Finalistes Déraisons et rimes 2012

Publié le par Bernard Bonnejean


TABLEAU D'HONNEUR

à l'occasion du Printemps de nos Poètes

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur, chers amis, 

N’est-il pas pour le moins désuet de parler de « tableau d’honneur » ? Il peut sembler, en effet, ridicule de « valoriser » lauriers, diplômes et médailles à une époque où le mot « prix » n’a conservé que sa « valeur » marchande.  À quoi bon donner du « prix » à ce qui restera sans « rapport », à ce qui précisément n’a pas de « prix » ? 


Où sont-ils les « prix » d’excellence et les « prix » d’honneur, les « prix » de fin d’études, voire les « prix » de vertu, de discipline, de morale, de catéchisme ou de camaraderie qui ornaient naguère les murs de nos aïeux juste à côté de la couverture des calendriers des PTT (Postes, Télégrammes, Téléphone), des Angélus de Millet, la plus « cotée » des reproductions. Qui aurait aujourd’hui l’idée assez saugrenue d’encadrer et d’afficher ses diplômes à une époque où les prétentieux incultes mais richissimes se vantent d’avoir « réussi » sans eux ?

Qu’à cela ne tienne ! Nous entendons, nous, que soient « honorés » les quelque 15 poèmes remarqués de DÉRAISONS ET RIMES 2012, parce que nous en avons jugés dignes leurs auteurs.

Et tant mieux après tout si cette distinction les favorise d’une récompense « inestimable » : l’inappréciable envie des notables importants et des fâcheux négligeables. L’« estime » est souvent mère de cette aimable insensée que Jacqueline de Romilly trouvait nécessaire à l’émulation.

Merci pour votre talent, chers lauréats, et merci à Michèle Doige et à Frédérique Notez, mes deux précieuses collègues du jury,

Bernard Bonnejean 


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BASPEYRAS Brigitte

Histoire 148 :  Morsure, Refus, Culture.

Je rejette la morsure, morsure de rejet ?

Morsure de culture.

Je refuse la culture, culture de refus, 

Culture de raison.

 

Je raisonne la colère, colère de raison, 

Colère de rejet.

Je cause le rejet, rejet de cause,

Rejet de pensée.

 

Je pense la morsure, morsure de rage,

Morsure de refus.

Je songe la culture, culture de songes, 

Culture de rages.

 

Je rage de colère, colère de brûlure,

Colère de refus.

Je mords la raison, raison de tête, 

Raison de pensées.

 

Je suis en orage, orage d’idées,

Orage d’effets.

J’enrage d’effets, d’effets et de fait,

Effet fondé.

 

Je suis la foudre, foudre et brûlure… foudre et cri.

Je crie l’idée du coup, je coupe le cou du cri… coup de foudre.

 

Je perce la pensée, je troue la raison,

J’éclate l’éclair.

Je pense la pensée, je raisonne le trou, 

J’éclaire l’éclat.

 

J’éduque la culture, refuse la morsure, je mords le juge.

Je cause une cause, je casse la casse, je bats le bât. 

Je craque la rupture, j’exulte la luxure, je foudre… la guerre.

Je tempête le ciel, je pleure la pensée, je brûle… la culture.

 

Je défends une idée, je gronde son effet, 

J’attise sa lueur.

Je fends les refus, je coupe les dénis,

Je murmure savoir.

 

Noir, éclatant, perçant la vue, coup crié, 

Tonnant la rage.

 

Page blanche, refus d’esprit… tête brûlée.

 

Je refuse de mordre en plein dans la culture.

 

Je rejette l’idée en plein dans la raison !

 

J’ébouriffe la vie,

J’égratigne les mots,

Je griffe les excuses !

 

Je vis, j’enrage, je vise la vie, je rage de vivre, j’envie la rage !! 

 

 

 

 

 

 René depestre rage de vivre 

 

 

CAMARDA Nicomède

Pour la Saint-Jean
 

Sors l'harmonica, Monica

Pis joue-moé une toune, on s’en va

Faire le chemin qui mène au pays

Placarde une note sur le deq "Croquenotes partis pour Québec!"

Quant aux voisins on leur jouera

 

Un petit air d'harmonica

En bleu en blanc et en grenat

En chantant :

En route Québec!

