Election du nouveau pape (4)

Publié le par Bernard Bonnejean

 

 

Assemblées préparatoires
des cardinaux

mardi 5 mars 2013

Quel pape aimerions-nous avoir ? 


marc-ouellet-susceptible-de-remplacer-le.jpg

 


I- Un débat animé : un jeune asiatique ou un pape de transition ?

ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Plus on s’approche du conclave, plus se multiplient les rumeurs sur les candidats susceptibles d’être élus pape.

Les désirs des fidèles sont clairs. Les interviews, les blogs, les pensées librement exprimées sur Facebook et Twitter, révèlent une grande nostalgie d’un pape comme le jeune Jean-Paul II, un candidat humble et bon, grand communicateur, qui rencontre les gens partout dans le monde, qui fascine les jeunes et qui remplisse les places sur la planète.

Très respectueux de Benoît XVI, les désirs s’expriment en faveur d’un pape solide et clair en matière de doctrine ; l’idéal serait un mélange entre l’enthousiasme et la joie de Jean-Paul II et un jeune Joseph Ratzinger.

Une donnée est commune à tous : les fidèles prient et invoquent l’Esprit-Saint pour que le prochain pape soit jeune, de corps et d’esprit. On veut oublier les souffrances passées, avec les dernières années d’agonie de Jean-Paul II et la renonciation de Benoît XVI.

Le peuple des croyants est patient et confiant dans l’œuvre de l’Esprit-Saint. Il se réjouira et remerciera le Seigneur pour le nouveau pape, mais il ne fait aucun doute que les attentes seraient un peu déçues s’il s’agissait d’un candidat de transition.

En termes de situation géopolitique, la décadence et les scandales en Europe et dans les pays anciennement évangélisés sont tels qu’il est peut-être temps de penser à un pape non européen. Sur le vieux continent, on manque de jeunes et de vocations, alors que celles-ci augmentent en Amérique latine, en Afrique et en Asie.

Le continent qui connaît le nombre le plus élevé de vocations et de baptêmes, où vivent le plus de jeunes et où le christianisme a d’énormes possibilités de diffusion est l’Asie.

C’est aussi le continent qui est en train d’émerger comme superpuissance mondiale et où le christianisme pourrait offrir des solutions caritatives et humanisantes en réponse à un utilitarisme exacerbé, à un matérialisme qui nie la personne, aux politiques qui suppriment les petites filles.

Un éventuel pape asiatique pourrait aussi trouver une solution au difficile rapport avec la Chine.

Certes, il s’agirait là d’un énorme saut en avant, un acte de courage qui situerait l’Eglise en avant de tout le monde.

Ce fut ainsi pour le choix de Karol Woityla, le pape polonais qui a fait tant de bien à l’Eglise et au monde.

Un pape asiatique ferait énormément grandir le nombre de conversions et de pèlerins vers l’Eglise de Rome.

A ce sujet, il faut se souvenir que la plus grande Journée mondiale de la jeunesse s’est tenue à Manille avec cinq millions de jeunes et que les Philippines sont le troisième pays au monde en nombre de catholiques. Moins que le Brésil et le Mexique, plus que les Etats-Unis et que l’Italie.

Il est vrai que nous nous trouverons face à un événement historique, mais la renonciation au pontificat du pape émérite Benoît XVI n’est-elle pas le signe d’une très grande discontinuité dans le but de renforcer et d’accélérer le processus de renouveau et de nouvelle évangélisation ?

 

Antonio Gaspari

Traduction d’Hélène Ginabat

 


II- Le card. Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa
Un africain docteur en sciences bibliques

images--1-.jpg

ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa en République démocratique du Congo, est l’unique cardinal congolais. Il sera parmi les cardinaux électeurs lors du conclave imminent qui élira le prochain pape.

Le cardinal Monsengwo est âgé de 73 ans. Il a été ordonné évêque le 4 mai 1980, à Kinshasa, par le pape Jean-Paul II et a été créé cardinal le 20 novembre 2010 à Rome par Benoît XVI.

Il a étudié notamment à Rome, à l’Université Urbanienne et à l’Institut biblique pontifical, ainsi qu’à Jérusalem. Il a obtenu un doctorat ès Sciences bibliques de l’Institut biblique pontifical (1970), devenant le premier Africain docteur ès Sciences bibliques.

En 2012, il a été appelé par Benoît XVI à prêcher la retraite de carême au Vatican: Radio Vatican saluait alors en lui « un prélat toujours très engagé en faveur du dialogue, de la réconciliation, et de la défense des droits des personnes »..

Parmi ses nombreux ministères, le cardinal a été notamment président de la Conférence épiscopale de son pays, président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) et président de Pax Christi International.

