix sociale grâce à la liberté de conscience défendue par un État indépendant. Quand la « laïcité » aiguise les haines et favorise la ségrégation, on est loin des exigences d'un des catholiques libéraux les plus laïcs qui aient été, Montalembert, qui prononça ce discours célèbre de Malines en 1863 : 

« Peut-on aujourd'hui demander la liberté pour la vérité, c'est-à-dire pour soi (car chacun, s'il est de bonne foi, se croit dans le vrai), et la refuser à l'erreur, c'est-à-dire à ceux qui ne pensent pas comme nous ? — Je réponds nettement : non... Je le déclare donc, j'éprouve une invincible horreur pour tous les supplices et toutes les violences faites à l'humanité sous prétexte de servir ou de défendre la religion. Les bûchers allumés par une main catholique me font autant d'horreur que les échafauds où les protestants ont immolé tant de martyrs. Le bâillon enfoncé dans la bouche de quiconque parle avec un cœur pur pour prêcher sa foi, je le sens entre mes propres lèvres, et j'en frémis de douleur. Quand j'évoque par la pensée les glorieux martyrs de la liberté des consciences catholiques, je ne veux pas que le bienheureux privilège, que la sainte joie de pouvoir admirer, invoquer de tels martyrs, soit jamais troublée ou ternie par la nécessité d'approuver ou d'excuser d'autres supplices et d'autres crimes, si enfouis qu'ils soient dans la nuit sanglante du passé. L'inquisiteur espagnol disant à l'hérétique : la vérité ou la mort ! m'est aussi odieux que le terroriste français disant à mon grand-père : la liberté, la fraternité ou la mort ! La conscience humaine a le droit d'exiger qu'on ne lui pose plus jamais ces hideuses alternatives ».

Aujourd'hui ce discours a-t-il encore un sens ? On ne défend plus la liberté de conscience contre l'État ; on défend l'État contre la liberté de conscience. Et qui dit « défendre » dit « attaquer ». 

Parmi ces attaques, l'une d'elles m'a fait, pour reprendre les termes de Montalembert, « éprouver une invincible horreur » : Hitler était catholique ; Hitler était nazi ; les catholiques étaient/sont nazis. Parfait syllogisme, inattaquable ! Alors, n'y tenant plus d'indignation et de peine — c'est une amie qui m'a sorti cet « argument » — j'ai cherché et, à défaut d'extraits de Mein Kampf que je me refuse à citer, j'ai trouvé ça, sur Internet, à une adresse que je ne vous donnerai pas. Je vous livre ces images, à l'état brut, sans commentaires ni légendes, pour éviter toute accusation de négationnisme ou de révisionnisme :

 

20hitlercatholicchurch.jpg  22hitlerwithnun.jpg  11saricnazipavelic.jpg
 13nunspavelic.jpg  17spanishheiarchynazis.jpg  21hitlercardinal--1-.jpg
 6nuncionazis.jpg  10pavelicmonks.jpg  16AIZmag1934.jpg
 3stepinacnuncioc.jpg  25priestsalutehitler.jpg  8stepinacnazipavelic.jpg
 4clergysalutinghitler.jpg  5naziclergy.jpg  15hitlercatholicnuncio.jpg
 29tisohitler.jpg  18hitlercatholicnuncio.jpg  12hitlerpavelic.jpg
24faulhabernazis.jpg   14bishopmullernazis.jpg  23nazibrownshirtschurch--1-.jpg
 2freidrichcoch.jpg  27CardnalBertram.jpg  19hitlerwithmuller.jpg
 9stepinacustashi.jpg  7nazisnuns.jpg  1bishopludwig.jpg

  

 

Ah ! Un dernier cadeau : celle-là est commentée :

 

 

30hitlergovernment.jpg

 

Qu'est-ce que ça prouve ? Qu'il y eut des catholiques nazis ! 

Et cette vidéo-là, qu'est-ce qu'elle prouve ? 

 

 


Qu'il y a eu au moins une exception ! 

Vive Dieu ! Vive Adonaï ! Vive Allah ! Vive la République française, une et indivisible !