 

Dansez rigodons, set carré

Bottine Souriante,

Mes Aieux

Volée d'Castors et Vent du Nord

 

Chantez bonhommes gigueux

Drilles,

Charbonnier de l'Enfer

Tam-Tam et Rapetipetam 

 

Sors-moé du Canada Monica

Pis joue moé d’l’harmonica

Des airs de lys dans les yeux

 

De chaleurs, de sainte flanelle,

Et de bonyeu ! Des airs heureux,

De Saint-Jean-sur-Richelieu

 

On chantera à La Belle

Adieu Province !

Bonjour Pays

Bonjour aux Saint-Jean de la vie

 

Debout Amours !

Gens du pays !

Joyeux lurons, accordéons !

Jouez de Hull à Blanc-Sablon !

 

Avec les Vigneault, les Miron

Flottez étendards, calicots

De Port-Royal à Saint-Malo

 

Dansez fleurons québécois

Poètes et têtes de bois

Fiers coeurs maître et rois

 

Courez soleils amoureux

Hivers rigoureux.

Fêtez

Viraillez Galarneau libérés

 

Sors l'harmonica Monica

Pis joue moé ma toune préférée

Sur le chemin d'la liberté

 

Un petit air d'indépendance

D'ébriété entre les anses

En état de "Nouvelle France"

 

En route Québec !

 

Pays des jeunesses étudiantes

Des fleurdelisés et des becs

Des notes d'amours sur un DEQ

 

Pour la Saint-Jean

 

Le Québec!!!!!!!

 

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 GALAGHER Suzanne

Avaleur de joie 

 

Cet animal m’a veillée toute la nuit

 

Ses yeux de flammes m’ont regardée  d’une peur viscérale et m’ont glacée

 

Alors que mon souffle trahissait un désespoir la chaleur de sa faim éclatait mes os

 

Peu importe son amour même s’il est véritable

je m’engouffre en silence à moitié recouverte de verglas

 

Je ne bouge plus observant ce jour qui ne viendra peut-être pas

 

Il réclame tout de moi

 

Sous sa cape d’avaleur de joie il a osé me donner espoir dans des élans despotes en subtil ravageur d’habitat

il veut que je lui donne ma peau mais je l’ai finement recousue sur moi

pour que ses dents s’empêtrent sous ma cuirasse de fils de soie

 

Avec mes yeux de biche et mon cœur de métal

je lui donnerai mal à mordre mal à me dénaturer

 

Je n’appelle pas la vengeance c’est elle qui vient vers moi

 

Donner tout son tendre allume mal le feu

 

La forêt toute entière sent à peine ma présence une buée infime colorée de pourpre

 

Me voilà gibier devant la potence et mes blessures saignent malgré moi

 

Brisée mais libre dévorée mais divine je lève la tête

car le soleil ouvre ses draps

ma carcasse se recompose

 

Je ne suis plus le cœur qu’on bat

je dirige ma propre joie

 

Sur mon corps se dessine une dentelle qu’aucun regret ne brisera

 

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MAKWANDA Matisse

Lépidoptera

 

 

Ces cœurs dénoyautés

 

poussent des gratte-ciels

 

crachent l'écume grise

 

stridentes sirènes au loin

 

au fond fantaisies obscures

 

sous le continent songé

 

Modernité tes entrailles

 

aux racines oubliées

 

un bambou s'élève

 

craquement dans l'esprit

 

sur tes mains l'urbanité

 

chiendent brûlant la bouche

 

eaux éternelles

 

enterrées de bitume

 

nager sous la route

 

éloquence silencieuse

 

et des jambes nénuphars

 

réverbèrent le Temps

 

entre l'âme et les choses

 

de l'écho abyssal surprendre

 

les ailes de l'océan

 

 
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ROUZET Carole 

L'asile des mots : la Poésie

 

 

Asile de mes mots où donc es-tu caché 

Vas-tu un jour enfin vouloir me libérer ?

