Gemma Galgani (VII)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

La petite perle de Lucques

 

Résumé des précédents chapitres


1878 : Naissance le 12 mars à Camigliano, près de Lucques.

1885 : Gemma reçoit le 26 mai le sacrement de confirmation. Elle a sept ans.

 

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1887 : Elle fait sa première communion le 19 juin, fête du Sacré-Cœur de Jésus.

1889 : Elle se distingue dans un amour sans borne pour les pauvres de la ville. A l'âge de 11 ans, elle reçoit une grande grâce intérieure : elle renonce à se soucier de ses vêtements et de son apparence extérieure.

1891 : A l'école des Zitines (où elle est depuis 1887), sa maîtresse, voyant son grand désir de connaître la Passion, lui en faisait méditer tous les jours un point.

1894 : Mort de son frère Gino à l'âge de 17 ans. Elle en conçut un immense chagrin.

1896 : Nouvelles faveurs surnaturelles. Elle voit pour la première fois son ange gardien, qui lui demande un plus grand dépouillement de sa coquetterie, afin de devenir " l'épouse d'un Roi Crucifié ". Jésus lui fait comprendre fortement qu'elle doit devenir religieuse.

1897 : Mort de son père. La famille se retrouve alors dans la misère noire. Gemma vit quelques mois chez une tante à Camaiore, mais revient à Lucques pour fuir les prétendants.

1898-1899 : Gemma est atteinte d'une maladie mortelle. St Gabriel de l'Addolorata lui apparaît pour la première fois. Tout le reste de sa vie elle aura un amour irrésistible pour ce saint.

3 mars 1899 : Guérison miraculeuse de Gemma par l'intercession de ste Marguerite-Marie Alacoque. St Gabriel lui apparaît chaque soir et prie avec elle. Commence alors pour elle une vie amoureuse quotidienne avec Jésus, et une familiarité surnaturelle avec les saints.

 

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Jeudi 8 juin 1899 : Gemma reçoit la grâce des stigmates. Elle les reçoit le soir, c'est-à-dire à la vigile de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, qui se célébrait le lendemain.

25 juin-9 juillet 1899 : Mission des passionistes à Lucques. Elle reconnaît l'habit de st Gabriel. Jésus lui confie : " L'un de ces fils sera ton père ".

Le 8 septembre 1899, malgré l'avertissement de Gemma, Mgr. Volpi la fait examiner par le docteur Pfanner : le simple nettoyage des plaies fait disparaître les stigmates.
En septembre de cette même année, les extases de Gemma commencent à être prises en notes : elle parle en effet à voix haute au cours de ses extases.

 

 


 

5.   LA FAMILLE GIANINI — L'ARRIVÉE

DU PÈRE GERMANO 

 

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M

 me Cécilia était restée seule avec Gemma, le reste de la famille étant partie pour quatre mois. À leur retour, elle leur demanda de la garder près d’elle, avant d’en parler aux tantes de la jeune fille. Au mois de septembre 1900, Gemma passa définitivement dans la famille de ses bienfaiteurs. Elle devint dès lors, pour tous, la douzième enfant, la « septième sœur », disaient les filles, surtout Annetta, l’aînée, qui s’était prise d’une très forte amitié pour elle. Gemma devait rester trois ans et huit mois dans cette maison, sans qu’aucun, maître, enfant ou domestique, ait pu prendre en défaut son humilité, sa docilité, son respect, son dévouement et sa bonté d’âme.

