Gemma Galgani (IV)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

La petite perle de Lucques

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2.   L'APPRENTISSAGE DE LA SAINTETÉ (fin)

 

 

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L

 

 

’année suivante, en 1896, Gemma oriente un peu différemment sa spiritualité. Elle qui contemplait le Christ crucifié, sentit grandir en elle le désir de lui ressembler et de l’aider :

Au milieu de mes nombreux péchés, je demandais chaque jour à Jésus la souffrance et beaucoup de souffrances.

Elle endurera avec courage pendant plusieurs mois les horribles douleurs provoquées par une nécrose à un pied. Le mal s’aggravera, et on sera obligé d’avoir recours à un chirurgien qui, diagnostiquant la gangrène, pronostiquera la nécessité d’une amputation. Il commence par une opération locale : il découvre l’os et le racle pour enlever les parties atteintes. Gemma est d’autant plus à la torture qu’elle a refusé toute anesthésie. Lorsqu’elle succombe à l’envie légitime de se plaindre, elle regarde l’image de Jésus crucifié et lui demande pardon de sa faiblesse. Finalement, Gemma guérit, mais ce fut pour endurer un autre type de douleur, morale celle-là. On sait que la jeune fille était la préférée de son père. Henri Galgani était un homme bon, simple, charitable, trop sans doute car certains cherchaient à en profiter. Tant et si bien qu’il se trouva complètement ruiné. La famille tomba dans la misère. Peu après, M. Galgani fut atteint d’un cancer à la gorge et Gemma l’assistait continûment. Il mourut le 11 novembre 1897, à l’âge de cinquante-sept ans. Les créanciers se précipitèrent pour récupérer les restes et Gemma racontera : « Ils portèrent la main à ma poche et m’enlevèrent les cinq ou six sous que j’avais ». Les six orphelins restaient sans ressources. Ils furent placés chez leurs oncles et tantes. Gemma fut recueillie par sa tante de Camaiore, Carolina Lencioni.

 

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C

 

 

omme autrefois à San Gennaro, Gemma éprouva quelques difficultés à mener à bien son idéal de sainteté chez sa tante de Camaiore. Loin de son confesseur, elle ne pouvait s’ouvrir de ses incertitudes. Lorsqu’on le lui permettait, elle se rendait en hâte dans l’église de la collégiale voisine pour adorer Jésus-Hostie. En outre, on l’autorisait à instruire chrétiennement les enfants et les pauvres. Parfois, au cours de ses promenades, ses pas la guidaient vers une Abbaye où l’on vénère une antique image de la Vierge. Gemma a alors vingt ans. Un témoin de l’époque décrit sa ravissante beauté, son port noble et plein de grâce. Elle ne pouvait laisser indifférents d’éventuels prétendants. L’un d’eux, un certain Roméo, s’entendit dire en guise de refus catégorique :

Je suis toute à Jésus, et à Lui seul, à jamais, iront mes pensées et tout mon cœur.

Une autre fois, l’oncle Lencioni escompte qu’un mariage avec un jeune homme riche et de bonne famille, qui s’est déclaré, relèvera les Galgani de la ruine. Gemma implore le secours divin : la jeune fille ressent des douleurs aiguës à l’épine dorsale et aux reins et prend prétexte de cet état de santé pour obtenir son retour à Lucques, ce qui lui est accordé. 

 

 

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À suivre...

 


© Bernard Bonnejean, 2006, mais vous pouvez vous servir en toute tranquillité. 

Publié dans religion

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