Te déplaçant sans cesse au fond de ma pensée

Bousculant mon avenir, rattrapant mon passé 

 

Les faits se sont produits, l'esprit peut oublier

Mais l'asile de mes mots est là pour ressasser

Vieux souvenir, moment présent, rêve à venir

Ces quelques mots rassemblent passé et avenir 

 

Pour ceux qui ont écrit durant de longues années 

Si l'on pouvait un jour assembler bout à bout 

Tous les poèmes jetés sur des bouts de papier

On revivrait simplement sa vie en relisant le tout 

 

La douceur des mots pour la venue d'un enfant 

Ou des craintes des colères et parfois des tourments 

De tendres paroles d'amour qui ont défié le temps

Les tristes mots quand disparaissent ceux qu'on aime tant 

 

C'est là qu'en se lisant on comprend chaque jour 

Que vos mots sont mes mots qu'on se prête tour à tour

Nous entrons dans la danse qu'on appelle poésie

Ou chacun de nos pas… rapproche aussi nos vies  
































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BERNARD Carine

Cèdre

 

 

Et la sève de tes branches

Coule dans les veines des enfants

Qui prennent leurs racines dans le coeur du Liban

 

... ... Et si moi j'ai pris des rides

Toi tu es devenu plus beau

Et frôler ton écorce d'où émane

Ce parfum, cette force !

L'emblème de Loubnan

Sous ton grand manteau blanc

Sacré, tu appartiens à Dieu

Sur les pentes du Mont Liban

Tu es l'arbre qui prie dans la forêt de Bcharré

Tu es le colosse sacré

Témoin de tant de millénaires

Que s'imprégner de ta force tranquille

Nous transporte à travers tous les univers

 

 

 cèdre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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CB RACHEL

Prière d'un père à son fils 

 

Wasabi du zarbi, ma mémoire fait de l’auto-stop, 

Agonie de ma vie et de mes souvenirs fantômes dans ce labyrinthe, 

Regardez-moi, je suis au désarroi, devenu l’épave de vos tracas.

Mon fils passe me rendre visite, je ne peux exprimer une émotion, lui faire un reproche,  je manque de discernement. 

Qui est-il ?  Mon fils, une amitié avant mon arrivée ?

Je ne sais plus !

Mon âge mature a fait germer la gangrène dans ce cerveau sans artifice,

Ma voisine a une obsession pour la soie, celle d’en face demande des colorations, 

On veut me laver tous les matins et me faire manger comme un bébé, 

Parfois, une douce plénitude me tire et m’extirpe des images,

tel le grutier soulevant une partie de mon passé, 

ouvrant un album photos géant.

Qui suis-je ?

Hier une femme pleurait dans le hall d’entrée,

sa fille l’abandonnait, 

elle partait en vacances et a déposé sa petite valise,

Elle est partie, le cœur lourd ou léger ? 

J’avais une nouvelle amie dans ma colonie.

 

Regardez-moi, je n’ai pas changé, lisez ma prière :

 

Votre père qui n’est pas au ciel, que mon nom ne soit pas oublié, que ma dignité soit respectée, que ta main me tienne, que ma fierté puisse te guider comme par le passé, donnez-moi aujourd’hui votre amour éternel,

Et allégez mes peines comme nous rêvions de ma retraite,

Et ne me soumettez pas aux regrets,

Mais délivrez moi du Malin. 

 

 

  

 

 

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GARCIA MOYA Marisol


Alors aime-moi, cher Monsieur...

 

« Cher toi…mes mots s’écoulent sur cette page, j’y laisse une partie de moi, chère âme de mon âme. Tes yeux les percevront peut-être pour qu’ils restent ici et maintenant…comme une promenade d’amour que nous ferions toi et moi et je te dirais : “Aime-moi cher monsieur… autant que je t’aime ” » 

 

Hier j’ai laissé des cœurs douloureux

Des espoirs solitaires

De tendres amoureux

 

Hier j’ai laissé la soif d’un désert

Le vent des aveux

Celui de la misère

 

Hier j’ai prié pour toi pour eux

Pour que l’homme se réveille

Et se découvre heureux

 

Hier j’ai voulu simplement être

La réalisation de tes vœux

Pour que je ne sois plus un rêve

 

Maintenant je te fais un aveu

Devant le jour qui se lève

En te caressant les yeux

 

Maintenant que j’ai vu passer l’hier

Je laisse les caprices aux dieux

Et à toi, mon âme tout entière…

 

Et peu importe si demain il pleut

Il effacera les frontières

Pour un ciel toujours plus bleu

 

Tes mots remplissent mon univers

Vêtus d’un air affectueux

Ils dansent sur mes paupières…

 

Est-ce ainsi que les couplets amoureux

Courtisent à en faire pâlir le soleil ?

