Gemma Galgani (II)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

La petite perle de Lucques

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Lucques (Lucca)

Lucques (Lucca en italien), peu éloignée des Apennins et de Viareggio, s'est construite au nord de Pise au pied du Monte Pisano.


Comme le montre la vue générale, l'habitat est regroupé sur une superficie assez peu importante. 

La ville ancienne

Déjà connu à l'époque des Ligures et des Étrusques, Lucca viendrait d'un étymon signifiant « marécages ». Les conquérants romains en ont assuré le développement à partir du IIIème siècle avant J-C. 


Très prospère au Ier et IIème siècle après J-C, les envahisseurs Goths et Lombards la considèrent comme la capitale de la Toscane. 


Au XIIIème siècle, Lucques reste riche grâce à la soie et au commerce. Cependant, elle va perdre son autonomie à cause des conflits entre Guelfes (partisans du pape) et Gibelins (partisans de l'Empereur) qui s'en disputent la possession. Malgré les efforts du Lucquois Castracani, Lucques finit sous la domination de Pise. 


Après 1400, c'est au tour de Florence d'exercer une pression politique et économique sur Lucques. Pourtant, la République de Lucques tiendra jusqu'au début du XIXème siècle. Napoléon l'érigera en principauté qu'il attribuera à sa soeur Elisa. En 1847, Lucques fait définitivement partie de la Toscane, puis du royaume d'Italie en 1960.

Gravure du XVIIIème siècle sur Lucques
Gravure du XVIIIème siècle sur Lucques


Notons, pour la petite histoire, que l'un des Lucquois les plus célèbres étaint le compositeur Pucci :


Lucques: le compositeur Puccini
Puccini 

Le célèbre compositeur Giacomo Puccini est né à Lucques en 1858, il a longtemps résidé dans cette ville et à Torre di Lago, au sud de Viareggio

Il a composé de nombreux opéras comme Manon LescautLa BohêmeToscaMadame ButterflyTurandot, ce dernier juste avant sa mort en 1924. 

Il est considéré comme l'un des plus grands compositeurs de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. 


Lucques: le compositeur Puccini

1.   LA PETITE ENFANCE (fin)

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I

 

nscrite dès l’âge de deux ans à la pension des demoiselles Vallini, où elle restera pendant cinq ans avec Eugène, Antoine, Angèle et Julie, Gemma apprend les lettres et les travaux manuels. Ses maîtresses témoigneront de son intelligence précoce, de son sérieux, de sa réflexion, de son calme imperturbable et de sa piété. À quatre ans, sa grand-mère l’a surprise à genoux aux pieds de son lit, devant un tableau représentant le cœur de Marie. À cinq ans, elle lisait avec facilité l’office de la Sainte Vierge et celui des morts, et étudiait le bréviaire. Réservée à l’extrême, elle refusait toute marque physique d’affection, même de son père dont elle refusait les caresses et les baisers. On saura bientôt que ce n’était point là pudibonderie, mais que, toute petite, Gemma avait décidé de ne s’accorder, corps et âme, qu’au ciel. 

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M

 

adame Galgani, tuberculeuse depuis cinq ans, souffrait le martyre. Dans la perspective de sa mort prochaine, elle s’empressait de donner une éducation religieuse à ses enfants qu’elle aimait à conduire au confessionnal. Gemma était à peine âgée de sept ans, lorsque sa maman, pressentant sa mort prochaine, lui demanda si elle accepterait de l’accompagner avec Jésus et les anges. L’enfant prit l’invitation tellement au sérieux qu’elle ne voulait plus quitter la chambre où agonisait sa mère, « de peur de manquer le moment de partir avec elle ». Bien que la tuberculose soit contagieuse, on la laissa prier à côté de la malade. Avant de mourir, madame Galgani voulut que sa fille soit confirmée. Le 26 mai 1885, on la conduisit à la basilique San-Michele-in-Foro où Mgr Ghilardi l’administra. Au cours de la messe d’action de grâces qui suivit, Gemma eut sa première locution surnaturelle. Elle l’a elle-même rapportée :

Une voix me dit soudain au cœur : « Veux-tu me la donner ta maman ? – Oui, répondis-je, à la condition que vous me preniez aussi. – Non, reprit la voix, donne-moi volontiers ta maman ; je te la conduirai au ciel. Toi, tu dois rester avec ton père ». Il me fallut bien répondre affirmativement.

Gemma avait ainsi appris concrètement deux vertus essentielles : le renoncement et l’obéissance. Cependant, les jours passaient et l’état de la maman s’aggravait. Le père finit par craindre pour sa fille et l’éloigna de Lucques. Chez l’oncle qui l’avait recueillie à San Gennaro, elle apprit que sa mère était morte le 17 septembre 1885. Elle fut immédiatement convaincue qu’elle était au Paradis et, jusqu’à la fin de sa vie sur terre, elle n’eut de cesse de demander de la rejoindre.

 

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G

 

emma ne fut pas heureuse chez son oncle et son épouse, Hélène Landi, sœur de sa mère. Il lui manquait une véritable direction spirituelle, personne ne lui parlant de Jésus, déjà son seul véritable amour. Enfin, en décembre 1886, sur les instances de son fils Eugène, Henri Galgani lui permit de regagner le domicile paternel. Elle est placée comme externe à l’institution des Sœurs de sainte Zita, appelée institution Guerra, où on lui donnera de solides connaissances littéraires et artistiques, une bonne formation religieuse et une piété sérieuse. Bientôt Gemma, tout à fait dans son élément dans cette nouvelle structure, sollicite la permission de faire sa première communion. Elle a neuf ans. C’est son confesseur, l’abbé Volpi, plus tard évêque d’Arezzo, qui avait fini par céder sacre-coeur-jesus.jpgà ses assauts, malgré son jeune âge. Afin de bien se préparer, elle obtint la permission de rester dix jours au couvent de ses maîtresses, seule, afin de prier et de méditer la vie et la Passion de Jésus, si intimement liée à l’Eucharistie. Pour la première fois, elle ressentit à cette occasion les douleurs de Jésus : quand sa maîtresse lui eut expliqué les supplices du Christ, elle fut saisie d’une douleur intense accompagnée d’une forte fièvre. Enfin, elle reçut la Communion le 19 juin 1887, en la fête du Sacré-Cœur de Jésus. Au moment où elle reçut l’hostie, elle se sentit brûler comme par un feu. Elle écrit avoir compris ce jour-là la promesse de Jésus : « De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi [Jn 6, 57] ». Tous les ans, elle considérera le jour du Sacré-Cœur comme celui de sa propre fête, celui où « [s]on cœur s’est trouvé le plus embrasé d’amour pour Jésus ». 

 

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Fra Angelico

 

À suivre...

© Bernard Bonnejean, 2006, mais vous pouvez vous servir en toute tranquillité. 

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