Au Vatican, il a été membre de la Commission biblique pontificale. Il a également été membre de la Commission « Foi et Constitution » du Conseil Œcuménique des Eglises.

Le cardinal compose par ailleurs de petites pièces pour orgue.

Le 16 octobre 2012, dans le cadre du synode des évêques pour la nouvelle évangélisation, le cardinal Monsengwo Pasinya a témoigné de l’expérience des jeunes Églises africaines, où « la rencontre avec les missionnaires nous a très vite mis en situation d’interculturalité ».

Il fallut « de longs débats théologiques » pour « clarifier la notion même d’inculturation », une réalité « aussi vieille que l’expérience d’Israël », a-t-il souligné, évoquant la confrontation « à la culture hellénistique ».

Pour le cardinal, l’inculturation est « un processus jamais achevé d’incarnation de la vie chrétienne et du message chrétien dans les cultures ».

En ce sens, l’évangélisation « est un dialogue permanent entre le message évangélique et la culture, qui par sa nature même est dynamique et mouvante ». Il s’agit de « transmettre une joyeuse rencontre avec Jésus Christ, pour que nos contemporains et les jeunes en particulier, lui ouvrent la porte de leur cœur ».

Le cardinal a appelé par conséquent à « rechercher dans la culture de notre époque le langage le plus apte à mettre en récit cette expérience, à la traduire en actes concrets et éloquents dans toutes les sphères de la vie humaine ».

Anne Kurian

 


III- Le card. Béchara Boutros Raï, patriarche d'Antioche des maronites
Un des derniers cardinaux créés par Benoît XVI

 

65f2019602.jpg

ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Le cardinal Béchara Boutros Raï, 73 ans, est, aux côtés du patriarche émérite Nasrallah Piuerre Sfeir, le second cardinal libanais du conclave qui aura lieu pour l'élection du successeur de Benoît XVI. Il est l’un des patriarches orientaux présents au conclave.

Le cardinal Raï est en effet patriarche d’Antioche et de tout l’Orient des maronites, chef du synode de l’Eglise maronite, depuis 2011.

Créé cardinal le 24 novembre 2012, il est l’un des six derniers cardinaux créés par Benoît XVI, lors d’un consistoire qui avait provoqué la surprise, annoncé à la fin du synode des évêques pour la nouvelle évangélisation en octobre dernier.

Dans le cadre de ce synode, le cardinal Raï avait souhaité un « printemps chrétien », afin qu’advienne un vrai « printemps arabe », « de démocratie, de liberté, de justice, de paix et de défense de la dignité de tout homme, contre toute forme de violence et de suppression des droits », le 13 octobre 2012.

Pour le patriarche qui a accueilli le pape au Liban, lors de son voyage des 14-16 septembre 2012, les paroles de Benoît XVI et son exhortation sur l’Eglise au Moyen-Orient sont propres à susciter dans les pays arabes ce « printemps chrétien ».

Juste avant de venir à Rome pour les congrégations générales qui ont lieu en ce moment en prélude au conclave, le cardinal Béchara Raï était en visite en Russie, à Moscou, dans le cadre d’un événement riche en implications œcuméniques, politiques et humanitaires (26 février-1er mars 2013). Il y a notamment rencontré le patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou et de toute la Russie.

Au cœur des entretiens, la question de la Syrie et la situation des chrétiens au Moyen-Orient : le patriarche maronite a rappelé que les chrétiens ne sont pas « un groupe expatrié en Orient » mais qu’ils y sont nés.

« Nous sommes des citoyens comme les autres et nous nous battrons pour cela. Nous exigeons les mêmes droits que les autres dans notre Patrie, car nous sommes les habitants de souche de ces régions », a-t-il déclaré fermement.

 

Anne Kurian

 


IV- Le card. André Vingt-Trois, archevêque de Paris
Président de la Conférence des évêques de France

 

cardinal-andre-vingt-trois.jpg

ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Le cardinal André Vingt-Trois, 70 ans, est l’un des quatre cardinaux électeurs français présents au conclave chargé d’élire le prochain pape, après la renonciation de Benoît XVI.

Créé cardinal le 24 novembre 2007 par Benoît XVI, il archevêque de Paris depuis 2005 et actuel président de la Conférence des évêques de France.

Il est également co-président du Conseil d'Eglises chrétiennes en France (CECEF) et ordinaire des catholiques de rite oriental résidant en France et n'ayant pas leur propre ordinaire.

Dans les dicastères du Vatican, le cardinal est membre du Conseil pontifical pour la famille, de la Congrégation pour les évêques, de la Congrégation pour le Clergé ainsi que du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement.