Alors aime-moi cher monsieur…

  

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OBADIA André

Un regard souverain

 

N’avez-vous jamais vu, derrière la cathédrale,

Cette femme éperdue, seule aux heures matinales.

N’avez-vous jamais cru qu’elle faisait un signe

À l’angle de la rue, d’un petit geste digne ?

Je l’avais remarquée, cette femme incertaine,

Cette femme si âgée, oui, cette femme en peine.

Elle a levé vers moi un regard souverain,

Et j’ai perdu la foi que j’avais au matin.

J’ai senti tout mon être balayé par le vent

D’un très curieux bien être des plus étourdissants.

Elle s’est redressée sans prononcer un mot,

Et m’a comme emporté vers un monde nouveau.

J’ai entrevu des choses plus laides que la mort,

J’ai marché sur des roses, et même sur des corps.

J’ai gravi un chemin bordé d’arbres en feu,

Il n’avait pas de fin, mais c’était merveilleux.

Sur la chaussée rougie par le sang des cadavres,

Je me sentis grandi et devenu de marbre.

La vieille cheminait sans la moindre parole,

Comme elles me fascinaient, ses petites épaules !

Soudain, n’y tenant plus, je déposai ma main,

D’un geste inattendu, presqu’empreint de chagrin.

Elle sursauta alors et me prit par le bras,

Je la revois encore accélérant le pas.

Elle paraissait sereine quand elle m’offrit ses lèvres,

Je m’égarais sans peine dans un élan de fièvre.

Elle me dévêtit dans des gestes sensuels

Et j’avais très envie de suivre son appel.

Elle se donnait à moi oubliant ses années,

J’éprouvais un émoi que je n’osais imaginer.

Je posai sur sa bouche des baisers enflammés,

Et par petites touches mes doigts s’égaraient…

Alors, son visage changea, ses rides disparurent,

Son sourire s’anima, prenant de l’envergure.

Je découvris l’espoir dans cet affreux cauchemar,

De vivre une belle histoire au parfum de hasard.

Et souvent le matin, près de la cathédrale,

Hésitant je reviens en quête de ce graal.

J’espère y retrouver celle qui fit un signe,

Cachée dessous les traits d’une vielle femme indigne.

Mais je sais bien hélas, qu’elle ne reviendra plus,

Je n’ai plus de la grâce qu’un souvenir perdu… 

 

 

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THANEL Edmond

J'ai dans ma tête

 

J'ai dans ma tête des paroles muettes qui se heurtent, se bousculent... et puis j'ai dans ma main une plume ramassée dans la lande où mon père a passé du temps, il y a si longtemps, à élever des oies....

 

Pour que les silences de la haut s'écrivent ici-bas...il faut tremper la plume... dans la bonne substance, celle qui emplira la page blanche... en traduisant en mots écrits et ordonnés les images, les tableaux des silences d'en-haut

 

Dois-je remonter à la petite enfance ? l'encre serait alors le lait blanc du sein de ma maman, celui-là est secret, il a nourri un petit corps qui s'est construit de lui... la plume dans le lait blanc sur une page blanche, c'est blanc sur blanc ou transparent, ça ne se voit pas... ses souvenirs là sont pour moi...

 

Dois-je retrouver l'encrier émaillé de ma table d'écolier et emplir ma plume de violet ou de bleu foncé, de cette odeur qui imbibait nos tabliers ? je devrai alors confesser mes premiers sentiments, mes regards d'enfants sur les grands ; je devrai en passer par les bobos au coeur, les genous croûtés, les mains écorchées... ces souvenirs-là sont troublants... pour moi... mais pour vous... je ne sais !

 

Dois-je en revenir à mes premières blessures, mes premiers doutes, mes premiers espoirs, mes premiers amours, mes premières désillusions ? devrai-je alors écrire à l'encre de mes yeux, de mes larmes, de la sueur d'un corps vivant le parcours initiatique des premiers émois ? aujourd'hui je mets le cahier de ses souvenirs là dans le tiroir de l'histoire... plus tard on le ressortira icon_wink.gif

 

Dois-je enfin faire belle ma plume du présent, du présent d'oujourd'hui, celle des certitudes, des convictions, des indignations, des espoirs... mais serait-elle si belle ? c'est bien ma question à l'instant ! Sans doute devrai-je alors la tremper dans le sang car je vois rouge en ce moment. Je retiens ma colère ; je la dilue dans ces mots blancs, sans reflet... je collectionne des pensées et quand j'aurai trouvé la substance appropriée... j'écrirai sur la page blanche des mots censés vous éclairer...

