Enigme pour mes amis

Publié le par Bernard Bonnejean

 

SOS :

J'ai besoin de votre aide

 

 

Afin de vous montrer en quelle estime je vous place, j'ai décidé de vous faire participer à mes recherches. Je suis actuellement sur le point de terminer un ouvrage sur un architecte grec de la période hellénistique, malheureusement totalement oublié. Le décès de Madame Jacqueline de Romilly m'a profondément affecté et j'aimerais pouvoir mettre un terme définitif à mes travaux sur l'Antiquité.

 

  Pierre_Kostof_P06b.jpg

 

 

Or, il ne me manque qu'un élément pour terminer une biographie à laquelle mon éditeur tient presque autant que moi, si c'est possible.

 

N'ayez crainte ! J'ai davantage besoin de votre vivacité d'esprit et de votre imagination que d'une érudition qui, je le crains, ne vous servira à rien. En effet, les données manquent terriblement et j'ai grand peur qu'aucun chercheur aujourd'hui décédé n'ait pris soin de s'intéresser à la question.

 

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  Le temple de Poséidon

 

Voici les données du problème, succinctement exposées.

 

Zénon d'Alexandrie, dans un de ses ouvrages, évoque une figure marquante de son époque, l'un des successeurs émérites  des grands statuaires et architectes grecs : Minos Pharkas. Né en Asie mineure, à une époque que l'on ignore, les autorités spartiates et athéniennes l'avaient en si haute estime qu'on lui confia la construction de nombreux temples. Malheureusement aucun n'a vraiment résisté au temps, car il semble que Pharkas, contrairement à ses maîtres, ait négligé le marbre au bénéfice d'un matériau beaucoup moins solide. Ce souci de démocratie, fort louable, nous prive aujourd'hui d'admirer des chefs-d'œuvre réputés mais disparus tels le fameux temple aptère amphiprostyle d'Athènes, avec son adyton rarissime en hexastyle ou celui de Sparte, beaucoup plus modeste, dont August Mürlich a si bien décrit la frise de l'opistodome.

 

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  Temple grec de Ségeste

 

Bref, Pharkas de l'âge de vingt-deux ans à l'âge de cinquante n'a cessé de répondre aux nombreuses commandes athéniennes et spartiates. Certes, il n'a jamais travaillé pour Thèbes et c'est là une première énigme que nous laisserons aux spécialistes.

 

Mais, là où je compte vraiment sur vous, c'est pour me fournir une explication plausible, possible et satisfaisante de ce qui est pour moi inexplicable :

 

Comment un si grand artiste, de renommée internationale, si je puis me permettre cet anachronisme, reconnu par les autorités civiles et religieuses, honoré par les peuples autant que par leurs élites, a-t-il pu, sans raison avouée, sans motif connu, arrêter net sa production ?

 

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Plan d'un temple diptère 

 

J'ai cherché dans le peu de données que nous possédons, dans le témoignage de ses proches et de ses mécènes, partout où il serait attendu de trouver une réponse : RIEN.

 

Et je me suis souvenu de la Lettre volée d'Edgar Allan Poe : la solution de l'énigme était si évidente, si visible, si clairement perceptible qu'elle devenait invisible à l'esprit compliqué du chercheur.

 

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Edgar Allan Poe

 

Alors, après vous avoir renouvelé mes vœux de bonne et heureuse année, j'attends de vous un effort d'imagination pour résoudre ce problème que je sens aisé mais insoluble pour un esprit tortueux : pourquoi un architecte en pleine gloire décide-t-il un jour de tout laisser en plan au risque de perdre son honneur et sa réputation ?

 

Mes très chers amis, je compte vraiment sur vous,

 

Bernard

 

Les photos ne correspondent pas au texte puisque nous ne connaissons aucun temple de Minos Pharkas. Elles ne sont là que pour votre agrément.

 

 

Publié dans culture humaniste

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Dame Catherine 13/01/2011 20:20


Petit canaillou, va ! Tout ce baratin hyper chiadé pour en arriver là... Eh bien, cher Bernard, merci. Vous m'avez offert un fou-rire de premier ordre.
Tous mes voeux de belle et bonne année. Que la joie et l'harmonie soient dans votre coeur.


Bernard Bonnejean 27/01/2011 17:27



Gros bisous, Dame Catherine.


Puisse 2011 nous offrir un avant-goût d'un 2012 rénové !



Michèle Doige 06/01/2011 14:15


Surtout que c'est un jeudi que nous rions ! Rassurez-vous j'ai lu d'autres pages de votre blog et je le prends pour très sérieux mais le sérieux n'exclut en rien l'humour.
Puissent vos plus anciens amis répondre à votre appel, soyez assuré en tout cas que la nouvelle que je suis sera au rendez-vous !
Amitiés.


Bernard Bonnejean 06/01/2011 14:04


Ouf !

J'avoue avoir eu très peur qu'on ne me prît trop au sérieux !

D'ailleurs l'absence de mes plus anciens amis est aussi remarquable que la présence de mes plus récents : ils savent, eux !

Mais attention : ce n'est pas parce qu'on rigole le lundi qu'il faut prendre tout mon blog pour une vaste gaudriole !!!

Tryphon, Pauletta, Catherine, vous me manquez terriblement. Voilà, c'est dit !!!


Michèle Doige 06/01/2011 12:20


Cher Bernard

Comment vous en vouloir, le jeu de mots était habile si j'ose dire ! C'est un canular de potache comme il est bon d'en lire, ce n'est plus guère dans l'air du temps.
Je ris donc et ne me fâche point.
A quand la prochaine énigme ?
Bien amicalement.


Bernard Bonnejean 06/01/2011 00:55


Mes chers amis,

A lire et à entendre les tombereaux d'éloges qui s'affalèrent sur la pierre de Madame Jacqueline de Romilly, il me vint l'idée d'un canular.

Oui, j'ai honte : ce n'est qu'un canular.

Qu'arriva-t-il donc à mon architecte, impuissant à édifier quelque monument que ce fut, la cinquantaine passée ? Il eut des problèmes d'érection :-)))

Je continue à avoir honte de vous avoir entraînés dans ce jeu de mots, convaincu pourtant que Madame de Romilly a retrouvé le sourire post mortem.

Pardon et bien amicalement,

Bernard Bonnejean