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S

on emploi du temps était fort chargé. Levée avant l’aube, après une toilette rapide, elle allait entendre deux messes : la première de préparation à la communion, la seconde d’actions de grâces. De retour chez Giannini, elle commençait par s’occuper des plus petits avec les aînés et les faisait prier. Elle travaillait beaucoup manuellement : raccommodage et tricot, mais pas de broderie, où elle excellait, parce qu’elle la jugeait vaine. Elle puisait de l’eau, faisait les chambres, lavait la vaisselle, aidait à la cuisine. Lorsque c’était nécessaire, elle soignait les malades. Si on l’avait laissée faire, Gemma aurait travaillé toute la journée sans prendre aucun repos. Cependant, Mme Cécilia, probablement sur le conseil du père Germano, entendait s’entretenir avec elle pour l’édification de son âme et aussi, souvent, pour tenter de percer les arcanes de la vie intérieure de cette âme secrète. L’abbé Lorenzo Agrimonti, l’hôte régulier de la famille, dira de son côté :

Le bien spirituel que j’ai retiré de mon commerce avec cette âme privilégiée, Dieu seul le sait.

Gemma prenait ses repas avec la famille, matin et soir, mais ne mangeait pratiquement rien. Elle répugnait à se promener et on s’abstenait de l’y contraindre. Le soir, elle allait à l’église pour la bénédiction du Saint-Sacrement et n’en revenait qu’assez tard.

 

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G

emma, nous l’avons vu, aimait les pauvres. Elle demandait souvent à Mme  Cécilia des restes de cuisine pour nourrir un indigent. Elle sollicitait souvent la permission d’aller ouvrir quand on sonnait à la porte, croyant à l’arrivée d’un pauvre, ce qui était presque toujours le cas. Alors, la jeune fille le faisait asseoir dans la cour, allait chercher un bon morceau, et, tandis qu’il mangeait, elle insinuait dans son esprit des pensées de foi et de piété. Priée de s’expliquer, elle répondit ainsi :

Ne suis-je pas pauvre, moi aussi ? Jésus m’a tout enlevé, et cependant il ne me laisse manquer de rien ; je suis même trop bien traitée. Pourquoi les autres pauvres manqueraient-ils du nécessaire ? […] Ce qu’on fait pour moi, on doit le faire comme à un pauvre rencontré sur le chemin ; autrement on n’aurait aucun mérite.

Le fait est que Gemma, recueillie par charité, devait sentir l’humiliation de sa condition. Elle n’en fit jamais rien paraître, priant sans cesse pour ses bienfaiteurs, implorant sur eux la protection divine. Il lui arriva même de prendre sur elles les souffrances de quelques membres de la famille qui, guéris sur l’heure, ignoraient qu’elle endurait leurs douleurs à leur place. Pour résumer, on peut dire que si Gemma était redevable de ses hôtes charitables, elle était aussi leur ange protecteur. En outre, les manifestations mystiques et les prodiges extérieurs pouvaient passer à peu près inaperçus dans cette famille où la jeune fille vivait volontairement ignorée du monde.

 

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E

n 1899, nous le savons, Gemma était épaulée par deux prêtres passionistes : le père Gaétan et le père Pierre-Paul. En même temps, Jésus lui avait promis qu’un religieux de la même Congrégation la dirigerait. Le 29 janvier 1900, le père Germano, religieux passioniste de Rome, recevait une lettre de dix pages d’une parfaite inconnue. Elle y racontait, entre autres phénomènes surnaturels, la vision où il lui fut montré comme son futur directeur. En août, sur l’invitation de Mgr Volpi, et avec la permission de son Provincial, le père Germano se rendait à Lucques pour examiner cette jeune fille étrange. Arrivé en septembre, il se rend chez les Giannini. Gemma, sans jamais l’avoir rencontré, le reconnaît aussitôt et lui fait fête. Peu après, comme c’était un jeudi, Gemma, pressentant une extase, se retire dans sa chambre. Le père Germano l’examine attentivement engageant avec Jésus une lutte dont l’enjeu est la conversion d’un pécheur. Un spectacle poignant, certes ! Peu de temps après, un étranger sonne à la porte. Le père Germano reconnaît le pécheur de Gemma, converti, qui demande l’absolution de ses péchés. Pendant trois ans, le nouveau directeur de Gemma la soumettra, « aidé, dit-il, des lumières de la théologie ascétique et mystique, et des sciences physiologiques modernes » à toutes sortes d’épreuves tendant à prouver la présence de la volonté divine dans les phénomènes surnaturels. Bientôt Mgr Volpi, autant que Gemma, sera parfaitement rassuré quand le père leur assurera que ces manifestations venaient du ciel. Même si Gemma était souvent durement traitée par son directeur, elle ne cessera, jusqu’à la fin, de lui vouer une reconnaissance sans limites. Mais, assure le biographe de la sainte, ses grands directeurs seront toujours l’Esprit-Saint, Jésus, la Vierge et son Ange gardien. 