 

 

Tout ça pourquoi ? pour dire qu'aujourd'hui, je me tais icon_wink.gif 

 

 

ET NOTRE GAGNANTE

LANDOLPHE Frédérika

 

PAPIERS DE VERS

 

J'ai usé mes crayons sur des papiers de vers

Mélangeant les couleurs au gré de mon envie

Noyant tous les chagrins en radeau de survie

De cet éloignement, loin de ton univers

 

Sur le bout de mon cœur esquissant ton visage

J'ai usé mes crayons sur des papiers de vers

Gommant nos ratures sur un simple revers

Pour garder cet émoi comme seul balisage

 

J'ai couru l'au-delà, franchissant les frontières

Bannissant tous les mots et les écrits pervers

J'ai usé mes crayons sur des papiers de vers

Et caressé ta main frôlant mes jarretières

 

J’ai fait glisser mes doigts sur tes éclats de vert

M’enivrant de ce sel coulant de tes paupières

Chavirant dans tes bras pour oublier qu’hier

J’ai usé mes crayons sur des papiers de vers 

BUISSON Dominique

Le funambule

 

 

Il marche sur son fil, tenant
son balancier,

Avance , ou bien recule, au
gré de ses pensées.

 

Sont-ce les siennes en fait ?

Ou bien celles de l'Autre ?

Celui qui cohabite, et qui
squatte son hôte

Fantôme bipartite ...

 

Qui est-il , ou qui suis-je

De Moi , ou de mon Autre ?

 

Lune blafarde, astre solaire,
les deux en un seul désunis.

Etre la moitié de mon Etre,
ou l'Autre, mais jamais
assemblés

Etre Moi, ou bien mon
contraire !

 

De mon fil parfois je bascule,

Je sombre dans mon abîme.

 

Tra-la-la au clair de la lune...

Plume trempée dans l'encrier.

Douce folie...

Mais vrai danger.

Un jour je sais trop qui
je suis , le suivant me sens étranger.

Les maux s'attardent ou
se bousculent, se mélangeant
dans mes pensées.

 

Sur le fil , j'avance et recule,

Lorsque je perds mon
balancier.

 

Tantôt oiseau, aigle ou
enclume, libre parfois ET
prisonnier

Etre de chair ou éthéré

Tantôt chimère, tantôt enfer,

Ô géhenne , te suis-je vouée ?

 

Sur le fil j'avance et recule

Accrochée à mon balancier.

 

Qu'ai-je donc à faire de
demain, je n'ai pas souvenir
d'hier !

Je suis parfois un fruit
amer, et parfois un nectar
divin.

Ô souffrance,

Ô ambivalence.

Je cherche en vain un
équilibre, entre mes soirs et
mes matins.

 

Pour échapper à mon destin, refuser le monde qui juge

De son regard si cartésien,

Je m'invente, ou bien je
me gruge

Puis m'abandonne à mon
chagrin.

Torturée, en pleine
conscience de ce que je fus,
c'est certain !

Ne plus avoir aucun refuge,
que celui de désespérance

Voyant que je ne suis
plus rien.

 

Sachez pourtant que mon
ramage

Ne sert qu'à vous
dissimuler

Les ruines de mon
personnage...

Je vous montre mon beau
visage, j'exulte pour cacher
en vain

Le désordre de mes pensées,
ou la noirceur de leur écrin.

 

Fuir souvent, afin d'éviter,
de passer outre le miroir !!

Accrocher un rire à ma face,
donner le change, vouloir
y croire !

Croire que demain peut être
hier.

En faire trop ou pas assez...

Enfer vil de mes pensées !

 

Je t'éjacule , belle Psyché,

Tu me rends si bien cette
image

De qui je suis, qui j'ai été.

 

J'avance et toujours je
recule

Accrochée à mon balancier.

 

Cette torture , ce non-être

Que j'aurais voulu vous cacher

Ce boulet qui au fond
m'entraîne,

Ayant conscience de me
noyer

M'isole souvent de ces êtres,

Qui fuient, dès lors qu'ils
m'ont aimée.

 

Je ne leur voue aucune
haine,

Ils fuient mon instabilité.