 

Bernard Bonnejean

 


Publié dans culture humaniste

Commenter cet article

Sylvère 09/04/2011 07:44


Je suis désolé, mais le titre persistant me dérange trop. Je ne répondrai plus tant que tu le maintiendras.


Bernard Bonnejean 09/04/2011 15:52



Ce titre n'est pas mon titre. C'est l'argument principal des anticatholiques contemporains. Se cacher la tête dans le sable n'est pas mon genre. 



Sylvère 08/04/2011 15:22


La plus grande fureur que je ressens, c'est lorsque je constate la misère et le désespoir que toutes ces mesures qui nous tombent dessus presque chaque jour produisent sur des innocents.


Bernard Bonnejean 09/04/2011 01:32



Oui, Sylvère ! C'est pour ça que nous n'avons pas le droit de nous taire. Même si ça dérange ! On peut ne pas être d'accord entre nous, mais il nous faut savoir nous unir contre nos ennemis
communs !!



Sylvère 08/04/2011 15:19


Je maintiens que les faits peuvent être interprêtés, reliés entre eux, médités et notre vision à leur sujet révise en permanence à la lumière de ce qu'on croit avoir compris aujourd'hui. L'appel au
meurtre te semble un crime aboùminable aujourd'hui. Personnellement, j'ai bien des envies d'appel au meurtre quand j'assiste à ces destructions systèmatiques de nos institutions, de nos acquis, de
notre république, de tout ce qui faisait notre particularité, notre génie collectif. Je me dis parfois que si on pendait de temps en temps une de ces crapules si pacifiques de banquiers
spéculateurs, les autres se tiendraioent tranquilles. Alors je comprends parfaitement, ce fils d'aristocrate réduit à la misère et à la faim dans un monde de crapules vaniteuses et racistes qui se
moquaient des lois. C'est comme ça qu'on fabrique des révoltés, des enragés. Pour juger leurs actes les plus abominables, il faut parfois essayer de comprendre dans quel monde on les a fait
survivre. Mais c'est à un chrétien que je parle...


Bernard Bonnejean 09/04/2011 01:31



C'est à un catholique pratiquant, Sylvère, qui s'est juré de se faire le défenseur des droits de l'homme bien avant sa conversion tardive. En outre, un catholique un peu anarchiste qui ne
comprend pas grand chose à l'ordre établi et à l'esprit de système... Mais laissons ça de côté, s'il vous plaît. J'ai assez choqué certaines personnes comme ça ! 


C'est vrai que moi aussi je comprends le crime politique. Que l'on ne nous jette pas la pierre, puisqu'on exige de nous de comprendre le crime pour raison d'Etat ! Mais il faut bien en convenir :
gouverner c'est établir un ordre par un pouvoir conféré ou pris. Le problème est de se maintenir et là, je crains que tous les moyens ne soient bons...  A commencer par l'utilisation de
bénis-oui-oui et de petites frappes aux ordres. Un dictateur, fût-il le très bourgeois et très aristocratique Robespierre, ne se maintient que par le mensonge et le meurtre organisé. Il a besoin
des Hébert, des Carrier, des tricoteuses, des sadiques latents qui ne se réveillent que dans les moments où la raison d'Etat, précisément, leur recommande des pratiques monstrueuses qu'elle leur
interdit en temps de paix.  



Bernard Bonnejean 08/04/2011 10:27


NON ! Chacun, en matière d'histoire, ne doit pas voir midi à sa porte !! Le citoyen Hébert était fils d'un orfèvre alençonnais et d'une mère aristocrate : rien d'un fils du pauvre peuple malheureux
! Le citoyen Hébert fut terroriste, au sens historique du terme, comme Ben Laden et ses sbires le sont aujourd'hui. Ni les jacqueries ni le soutien au peuple ne sauraient justifier ces appels
incessants et crapuleux du Père Duchesne au meurtre, qui se sont traduits notamment par les massacres de septembre. Trouvez-vous de la même façon des excuses ou des justifications aux "baignades"
dans la Loire organisées par le monstre Carrier à Nantes.