Avant d’être nommé archevêque de Paris, le cardinal Vingt-Trois a été directeur au séminaire de Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux, vicaire général puis évêque auxiliaire de Paris et archevêque de Tours (1999-2005).

En tant que président de la Conférence épiscopale, le cardinal s’est positionné clairement contre le projet de loi du « mariage pour tous », en débat dans le pays depuis plusieurs mois: il a été entendu à l'Assemblée Nationale et au Sénat. Il a réclamé avec force un vrai "débat de société" autours de ces questions.

Le jour de l'annonce de la retraite de Benoît XVI, le lundi 11 février dernier - qui correspondait avec l'anniversaire de sa nomination comme archevêque de Paris, en 2005 -, il a rencontré la presse, à 15h au siège de la Conférence des évêques de France, à Paris.

Répondant aux journalistes qui l'interrogeaient sur les qualités du prochain pape: le prochain pape doit être humble, capable de dialogue avec les cultures et pas seulement être intelligent mais "malin".

Lors d'une messe célébrée à Notre-Dame de Paris en action de grâce pour le pontificat de Benoît XVI, le cardinal a rendu hommage à « la dynamique de conversion » que Benoît XVI a insufflée à l’Eglise car « la vitalité de l’Église dépend de sa détermination à se mettre à l’unisson du Christ et à y revenir sans cesse ».

Lors du récent synode des évêques pour la nouvelle évangélisation, le cardinal avait plaidé pour « unir dans un même effort le témoignage de la foi et une pédagogie de la culture », le 9 octobre 2012.

Concrètement, avait-il expliqué, la nouvelle évangélisation doit prendre en compte « une culture formatée par le langage médiatique et son recours à l'instantané et à l'affectivité ».

Il avait invité en ce sens les chrétiens à « l'implication dans tous les systèmes éducatifs » et à « la contribution à une véritable éducation de l'intelligence qui est la condition nécessaire à l'exercice d'une véritable liberté ».

Il s’agit en définitive de « mieux montrer que l'adhésion à la foi chrétienne n'est pas en contradiction avec la raison humaine » et à donner une « visibilité » à la participation des baptisés à la vie de l'Église ».

Le cardinal Vingt-Trois avait conclu en invitant les baptisés à « être plus conscients » qu’ils sont « dépositaires d'un trésor pour l'avenir de l'humanité et porteurs d'une espérance ».

Anne Kurian

 


V- Le card. Jean-Louis Tauran
Président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux

Yona_Metzger_le_Cardinal_Jean-Louis_Tauran.jpg

 

ROME, 5 mars 2013 (Zenit.org) - Le cardinal Jean-Louis Tauran, 69 ans, est l’un des quatre cardinaux électeurs français présents au conclave chargé d’élire le prochain pape, après la renonciation de Benoît XVI.

Créé cardinal le 21 octobre 2003 par Jean-Paul II, le cardinal Tauran est président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux depuis 2007.

Il a notammment organisé au Vatican des rencontres de dialogue dans le sillage de la lettre de soutien à Benoît XVI de centaines de personnalités musulmanes. Il était du voyage au Liban en septembre 2012.

Il a été entre autres Secrétaire pour les relations avec les Etats de la Secrétairerie d’Etat du Vatican - "ministre des Affaires étrangères" de Jean-Paul II - et Archiviste bilbiotécaire de la Sainte Eglise Romaine.

Lors du synode des évêques pour la nouvelle évangélisation qui a eu lieu du 7 au 28 octobre 2012 au Vatican, le cardinal a présenté le « dialogue interreligieux » comme « occasion d’approfondissement et de témoignage de sa foi », lors de la cinquième congrégation générale, le mercredi 10 octobre après-midi.

Il a appelé les chrétiens à la « cohérence » de leur témoignage : « Face à des adeptes d’autres religions à l’identité religieuse forte, il est nécessaire de présenter des chrétiens motivés et doctoralement équipés », a-t-il fait observer.

En dépit de la violence qui parfois « se pare du bouclier d'une religion », le cardinal a voulu souligner les « aspects positifs » du dialogue interreligieux : l'amitié au quotidien qui s'exprime par des gestes de fraternité et de proximité ; l'harmonie entre croyants, qui apporte souvent aux sociétés dont ils sont membres une dimension spirituelle de la vie, « antidote à la déshumanisation et aux conflits ».

Anne Kurian 

 

« Le Saint-Esprit est le baiser de Dieu »

Saint Bernard de Clairvaux, L'Amour de Dieu 

 

© REPORTAGES EFFECTUÉS PAR ANTONIO GASPARI ET ANNE KURIAN ANITA POUR ZÉNIT 

Publié dans religion

Commenter cet article