 

Vous l'aurez deviné
peut-être,

J'avoue ma BIPOLARITÉ !

 

 

ESVAN Daniel

Tempête sur les roches
de Créac'h 

La roche qui gronde sous
la vague qui claque

D’un amour passionné,
la jolie métaphore

Pour harceler la côte d’un perpétuel ressac

La marée et les vents
unissent leurs efforts

 

Tumultueuse tempête,
elle se donne en spectacle

La mer défend ses droits
et montre sa colère

Sa furie légendaire ne
connaît pas d’obstacle

Imposant son courroux à
ébranler la terre

 

Une belle écume s’envole retombant sur la lande

Comme neige légère posée comme une offrande

Le décor se dresse
magique et romanesque 

 

Rumeur assourdissante
d’un combat sans merci 

Hante par sa violence
de fabuleux récits

Sa représentation est
toujours pittoresque. 

 

 

 

les-pierres-noires-copie-1.jpg 

 

 

GAUTHÉ Nicole

Les wagons du
« bonheur » 


Berceau, où naît l’amitié

Ô toi, passeur de rêves

N’oublie personne
en chemin…

Hommes, femmes
et enfants

Esseulés tendent
leurs mains…

Ultime espoir qui se lève,

Réchauffe l’humanité.

 

Berceuse, vers l’enfant

Ô bel ange, dépose

Nos notes sur ses ans,

Harmonise ses droits…

En ces lieux, tes élans,

Un cri fort se pose,

Résister aux levants…

Sur l’avenir sois roi…

 

Bonheur, sois un
vagabond.

Ondine et douce ronde,

Neuf de foi, ta loi abonde…

Hébergé dans les
bas-fonds,

Éternels feux de ce monde,

Un pour tous, de tout
inonde…

Roi ou reine de cœur,
fais-toi don

Sans jamais blesser la
raison.

 

Baume au cœur, cet ami
est un sourire…

Offrir ses clefs, édifie son paradis...

Nuances et bienfaits, au
val des dires

Honorent son hôte,
l’érudit…

Éveil et plénitude, au bal
des rires

Unissent leurs pas, malgré
les maux dits.

Révélant sa joie, que son
aise inspire…

Saluant sa balade, en ces
lieux démunis.

 

 paris_le_havre_poste.jpg

 



PSALMON Laurent

 Contrebasse

 

 

Rondeurs célestes, robe
de bois

Cordées de bronze
sur touche noire,

De glissando, dièses et
bécarres

Tisse ta note dans un émoi.

 

Contrebalance à marée
basse

L’archet qui vogue
sur flots bretons,

C’est un navire
sur plusieurs tons

Un sucre roux dans une
tasse.

 

Le divin plonge dans tes
mains

Toi ma jumelle du
moitié-mois,

Et de dix cordes à deux,
vingt doigts

La musique grave
nos destins.

 

La basse plaine à contre
vent

De folie pleine d’avant,
d’après

Un dauphin bleu dans
l’océan

Soufflant des croches
sur les filets.

 

Ton pic, là, dans le plancher,

Microsillonne nos allégros

À toi le la mi si fa do,
Une quinte de tons
sur du papier.

            

 

           musicien_Elise-Dabrowski.jpg

 

WATTEBLED Pierre 

Dans mon coquillage 

J’écoute la mer

Dans mon coquillage

La mer

Dans l’étrange langage 

Du vent, et son chant.

 

La mer…

Mère de toute vie,

De nos désirs et envies,

Des larmes aussi 

Qui plombent les nuages.

 

La mer,

De vague en vague,

Qui boit les peines, 

Efface les naufrages

D’une marée à l’autre,

Refait un lit d’amour

Pour nos bains de minuit ;

La mer, 

Sur le rivage d’un été

Souffle la passion

Des amours de passages

Et l’oiseau s’envole

Les ailes ruisselantes,

Après avoir aimé.

 

La mer,

Garde

Pour l’éternité,

Ces instants secrets

Que rien ne peut délier.

Milliards de baisers

Gitant

Aux abysses coralliens…

 

Dans mon coquillage

J’écoute

Cette ardeur lointaine

Dont je ne me lasse
jamais

A l’heure où le soleil

S’est soudain endormi.

  

remi_ecoutant_la_mer1.jpg














































































frise mimosa verticale





 



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Grand merci à toutes et à tous pour cette année extrêmement riche et que le jury a particulièrement appréciée.