Oui, l'appel au meurtre, surtout collectif, est un crime abominable et une lâcheté. Oui, je soutiens mordicus que c'est du même ordre que ce que les "notables" nazis ont avancé pour leur défense à
Nuremberg : "On ne pouvait pas faire autrement. C'était l'époque et les ordres. Si on ne l'avait pas fait nous aurions nous-mêmes été condamnés etc."

Mais j'avoue que votre dernière intervention me satisfait pleinement. Le titre "Hitler, fervent catholique" est particulièrement ignoble, n'est-ce pas !!! Telle était mon intention. Voilà ce qu'on
entend aujourd'hui sur la place publique et laïque de France !!! Sarkozy et Copé ont réussi cette prouesse de monter les citoyens les uns contre les autres. Lisez bien mon explication. Tout est
parti d'une réflexion d'une amie athée qui m'a profondément choqué.

Si vous êtes écoeuré par l'obscénité du titre, j'aurai au moins gagné ça ! Merci, Sylvère, pour votre écoeurement.


Sylvère 08/04/2011 06:52


Le titre "Hitler, fervent catholique" me choque beaucoup. J'ai été catholique, j'ai même passé trois ans dans un petit séminaire et j'ai toujours un peu de mal à voir même ce nom comme titre et qui
revient sans arrêt. Je trouve quelquechose d'obscène à cette association. Pourtant, je suis athée, aujourd'hui.


Sylvère 08/04/2011 06:47


Chacun voit midi à sa porte. Etant donnée la sauvagerie de l'époque, le comportement d'Hébert ne me choque pas pour quelqu'un de son niveau économique et culturel.
Quant à ce que tu appelles "l'excuse" et qui serait identique à celle qui était censée disculper les nazis, je ne la saisis pas. On dit que rien ne prouve sa participation. Est-ce donc une excuse ?
Les nazis prétendaient exécuter les ordres, je crois.
Par contre, ce qui m'intéresse beaucoup ce sont les allégations à propos des activités d'espions pour le compte des anglais. J'ai toujours pensé que le roi d'Angleterre, qui se prétendait toujours
roi de France et avait dû venir à Versailles pour signer l'indépendance des Etats Unis, avait fait le nécessaire dans le but d'exterminer les Bourbons.


Sylvère 07/04/2011 23:40


Il y avait aussi une commune de Paris en 1793. Quant à la "crapule d'enragé", je ne suis pas sûr de te suivre. La violence que cette société faisait subir aux plus modestes ne pouvait que ressortir
en rage. Les assauts de châteaux pendant les jacqueries donnaient lieu a des actes de barbarie sans nom, pour les mêmes raisons. La république se propose justement de gèrer les conflits pour
organiser la paix sociale.


Bernard Bonnejean 08/04/2011 02:03



Exact pour la commune de Paris. Mais, de la façon dont est tournée la phrase, on se rend compte que maire de Paris eût suffi à dire la même chose, alors qu'en 1871 la Commune était loin de
représenter tout Paris. Peu importe ! 


Je vous recommande, Sylvère, l'excellente page de wikipedia consacrée à Hébert. Elle n'est pas neutre, mais l'histoire ne peut être neutre. Mais ne remuons pas le couteau dans la plaie et ne
rouvrons pas ce débat sur la neutralité laïque... Voici l'adresse de la page http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques-Ren%C3%A9_H%C3%A9bert


Juste une petite critique sur un seul passage. Je cite :


"A la veille du 10 août, la chute de la royauté est déjà acquise pour Hébert et il appelle au massacre des
ennemis de la Révolution :




« Que les premières attaques sur les frontières vous servent de signal. Tombez tous au même instant sur tous les calotins perturbateurs, sur les aristocrates, sur les faux patriotes, sur
les ministériels, sur les Feuillants, foutez-moi à l’ombre tous ces jean-foutre-là, et sur une forêt de piques élevées en l’air, promenez toutes les têtes de ces scélérats14. »