 

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      Monseigneur Volpi

 

À suivre...

© Bernard Bonnejean, 2006, mais vous pouvez vous servir en toute tranquillité.

 

 

Publié dans religion

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dame Lepion 01/04/2011 02:07


Ah que je vous remercie Bernard de répondre présent dans ces coups de malchance. La pétition servira-t-elle ? Je ne sais. Votre contribution motivée est belle et claire.
Je suis passée un jour à Lucca, trop vite à mon gré. Belle petite ville fortifiée autour d'une place carrée reposante. Il faudrait que j'y retourne.
Vous avais-je dit que je m'intéresse à la vie plus qu'étonnante du padre Bosco ? Ca c'était un mec. Je le dis avec un vrai respect.
Bon allez, il faut aller se reposer si on veut être tant soit peu utile. Essayons d'y croire. Et encore merci.


Bernard Bonnejean 01/09/2011 14:00



Dame Lepion, vous me manquez terriblement !!!!



dame Lepion 29/03/2011 18:14


Bonjour d'outre je ne sais quoi, Bernard.
Elle était encore jeune, mais savez-vous si don Bosco a pu la connaître ?
Par ailleurs, comme il y a le feu à Orléans, je relaie cette pétition (je sais, comme il y en a des dizaines) sauf qu'elle concerne mon ami Mourad Guichard, journaliste à Libération et tenancier du
site Libé-Orléans menacé d'éviction par la fermeture projetée pour le 30 avril prochain du site d'Orléans (avec d'ailleurs ceux de Lille, Rennes et strasbourg. ALors, comprenez que je sonne à
toutes les portes, surtout celles dont je connais le bienveillant accueil... merci d'avance. Et pardonnez moi.
http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2011N8035


Bernard Bonnejean 31/03/2011 11:28



Bien chère Dame Lepion,


Gemma est née en 1878 et morte en 1903. Don Bosco est né en 1815 et mort en 1888. La question n'est donc pas tant de savoir si Don Bosco a pu connaître Gemma Galgani, une petite fille de 10 ans à
sa mort, que si Gemma a entendu parler de Don Bosco, ce qui est à peu près certain. Entendu parler et non connu, pourquoi ? Parce que Don Bosco est turinois et que Gemma est toscane et que cette
distance, à cette époque, est assez énorme pour une villageoise devenue citadine qui n'a jamais quitté Lucca (Lucques) et sa région. Cependant, me semble-t-il, il serait particulièrement curieux
que Don Bosco, fondateur de l'ordre des Salésiens, n'ait pas été connu des pères Germano et Volpi, tous deux grands voyageurs. Pourtant, comme le dit bien le rédacteur de wikipedia : "Toute la
population de cette région (Turin) lui voue respect et vénération" De cette région, pas de toute l'Italie,
notez-bien. 


Quant à Mourad, notre Mourad, mon Mourad, je vais voir ce que je peux faire. Mais franchement, je ne suis
plus en odeur de sainteté sur facebook. Je lui dois beaucoup à Mourad, notamment de m'avoir laissé m'exprimer comme et autant que je voulais...


A bientôt, Pauletta,


Bernard


C'est fait pour la pétition !! Pour moi, Mourad, c'est la liberté d'expression à Orléans. Peut-être la
seule. En fait, à gauche, ça ne vaut guère mieux et j'en ai la quasi certitude depuis que le sénateur Sueur m'a viré.