Le Prix a été remis à Frédérika, comme nous l'avions promis.

Déraisons et rimes 2012 est aujourd'hui fermé.  

Vive D&R 2013 qui promet déjà !

À bientôt et bon printemps des poètes, 
Pour le Jury,
Bernard Bonnejean 

 

 

Publié dans poésie

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petie marie 20/03/2013 11:48


ouiiii bien sûr c'est un grand honneur pour moi qui passe en général inaperçue...et j'ai eu une immense joie en l'apprenant. Pour moi c'est nouveau aussi car je n'écris jamais pour concourir
,enfin c'est pas dans mon esprit,j'écris tout simplement ce que je ressens et cela donne ce que tu as pu déjà lire de moi. J'ai remarqué que plus de contacts que je pensais me lisaient et j'en
suis heureuse. Merci pour tout ton travail et ton attention,j'apprécie infiniment.Je te souhaite une belle journée
cher amie et à bientôt.Marisol

Bernard Bonnejean 20/03/2013 12:49







petite marie(Garcia Moya Marisol) 17/03/2013 11:08


Cher ami,


Comme tu le sais sans doute, je dis ce que je ressens et je voulais que tu le saches. Et comme tu le dis, si tu sens qu'au fond d'eux-mêmes ils sont heureux et fiers,et bien c'est ta plus belle
récompense  et j'en suis heureuse pour toi.Je te souhaite un très bon dimanche et qu'un beau rayon de soleil
caresse ton âme et lui donne toute sa chaleur et douceur,bis et tendresse,Marisol

Bernard Bonnejean 20/03/2013 00:31



Merci, petite Marie. 

Et toi, es-tu heureuse de figurer au palmarès ?  



petite marie(Garcia Moya Marisol) 11/03/2013 20:40


Ne t'en fait pas trop mon ami,j'apprécie grandement le travail de valeur que tu fais et c'est peu dire!! L'important c'est que tu le fais avec plaisir et envie et cela nous donne du baume au
coeur. Mais je suis sûre que beaucoup apprécie ce que tu fais. En tout cas pour moi cela m'a motivé à continuer à écrire même si c'est juste pour donner du baume aux âmes qui passeraient me lire.
Mais tu as raison,nous vivons une curieuse époque...même si beaucoup de consciences s'éveillent...nous ne pouvons pas changer le courant du monde mais nous pouvons remonter le courant jusqu'à sa
naissance....c'est ainsi que nous retrouvons notre essence,cette force et énergie qui est un chacun de nous. Alors dansons avec l'univers de la meilleur façon qui soit et toi tu le fais très bien
en donnant le meilleur de toi-même,merci encore d'être toi tout simplement. Bonne soirée et doux rêves,Marisol

Bernard Bonnejean 17/03/2013 01:14



Qu'il est doux de te lire, Marisol !

Je ne me plains pas quand je dis que je trouve curieux que les gens n'aient plus du tout la notion de ce qui est précieux et de ce qui n'a qu'une valeur marchande. On a vraiment l'impression,
lorsqu'on fait quelque chose qui les met dans la lumière, de n'agir que comme si on devait leur être redevable d'un devoir et d'un dû. 

Je leur dirais bien que "merci" est un mot commercial à l'origine puisque "merces" ou "mercedes" en latin comme en espagnol veut dire "marché". Mais j'aurais trop peur qu'ils le prennent comme un
moyen de paiement et qu'ils ne veuillent plus composer que contre argent comptant.

Pourtant, ma surprise n'est qu'une surprise ; elle ne me rend pas amer. Je sais qu'au fond d'eux-mêmes, ils sont heureux et fiers. C'est là ma seule récompense.

Mais tout de même, petite Marie, merci de ton merci.

Bernard 



petite marie(Garcia Moya Marisol) 08/03/2013 11:21


Un grand merci à toi pour ce bel hommage, ça fait plaisir et nous encourage à continuer dans chacun de notre art...bonne journée cher Bernard,


Marisol

Bernard Bonnejean 11/03/2013 11:14



Ah Marisol ! Heureusement que tu es là !

Tu en as vu beaucoup, toi, pour nous remercier et féliciter les candidats dont la gagnante ?

Et la gagnante ? Où est-elle la gagnante ?

Curieuse époque...

Gros bisous