On ne connaît pas précisément le rôle d’Hébert le 10 août. Délégué par sa section à l’Hôtel de Ville pour « sauver la patrie », il se retrouve au Conseil général de
la nouvelle Commune dite « insurrectionnelle » qui se réunit en permanence comme une assemblée
nationale. Une des premières mesures de celui-ci est la suppression des juges de paix et le transfert de leurs fonctions aux assemblées sectionnaires. Le juge Buob est envoyé à la prison de l’Abbaye. Il sera massacré le 4 septembre suivant. Quel rôle a joué Hébert dans
les massacres de septembre ? Incontestablement les appels au meurtre répétés de son journal (comme
de celui de Marat) ont contribué à créer le climat propice à ces massacres et expliquent l’absence de surprise, l’indifférence ou la satisfaction des milieux populaires à ces scènes d’horreur.
Mais on ne peut lui imputer qu’une responsabilité morale, aucun témoignage ne permet d’établir sa participation personnelle à ces évènements."


Un simple commentaire : l'argument employé ici pour disculper, un peu vite à mon avis, le citoyen Hébert, est à peu de chose près l'argument utilisé par les nazis lors du procès de
Nuremberg. 


Fraternellement,


Bernard Bonnejean, fils et petit fils de compagnons et de maçons (dit-on) maréchauds-ferrants, fermement attachés aux valeurs républicaines (et par conséquent, bourgeoises). 



Sylvère 07/04/2011 16:09


En effet. Wikipèdia n'est pas infaillible.
Par moment je le trouve partial lorsqu'il caractérise comme "communiste" le dispositif de la sécurité sociale.
Il y a eu aussi une commune de Paris en 1848, Marx en parle. Je ne suis pas universitaire et je ne prends jamais la précaution de noter mes sources. Je n'ai pas de thèse à faire. Je ne me souviens
plus où j'ai appris ce détail des Francs-Maçons imposant le troisième terme à la devise républicaine. Mais je mettrais en doute la version Wiki.
"L'égalite ou la mort" était un mot d'ordre courant du feu de la révolution.


Bernard Bonnejean 07/04/2011 23:29



Il est certain, Sylvère, qu'il y a eu une commune de Paris en 1848.


Mais là, il est question de 1793. Du régime de la Terreur. Dire que Jean-Nicolas Pache fut "maire de la commune de Paris" n'est pas seulement un anachronisme, à mon avis. Les intentions du
rédacteur ne me semblent pas très pures, concernant une crapule terroriste du parti des enragés, dont même Robespierre avait peur. Je vais de ce pas corriger l'erreur sur wikipedia, comme j'en ai
le droit : je vous fiche mon billet que je serai attaqué pour cette raison. 


Cependant il faut admettre que les inscriptions républicaines ornant les frontons des bâtiments publics de Paris sont bien de son fait. 



Sylvère Labis 07/04/2011 12:28


Ce n'était pas "La liberté et la fraternité ou la mort", ce qui serait à la fois absurde et anachronique, mais "La liberté et l'égalité ou la mort !" La fraternité" n'a été ajoutée à la devise de
la république qu'en 1848 sous l'impulsion des Francs-Maçons. Du moins, je crois...


Bernard Bonnejean 07/04/2011 12:53



Erreur de touche. Je recommence mon explication.


Il est possible que vous ayez raison, auquel cas Montalembert aurait tort.


Permettez-moi de vous reporter à la lecture de l'ouvrage suivant :


Sophie Wahnich, La Liberté ou la Mort. Essai sur la Terreur et le terrorisme, Paris, Éditions de la
Fabrique, 2003.


A voir quand même ceci : "Jean-Nicolas Pache (maire de la commune de Paris), fait peindre sur les murs, le 21 juin 1793, la formule : La République une et indivisible - Liberté, Egalité, Fraternité ou la mort.. La devise est progressivement
abandonnée avec la fin de la Révolution, le serment de haine aux monarchistes et aux « anarchistes » étant notamment préconisé par le Directoire de l'an V à l'an VII, en lieu et place du serment de fraternité6. in wikipedia qui est le même à nous dire que les maçons auraient fait ajouter la
"Fraternité" à la devise de la République en 1848.


Tout cela est fort curieux ! Quel âge avait donc Pache en 1793 ? Et en 1871, s'il était maire
de ce qu'il est convenu d'appeler "la Commune de Paris" ???